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Le Père Dor contre la ''Région'' (La Gazette de Charleroi, 5 mars 1920)(Belgicapress)

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Le Père Dor contre la ''Région'' (La Gazette de Charleroi, 5 mars 1920)(Belgicapress)

    LE PERE DOR CONTRE LA « REGION ». – Nous avons relaté les débats relatifs à cette affaire : le Père Dor s'étant jugé lésé par un article publié par le journal censuré lui envoya un droit de réponse qui ne fut pas inséré.
    M. le substitut Féron donne son avis.
    L'article incriminé était injurieux pour le père Dor. La question est donc de savoir si la réponse du père Dor constitue réellement un droit de réponse.
    Après des attaques violentes, le Père Dor a répondu par un minimum de ripostes. Sa réponse est adéquate aux attaques et ne dépasse pas les limites d'un droit de réponse.
    M. le substitut examine alors la question de la citation de tiers : on ne peut pas considérer comme tels les magistrats cités ; Alceste de la « Gazette de Charleroi » n'est pas un tiers, car c'est un journaliste et Dor n'a fait que reproduire un de ses articles ; quant à l'avocat de Dor, sa citation a été provoquée, car il était mêlé directement à l'affaire.
    Donc, conclut M. le substitut, j'estime que le prévenu a contrevenu à la loi de 1831 réglementant l'usage du droit de réponse.
    Après une courte réplique de M. Lefevre, le tribunal décide de prononcer son jugement samedi,

La Gazette de Charleroi, 5 mars 1920 (source : Belgicapress)

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Le père Dor contre ''La Région'' (Gazette de Charleroi, 7 mars 1920)(Belgicapress)

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Le père Dor contre ''La Région'' (Gazette de Charleroi, 7 mars 1920)(Belgicapress)

    LE PERE DOR CONTRE « LA REGION ». – Le tribunal a rendu son jugement dans l'affaire « Père Dor-Région ».
    Ce jugement, longuement motivé, déclare que, le cas échéant, Pestiaux devant être condamné à une amende, bénéficie de la loi d'amnistie et que l'action publique est donc déclarée éteinte. – Le tribunal déboute le plaignant et le condamne aux frais.

Gazette de Charleroi, 7 mars 1920 (source : Belgicapress)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

Le nouveau thaumaturge

    Le Luxembourg, décidément, semble appelé à de hautes destinées. Déjà nous avons notre thaumaturge, et le bruit de ses miracles, après s'être répandu dans le Grand-Duché, a passé la frontière et attire une foule de pèlerins animés d'un souffle insoupçonné de foi et d'espérance.
    Tout est étonnant dans ce phénomène extraordinaire. S'il y a une ville dont les préoccupations matérialistes soient peu propices à l'éveil de la folie mystique, c'est à coup sûr l'industrieuse métropole de notre bassin minier. Et pourtant c'est à Esch-sur-Alzette que le thaumaturge a élu son domicile et qu'il a réuni sa chapelle de fidèles. Son nom, dépouillé de tout prestige exotique, ne prête guère non plus à la transfiguration. Comment se faire passer pour un Messie, quand on s'appelle, comme le commun des mortels Nicolas Wagner, et quand, après avoir rempli les fonctions de chef de gare – voyez-vous un chef de gare fondateur d'une religion nouvelle ! – on en est réduit, par suite de l'inclémence des temps, à exercer le métier de mastroquet ? M. Nicolas Wagner est, en effet, cabaretier de profession.
    Poussé par la curiosité j'ai voulu assister à un des offices qui se tient tous les matins selon le rite antoiniste, dans une sorte d'arrière-boutique attenant au cabaret du guérisseur. Le débit de boissons que je traversais était bondé de clients et surtout de clientes qui attendaient impatiemment l'heure de l'office. Trois charmantes jeunes filles, les enfants du thaumaturge, servaient les boissons les plus variées. Une grande pancarte annonçait que ce jour-là il y avait des « poissons frits à toutes les heures ». Je pus à grand peine m'installer avec deux de mes amis au coin d'une table, et à cause de l'heure matinale je me fis servir une demi-bouteille d'eau minérale. Pendant que j'examinais les figures qui m'entouraient, des figures pâlottes, malingres et souffreteuses, et que j'écoutais les conversations où il n'était question que de guérisons miraculeuses, un murmure soudain annonça l'entrée du thaumaturge.
    Comment les imagiers – et les hagiographes de l'avenir s'y prendront-ils pour faire à ce cabaretier, qui a bien la figure de son emploi, une tête d'apôtre ? Comment la ceindront-ils d'une auréole ? Autant rimer hallebarde et miséricorde ! C'est un bonhomme trapu et balourd, taillé à grands coups de serpe. On me présenta à lui. Ah, Monsieur, me dit-il, que n'êtes-vous venu la semaine dernière ? Vous auriez vu des miracles extraordinaires. Vous auriez vu une vieille dame d'Audun-le-Tiche qui était entrée toute percluse et paralytique, se trainant sur ses béquilles, et qui sortit d'ici, sans appui, toute droite, pleine de vigueur et de santé. L'ineffable candeur qui s'exprimait dans ces paroles et qui écartait tout soupçon de charlatanisme, se décelait dans tous ses gestes et dans tout son être.
    Mais voici que les portes du fond s'ouvrent. A l'instant la salle se vide et tout ce monde d'hallucinés se précipite dans le sanctuaire et se dispute les rangées de chaises qui entourent la chaire rudimentaire, ornée de dessins symboliques. Le thaumaturge y apparait à présent, sanglé jusqu'au menton dans une redingote sombre qui rehausse singulièrement son prestige. A voir alors ces têtes dolentes se tourner vers le guérisseur, dont ils attendaient leur salut dans un invincible élan de confiance, à sentir l'exaltation s'accroître sous l'influence des invocations de l'officiant qui, esquissant des gestes d'hypnotiseur, étendant sa main à droite et à gauche, et marmonnant en un français aussi amphigourique que rudimentaire, les principes de « l'unitif » du Père Antoine, maîtrisait impérieusement ces âmes simples d'hypocondres et d'infirmes, je n'ai pu me défendre, en dépit de mes préventions d'incurable sceptique, d'une certaine émotion. Et quand j'ai entendu après cette séance impressionnante de suggestion des masses l'apôtre préféré du thaumaturge, un robuste boulanger en bras de chemises, me vanter les bienfaits de cette religion nouvelle et m'affirmer que bientôt on fêterait dans le temple antoiniste que son « comité » propose d'ériger à Esch, le plus grand de tous les miracles, la guérison tant attendue de la propre femme du thaumaturge, laquelle est atteinte de cécité complète depuis vingt ans, je me suis demandé si le récent arrêt de notre Cour d'appel, qui condamna M. Wagner pour exercice illégal de la médecine, sera capable d'arrêter à la frontière cette nouvelle vague de mysticisme.

