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spiritisme

Influence de Ferdinand Delcroix sur l'évolution de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    En 1905, Antoine fit paraître le livre Enseignement, "travail collectif des adeptes et de leur chef". C'est ainsi que présente Fernand Delcroix, dans la Revue Spirite, l'ouvrage contenant des comptes-rendus de séances spirites. Il a été rédigé par Mme Decoeur, qui déclare dans la préface : "Je crois faire œuvre de solidarité confraternelle en donnant au public, au nom de la société 'Les Vignerons du Seigneur' un aperçu du travail de haute moralité qui s'effectue au sein de ses séances."
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.118
   Il ne faut pas confondre cette Mme Decœur, avec la femme de Florian Deregnaucourt, Emma est née Crèvecœur.

Enseignement, Mme Decoeur (exemplaire de la KBR)

dernière par du livre Enseignement, Mme Decœur (exemplaire de la KBR)


    En 1906, Fernand Delcroix intervient en faveur de Louis Antoine lors de la réunion de la Fédération spirite belge. (cf. p.122)
    C'est en voilant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme.
    Ces paroles visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.124

    Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec (nom d'un prêtre-roi évoqué dans l'Ancien Testament).
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

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Théodore Flournoy - Le spiritisme est une religion

Publié le par antoiniste

    Ces dénégations n'empêchent point, d'ailleurs, les gens convaincus de continuer à croire à la toute-présence de ce bon génis, et d'apprendre à leurs enfants à le révérer, voire même à lui adresser leurs prières. Il ne faut pas oublier que le spiritisme est une religion. Cela explique également la considération mitigée qui entoure souvent les médiums, comme les prêtres. Il arrive que sans se priver le moins du monde d'en médire dès que l'on croit avoir des griefs contre eux, on leur prodique, d'autre part, les mêmes marques de respect qu'à ce que l'humanité a produit de plus sublime. J'ai connu tel salon où sur le meuble central et bien en vue, à la place d'honneur, deux photographies se fasaient endant dans des cadres de choix : d'un côté une tête de Christ d'un grand maître, de l'autre le portrait... de Mlle Hélène Smith. Chez d'autres croyants d'inspirations moins idéales mais plus pratiques, on ne conclut pas une affaire, on ne prend pas une décision grave, sans avoir consulté Léopold par l'intermédiaire d'Hélène, et les cas ne se comptent plus où il a fourni un renseignement important, évité une grosse perte d'argent, donné une prescription médicale efficace, etc.

Théodore Flournoy, Des Indes à la planète Mars (1900), p.77
source : gallica

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Des Indes à la planète Mars : étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie / par Th. Flournoy

Publié le par antoiniste

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Nécromancie et Nécromant

Publié le par antoiniste

Divination par l'évocation des morts. Rien de plus terrible et de plus lugubre que ce fantôme [Samuel, dans la Pythonisse de Salvator Rosa] arraché au tombeau par les formules de la nécromancie (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.111). Ainsi évoquées, les âmes des morts sortent en foule de la terre (...). Cette brutalité ne contribue pas peu au sentiment de rudesse répandu sur toute cette scène de nécromancie (A. France, Vie littér., 1892, p.194).
- P. métaph. Tout regard habituel est une nécromancie et chaque visage qu'on aime, le miroir du passé (Proust, Guermantes 2, 1921, p.140).
REM. 1.
Nécromance, subst. fém., forme anc. [Une attest. chez Barrès qui le prend dans un sens partic.] Il ne subsiste rien du culte des animaux [en Égypte]. À la vie future, oui, on y croit. Beaucoup de nécromances (livre des morts, soit) mais de tous les pays, de tous les temps (Cahiers, t.6, 1907, p.222).
2.
Nécromantique, adj. Qui est relatif à la nécromancie. Le magnétisme animal sort à peine de sa coque nécromantique (Proudhon, Créat. ordre, 1843, p.38). Le procédé nécromantique doit certainement être classé parmi les plus anciens modes divinatoires (Divin. 1964).

