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Flémalle-Grande - Marihaye

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Flémalle-Grande - Marihaye

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Flémalle-Grande - Houillère du Xhorré

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Flémalle-Grande - Houillère du Xhorré

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Flémalle-Grande - Houillère des artistes

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Flémalle-Grande - Houillère des artistes

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Funérailles du Père (photo colorisée)

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Funérailles du Père (photo colorisée par MyHeritage)

par MyHeritage

Funérailles du Père (photo colorisée)

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Fraternelle de Charleroi de l'Institut général de Psychosie

Publié le par antoiniste

    Une Fraternelle de l'Institut général de Psychosie a existé à Charleroi (Dampremy) :

Fraternelle de Charleroi de l'Institut général de Psychosie

Fraternelle n°46 de Charleroi (Belgique)(Le Fraterniste, 2 mai 1913)

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Antoinisme (Le Petit Provençal, 7 août 1912)

Publié le par antoiniste

Antoinisme (Le Petit Provençal, 7 août 1912)

ANTOINISME

    On a lu l'histoire de cette petite fille que ses parents ont laissé mourir faute de soins, mais non faute de prières adressées à Antoine, le fameux guérisseur de Belgique, pays qui compte des milliers d'antoinistes.
    Faut-il être dépourvu d'intelligence, pour croire à la puissance curative d'un individu, se sont dit quantité de gens d'esprit, à la lecture de ce douloureux fait divers.
    Et parmi ceux qui ont formulé ce jugement, combien en est-il cependant qui n'évoquent pas, à l'occasion, sinon Antoine, du moins saint Antoine ?
    Pendant la longue agonie du Mikado, des milliers de Japonais, appartenant à toutes les classes de la société, magistrats, officiers, lettrés et simples ouvriers ou coolies, étaient agenouillés devant les portes du palais impérial en de ferventes prières.
    Ceux qui blaguent les antoinistes, n'ont eu aucune raillerie pour les Japonais ; de même, ils n'en ont aucune pour les illuminés de Lourdes et autres lieux de pèlerinage.
    Il en est ainsi, les chrétiens méprisent les adorations des juifs, des Arabes, des boudhistes, des Sioux, des nègres et ceux-ci leur rendent bien leur mépris.
    Au fond, toutes les religions, presque et y compris l'antoinisme, reposent sur une même base : la superstition. - N.

Le Petit Provençal, 7 août 1912

 

    Prière de remettre l'article dans son contexte historique quant à certains termes utilisés par l'auteur.

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Annales des Sciences psychiques (1er & 16 Juin 1910)

Publié le par antoiniste

Annales des Sciences psychiques (1910)

Auteur : Directeur : Professeur CHARGES RICHET, Rédacteur en chef : G. de VESME ; Comité de Rédaction : Sir William Crookes, Camille Flammarion, Dr Paul Joire, Marcel Mangin, Dr Joseph Maxwell, Professeur Henri Morselli, Dr Julien Ochorowicz, Colonel Albert de Rochas, Dr Albert von Schrenck-Notzing ; Fondateur : Dr Xavier DARIEX
Titre : Les Annales des Sciences psychiques, 1er et 16 juin 1910, Echos et nouvelles, p.190 (reproduction d'un article de la Meuse, de Liège, du 16 mai 1910)
Éditeurs : Société universelle d'études psychiques, 1891 à 1919 (les dernières années sont disponibles sur gallica)
cf. http://www.autoresespiritasclassicos.com/Pesquisadores%20espiritas/Charles%20Richet/Annales%20des%20Sciences%20Psychique/Annales%20des%20Sciences%20Psychique.htm

   
L’Antoinisme (1)