                                                                                     PANGLOSS.

L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Le nouveau thaumaturge (L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924)(eluxemburgensia.lu)

Le nouveau thaumaturge

    Le Luxembourg, décidément, semble appelé à de hautes destinées. Déjà nous avons notre thaumaturge, et le bruit de ses miracles, après s'être répandu dans le Grand-Duché, a passé la frontière et attire une foule de pèlerins animés d'un souffle insoupçonné de foi et d'espérance.
    Tout est étonnant dans ce phénomène extraordinaire. S'il y a une ville dont les préoccupations matérialistes soient peu propices à l'éveil de la folie mystique, c'est à coup sûr l'industrieuse métropole de notre bassin minier. Et pourtant c'est à Esch-sur-Alzette que le thaumaturge a élu son domicile et qu'il a réuni sa chapelle de fidèles. Son nom, dépouillé de tout prestige exotique, ne prête guère non plus à la transfiguration. Comment se faire passer pour un Messie, quand on s'appelle, comme le commun des mortels Nicolas Wagner, et quand, après avoir rempli les fonctions de chef de gare – voyez-vous un chef de gare fondateur d'une religion nouvelle ! – on en est réduit, par suite de l'inclémence des temps, à exercer le métier de mastroquet ? M. Nicolas Wagner est, en effet, cabaretier de profession.
    Poussé par la curiosité j'ai voulu assister à un des offices qui se tient tous les matins selon le rite antoiniste, dans une sorte d'arrière-boutique attenant au cabaret du guérisseur. Le débit de boissons que je traversais était bondé de clients et surtout de clientes qui attendaient impatiemment l'heure de l'office. Trois charmantes jeunes filles, les enfants du thaumaturge, servaient les boissons les plus variées. Une grande pancarte annonçait que ce jour-là il y avait des « poissons frits à toutes les heures ». Je pus à grand peine m'installer avec deux de mes amis au coin d'une table, et à cause de l'heure matinale je me fis servir une demi-bouteille d'eau minérale. Pendant que j'examinais les figures qui m'entouraient, des figures pâlottes, malingres et souffreteuses, et que j'écoutais les conversations où il n'était question que de guérisons miraculeuses, un murmure soudain annonça l'entrée du thaumaturge.
    Comment les imagiers – et les hagiographes de l'avenir s'y prendront-ils pour faire à ce cabaretier, qui a bien la figure de son emploi, une tête d'apôtre ? Comment la ceindront-ils d'une auréole ? Autant rimer hallebarde et miséricorde ! C'est un bonhomme trapu et balourd, taillé à grands coups de serpe. On me présenta à lui. Ah, Monsieur, me dit-il, que n'êtes-vous venu la semaine dernière ? Vous auriez vu des miracles extraordinaires. Vous auriez vu une vieille dame d'Audun-le-Tiche qui était entrée toute percluse et paralytique, se trainant sur ses béquilles, et qui sortit d'ici, sans appui, toute droite, pleine de vigueur et de santé. L'ineffable candeur qui s'exprimait dans ces paroles et qui écartait tout soupçon de charlatanisme, se décelait dans tous ses gestes et dans tout son être.
    Mais voici que les portes du fond s'ouvrent. A l'instant la salle se vide et tout ce monde d'hallucinés se précipite dans le sanctuaire et se dispute les rangées de chaises qui entourent la chaire rudimentaire, ornée de dessins symboliques. Le thaumaturge y apparait à présent, sanglé jusqu'au menton dans une redingote sombre qui rehausse singulièrement son prestige. A voir alors ces têtes dolentes se tourner vers le guérisseur, dont ils attendaient leur salut dans un invincible élan de confiance, à sentir l'exaltation s'accroître sous l'influence des invocations de l'officiant qui, esquissant des gestes d'hypnotiseur, étendant sa main à droite et à gauche, et marmonnant en un français aussi amphigourique que rudimentaire, les principes de « l'unitif » du Père Antoine, maîtrisait impérieusement ces âmes simples d'hypocondres et d'infirmes, je n'ai pu me défendre, en dépit de mes préventions d'incurable sceptique, d'une certaine émotion. Et quand j'ai entendu après cette séance impressionnante de suggestion des masses l'apôtre préféré du thaumaturge, un robuste boulanger en bras de chemises, me vanter les bienfaits de cette religion nouvelle et m'affirmer que bientôt on fêterait dans le temple antoiniste que son « comité » propose d'ériger à Esch, le plus grand de tous les miracles, la guérison tant attendue de la propre femme du thaumaturge, laquelle est atteinte de cécité complète depuis vingt ans, je me suis demandé si le récent arrêt de notre Cour d'appel, qui condamna M. Wagner pour exercice illégal de la médecine, sera capable d'arrêter à la frontière cette nouvelle vague de mysticisme.

                                                                                     PANGLOSS.

L'Indépendance luxembourgeoise, 23 octobre 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Le Mois chez nous (La Meuse, 3 novembre 1911)(Belgicapress)

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Le Mois chez nous (La Meuse, 3 novembre 1911)(Belgicapress)

BIBLIOGRAPHIE

    Le Mois chez nous. – Dans son quatrième numéro, cette intéressante revue belge publie un article captivant sur Antoine-le-Guérisseur, cet apôtre si original qui, dans son temple de Jemeppe, prêche une religion nouvelle. On y trouve encore les mille détails, généralement ignorés, de l'industrie des os, ainsi qu'une étude attachante sur la vie des reptiles. Mais ce n'est pas tout et le sommaire, des plus nourris, s'augmente encore de la description, abondamment illustrée, d'un nouvel et très curieux aéroplane belge et un article très documenté sur les voyages à pied et le « camping ». Enfin, citons encore cette exquise nouvelle de Maurice des Ombiaux, « Le Pâtre » et un acte désopilant, « Maison tranquille », dû à la plume autorisée de Jacques Baschet.
    Ainsi composée, cette revue, malgré son prix de trente-cinq centimes le numéro, rivalise victorieusement avec les meilleures revues françaises du genre et elle justifie pleinement son titre en restant en tous points nationale !

