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Lettre ouverte au ministère de l'Instruction publique (La Wallonie, 21 mars 1936)(Belgicapress)

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Lettre ouverte au ministère de l'Instruction publique (La Wallonie, 21 mars 1936)(Belgicapress)LETTRE OUVERTE
au Ministère de l'Instruction publique

Censure ?
Ostracisme ?
Intolérance ?

    On sait que, annuellement, le Ministère de l'Instruction publique subsidie les bibliothèques publiques, communales ou libres, qui satisfont aux prescriptions de la loi du 17 octobre 1921 et aux arrêtés royaux qui en découlent.
    Les bénéficiaires des subventions de l'Administration des Bibliothèques publiques ont la faculté, pour la partie principale du subside, d'établir un choix d'ouvrages à acquérir chez le libraire à leur convenance.
    Il est seulement recommandé aux bibliothécaires de réserver une notable partie du subside à l'acquisition d'ouvrages d'auteurs belges.
    Ajoutons que le choix, la sélection établie par le bibliothécaire doit, avant l'acquisition, être soumis à l'approbation de l'administration intéressée On ne peut que se féliciter de constater la sollicitude du Ministère de l'Instruction publique pour les auteurs belges, écrivains, poètes, ou romanciers.
    Cependant, il arrive que dans son appréciation l'Administration ne fait pas toujours preuve de logique.
    Nous pourrions citer de nombreux cas où des livres d'écrivains de renom furent rayés, d'un beau trait rouge et anonyme, des listes proposées par certains bibliothécaires.
    Nous avons sous les yeux un cas typique que nous ne voudrions pas manquer de signaler.
    Un bibliothécaire de la région liégeoise, voulant faire place dans ses collections à deux récents ouvrages de deux romanciers de chez nous, avait proposé l'acquisition de « Délivrez-nous du mal », le beau livre de Robert Vivier. A côté de ce titre, nous avons lu « Les hommes bleus », de Maurice Marcinel.
    Or, le beau trait rouge, aussi anonyme que par le passé, barrait sévèrement les deux titres que nous venons de citer ! Pourquoi ?
    Seraient-ce là des lectures subversives ? L'homme au crayon rouge, préposé au Ministère de l'Instruction à la garde ou à la protection de nous ne savons quel patrimoine intellectuel et spirituel, a-t-il craint pour la quiétude de nos âmes et la rectitude de nos pensées ?
    L'homme au crayon fatidique a-t-il seulement voulu atteindre deux écrivains liégeois ? Possible, mais dans ce cas ce serait d'un ostracisme odieux !
    Serait-ce que Robert Vivier, professeur consciencieux parfait « honnête homme », écrivain de talent, lauréat du Prix du Centenaire, aurait commis un crime en écrivant un livre vivant sur l'Antoinisme, sur Antoine le Guérisseur. Car le livre « Délivrez-nous du mal », consacré à l'antoinisme dont il fait revivre histoire touchante sinon émouvante, contient de nombreuses pages de toute beauté. Ce livre a reçu de toute la critique belge et française, un accueil des plus élogieux.
    René Lalou, dans les « Nouvelles Littéraires », lui a consacré un de ses feuilletons « Le livre de la semaine » où il l'a signalé, à un public choisi, comme une œuvre marquante du moment.
    Et c'est ce livre qu'un fonctionnaire anonyme raye impitoyablement d'une liste où il est de règle de faire un large accueil aux auteurs belges.
