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Cercueil du Père mené par les adeptes

Publié le par antoiniste

Cerceuil du Père mené par les adeptes

source : Que savez-vous du culte antoiniste ? (Édité par Jemeppe)

Cerceuil du Père mené par les adeptes

Funéraille du Père (archives de Roland AE Collignon)

Cortège funèbre du Père vers le cimetière de Jemeppe (Archives du Temple de Retinne)

Cortège funèbre du Père vers le cimetière de Jemeppe (Archives du Temple de Retinne)

en tête de cortège funéraire, tête baissée, le frère Florian Deregnaucourt

La photo est également dans les archives de Sœur Mya

C'est une photo de la presse publiée dans l'Excelsior, le 2 juillet 1912

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Ernest Blanc-Talon, Grand Prêtre (Excelsior 30 août 1912)

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Ernest Blanc-Talon (Excelsior 30 août 1912)

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Mère au temple de Paris avec le bonnet blanc

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Mère au temple de Paris avec le bonnet blanc

Ici, au temple de Paris 13e, rue Vergniaud, le 25 juin (Jour du Père) 1935 avec le bonnet blanc

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Le Père Dor (Les célèbres défenseurs), 16 mai 1917

Publié le par antoiniste

Le Père Dor (Les célèbres défenseurs), 16 mai 1917

Lucien Lebeau, avocat de Charleroi
Louis Morichar, avocat à la cour d'appel de Bruxelles

LES CÉLÈBRES DÉFENSEURS du CHRIST au XXe SIÈCLE
16 MAI 1917

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Le Fraterniste et Le Petit Fraterniste

Publié le par antoiniste

Le Fraterniste (9 février 1911)

Numéro du 9 février 1911 du Fraterniste,
Organe de l'Institut général psychosique : revue générale de psychosie / dir. Jean Béziat / adm. Paul Pillault

Le Fraterniste (9 février 1911)

numéro du 1er septembre 1922

Le Petit Fraterniste. Spiritualisme moderne, scientifique et philosophique (faisant suite au Fraterniste)

 « Les morts ne sont pas des absents, mais des invisibles. » Le Petit Fraterniste se plaît à répéter dans ses pages cette affirmation de Victor Hugo qui, de son exil de Jersey puis de Guernesey, interrogeait volontiers les tables tournantes.
Le Petit Fraterniste traite en effet, comme il l'affirme au-dessus de son titre de « Psychosie… Spiritisme… Philosophie ». Les débuts du périodique sont modestes. Lors de son lancement, il se présente, sous la forme de deux feuilles ronéotypées, écrites sur deux colonnes, « en manuscrit au limographe » précisera son directeur Henri Lormier. Le premier numéro ne comporte encore aucune date, aucune adresse.
La justification du néologisme « fraterniste » par son directeur n'éclaire guère des esprits peu initiés sur le « psychotisme ». Cette déclaration relève surtout d'un idéalisme aux accents naïfs prêchant l'amour et la fraternité : « Il faut donc être fraterniste, c'est-à-dire tolérant, bon secourable, charitable, patient et doux. Et pour être bon fraterniste, il faut savoir aimer mieux son prochain que soi-même. Plus il y aura de fraternistes, plus il y aura d'amour de bonté, de charité. Cette trinité est la seule vraie, elle est divine, elle est tout. »
Le second article est beaucoup plus révélateur des intentions de ce périodique. Il s'agit d'une longue lettre de Jean Béziat, guérisseur de son état. Créateur du psychosisme, une doctrine étudiant l'influence du monde de l'occulte sur l'homme, il évoque sa vie, ses « travaux » depuis qu'il a quitté le Nord en 1914. Le numéro 2 du Petit fraterniste, daté du 15 mai 1922, lui permet d'expliquer le psychotisme. Cet exposé doctrinal est complété par une liste de périodiques recommandés aux lecteurs : essentiellement des publications de Kardec, fondateur de la Revue spirite, de Léon Denis, président d'honneur de l'Union spirite française, Gabriel Delanne. Dans les numéros suivants, le journal révèle aussi que les activités de Béziat ne font pas l'unanimité. L'homme est en effet poursuivi pour la troisième fois pour ses activités de guérisseur.