La Meuse, 3 novembre 1911 (source : Belgicapress)

    Une carte postale reproduit une illustration de cette revue et La Meuse en reproduit le texte dans un article du 28 octobre 1911.

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Le culte antoiniste - reconnaissance (Le Journal de Bruxelles, 15 octobre 1922)(Belgicapress)

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Le culte antoiniste - reconnaissance (Le Journal de  Bruxelles, 15 octobre 1922)(Belgicapress)Le Culte antoiniste

     Le « Moniteur » de vendredi publie les statuts de l'établissement d'utilité publique dénommé « culte antoiniste ».
    Il s'est constitué sous la forme d'association sans but lucratif.
    Antoine était un simple ouvrier métallurgiste wallon. Il s'en fut, il y a une trentaine d'années, travailler en Russie, où il se mit en rapports avec des guérisseurs qui détiennent une sorte de pouvoir de suggestion et dont la croyance s'exprime en de vagues enseignements de morale.
    Rentré en Belgique, Antoine, se mit à enseigner cette morale simpliste et à guérir la manière des ermites russes.
    Le temple de Jemmapes-sur-Meuse fut créé il y une quinzaine d'années. Les disciples d'Antoine adoptèrent une curieuse tenue (chapeau haut de forme et longue redingote noire).
    Le culte antoiniste compte actuellement une dizaine de temples en Belgique et en France.
    Ce culte n'est on somme qu'une excroissance. L'on a toujours remarqué que ces excroissances bénéficient de l'affaiblissement du sens vraiment religieux. Il n'y a guère, en Belgique de pays plus superstitieux que le paye de Charleroi. On ne veut pas du divin, là où il est et on le cherche là où il n'est pas !

Le Journal de Bruxelles, 15 octobre 1922 (source : Belgicapress)

 

    Quelques journaux belges se moquaient des Français faisant l’erreur de l’origine du Père Antoine, la situant à Jemmapes plutôt qu’à Jemeppe. On voit ici que les Bruxellois ne font pas mieux : aucune localité en Belgique ne s'appelle "Jemmapes-sur-Meuse"...

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Le culte antoiniste - reconnaissance (Le Journal de Bruxelles, 15 octobre 1922)(Belgicapress)

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Le culte antoiniste - reconnaissance (Le Journal de  Bruxelles, 15 octobre 1922)(Belgicapress)Le Culte antoiniste

     Le « Moniteur » de vendredi publie les statuts de l'établissement d'utilité publique dénommé « culte antoiniste ».
    Il s'est constitué sous la forme d'association sans but lucratif.
    Antoine était un simple ouvrier métallurgiste wallon. Il s'en fut, il y a une trentaine d'années, travailler en Russie, où il se mit en rapports avec des guérisseurs qui détiennent une sorte de pouvoir de suggestion et dont la croyance s'exprime en de vagues enseignements de morale.
    Rentré en Belgique, Antoine, se mit à enseigner cette morale simpliste et à guérir la manière des ermites russes.
    Le temple de Jemmapes-sur-Meuse fut créé il y une quinzaine d'années. Les disciples d'Antoine adoptèrent une curieuse tenue (chapeau haut de forme et longue redingote noire).
    Le culte antoiniste compte actuellement une dizaine de temples en Belgique et en France.
    Ce culte n'est on somme qu'une excroissance. L'on a toujours remarqué que ces excroissances bénéficient de l'affaiblissement du sens vraiment religieux. Il n'y a guère, en Belgique de pays plus superstitieux que le paye de Charleroi. On ne veut pas du divin, là où il est et on le cherche là où il n'est pas !

Le Journal de Bruxelles, 15 octobre 1922 (source : Belgicapress)

 

    Quelques journaux belges se moquaient des Français faisant l’erreur de l’origine du Père Antoine, la situant à Jemmapes plutôt qu’à Jemeppe. On voit ici que les Bruxellois ne font pas mieux : aucune localité en Belgique ne s'appelle "Jemmapes-sur-Meuse"...

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Le thaumaturge d'Esch et le culte antoiniste (L'Indépendance luxembourgeoise, 24 juillet 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Le thaumaturge d'Esch et le culte antoiniste (L'Indépendance luxembourgeoise, 24 juillet 1924)(eluxemburgensia.lu)

