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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 2 août 1925)(Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 2 août 1925)(Belgicapress)

                            CULTE ANTOINISTE A BRUXELLES
    Demain dimanche 2 août, à 10 heures du matin, Mère Antoine consacrera le nouveau temple antoiniste, rue Jacques Rayé, à Schaerb.

Le Soir, 2 août 1925 (source : Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 3 août 1925)(Belgicapress)

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Inauguration d'un temple antoiniste à Schaerbeek (Le Soir, 3 août 1925)(Belgicapress)L'inauguration du Temple antoiniste
de Schaerbeek

    Les antoinistes ont maintenant un nouveau temple dans l'agglomération bruxelloise. Celui-ci est situé dans une rue nouvelle de Schaerbeek, la rue Jacques Rayé, près du boulevard Lambermont. C'est un bâtiment de briques jaunes et de pierres blanches, à un étage. Au-dessus de la rangée des cinq fenêtres, une courte inscription : « Culte antoiniste ».
    Ce temple a été inauguré ce matin à dix heures. Aux abords du bâtiment, la foule était considérable. Liége et le Hainaut avaient envoyé des délégations nombreuses. La mère Antoine était là, et l'on voyait réunis autour d'elle les « officiants », vêtus de la longue redingote noire et du petit chapeau haut de forme.
    La cérémonie était présidée par l'officiant du temple, M. Janin, ancien commandant de la marine française. Elle se divisa en deux parties, l'une se déroula à l'intérieur, l'autre à l'extérieur. Devant les adeptes rassemblés dans la rue, la mère Antoine, âgée de 80 ans environ, parut. Les têtes se découvrirent. M. Janin prit la parole, et, tandis que la mère se recueillait et joignait les mains dans un geste d'extase, il dit : « Au nom du père Antoine, la mère Antoine dédie ce temple au culte antoiniste. Nous allons méditer pendant quelques instants, et selon notre piété, nous recevrons des grâces. »
    Après les minutes de recueillement, M. Janin lut les dix principes de la foi antoiniste, et la foule se dispersa.
    Les curieux interrogeaient les antoinistes qui, voyant là un moyen de propagande, s'empressaient de répondre à leur question ; ainsi, une certaine animation continuait de régner dans les rues avoisinant le temple.

Le Soir, 3 août 1925 (source : Belgicapress)

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Quelques notes sur Antoine et l'Antoinisme (Journal de Bruxelles, 25 juin 1911)(Belgicapress)

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Quelques notes sur Antoine et l'Antoinisme (Journal de Bruxelles, 25 juin 1911)(Belgicapress)QUELQUES NOTES
sur
Antoine et l’“Antoinisme„

    Les journaux ont beaucoup parlé depuis quelque temps de l'« Antoinisme ».
    La « Tribune apologétique » publie en ce moment à ce sujet des notes qu'il nous paraît intéressant et utile de reproduire.

    Louis Antoine, dit le Guérisseur, est célèbre ; il n'est pas assez connu. Il prétend avoir découvert le remède à tous les maux du corps et de l'âme. Cette invention, qui fait l'étonnement des médecins et des prêtres, suffirait à illustrer un homme. Elle a porté le nom d'Antoine au delà des frontières de notre petit pays. L'antoinisme, grâce au zèle des adeptes, est aussi vanté que la verte curative des pastilles Poncelet.
    Néanmoins l'auteur de la panacée reste obscur. Comme tous les personnages considérables, il est discuté. Les uns le prennent pour un pieux ermite à l'ancienne manière, les autres pour un mystificateur ingénieux, certains pour un innocent illuminé.
    Nous avons étudié sur place l'homme et son œuvre ; avant que cette gloire n'entre dans la légende ou ne s'efface dans l'oubli, il était nécessaire de la voir de près. Nous sommes allés Jemeppe, nous avons interrogé les témoins, nous avons lu les enseignements qu'on attribue au fameux guérisseur : nous donnons impartialement le résultat de notre enquête, avec le sincère désir que l'homme et sa doctrine soient mieux connus.

L'HOMME
Premières années

    Plus tard peut-être les villages liégeois se disputeront le berceau d'Antoine. Cela s'est vu pour Homère, qui 'était qu'un poète. Prévenons ces conflits. Louis Antoine et né non pas à Jemeppe-sur-Meuse, mais à Mons-Crotteux, en 1846. (Voir les registres de l'état civil de cette commune.) Son père était mineur. Lui-même descendit dans la fosse à l'âge de 12 ans. Il devint ensuite ouvrier métallurgiste et voyages en Allemagne. Rien de particulier ne signala sa jeunesse. Il se maria, eut un enfant et souffrit de l'estomac. Il était catholique, même pieux, et le resta jusqu'à l'âge de 42 ans : « Il aimait à se recueillir profondément, écrit un de ses disciples, et à élever son cœur vers Dieu. »

Le spiritisme le séduit

    Les séances spirites eurent alors quelque vogue. Un cercle s'établit à Jemeppe. Un triste événement poussa Antoine dans l'occultisme. Son fils unique mourut à 20 ans. Ses parents désolés apprirent que le spiritisme fournissait aux vivants le moyen de converser avec les morts. Ils fréquentèrent les séances ; ils entendirent la voix de leur enfant disparu, lequel leur apprit qu'il était devenu pharmacien à Paris. Les braves gens avaient peut-être rêvé d'élever un jour leur rejeton à la dignité d'apothicaire, leur souhait se trouvait accompli.
    Malgré des recherches minutieuses, nous n'avons pu apprendre si ces bons parents, qui n'étaient pas sans une petite fortune, ont jamais entrepris le voyage de Paris, pour aller embrasser de fils adore. D'autre part, les journaux français n'ont pas mentionné, que nous sachions, cette subite apparition d'un pharmacien qui n'aurait point passé les écoles. Ce point est nébuleux.
    Quoi qu'il en soit, nous découvrons bientôt M. Antoine à la tête des Vignerons du Seigneur. Il édite un catéchisme spirite et publie des extraits d'Allan Kardec. Si vous passez sur le pont de Seraing, il vous invite chez lui, « aux quatre ruelles, à Jemeppe, ou chez M. Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur à Crotteux-Mons ; vous pourrez, assure-t-il, vous entretenir avec vos chers disparus de ce monde ». Cette perspective d'une causerie avec les défunts était certes agréable, bien qu'un peu singulière. Pourquoi les morts donnaient-ils rendez-vous à leurs amis chez Antoine ou chez le menuisier-entrepreneur, « à 10 heures du matin ou à 5 heures de après-midi » ! Ou eût préféré les revoir sans témoins, chez soi.
    Du reste, les « Vignerons » recevaient des visiteurs d'importance. Les médiums n'évoquaient pas seulement la vieille mère Toinette ou le petit de chez Jules ; un de mes amis a pu converser avec Mgr Doutreloux, évêque de Liége, et avec le pape Léon XIII. Il a même remarqué que Léon XIII parlait un français négligé, avec un fort accent wallon. Je note ce fait précis, pour l'édification des flamingants ; c'est le wallon qui est parlé dans le monde des esprits : à preuve, les conversations des hôtes de M. Antoine. Il est sérieusement probable, d'après les Liégeois, que le wallon était le langage du paradis terrestre. M. Antoine serait seul capable de trancher cette question de linguistique ; car il a écrit quelque part :
    « Je ne puis dire, avec les Ecritures, qu'Adam a été le premier homme ; il en existait déjà d'autres à cette époque qui occupaient diverses contrées de ce globe et y formaient différents milieux de la même élévation. »
    Un homme si bien renseigné sur les habitants primitifs de la terre doit assurément savoir de quelle langue ils se servaient.

