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Origine du cep de vigne des Vignerons du Seigneur

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Origine du cep de vigne des Vignerons du Seigneur

 

1 Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.
2 Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. (Jean - chapitre 15)

" Tu mettras en tête du livre le cep de vigne que nous t'avons dessiné, parce qu'il est l'emblème du travail du Créateur ; tous les principes matériels qui peuvent le mieux représenter le corps et l'esprit s'y trouvent réunis : le corps, c'est le cep ; l'esprit, c'est la liqueur ; l'âme, ou l'esprit unis à la matière, c'est le grain. L'homme quintessencie l'esprit par le travail, et tu sais que ce n'est que par le travail du corps que l'esprit acquiert des connaissances." (Allan Kardec, Le Livre des Esprits - Prolégomènes)

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Édouard Saby - Le vrai courage (p.100)

Publié le par antoiniste

Édouard Saby - Le vrai courage (p.100)

    Le vrai courage consiste à envisager tous les périls, et à les mépriser quand ils deviennent nécessaires.

Édouard Saby, Fin et résurrection d'un monde, p.100

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Religions et Fakirs (L'Aurore,, 27 août 1925)(belgicapress.be)

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Religions et Fakirs (L'Aurore,, 27 août 1925)(belgicapress.be)

RELIGIONS ET FAKIRS

    Quant au miracle, si c'est une déroga-
tion aux lois naturelles, on ne sait ce que
c'est, car personne ne connaît les lois de la
nature. Non seulement un philosophe n'a
jamais vu de miracle, mais il est incapable
d'en jamais voir.
ANATOLE FRANCE.

    Bien des choses ont amusé ma philosophie ces temps derniers. C'est d'abord le Comte d'Elbée et sa femme, ces deux jeunes époux, qui après deux ans de mariage s'en sont allés, chacun de leur côté, vers le cloître. Ces pleutres ont peur de la vie et désertent leur devoir social.
    Si je n'étais déterministe et par conséquent enclin à l'excuse et à la bienveillance, je les qualifierais purement et simplement de lâches. Je ne m'attarderai pas à vous montrer ce que leur geste a d'irrationnel et d'anti-biologique ; cela saute aux yeux. En voilà qui vont appliquer le « Croissez et multipliez » des Ecritures à leur manière, avec la bénédiction du Pape par-dessus le marché : C'est du bon vaudeville.
    Je serais tenté également de vous commenter l'Inauguration du Temple antoiniste de Schaerbeek.
    Cette cérémonie a donné lieu (voir « L'Etoile » du 3 août 1925) à des scènes de pithiatisme et d'hystérie collective au cours desquelles, une « Sœur » s'est pavé une attaque d'extase à la manière de Thérèse d'Avilla.
    Quel affreux mécréant l'on fait, tout de même, en apportant à l'analyse des faits psychiques et psycho-pathologiques quotidiens la méthode objective des sciences naturelles !!!
    Il apparaît ici une fois de plus que tous les grands dévôts, tous les mystiques, tous les assoiffés d'idéal quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent sont bien comme l'affirmait encore tout dernièrement Rogues de Fursac des psychopathes, des « piqués », pour employer l'expression irrévérencieuse de Courteline.
    Tous présentent les mêmes symptômes morbides et je me refuse à faire une différence entre Apollonius de Tiane et François d'Assise. Tous deux sont des théomégalomanes, des malades de l'Esprit sans plus.
    S'il advenait aujourd'hui à quelqu'un de se promener par la ville en proclamant qu'il est le Messie, il se ferait immédiatement arrêter et conduire au « violon » en attendant sa collocation dans une maison de santé.
    C'est que le XX Siècle en effet ne croit plus aux prophètes. Ceux-ci tonnent à présent dans les asiles et quand ils sont trop véhéments on les envoie à la douche.
    Mais j'ai bien mieux que le Comte d'Elbée et le Temple du père Antoine. Je veux vous entretenir des Fakirs.
    Je parlerai ici, non des Fakirs musulmans, mais, des Fakirs brahmanes, sectateur de Brahma, Vichnou et Siva, la trinité hindoue.