La forme de la publication ne devait être que provisoire. Lormier l'avait déjà annoncé dans le premier numéro : « Plus les lecteurs seront nombreux, plus vite le journal sera imprimé. » Celui-ci l'est à partir du 1er août 1922. Vendu 50 centimes le numéro, il comporte quatre pages de format 25 x 32 cm, et imprimées sur trois colonnes par G. Boyau, rue Méaulens à Arras. Son siège est situé chez Lormier, 12, rue des Bouchers-de-Cité et il paraîtra le 1er et le 15 de chaque mois.
Sous le titre deux citations : « Je suis homme et rien de ce qui touche à l'humanité ne doit m'être étranger » du poète latin Térence, et « La plus grande maîtrise est celle de soi-même » de Léonard de Vinci 1452-1519, mais aussi deux invitations « Lire, relire et méditer », « Conserver avec soin chaque numéro ».
Son objet est devenu le « spiritualisme moderne scientifique et philosophique » que Lormier explique avec les mêmes mots dans une nouvelle profession de foi : [Les] « croyants, au spiritualisme raisonné, logique, se font un devoir d'exposer leur foi et leur morale : Aimer et toujours faire le bien, consoler, encourager, aider les faibles, secourir la détresse, en un mot, remplir utilement sa vie de passage sur terre devant servir d'instruction à ceux qui restent après eux. […] Pas de sectarisme, pas de dogme philosophique, des pensées exposées, des idées développées, un encouragement constant dans la voie évolutive de tout progrès et surtout de toutes les croyances. »
Quelque trois mois plus tard, le 15 novembre 1922, le directeur de la publication affiche sa satisfaction : « Le succès s'affirme, l'œuvre grandit ! ». Il ajoute que le périodique fidélise 400 abonnés. Cette réussite lui permet, à lui ou aux théoriciens de la « psychosie », de voir plus grand. Le Petit Fraterniste redevient Le Fraterniste. Ce journal « d'avant-guerre », fondé par Jean Béziat, « reprend après un sommeil forcé, une léthargie dont il sort victorieux » annonce triomphalement l'Arrageois (1).
Comme pour mieux prouver qu'il s'agit d'une renaissance, la première livraison du Fraterniste d'après guerre, datée du 1er janvier 1923, porte le n° 193. Une des boucles de la première lettre de son titre écrit en cursives porte la date de sa fondation : 1910. Son directeur-gérant est toujours Henri Lormier, mais son « directeur psychotique » est Jean Béziat, guérisseur d'Avignon.
De format 45 x 62 cm, ce périodique, imprimé sur six colonnes par Crépin et Louven à Douai, se présente comme l'« organe de l'institut général psychosique ». Tous les 1er et les 15 de chaque mois, il proposera des « études scientifiques et sociales [sur le] psychisme, l'occultisme, le pacifisme, le féminisme, la psychologie ». Le prix de l'abonnement au « plus grand journal de conquête spiritualiste et d'études métapsychiques » est de 12 F, soit 0,60 F le numéro. Le siège est toujours à Arras, mais le périodique annonce deux bureaux, à Paris et à Lyon, qui correspondent à l'adresse de deux guérisseurs magnétiseurs.
La Une s'ouvre généralement par un article de Jean Beziat. Les autres chroniques sont signées : Albin Valabrègue, L. Ferrand, Saltzmann, guérisseur magnétiseur, mais aussi Marinette Benoit-Robin... Le Nord est-il une terre plus sensible aux théories du psychotisme que le Pas-de-Calais ? Lormier qui fait régulièrement le point sur les activités des cercles fraternistes, parle de réunions à Douai, à Cambrai, à Valenciennes, à Saint-Saulve, mais n’évoque aucune ville du Pas-de-Calais. Le dernier numéro consultable aux Archives départementales du Pas-de-Calais date du 1er janvier 1924, mais la publication se poursuit au moins jusqu’à ma veille de la Seconde Guerre. Sin siège est alors 178, rue du Faubourg à Sin-le-Noble.

(1) Nous n’avons trouvé aucun exemplaire de ce Fraterniste d’avant-guerre aux Archives départementales du Pas-de-Calais. Par contre, la médiathèque de Lille en possède quelques exemplaires (Jx 88 : 1911, février à juillet 1914 [manque mai])

Source : https://www.presselocaleancienne-hdf.fr/fiche/789

Le Fraterniste et Le Petit Fraterniste

Le Petit Fraterniste (in Revue scientifique et morale du spiritisme, v25, 1922)

Le Fraterniste et Le Petit Fraterniste

Le Fraterniste, un des derniers numéros (janvier 1939)

    Jules Berthelin fonde Le Biéniste en avril 1922 avec Mme Dubuc et Mlle Duval, secrétaire de Paul Pillault. Des questions matérielles, la perversité de certaines personnes qui ne savent pas résister à l'attrait de l'argent, nuisent à l'essor du mouvement, le journal sombre.
    Le Fraterniste reprend sa parution imprimée en janvier 1923. Le Petit Fraterniste a paru lui du 1er mai 1922 au 15 juillet 1922 en version manuscrite et du 1er août au 15 novembre 1922.