Thérapeutique des Esprits

    On n'allait pas chez M. Antoine dans l'unique dessein de causer avec les morts. On y trouvait, déclarait le prospectus, « le soulagement de toutes les maladies, afflictions morales ou physiques. » Des Esprits bienveillants, informes de tous les secrets de la médecine, donnaient des consultations. Un certain Dr Carita qui, lui aussi, faisait ses ordonnances en wallon, eut alors énormément de vogue. Les bonnes femmes étaient émerveillées de sa science.
    Nous ne savons si M. Antoine devint le jouet des séances spirites qu'il organisait. En tout cas, il convainquit son public crédule qu'il était en rapports continuels avec les esprits désincarnés.
    De temps en temps, il lançait des messages de l'autre monde, des façons d'encycliques dont la forme et le fond étaient également bizarres.
    Il se persuada, un jour, qu'il pouvait se substituer au Dr Carita, émettre des prescriptions, formuler des conseils d'hygiène combinés avec des recommandations morales.
    Les femmes du peuple, impressionnées par les scènes d'évocation, les crises des médiums, l'air extatique du président, acceptèrent les avis de M. Antoine. Elles expérimentèrent sur leurs enfants malades les remèdes familiers préconisés par le chef spirite. Elles virent bientôt en lui un personnage extraordinaire.
    Comme de coutume, les premières clientes firent à l'empirique une réputation de guérisseur habile, et même de saint. Sa vie retirée, presque mystérieuse, ses discours charitables, ses habitudes de végétarien (régime nécessité par sa maladie d'estomac), éveillèrent la curiosité publique dans la région de Jemeppe. La renommée de M. Antoine s'affermit. De toutes parts, les infirme affluèrent. On cita des guérisons merveilleuses, qu'il n'était d'ailleurs pas facile de vérifier.
    Enfin, l'autorité personnelle de M. Antoine devint assez considérable pour que le guérisseur crût pouvoir dorénavant se passer de l'aide des Esprits. Peut-être connaissaît-il mieux que ses « frères et sœurs en humanité » la valeur du Dr Carita et des autres messieurs qui, à son appel, surgissaient de dessous les guéridons et rendaient des oracles.
    M. Antoine de sépara donc du spiritisme classique. Il renonça aux évocations bruyantes, aux tables tournantes, à l'écriture directe. Il établit un schisme (1), fonda une école, se proposa de guérir les corps et d'endoctriner les intelligences par ses propres moyens.
    L'Antoinisme se dessinait. Avant de se formuler définitivement, il allait passer par plusieurs phases.
    Antoine avait été spirite durant huit ans. Vers 1906, il ébaucha « le Nouveau spiritualisme », qui remplace les Esprits par le Fluides. Suivons-le dans ses évolutions. Il ne trouva sa voie qu'après différents essais.

PREMIÈRE PHASE
La liqueur Coune

    M. Antoine n'était pourvu que d'une instruction rudimentaire : mais il était assez avisé pour s'apercevoir que le peuple veut être drogué. Un médecin est un homme qui ordonne des bouteilles : c'est le sentiment populaire sur les bords de la Meuse.
    M. Antoine découvrit un jour chez un pharmacien la liqueur Coune (2 fr. 50 la petite fiole), laquelle se prévalait d'une recommandation du Pape. Cette spécialité, à base de perchlorure de fer, jouit un moment de quelque vogue. On l'employait comme préservatif contre le choléra. Antoine y vit son avenir assuré. Il se mit à en prescrire l'usage : le nombre des gouttes variait d'après la maladie ; la liqueur guérissait une entorse aussi bien que la phtisie. Les pharmaciens du pays étaient dans la jubilation car cette panacée était assez coûteuse... pour les acquéreurs.
    Malheureusement, la justice vint mettre son nez dans l'affaire. Antoine fut poursuivi pour exercice illégal de la médecine Les prescriptions furent lues au tribunal. Il fut condamné à 52 francs d'amende. Ses amis lui firent une ovation : malgré la justice humaine, ils croyaient encore à la vertu du guérisseur et de sa recette.
    Antoine, édifié sur les mérites très fructueux de son remède, voulut continuer légalement son exploitation. Il demanda à des médecins de contresigner ses ordonnances, leur offrit de partager les bénéfices. Les docteurs refusèrent ce marchandage. Il fallut sacrifier la liqueur Coune et trouver un supplétif qui échappât au Code.

DEUXIEME PHASE
L'eau magnétisée

    La condamnation de M. Antoine, publié dans les journaux, augmenta naturellement la réputation de l'empirique. On imputa le coup à la mesquine jalousie des docteurs diplômés qui voyaient baisser leur clientèle. Antoine résolut d'en profiter. Il se dit très justement : « S'ils ont gobé la ligueur Coune, ils avaleront de l'eau claire. Les deux remèdes se valent. J'ai mis dans des bouteilles d'eau une substance matérielle, qui tombe sous le sens... et sous le domaine de la justice ; j'y mettrai désormais une qualité impondérable, imperceptible, qui déroutera les juges les plus fins ; j'y mettrai simplement du magnétisme animal. »
    Et c'est ce qu'il fit. Il persuada aux naïfs qu'il avait le pouvoir de magnétiser l'eau, qu'il envoyait dans les bouteilles une charge de fluide, qui, comme la liqueur Coune, devait supprimer les maladies les plus disparates. Il dosait la charge, d'après les dispositions du patient.
    Jemeppe offrait, en ce temps-là, un spectacle étrange. Comme les malades étaient nombreux, Antoine dut recruter un personnel pour puiser de l'eau aux fontaines publiques. On voyait des gens se relayer aux bornes, aller et venir avec des seaux et de bouteilles prêtes à recevoir la charge requis de magnétisme.
    La population ayant résisté à cette épreuve, M. Antoine pouvait tout entreprendre. Son crédit n'avait pas été atteint par ces puérilités. Il allait renchérir.