[…]

L'Aurore, 27 août 1925 (source : belgicapress.be)

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R. G. Pabin - Métamorphoses de l'esprit et médiumnité (1966)

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R. G. Pabin - Métamorphoses de l'esprit et médiumnité (1966)

Auteur : R. G. Pabin (pseud.) ; avec le concours de Mme Rose Stoler (médium)
Titre :  Métamorphoses de l'esprit et médiumnité
Éditions N. Bussière, Paris, 1966 (108 pages)

    Le livre se termine sur LE BIEN ET LE MAL / LA PUISSANCE DE LA PRIÈRE, et on y lit ceci :


    Le bien, dans la pensée de chacun, est l'acte qui paraît plein de bonté envers ses semblables ; c'est aussi ce que la morale prescrit de faire.
    Le mal est ce qui est contraire à la morale, c'est-à-dire au bien ; c'est donc un acte qui détermine une mauvaise action portant préjudice à autrui. (Définitions du dictionnaire.)
    D'après la doctrine Antoiniste, le mal et le bien n'existent pas ! Ce ne sont que des termes de comparaison.
    Cette révélation, basée sur les différents degrés d'évolution des âmes, vient démontrer et affirmer la nécessité des épreuves terrestres indispensables à l'amélioration de l'esprit.
    (Les pensées sont des fluides bons ou mauvais ; il y a autant de fluides que de pensées ;) il en découle que les prières formulées par les âmes pures ont une action bénéfique sur ceux pour lesquels elles sont formulées ; c'est aussi une récompense pour soi-même.
    Le spiritisme qui est une science éprouvée vient à l'appui de ce qui précède.

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Nécrologie Mme veuve Gony (Le Messager, 1er février 1892)

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Nécrologie Mme veuve Gony #1 (Le Messager, 1er février 1892)

Nécrologie Mme veuve Gony #2 (Le Messager, 1er février 1892)

Nécrologie

    Mercredi, 13 janvier, a eu lieu, à 3 heures, à Jemeppe, l'enterrement civil de Mme veuve Gony, avec le concours de la Fédération spirite régionale de Liége.
    Une foule d'amis et connaissances de la famille lui ont témoigné leurs sympathies en assistant aux funérailles.
    Au cimetière, deux discours spirites ont été prononcés, l'un par M. Houart, l'autre par M. Paulsen.
    Voici le discours de M. Houart :

             Mesdames, Messieurs,
   
Au nom des amis de la famille de Mme Gony, je viens rendre ici un légitime hommage à la mémoire d'une bonne et courageuse mère de famille, d'une femme de cœur et d'esprit que chacun de nous regrette.
    Mme Gony est morte en libre-penseuse, bien qu'ayant été élevée dans les mystères de la foi romaine ; elle s'est éteinte sans vouloir user des prétendus secours de la religion, parce qu'elle avait cessé de subordonner sa raison à des enseignements qui en sont la négation, parce que son intelligence et sa conscience, affranchies de ces enseignements dogmatiques, s'élevaient au-dessus de cette foi aveugle qui paralyse le jugement à ce point que les victimes de cette foi, c'est à dire les pauvres fanatiques, en arrivent à perdre l'exacte notion du bien et du mal; Mme Gony a su s'élever au-dessus de cette foi misérable qui atrophie l'intelligence et stérilise les sentiments ; cette femme de bon sens a compris sans doute qu'il n'appartient à personne, qu'il n'est au pouvoir d'aucun, fut-il pape ou roi, de s'interposer entre Dieu et les hommes, que le plus digne entre tous est le plus vertueux et que l'élévation morale seule est la marque de dignité qui rapproche de la Divinité.
    Mme Gony était également une femme de cœur ; elle a été une épouse vertueuse et dévouée, une mère affectionnant les siens avec toute la tendresse désirable.
    Et de cette intelligence émancipée, de ce grand cœur, de cette affection tendre, il ne resterait rien, selon le théories matérialistes, rien que le souvenir ? Après une vie d'épreuves, de tribulations, de misères de tous genres, il n'y aurait que le néant, où chacun viendrait échouer, les bons comme les mauvais, et où viendraient se confondre le bien et le mal ? Franchement, s'il en était ainsi, ce ne serait guère la peine de naître pour la plupart et, pour beaucoup d'autres, il serait assurément préférable de ne pas venir. Mais heureusement il est une philosophie nouvelle, le spiritualisme expérimental, qui nous apprend la raison d'être de toute chose et qui, en révélant notre origine, nous explique le but de l'existence, nous indique l'avenir, la destinée heureuse pour laquelle nous sommes créés. C'est la consolation des malheureux, l'appui des faibles, le soutien des affligés ; c'est l'espérance apportant les forces et le courage nécessaires pour surmonter les difficultés de la vie et supporter patiemment les épreuves qu'elle rencontre ; c'est enfin la science occulte démontrant les progrès et les destinées de l'âme, par la pluralité des existences et sa vie heureuse en des mondes où le mal a complètement disparu des mœurs de leurs habitants.
    Ce sont là d'ailleurs les seules données conformes à la raison, les seules qui apportent quelques lumières à l'humanité égarée, perdue dans l'obscurité des erreurs, et qui donnent une solution rationnelle au problème de l'existence.
    Pour nous, spirites, Mme Gony n'est pas entièrement anéantie : son corps matériel nous est ravi, il rentre dans l'élément universel, mais son âme est là, immortelle, aussi sensible aux marques d'affection qu'auparavant, entourant ceux qui lui sont chers de ses effluves bienfaisantes.
    Nous dirons donc un éternel adieu à son corps, mais à son âme nous disons : au revoir dans un monde meilleur.