Le thaumaturge d'Esch-sur-Alzette et le culte antoiniste

    Par un récent jugement de la Cour d'appel, celui qu'on nomme le thaumaturge d'Esch-sur-Alzette, M. Nic. Wagner, autrefois chef de gare à Weilerbach, actuellement cafetier à Esch-sur-Alzette, a été condamné pour exercice illégal de l'art de guérir. L'amende de 200 francs à laquelle il avait été condamné en première instance a été portée à mille francs.
    Dans ses considérants la Cour d'appel rappelle que la loi du 10 juillet 1901 considère comme exerçant illégalement l'art de guérir toute personne non munie des diplômes luxembourgeois autorisant à la pratique de la médecine qui traite des malades ou prend part à ce traitement, sauf le cas d'urgence avérée. Beaucoup de personnes s'imaginent qu'un profane qui exerce l'art de guérir ne devient passible d'une peine que s'il se fait rétribuer pour les services qu'il rend à l'humanité souffrante et s'il administre à ses malades des médicaments et de prétendues panacées. Un de nos confrères avait même accusé le guérisseur d'Esch-sur-Alzette de s'enrichir aux dépens de ses clients. M. Nic. Wagner avait protesté énergiquement, on s'en souvient, contre cette accusation, et, de fait, l'instruction n'a pu retenir aucun fait probant qui ait pu confirmer ce soupçon. Une de ses clientes qui se disait miraculeusement guérie d'une sorte de lupus que les médecins auraient désespéré de guérir, a bien déclaré que dans sa gratitude elle était prête à céder à son sauveur toute sa fortune. Mais on ne saurait guère y voir qu'une de ces hyperboles qui échappent à un cœur débordant de joie et de reconnaissance.
    Aussi la Cour d'appel, pour venir au-devant de l'opinion erronée selon laquelle il n'y a délit pour un guérisseur que s'il y a eu rémunération, rappelle-t-elle expressément dans son jugement que la loi ne « subordonne l'existence de l'infraction qu'elle réprime ni au mode de traitement employé ni à l'administration d'un médicament même à titre gratuit. » Ce qui suffit au juge, c'est de constater que le but des pratiques auxquelles se livrait M. Wagner, était de guérir les malades ; c'est de fournir la preuve irrécusable que cet illuminé avait pris au pied de la lettre l'enseignement du catéchisme qui fait précisément de cette pratique charitable la vertu chrétienne par excellence.
    En quoi consistaient les pratiques du guérisseur ? « Pour faire impression sur les malades, dit un des considérants du jugement, il les introduit dans une chambre et les plaçant devant le portrait du père Antoine de Jemeppe dont il est un adepte fervent, il leur impose les mains pour faire passer dans leur corps le fluide guérisseur qu'il prétend posséder. Il leur recommande d'avoir une foi inébranlable en lui et en leur guérison, de prier avec ferveur pendant qu'il récite quelques principes de « l'unitif », code des Antoinistes dont il endosse parfois le costume.
    Qu'est-ce que le père Antoine et les Antoinistes dont M. Wagner semble avoir pris à tâche, d'après l'énoncé de ce jugement, de répandre le culte dans le Grand-Duché ? Nos lecteurs en ont entendu parler plus d'une fois. Tous les journaux de Paris, le mois dernier, ont parlé de la commémoration solennelle à Paris de la « désincarnation », c'est-à-dire de la mort du Père Antoine. Ce fut pour les Parisiens un spectacle inaccoutumé. Car si depuis le 25 juin 1913, date de la mort du Père Antoine, les anniversaires de la « désincarnation » ont toujours été célébrés à Jemeppe-sur-Meuse (Belgique) par des foules comparables à celle – 30.000 à 40.000 personnes – qui avait suivi le cercueil du Père, c'est pourtant pour la première fois que cette commémoration eut lieu à Paris. On la célébra dans le temple antoiniste, nouvellement construit, qui s'élève rue Vergniaud, temple minuscule précédé d'un jardin et dont le porche porte cette légende : « Le Père Antoine, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi. » A l'intérieur du temple, où se déroulait la cérémonie devant une foule compacte de frères et de sœurs en robe « révélée » et débordant jusque sur les deux trottoirs de la rue, un large carton affiche, écrite en grosse ronde, la copie du décret d'utilité publique obtenu du Gouvernement belge en 1910 et signé, à gauche : Masson, Ministre de la Justice, à droite, Albert, Roi.
    Mais si l'immense popularité dont jouissait le Père Antoine en Belgique aux environs de 1910 – époque où le guérisseur de Jemeppes recevait par jour 500 à 1200 malades et où des milliers de personnes déclaraient avoir été guéries par lui – valut aux adeptes des Antoinistes un décret d'utilité publique, ils furent énergiquement combattus par l'Eglise qui s'inquiétait d'autant plus des progrès de cette religion nouvelle que les zélateurs du culte nouveau opposaient triomphalement le nombre de leurs guérisons aux miracles de Lourdes. Il faut ajouter d'ailleurs que les incrédules furent aussi étonnés que les catholiques du succès obtenu par les prédications du guérisseur qui semblait avoir pris pour devise le mot du Christ : « C'est la foi seule qui sauve », devise qui est devenue d'ailleurs en Amérique celle des adeptes de la « Christian Science ». Eh quoi, entendait-on dire, est-ce donc un siècle de scepticisme que celui où l'on voit surgir aussi inopinément une foi nouvelle ?
    Quel est donc l'homme extraordinaire qui a pu produire un pareil miracle ? Louis Antoine, né à Mons, était simple ouvrier mineur, promu aux fonctions de chef-marteleur et plus tard – après un séjour de cinq ans en Pologne – d'encaisseur aux Forges et Cokeries Liégeoises. Par son travail et son économie, il avait gagné une petite fortune et il rêvait de grandes destinées pour son fils unique. La mort de celui-ci le décida à consacrer sa vie et sa fortune au soulagement de toutes les misères physiques et morales. Il quitta son travail et resta chez lui à la disposition des malades et de tous ceux qui étaient dans la peine. Le bruit de ses guérisons attirait chez lui des foules toujours grossissantes.
    Antoine était d'un désintéressement absolu et n'acceptait rien de ses malades. Il y avait jadis dans le temple qu'un adepte reconnaissant lui avait fait construire à Jemeppe, un tronc dans lequel les malades pouvaient déposer leur obole et dont le produit était intégralement distribué aux pauvres de Jemeppe. Ce tronc fut supprimé dans la suite, Antoine recommandant à ceux qui lui offraient de l'argent de choisir eux-mêmes les pauvres auxquels ils voulaient faire la charité. Lui-même avait donné en aumônes tout ce qu'il possédait. A peine lui restait-il de quoi vivre. Il vivait d'ailleurs comme un ascète. En végétarien convaincu il ne prenait ni viande ni œufs ni beurre ni lait. Il ne sortait jamais de la petite maison qu'il habitait à côté du temple de Jemeppe avec son admirable femme – la « Mère » qui continuait son œuvre après sa mort – et 2 orphelines qu'il avait recueillies, que pour se promener avec ses malades dans le jardin et pour monter en chaire. Deux fois aussi il en sortit pour comparaître devant le tribunal correctionnel et la cour d'appel du chef d'infraction à la loi sur l'art de guérir. Il fut d'ailleurs acquitté, et ses deux comparutions avaient donné lieu à de grandes manifestations populaires. C'était un Saint, et ainsi s'explique la prodigieuse influence morale qu'il exerçait sur tous ceux l'approchaient et suivaient ses enseignements.
    Quelles étaient, demandera-t-on, les croyances et les doctrines philosophiques d'Antoine ? Longtemps il avait été catholique fervent, et il a toujours eu un penchant au mysticisme. Etant enfant il quittait ses camarades de jeux pour entrer à l'Eglise. Dans la suite il s'est affranchi de toute croyance dogmatique pour s'attacher à une vague et mystique théosophie. Il croyait à la réincarnation. Chacun de nous porte, selon lui, la peine et la récompense de sa vie antérieure, doit travailler à son avancement moral, à son amélioration, doit se détacher de plus en plus de la matière pour mériter de devenir un pur esprit et se rapprocher de plus en plus de Dieu. Mais Antoine s'expliquait peu sur ses idées philosophiques, dit le journal la Meuse, auquel j'emprunte plusieurs de ces renseignements ; son enseignement était plutôt moral. Il prêchait le désintéressement, la résignation devant l'épreuve nécessaire, la charité, l'amour même de ses ennemis. Comme guérisseur il était persuadé que les maux du corps proviennent d'une imperfection de l'âme : c'est l'âme qu'il faut soigner et guérir de ses maux. Il ne demandait pas même aux malades le mal dont ils souffraient. En cela, notre thaumaturge luxembourgeois semble se conformer à son exemple.
    Avec une rapidité qui tient du prodige l'Antoinisme a, depuis la mort de son fondateur, étendu son influence spirituelle. La « Mère Antoine », sans compter les temples consacrés au culte du Père en Belgique, a inauguré en France plus de six temples antoinistes : à Vervins, à Tours, à Lyon, à Caudry, à Monaco, à Paris. Cette année deux autres doivent s'ouvrir, l'un à Aix-les-Bains, le second à Orange. Le nombre des fidèles, en Belgique et en France, s'élève à 700.000 selon les uns, à un million, selon les autres. Le nombre s'augmentera-t-il d'une phalange luxembourgeoise ou l'arrêt de notre Cour d'appel arrêtera-t-il à frontière cette nouvelle vague de mysticisme ?