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Temple de Roanne - L'auréole de la conscience (intérieur)

Publié le par antoiniste

Temple de Roanne - L'auréole de la conscience (wiki)

source : wikipedia

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Roux - Intérieur de l'Ecole Morale. Surnommée le Temple de la vertu

Publié le par antoiniste

Roux - Intérieur de l'Ecole Morale. Surnommée le Temple de la vertu

    Le commentaire de M. Henri Paulissen m'a poussé à préciser un peu plus ce que l'on peut voir. Voici quelques informations concernant cette image égrainées sur les articles concernant le Père Dor.

    L’ECOLE MORALE
    Il y a quatre ans déjà, il bâtit à Roux un « temple » simple salle adossée à un cabaret. Les « fidèles » sont venus nombreux et tout récemment, le 1er novembre dernier, on inaugurait un nouveau temple, celui-ci très vaste, situé à côté de l'ancien. C'est une construction en briques, de 30 mètres de long, sur près de 90 de large, couverte d'un toit au milieu duquel s'ouvre un large lanterneau et que domine une inscription en lettres blanches : « L'Ecole morale ». Toute la semaine, les pèlerins affluent, pour consulter le Père Dor, qui leur prodigue de bonnes paroles et, par son « fluide », guérit tous leurs maux.
    Le dimanche après-midi, le Père Dor procède à une opération générale, fais agir le fluide sur l’assistance qui remplit le temple, puis répond à toutes les questions qu'on lui pose. Le confrère qui a assisté à la consultation dimanche dernier raconte en ces termes ce qu'il a vu et entendu :
    Une large salle blanchie à la chaux, éclairée par un lanterneau sous lequel on remarque l'armature de fer de la toiture, chauffée à l'excès par deux énormes calorifères. Sur les vastes murs nus quelques inscriptions soulignées de bleu, encadrées de chêne clair, dans ce goût-ci : « Le Père Dor donne à ses enfants de bon, de beau soulagements. » Il y a là, assises sur les bancs jaunes, plus de 600 personnes. L'atmosphère est étouffante. Il monte de cette foule une odeur de corps malades et en sueur, de vêtements mouillés.
L'Égalité de Roubaix-Tourcoing, 11 janvier 1913

    La grande salle de réunion mesure environ 25 mètres sur 15. Trois gros calorifères donnent une chaleur douce, mais qui bientôt ne tardera pas à devenir suffocante.
    Le local manque de dégagement. Deux portes relativement étroites, dont l'une réservée à l'accès à d'autres pièces du bâtiment, devront servir à évacuer une assistance de plus de deux mille personnes.
    Aspect très sobre, murs blancs dans l'épaisseur desquels sont ménagés des panneaux rompant l'uniformité. Pas de fenêtre, le jour arrive à profusion d'une verrière servant de couverture à l'édifice.
    A l'un des bouts de la salle est établie une chaire d'où le Père Dor parlera. Cette chaire est surmontée d'un abat-son conforme aux prescriptions d'une acoustique bien étudiée.
    En dessous de la chaire, un bureau où prendront place les secrétaires chargés du service sténographique.
La Gazette de Charleroi, 2 novembre 1912

    Le dimanche après midi, a lieu au temple de Roux – un vaste temple tout neuf inauguré il y a quelques mois — un office qui s'ouvre par une « opération générale » — le Père fait agir les fluides sur l'assistance — suivie d'une consultation. L'un de ces derniers dimanches, nous avons assisté à un de ces offices. Il y avait là plus de 600 personnes. Le Père Dor était debout dans une vaste chaire haut suspendue, dans une attitude de profond recueillement. A chaque instant, un fidèle, se levant, rompait le silence et, d'une voix tremblante, posait au Père une question.
Excelsior, 13 janvier 1913

    "Une tribune imposante a été dressée devant la chaire d'où parlait le Père dans ses instructions antérieures. Des tentures de drap vert la garnissent, et de nombreuses gerbes de fleurs - modestes hommages des personnes reconnaissantes - en jonchent les gradins étagés. Cette décoration est à la fois simple et grandiose."
Réunion du Jour de la Toussaint, Compte Rendu de la Grande Opération pour les vivants et les Morts qui s'effectue tous les ans, à l'occasion de l'inauguration de L'ÉCOLE MORALE située à Roux (Hainaut-Belgique), 1914, pp.29-30

