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Raoul Stephan - Une erreur, les Antoinistes (Viens et Vois, sept. 1952, n°181)

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Raoul Stephan - Une erreur, les Antoinistes (Viens et Vois, Église Évang. de Pentecôte, sept. 1952, n°181)

"UNE ERREUR"

LES ANTOINISTES

    Né en Belgique, à Mons-Crotteux (Liège) le 7 juin 1846, cadet d'une famille de onze enfants, Antoine est ouvrier mineur dès l'âge de douze ans. A quatorze ans déjà il avait une vive piété, aimant se retirer à l'écart pour prier, mais avec les années il ressentait le besoin d'une doctrine que le satisfit. Il part pour l'Allemagne, puis pour la Russie où il travaille comme ouvrier métallurgiste. Marié, il trouve le moyen, malgré une maladie d'estomac, d'économiser assez d'argent pour cesser de travailler. C'est alors que se produisit en lui ce choc spirituel qui lui imposa une consécration totale. Pierre Geyraud prétend que ce fut la lecture d'un livre d'Allan Kardec, Le Livre des Esprits, qui l'illumina, et qu'en faisant tourner sa table il apprit que les maux physiques n'existaient pas. Toujours est-il qu'il se sent envahi de fluides guérisseurs, ses maux d'estomac disparaissent, et il ne songe plus dès lors qu'à guérir ses semblables de leurs maux, tant moraux que physiques. Son pouvoir se développe, sa renommée s'étend, il fait des disciples et, de 1906 à 1909, il livre à quelques adeptes qui sténographient ses paroles les révélations qu'il déclare avoir reçues. Le 15 août 1910, le premier temple antoiniste est consacré à Jemappes-sur-Meuse (Liège). Il meurt le 25 juin 1912 en demandant à sa femme de continuer son œuvre. Celle-ci, qui lui a survécu jusqu'au 3 novembre 1940, a été en quelque sorte l'organisatrice de l'église antoiniste.
    A l'heure actuelle il y a 50 temples consacrés, 29 en Belgique, 20 en France, 1 à Monaco, mais il faut compter en outre environ 130 salles de lecture, qui sont des embryons de temples futurs, dans les mêmes pays, mais aussi en Hollande, en Luxembourg, en Afrique du Nord, aux Etats-Unis, au Brésil. A Paris il y a un temple, semblable à une église de village, 34, rue Vergniaud (13e) et un autre, 49, rue du Pré St-Gervais (19e). C'est ce dernier temple qui est le centre spirituel de l'antoinisme. En France il y a des groupes antoinistes à Aix-les-Bains, à Tours, à Evreux, à Rouen, à Reims, à Lille, à Nantes, à Lyon-Villeurbanne, à Orange à Nice, etc... Il est difficile de chiffrer le nombre des antoinistes à travers la terre. Le frère directeur évalue à 150 mille le nombre des nationaux, mais à plusieurs millions celui des sympathisants.
    Il y a un culte tous les jours, sauf le samedi, à 10 h. et à 19 heures. Ce culte s'appelle l'opération. Le Père Antoine considéré par ses fidèles comme une incarnation de Dieu sur la terre opère sur tous ceux qui l'implorent avec foi.
    L'enseignement du Père Antoine est celui d'un homme simple et bien propre pour plaire à des simples. Une inscription du mur précise : « C'est l'enseignement du Christ révélé à cette époque par la foi ». Mais on est un peu surpris qu'il soit si peu question de Jésus-Christ dans toutes ces « révélations » recueillies par les sténographes, et je suis vivement choqué lorsqu'on me parle sans cesse du Père, qu'on prie le Père, qu'on invoque le Père, qu'on encense le Père, alors que ce Père n'est pas Celui qu'invoquait Jésus-Christ, mais le vieillard qu'une photographie nous présente sur un autel avec sa longue chevelure blanche, sa barbe et sa moustache blanches qui paraissent les unes et les autres postiches. A sa gauche le portrait en pied de la Mère, une petite vieille fûtée, et à sa droite un tableau symbolique représentant « l'arbre de la science du bien et du mal ». Toute cette imagerie me choque.
    Comme Mrs Baker Eddy, Antoine pensait que le mal n'existait pas. C'est nous qui l'imaginons. La souffrance a pour but l'avancement spirituel des êtres. Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi. « C'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même », car Dieu est amour. Aimer Dieu et lui obéir en toute humilité, avec un parfait désintéressement, en s'efforçant de faire le bien nous vaudra de grandir dans la voie spirituelle, de capter les fluides d'en haut pour notre bien et pour celui de nos semblables. Le Père Antoine semble avoir été affecté par la division des chrétiens et le remède qu'il a cru pouvoir apporter est celui d'une religion sans dogme, d'une sorte de moralisme mystique.
    J'ai assisté au culte du Pré-St-Gervais le jour de la fête du Père Antoine, c'est-à-dire le jour anniversaire de celui où « il s'est désincarné » (25 juin). Une foule endimanchée à rempli le temple canalisée par des frères et des sœurs en uniforme noir : beaucoup de personnes sont restées debout. Cette foule a attendu dans le plus grand silence. Le frère directeur est monté en chaire pour y prier silencieusement et toute l'assistance s'est levée. Au pied de la chaire un autre frère a lu « les dix principes », puis un autre a lu les dernières paroles du Père Antoine. Après quoi il a déclaré : Le Père vous remercie. Le temple a été ensuite entièrement évacué ; quelques moments après il s'est rempli pour une « opération » qui s'est déroulée à peu près de la même façon. On est frappé par le recueillement de la foule qui s'efforce de comprendre des principes comme celui-ci, qui est le premier : « Si vous m'aimez vous ne l'enseignerez à personne, puisque vous savez que je ne réside qu'au sein de l'homme. Vous ne pouvez témoigner qu'il existe une suprême bonté, alors que du prochain vous m'isolez ». Ces paroles sont prêtées à Dieu. Mais que devient alors : « Allez et évangélisez les nations » ?