                                                                                   LE CURIEUX.

L'Indépendance luxembourgeoise, 24 juillet 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

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Antoine dit le guérisseur (L'Avenir du Luxembourg, 5 novembre 1911)(Belgicapress)

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Antoine dit le guérisseur (L'Avenir du Luxembourg, 5 novembre 1911)(Belgicapress)

Antoine dit le guérisseur

    Nous voulons parler de ce mystificateur ingénieux dont la célébrité a dépassé nos frontières et qui prétend avoir découvert le remède à tous les maux de l'âme et du corps.
    D'abord houilleur, puis métallurgiste, Antoine devient président d'une société spirite nommée « Les vignerons du Seigneur. »
    Il prétend causer avec les morts et apprendre d'eux la manière de guérir.
    Les femmes du peuple, impressionnées par les scènes d'évocation, les crises des médiums et l'air extatique du président furent les premières à voir en lui un personnage extraordinaire et à faire à notre empirique une réputation de guérisseur habile et même de saint ! Aussi, de tous côtés, les infirmes affluèrent ! On cita des guérisons merveilleuses, mais difficile à vérifier.
    Antoine se sépara du Spiritisme classique pour ébaucher « Le nouveau Spiritualisme » qui remplace les esprits par les « fluides ». Suivons-le dans ses évolutions.
    Antoine n'a qu'une instruction rudimentaire ; mais il est assez avisé pour savoir que le peuple veut être drogué. Un médecin est un homme qui ordonne des bouteilles... C'est le sentiment populaire sur les bords de la Meuse. Antoine découvre un jour, chez un pharmacien, la « Liqueur Coune » et voit, dans cette spécialité, son avenir assuré ! Il se mit donc à en prescrire l'usage pour toutes les maladies. Malheureusement, il se vit, de ce chef, condamné pour exercice illégal de la médecine. Cette condamnation valut à Antoine une ovation qui augmenta sa réputation. Dès lors, Antoine se dit : « S'ils ont gobé la liqueur Coune, ils avaleront de l'eau claire additionnée simplement de magnétisme animal. »
    C'est ce qu'il fit en persuadant aux naïfs qu'il avait le pouvoir de magnétiser l'eau ; on le voyait faire des contorsions et des passes fatigantes pour extraire de son être quantité d'effluves pour magnétiser.
    Estimant, dans la suite, qu'il se donnait trop de peine, il recourut à un procédé plus expéditif et plus économique : il dota de force magnétique de simples morceaux de papier au moyen desquels chacun pouvait, à domicile, magnétiser un verre d'eau.
    Entretemps, la médication d'Antoine se spiritualise de plus en plus. Elle n'a plus besoin des intermédiaires matériels. Le guérisseur se contente désormais d'imposer les mains à ses clients. On dit que, pendant cette quatrième phase, Antoine imposait les mains à plus de 50 personnes par heure, car les malades arrivaient de partout, d'autant plus qu'une savante réclame venait d'être organisée au moyen de brochures colportées partout dans le pays.
    L'on a beau étudier ces brochures, l'on n'y comprend rien : néanmoins, la clientèle s'élargit, et ce n'est plus seulement pour la médecine qu'on vient chez Antoine, mais aussi pour la morale, car, Antoine est désormais un prophète qui reçoit des révélations.
    Et comme le nombre des sots dépasse celui des malades, une nouvelle religion nommée l'Antoinisme est définitivement fondée ! Alors, Antoine inaugure la 5me phase ;... sa phase actuelle : celle des passes collectives ! Tous les dimanches, Antoine se contente de paraître devant une nombreuse assemblée et détendre majestueusement les bras en remuant les doigts pour laisser écouler sur son peuple tout le fluide qu'il possède en lui ; après quoi il se retire sans avoir dit une seule parole ! L'opération est terminée !... Les personnes qui ont la foi sont guéries et n'ont plus qu'à se retirer pour faire place à d'autres qui verront la même comédie.
    Généralement, ce sont les mêmes gens qui sont guéris et soulagés tous les dimanches ?
    Aujourd'hui, Antoine voit sa santé décliner, il a, paraît-il, communiqué à sa femme le don de manier les fluides. C'est ce qui a valu à Antoine, le qualificatif de « Généreux » à côté de celui de « Guérisseur ! »

L'Avenir du Luxembourg, 5 novembre 1911 (source : Belgicapress)


    Cet article est tiré de la contribution de Kervyn, critique envers l’antoinisme, comme on s’en doute par ce résumé.