TROISIÈME PHASE
Le papier magnétisé

    Estimant sans doute qu'il se donnait trop de peine à magnétiser une bouteille d'eau pour chaque visiteur, Antoine recourut à un procédé plus expéditif et plus économique. Il prit de petits morceaux de papier et les dota de la force magnétique. Les malades n'étaient plus obligés d'apporter des bidons et de les remporter remplis d'eau d'effluves : ils recevaient des bouts de papier préalablement magnétisés, et dont chacun pouvait, à domicile, magnétiser un verre d'eau. Antoine put ainsi congédier son personnel des pompes. Il disait aux malades : Quand vous avez mal, pensez à moi. Revenez, quand vous en aurez l'inspiration.
    Ce changement de thérapeutique dut être favorable à la santé de M. Antoine, laquelle a toujours été fort délicate. Il magnétisait en public les bouteilles d'eau : cette opération, qui consiste dans l'extraction des fluides éthérés et bienfaisants, demandait au guérisseur quantité de pénibles contorsions et de passes fatigantes. C'était pitié de le voir se ployer et se redresser, à mesure que les effluves sortaient de son être et se transmettaient à la bouteille. Il se sacrifiait littéralement pour ses malades, qui lui étaient d'ailleurs fort reconnaissants.
    Avec le système des papiers, ce travail de gymnastique disparaissait. On suppose que M. Antoine ne ménageait point ses forces mais il ne donnait plus le spectacle attristant de ses effarantes gesticulations.
    Un de nos amis se souvient de cette troisième phase ; il a le plaisir de posséder quelques échantillons du fameux papier magnétisé. Il nous a raconté un trait, qui montre qu'Antoine ne se défendait pas de donner avec son papier, des conseils d'hygiène d'ailleurs inoffensifs.
    « Une dame, nous dit-il, vint un jour m'annoncer qu'elle se proposait de consulte Antoine. La clientèle du guérisseur était surtout féminine, à cette époque.
    Je demandai à cette personne :
    – Aimez-vous la pâtisserie ?
    – Je n'en prends jamais.
    – Mangez-vous beaucoup de pommes de terre !
    – Beaucoup ! Non Mais pourquoi ces questions ?
    – C'est que M. Antoine vous révélera que vous abusez de la pâtisserie et des pommes de terre. Il vous interdira cette alimentation jusqu'à votre prochaine visite.
    – Je verrai bien.
    Cette dame, conclut notre ami, alla chez Antoine ; elle revint guérie... de l'Antoinisme. Le coup de la pâtisserie avait tué sa confiance dans le voyant.
    Mais dans le monde ouvrier, combien de femmes ne mangent-elles pas avec plaisir les « frites » succulentes ? Combien n'ont pas un faible pour les tartes, les petits pâtés et les friandises de toute espèce ?
    En dénonçant ces inclinations gourmandes, M. Antoine était presque sûr de deviner juste.

QUATRIÈME PHASE
Les passes Individuelles

    La médication de M. Antoine de spiritualise de plus en plus. Elle n'a plus besoin de intermédiaires matériels : le guérisseur se contente d'imposer les mains à ses clients. Il élabore une vague théorie de la Foi et des fluides. Il manie lui-même les bons fluides et s'en sert pour guérir les personnes qui ont assez de foi. Les fluides font office de microbes : ils se tuent les uns les autres. Il s'agit d'assurer la victoire des bons fluides.
    « Tout guérisseur quelque peu expérimenté sent la foi du malade et peut lui dire : « Vous êtes guéri. » Il coupe littéralement de fluide qui le terrassait, c'est-à-dire son imagination ; il ne va pas directement au mal, mais à la cause. »
    On dit que M. Antoine était obligé, durant cette quatrième phase de son évolution médicale, d'imposer les mains à plus de cinquante personnes par heure. Il a dû faire une énorme dépense de fluides, pendant cette période, car les malades étaient nombreux. Il en arrivait de partout, même de l'étranger. Une savante réclame venait d'être organisée dans tout le pays. Des émissaires colportaient la réputation du Maître. Les visiteurs recevaient une petite brochure, contenant l'ébauche de la nouvelle doctrine et la rapportaient dans leur village.
    A Jemeppe, des séances dominicales sont fondées. M. Antoine s'entoure de disciples. Il leur explique son système. Les disciples recueillent pieusement la doctrine du prophète et la font imprimer. Ni le professeur ni les élèves ne se comprennent. Ces recueils sont de plaisants coq-à-l'âne, où il est malaisé de découvrir une théorie quelconque ; nous les examinerons plus loin. Notons seulement que M. Antoine ne s'occupe plus exclusivement des maladies et des infirmités corporelles. Il a trouvé le joint entre la médecine et la morale : il affirme que les maux physiques sont un produit de l'imagination. La thérapeutique va céder la place insensiblement à l'instruction religieuse.
    La clientèle s'élargit, et sa générosité permet d'ériger un vrai temple. Il ne s'agit plus de guérir les corps souffrants ; il faut éclairer les âmes. Antoine n'est plus un bienfaiteur de l'humanité ; il est prophète, il reçoit des révélations. Et comme le nombre des sots dépasse celui des malades, les fidèles de l'Antoinisme, définitivement fondé, se multiplient.
    Antoine alors inaugure sa cinquième phase, la phase actuelle, celle des passes collectives.

CINQUIEME ET DERNIÈRE PHASE

    Voici le spectacle auquel on peut assister gratuitement à Jemeppe, tous les dimanches depuis deux ou trois ans.
    Une tribune se dresse au fond du temple. Elle communique avec les appartements privés du voyant. Les fidèles et les curieux se placent dans des bancs, en face de cette tribune. Un monsieur se lève :
    « Notre bon père va venir. Avant d'opérer, il se recueille dans la prière. Respectez ce moment solennel. Ranimez votre Foi, car tous ceux qui ont la Foi seront guéris ou soulagés. »
    La porte s'ouvre. M. Antoine s'avance. Il est bien vieux. Il a laissé pousser ses cheveux et s'est composé une tête hiératique. La scène est admirablement machinée. Alors le prophète, que transfigure un air inspiré, se place au milieu de la tribune. Son regard est perdu dans l'au-delà. Il élève majestueusement les mains, étend les bras, remue les doigts pour laisser écouler sur son peuple tout le fluide qu'il a emmagasiné par sa prière ; il répand ce fluide à l'orient et à l'occident. I ferme les yeux, se retourne et rentre chez lui, sans avoir proféré une parole.
    L'autre monsieur se lève de nouveau :
    « L'opération est terminée. Les personnes qui ont la Foi sont guéries ou soulagées. »
    On renvoie toutes les personnes et l'on introduit d'autres spectateurs qui verront la même comédie. Généralement ce sont les mêmes gens qui sont guéris et soulagés chaque dimanche. (2)

(1) Les Antoinistes sont excommuniés par les véritables spirites.
(2) « Les jours fériés, sauf les dimanches, le Guérisseur a un plus grand pouvoir que dans ses opérations habituelles » (Préface de l’Auréole de la Conscience, p.16)

Journal de Bruxelles, 25 juin 1911 (source : Belgicapress)

La suite au numéro de juillet 1911.