                                                     Raoul STEPHAN

    (Extrait du « Christianisme » au XX siècle).

Issu de Viens et Vois, Église Évangélique de Pentecôte, sept. 1952, n°181
(ruedusentier.free.fr)

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Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)

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Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)

Un temple antoiniste à Ecaussinnes depuis 1914

7 juillet 2021 

  • Temple antoiniste , chaussée de Braine à Ecaussinnes

Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)Le fondateur Louis Antoine

À l’instar de la plupart des villes et villages belges, on trouve encore un temple antoiniste à Ecaussinnes. Inauguré le 19 avril 1914, l’édifice se dresse, rehaussé de châssis et d’une porte vert émeraude (symbole de réincarnation), au hameau de Belle-Tête. C’est pourtant l’année de 1913 qui est gravée au fronton. Dans « Le Matin » du 18 avril 1914, on n’a pas manqué de souligner la singularité de ce culte : « Signalons le grand succès de curiosité obtenu par les dames et les messieurs affublés du costume de la secte qui distribuaient une circulaire invitant à la cérémonie d’Inauguration. »

Le seul mouvement religieux né en Belgique

Aujourd’hui, ce culte est sur le déclin et les temples antoinistes disparaissent au profit d’autres spiritualités, comme à La Louvière. Il fut cependant un temps où ce culte, à son apogée, comptait 64 temples et une quarantaine de salles de lecture ainsi que des milliers d’adeptes. Cette dévotion demeure, à ce jour, le seul mouvement religieux né en Belgique et sa popularité dépasse les frontières du plat pays, puisque l’antoinisme va s’implanter aux quatre coins de France. Difficile de connaître exactement le nombre d’adeptes du Père (alias Louis Antoine) traditionnellement représenté avec sa longue barbe presque pelucheuse et sa crinière abondante et floconneuse. Son regard se veut mesmérisant et sa main droite est tendue vers l’objectif, comme s’il voulait transmettre son fluide guérisseur au travers du cliché.