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Belgium's Christian Scientists have woman chief (San Antonio Express, Vol. 47, No. 287, Ed. 1 Sunday, October 13, 1912)(texashistory.unt.edu)

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Belgium's Christian Scientists have woman chief (San Antonio Express, Vol. 47, No. 287, Ed. 1 Sunday, October 13, 1912)(texashistory.unt.edu)

        BELGIUM’S CHRISTIAN SCIENTISTS
                                       HAVE WOMAN CHIEF

Widow of "Anthony the Healer" Now Rules a Sect That Has Attracted Hundreds of Thousands – Magnetic Healing the Vital Principle of Their Faith – Founder Died Recently, But His Wife, Simple Countrywoman, Is Continuing to "Suggest" the Cure of the Worshippers.

Amazing Successes With Nervous Sufferers – A World-wide Correspondence Leads to Magnetized Water and Printed Prayers – Curious Service That Attracts Crowds – Conflict With Authority in France.

Special Cable Service to the Express
BRUSSELS, Oct 12. – It is curious to note how Christian Science movements tend to bring women into the responsible position of leadership. Mrs. Mary Baker Eddy is, of course, the most notable example, but outside the regular fold of Christian Science as understood in Boston there is at least one other sect in which healing is the central principle and a woman is today the unquestioned chief.
    This is the sect founded by "Antoine le Guerisseur," as he was known, an uncultured but very businesslike mystic who drew to his banner hundreds of thousands of believers both in Belgium and France. Antoine has just died, but now his widow rules the sect, and seems destined, simple countrywoman though she is, to maintain its strength intact.
    The name of "Anthony the Healer," is revered by the Antoinists today with singular fervor. Only a few months ago a petition bearing 130,000 signatures was presented to the Belgian Parliament asking that they should be officially recognized as members of a religious sect. How this extraordinary man rose to religious power and prominence belongs in part to that world of mysticism which Maeterlinck, a still greater Belgian, has explored in his inimitable writings.
    The first incident of any importance in Anthony's life happened just after the Franco-German War, when he was sent with his regiment to the French frontier. In the course of some military maneuvers he accidentally shot dead one of his comrades, and though he was acquitted of all blame the incident made him changed man. He became grave and silent, and when he returned to his vocation as a miner, he won the deep respect of his fellow workers, who came to the conclusion that there was something uncanny about the companion.
    In due course he married, and having worked as a mechanic in Germany for awhile, returned to his native village, Jemeppe, near Liege in Belgium, where he ran small green grocer's store. This did not last very long for he secured sob a mechanic in a large Belgian factory near Warsaw, in Russian Poland. His wife, who accompanied him, and who is now running the strange sect he inaugurated, there demonstrated her enterprise by establishing an apartment house which prospered until he had amassed modest fortune.
    Meanwhile Anthony covered himself while in the congenial Society of circle of local spiritualists, among whom he became marked man by reason of his possession of singular gifts as a medium. Political events in Poland, and particularly the violence of Russian repression, awakened his sympathies for the suffering of mankind, while at the same time he came under the influence of Tolstoy's teaching
                              RETURNED AFTER EXILE.
    After twelve years' exile Anthony and his wife returned to Belgium, full of the ideas that subsequently developed into the Antoinist movement of the present day. His first achievement with the erection of sort of garden village near Jemeppe, where he soon became established unofficial father confessor and advisor upon the troubles of the troubles of life. But the most potent development came when Anthony discovered he had remarkable powers as a healer, especially in cases of nervous disorders. His fame in this direction spread all over Belgium, and soon he was besieged by all sorts and conditions of patients who had lost their faith in doctors
    Another and still more remarkable development occurred when his only son died. Henceforth be devoted all his time and money to his mission, which was rapidly assuming nation-wide importance. The sick and needy in places far away from his native country began to hear whispers of the wonderful Belgian healer and letters from all parts of the world began to pour in upon him.
    Two devoted disciples, a college professor and a woman of Nice, whom he had cured, became his secretaries, and controlled as strange a mailbag as any in the world. Correspondents hailed Anthony as a redeemer of mankind, and kept up such a battery of extravagant adulation that this almost illiterate peasant came to believe himself to be an inspired prophet, in sign of which he let his hair grow till it curled over his shoulders and cultivated a head of the traditional prophetic cut. Subscriptions poured in from his admirers, and this money, combined with his own private fortune, supplied the wherewithal for the erection of a temple called "The Tree of the Science of the Perception of Evil." At the same time a branch was established in Liege to promulgate the tenets of the new faith.
                              SOME REMARKABLE SCENES
    The little village of Jemeppe began to present some of the most remarkable scenes to be witnessed anywhere on the continent of Europe, not excepting the famous shrine of Lourdes. Every day crowds of people consulted Anthony the Healer, and the number of applicants grew till special tickets of admission to his presence had to be issued.
    How far it went can be gathered from the fact that his correspondence attained even more swollen dimensions because it became noised abroad that he could heal at a distance "by the inspired word dictated to his shorthand writers." Mystic missives began to speed to America, England, Scandinavia, Italy, Egypt and Austria. Another temple was erected in Brussels, in charge of retired army officer who still looks after the growth of "The Tree of the Science of the Perception of Evil," while other places caught the infection.
    After a time Anthony got tired of such prodigious work and shut down his consultations und audiences. First he circulated bottles of magnetised chemical preparation, varying in size according to the individual case, the contents of which were declared capable of healing those of sufficient faith. But the vigilant medical association prosecuted the healer and he was fined 26 francs. Thereafter he circulated bottles of water, "magnetised" by gestures and murmured prayers, so it was said, and still warranted to cure all maladies. At last he abandoned even this expedient, having grown desperately weary of the credulous crowds. So he had printed prayers to himself distributed among the health seekers, and issued instructions that their perusal by the recipients would impart healing properties to the water and in fact, complete the cure. For Anthony had discovered that there are thousands of people whose maladies are largely existent in imagination and merely need suggestion to effect recovery.
    There's no doubt at all that at this time of his life Anthony the Healer had a fine time. The temple service, which began at 10 o'clock on Sunday morning, was simplicity itself. At the outset an assistant got up and announced, "Our good father in about to appear. He is about to appear. He is engaged in prayer. Respect this solemn moment. Revive your faith, for those who have faith shall alone be cured." Immediately after this announcement a door opened and Anthony appeared and ascended the pulpit. He majestically raised his arms and made gestures as if he were scattering influence upon the congregation, and then retired.
    "The operation is at an end," the assistant then said. "Those who have had faith are cured or relieved."
                              APPOINTED WIFE HIS SUCCESSOR
    Before his recent death Anthony the Healer appointed his simple wife as his inspired successor. She is now carrying on the business of the temple, and all the healing activities of the sect with magnificent assurance which seems to hypnotise the faithful. The assistant minister announces her coming into the pulpit with the same awe-inspiring tones with which he ushered in her deceased husband, and her gestures in the pulpit are just the same. She tells all inquirers "that the multitude of believers is growing, and the correspondence increased."
    The Antoinists are also to be found in Paris where a girl of the Joan of Arc type has created a good deal of stir by her alleged cures wrought by the invocation of "Our Father Anthony." The sect has many followers among the poor, two of whom got into trouble recently with the Commissary of Police in the Sorbonne quarter for returns permission for the burial of their dead child. Medical investigation showed that the child had died from lack of proper attention, and the parents when questioned candidly admitted that they had not called in a doctor. When further questioned, these humble followers of the Belgian Christian Scientist declared: "We are the faithful followers of Anthony the Healer, and we hold that God alone has the power, if he will, to save and to cure. The most high preferred to call our beloved child to himself. His will be done." As it was proved that another child of whom they had the guard had also died of inattention, the two French believers were sent to jail.
    Opinion in Belgium as to the staying power of the sect is divided, but it is conceded that nothing can be said against the woman of simple habits who now control its destinies. Her motives appear to be strictly honorable, but the question remains – is she not herself one of the most notable examples of the power of auto-suggestion?