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Quelques notes sur Antoine et l'Antoinisme (Journal de Bruxelles, 2 juillet 1911)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Quelques notes sur Antoine et l'Antoinisme (Journal de Bruxelles, 2 juillet 1911)(Belgicapress)QUELQUES NOTES
sur
Antoine et l’“Antoinisme„ (1)

    Continuons à reproduire l'intéressante étude publiée par la « Tribune apologétique » (126, rue de Tirlemont, Louvain) :

    La délégation. – M. Antoine a maintes fois annoncé le jour de sa mort. Du moins ses chers disciples lui ont attribué cette prédiction, qui a eu, à chaque occasion, le don d'attirer un nouveau concours de visiteurs. Heureusement, ces prophéties ont été prématurées. Le lendemain du jour où le prophète devait disparaitre, le prophète était encore vivant. Mais il décline visiblement. A force de se priver de fluides pour guérir l'humanité, il dépérit lui-même. Il ne parle presque plus en public, et l'on prétend que ses amis l'observent : son extase est continuelle, mais nullement dangereuse. Quand ça va trop loin, sa femme le remplace.
    Il était donc urgent de constituer des délégués pour continuer les opérations. Les confidents les plus intimes ont déjà publié que le Guérisseur va transmettre son pouvoir à des hommes ou à des femmes qui ont les aptitudes nécessaires pour manier les fluides. Antoine n'est plus le Guérisseur. Il va s'appeler « Antoine le Généreux ». Le titre est bien trouvé : les légataires de son secret bénéficieront d'une excellente aubaine.
    Mais le prophète peut-il transmettre son secret ?
    Question !

    Le secret d'Antoine. – Les successeurs d'Antoine manqueront toujours, croyons-nous, de son expérience des hommes et des choses. D'abord, ils n'auront point passé par l'école du spiritisme. C'est une préparation indispensable. Aujourd'hui, pour être apte à recevoir de nouvelles révélations, il faut avoir causé avec les fantômes. Quand M. Antoine put évoquer les morts, chez lui, il mesura les abîmes de la crédulité humaine. Il estima qu'un peuple déchristianisé peut tout admettre, si l'on y met des ménagements. Les continuateurs de l'Antoinisme éprouveront-ils ce profond mépris de l'intelligence, lequel constitue principalement l'assurance du Voyant ? Nous ne le pensons pas. Ils ignorent, sans doute, les tâtonnements successifs de leur Maître : la liqueur Coune, l'eau et le papier magnétisés, les autres remèdes inoffensifs qu'il servit aux naïves populations, jusqu'au jour où il revendique le pouvoir personnelle de guérir les malades et de fonder un nouveau culte.
    Il est manifeste que, dans le principe, Antoine voulait seulement s'établir comme empirique. Les guérisseurs populaires ont toujours existé ; ils fleuriront toujours. La plupart sont des charlatans, qui accompagnent leurs consultations des rites les plus baroques. Quelques-uns possèdent, dit-on, de véritables secrets, résultats de vieilles expériences conservées dans les familles : ce sont des spécialistes de la grangrène, des rhumatismes, de la rose, etc. Antoine jeta son dévolu sur la liqueur Coune, pour commencer. Il choisit au hasard puisqu'il y renonça dans la suite. Il estima qu'une spécialité limiterait nécessairement le nombre de ses clients. Aussi prétendit-il guérir tous les maux sans distinction. La trouvaille du fluide magnétique – exploitée d'ailleurs au XVIIIe siècle – fut géniale. Une réclame habile fut organisée autour du guérisseur universel. Les différentes régions de la Belgique furent visitées par les commis-voyageurs de l'Antoinisme. La réputation du guérisseur était établie. Les foules accouraient à Jemeppe.
    A ses consultations et à ses remèdes, Antoine, comme tous les rebouteurs, ajoutait des recommandations pieuses : prier, faire des neuvaines, accomplir des pèlerinages, s'imposer certaines abstinences, etc. C'est l'enfance de l'art. La suggestion la plus puissante est celle qui s'appuie sur le sentiment religieux. Antoine joua admirablement son personnage. Il prit un air d'ermite et se composa une figure qui devait frapper les visiteurs naturellement impressionnables. Ce saint homme ne devait pas seulement posséder le pouvoir de remettre les corps. Tous les secrets lui étaient ouverts. On le consulta dans les affaires embarrassantes. On lui soumit les cas de conscience. Il devint directeur d'âmes. Il fonda une religion de sa fabrique, bâtie sur de prétendues révélations.
    On nous demandera si le perspicace exploiteur de la liqueur Coune n'a pas fini par se prendre à ses propres inventions ? Est-ce un mystificateur, qui continue son rôle jusqu'au bout ? Est-ce un illuminé qui croit que c'est arrivé ? Certains traits de roublardise semblent compromettre l'hypothèse de la sincérité. L'absurdité même de sa religion et la confiance de ses disciples font supposer que le prophète est de bonne foi. Peut-être y a-t-il en lui deux personnages, dont l'un trompe l'autre.

    Histoire de la noyée. – Le tribunal de Liége conserve les traces d'un des mécomptes d'Antoine.
    En 1907, un nommé Dangis jeta sa femme à la Meuse. Poussé par je ne sais quelle suggestion, il se présenta le lendemain, chez Antoine. Il raconta la disparition de sa femme et désira savoir ce qu'elle était devenue. Le voyant ne fut pas déconcerté un instant. Avec son assurance habituelle, il répondit au mari : Dans deux jours, votre femme vous écrira.
    Voilà ce que Dangis rapporta aux juges.
    Les Antoinistes furent très ennuyés de l'aventure, qui était répétée par les journaux.
    En effet, ou Antoine connaissait le sort de la noyée et il ne devait pas tromper Dangis ; ou, ce qui est plus vraisemblable, il ne savait rien et aurait dû ne rien dire. Non seulement sa perspicacité de clairvoyant se trouvait en défaut, mais sa bonne foi devenait discutable. L'habile homme ne put deviner que Dangis avait tué sa femme. Il crut au récit de la disparition et jugea que la disparue donnerait bientôt de ses nouvelles. Des conjectures du même genre lui avaient souvent réussi.

    Une tentative de résurrection. – Un malade du Condroz s'en retournait, comme tous les autres malades, avec la promesse d'une prompte guérison. Malheureusement, il mourut soudain à quelques pas du temple d'Antoine. En hâte, on porte le cadavre au prophète. Celui-ci s'efforce inutilement de le ranimer. Le mort reste mort. Le thaumaturge ne savait donc pas que sa tentative de résurrection serait vaine.