    – Allez donc interviewer le Père Dor qui officie 344, rue du Moulin, Uccle-Saint-Job. Très intéressant ! …
        Un petit bâtiment en briques rouges, propre, fort avenant : „Ecole morale”. C'est là qu’il habite... Une tête de femme derrière un judas... La porte s'ouvre... Me voici dans une sorte de chapelle laïque... Des bancs, des murs blanchis à la chaux. Une pancarte : „Christ parle à nouveau... Pour jouir de la véritable vie, un seul remède, l'amour de soi-même, c'est-à-dire l'amour de la perfection”. Au fond, un grand tableau : un homme, une sorte de moujik tout de noir vêtu, cheveux retombants, barbe étalée, donne une consultation à une femme qui porte dans ses bras un enfant souffreteux. Ce doit être „le Père” ; ce doit être Lui... C'est intitulé : „le Messie nouveau”.
    Une porte s'ouvre... Le moujik apparaît. Je pénètre dans une pièce grande comme une cellule de trappiste. Le „Père”, souriant, m'avance un siège... Il est habillé de noir ; des fils argent ourlent la barbe ; les cheveux ne retombent plus sur les épaules. Physionomie empreinte d'une grande douceur...
La Belgique, 10 novembre 1916

    Les bâtiments de Roux sont évalués à 55,000 francs. Dor consacre 18,000 francs à sa nouvelle installation, et destine le surplus des 55,000 francs (les bâtiments ont été mis en vente) à l’Ecole des estropiés de Charleroi „que je considère, dit Dor, comme la plus belle œuvre du monde”.
La Belgique, 19 novembre 1916

    …Le Père et ses apôtres pénètrent dans le temple où se trouvent massées 12 à 1500 personnes.
    Sans perdre une seconde, il escalade la chaire, d'où, autrefois, il procédait aux « opérations générales » et harangue l'assistance.
    Nous arrivons juste au moment où il dit :
   « Soyez sans crainte, le Père dort bien, le Père mange bien, le Père bois bien, le Père a la conscience nette, et s'il a été condamné à 16 mois de prison et au remboursement que vous savez, c'est pour avoir été trop honnête, c'est pour n'avoir pas satisfait certaines femmes dans des désirs que je n'ose pas dire.
L'écho de la presse internationale, 31 décembre 1916

    En outre, il a vendu pour 16.800 francs la petite propriété qu'il possédait à Roux.
L'écho belge, 8 novembre 1917

    Bien que le « père Dor » soit probablement toujours en vie, le Dorisme est tout à fait oublié de Roux et les bâtiments étaient occupés par un cloître pour religieuses.
Frans Stefaan Z.E.H. Pastoor Verlinden, Het Antoinisme : zijn ontstaan, zijn ziekenbehandeling, zijn godsdienst en zijn eeredienst, Geloofsverdediging (Antwerpen), Veritas (Gand), Godsdienstige en sociale trakten, nummer 8, 1929, p.7


    À titre de comparaison, le temple de Jemeppe peut contenir 1500 personnes (grâce aux galleries notamment). En 1922, les statuts du culte indique que la Propriété comprenant : maisons, temple, imprimerie, remise, jardins, sise à l'angle des rues du Bois-de-Mont et des Tomballes, est d’une contenance de 16 ares 25 centiares. Si on recourt au site geoportail.wallonie.be, on peut calculer la surface du temple de Jemeppe seul (sans les dépendances), et on arrive au résultat de 140 m2.

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Propos du jour - Le problème des Guérisseurs (Le Concours médical, 1932)

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Propos du jour - Le problème des Guérisseurs (Le Concours médical, 1932)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PROPOS DU JOUR

La répression de l'exercice illégal de la médecine : Le problème des « Guérisseurs » –
Que devient le respect absolu et intangible du secret médical ?