L’antoinisme a été créé par Louis Antoine au seuil du XXe siècle. L’homme naît, en 1846, dans une famille catholique pauvre, en province liégeoise. S’il exprime, dès son plus jeune âge, une grande ferveur religieuse et s’intéresse au spiritisme, il s’interroge sur le sens de son existence. Un événement va transformer son destin. Chétif et timide, son fils fait une chute sur le verglas et s’éteint quelques mois plus tard. Dès lors, Louis Antoine s’éloigne du catholicisme et embrasse le spiritisme. En 1900, il devient désormais connu sous le nom de « guérisseur de Jemeppe ». Lorsqu’il fonde sa nouvelle spiritualité, en 1906, il s’est détaché du spiritisme et veut obtenir la guérison par la foi seulement. Peu à peu, le culte s’organise et en 1910, il désigne sa femme en tant que successeur. Le premier temple antoiniste, celui de Jemeppe-sur-Meuse, est consacré. Ses disciples l’appellent « Le Père » mais deux ans après la création de son mouvement, il meurt ou plutôt il « se désincarne ». « L’Excelsior » du 2 juillet 1912 consacre leur une aux funérailles du Père Antoine. La secte compte 130.000 fidèles et plus de 15.000 personnes sont réunies à Jemeppe-lez-Liège pour lui rendre un dernier hommage.

Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)

La une de l’Excelsior du 2 juillet 1912

« Je n’ai pas cet argent mais si je l’avais, je ne vous le donnerais pas »

C’est deux ans après la mort de son fondateur que le temple antoiniste est inauguré dans le quartier de Belle-Tête à Ecaussinnes d’Enghien. En réalité, selon les informations du blog  « Louis Antoine et l'antoinisme » , l’édifice a été construit par une famille d’ouvriers qui, dès 1911, y consacre tous ses moments de liberté. Dans ce blog, on relate une curieuse anecdote : il manquait 3000 francs pour terminer les travaux et l’ouvrier s’est enquis auprès du Père Antoine, pour avoir de l’aide. Il paraît que le fondateur du culte lui répondit : « Je n’ai pas cet argent mais si je l’avais, je ne vous le donnerais pas. Allez, ne voyez pas trop grand et si vous avez la foi, vous aurez tout ce qu’il faut. » On dit que le donateur assura finalement les services religieux. J’ignore s’il s’agit d’un fait ou d’une fable mais l’on parle d’une histoire qui aurait eu lieu lors de l’achèvement des travaux, par conséquent, à une époque où Louis Antoine est vraisemblablement mort…

Toujours d’après les renseignements fournis par le blog « Louis Antoine et l’antoinisme », il ne s’agirait pas de l’emplacement original, le temple ayant été détruit en 1922. Un autre, plus vaste, a été bâti de l’autre côté de la chaussée et inauguré en 1938.

Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)

Dans « La Gazette de Charleroi » du 16 avril 1914, on note que les adeptes ont distribué des tracts, affublés du costume de la secte : « Frères, Mère Antoine ira consacrer, au nom du Père, le nouveau Temple Antoiniste d’Ecaussinnes-Carrières. La cérémonie aura lieu dimanche 19 avril à 10 heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le temple comme Elle fait à Jemeppe-sur-Meuse les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. Recevez, chers Frères, toutes nos bonnes pensées. Le Conseil d’Administration. » Dans « La Gazette de Charleroi » du 19 avril 1914, on précise même que des trains spéciaux seront prévus. C’est dire que l’événement était susceptible d’attirer des foules. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la manifestation avait attiré de nombreux badauds, si l’on en juge sur la carte postale issue à cette occasion.

Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)

Zoom sur la carte postale d’inauguration du temple

« La mère Antoine, à la tribune, prie tout bas… »

Un temple antoiniste à Ecaussines depuis 1914 (tunneldesamoureux.wordpress.com)Si des trains supplémentaires ont été planifiés, c’est aussi parce que les antoinistes jemeppois allaient venir en nombre pour accompagner la Mère Antoine (alias son épouse Jeanne Catherine Collon) qui devait consacrer le temple. Comme cela est précisé dans le compte-rendu de « La Gazette de Charleroi » du 21 avril 1914. « Bon nombre de curieux, mêlés aux adeptes de la nouvelle religion, attendaient sur la chaussée l’ouverture des portes de la nouvelle église, qui peut contenir une centaine de personnes debout. »