    Le fait de consacrer sa plume à faire le récit d'une belle tranche d'histoire liégeoise, de parler de l'évolution d'une secte religieuse, aurait-il valu à l'homme probe, à l'écrivain modeste qu'est Robert Vivier, les foudres d'un rond de cuir sans responsabilité ? Ce n'est sans doute pas au seul fait qu'il est question dans ce livre, d'antoinisme, que l'ouvrage a été mis à l'index ? Ce serait d'une intolérance révoltante.
    Et pourquoi Maurice Marcinel connait-il les honneurs du rigorisme du monsieur au crayon rouge ?
    Les lecteurs de ce journal n'ont plus à apprendre à connaître Marcinel. Connaissant son talent de romancier, ils n'en seront que plus surpris de le voir rangé dans les auteurs qui n'ont pas reçu l'agrément du monsieur qui manie le beau crayon rouge avec un discernement aussi louable (!)
    « Les hommes bleus » de M. Marcinel est une œuvre attachante, une page de vie sociale, où l'on perçoit sans interruption la note sentimentale qui s'attache à tous les incidents de la vie du peuple : Socialisme, Religion chrétienne, Amour, tels sont les thèmes qui se développent, s'harmonisent dans l'œuvre humaine du romancier, de l'excellent conteur qu'est Marcinel.
    On voudrait savoir si ce sont les opinions politiques de l'auteur, opinions qui n'ont rien à voir ici, qui lui valent cet interdit.
    Si le livre de Marcinel contient de nombreuses pages qui plaident pour le socialisme, on veut encore croire que ce n'est pas à ce titre qu'il a été écarté.
    Sinon, nous pourrons reparler d'intolérance mesquine, tout autant que pour le livre de Robert Vivier.
    Nous nous sommes demandés, enfin, si l'un ou l'autre de ces livres ne comptait pas certaines pages d'un réalisme trop accentué ?
    Eh bien, la question ne doit pas se poser car, dans la même proposition d'achat nous trouvons par exemple, exempt du trait fatidique, le Roman de François Villon de Francis Carco qui n'a pas été spécialement écrit pour les pensionnats de demoiselle.
    Alors ? Pourquoi ces deux livres ne seraient-ils pas dignes d'être acquis pour nos bibliothèques publiques aux frais du ministère de l'Instruction publiques. Car, pour les biffer d'une liste constituée en vue d'acquisition, il faut qu'il y ait des raisons sérieuses ! Le fonctionnaire qui a procédé à ces « expulsions », doit avoir reçu des instructions, doit agir en vertu de certains pouvoirs d'appréciation. On voudrait savoir. On voudrait savoir car, enfin, ce que l'on a fait, dans le cas présent, pour les deux auteurs cités, on peut le renouveler, tout aussi arbitrairement contre d'autres auteurs.
    Et s'il y a encore, dans l'esprit de certains, de bons et de mauvais livres encore faudrait-il nous dire, comment, à l'administration des Bibliothèques Publiques on appréciera.
    Mais, au fond, nous avons peut-être bien tort de nous alarmer.
    N'est-ce pas le même « fonctionnaire » qui, à une autre occasion, mais dans les mêmes circonstances, supprimait dans une même liste, le « Joyau de la Mitre » de Maurice des Ombiaux en laissant subsister un livre comme « Le rideau rouge », de Nicolas Ségur.
    Néanmoins, nous pensons qu'il faut tout de même signaler de pareilles situations où, à l'insu de tous, on met en veilleuse, pour des raisons inavouées les œuvres d'excellents écrivains ?
    Signalé à tous ceux qui sont placés pour obtenir que des œuvres de l'esprit bénéficient, dans nos bibliothèques publiques d'une place égale, sans distinction de tendances, d'objet ni d'origine.
                                                                     D. DEGHAYE.