    Les foules à Jemeppe. – Il est incontestable que depuis dix ans un nombre considérable de personnes de toutes conditions sont allées rendre visite à M. Antoine. Comment expliquer cette affluence !
    Il faut l'attribuer à diverses causes. Les malades eux-mêmes qui se sont adressés inutilement aux médecins, se rattachent au moindre espoir de retrouver la santé : sans croire à Antoine, ils tentent l'expérience. Beaucoup sont venus à Jemeppe, qui prenaient Antoine pour un ermite parfaitement orthodoxe. (2)
    Il est d'ailleurs probable que ces voyages répétés ont fait du bien à quelques neurasthéniques et à d'autres malades imaginaires.
    Ensuite, une réclame intense, méthodiquement conduite, a trompeté le pouvoir de guérisseur dans toutes les régions de la Belgique. On racolait les malades de tels et de tels villages : les parents les accompagnaient. Puis, les commis-voyageurs passaient à un autre district. Le Centre et le Borinage ont fourni la plus forte clientèle ; les villages flamands se sont montrés réfractaires à la nouvelle doctrine. Ajoutons que presque partout la renommée du guérisseur a été éphémère.
    Enfin, la presse antireligieuse, voulant discréditer les miracles de Lourdes, a parlé des guérisons attribuées au spirite de Jemeppe et a rendu quelque service au Guérisseur en augmentant sa notoriété.

    Les guérisons. – Les bulletins de l'Antoinisme rapportent longuement, même fastidieusement, les paroles de M. Antoine. Chose étrange ! Ils ne racontent aucun cas de guérison. Ce silence obstiné est significatif. Alors que les adeptes répandent partout le bruit de nombreux prodiges, les brochures Antoinistes se taisent sur ce délicat sujet : non seulement elles ne signalent pas les noms des personnes guéries ; elles ne mentionnent aucun fait extraordinaire. Il n'est donc pas étonnant que des journalistes, en quête de miracles antoinistes, n'aient jamais pu contrôler un des cas vaguement racontés par les disciples de M. Antoine. Il semble que si ces gens étaient convaincus des œuvres merveilleuses de leur maître, ils s'empresseraient de les écrire, en relatant toutes les circonstances de temps, de lieu et en notant la nature des infirmités vaincues par le pouvoir du thaumaturge. Il serait alors possible de procéder à un examen sérieux de ces phénomènes.
    Mais peut-être redoute-t-on précisément ce contrôle ! A Lourdes, on a établi un bureau de constatations. Les docteurs qui le composent exigent des malades un certificat médical, décrivant minutieusement la nature de l'affection morbide. Avant de proclamer qu'une guérison est miraculeuse, c'est-à-dire inexplicable naturellement, ils se convainquent que la maladie était incurable ou que, par les moyens naturels, elle ne pouvait disparaître subitement. Ils éliminent les cas d'origine nerveuse, qui peuvent être guéris parfois par la suggestion. Ils retiennent seulement le cas de guérison subite d'une maladie organique ou de guérison d'une affection reconnue incurable.
    Il eût été désirable que pareil bureau fonctionnât à Jemeppe. On saurait mieux à quoi se réduisent les guérisons incontrôlables attribuées à Antoine.

    Les victimes de l'Antoinisme. – S'il est fort probable que M. Antoine n'a jamais rendu d'autre service aux malades que de relever leur courage par la promesse d'une guérison, il est certain que les enseignements de l'Antoinisme ont pu avoir les plus fâcheuses conséquences au point de vue de la santé publique. Pour quelques fanatiques de cette secte, la foi remplace tous les remèdes. Plus on a de foi, plus la guérison est prompte. Or, consulter un médecin, c'est manquer de foi. Les médecins étaient donc écartés du lit de certains Antoinistes. Leur science, qui pouvait sauver les malades, n'était pas requise. On se contentait de passes, de l'imposition des mains. Cette folie a peut-être entrainé la mort de bien des gens.
    Semblable épidémie mentale a sévi en Angleterre. Les adeptes d'une secte qui s'intitule « Science chrétienne » et qui paraît avoir inspiré à M. Antoine certaines de ses théories, laissaient mourir leurs enfants et leurs proches, faute des soins les plus élémentaires. Ils mandaient un des chefs du culte, lequel essayait de persuader au malade que la douleur est une illusion. Les tribunaux se sont occupés de ces cas d'homicide par omission, et ont flétri les agissements les personnes plus ou moins illuminés qui, sous prétexte de guérir les gens, éloignaient les médecins.
    On nous affirme qu'à Jemeppe, des permis d'inhumation ont dû être refusés en présence de pratiques similaires.

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    Pour déférer au désir d'un honorable pharmacien bruxellois, nous ne voyons nul inconvénient à déclarer qu'il n'y a eu, dans le premier article que nous avons consacré à Antoine, aucune appréciation désobligeante pour la liqueur « Koene ».
    Nous n'avons d'ailleurs entendu émettre aucun avis sur aucune liqueur et avons simplement parlé de l'usage fait jadis par Antoine d'une « spécialité » que nous n'avions pas à juger.

 

(1)    Suite, voir Supplément du 25 juin.

(2)    C'est ainsi que les Antoinistes, désireux de faire reconnaître officiellement leur culte, ont surpris la signature de beaucoup de braves gens, en prétendant que leur temple était un lieu de pèlerinage catholique. A l'étranger la réclame antoiniste se fait spécialement dans les villes d'eau, comme Vichy, Nice, Monaco, où les malades vont essayer de rétablir leur santé.

Journal de Bruxelles, 2 juillet 1911 (source : Belgicapress)

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Tribune Apologétique - La doctrine antoiniste (1911)

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Titre : Faits et Doctrines : La doctrine antoiniste
Éditions : Tribune Apologétique, juin & juillet 1911 (Nos 35, 36, 37, 38)

    On parle de ce texte critique de la part de cette publication de l'organe du Secrétariat général des Œuvres Apologétiques dans un article du Journal de Bruxelles du 13 août 1911, ainsi que dans un article de La Croix 23 janvier 1912.

Tribune Apologétique - La doctrine antoiniste (1911)

    Cette publication, dont on ne peut en connaître l'auteur (un article de l'Echo de la Presse signale qu'il s'agit d'André Kervyn), a été reproduite (au moins en partie) dans le Journal de Bruxelles en juin et juillet 1911 sous le titre Quelques note sur Antoine et l'Antoinisme. Elle n'est pas sans rappeler le petit fascicule publié par Hubert Bourguet en 1918 ou la contribution d'Albert Monniot dans la Revue internationale des Sociétés secrètes en 1914.