source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/n%C3%A9cromancie



dérivé : nécromant

Personne qui pratique la nécromancie. [Virgile] était nécromancien, et l'on montre encore, en une certaine ville d'Italie, le miroir dans lequel il faisait apparaître les morts (A. France, Île ping., 1908, p.157):
. ... tous les devins, les nécromants qui avaient endossé ces défroques maudites, toutes les âmes qu'on avait enfermées dans ces calebasses, tous ces cheveux morts qu'on avait glissés dans des sachets à incantations, revivaient, faisaient signe...
Morand, Magie noire, 1930, p.127.
? P.métaph. L'historien n'est pas ce nécromant que nous imaginions, évoquant l'ombre du passé par des procédés incantatoires (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p.68).
- P.ext. Personne qui se livre aux sciences occultes, pratique la magie. Madeleine [à Zaphara]: (...) Dites-moi, mon père (...) vous êtes physicien et nécromant; vous vendez des produits chimiques, et vous dites la bonne aventure? (Feuillet, Scènes et prov., 1851, p.119).
- En emploi adj. [sous la forme nécromancien, -ienne] Qui est propre à un(e) nécromancien(ne), ou qui en est digne. Elle [la bonne Alberthe] (...) a toujours eu du goût pour cet appareil nécromancien, même dans le temps où sa beauté était sa plus véritable magie (Delacroix, Journal, 1853, p.117). Je me défendais obscurément contre les caresses mortelles, contre cette volupté nécromancienne (Arnoux, Gentilsh. ceinture, 1928, p.193).
Rem. 1. La forme nécromant est vieillie. 2. La forme anc. négroman(t) (v. étymol.) se trouve encore att. au xixe s.: Le sabre du prophète s'est courbé comme une couleuvre de bruyère. Sur sa lame, un négroman (...) a gravé des mots magiques (Quinet, Ahasvérus, 1833, 3e journée, p.209).

source : http://www.cnrtl.fr/definition/n%C3%A9cromant

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le menuisier Pierre Debroux

Publié le par antoiniste

    Pierre Debroux, menuisier, de Crotteux (Robert Vivier, p.165), village natal de Louis Antoine, au nord de Jemeppe (maintenant Flémalle-Grande).
    Selon Pierre Debouxhtay (p.64), au moment de la publication du Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, en 1896, il y avait séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-du-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi.

le menuisier Pierre Debroux

Unitif de 1914


    Il sera présent au côté de Louis Antoine lors de son procès en 1901 (Robert Vivier, p.266), il est alors présenté comme adepte. Il tient une salle de lecture à Mons-Crotteux, chez lui, selon l'Unitif de 1914 (lecture de l'enseignement le mardi à 7 1/2h). Dans un Unitif des années 20, la salle de lecture est indiqué rue Méan (sans qu'on sache par qui elle est tenue).

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Les spirites de Jumet-Gohissart

Publié le par antoiniste

    Nous possédons le compte-rendu détaillé d'une séance d'évocation. Le 17 août 1902, des spirites de Jumet-Gohissart, près de Charleroi, vinrent à Jemeppe, et, "pour rendre un tribut de gratitude et de reconnaissance" à Louis Antoine, ils publièrent le récit de cette visite dans Le Messager (n° du 1er-15 septembre 1902) :
    "... L'heure venue, après présentations et connaissances faites, la séance commença par la réception d'un jeune adapte, un joli bébé qui débutait dans la vie terrestre en venant recevoir les souhaits fraternels d'une assemblée spirite d'au moins 200 personnes. Cérémonie touchante en sa simplicité mais d'une portée morale considérable pour les nombreux assistants qui écoutèrent avec un religieux intérêts les instructions pleine d'à-propos, données par le président M. Antoine. Le sujet, toujours d'actualité était : La façon d'élever les enfants, les devoirs des parents vis-à-vis de ceux qu'une Volonté souveraine leur a confiés dans un but de progrès mutuel.
    Viennent ensuite les manifestations d'Esprits par une dizaine de médius-écrivains. Bien qu'habitués des réunions spirites, où l'on recueille les enseignements de ceux qui nous ont précédés dans l'Au-delà, nous pouvons dire que rien ne pourra effacer de notre mémoire le souvenir de la belle et instructive séance à laquelle nous assistâmes avec une émotion bien naturelle. Ces esprits souffrants ou ignorants, que des entités invisibles amies amenaient près de nous dans un but bien défini, nous ont dépeint leur situation malheureuse. Ils nous ont dit leurs peines, leurs regrets, leurs douleurs, s'accusant les uns, du mal qu'ils ont commis de leur vivant sur la terre, les autres, d'un égoïsme natif, fruit de l'ignorance fanatique intéressée au maintien de préjugés séculaires. Parlant à ces disparus de notre monde un langage de bonté, toujours approprié au degré d'avancement intellectuel et moral de chacun, M. Antoine nous a laissé l'impression d'un maître en cette science d'apôtre qui, chez lui, marche de pair avec l'exercice de ses hautes facultés de guérisseur.
    Entr'autres faits remarqués en cette assemblée attentive qui, sans trouble ni impatience, écoutait les réponses obtenues et lues par les médiums-récepteurs, nous notons de belles et douces paroles de reconnaissance émanant d'Esprits non appelés, mais venus spontanément remercier parents ou amis présents de leurs bonnes pensées charitables... Après la séance qui dura deux heures, il nous fut infiniment agréable de faire plus ample connaissance tous bien chaleureusement.
    Un déjeuner familial fut vite préparé dans la salle même des séances où nous fîmes un repas frugal en compagnie de divers amis de notre hôte.

Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.112-13

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Christian Landresse - Un siècle de renouveau de l'occulte (1847-1940) : spiritisme, théosophie et antoinisme en Belgique

Publié le par antoiniste

Un siècle de renouveau de l'occulte (1847-1940) : spiritisme, théosophie et antoinisme en Belgique
  Landresse, Christian (chercheur à l'ULB)    Date d'édition:1998
Section:        Mémoire Histoire

source : https://cibleplus.ulb.ac.be/permalink/32ULDB_U_INST/1hd430l/alma991001093099704066

 

    C'est une des principales sources du master de Marijke De Sadeleer, De Kracht van Genezing, De keuze voor een magnetische behandeling in België (1860-1910) (KU Leuven, 2013).

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Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Publié le par antoiniste

Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Mathilde Elskens, née Maréchal (acte de naissance 14 mars 1879)

    Dans les statuts du culte antoiniste de 1922, on lit :

Mme Mathilde Maréchal, ménagère, née à Montegnée le treize mars mil huit cent septante-neuf, veuve de M. Emile-Jean-Joseph Elskens, demeurant à Montegnée.

Et sa fille :

Dame Marie-Catherine-Joséphine Elskens, ménagère, née à Montegnée le vingt-huit août mil huit cent nonante-six, épouse assistée et autorisée de M. Léon-Louis Daniel, comptable, né à Ans le trois juin mil huit cent quatre-vingt-sept, demeurant ensemble à Montegnée.

Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Marie Elskens (acte de naissance 28 août 1896)

Mathilde Elskens à Montegnée

 

Photo de Mathilde Elskens (issue des archives de Roland AE Collignon) qui conduit à Mère Antoine la mère de Frère Roland pour son baptême.

 

 Son époux, Emile Elskens, décède dans un accident sur son lieu de travail (il était houilleur) en 1913.

 

    Quand il rentra, il y avait quelqu'un à la maison : Mme Elskens. Il venait ainsi, parfois, des personnages du groupe spirite, même en dehors des jours de séances. Près du fourneau que chauffait le gaz venu de la terre, on se mit à parler des progrès du spiritisme dans la région. Le jeune Louis prit vivement part à la causerie. Il rappela qu'à Jemeppe même on avait déjà vu deux enterrements spirites, celui de Mme Piron et celui de la veuve Gony.
    - Oui, dit Antoine. Il y a quelque chose de changé dans le monde. Voyez comme nos vieux parents ont vécu toute leur vie. Ils prenaient leur livre de messe le dimanche matin, ils allaient à l'église, ils donnaient leur grand coup de chapeau à monsieur le curé, et ne pensaient pas plus loin. Sans doute, on ne peut pas dire qu'ils aient eu tort : ils ont vécu d'après leur foi, d'après leurs idées. Mais nous, puisque nous en connaissons plus qu'eux, nous avons aussi de plus grands devoirs.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.181-82

    Pierre Debouxhtay (p.28) évoque les premiers enterrements spirites de la région :
    En janvier 1891 avait eu lieu à Tilleur le premier enterrement spirite ; la même année, le 28 avril, Jemeppe vit l'enterrement spirite de Mme Catherine-Charlotte Piron ; le 13 janvier 1892, celui de Mme veuve Gony ; le 25 avril 1893 celui du fils d'Antoine le Guérisseur. Ce fut l'Union spirite de Seraing qui procéda aux funérailles civiles du jeune Antoine. A cette époque la société spirite d'Antoine n'était donc pas encore constituée ou reconstituée. (En 1896, le groupe d'Antoine est en pleine activité ; en 1898, ce sera le drapeau des Vignerons qui précédera un convoi funèbre).