Une fois la foule à l’intérieur du temple, un adepte annonce l’arrivée de la Mère. Le tintement d’une cloche rappelle les gens à l’ordre : « la mère Antoine, en costume noir, la tête coiffée d’un bonnet noir auquel tient un voile noir rejeté en arrière, entre les mains jointes, suivie d’un adepte, d’âge déjà, ayant les cheveux longs et la barbe longe aussi, genre patriarche. » La scène paraît surprenante et on frise la parodie : « Ces deux personnages ont la mine extatique, ils ont des allures mystiques. La mère Antoine, à la tribune, prie tout bas, elle fait quelques gestes et a des soubresauts qui la font parfois frémir. » Les spectateurs sont visiblement déçus car la cérémonie n’a duré que 3 minutes. Mère Antoine et ses accompagnateurs ont disparu. La célébration se clôture par la lecture des dix principes du Père Antoine. « Tous les curieux ont été désappointés ; ils pensaient tout au moins assister à une réunion au cours de laquelle des explications auraient été données sur le nouveau culte ; mais, pas le moindre mot là-dessus. Tout se passe dans le mystère et le mysticisme. »

Source : https://tunneldesamoureux.wordpress.com/

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Les progrès de l'Antoinisme - Forest (Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916)(Belgicapress)

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Les progrès de l'Antoinisme - Forest (Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916)(Belgicapress)

Les progrès de l'Antoinisme.

    Voici que Bruxelles a, depuis dimanche, un temple consacré à un nouveau culte, l'Antoinisme, dont il a déjà été beaucoup parlé. Il s'élève, tout simple, à Forest, au boulevard Van Haelen et a été inauguré dimanche par la mère Antoine, comme ses fidèles l'appellent familièrement. De nombreux disciples étaient venus du pays de Charleroi et de Liége. On avait annoncé de nombreuses guérisons dues à la seule vertu de la foi. Celles-ci se sont-elles produites ? Je n'en sais rien, on avait négligé de m'inviter.
    Mais il ne faut discuter, ni raisonner en l'occurrence. Il faut signaler l'événement tout simplement et ne pas en rire. C'est si beau des gens qui croient en quelque chose, à une époque où tant de gens ne croient à rien. Je sais qu'on parlera de naïveté, que d'autres hausseront les épaules. Pourquoi donc, je me le demande ?                         
PICK.

Le Messager de Bruxelles, 8 août 1916 (source : Belgicapress)

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Chez les Antoinistes, Bierset (Gazette de Charleroi, 1er octobre 1912)(Belgicapress)

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Chez les Antoinistes, Bierset (Gazette de Charleroi, 1er octobre 1912)(Belgicapress)Chez les “Antoinistes„