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Isi Collin - Antoine le Guérisseur (L'Indépendance Belge, 1er juillet 1912)(Belgicapress)

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Isi Collin - Antoine le Guérisseur (L'Indépendance Belge, 1er juillet 1912)(Belgicapress)Antoine le Guérisseur

    Antoine, le fameux guérisseur de Jemeppe-sur-Meuse, est mort mardi matin, dans la petite- habitation touchant le temple que les antoinistes avaient fait construire il y a cinq ans.
    Il était âgé de 66 ans. Dimanche, il avait été frappé par l'apoplexie, alors qu'il prêchait.
    La vie d'Antoine avait été celle d'un brave homme, charitable et désintéressé, qu'une manière exaspérée de christianisme mêlée de spiritisme transforma en apôtre de l'amour, « seul remède de l'humanité ».
    Antoine Louis était né à Mons-Crotteux d'une famille de cultivateurs. Tout jeune et presque illettré, il avait été employé dans un charbonnage. Lors de la guerre de 1870, il avait été envoyé avec le régiment de ligne, où il était simple soldat, à la frontière française.
    Là se produisit un accident qui influa beaucoup sur la destinée de cet homme : Au cours d'une manœuvre, Antoine Louis tua d'un coup de fusil un de ses compagnons. Il n'y eut point de suite judiciaire, mais le souvenir de ce malheur affecta vivement Antoine.
    Il fut dans la suite machiniste à Flémalle, se maria et partit pour l'Allemagne, aux usines de Stollberg. Il revint à Jemeppe, fut marchand de légumes ; puis fut engagé comme chef marteleur aux usines belges Pastor de Varsovie. Sa femme tint là une maison de pension, qui fit fortune.
    C'est à Varsovie qu'Antoine se mêla à quelques illuminés ; de graves événements politiques dont il fut témoin exaltèrent en lui une pitié native pour les hommes. Il était alors un grand admirateur des méthodes de Raspail, ce qui lui donnait dans le monde des ouvriers une réputation de médecin rebouteux.
    Il est cependant certain qu'Antoine n'usa jamais de charlatanisme et qu'il fut toujours un sincère, aidant ses malades de son argent autant que de ses conseils.
    Il rentra en Belgique et fut agent d'assurance. Il avait fait construire à Jemeppe quelques maisons et y manifestait une générosité qui l'entoura bientôt de la vénération du peuple.
    Il fréquenta alors un groupe de spirites qui avaient pour guides d'au delà Victor Hugo et le curé d'Ars. Antoine y apporta des idées tolstoïstes et des doctrines d'idéalisme slave. Il apporta aussi quelque argent, qui servit à l'installation d'une bibliothèque scientifique. Un petit journal spirite, le Flambeau, fut fondé ; c'était le début de l'antoinisme.
    Antoine fut concierge, puis encaisseur aux Forges et Tôleries Liégeoises ; mais il abandonna ces fonctions pour se consacrer tout entier à son apostolat. Il s'était, en effet, découvert médium guérisseur et cultiva des dons qui, en Russie déjà, avaient étonné les spirites qu'il fréquentait.
    En 1892, Antoine perdit son fils unique, âgé de 20 ans, et ne le pleura pas. Dès ce moment, il employa son argent à la divulgation de ce qu'il appelait sa révélation. Un jeune professeur d'athénée, une dame de Nice qu'il avait guérie lui servirent de secrétaires. Un adepte lui donna 20,000 francs pour la construction d'un temple ; des dons vinrent de toutes les parties du monde et une revue, l'Auréole de la conscience, fut publiée à Liége.
    Chaque matin, plusieurs centaines de personnes venaient consulter le guérisseur ; on distribuait des tickets pour ces consultations. Chaque matin également, Antoine recevait de France, d'Angleterre, de Scandinavie et d'Allemagne des paquets de télégrammes ; car il prétendait guérir à distance.
    Hors de ces séances et des prêches du dimanche, Antoine vivait en reclus, dictant ses réflexions à un sténographe. Il avait, à la mort de son fils, recueilli deux fillettes dont il surveillait attentivement l'éducation.
    Antoine avait été poursuivi deux fois pour exercice illégal de l'art de guérir. Il avait été condamné une première fois et acquitté la seconde. Ses adeptes lui firent alors une manière de triomphe.
    Des savants allemands et français, des écrivains, des journalistes le visitaient fréquemment. Antoine les recevait comme de de simples malades, se refusant à tout interview.
    Il semble pourtant que sa gloire l'ait un peu troublé ces dernières années. Le développement subit de sa doctrine à Paris, dans le Midi et en Angleterre l'avait amené à changer ses façons de guérir ; il opéra ses guérisons par masse. Il dédaigna moins les marques d'admiration et ce petit paysan aux bons yeux se vêtit d'une lévite et laissa croître ses cheveux.
    Sa « révélation », au reste, était devenue la religion antoiniste et cent mille de ses fidèles belges réclamèrent, par une pétition au Roi et aux Chambres, la reconnaissance du culte antoiniste.
    La mort de cet étrange et doux vieillard causera une vive émotion dans le monde spirite ; mais Antoine a pris soin, avant de mourir, de léguer à sa femme toute sa puissance de guérisseur.
                                                                      COLLIN.

L'Indépendance Belge, 1er juillet 1912 (source : Belgicapress)

 

    Isi Collin fut écrivain (La Divine rencontre), auteur de théâtre (Sisyphe et le juif errant), poète (Vallée heureuse, Baisers). Il est surtout journaliste au Journal de Liège, à la Nation belge et au journal Le Soir, où il signe ses articles sous le pseudonyme de Compère Guilleri. Il est cité pour ses articles par Pierre Debouxhtay.

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Quand on vient demander une grâce au PERE (Temple de Paris, Passage Roux)

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Quand on vient demander une grâce au PERE (Temple de Paris, Passage Roux)

Quand on vient demander une grâce au PERE,
on se prépare dans le porche comme dans le Temple.
Dans le porche, on me parle pas matière.

source : https://fr.geneawiki.com/index.php/Paris_-_Temple_Antoiniste

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Avis de Mère dans un Unitif de 1914

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Avis de Mère dans un Unitif de 1914

                    Mère rappelle aux adeptes qu'ils ne
                pourraient trop se dévouer pour les per-
sonnes qui s'adressent à eux.

Unitif de 1914

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L'Antoinisme à Bruxelles (La Nation Belge, 11 août 1925)(Belgicapress)

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L'Antoinisme à Bruxelles (La Nation Belge, 11 août 1925)(Belgicapress)

L’Antoinisme à Bruxelles

Un entretien avec le Frère Janin, officiant du temple
qui vient d’être inauguré dans la capitale

    On vient d'inaugurer à Bruxelles un temple antoiniste. C'est pour le quartier environnant le gros événement de l'année. Vers la façade neuve, haute d'un étage, qui s'orne de l'inscription « Culte Antoiniste », les passants tournent des regards curieux, les enfants, un doigt sur la bouche, s'arrêtent devant la porte massive et la contemplent comme si elle allait s'ouvrir brusquement devant une apparition de l'autre monde ; les commères des environs jettent de temps à autre un coup d'œil reconnaissant sur la mystérieuse demeure qui leur promet une moisson inépuisable de ragots et de cancans ; il n'y a que les hirondelles pour n'attacher aucune importance à ce bloc de maçonnerie, qu'elles frôlent de l'aile, au cours de leurs circuits vertigineux, avec la même familiarité que la maison du cantonnier ou la flèche de la vieille église campagnarde.