La Wallonie, 21 mars 1936 (source : Belgicapress)

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Esch s. Alzette (Esch et ses usines, 1925)(gallica)

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Esch s. Alzette - Rue Adolphe-Emile (salle du culte antoiniste)(Esch et ses usines, 1925)(gallica)

À gauche, entouré en rouge, l'emplacement de la salle du culte antoiniste, Rue Adolphe-Emile.

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Contra sic dictum Antoinismus (Kirchlicher Anzeiger für die Diözese Luxemburg, 2. April 1924)(eluxemburgensia.lu)

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Contra sic dictum Antoinismus (Kirchlicher Anzeiger für die Diözese Luxemburg, 2. April 1924)(eluxemburgensia.lu)

Nr. 12

Contra sic dictum Antoinismum.

    Sub specie curandi infirmitates corporales in quibusdum nostrae dioecesis regionibus irrepserunt quaedam perversitates superstitiosae, ex Jemeppes in Belgio huc implantatae sub nomine „Antoinismus“, quibus bona fides catholicorum, plerumque indolis simplicioris, captatur ac fallitur, non raro cum periculo fidei et certo in detrimentum praxis religiosae.
    Animarum rectores hisce monemus ut etiam hac in causa gregi suo serio invigilent et, quos sibi subditos sciunt asseclas hujus perversitatis, privatim et, si necessitas ferat, etiam publice in ecclesia praemuniant contra pericula ejusmodi errorum pro fidei integritate et morum puritate. Praecipue arcendi sunt fideles ab illis coetibus in quibus, tempore et loco Missae dominicalis et festivae, exercitia quaedam religiosa peragi dicuntur quae haereticam pravitatem indubitanter sapiunt.
    Juvat hic in memoriam revocare praeceptum can. 1324: Satis non est haereticam pravitatem devitare, sed oportet illos quoque errores diligenter fugere, qui ad illam plus minusve accedunt et can. 1325 § 1: Fideles Christi fidem aperte profiteri tenentur quoties eorum silentium, tergiversatio aut ratio agendi secum ferrent implicitam fidei negationem, contemptum religionis, injuriam Dei vel scandalum proximi.
    Qui quamvis praemoniti, non resipiscunt, in suspicionem fautorum haeresis cadunt et, positis ponendis, gravibus poenis ecclesiasticis subjacent.
        Luxemburgi, hac 2 Aprilis 1924.
                         Petrus, Episcopus Luxemburgensis.

Kirchlicher Anzeiger für die Diözese Luxemburg, 2. April 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

Traduction :

Contre le dit antoinisme.

    Sous couvert de soigner des maux corporels, dans certaines régions de notre diocèse se sont glissées certaines perversions superstitieuses, de Jemeppes aux Pays-Bas, implantées ici sous le nom d'"Antoinisme", dans lequel la bonne foi des catholiques, la plupart du temps de la plus simple nature religieuse, est captivée et trompée.
    Nous exhortons les dirigeants des âmes à surveiller attentivement leur troupeau dans cette affaire, et que ceux qui sont soumis à cette perversité, en privé, et, si la nécessité le justifie, aussi dans l'Église, de se prémunir contre le danger de telles erreurs selon l'intégrité de la foi et la pureté de leurs mœurs. Les fidèles doivent principalement être expulsés des groupes dans lesquels, à l'heure et au lieu de la messe dominicale et fêtes, certaines pratiques religieuses sont dites, qui sans aucun doute se délectent de la dépravation hérétique.
    Il est utile ici de rappeler le précepte du can. 1324 : Il ne suffit pas d'éviter la dépravation hérétique, mais il faut aussi éviter soigneusement ces erreurs qui s'en approchent plus ou moins et can. 1325 § 1 : Les fidèles sont tenus de professer ouvertement la foi du Christ chaque fois que leur silence, leur tergiversation ou leur raison d'agir entraînent implicitement un reniement de la foi, un mépris de la religion, une atteinte à Dieu ou une offense au prochain.
    Ceux qui, bien qu'étant prévenus, ne se repentent pas, tombent sous le soupçon de l'hérésie partisane, et, une fois mis en place, sont soumis à de sévères sanctions ecclésiastiques.
        Luxembourg, le 2 avril 1924
                         Pierre, évêque de Luxembourg.

Bulletin ecclésiastique pour le diocèse de Luxembourg, 2 avril 1924

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L'antoinisme dans nos campagnes (L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924)(eluxemburgensia.lu)

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L'antoinisme dans nos campagnes (L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924)(eluxemburgensia.lu)