    Dimanche matin, on inaugurait un nouveau temple antoiniste à Bierset, sur la ligne de Bruxelles à Liége.
    Vous savez qu'Antoine le Généreux rendit le 25 juin dernier sa belle âme à Dieu. Cent vingt mille personnes défilèrent devant son corps exposé au temple de Jemeppe-sur-Meuse, ce village étant depuis longtemps la Rome de la nouvelle religion. Mme Antoine, sous le nom plus simple de « mère », prit la succession des affaires et présida dès lors aux destinées de la nouvelle religion. Elles furent brillantes et pour témoigner la puissance de l'antoinisme encore à son aurore, pour s'acquitter de ses devoirs envers celui qui a révélé au monde le fluide éthéré de l'amour divin et dont la foi protège ses adhérents aussi efficacement que par le passé, on décida de créer un nouveau centre à Bierset et une grande fête fut décidée à cette occasion.
    Malheureusement, la simplicité est d'absolue rigueur dans l'antoinisme et ne comporte nulle mise en scène. Les pompes catholiques n'existant point pour les disciples du Père, et tout ce qui peut fixer la vue troublant le recueillement. Le temple est donc modeste.
    Elevé au centre du pays, il a neuf mètres de longueur, six mètres de large, à peine les dimensions d'un garage pour une modeste auto. A l'intérieur, à part quelques bancs de bois, nul mobilier.
    Les murs sont nus, sans un tableau, sans une image. On en arrive à penser que l'antoinisme est une armée du salut sans étiquette, sans images, sans chants et surtout sans trombones ni grosses caisses.
    La cérémonie était fixée à dix heures.
    Un millier d'antoinistes étaient arrivés là en voiture, en autos, en chemin de fer.
    Tous ou presque tous portent l'uniforme prescrit. Les hommes ont la redingote haut boutonnée comme la soutane des prêtres catholiques, des pantalons noirs. Presque tous ont une barbe de Christ blond et de longs cheveux tombant sur les épaules au-dessous d'un chapeau Cronstadt très élevé, aux bords plats.
    Femmes et jeunes filles sont également en noir. Elles portent une sorte de bonnet de veuve d'où pend un long voile de crêpe et qui laisse échapper la chevelure dans un désordre charmant et très flatteur.
    Quand nous arrivons au temple, il pleut à flots, mais il est difficile de pénétrer. Enfin, nous entrons.
    M. Noël, chef du groupe antoiniste parisien, veut bien nous renseigner sur les rites.
    « Mère » est là, très imposante dans ses voiles. C'est une femme d'environ 65 ans. Elle procède à la consécration du temple. Pas de discours, pas de chants, pas de prières.
    – « Mère » dit notre interlocuteur en montrant la femme d'Antoine le Généreux, élève sa pensée dans le recueillement pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin, qui lui permet de nous réunir dans le même amour.
    Elle se recueille maintenant à nouveau et étend la main vers les assistants. Elle opère sur tous les malades présents ou absents, sur tous les assistants, sur tous leurs proches et leurs amis. C'est fini. Nous sortons pour laisser la place à d'autres fidèles, désireux d'être bénis à leur tour et d'échapper à la pluie qui continue à tomber à flots au dehors.
     Nous avons de nombreux adhérents à Paris, nous dit M. Noël. Déjà, nous avons cinq réunions hebdomadaires dans divers quartiers de la capitale. Nous recevons tous ceux qui viennent à nous. Nous n'appelons personne. Aussi, nous sommes propriétaires maintenant ; nous venons d'acheter un vaste terrain avec le produit de dons anonymes car, chez nous, la confiance et le désintéressement règnent en maîtres...

Gazette de Charleroi, 1er octobre 1912 (source : Belgicapress)

    L'article du Journal, d'édition française est très proche de celui-ci.

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Un temple antoiniste à Stembert (Le Soir, 12 septembre 1911)(Belgicapress)

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Un temple antoiniste à Stembert (Le Soir, 21 septembre 1926)(Belgicapress)

Un temple antoiniste

    Hier, à Verviers, a eu lieu l'inauguration d'un petit temple érigé en l'honneur de la doctrine antoiniste. Il est construit au milieu d'une vaste campagne, sur le plateau qui domine Surdents, à une lieue de Verviers. Cinq à six cents adeptes étaient là, appartenant essentiellement à la classe populaire.
    Un grand nombre (hommes et femmes) étaient vêtus d'un uniforme noir, d'une austérité, d'un renoncement presque farouches. A 10 h. 30, Antoine le Guérisseur, le prophète de Jemeppe, est arrivé en landau fermé, avec sa femme. Il est passé entre les rangs d'une foule recueillie, en bénissant de la main droite à la façon des évêques.
    La chapelle ne pouvant guère contenir que 150 à 200 personnes, il a fallu la vider à quatre reprises pour y laisser pénétrer les antoinistes et les profanes, ces derniers en très petit nombre.
    Antoine, debout sur un socle au fond de la chapelle nue, semblable à une idole de pierre, recueilli, les yeux dans le vide, faisait lentement un signe de croix bénisseur au-dessus de la foule(1). Puis un coup de sonnette annonçait que la cérémonie était terminée et qu'il fallait évacuer la chapelle pour faire place à d'autres.
    Tel est l'ascendant de cet apôtre aux origines ouvrières sur ses fidèles que la plupart des assistants avaient les yeux pleins de larmes en se retirant !