Le Messager, 1er février 1892

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L'antoinisme continue (L'Heure belge, 14 mai 1916)

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L'antoinisme continue (L'Heure belge, 14 mai 1916)

L'ANTOINISME CONTINUE

    Nous venons d'avoir un enterrement antoiniste. La mort de la personne affiliée à la secte de Jemeppe a provoqué une descente du parquet et une autopsie à la morgue de la Buissière. Le bruit s'était répandu en effet que les soins d'un médecin avaient été refusés par la moribonde, scrupuleuse observatrice des lois de la secte qui interdisent, paraît-il, d'avoir recours à la Faculté en cas de maladie. L'autopsie a démontré que la défunte est morte de mort naturelle.

L'Heure belge, 14 mai 1916

    Cet article est un résumé d’un article du journal La Belgique qui situe l’enterrement à Huy.

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Georges Linze - Le Prophète influencé (La Wallonie, 21 janvier 1929)(Belgicapress)

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Georges Linze - Le Prophète influencé (La Wallonie, 21 janvier 1929)(Belgicapress)REVUES ET LIVRES

    « LE PROPHETE INFLUENCE », par Georges Linze. On connait le style do Georges Linze plastique, dépourvu de musicalité mais riche de tons, volontairement, chirurgicalement amputé de transitions. Ces particularités le rendent communément presque illisible. Mais toute nouvelle valeur commence par étonner. Bientôt, on s'apprivoise. Alors on discerne le sens un peu bouleversé de la pensée que portent des images saturées de lyrisme. La poésie moderne quelle que soit sa formule mêle l'auditif au visuel, au tactile, à l'abstrait ; elle se propose en métaphores ou en altérations qui contiennent ou qui résolvent en un produit nouveau (comme une nombreuse combinaison chimique) tous les éléments culturels, intelligents et instinctifs que le déclic d'un instant lyrique a fait coïncider. Par ce caractère, Georges Linze est bien de nos temps nouveaux. Il n'est pas seul. Mais il demeure à part, quand même, par sa manière de transmuer sa métaphysique passionnée en spectacles concrets. Il fait penser à ce cabbaliste qui récoltait dans des carafes la lumière du soleil pour en tirer des salamandres ! Mais ce qui règne sur ce livre-ci, c'est la suggestion. Et le désordre. Linze dira : « C'est mon ordre, à moi ! Oui ; mais il écrit pour les autres.