 L'antoinisme dans nos campagnes

    Dans un récent numéro nous avons indiqué, très brièvement d'ailleurs, les progrès que la secte dite des Antoinistes fait dans nos campagnes.
    Il intéressera peut-être les lecteurs de ce journal de lire les détails que donne sur cette secte et sur son fondateur, un récent numéro d'un de nos confrères de la région viticole.
    Louis Antoine, surnommé le Guérisseur est devenu en Belgique un homme célèbre. Il affirme avoir découvert un remède universel pour toutes les maladies du corps et de l'âme. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que son nom ait franchi les frontières de son pays et qu'il ait trouvé des adeptes, jusque dans notre paisible vallée de la Sûre. Il est donc intéressant d'examiner de plus près et d'après les documents originaux, la naissance et le développement de ce nouvel évangile. Louis Antoine est né en 1846 à Mons-Crotteux. Fils de mineur, il descendait dans la fosse à l'âge de 12 ans déjà. Il devint ensuite ouvrier de chemin de fer et voyagea en Allemagne. Rien ne faisait prévoir à ce moment là, la mission à laquelle il serait plus tard appelé. Il se maria, eut un fils. Sa santé laissait à désirer. Il resta un fidèle catholique jusqu'à l'âge de 42 ans et un de ses disciples écrivait même : « Il aimait à se recueillir profondément et à élever son cœur vers Dieu. »
    Vers la fin du siècle dernier, le spiritisme subit en diverses régions de Belgique, un nouvel essor. Un petit cercle spirite fut créé à Jemeppe. Antoine qui avait eu la douleur de perdre son fils à l'âge de vingt ans, en fit partie. Il avait entendu dire que le spiritisme permet aux vivants d'entrer en relations avec les morts, auxquels des liens étroits les ont relié. En compagnie de sa femme, il fréquentait assidument ces séances. Un soir, ils entendirent la voix lointaine de leur fils mort, leur annoncer que son âme avait trouvé le repos dans le corps d'un apothicaire parisien. Les parents désolés étaient consolés.
    Antoine pénétra de plus en plus dans les arcanes du spiritisme ; peu à peu, il parvint à réunir autour de lui, un groupe de fidèles auxquels il avait su persuader qu'il était en communications constantes avec le monde des esprits. De temps à autres, il publiait, sous forme d'encicliques, d'étranges nouvelles des sphères supra-terrestres.
    Un peu plus tard les esprits furent négligés ; Antoine se posa en guérisseur et ses cures trouvèrent un accueil inespéré, surtout chez les femmes. Ses premières clientes, charmées par son allure énigmatique, le vantèrent partout comme un saint et comme le sauveur de l'humanité De tous côtés, les malades et les curieux accoururent et l'on parlait en termes voilés, de guérisons miraculeuses. Certain de son succès, Antoine se détacha du spiritisme et exerça dès lors son art en son propre nom. Ceci se passait en 1906. Antoine ne possédait qu'une culture élémentaire, mais il connaissait le peuple et connaissait son respect craintif pour l'art médical contenu dans des fioles de médicaments. « Le médecin doit prescrire quelque chose. » Les flacons du thaumaturge belge ne contenaient que de l'eau claire, mais il introduisait dans celle-ci un fluide magnétique, adapté aux diverses maladies et à leurs manifestations. Lorsqu'un étranger arrivait en ce temps-là à Jemeppe, il ne pouvait comprendre pourquoi, de toute part, accouraient des gens à l'air malade, munis de récipients variés remplis d'eau, et prêts à recevoir le fluide qui guérissait tout.
    Toutefois, le fait de magnétiser tous ces récipients, était une chose fatigante. L'art d'Antoine entra dans une phase nouvelle. Il reporta son pouvoir magnétique sur de petits morceaux de papier. Le malade recevait un de ces bouts de papier miraculeux ; arrivé à la maison il le plongeait dans un verre d'eau qui devenait immédiatement capable de guérir. Plus tard, les morceaux de papier disparurent. Tout fut spiritualisé et il suffisait dorénavant qu'Antoine imposât les mains pour que la transmission du fluide fut possible. Celui qui avait la foi, guérissait.
    Certains jours, Antoine devait imposer les mains à plus de 50 personnes, tant le cercle de ses clients, s'était entendu. Les disciples du maître répandirent la nouvelle doctrine dans toutes les régions sous forme d'une petite brochure et enthousiasmèrent les foules.
    Malgré tout, l'art du prophète subissait parfois des éclipses, comme le montrent deux cas qui firent en ce temps-là beaucoup de bruit en Belgique. En 1907, un nommé Danges précipita sa femme dans la Meuse, alors en crue. La femme se noya. Deux jours plus tard, le meurtrier se présentait chez Antoine et demandait ce que sa femme était devenue. Le voyant, lui répondit aussitôt : « Encore deux jours, et votre femme vous écrira. »
    Une autre fois un homme gravement malade assista à une séance chez le thaumaturge. Il fut congédié avec la promesse d'être bientôt guéri. Cent pas plus loin, il tomba dans la rue et mourut sur le champ. On apporta le cadavre au prophète qui s'efforça, mais en vain, de faire agir son fluide régénérateur sur lui. Le mort se refusa opiniâtrement à revenir à la vie.
    Des bruits étonnants courent sur la merveilleuse activité des disciples d'Antoine. On cite le cas d'un paysan souffrant d'une maladie d'estomac et qui fut guérit de telle sorte qu'il peut maintenant s'enivrer. Un ouvrier souffre d'une maladie interne. Il reste à la maison et toutes les heures, il répète pendant dix minutes, suivant les instructions reçues : « Père Antoine, je crois que je guérirai. »
    Un adepte, arrivé après bien des détours dans l'Antoinisme, officie aujourd'hui en habits sacerdotaux comme prêtre antoiniste. Il a déclaré un jour : « Si je pouvais entrer dans les maisons de santé et imposer les mains aux malades, je leur rendrais à tous la raison. »
    Si un de ces malades imaginaires peut un jour rentrer chez lui avec la joyeuse conviction d'être de nouveau bien portant, un « médecin malgré lui » de ce genre peut, d'un autre côté, faire beaucoup de mal. De telles cures empêchent parfois les malades de se rendre auprès du médecin. Lorsqu'ils le font, il est trop tard.