    Ce que Robert Vivier fait dire à Antoine ici est repris de l'Enseignement :
    Les êtres du premier échelon travaillent selon leur nature et ils sont dans la vérité, suivant leur degré d'évolution. Ceux qui occupent l'échelon suivant font déjà plus ou mieux ; mais s'ils croyaient pouvoir redire aux agissements des premiers, ils seraient dans l'erreur et permettraient à de plus élevés de leur faire également des observations (La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.117).


    Régis Dericquebourg (p.27) évoque de façon obscure les déboires de soeur Elskens avec le Conseil général du culte :
    Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens, adepte du 'Père' depuis 1897 qui fut expulsée par le 'Conseil général' du temple de Montegéne dont elle était la desservante en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français. Celle-ci souhaitait rester fidèle au travail de Mère et conserver les portraits dans le temple, à l'encontre de la décision du Conseil en 1940. On sait pourtant que certains temples en France voulurent également suivre le Frère Nihoul et la Belgique pour le retour du Temple sans portrait comme le voulait le Père.
    Le frère Robert nous apprend que Mme Elskens est chargée encore en 1966 de la consécration du temple de Mantes-la-Jolie en tant que délégué du Collège des Desservants au Nom du Père. Elle assura à la Grande Tribune les Opérations à l'intérieur et la dernière sur le seuil du Temple, assistée par Frère JEANNIN (Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France, le titre de Représentant du Père ne sera porté en France qu'à partir de 1988) à la Petite Tribune. Il en sera de même pour Bordeaux (où toutes les Opérations eurent lieu à l'intérieur, l'autorisation de l'Opération sur le seuil n'ayant pas été donnée par le maire) et Roanne, où 7+1 Opérations ont été nécessaires.
    C'était une des premières adeptes du Père qui a construit avec son mari le Temple de Montegnée (consacré en 1919) et en fut la Desservante jusqu'à son renvoi parce qu'elle voulait respecter le Travail Moral de Mère.

    En 1934, Joseph Nihoul, 70 ans, comptable, habite la rue Mavis à Montegnée où se trouve le temple. Il est président du conseil d'administration du culte. Il écrit le règlement pour les temples, avec le frère L. Bormans (un Jacques Bosmans est témoin à la naissance de la fille Elskens). On imagine qu'il sera certainement responsable du temple de Montegnée, avec ou déjà sans sœur Elskens.
   En 1940, frère Nihoul devient le Premier Représentant du Père à la désincarnation de Mère. Et décide de "ramener le Culte au bon fluide du Père". Mme Elskens, comme on l'a vue, est resté fidèle au travail de mère ce qui lui valu son renvoi du Conseil d'administration vers 1940, car par là "elle s'écartait de l'Enseignement du Père", le culte étant revenu en Belgique à ce que le Père avait fait en son temps. Régis Dericquebourg parle de crise de succession 'à retardement' (p.29). Peut-être s'agissait-il d'un conflit plus ancien entre frère Joseph Nihoul et sœur Elskens ?
    Est-ce que la création de l'ASBL des Disciples du Père et Mère Antoine datant de 1965 découle de ce renvoi ? Possible. En tout cas, c'est le frère Albert Jeannin qui consacrera le temple de Retinne en 1968.

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L'occultisme, la médecine et la justice (Le Figaro, 12 janvier 1922 - Numéro 29)