                                           M. M.

La Wallonie, 21 janvier 1929 (source : Belgicapress)

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Culte antoiniste à Schaerbeek (L'Indépendance Belge, 4 août 1925)(Belgicapress)

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Culte antoiniste à Schaerbeek (L'Indépendance Belge, 4 août 1925)(Belgicapress)

LE CULTE ANTOINISTE

    Rue Jacques Rayé a été inauguré dimanche, en présence de nombreux adeptes venus du Hainaut et surtout de Liége, un temple dédié au culte antoiniste.
    La mère Antoine présidait et M. Janin, ancien commandant de la marine française officiait.

L'Indépendance Belge, 4 août 1925 (source : Belgicapress)

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Culte Antoiniste (Charivari, Avril-Juin 1976, p.46)

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Culte Antoiniste (Charivari, Avril-Juin 1976,p.46)

UNE SECTE DE GUERISSEURS : LES ANTOINISTES

    Fondé en 1906 par un ouvrier liégeois qui se faisait appeler « Le Père Antoine » ou encore « le guérisseur », le « Nouveau Spiritualisme » rassemble aujourd'hui cinq à six mille fidèles disséminés dans toute la France et, surtout, dans la partie wallonne de la Belgique. Il s'agit d'une dissidence « spirite » du catholicisme romain.
    Les « antoinistes » (cette appellation prend de plus en plus le pas sur celle de « néo-spiritualistes ») se réunissent tous les dimanches matin, affublés d'une longue robe noire, dans une cinquantaine de temples. Le décor de ceux-ci est à la fois austère et macabre : une grande salle meublée de bancs de bois et flanquée d'une sorte de chaire surélevée. L'un des quatre murs est tendu de noir. On peut y lire, peinte en grandes lettres blanches, l'inscription suivante : « L'auréole de la conscience : un seul remède peut guérir l'humanité ; LA FOI : c'est de la foi que naît l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de la servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. » Ce texte, exemplaire du style antoiniste, se répète dans toutes les publications de la secte, dont le siège central est fixé à Jemappes-sur-Meuse, dans la banlieue liégeoise. Accroche aussi le regard, derrière la chaire, un arbre stylisé : l'arbre de la science de la vue du mal. Il s'agit de l'emblème des antoinistes. Parfois, l'on trouve encore la photo du Père Antoine : une très belle tête d'illuminé, longs cheveux, longue barbe, yeux extasiés, dont l'expression évoque les photos de Raspoutine jeune. Mais là s'arrête le rapprochement. Autant Raspoutine était débauché et adorait la fréquentation des grands de ce monde, autant le Père Antoine vivait sobrement et se complaisait parmi les petites gens.
    Né à Mons-Crotteux, faubourg industriel de Liège, en 1846, le futur Père Antoine était le cadet d'une famille fort modeste de onze enfants. Dès l'âge de douze ans, il s'en alla travailler à la mine en compagnie de son père et de quelques-uns de ses frères, tous houilleurs.
    Vers sa vingtième année, dégoûté de la fosse, il décida de changer de métier et devint ouvrier métallurgiste. En 1870, il s'expatria et partit pour l'Allemagne où il travailla pendant cinq ans. Puis, il poussa un peu plus loin et passa à nouveau cinq nouvelles années en Pologne russe. Quand il rentra au Pays natal, il était toujours fidèle à la foi catholique de son enfance. Il manifestait même une tendance à être plus catholique que le pape, tant il affectionnait les jeûnes et les privations de toutes sortes.