    Nos lecteurs ont souvent entendu parler d’Antoine-le-Guérisseur, de Jemeppe-sur-Meuse. On sait qu’il reçoit chaque jour de 500 à 1.200 malades ; c’est plus qu’à Lourdes. Et mieux qu’à Lourdes, des milliers et des milliers de personnes déclarent avoir été guéries par lui, et des maladies les plus graves et les plus diverses, depuis le cancer, le lupus, l’eczéma, jusqu’à la tuberculose, la paralysie et l’épilepsie. On lui écrit de l’étranger ; il reçoit 200 lettres par jour, et des télégrammes de toutes les parties du monde.
    Le dimanche, à 10 heures, ses adeptes se réunissent dans le Temple, à Jemeppe. Pendant des années, le Maître lui-même montait en chaire et développait son enseignement moral. Il était écouté avec une ferveur inconnue dans nos églises et nos temples. Mais depuis quelques mois Antoine ne se montre plus dans le temple, et un de ses adeptes les plus zélés donne lecture d’une de ces brochures qu’Antoine a publiées dans ces deux dernières années et qui ont été distribuées à profusion.
    Mais voici qui va attirer l’attention du pays tout entier sur le guérisseur de Jemeppe. Les adeptes d’Antoine viennent d’adresser au roi et aux chambres une pétition leur demandant de reconnaître par une loi la religion nouvelle qu’il a fondée, l’antoinisme. En quatre mois, ils ont recueilli plus de 150.000 signatures, 120.000 dans la province de Liège, 30.000 dans l’arrondissement de Charleroi, 4.000 à Bruxelles et 4.000 à l’étranger ; ils en auraient recueilli le double s’ils avaient parcouru le restant du pays wallon.
    Quel est donc cet homme extraordinaire, qui, à notre époque, et dans notre pays de scepticisme, crée une foi nouvelle ?
    C’est un simple ouvrier. Louis Antoine est né en 1816, à Mons-Crotteux ; ses adeptes vont visiter la petite maison où il est né. Son père était mineur. Il est descendu lui-même dans la mine pendant deux ans, mais il étouffait sous terre et préféra travailler dans une usine. Il entra à Cockerill, fit son service militaire dans les chasseurs à pied, rentra à Cockerill comme marteleur, passa cinq ans aux aciéries Pastor, à Ruhrort, revint pendant deux ans dans le pays, fut machiniste aux Kessales, fut de nouveau engagé comme chef marteleur par M. Pastor pour les aciéries de Praga, près de Varsovie, où il passa cinq ans ; enfin, revint définitivement à Jemeppe comme encaisseur aux Forges et Tôleries Liégeoises. Il s’était marié en 1873 et eut un fils qui mourut en 1893.
    Antoine, par son travail et son économie, avait gagné une petite fortune ; il rêvait de grandes destinées pour son fils ; après la mort de celui-ci, il résolut de consacrer sa vie et sa fortune à la guérison des malades et au soulagement de toutes les misères physiques et morales. Il quitta le travail et resta chez lui, à la disposition des malades et de tous ceux qui sont dans la peine. Il recevait d’abord une centaine de personnes par jour, puis le bruit de ses guérisons miraculeuses se répandit et, maintenant, on vient de partout, en foules toujours grossissantes. Antoine est d’un désintéressement complet. Il ne reçoit jamais rien de ses malades. Il y avait jadis, dans le temple, un tronc dans lequel les malades pouvaient déposer leur obole et dont le produit était intégralement distribué aux pauvres de Jemeppe. Depuis plusieurs années, Antoine l’a supprimé et dit à ceux qui lui offrent de l’argent de faire eux-mêmes leurs charités. Non seulement il ne reçoit jamais rien, mais il donne aux malades pauvres : il a donné presque tout ce qu’il possédait ; à peine lui reste-t-il de quoi vivre.
    Il vit, d’ailleurs, comme un ascète. Il est végétarien, ne prend ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait. Il reçoit ses malades le matin ; l’après-midi, il se promène dans son petit jardin et prépare son enseignement. Il ne sort jamais de la maisonnette qu’il habite à côté du Temple qu’un adepte reconnaissant a fait construire et où il vit avec son admirable femme et deux orphelines qu’ils ont recueillies et élevées. Depuis cinq ans, il n’est sorti de sa maison que deux fois, pour comparaître devant le tribunal correctionnel et devant la Cour d’appel, du chef d’infractions à la loi sur l’art de guérir ; on sait qu’il fut acquitté et on se souvient des manifestations populaires auxquelles donnèrent lieu ces deux comparutions.
    C’est un saint, et ainsi s’explique la prodigieuse influence morale qu’il exerce sur tous ceux qui l’approchent et qui suivent ses enseignements. Quels sont ces enseignements, quelles sont les doctrines philosophiques d’Antoine, à quoi croit-il ? Antoine a été longtemps catholique, et catholique fervent. Il a toujours été mystique ; on raconte que, quand il était enfant, il quittait ses camarades de jeux pour entrer à l’église et prier. Puis Antoine a été spirite ; aujourd’hui, il est plutôt théosophe. Il croit à la réincarnation, il croit que chacun de nous porte la peine et la récompense de ses vies antérieures, et doit travailler à son amélioration, à son avancement moral, doit se détacher de plus en plus de la matière pour mériter de devenir un pur esprit et se rapprocher de plus en plus de Dieu. Mais Antoine s’explique peu sur ses idées philosophiques ; son enseignement est surtout, on peut même dire uniquement moral ; il prêche le désintéressement, la résignation devant l’épreuve nécessaire, la charité, l’amour même de ses ennemis. Comme guérisseur, il croit que les maux du corps proviennent d’une imperfection de l’âme, et il soigne et guérit l’âme de ses malades; il ne demande pas même aux malades le mal dont ils souffrent...
    Ceux de nos lecteurs qui s’intéressent à Antoine pourront le voir dans son temple lundi prochain. Nous avons dit qu’Antoine ne se montrait plus dans le temple le dimanche ; mais les jours fériés qui ne tombent pas le dimanche, le guérisseur ne reçoit pas les malades individuellement, les uns après les autres. Il les reçoit dans le temple et opère sur tous les malades réunis. Le jour de l’Ascension, quinze mille personnes se pressaient dans le temple et autour du temple. Quatre fois, on a dû faire sortir les malades pour permettre à tout le monde d’entrer. Quatre fois, Antoine est monté en chaire et a opéré. Des guérisons merveilleuses se sont produites : des paralytiques marchaient ; des aveugles voyaient ; ceux qui ont assisté à ce spectacle ne l’oublieront jamais. Et lundi prochain, ce sera la même affluence, et des guérisons nouvelles.