Publié le par antoiniste

Le Figaro - 29-01-1922 (Numéro 29)L'occultisme, la médecine et la justice

    Occultisme ! Hypnotisme ! Sorcellerie ! Passes magnétiques ! Incantations !
    Tout cet attirail diabolique, scientifique, ou niais - les distinctions ne sont peut-être qu'une affaire de milieu et de degré - envahit tous les mondes. L'actualité en est comme saturée.
    Il y a un mois, les farces d'une petite fille, dans un coin perdu de la Bretagne, causaient la terreur de tout un village, à l'entour d'une maison hantée. La police intervint et découvrit le mystère.
    Hier, toujours en Bretagne, une famille, en proie au mauvais sort, fait appeler une tzigane pour le conjurer. On ne sait pas si les incantations de la bohémienne réussirent à redresser le destin. Mais son apparition dans la famille coïncida avec la disparition de quelque pécule.
    La famille volée s'adressa, cette fois, à la justice, et le tribunal de Lorient condamna la romanichelle, qui n'avait sans doute pas prévu cette fin, ni su conjurer à son bénéfice le mauvais sort.
    Dans l'Agenois, un drame sinistre, renouvelé d'on ne sait quel moyen âge, d'on ne sait quelle paysanne Cour des miracles, nous transporte dans la nécromancie. Un sieur Paget, sorcier de son état, fait assassiner un métayer par sa famille, sous prétexte que ce métayer avait le mauvais oeil et portait malheur aux siens, tout en contrariant l'influence du magicien.
    A Tulle, un juge d'instruction fait appel à l'hypnotisme pour découvrir l'auteur de lettres anonymes. Le ministre le frappe d'une peine disciplinaire pour lui apprendre que le code d'instruction criminelle ne prévoit pas ce moyen d'investigation et de découverte.
    Au Sénat, une interpellation se greffe sur l'aventure. L'interpellateur ne peut pas admettre que de telles pratiques pénètrent dans les cabinets des juges d'instruction. Il a raison.
    Il ne trouve pas ces pratiques capables de faire découvrir les criminels. Mais il reconnaît que l'occultisme est arrivé peut-être, s'empresse-t-il d'atténuer sur certains points, à des résultats scientifiquement contrôlés au point de vue de la guérison de certaines maladies.
    Les médecins, du moins ceux d'une certaine école, ne se font pas faute de recourir à l'hypnotisme, à l'occultisme, à l'autosuggestion, à toute' cette prétendue science, pour traiter les malades.
    Au surplus, le monopole de l'exercice de la médecine, ou, si l'on préfère, de l'art de soigner les gens de cette manière, n'appartient pas au corps médical.
    Vous n'ignorez pas que l'exercice légal de la médecine exige un diplôme, à défaut duquel celui qui essaie de guérir les malades se rend coupable du délit d'exercice illégal de la médecine, qui comporte des pénalités correctionnelles.
    Or, justement, l'occultisme, l'incantation et les passes magnétiques, ainsi que le magnétisme, appliqués par n'importe qui au traitement des maladies, ne constituent pas le délit d'exercice illégal de la médecine. Illégal, c'est-à-dire sans diplôme.
    La Cour de cassation admet en principe que ne commet pas le délit d'exercice illégal de la médecine celui qui, sans ordonner aucun remède, sans faire aucune prescription, sans donner aucune direction aux malades, se borne, quelle que soit la nature du mal, à placer pendant un certain temps une de ses mains sur le siège de la douleur, en adressant une invocation mentale à un esprit dont il se croit le pouvoir de provoquer l'intervention favorable.
    Et cette solution est logique. Si ce principe n'était pas reconnu, on serait entraîné, comme conséquence, à poursuivre et à persécuter n'importe quelle religion pour exercice illégal, de la médecine. Les prières en faveur des malades seraient un délit.
    Le Tribunal correctionnel de Villefranche-de-Rouergue a acquitté dernièrement un guérisseur non docteur en médecine qui avait conseillé à deux malades de s'abstenir de médicaments « de fiole » et de ne pas employer de gouttière, considérant que ce n'était pas un conseil d'abstention assez caractérisé pour constituer une véritable prescription médicale.
    Ce guérisseur, à part ces deux cas - et il a huit mille clients, dit le jugement - se borne, quelle que soit la nature de la maladie, à promener ses mains, à les imposer sur le siège du mal tout en prononçant une invocation a une puissance mystérieuse et bienfaisante ; il dit qu'il communique ainsi au malade une force extérieure à lui-même, dont il prétend n'être que l'agent conducteur, force dont il ignore la nature, mais dont il a vérifié, dit-il, les vertus curatives.
    Les juges ont déclaré que les découvertes récentes de forces nouvelles dont la nature, la puissance et le degré d'utilisation sont encore mal définis, commandent une grande circonspection dans la négation comme dans l'affirmation de phénomènes a priori inadmissibles, mais qui ne nous apparaissent peut-être comme tels que parce qu'ils bouleversent la quiétude de nos connaissances et de nos habitudes.
    De nombreux témoins avaient affirmé, avec des accents de certitude troublants, la vertu curative des pratiques du guérisseur. Sans doute.
    « Il y a, dit Hamlet à Horatio, plus de choses dans le ciel et sur la terre que n'en rêve notre philosophie. »
                 Daniel Massé.