L'Indépendance luxembourgeoise, 14 février 1924 (source : eluxemburgensia.lu)

 

    Cet article est la traduction de l’article Der Antoinismus, lui-même un condensé de la contribution d’André Kervyn.

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Epoux Stassart, adeptes du Père Dor (La Région de Charleroi, 1917)(Belgicapress)

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Epoux Stassart, adeptes du Père Dor (La Région de Charleroi, 13 janvier 1917)(Belgicapress)    On fait la connaissance des époux Stassart d'abord par la parution de cet article :

    Oubli. – Une dame Stassart Valentine, demeurant rue Carpet, en ville, a oublié avant hier dans le tram allant de Charleroi (Ville Haute) à Gilly (Quatre Bras), une sacoche en cheviotte noire, contenant un porte-monnaie, avec une somme minime, sa clef, sa carte d'identité et une brochure..... du Père Dor !
La Région de Charleroi, 13 janvier 1917 (source : Belgicapress)

    Ayant éveillé certainement l'attention de journalistes malintentionnés, on lit quelques jours plus tard cet article :

Epoux Stassart, adeptes du Père Dor (La Région de Charleroi, 25 janvier 1917)(Belgicapress)    Une noce Doriste. – Avant hier, vers 11 h. du matin, la police du Nord fut requise rue Carpet, où la rentrée d'un mariage Doriste avait attiré une foule de curieux composée de plus de 200 personnes qui empêchaient la circulation.
    L'agent envoyé sur les lieux dut intervenir énergiquement à plusieurs reprises et même employer la force, les badauds ne voulant pas circuler.
    Vers 11 h. 1/2, un groupe de Doristes apporta des fleurs aux jeunes époux.
    Une contre manifestation s'organisa aussitôt, voulant empêcher les arrivants de remettre leurs gerbes et bouquets, qui furent arrachés et piétinés au milieu de huées et de cris de toutes sortes.
    La police de revenir une seconde fois sur les lieux. Ce n'est que vers 4 heures que le tumulte pris fin.
    Bref, un succès à rebours pour les jeunes époux, disciples du père Dor.
La Région de Charleroi, 25 janvier 1917 (source : Belgicapress)


    Cet article sera l'objet d'un droit de réponse que voici :

Epoux Stassart, adeptes du Père Dor (La Région de Charleroi, 1917)(Belgicapress)

Une Noce Doriste

    Nous recevons le droit de réponse suivant que nous insérons sans commentaires, laissant nos lecteurs libres de leur jugement et réflexions :

                           Monsieur le Directeur,
    Je lis dans le n° 566 de votre journal, un article intitulé : Une noce Doriste.
    Il y est écrit qu'à la rentrée de notre mariage, la police fut requise et dut intervenir deux fois pour disperser deux cents badauds, qui arrachèrent des mains des manifestants les gerbes de fleurs et les piétinèrent, etc. Est-il permis de mentir de cette façon ?
    Car notre mariage s'est fait sans aucune cérémonie et dans le calme absolu.
    Est-ce dans le but de faire rire les badauds que vous faites l'enfant, ou est-ce pour nous détourner du Père, c.-à-d. de Celui avec lequel nous sommes actuellement au nombre de 15.000, pour crier à qui veut l'entendre qu'il est le plus honnête, le plus juste, le plus sincère, le plus désintéressé de tous les hommes qui aient paru sur la terre ?
    Si c'est pour ceci, détrompez-vous ; car, à nos yeux, quoi qu'on dise du Père Dor, Il grandit chaque jour. Notez que nous ne faisons pas ces louanges du Père par fanatisme, ni par parti-pris, mais bien avec raison, avec justice.
    Vous insérerez, je vous prie, ce droit de réponse dans le plus bref délai.
    En attendant, veuillez agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations distinguées.
                                   EDOUARD ROMAIN STASSART.
                                   Rue Carpet, 8, Charleroi-Nord.
La Région de Charleroi, 15 février 1917 (source : Belgicapress)