Le Soir, 12 septembre 1911 (source : Belgicapress)

(1) Dans l'article du Figaro relatant les faits, on dit plus vraisemblablement qu'"Antoine s'est contenté d'étendre les mains, sans une parole, pour bénir", et ce "comme Il le faisait à Jemeppe", nous dit l'Unitif de novembre 1912.

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Temple antoiniste de Tours - carte du 9-11-21 (écrite par Frère Pastorelli)

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Temple antoiniste de Tours - carte du 9-11-21 (écrite par Frère Pastorelli)

Vichy 9/11/21

Madame,

au reçu de votre lettre, j'ai bien élevé ma pensée au Père. Ayez bonne confiance, tout va aller.
Le Père dans sa toute puissance, nous aide toujours et dès que nous élevons notre pensées vers Lui, Il répond à notre appel pour nous donner la bonne consolation à toutes pensées ; voilà pourquoi par la foi en Lui tout s'aplanit toujours. Nous vous envoyons nos toutes bonnes pensées.

Pastorelli

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Nandrin - Hôtel des Quatre-Bras

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Nandrin -  Hôtel des Quatre-BrasNandrin -  Hôtel des Quatre-Bras

 

    L’hôtellerie des Quatre-Bras de Nandrin, aujourd'hui complètement disparue, fut construite vers 1710. Bâtiment central du carrefour, elle était le relais des malles poste et des diligences. Etape importante entre Liège et Marche, Huy, Ciney et Dinant. Aménagée en conséquence, elle possédait des écuries pouvant accueillir une vingtaine de chevaux. Constituée d'une ferme, un restaurant, hôtel de 21 chambres Les voyageurs en charrette s'y arrêtaient volontiers pour laisser reposer les attelages. Les commerçants ambulants s'installaient à l’hôtel pendant quelques jours afin de rayonner dans la région.
    Elle eut plusieurs propriétaires : Evariste Dardenne-Vanderleur jusqu'en 1913 ; Monsieur et madame Dussart et Eloy furent les derniers aubergistes.
    La construction de la ligne de tramways vicinaux a sonné le glas de l’hôtel qui périclita un peu après. Le tramway était nettement plus pratique. Vendue en 1936 et morcelée, finalement détruite en 1960 victime de l'implantation de la nationale 63.

source : https://adalen.jimdofree.com/nandrin/hotel-des-quatre-bras/
cf. également : https://adalen.jimdofree.com/nandrin/le-carrefour-des-quatre-bras/

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Rue Hors-Château (année 50-60), avec le Temple Antoiniste

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Rue Hors-Château (année 50-60), avec le Temple Antoiniste

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Jean-Pierre Montulet - Installation du culte antoiniste à Spa (1909)

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Jean-Pierre Montulet - Installation du culte antoiniste à Spa (1909)

INSTALLATION DU CULTE ANTOINISTE À SPA

    A Spa, en cette fin septembre 1909, la saison se termine. Le temps est gris triste. Le vent d'ouest charrie de lourds nuages noirs, navires sombres qui naviguent sur les collines. Il pleut. Une pluie lourde qui écrase tout. Les chemins de campagne sont détrempés. Consciencieusement, par dévouement ou par routine, le facteur des postes va, le pas alourdi de boue.

    Qu'importe ! il faut distribuer le courrier. Cette phrase, Léopold Lamboray en a fait sa devise. Cet homme trapu, né à Spa le 23 mars 1868 de parents ardennais – le père, Pierre François, est né à Bihain le 27 juin 1816, jardinier de son état, il a épousé une jeune fille de Houffalize, de près de vingt ans sa cadette, Marie-Françoise Daco, née le 15 août 1835 –, en a hérité la robustesse et le bon sens.

    Dans la cuisine de la modeste maison du Chemin de la Platte, à Sous-Bois, un bon poêle crapaud, la panse rougie, ronronne de plaisir. Dessus, côté buse plate, Virginie, comme chaque jour, en prévision du retour de son mari, a posé, pour la tenir au chaud, la "bolette" de café.