Le Figaro, 12 janvier 1922 (Numéro 29)
source : gallica

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Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Publié le par antoiniste

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils

Illustration : à gauche, tableau représentant le fils de Louis et Catherine Antoine, maintenant chez un adepte belge ; à droite, photo ayant servi de modèle pour le tableau (archives de Roland AE Collignon). (Cf. aussi les Archives du Temple de Retinne)

    Un portrait de famille date également de la période passée par Louis Antoine et sa femme à Praga (début années 1880). on voit alors le petit Martin.

    Fils des Antoine, Louis-Martin-Joseph (dit Martin) Antoine (23 septembre 1873-23 avril 1893)
    Baptisé le 28 septembre en Prusse, à Meiderich-Hamborn, en l'église catholique de Saint-Jean (Robert Vivier, p.105-06 et p.112-13).
    Le parrain était Martin Antoine, la marraine Catherine Castille (Tatène dans le roman de Robert Vivier), les parents de Louis Antoine (Pierre Debouxhtay, p.48).

    La page du registre de son acte de sa naissance est à voir à cette page.

    Le fils d'Antoine avait toujours été de santé chétive. "Quand il fut capable de s'assimiler une idée, ce fut une idée spirite qu'on lui donna. Dans son adolescence, il fréquenta les écoles du soir de Jemeppe ; sa santé laissait à désirer. A certains moments, il se faisait remarquer par ses idées bizarres et l'expression étrange qu'il leur donnait ; il donna de vives inquiétudes à ses maîtres et ceux-ci exprimèrent des craintes à son sujet, mais leurs avis ne furent pas écoutés." (Bourguet, p.6. M. T.D., ingénieur, a connu, à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était bon élève ; c'est aussi l'avis de Robert Vivier, cf. p.132).

Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils
(archives de Roland AE Collignon)
Dans les Archives du Temple de Retinne, on précise qu'il s'agit de la photo prise pour sa communion.


    Après avoir suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, le fils d'Antoine devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge (Pierre Debouxhtay, p.58). Un biographe de Louis Antoine imagine un épisode émouvant entre lui et son père :
    Antoine posa enfin le pied sur la terre natale. Catherine le suivait en tenant un garçonnet par la main. L’enfant était curieux de tout, il voulait tout voir, tout savoir. Et comme les locomotives le passionnaient, Antoine lui montra l’abri du mécanicien et les flammes de la boite à feu qui rougissaient les joues.
- Tu vois, Martin, dit l’ouvrier, la vapeur qui vient de la chaudière pousse le piston – Il fit un geste de va-et-vient avec la main imitant le mouvement des roues motrices – ce qui permet de remorquer les wagons.
- Elle respire bien fort – s’inquiéta l’enfant en voyant la vapeur expulsée par la cheminée – et ça ?
- Un régulateur, petit.
- Plus tard, je conduirais des machines, lança-t-il fièrement.
Antoine échangea un clin d’œil complice avec le mécano puis l’enfant se précipita aussitôt vers le chef de gare et l’aida à refermer quelques portières.
Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

    Il meurt le 23 avril 1893 à 20 ans d'une phlébite à Jemeppe. C'est une société spirite de Seraing, l'Union Spirite, qui procédera à son enterrement. Robert Vivier raconte de façon très tendre son agonie dans les p.177-188, puis son enterrement dans les p.191-193. Son acte de décès est signé de Louis Antoine et Alfred Gony. Il a du être inhumé au cimetière de la Paix à Jemeppe, dans la rue Aripette, où est également enterré une partie de la famille Dor. Il aurait été exhumé dans le plus grand secret plus tard à la demande de Mère Antoine pour rejoindre la concession de son père au cimetière des Housseux. On peut lire sa nécrologie dans le journal spirite Le Messager de Liège (1er Mai 1893). 

 
    On prétendra qu'il se fut réincarné en pharmacien à Paris, ce qui fut nié tout comme soutenu par des Antoinistes : "Mais comment comprenez-vous que son fils, qui est mort il y a deux ans, soit déjà devenu pharmacien ?" (Robert Vivier, p.206).
    On peut ici évoquer encore une fois l'hypothèse qu'on peut vivre plusieurs incarnations en une seule même vie terrestre, à la façon des new-born protestant (cf. George W. Bush).

    On peut voir son arbre généalogique sur le site Geneanet par Henri PAULISSEN et sur myheritage.

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