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Hausse in hoge hoeden (Algemeen Dagblad, 15 August 1964)(delpher.nl)

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Hausse in hoge hoeden (Algemeen Dagblad, 15 August 1964)(delpher.nl)

Traduction :

LES AMERICAINS FOURNISSENT DU TRAVAIL POUR LE MAGASIN

BOOM DANS LES CHAPEAUX HAUT-DE-FORME

Jan Spoorenberg : le délai de livraison peut aller jusqu'à cinq mois

De l'un de nos reporters

EINDHOVEN. – L'élection présidentielle qui aura lieu en novembre a créé une énorme demande de chapeaux haut de gamme en Amérique. Ce "boom" remarquable a pour conséquence que Jan Spoorenberg, l'un des rares fabricants de hauts-de-forme en soie, a tellement de commandes américaines qu'il doit négocier un délai de livraison de quatre à cinq mois pour tous ses autres clients.
    Avec son effectif de 25 personnes, "Jan Spoor" lutte contre le temps. Dans son usine, où le savoir-faire et l'artisanat règnent en maître, il s'efforce aujourd'hui de produire au moins quatre cents hauts-de-forme en soie par semaine. C'est pourquoi 36 fers sont constamment sur le feu, car sans fers chauds, aucun chapeau haut-de-forme ne peut être fabriqué.
    Le gérant Piet Krooijmans (60 ans) travaille dans le secteur des chapeaux haut-de-forme depuis 47 ans, mais son patron, Jan Spoorenberg, y travaille avec ses ancêtres depuis 1820, soit depuis presque aussi longtemps que les hommes portent des chapeaux haut-de-forme – depuis sa création.

                                          INCIDENT
    La jeune Diana Gorton, âgée de 27 ans, qui a traversé le pont de Westminster à Londres il y a quelques semaines en robe de chambre seins nus, a attiré bien moins d'attention que le mercier londonien Hetherington, qui a essayé de traverser le Strand en 1797 avec une toute nouvelle "construction" brillante sur la tête, un cylindre à larges bords qu'il voulait lancer à la mode comme "chapeau haut-de-forme".
    Ce faisant, il a fait sensation !
    Dans les vieilles chroniques, on trouve le récit d'un témoin oculaire : "Le curieux couvre-chef de le mercier Hetherington a effrayé les gens, les femmes se sont évanouies, les enfants ont commencé à pleurer et les chiens à hurler ....".
    Accusé de troubler la paix, la mercier est traîné devant les tribunaux et rapidement condamné.

                                          EN GUISE D'INTRODUCTION
    Le magazine de référence The Times n'était pas d'accord ! Il a écrit : "Le chapeau de M. Hetherington marque une avancée majeure dans la réforme du costume. Tôt ou tard, tout le monde acceptera ce couvre-chef. Nous pensons que le juge et la police ont fait ici erreur...."
    Le Times a fini par avoir raison. Après des débuts timides en tant que "symbole de statut", le grand chapeau de soie s'est répandu dans le monde civilisé et même sous les tropiques. Aujourd'hui encore, les événements solennels sont impensables sans que des messieurs vêtus de noir portent des chapeaux haut-de-forme !

                                          QUELLE HAUTEUR ?
    Quelle est la hauteur d'un tel chapeau haut-de-forme en fait ?
    Cela fait toujours rire Jan Spoorenberg lorsqu'il demande à un visiteur d'indiquer la hauteur approximative avec une marque de crayon sur un pied de table. Notre marque était une paume et demie trop haute et "Jan Spoor" avait gagné pour la énième fois !
    Depuis près de quarante ans, le modèle le plus courant ne dépasse pas 12½ centimètres de hauteur. Pour les Suédois, ils sont fabriqués un centimètre plus bas et pour les Antoinistes, membres d'une secte religieuse belge, il existe un modèle de onze centimètres qui semble encore plus bas en raison de son bord plus large. Des chapeaux plus hauts sont portés par les élégamment vêtus "doormen", les portiers des hôtels Hilton, et eux aussi sont originaires d'Eindhoven.