    A l'âge de quarante-deux ans, cet homme pieux et même cagot rejoignait brusquement un groupe spirite. Bientôt las de faire tourner les tables pour le plaisir des seuls esprits, il franchit un pas de plus dans l'hérésie et se mit à prêcher dans toute la région liégeoise des « révélations » qu'il disait tenir de Dieu lui-même. Sa bonté, sa douceur, et surtout les « guérisons miraculeuses » qu'il multipliait gratuitement, lui conférèrent une grande popularité auprès d'un prolétariat misérable et crédule. En outre, comme le « néo-spiritualisme » entamait sérieusement les positions catholiques en Wallonie, les dignitaires francs-maçons et les politiciens socialistes favorisèrent l'implantation de la secte. Et les premiers « temples » furent construits grâce à des subsides votés par les conseils provinciaux (généraux) à majorité socialiste.Culte Antoiniste (Charivari, Avril-Juin 1976,p.46)
    Quelques années plus tard, l'antoinisme se répandit dans le nord de la France et conquit bientôt de petits mais solides bastions dans tout l'hexagone.
    Tout le culte antoiniste se résume à la sempiternelle lecture des « révélations » et de l'enseignement du Père Antoine. Celui-ci (qui pouvait à peine lire et écrire) s'exprimait en un langage à la fois pompeux et hermétique.
    Seules les funérailles des adeptes revêtent un certain lustre. Pour son dernier voyage, l'antoiniste décédé est précédé d'un jeune arbre fraîchement coupé, et suivi par tous les « frères » et toutes les « sœurs » revêtus de leur longue robe noire et coiffés de grands chapeaux noirs rappelant ces sombreros bâtards qu'affectionnaient les socialistes du début du siècle. La lecture des œuvres du Père Antoine accompagne la descente de la bière dans la fosse.
    Les antoinistes manifestent, à l'égard de ces œuvres, une fanatique et touchante confiance. Leur culte ne possède ni prêtres ni évêques. Les adeptes qui le désirent, ou qui en ont le temps ou les moyens, se chargent bénévolement de servir de haut-parleur à la voix de leur maître. Encore que généralement moralisateurs et même pudibonds, les antoinistes cèdent parfois à un certain laxisme moral qui trouve sa justification dans ces « fluides » dans « lesquels l'homme vit comme un poisson dans l'eau ». Car, mal débarrassé des miasmes du spiritisme, le Père Antoine professait que « tous nos vices et caprices dépendent des fluides qui forment l'atmosphère qui nous entoure ». Ce que d'aucuns « chers maîtres » appellent « des impulsions irrésistibles » !
    L'enseignement antoiniste tombe aussi dans un certain masochisme. Il recommande de « remercier ses ennemis », car l'épreuve qu'ils apportent constitue « un progrès » et « c'est la souffrance seule qui peut nous épurer ».
    Fanatiques mais peu prosélytes, les antoinistes vivent entre eux, en secte fermée. Ils pratiquent une solidarité totale et se distinguent par leur discrétion, sauf quand certains d'entre eux, s'obstinant à ne pas appeler le médecin en cas de maladie grave d'un des leurs, provoquent l'indignation des voisins et l'intervention de la justice. Le Père Antoine ayant recommandé le strict respect des lois naturelles, les antoinistes se méfient en effet des médicaments chimiques et leur préfèrent les décoctions de plantes. Et si, par malheur, leur médication échoue, ils accueillent la perte de l'être cher, et la souffrance qui en découle, comme une nouvelle occasion de se purifier.