(1) Tous ceux qui se sont occupés des sciences psychiques ont tout au moins entendu nommer « Antoine le guérisseur ». M. Jules Bois s’est rendu tout exprès, il y a quelques années, dans le bassin houiller de Mons pour étudier le vaste mouvement spirite qui s’est manifesté parmi ces mineurs, dans lequel Antoine apparaissait comme un prophète. Une nouvelle phase de ce mouvement se dessine aujourd’hui : il est intéressant de le suivre, non pas, bien entendu, avec l’œil du mystique, mais avec celui du psychologue. C’est pourquoi nous reproduisons cet article que la Meuse, de Liège, a publié dans son numéro du 16 mai dernier. — Note de la Rédaction.

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Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Publié le par antoiniste

Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Auteur : Collectif, dont Jean Vilbas
Titre : Des Douaisien.nes en quête d'absolu (1880-1970) (p.92-98)
in Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs
Éditeur : LaM (Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut), Villeneuve-d'Ascq, 2019, 264 pages (19,2 cm × 26,0 cm × 2,1 cm)

    Le catalogue est publié à l'occasion de l'exposition Simon, Lesage, Crépin : un jour tu seras peintre présentée au LaM du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020. Il propose au lecteur de partir à la découverte des oeuvres de trois peintres spirites originaires des Hauts-de-France : Augustin Lesage (1876-1954), Victor Simon (1903-1976) et Fleury Joseph Crépin (1875-1948). Mineur de fond, plombier-zingueur ou cafetier au moment où les voix leur commandent de peindre, ils vont sous la conduite de l'au-delà changer le cours de leur vie.
    Ils ont en commun d'être tous les trois guérisseurs. Conçues comme des édifications spirituelles leurs peintures concentrent (associent) des influences et motifs d'origines chrétiennes, hindoues, islamiques ou bien encore inspirées par l'Egypte antique. A partir de ces oeuvres étranges et d'une grande qualité plastique le catalogue chemine à travers les sociétés spiritualistes, le bassin minier, les guerres mondiales, les expositions universelles avant de parcourir le Maroc, l'Algérie et L'Egypte où ces créations spirites ont rencontré un succès étonnant.
Leurs peintures seront collectionnées par André Breton, Jean Dubuffet qui les classa dans l'art brut ou Nicolas Schöffer, elles connaissent maintenant un rayonnement international.

cf. https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/villeneuve-ascq/villeneuve-ascq-lam-expose-oeuvres-adeptes-du-spiritisme-appeles-voix-peinture-1740351.html
cf. https://www.musee-lam.fr/fr/lesage-simon-crepin
et la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=fhDn36azo64&feature=youtu.be