Aimez vos ennemis !

    Un temple suppose des fidèles. On n'entasse pas les briques sur les briques pour le plaisir. Il y aurait donc des antoinistes dans la capitale ? Nous n'en avions jamais entendu parler. Nous savions qu'à Liége le père Antoine avait laissé de très nombreux adeptes et que son enseignement, continué par sa veuve, n'avait rien perdu de sa faveur auprès d'une population dont le scepticisme apparent dissimule des trésors de crédulité ; mais nous croyions bien que la zone de diffusion s'arrêtait aux limites de notre bonne province wallonne.
    Intrigué par la nouvelle de cette inauguration, nous avons voulu en avoir le cœur net. Nous avons franchi le seuil du Temple Antoiniste.
    Un homme d'aspect austère, sanglé dans la longue redingote noire boutonnée au col qui est l'uniforme des antoinistes, s'aidant de deux cannes pour mouvoir son corps foudroyé, les yeux fixes et pénétrants dans un visage émacie, vint à notre rencontre et, après un moment d'hésitation, consentit à nous recevoir dans un petit parloir aux murs blanchis à la chaux, meublé d'une table, d'une chaise et d'une armoire, sans style, comme on en trouve chez les plus pauvres. Du coup, notre attention fut attirée vers le seul objet qui rompit la triste monotonie du lieu, une pancarte sur laquelle nous lûmes cette inscription tracée avec un certain souci de coquetterie typographique :
    Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi.
    C'est dans la Foi que naît l'Amour, l'Amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même.
    Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir : c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.
   
A deux pas de la rue populeuse et du fracas de la grande ville, ces mots sonnent étrangement. Mieux que n'y parviendrait une mise en scène recherchée, ils placent instantanément le visiteur dans une atmosphère très « thébaïde ». On est prêt à toutes les surprises et l'on ne songe plus à sourire, si tant est qu'on soit venu avec de mauvaises dispositions.

Tout par le recueillement

    L'homme austère aux yeux fascinants n'est autre que le Frère Janin, l'officiant du Temple. Il est chez lui, mais sa main ne nous indique pas la chaise sur laquelle nous nous appuyons. Lui-même reste debout, droit comme un i, malgré le pauvre appui de ses jambes vacillantes. Et la conversation s'engage.
    Si les antoinistes sont nombreux Bruxelles ? nous dit le Frère Janin en réponse à la question que nous lui posons. Je serais bien en peine de vous le dire, car si nous accueillons tout le monde dans nos temples, nous ne demandons rien à personne, pas même les noms qui nous permettraient d'établir des listes et de dresser des statistiques.
    Nous sommes quatre pour desservir cette maison. J'ignore si par delà des murs, d'autres hommes confirment leur conduite aux préceptes de notre « Père » et acceptent sa révélation. Nous ne nous en préoccupons pas.
   
Et comme, à ces mots, nous marquons notre étonnement, le Frère Janin poursuit, du même ton uni, les yeux fixant les nôtres ou détournés vers quelque vision intérieure :
    – Non, nous ne nous en préoccupons pas, car notre but n'est pas de grossir nos rangs. Le prosélytisme nous est inconnu. L'œuvre de perfectionnement moral et de soulagement physique à laquelle nous nous adonnons est complètement désintéressée. Sur cent malades qui s'en vont guéris après avoir sollicité notre assistance, il n'y en a pas deux qui nous restent. C'est ainsi qu'en 1910, il s'est trouvé 100,000 personnes pour signer la requête demandant la reconnaissance légale de l'Antoinisme, mais nous ne possédons probablement pas 1,000 antoinistes agissants dans tout le pays.
   
Cette doctrine est étrange. Alors que toutes les autres réclament de leurs fidèles le zèle à la propagande, elle ne fait rien pour attirer et retenir les masses. Elle les sert, elle les soulage, mais elle ne vise pas à les annexer. Bien mieux, le Père Antoine estimait que les grandes affluences nuisent au succès des réunions. Pourquoi ? Le Frère Janin va nous l'expliquer :
    – Nous n'obtenons rien que par le recueillement. C'est en concentrant notre pensée, par la prière muette, mais ardente et unanime, que nous parvenons à créer en nous les dispositions favorables à la venue des grâces. Or, là où beaucoup d'hommes sont assemblés, le recueillement devient difficile, et il suffit de quelques curieux qui ne soient pas à l'unisson pour rompre le faisceau des âmes convaincues et détruire l'effet de leur exaltation. Je parle sans doute un langage qui ne vous est pas familier. Eh bien ! je prendrai une comparaison. La boussole que le capitaine du navire consulte en plein Océan lui indique la route à suivre, sans risque d'erreur. Mais si quelqu'un s'approche avec une barre d'acier, l'instrument perd par le fait même toute efficacité et ses indications égarent le capitaine. Ainsi en va-t-il pour nos réunions quand le recueillement n'est pas complet.
   
Quel est le programme de vos réunions ?
    – Tous les soirs, une séance de recueillement et trois fois par semaine la lecture de la « Révélation ».
   
Quelle est votre altitude à l'égard du catholicisme ?
    – Nous respectons tous les cultes et nous ne demandons à personne quel Dieu il adore ou s'il en adore un.

Les guérisons

    Vous dites que vous poursuivez le soulagement de l'Humanité souffrante. L'antoinisme a-t-il des guérisons à son actif ?
    – Des milliers ! Il n'est pas un village de la province de Liège qui ne compte plusieurs miraculés.
    Le jour de l'inauguration, ici même, j'ai vu une paralytique se lever et marcher sans aucune difficulté et sans le secours de personne. Moi-même, blessé pendant la guerre (j'ai servi dans la marine française), abandonné par les médecins qui m'avaient enlevé tout espoir de quitter la couche où j'étais étendu, c'est le père qui m'a guéri.
    Excusez-moi, mais je me rappelle fort exactement avoir vu le Père Antoine sur son lit de mort, à Jemeppe, pas mal de temps avant la guerre ?
    – Le père est mort, réplique le Frère Janin, mais son esprit lui survit.
    Mais un bourdonnement confus s'élève dans le corridor. Des consultants sans doute, qui ont hâte de confier le souci qui les accable et de recueillir la parole d'espoir.
    Déjà une fois notre entretien a été interrompu par un coup discret frappé à la porte. Le Frère Janin nous pria de l'excuser et disparut quelques instants. Nous eûmes le temps d'apercevoir une dame de la plus sûre élégance et dont le visage trahissait une intense préoccupation. Maintenant ce sont trois femmes du peuple, en cheveux et en tablier. Et nous sommes ici depuis une demi-heure à peine ! Il n'y a pas huit jours que le Frère Janin donne ses consultations !
    La clientèle vient vite à qui se penche sur la misère humaine.                    LIONEL