Charivari, numéro sur les Sectes et sociétés secrètes en France aujourd’hui, Avril-Juin 1976, p.46

    Écrit à charge d’un « journaliste » anonyme (lui aime qui aime si bien les guillemets, il me saura grès de les utiliser ici à mon compte) qui n’a certainement jamais franchi la porte d’un temple, ni donc parlé à aucun frère ou aucune sœur, ni ne s’est même donné la peine de lire les textes, que cela soit ceux du Père ou de ceux qui ont étudié la « secte »…

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Correspondance (Le Messager, 1er janvier 1901)

Publié le par antoiniste

Correspondance (Le Messager, 1er janvier 1901)

Correspondance

        Messieurs et Frères,

    Vous avez annoncé dernièrement l'inauguration à Jemeppe-sur-Meuse du beau et spacieux local de la société les Vignerons du Seigneur, propriété de notre ami et frère Louis Antoine. Environ 180 adeptes de notre belle doctrine, venus de tous les environs, y étaient réunis le jour de la Noël pour féliciter ce frère dévoué de l'initiative si franche, si généreuse et si intelligente dont il a donné déjà tant de preuves. Ainsi que l'on dit, en des causeries pleines de verve et d'humour, MM. Houart et Henrion, deux vétérans de la cause, les ennemis séculaires de la libre pensée spiritualiste, peuvent en vain gémir à leur aise sur l'extension qu'ont prise partout les enseignements des Esprits. C'est la ruine dans un temps qui paraît assez proche au siècle où nous entrons, de l'exploitation des superstitions religieuses dont vit un clergé fanatique et intolérant. Tout nous dit que les travailleurs de l'Espace, apôtres de vérités éternelles étouffées par les parodistes des nobles enseignements de Jésus, sont constamment sur la brèche pour combattre et détruire les erreurs amoncelées.
    Cette belle salle, où avant l'inauguration plusieurs centaines de malades ont passé, venus pour demander à notre frère Antoine ses soins magnétiques gratuits, est décorée de plusieurs peintures et portraits, entr'autres ceux d'Allan Kardec, curé d'Ars et Dr Demeure, chers et vénérés esprits qui, durant leur vie terrestre, pratiquèrent et enseignèrent les sublimes vérités spirites, et qui n'ont cessé depuis leur rentrée dans la vie réelle de nous donner des preuves de leur active et tendre sollicitude. A l'aspect de ces nobles et sympathiques physionomies, grand fut sans doute l'étonnement de personnages sceptiques aussi respectables que diplômés qui envahirent dernièrement le local de nos frères de Jemeppe. Mais laissons parler l'Express, de Liége, un grand journal dont on dit qu'il "évolue puissamment vers la route invariable de la science et du progrès":
    "Dans son numéro du 16 décembre, l'Express rapportait que le Parquet de Liége avait opéré une descente au sujet d'un individu (sic) contre lequel plainte était portée du chef d'exercice illégal de l'art de guérir.
    Le Parquet, représenté par M. Gonne, substitut du Procureur du Roi, accompagné de MM. Thuriaux, juge d'instruction ; Péters, greffier, et de MM. les médecins-légistes Lenger et Corin, est venu de nouveau indaguer à ce propos.
    Les magistrats se sont rendus d'abord au domicile particulier de M. A..., la personne visée. M. A... ordonne, paraît-il, à ses clients une liqueur fabriquée par un pharmacien bruxellois et qui est en vente dans toutes les pharmacies. Il les traite en même temps par le magnétisme.
    Comme nous le disions dimanche, il compte une clientèle considérable et, au moment de l'arrivée des magistrats dans le salon d'attente, il n'y avait pas moins de 60 consultants dont quelques-uns venaient de Verviers, voire même de Bruxelles.
    Les médecins et les magistrats ont interrogé les clients et ont assisté en même temps aux consultations qui se sont données à leur arrivée, c'est-à-dire vers 9 heures du matin. On dit dans le public que A... est entièrement désintéressé. On est tout simplement invité à déposer une obole pour les pauvres dans un tronc placé en évidence dans la salle d'attente."
    Voici ce qu'aurait pu ajouter l'auteur des lignes qui précèdent, ce qui est à sa connaissance : M. Antoine, outre son indépendance – il est rentier – est un "individu" dont le désintéressement, l'abnégation, le dévouement à toutes bonnes œuvres, ont conquis l'estime et la considération, non seulement de ses frères en croyance, mais aussi de tous ses concitoyens. Sa médiumnité guérissante est établie par des attestations qu'il ne recherche pas ; elles s'offrent d'elles-mêmes. Distribuant, au vu et au su de chacun, le produit des oboles de ses malades reconnaissants, il répand, en outre, la bonne parole qui console. Il soutient l'affligé, fortifie moralement et physiquement ses frères et sœurs en humanité. Combien d'hommes que la prison et les dépôts de mendicité auraient recueillis – les lois humaines punissent toujours l'effet sans s'attaquer à la cause ont pu, dans nos régions industrielles vouées au capitalisme, subir l'influence, l'ascendant de ses bons conseils, de ses excellentes exhortations spirites à la résignation ! Sont-ce les prêtres salariés et les nombreux médecins cléricaux, cherchant à faire poursuivre notre frère Antoine, qui pourraient en dire autant ? Que sa modestie bien connue ne nous empêche, ni l'un, ni l'autre, Messieurs, de le défendre contre certains agissements ! Que ses actes méritoires servent d'exemples aussi à d'autres adeptes de notre doctrine, soucieux de propager les enseignements spirites pour le plus grand profit de l'avenir moral et intellectuel de tous les humains.

                                         Salut fraternel,
Jemeppe, 26 décembre 1900.                        H.

Le Messager, 1er janvier 1901

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