    Nous avons le plus grand respect pour la Justice de notre pays. Les uns prétendent qu'elle est aveugle, les autres qu'elle est boiteuse. Nous nous bornerons à affirmer qu'elle est humaine, c'est-à-dire qu'elle n'est pas exempte des infirmités qui affligent notre pauvre humanité. Quoiqu'il en soit, la mentalité des juges évolue et les malheureux confrères qui ont négligé d'adhérer au « Sou Médical », savent ce qui leur en coûte de soucis et de frais si, par hasard, il arrive un accident insolite à un de leurs malades, ce malade fût-il un de leurs amis et de ce fait traité par eux gracieusement. Les magistrats, sans doute influencé par les procès constants résultant des accidents d'automobile, tendent de plus en plus à étendre la responsabilité et assimilent volontiers le chirurgien à son chauffeur. Nous sommes loin de l'époque où régnait la thèse de la faute lourde donnant seule lieu à la responsabilité du praticien, thèse du Procureur général Dupin, que défendait si éloquemment Brouardel. Actuellement, le médecin est responsable de toute faute, même légère. Il lui arrive parfois d'être condamné, même quand les experts affirment qu'il n'y a pas faute du tout. Il est de rares magistrats qui font preuve dans leur jugement d'une ironie que nous trouverions plaisante si le sujet était moins grave. Nous pourrions citer ce juge de paix qui qualifiait un revolver d'objet de toilette, ayant sa place toute naturelle dans le sac à main d'une jolie femme à côté de la boîte à poudre et du bâton de rouge, la vente et l'usage du revolver ne sont-ils pas l'objet d'une étrange tolérance ?
    Les armuriers sont loin d'être soumis aux mêmes obligations draconiennes que les médecins, et les pharmaciens pour la prescription et la délivrance de stupéfiants. Le revolver cependant paraît faire en France plus de victimes que la morphine et la cocaïne réunies.
    Mais la boutade de ce juge de paix humoriste cède le pas au jugement d'un tribunal qui n'admet pas de responsabilité pour les fautes, lourdes, d'un rebouteux. Déboutant de sa plainte un père de famille dont l'enfant avait été estropié par l'empirique, il condamnait le premier à un franc de dommage-intérêt pour le préjudice moral causé à l'auteur responsable de l'infirmité ; bien plus il donnait acte à ce rebouteux de la présence de l'avocat du Syndicat médical de la région, dans le cas où le dit guérisseur désirerait intenter aux médecins une action en dommages-intérêts. Ce jugement qui, dans un de ses attendus, reproche au père d'être reste quinze jours sans avoir conduit de nouveau son enfant au rebouteux, ne s'explique que par la notoriété étrange dont jouissait ce dernier dans la région, et qui impressionnait les magistrats eux-mêmes et le leur rendait sympathique. Ce singulier procès pose nettement une fois de plus le problème de guérisseurs tel que notre distingue confrère, le Dr Maurice Igert, l'a instruit, il y a quelques mois dans un livre fort intéressant (1).
    Le Dr M. Igert sépare les guérisseurs des exploiteurs vulgaires et des charlatans. Pour lui, est guérisseur « tout individu qui s'inspire d'un sentiment mystique quel qu'il soit, religieux ou non, pour exercer des pratiques curatives. »
    Les guérisseurs ont une signification sociale répondant au mysticisme collectif qui est la persistance de la mentalité des primitifs, mentalité combattue par les conquêtes du rationalisme. Le « don de guérir » est envers et contre tout une fonction sociale particulière, c'est un pouvoir occulte qui repose sur l'insurrection du mysticisme latent de la foule contre le rationalisme scientifique.
    Le guérisseur subit l'influence et répond aux tendances mythomanes des foules qui sont en quelque sorte la persistance d'une mentalité ancestrale lointaine. L'homme primitif, le sauvage, l'enfant des civilisations modernes sont en proie aux croyances mystiques que parvient à atténuer, sinon faire disparaître, l'éducation rationaliste et scientifique. Le guérisseur est doué d'une prédisposition favorable pour répondre à ces croyances mystiques qui sommeillent et parfois se réveillent dans le milieu social.
    Le Dr Igert distingue les guérisseurs mystiques en débiles intellectuels et sentimentaux et en intelligents.
    Tous sont indiscutablement sincères et crédules, mais parmi les intelligents ; les uns sont désintéressés, les autres plus nombreux ne de dédaignent pas les avantages matériels qui, la sotise humaine aidant, peuvent devenir considérables.
    Le guérisseur mystique intelligent répond d'emblée à toutes les sollicitations effectives. Il ne soumet pas les faits à la critique de sa raison et si son intelligence intervient, c'est pour servir à légitimer sa croyance.
    Le guérisseur mystique débile est un minus habens qui n'a pas d'organisation systématique de ses actes, mais qui se livre à des superstition incohérentes ; s'il a recours des rites religieux ou occulte, il le fait d'une façon désordonnée et un vrai religieux taxerait sa pratique de sorcellerie.
    M. lgert cite un grand nombre d'exemples très intéressants de guérisseur de ces divers ordres. Certains sont des psychopathes, des hystériques, des persécutés, des paranoïaques, comme par exemple le fameux Zouave Jacob. Il en est qui se découvrent tout à coup le pouvoir de guérir, finissent par se persuader qu'ils possèdent ce don. Désintéressés d'abord, ils finissent par se laisser gagner par l'auri sacra fames et alors, montrent une grande ingéniosité commerciale dans l'exploitation de la crédulité publique.