                                          SATISFACTION PROFESSIONNELLE
    Les chapeliers, dit Pieter Krooijmans, prennent plaisir à leur travail, qui se résume à une coopération fraternelle. Chez Jan Spoorenberg, il n'y a personne qui fabrique des hauts-de-forme tout seul. Ils s'occupent tous d'une partie du processus de production qui implique plusieurs fers chauds.
    Jan Spoor se réjouit que les jeunes soient également attirés par la chapellerie et qu'une fois conquis à ce métier, ils ne soient pas tentés de changer de profession pour dix centimes de plus par semaine.
    Pourquoi le feraient-ils ? Il y a beaucoup de travail à faire et, avec l'élection présidentielle américaine qui se profile à l'horizon, la demande de hauts-de-forme est soudainement énorme.
    "Si je pouvais en fabriquer mille par semaine, je les vendrais tous", affirme Jan Spoorenberg, dont les hauts-de-forme sont exportés dans le monde entier.

 

    Les fers chauds sont l'outil principal des artisans qui, en quatorze ou quinze étapes de travail, fabriquent des hauts-de-forme à la chaîne à partir de lin, de gomme-laque, de soie et d'une poignée d'articles de mercerie.
    À l'aide de gabarits, les jeunes découpent les modèles dans le pur lin, qui est ensuite trempé dans la gomme-laque. Les côtés et le "toit" sont placés sur un moule en bois et un fer chaud est utilisé pour fixer les deux parties l'une à l'autre. Le modèle en lin est soigneusement recouvert d'une coiffe de velours de soie à poils longs et, à nouveau, un fer chaud est utilisé pour fixer l'extérieur au modèle en lin trempé dans la gomme-laque. Ensuite, le bord couvert est fixé, toujours à l'aide d'un fer chaud...

    □ ... Ce bord plat doit recevoir une couture et ceci est fait par le "brideur" ... à l'aide d'un fer chaud...

    ... La seule machine utilisée est une machine à coudre, avec laquelle le passepoil est cousu, mais la doublure et le bord intérieur sont cousus à la main.

    ... Sous l'œil du maître, le directeur Jan Spoorenberg, les hauts-de-forme flambant neufs sont frottés une dernière fois, puis ils sont prêts à être expédiés.

Algemeen Dagblad, 15 août 1964 (source : delpher.nl)

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Opération du Père Dor (Gazette de Charleroi, 8 janvier 1927)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Opération du Père Dor (Gazette de Charleroi, 8 janvier 1927)(Belgicapress)

LE PÈRE DOR

annonce que, par suite d'épuisement causé par le surmenage, il ne recevra plus en particulier après le 12 janvier.
    A partir du 16 janvier, il fera une opération générale suivie d'une petite instruction tous les dimanches et lundis, à 10 heures du matin.
    QU'ON SE LE DISE !

Gazette de Charleroi, 8 janvier 1927 (source : Belgicapress)

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Orgueil catholique (Gazette de Charleroi, 26 juillet 1914)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Orgueil catholique (Gazette de Charleroi, 26 juillet 1914)(Belgicapress)

Orgueil catholique

    On a inauguré, l'autre jour, à Verviers, un temple antoiniste. A cette occasion, l'organe clérical de l'endroit a publié des articles où il attaquait, en la raillant, la secte nouvelle.
    Notre excellente consœur Verviétoise, L'« Union Libérale », fait à ce propos d'excellentes réflexions qui sont d'actualité ailleurs encore que dans la province de Liége. L'« Union Libérale » écrit :