La Nation Belge, 11 août 1925 (source : Belgicapress)

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Mort de Gustave Gony (Le Peuple, 20 août 1913)(Belgicapress)

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Mort de Gustave Gony (Le Peuple, 20 août 1913)(Belgicapress)

Mort de Gustave Gony

    Une bien triste nouvelle nous est téléphonée de Seraing : notre ami Gustave Gony, secrétaire communal de la cité rouge, n'est plus !
    Notre pauvre camarade succombe en pleine jeunesse, en pleine ardeur de travail.
    Il tombe à 43 ans, au moment où il se consacrait tout entier à la chose publique et aux progrès du mouvement coopératif.
    Le parti ouvrier sérésien perd en Gony un des plus vaillants et des plus sincères de ses soldats.
    Né à la Neuville, en Condroz, il vint à Jemeppe, à l'âge de 14 ans.
    Des que sa jeune intelligence se fut éveillée, il s'intéressa au mouvement philosophique et social de son époque.
    Jeune ouvrier menuisier, assoiffé de connaissances, il suivit, durant trois années, les cours de l'école industrielle de Seraing et y puisa le goût des lectures sérieuses.
    Il entra alors dans le mouvement spirite et fonda le journal le « Flambeau » dans lequel il fit, tout au moins, autant de propagande socialiste que de prosélytisme spiritualiste.
    Mais bientôt, la lutte politique et économique le réclame. Devenu l'alter ego de notre regretté Alfred Smets, il bataille, avec lui, chaque jour, contre toutes les forces sociales acharnées, en ces temps héroïques, à réduire par la faim les champions du socialisme.
    Gony possédait un petit pécule, toute sa richesse.
    Sans hésiter, avec l'impétuosité et l'enthousiasme de la jeunesse, il le place dans une imprimerie destinée à servir la cause du Parti ouvrier. Il perdit tout.
    Ce fut, alors, pour le jeune propagandiste, la période d'extrême dénuement.

Mort de Gustave Gony (Le Peuple, 20 août 1913)(Belgicapress)

    Sans travail, lui et son ami Alfred Smeets, les deux militants unirent leur misère. Non seulement, ces hommes, résolus jusqu'à l'héroïsme, vécurent ensemble, mais ils en furent réduits à mettre en commun leur maigre garde-robe, afin de pouvoir, tour à tour, paraître décemment dans les assemblées.
    En 1890, Gony est à Seraing et aux côtés de Smeets il mène avec la bonne humeur et la confiance qui ne le quittaient jamais, la grande grève des mineurs si féconde en incidents.
    Mais le vote de la revision, la transformation du régime électoral ouvre des voies nouvelles aux propagandistes.
    L'inoubliable campagne électorale de 1894 se déroule au pays de Liége.
    Le jeune parti ouvrier poursuit la guerre : contre les vieux partis avec une ardeur et un enthousiasme sans précédent dans l'histoire du pays. C'est, partout, l'assaut le plus emballé, le plus audacieux.
    Gustave Gony est au premier rang des orateurs de meeting. Dans les réunions publiques, convoquées par les libéraux qui se croyaient les maîtres encore des communes ou leur prestige avait été souverain jusque là, le jeune socialiste paraissait à la tribune, tenant tête, avec une vigueur, une science, une éloquence surprenantes à des politiciens de l'envergure d'un Dupont et d'un Greiner.
    Elu conseiller communal en 1893, il est porté à l'échevinat de l'instruction publique et se consacre, tout entier, à ses nouvelles fonctions.
    Un jour, le bourgmestre doctrinaire, furieux contre son échevin dont la vigilance ne se démentait pas un seul instant, le fit expulser d'une école « manu militari ».
    Gustave Gony ne répondit qu'en riant à ce geste de violence, et fit voter un nouveau barème au profit du personnel enseignant, barème dans lequel se trouvait consacrée, pour la première fois en Belgique peut-être, l'égalité des sexes devant le traitement.
    Un incident de cette partie de la trop courte vie de notre regretté camarade, caractérise bien les généreuses tendances de son caractère. Ayant été condamné, après une polémique de presse, à 3,000 francs d'amende ou deux mois de prison subsidiaire, Gustave Gony préféra aller en prison, bien qu'une souscription importante eut été ouverte. Gony versa le produit de la souscription dans une caisse de propagande.
    Mais ses ennemis ne lâchaient point prise et le pauvre échevin socialiste, n'ayant pas d'autres ressources pour subsister, vit saisir le cinquième de son traitement annuel de 800 francs !
    Les camarades de Saint-Georges, commune socialiste, mû par un sentiment de vive sympathie, offrirent à Gony l'emploi de secrétaire communal. Ils exigèrent seulement du nouveau fonctionnaire qu'il établisse sa résidence à Saint-Georges.
    Gustave Gony, sachant que la majorité socialiste sérésienne n'était que d'une voix, n'hésita pas ; il refusa l'emploi et maintint la majorité au parti.
    Enfin, le terme de l'ère des privations et des souffrances physiques approchait.
    Nos camarades du collège de Seraing, ayant à lutter contre le mauvais vouloir, systématique des bureaux, composés de créatures doctrinaires, désignèrent Gony au poste de directeur des services administratifs.
    Elu conseiller provincial, on lui confie, en 1900, la vice-présidence de cette assemblée, et il s'acquitta de cette fonction avec un zèle et un tact, auquel tous ses collègues rendirent hommage.
    Entre-temps, au sein de la coopérative socialiste locale, il accepte de guider le navire dans les eaux dangereuses dans lesquelles il naviguait. Malgré cela, Gustave Gony préconise l'abonnement obligatoire au « Peuple » et grâce à la diffusion de la presse socialiste, rend la force et la stabilité à la coopérative ouvrière.
    Gustave Gony fut un cœur généreux, une âme hantée d'idéalité, le type de l'homme franc, loyal et honnête, d'un commerce agréable dans le public et dans le privé.
    S'il eut des démêlés avec Alfred Smets, ces discussions n'eurent que des motifs d'ordre administratif. Et si des camarades eurent des préventions envers l'un ou l'autre de ces deux hommes, si bien faits pour s'entendre et pour s'estimer, il ne reste, aujourd'hui, que le souvenir pâli de ces déchirements passagers. Tous, en apprenant le terrible malheur qui frappe le parti sérésien, baisseront le front avec respect devant la mort impitoyable et uniront, dans un même et douloureux regret, les noms respectés d'Alfred Smets et Gustave Gony.
    Le « Peuple », douloureusement ému, salue avec respect la mémoire du vaillant lutteur qui vient de disparaitre.

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    Les funérailles civiles auront lieu jeudi, dans la plus stricte intimité.

Le Peuple, 20 août 1913 (source : Belgicapress)

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