    « On dit que ce n'est pas celui qui coupe de foin qui le mange, disait une fameuse guérisseuse dont les procès occupèrent la presse pendant des mois ces dernières années. Eh bien ! Moi je veux manger le foin que je coupe. » Et Béziat, le guérisseur d'Avignonnet qui fit courir à sa ferme tous les malades incurables du midi de la France et même des pays avoisinants, homme de bonne foi et évidemment sincère, autodidacte primaire, se disant plus ou moins ingénieur agronome et diplômé herboriste, qui était le premier surpris de ses succès qu'il ne cherchait pas expliquer, mais qu'il constatait avec un orgueil sans affectation, après avoir longtemps guéri pour rien, délivre des tickets payants et lança avec une habileté toute commerciale des prospectus vantant son « Vitalogène », qu'il fit suivre ensuite de toute une gamme de spécialités de grand rapport.
    Atteint d'hématurie avec lymphogranulomatose, il eut recours aux médecins dont il suivit scrupuleusement les conseils ; puis, se voyant perdu et désespéré, il se livra aux pratiques de la plus étrange sorcellerie.
    Le guérisseur mystique est éminemment suggestible. Il est convaincu qu'il joue un rôle social. Il vit par et pour le milieu où il se trouve. La suggestibilité domine sa vie mentale.
    Selon le Dr Igert, il n'y a pas de vrais ni de faux mystiques ; tous sont plus ou moins sincères, mais leur mysticisme affecte aussi des formes plus ou moins parfaites.
    Le Dr Igert, abordant le problème médico-légal des guérisseurs, fait l'histoire de la répression de l'exercice illégal de la médecine et rappelle la lutte épique des médecins et des magnétiseurs, lutte à laquelle nos Syndicats médicaux paraissent avoir mis un terme.
    M. Igert conclut que si « les charlatans ordinaires sont justiciables de poursuites efficaces, les guérisseurs puisent un nouveau prestige dans une condamnation ou trouvent une référence officielle dans un acquittement. »
    L'impuissance de la répression à leur égard tient à la nature mystique de leur fonction qui répond à un besoin de merveilleux qui domine les foules. Souvent aussi, le guérisseur ne prescrit pas de traitement et ne réclame pas d'honoraires, ce qui désarme les juges et les faits acquitter ou condamner à des peines infimes, Souvent, le guérisseur mystique est un inconscient et de ce fait irresponsable, au sens pénal du mot, de son influence sociale nocive. Il n'en est que plus dangereux. Mais tous les arguments que donnent les médecins reposent sur des raisons et sont sans effet au regard des sentiments collectifs dont bénéficient les guérisseurs, sentiments qui sont autrement puissants.
    Me M. Garçon d'accord avec un Congrès spirite, émettait un avis tendant à faire utiliser par les médecins l'influence indiscutable de certains guérisseurs sur certains malades. Le guérisseur d'Avignonnet Béziat a répondu très logiquement à cela en disant un jour : « Ne vous y trompez pas ; le public aime le merveilleux, l'inattendu, et du jour où on me sentirait couvert par un docteur, je n'aurais plus le même prestige et mes clients diminueraient. »
    Cette réponse, parfaitement sensé, de guérisseur intelligent nous rappelle l'histoire de la fontaine Saint-Hilaire près de Matagne-la-Petite, histoire que nous avons jadis rapportée (2). A cette fontaine, voisine de Givet en Ardennes, couraient se baigner les malades atteints de plaies suppurantes, d'eczémas rebelles, d'ulcères variqueux. Certains, atteints de maladies internes buvaient sans dégoût cette eau infecte. Les miracles étaient nombreux. Un nouveau curé vint à Matagne : écœuré par ce spectacle, il fit réparer la source, séparant la piscine de la buvette. Hélas ! les fidèles abandonnèrent la source qu'ils jugèrent désormais inefficace. « Il a gâté notre source », disaient les paysans en regardant leur curé de travers. Là, comme pour les guérisseurs, la mystique n'a rien de commun avec la raison.
    Le Dr Igert propose une conduite médico-légale aux syndicats médicaux dans la répression de l'exercice illégal de la médecine ;
    Cet exercice illégal peut être le fait de charlatans ou de mystiques débiles et de guérisseurs intelligents. « Vis-à-vis des premiers, la répression garde toute sa valeur »,
    Vis-à-vis des débiles, le Dr Igert conseille une expertise médico-légale le jour de l'audience, permettant d'établir en public leur ineptie et de montrer tout le ridicule de leurs conceptions et de leurs pratiques.
    Pour les guérisseurs intelligents, il faut agir avec prudence, s'assurer, comme le conseille le Prof. Balthazard, de leur esprit commercial, des revenus importants qu'ils retirent de leur exercice et muni de documents nombreux et sûrs, demander une répression énergique et des dommages-intérêts élevés. Il y aurait encore la pression telle que la comprend la loi italienne du 22 juin 1927 sur la discipline des auxiliaires des professions médicales : lors de la première poursuite, une amende relativement légère et, en cas de récidive, une condamnation sévère à 15 ou 30 jours de prison et une amende de 500 à 1.000 lires.
    Nous avons personnellement une opinion qui n'est pas celle de tout le monde sur l'exercice il légal de la médecine. A notre avis, ce ne sont pas les syndicats médicaux qui devrait poursuivre, car il ne faudrait pas rabaisser la répression d’un danger social à un dommage, toujours plus moins discutable, causé à une profession.
    Le parquet devrait systématiquement poursuivre charlatans et guérisseurs, les uns coupables d'escroquerie, les autres comme contrevenant à la protection de la santé publique.
    Mais il faudra encore que la mentalité des magistrats évolue et qu'ils ne se bornent pas considérer les médecins instruits comme responsables des fautes même légères qu'ils peuvent commettre et les rebouteurs ignorants comme irresponsables à cause même de leur ignorance, qu'ils ne poussent pas encore la bienveillance jusqu'à allouer au rebouteux, objet d'une plainte, des dommages-intérêts pour le préjudice moral qui lui est porté par les poursuites.