    Virginie, en réalité Marie Catherine Virginie, née Ledent à Sart, le 2 février 1870, de Nicolas Dieudonné, jardinier, et de Marie Julie Decorty, domiciliés à Ougrée, les cheveux tirés en chignon, le visage ovale toujours souriant, est un petit bout de femme solide, inusable, qui ne s'arrête qu'à la nuit ... et encore !

    Une famille de quatre enfants, çà en donne du travail ! Heureusement, l'aînée, Madeleine, qui a eu 13 ans le 15 mars dernier, réplique exacte de sa mère, lui est d'une aide précieuse, principalement pour s'occuper de la turbulente petite dernière, Jeanne, qui aura ses 4 ans le 10 décembre prochain. Et la Virginie est enceinte pour la cinquième fois. Ce sera un petit Raphaël qui naîtra le 21 avril 1900. Soulagement aussi, les "moyens", Georges, 9 ans le 9 février et Marie-Louise, bientôt 7 ans le 12 novembre, sont à l'école.

    L'après-midi s'étire. La porte d'entrée s'ouvre. Dans le couloir, Léopold s'ébroue en ôtant son képi. S'étant débarrassé de sa lourde capote trempée, il s'assied sur une marche. Madeleine se précipite pour aider son père à enlever ses lourdes bottes. Transi, il s'effondre dans "son" fauteuil à haut dossier, l'incline en poussant sur les boutons sous les accoudoirs, étend les jambes devant le poêle pour sècher chaussettes et pieds. Son épouse qui, comme à l'accoutumée, s'apprête à lui servir une tasse de café ragaillardissante, dans un faux mouvement, accroche la cafetière qui se renverse sur les jambes de Léopold. La droite prend le plus. Vite la douleur est insoutenable.

    Le médecin de famille, le bourru mais bon docteur Sury, estimé des humbles plus particulièrement, lui prodigue des soins jugés les plus appropriés. Mais rien n'y fait. La brûlure est mauvaise.

    Bientôt, l'incident, banal en soi, tourne mal. La gangrène se met dans la jambe. Le brave facteur est atteré. Son outil de travail, autant que son unique moyen de transport est fichu. Il sait qu'il ne lui reste que l'amputation pour lui sauver la vie. Et après ?

    Sa femme, sa sœur Marie Amélie, son beau-frère Gustave Delierneux, les voisins, les collègues, tous ces pauvres gens se lamentent, qui ne savent plus très bien que faire.

    Les fermiers, qui ont des prairies aux alentours de la maison, ont l'habitude de venir en celle-ci y tirer l'eau pour les vaches. Peu de temps après l'incident, l'un d'eux, surnommé "Mouton", découvrant l'inquiétude qui règne en ces lieux, s'informe de ce qui est advenu. Le lendemain il revient tout excité, brandissant un journal.
- "Lisez l'artic' là ! Faut l'aller voir le rebouteux de Jemeppe ... i v'remettra vot'jambe d'adrêus !"
- "Oui, mais comment ?"
-"Pour y aller ? Ne v'tracassez nins"

    Et c'est ainsi que le malheureux facteur est transporté en charrette attelée jusqu'à chez ce "guérisseur", Louis Antoine.

    L'accueil se fait dans la plus franche cordialité. La jambe examinée soigneusement, l'homme dont tout chez lui inspire la confiance, prescrit de soigner la plaie par application d'huile de millepertuis, remède réputé souverain en cas de brûlure ou, lors d'exposition prolongée au soleil, pour les éviter.

    Quinze jours après, le docteur Sury, à son grand étonnement, ne peut que constater la guérison et déclarer que la jambe est hors de danger. Fou de joie, le brave Léopold s'en retourne chez son "bienfaiteur" pour le remercier, mais en train cette fois.

    Lamboray et les siens ont bien compris que ce Louis Antoine était un personnage hors du commun. Les journaux parlent de sa "révélation" et du mouvement qu'elle suscite.