San Antonio Express, Vol. 47, No. 287, Ed. 1 Sunday, October 13, 1912 (source : texashistory.unt.edu)

    Article repris par le San Diego Union and Daily Bee, du 9 novembre 1912 (cdnc.ucr.edu) :

New Belgian Sect (San Diego Union and Daily Bee, 9 November 1912)(cdnc.ucr.edu)

Traduction :

      LES SCIENTISTES CHRÉTIENS DE BELGIQUE
     ONT UNE FEMME COMME CHEF

La veuve d'"Antoine le guérisseur" dirige aujourd'hui une secte qui a attiré des centaines de milliers de personnes – La guérison magnétique est le principe vital de leur foi – Le fondateur est décédé récemment, mais sa femme, simple paysanne, continue de "suggérer" la guérison des adorateurs.

Succès étonnants auprès des malades nerveux – Une correspondance mondiale conduit à l'eau magnles – Conflit avec l'autorité en France.

Service de câble spécial pour l'Express  
BRUXELLES, 12 octobre. – Il est curieux de constater que les mouvements de la Science Chrétienne tendent à amener les femmes à occuper des postes de responsabilité. Mme Mary Baker Eddy en est, bien sûr, l'exemple le plus remarquable, mais en dehors du giron régulier de la Science Chrétienne telle qu'elle est comprise à Boston, il existe au moins une autre secte dans laquelle la guérison est le principe central et où une femme est aujourd'hui le chef incontesté.
    C'est la secte fondée par "Antoine le Guérisseur", comme on l'appelait, un mystique inculte mais très entreprenant qui a attiré sous sa bannière des centaines de milliers de croyants tant en Belgique qu'en France. Antoine vient de mourir, mais c'est sa veuve qui dirige la secte, et semble destinée, toute simple paysanne qu'elle est, à en maintenir la force intacte.
    Le nom d'"Antoine le guérisseur" est aujourd'hui vénéré par les Antoinistes avec une singulière ferveur. Il y a quelques mois seulement, une pétition portant 130 000 signatures a été présentée au Parlement belge pour demander qu'ils soient officiellement reconnus comme membres d'une secte religieuse. La manière dont cet homme extraordinaire a accédé au pouvoir et à la notoriété religieuse appartient en partie à ce monde mystique que Maeterlinck, un Belge encore plus grand, a exploré dans ses écrits inimitables.
    Le premier incident d'importance dans la vie d'Antoine se produit juste après la guerre franco-allemande, lorsqu'il est envoyé avec son régiment à la frontière française. Au cours de manœuvres militaires, il tue accidentellement l'un de ses camarades et, bien qu'il soit acquitté de toute responsabilité, l'incident le transforme. Il devint grave et silencieux, et lorsqu'il retourna à sa vocation de mineur, il gagna le profond respect de ses compagnons de travail, qui arrivèrent à la conclusion qu'il y avait quelque chose d'étrange chez ce compagnon.
    En temps voulu, il se marie et, après avoir travaillé quelque temps comme mécanicien en Allemagne, il retourne dans son village natal, Jemeppe, près de Liège en Belgique, où il tient une petite épicerie de légumes. Cela n'a pas duré très longtemps car il a obtenu un poste de mécanicien dans une grande usine belge près de Varsovie, en Pologne russe. Sa femme, qui l'accompagnait et qui dirige maintenant l'étrange secte qu'il a inaugurée, a démontré son esprit d'entreprise en créant une pension qui a prospéré jusqu'à ce qu'il ait amassé une modeste fortune.
    Pendant ce temps, Antoine se couvrait de la sympathique société du cercle des spirites locaux, parmi lesquels il s'est fait remarquer en raison de la possession de dons singuliers de médium. Les événements politiques en Pologne, et en particulier la violence de la répression russe, éveillèrent ses sympathies pour la souffrance de l'humanité, tandis qu'en même temps il subissait l'influence de l'enseignement de Tolstoï.
                              RETOUR APRÈS L'EXIL.
    Après douze ans d'exil, Antoine et sa femme reviennent en Belgique, pleins des idées qui se sont développées par la suite pour devenir le mouvement antoiniste d'aujourd'hui. Sa première réalisation fut l'érection d'une sorte de cité ouvrière près de Jemeppe, où il devint rapidement un père confesseur officieux et un conseiller sur les problèmes de la vie. Mais le développement le plus puissant s'est produit lorsqu'Antoine a découvert qu'il avait de remarquables pouvoirs de guérisseur, en particulier dans les cas de troubles nerveux. Sa renommée dans ce domaine se répandit dans toute la Belgique et il fut bientôt assailli par toutes sortes de patients qui avaient perdu leur foi dans les médecins.
    Une autre évolution, encore plus remarquable, se produit à la mort de son fils unique. Désormais, il consacre tout son temps et son argent à sa mission, qui prend rapidement une importance nationale. Les malades et les nécessiteux dans des endroits très éloignés de son pays natal ont commencé à entendre parler du merveilleux guérisseur belge et des lettres de toutes les parties du monde ont commencé à affluer vers lui.
    Deux disciples dévoués, un professeur d'université et une femme de Nice, qu'il avait guéris, devinrent ses secrétaires, et contrôlaient un sac de courrier aussi étrange que n'importe quel autre au monde. Les correspondants saluaient Antoine comme un rédempteur de l'humanité et entretenaient une telle batterie d'adulations extravagantes que ce paysan presque illettré en vint à se prendre pour un prophète inspiré, en signe de quoi il laissa pousser ses cheveux jusqu'à ce qu'ils frisent sur ses épaules et cultiva une tête à la coupe prophétique traditionnelle. Les souscriptions affluent de la part de ses admirateurs, et cet argent, combiné à sa fortune personnelle, fournit les moyens d'ériger un temple appelé "L'Arbre de la Science de la Vue du Mal". En même temps, une branche fut établie à Liège pour promulguer les principes de la nouvelle foi.