                                                                                            J. NOIR

(1) Dr Maurice Igert. – Le problème des guérisseurs. Dessins de P. Igert. Vigot, frères édit. Paris, 1931.
(2) J. Noir. – La ville de Givet en Ardennes. De quelques préjugés, superstitions, sanctuaires et pèlerinages à attributions curatives dans la région des Ardennes, Progrès Médical, 1905.

 

Le Concours médical, 1932.

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Maurice Igert - Les guérisseurs mystiques (1928)

Publié le par antoiniste

Maurice Igert - Les guérisseurs mystiques (1928)Auteur : Maurice Igert
Titre : Les Guérisseurs Mystiques, Étude psycho-pathologique et médico-légale
Thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement en Décembre 1928
Éditions : Imprimerie J. Fournier, Toulouse, 1928



Recension :
    Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, I vol. in-8°, J. Fournier, Toulouse, 1928.
    Notre civilisation est le résultat d’une série de luttes entre la mentalité primitive faite de foi dans le merveilleux et la tendance à interpréter rationnellement les phénomènes. Le plus positif restant toujours par quelque côté un peu mystique, c’est l’éternel conflit du sentiment et de la raison. Le médecin est représentatif de celle-ci, le guérisseur de celle-là ; aussi, la foule va-t-elle d’instinct au guérisseur, d’instinct au médecin est hostile.
    Le guérisseur mystique réalise donc les aspirations profondes de la foule ; bien loin de la dominer, il n’est que son écho. De là, sa sincérité, même lorsqu’il en vient à tirer profit de la crédulité publique ; de là, ses succès thérapeutiques parfois ; de là, la difficulté de la répression légale. Ces données générales s’éclairent de l’étude particulière de quelques guérisseurs mystiques, les uns débiles mentaux, les autres intelligents. Ceci et cela constituent une étude consciencieuse, originale et clairement exposée qui mérite d’être lue.
Chronique bibliographique, p.137
in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1929

    Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, un vol. in-8°,
Vigot, Paris, 1931. (Prix : 15 francs.)
    "Isoler de la troupe des contrebandiers de la médecine un type psychologique et social : le guérisseur mystique, définir sa nature, décrire ses caractères particuliers, puis déduire de cette étude une conduite médico-légale à son égard, telle a été l'idée directrice de ce travail" (p. 202). Ce programme, que M. Igert s’était tracé, a été rempli de façon si parfaite qu’il sera désormais impossible de reprendre l’étude
des guérisseurs mystiques sans lire cette œuvre consciencieuse, impartiale et fouillée, et sans en tenir le plus grand compte. Un résumé ne peut montrer le jour qu’elle jette sur le mysticisme contemporain autant que sur les troubles psychosiques de nos thaumaturges ; et le compte rendu le mieux fait ne saurait suppléer à ces pages qui sont à lire et qui expliquent, en particulier, la sympathie des juges pour les guérisseurs.
    A cet égard, une leçon vient de la lecture de ce volume, une leçon dont les syndicats médicaux peuvent faire leur profit, en attendant que quelques-uns dans le public même, de bon sens robuste ou simplement habiles et forts du droit commun, devancent les poursuites syndicales. Ce serait, en vérité, un intéressant procès que celui qu’un père intenterait à un guérisseur parce que celui-ci aurait, par exemple, méconnu une appendicite et que les vains espoirs qu’il donna laissèrent passer l’heure utile de l’intervention salvatrice. Ici, les dons merveilleux que la foule affirme plus encore que celui même qui les reçut, l’exercice illégal de la médecine lui aussi sur quoi la partialité peut disputer toujours, sont hors de cause. Le débat est particulier et précis. Sans doute, les premiers procès de ce genre seraient perdus ; mais, même perdus, ils seraient, contre ceux que M. Igert appelle les contrebandiers de la médecine, plus efficaces sans nul doute que nos plaintes corporatives qui aboutissent à un franc de dommages et à une auréole.
Chronique bibliographique, p.137
in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1932