    Mais qui était donc ce Louis Antoine que d'aucuns appellent "le Père" ? Ouvrier, né en 1846, à Mons-Crotteux, de parents simples, il est le cadet d'une famille de onze enfants. Comme son père et un frère, il débute dans la mine. Il n'a que 12 ans. Plus tard, refusant d'encore descendre dans la fosse, il devient ouvrier métallurgiste. A 24 ans, il part travailler en Allemagne. Son séjour dure cinq ans. De retour au pays, il épouse une jeune fille, connue avant son départ. Puis c'est à nouveau l'exil, en Pologne russe cette fois, et encore pour cinq ans. Puis le couple, qui s'est enrichi d'un fils, s'installe définitivement à Jemeppe-sur-Meuse.

    Louis Antoine et son épouse y mènent une vie très simple, aidant les démunis grâce à l'argent gagné à l'étranger. Ils poursuivent leur but sans découragement, même lorsque la mort leur reprend leur fils à l'âge de 20 ans. Celui qui devient le Père Antoine a, jusqu'à l'âge de 42 ans, été un bon catholique. Puis il fut acquis au spiritisme. Mais, peu à peu, il préféra la morale, à laquelle il se consacra jusqu'en 1906. C'est cette année-là qu'il crée le "nouveau spiritualisme", qui deviendra le Culte Antoiniste.

    Le premier lieu de culte installé chez lui, peu après, il inaugure en 1911 à Stembert, un deuxième temple aménagé dans une grange. Ensuite, un autre temple est consacré par la Mère, en 1914, à Verviers, rue des Jardins.

    Émerveillés, le mot n'est pas trop fort, par cette nouvelle doctrine, qui se veut être amour et respect, Léopold et Virginie décident d'ouvrir une salle de lecture de l'Enseignement du Père en leur demeure du Chemin de la Platte, 1.

    Inaugurée par la "Mère" Antoine, ce n'est pas encore un temple, mais une simple "chapelle". Qu'importe, le Culte Antoiniste vient de prendre racine à Spa.

    A la mort de Léopold, survenue le 17 mars 1925, Virginie continue seule, jusqu'à la préparation, puis la construction du temple qui existe encore actuellement, inauguré et consacré le 28 juin 1931, un dimanche, comme le veut la règle du culte. En effet, l'inauguration d'un temple a toujours lieu un dimanche.

     Alors d'autres vont prendre la relève.

                                                          J.-P. Montulet

 

    Je tiens à remercier le siège du culte à Jemeppe/Meuse, M. Léon Houyon, desservant du temple de Spa, M. Philippe Hardy, frère antoiniste français de la Ferté-Bernard, historien du culte et, surtout, Madame Jeanne Gérard, petite-fille de Léopold Lamboray, desservante du temple de Villers-le-Bouillet, restée spadoise de cœur, pour l'aide précieuse qu'ils m'ont apportée.

Histoire et Archéologie spadoises
n°81, mars 95, p.13-17

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Connais-toi toi-même (Le Fraterniste, 15 août 1930)

Publié le par antoiniste

Connais-toi toi-même (Le Fraterniste, 15 août 1930)

PSYCHOSIE-THEURGIE

    Humain, connais-toi toi-même ! C'est un grand commandement, un précepte divin. Se connaître ! c'est-à-dire, comprendre sa véritable nature, sa double nature, matière et esprit, corps et âme.
    Par le corps, si l'humain ne conçoit que par ses seuls sens matériels, il s'enferme dans un parfait égoïsme, il croit se suffire à lui-même, il ne lutte que pour sa conservation, sa jouissance, son bon plaisir. Cela n'est pas la vraie Vie. La bonne, la pure, la juste, c'est la certitude qu'il y a des sensations de l'âme, et ces sensations sont de telle nature vitale que sans elles, il n'y aurait ni progrès, ni évolution, ni Bonté, ni Amour. Bien se connaître c'est faire régner l'harmonie entre le corps et l'âme, c'est vivre dans le bien, c'est savoir aimer, car l'amour supprime tout le mal. Aime humain, tu seras Dieu.

                                                                                             H. LORMIER.

Le Fraterniste, 15 août 1930

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