                              DES SCÈNES REMARQUABLES
    Le petit village de Jemeppe commença à présenter certaines des scènes les plus remarquables que l'on puisse observer sur tout le continent européen, à l'exception du célèbre sanctuaire de Lourdes. Chaque jour, des foules de personnes consultaient Antoine le guérisseur, et le nombre de candidats augmentait jusqu'à ce que des tickets spéciaux d'admission à sa présence doivent être émis.
    On peut se faire une idée de l'ampleur de la situation en constatant que sa correspondance prend des proportions encore plus importantes, car on entend dire à l'étranger qu'il peut guérir à distance "par la parole inspirée dictée à ses sténographes". Les missives mystiques commencent à affluer en Amérique, en Angleterre, en Scandinavie, en Italie, en Égypte et en Autriche. Un autre temple est érigé à Bruxelles, sous la responsabilité d'un officier de l'armée à la retraite qui veille toujours à la croissance de "l'arbre de la science de la vue du mal", tandis que d'autres endroits sont gagnés par la secte.
    Au bout d'un certain temps, Antoine se lasse de ce travail prodigieux et arrête ses consultations et ses audiences. Il fait d'abord circuler des flacons de préparation chimique magnétisée, de taille variable selon les cas, dont le contenu est déclaré capable de guérir ceux qui ont suffisamment de foi. Mais l'association médicale vigilante poursuit le guérisseur et il est condamné à une amende de 26 francs. Par la suite, il fit circuler des bouteilles d'eau, "magnétisées" par des gestes et des prières murmurées, disait-on, et toujours garanties pour guérir toutes les maladies. Finalement, il abandonna même cet expédient, s'étant désespérément lassé des foules crédules. Il fit donc distribuer des prières imprimées à son intention parmi les personnes en quête de santé, et donna des instructions pour que leur lecture par les destinataires confère des propriétés curatives à l'eau et, en fait, complète la guérison. Car Antoine avait découvert qu'il y a des milliers de personnes dont les maladies existent en grande partie dans l'imagination et qui ont simplement besoin d'une suggestion pour se rétablir.
    Il ne fait aucun doute qu'à cette époque de sa vie, Antoine le guérisseur n'a pas chômé. Le service au temple, qui commençait à 10 heures le dimanche matin, était la simplicité même. Dès le début, un assistant se lève et annonce : "Notre bon père est sur le point d'apparaître. Il est sur le point d'apparaître. Il est en train de prier. Respectez ce moment solennel. Ravivez votre foi, car seuls ceux qui ont la foi seront guéris." Immédiatement après cette annonce, une porte s'ouvre et Antoine apparaît et monte en chaire. Il leva majestueusement les bras et fit des gestes comme s'il répandait de l'influence sur la congrégation, puis se retira.
    "L'opération est terminée", dit alors l'assistant. "Ceux qui ont eu la foi sont guéris ou soulagés".
                              A DÉSIGNÉ SA FEMME COMME SON SUCCESSEUR
    Avant sa mort récente, Antoine le Guérisseur a désigné sa simple épouse comme son successeur inspiré. Elle s'occupe maintenant des affaires du temple et de toutes les activités de guérison de la secte avec une magnifique assurance qui semble hypnotiser les fidèles. Le ministre adjoint annonce sa venue en chaire sur le même ton impressionnant que celui avec lequel il a accueilli son défunt mari, et ses gestes en chaire sont exactement les mêmes. Elle dit à tous les demandeurs "que la multitude des croyants augmente, et que la correspondance s'est accrue."
    Les Antoinistes se trouvent aussi à Paris où une jeune fille du type de Jeanne d'Arc a fait beaucoup de bruit par ses prétendues guérisons opérées par l'invocation de "Notre Père Antoine". La secte compte de nombreux adeptes parmi les pauvres, dont deux ont eu récemment des ennuis avec le commissaire de police du quartier de la Sorbonne pour avoir retourné la permission d'enterrer leur enfant mort. L'enquête médicale a montré que l'enfant était mort par manque de soins appropriés, et les parents, interrogés, ont candidement admis qu'ils n'avaient pas fait appel à un médecin. Interrogés plus avant, ces humbles disciples de la Scientiste Chrétienne Belge ont déclaré : "Nous sommes les fidèles disciples d'Antoine le guérisseur, et nous soutenons que Dieu seul a le pouvoir, s'il le veut, de sauver et de guérir. Le Très-Haut a préféré appeler à lui notre enfant bien-aimé. Que sa volonté soit faite". Comme il a été prouvé qu'un autre enfant dont ils avaient la garde était également mort d'inattention, les deux croyants français ont été envoyés en prison.
    En Belgique, les avis sont partagés quant à la pérennité de la secte, mais on admet que rien ne peut être dit contre la femme aux habitudes simples qui en contrôle désormais les destinées. Ses motivations semblent être strictement honorables, mais la question demeure : n'est-elle pas elle-même l'un des exemples les plus remarquables du pouvoir de l'auto-suggestion ?

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