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Dr Maurice Igert - Le Problème des guérisseurs (1931)

Publié le par antoiniste

Dr Maurice Igert - Le Problème des guérisseurs (1931)Auteur : Docteur Maurice Igert
Titre : Le Problème des guérisseurs
Éditions : Vigot Frères, Éditeurs, Paris, 1931

Cf. le propos du jour publié dans Le Concours médical. Cet ouvrage semble approfondir la thèse de l'auteur publiée en 1928.

Extrait qui évoque Louis Antoine :

LES GUÉRISSEURS INTELLIGENTS

    Nous avons cité le « cas-limite » de Germaine de Rouen. Nous n'ajouterons rien au chapitre qui la concerne. Germaine, par sa constitution mentale, par la variabilité des signes psychosiques qu'elle a présentés, par ses convictions, est certainement beaucoup plus voisine des guérisseurs précédents, que d'un thaumaturge comme J. Béziat. Seule une renommée à peu près semblable les a confondus.
    L'étude de la mentalité et de la vocation de Béziat révèle quelques particularités qui méritent de retenir notre attention. Le guérisseur a présenté toute sa vie une orientation mystique de la pensée et de l'activité. Imposée par les circonstances, l'interruption de l'activité mystique (il disait « métapsychiste ») entraîne une crise de dépression, suivie bientôt de la révélation d'un don curatif.
    La sincérité de Béziat n'étant pas douteuse, la conviction présente par elle-même un caractère anormal et elle s'est imposée à lui suivant un mécanisme psychologique très spécial.
    Peut-on attribuer sa vocation à la suggestion ?
    Certes, son caractère est très influençable, son imagination exagérée, son émotivité en surface. Mais, sa tendance mystique a imprimé à toute sa vie une direction à peu près constante. Son évolution mentale est faite de stabilité et d'instabilité.
    Suivant le facteur auquel on accorde une prédominance, il est possible de le classer parmi les passionnés ou parmi les suggestibles.
    En réalité, il serait artificiel de le ranger dans l'un ou l'autre groupe ; il représente un cas mixte.
    Du mystique passionné il a la foi et l'orientation expansive. Et cependant il subordonne son don de guérir à des fins égoïstes et il reste tolérant.
    Le mystique est surtout un créateur de système et un apôtre, il est le prosélyte de sa doctrine et lui soumet toutes choses. Ses actions, parfois dangereuses, n'ont de valeur, à ses yeux, que dans la mesure où elles augmentent le prestige des conceptions.
    Béziat est surtout un praticien. Il ne fait pas la propagande de ses croyances, auxquelles il n'est peut-être pas très profondément attaché. « Je n'ai jamais cherché à imposer mes convictions, l'avons-nous entendu dire. L'essentiel, n'est-ce pas, c'est que je guéris. »
    Il guérit et s'efforce passionnément de faire accepter « ce fait ».
    Au lieu d'une conception métapsychique, c'est un pouvoir personnel qu'il affirme.
    Il y a dans sa mentalité, un curieux mélange de disposition expansive et de tendance égocentrique.
    Tantôt il est sollicité dans un sens, tantôt dans l'autre. Ces oscillations perpétuelles entravent aussi bien les réalisations complètes de son altruisme, que de son égoïsme.
    Idéaliste passionné, il aurait pu édifier une religion nouvelle, comme un Swedenborg ou un Antoine, et conquérir la croyance populaire par des cures miraculeuses.
    Pragmatique, l'exploitation de son pouvoir lui aurait assuré d'importants bénéfices, s'il avait eu le génie de « monter une affaire ».
    Il ne s'est libéré, ni de l'intérêt, ni du mysticisme.

Dr Maurice Igert, Le Problème des guérisseurs, 1931 (p.153-154)

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