    Un chapitre notamment nous donne des indications intéressantes sur le foyer qu'à été la région pour la pratique et la philosophie du spiritisme (avec Théophile Bra, auteur de la statue de la grand'place de Lille) et du Fraternisme de Jean Béziat et Paul Pillault de Sin-le-Noble (à côté de Douai). Les dernières lignes sont consacrées à l'Antoinisme à Douai :
    "Un dernier avatar du spiritisme, le culte antoiniste ne s'est implanté que tardivement à Douai, malgrès un indéniable succès dans le bassin minier wallon (1). Le mineur Louis Antoine (1846-1912) a fondé à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liège, un groupe spirite dénommé Les Vignerons du Seigneur ; en 1906, il se proclame le Père, détenteur d'une nouvelle révélation qui complète celle du Christ (2). Une partie de son succès est due aux pouvoirs de thaumaturge que lui reconnaissent ses disciples. Secondé par son épouse Catherine Collon, dite la Mère, il ouvre en Belgique et en France de nombreux temples, où les souffrants sont reçus gratuitement par des adeptes costumés, et des salles de lecture où l'on étudie son enseignement. Le groupe douaisien se réunit dans l'arrière-salle d'un estaminet de la rue des Ferronniers, dans l'immédiat après-guerre. Il ne rassemblera qu'un nombre réduit d'adeptes et sera incapable d'ouvrir un temple dans la cité douaisienne.

Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Douai - La rue Bellain (au coin un estaminet)


(1) On y trouve encore une vingtaine de temples en activité.
(2) Le roman Délivrez-nous du mal : Antoine le guérisseur de Robert Vivier, publié pour la première fois en 1936, évoque la figure du père Antoine. Le sociologie lillois Régis Dericquebourg a consacré de nombreuses études à l'antoinisme, dont : Les Antoinistes, Maredsous, Brepols, 1993, et Religions de guérison, Paris, Cerf, 1998.

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Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Publié le par antoiniste

5 - L'Égype, du rêve à la réalité (Expo Lesage, Simon, Crépin)

Bandeau d'entrée

5 - L'Égype, du rêve à la réalité (Expo Lesage, Simon, Crépin)

Chapitre 1. Spiritisme et spiritualisme

Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

 Accessoires du mineur

Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Guéridon d'Allan Kardec
Ce guéridon est un instrument de communication avec les esprits par le moyen de cours frappés. Sur le plateau, les mots "Moïse, Christ et Spiritisme" font référence à un texte d'Allan Kardec publiés, en 1861, dans la Revue spirite : " C'est Moïse qui a ouvert la voie ; Jésus a continué l’œuvre ; le spiritisme l'achèvera. " Kardec utilise la table en 1864 lors d'une séance du groupe spirite Amour et Charité d'Anvers. Chaque pied, qui correspond à une série de lettres gravées sur le plateau, frappe le nombre de coups nécessaire pour désigner une lettre et ainsi former des mots. Ce système permet une frappe et une transcription rapides.

Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Table ouija ayant appartenu à Augustin Lesage

5 - L'Égype, du rêve à la réalité (Expo Lesage, Simon, Crépin)

Léon Denis et Louis Antoine

Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Mémoriaux, expositions coloniales, temples (notamment antoinistes)

5 - L'Égype, du rêve à la réalité (Expo Lesage, Simon, Crépin)

Exemplaire des Annales des Sciences psychiques (avec Louis Antoine)

5 - L'Égype, du rêve à la réalité

L'Égype, du rêve à la réalité

Exposition Lesage, Simon, Crépin - Peintres, spirites & guérisseurs (2019)

Victor Simon, La toile bleue. 1943

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La mort d'Antoine le Guérisseur (Annales des Sciences psychiques, Juin 1912)

Publié le par antoiniste

Annales des Sciences psychiques (Juin 1912)

Auteur : Directeur : Professeur CHARGES RICHET, Rédacteur en chef : G. de VESME ; Comité de Rédaction : Sir William Crookes, Camille Flammarion, Dr Paul Joire, Marcel Mangin, Dr Joseph Maxwell, Professeur Henri Morselli, Dr Julien Ochorowicz, Colonel Albert de Rochas, Dr Albert von Schrenck-Notzing ; Fondateur : Dr Xavier DARIEX
Titre : Les Annales des Sciences psychiques, Juin 1912, Echos et nouvelles, p.186
Éditeurs : Société universelle d'études psychiques, 1891 à 1919 (les dernières années sont disponibles sur gallica)
cf. http://www.autoresespiritasclassicos.com/Pesquisadores%20espiritas/Charles%20Richet/Annales%20des%20Sciences%20Psychique/Annales%20des%20Sciences%20Psychique.htm