    « Il n'y a rien de plus crédule que les incrédules, dit l'organe du clergé romain et il ajoute : Toutes les religions fausses n'en craignent qu'une : la vraie.
    Et la vraie, c'est la sienne, naturellement.
    On lui retournerait aisément le propos de Diderot sur la clairvoyance des sectateurs d'une religion quand ils jugent les religions des autres et nous nous demandons de quel droit il classe les « guérisons » antoinistes parmi les « carabistouilles », alors qu'il admet celles de Lourdes comme des « indiscutables miracles ».
    Qu'un incroyant conteste le caractère surnaturel des unes et des autres, cela s'explique, mais quand on croit à la réalité des cures de Lourdes, comment peut-on se refuser à admettre la possibilité des cures antoinistes ?
    N'est-ce pas au même Dieu et par les mêmes moyens que Lourdistes et Antoinistes s'adressent et, que savent nos journalistes verviétois des dispositions intimes du Très-Haut à cet égard ?
    La faveur du Dieu d'humilité n'irait-elle, selon eux, qu'aux églises somptueuses et aux clergés vêtus de brocard d'or ?
    Repousserait-il les prières de la foi naïve et sincère en trop fruste appareil ?
    Loin de nous la pensée de mettre le doigt entre l'arbre catholique et l'écorce antoiniste. Nous n'avons vu dans l'inauguration qu'une occasion de reportage, purement objectif, mais nous trouvons quelque chose d'extravagant à cette prétention du clergé romain d'avoir le monopole de Dieu et les propos que nous relevons ont un fâcheux air de ressemblance avec ceux du négociant qui monte à son balcon pour crier que la marque véritable, la seule vraie est dans sa maison qui n'est sur aucun coin et non dans la maison d'en face.
    Cela sent le mercantilisme plutôt que le véritable esprit religieux et ce serait nous semble-t-il, se montrer beaucoup plus respectueux de la divinité que de ne pas disposer d'elle ainsi et de la laisser se prononcer elle-même dans les choses qui tiennent d'aussi près. »

    C'est le langage même du bon sens et de la tolérance. Toutes les religions prétendent posséder le monopole de la vérité et des miracles. Les unes et les autres s'opposent des affirmations qui se détruisent réciproquement. Adhérer à l'une plutôt qu'à l'autre est une question de foi, où la raison n'a rien à voir.
    Et, encore une fois, si l'on veut empêcher les hommes de se laisser séduire par des superstitions, que l'on commence par leur donner une éducation rationaliste.

Gazette de Charleroi, 26 juillet 1914 (source : Belgicapress)

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Nieuwe godsdient (Het Vlaamsche Nieuws-Vlaamsche Gazet, 7 avril 1916)(Belgicapress)

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Nieuwe godsdient (Het Vlaamsche Nieuws-Vlaamsche Gazet, 7 avril 1916)(Belgicapress)

    NIEUWE GODSDIENST. – Men herinnert zich nog dat over enige jaren een kwakzalver, genaamd Antoine, een nieuwe leer in de omstreken van Verviers begon te preeken, en er kort nadien een heele sekte aldaar bestond, welke kerken en kapellen bezit. Zou men kunnen gelooven dat diezelfde kwistenbibbel hier in de hoofdstad reeds zoveel volgelingen telt dat er voor hen die zich «Antoiniste» noemen, een nieuwe kapel gebouwd werd op de Willem Van Haelenlaan, te Vorst? Wie had zoo iets ooit gedacht!

Het Vlaamsche Nieuws-Vlaamsche Gazet, 7 april 1916 (source : Belgicapress)

 

Traduction :

    NOUVELLE RELIGION. – On se souvient qu'il y a quelques années, un charlatan du nom d'Antoine s'est mis à prêcher une nouvelle doctrine dans la région de Verviers, et peu après, toute une secte en a surgi, possédant des églises et des chapelles. Peut-on croire que cette même secte bizarre a déjà tellement d'adeptes ici dans la capitale qu'une nouvelle chapelle pour ceux qui se disent "Antoinistes" a été construite sur le boulevard Guillaume Van Haelen à Forest ? Qui aurait pu croire une chose pareille ?

Het Vlaamsche Nieuws-Vlaamsche Gazet, 7 avril 1916

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Nouveau temple de Schaerbeek (La Wallonie, 6 août 1925)(Belgicapress)

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Nouveau temple de Schaerbeek (La Wallonie, 6 août 1925)(Belgicapress)

    UN NOUVEAU TEMPLE ANTOINISTE DANS L'AGGLOMERATION BRUXELLOISE. – Dimanche, plus de 5,000 antoinistes sont arrivés par trains spéciaux de Paris, Monaco, Lyon, Tours, Vichy, Vervins, Caudry, Aix-les-Bains, Monte-Carlo, pour inaugurer le nouveau temple antoiniste de Schaerbeek.

La Wallonie, 6 août 1925 (source : Belgicapress)

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