   
La mort d'Antoine le Guérisseur
    L’existence de cet homme qui, pauvre, sans instruction, sans génie, a pu réunir autour de lui, en quelques années, 130.000 adeptes environ, est bien l’un des phénomènes psychologiques et sociaux les plus extraordinaires de notre temps. Sans doute, quelques éléments ne nous manquent point pour comprendre son succès : ouvrier, il s’est trouvé au milieu d ’une parmi les plus grandes agglomérations ouvrières du monde — les milieux ouvriers du bassin de Mons, comme ceux du Pays de Galles, sont très accessibles au mysticisme ; — le spiritisme qui avait conquis la plupart de ces villages lui avait aplani le chemin ; enfin, il avait le prestige et l’influence immenses qui s’attachent à tout grand « guérisseur ». Mais Antoine a fait le prodige de fonder une religion sans dogmes (que seraient devenues les doctrines de Jésus sans Saint-Paul ?) ; ses enseignements se bornent à des phrases dans lesquelles l’idée « amour de son prochain » prend toutes les formes, même les plus éloignées de la clarté et de la syntaxe ; ils ont même l’air de recommander la renonciation à l'intelligence, ce qui fait qu’à quelques exceptions près, l’Antoinisme n’a pas pu sortir des classes les plus humbles de la population.
    Louis Antoine est né à Mons-Crotteux (province de Liège) en 1836, de parents pauvres, simples et foncièrement honnêtes. Il était le cadet de sa famille qui comptait onze enfants. Il débuta à douze ans dans la mine, accompagnant son père et un frère qui étaient également mineurs. Ne voulant plus descendre dans la fosse, il devint ouvrier métallurgiste. A vingt-quatre ans il quitta la Belgique pour aller travailler en Allemagne où il séjourna pendant cinq ans. Deux ans plus tard, il alla à Pragua, près de Varsovie (Pologne Russe) et y accomplit un nouveau terme de cinq années, puis il s’installa définitivement en Belgique, à Jemeppe-sur-Meuse. Dans l’intervalle de son séjour en Allemagne, il revient au pays, épouser une femme dont il avait fait la connaissance avant son départ. De leur union naquit un enfant, un garçon que la mort leur ravit à l’âge de vingt ans. Mais grâce à leur grande foi, aucun des deux époux n ’en fut découragé ; au contraire, ils se dévouèrent davantage. Leur séjour à l’étranger leur avait permis d’amasser une petite fortune ; ils la sacrifièrent pour venir en aide aux malheureux. Antoine vivait très simplement et très sobrement ; il était végétarien dans toute l’acception du terme ; il ne prenait ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait, en un mot, rien qui provienne de l’animal.
    Le défunt a été, dès son plus jeune âge, d’une sensibilité et d'une piété peu commune. Il professa la religion catholique jusqu’à l’âge de quarante-deux ans, puis il s’appliqua à la pratique du spiritisme, sans s’attarder toutefois dans le domaine expérimental pour lequel il n'avait aucune aptitude et qui ne le tentait nullement. Sachant à peine lire et écrire, il se trouva incompétent pour résoudre le problème scientifique : il lui préféra la morale et s'y adonna de tout cœur. Il continua jusqu'en 1906, date à laquelle il a créé le Nouveau Spiritualisme, c'est là que commença sa mission.
    On se souvient qu'Antoine fut, à deux reprises, poursuivi pour exercice illégal de la Médecine. Il fut, une première fois, condamné à 26 francs d'amende et la seconde il fut acquitté.

La mort d'Antoine le Guérisseur (Annales des Sciences psychiques, Juin 1912)

    On a pu lire dans les journaux que des obsèques solennelles, auxquelles assistaient des milliers de personnes, furent faites à Antoine. En sortant du temple antoiniste, le cercueil fut porté au cimetière, où il fut enterré dans la fosse commune, selon la volonté du défunt. Dans le cortège funèbre on put voir, derrière l'emblème de « l'Arbre de la Science et de la Vue du Mal », les Frères et les Sœurs du culte antoiniste, dans leur uniforme qui rappelle celui des quakers : pour les hommes, une grande redingote et un chapeau haut de forme, un peu bas et à larges bords plats ; pour les femmes, un vêtement qui rappelle assez celui des nurses anglaises.
    La vieille veuve d'Antoine lui succède comme chef de la nouvelle religion, qui, après la mort de son fondateur, n'est probablement pas destinée à une bien longue existence.

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