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spiritisme

Henri Hollange, croyant sincère

Publié le par antoiniste

Illustration : Seraing - Une vue de la Vecquée (seraingautrefois.org).

    Spirite convaincu, il faisait partie du groupe d'Antoine, les Vignerons du Seigneurs et il assiste avec Delcroix au moins à un Comité fédéral du Congrès spirite liégeois en 1905 encore (cf. Debouxhtay, p.117).

    Lors de la première comparution d'Antoine au procès pour exercice de l'art de guérir en 1901, on en apprend beaucoup sur Hollange.

    "C'est un nommé Hollange, infirme demeurant à Seraing, rue de la Vecquée, chez Noël Claes, qui a reçu cette paire de souliers. J'ai guéri cet individu ; il est devenu un croyant sincère et il vient me voir toutes les semaines." (Historique du Culte Antoiniste, p.19).

Henri Hollange, croyant sincère

    Aux enterrements spirites, Hollange fut souvent chargé de prononcer "de sa belle voix" le discours de circonstance (Le Messager, 1-11-1903 et 15-5-1909). Il semble bien que Hollange soit aussi l'auteur de l'éloge d'Antoine, paru dans Le Messager du 1er janvier 1901, et que nous reproduisons [ci-dessous] : Après avoir cité l'article de L'Express relatant la descente du Parquet à Jemeppe, H... ajoute : "Voici ce qu'aurait pu ajouter l'auteur des lignes qui précèdent, ce qui est à sa connaissance : M. Antoine, outre son indépendance - il est rentier - est un "individu" dont le désintéressement, l'abnégation, le dévouement à toutes bonnes œuvres, ont conquis l'estime et la considération, non seulement, de ses frères en croyance, mais aussi de tous ses concitoyens. Sa médiumnité guérissante est établie par des attestations qu'il ne cherche pas ; elles s'offrent d'elles-mêmes. Distribuant, au vu et au su de chacun, le produit des oboles de ses malades reconnaissants, il répand, en outre la bonne parole qui console. Il soutient l'affligé, fortifie moralement et physiquement ses frères et sœurs en humanité. Combien d'hommes que la prison et les dépôts de mendicité auraient recueillis - les lois humaines punissaient toujours l'effet sans s'attaquer à la cause - ont pu dans nos régions industrielles, vouées au capitalisme, subir l'influence, l'ascendant de ses bons conseils, de ses excellentes exhortations spirites à la résignation ! Sont-ce les prêtres salariés et les nombreux médecins cléricaux, cherchant à faire poursuivre notre frère Antoine, qui pourraient en dire autant ? Que sa modestie bien connue ne nous empêche ni l'un ni l'autre, Messieurs, de le défendre contre certains agissements ! Que ses actes méritoires servent d'exemples aussi à d'autres adeptes de notre doctrine, soucieux de propager les enseignements spirites pour le plus grand profit de l'avenir moral et intellectuel de tous les humains.
Jemeppe, 26 décembre 1900. Salut Fraternel, H.

    Au deuxième acquittement d'Antoine, il sera certainement l'auteur d'un autre éloge à Antoine dans une lettre adressée à l'avocat général, Meyers (cf. p.156 de Debouxhtay) :
    Ah ! Monsieur l'avocat général, j'ose vous dire qu'un jour vous pleurerez des larmes de joie et de bonheur, d'avoir soutenu la cause d'une âme d'élite, d'un esprit aussi éminent, de l'envoyé de Dieu pour régénérer l'humanité, de ce grand médecin des âmes, comme vous l'avez si bien démontré, car pour lui le corps n'est rien. [...]
    Alors, en ce temps-là, Monsieur l'avocat général Meyers sera inscrit au panthéon d'amour et de charité, à la colonne lumineuse qui doit éclairer l'humanité pour avoir soutenu et défendu l'esprit qui a pour mission de faire progresser les hommes et qui leur dira à son tour : "Mon royaume n'est point de ce monde".
    Merci encore, Monsieur l'avocat général, et que Dieu vous bénisse et vous protège.
          Un ami de la Vérité

    Robert Vivier s'inspira de ce passage de Pierre Debouxhtay, pour écrire la page 224.
    A la page 287, il cite quelques vers d'Hollange repris également de Debouxhtay (p.121) :
    Henri Hollange, âme simple et brûlante, faisait entendre dans son poème, Pourquoi la vie ?, publié chez Massillon, la voix de l'enthousiasme et du sentiment :
    Le Spiritisme, pur christianisme,
    Doctrine sanctionnée par Jésus,
    Vient éclairer cette grande énigme,
    Déchiffrer ce problème ardu.
   Nous ne pouvons reproduire ici ce long poème ; citons en seulement la fin, qui avec les quatre vers que nous venons de lire, suffira à nous en révéler l'accent et la valeur littéraire : l'auteur y annonce la conquête du genre humain par le spiritisme, grâce surtout à Maître Louis Antoine.
    ... Vous direz peut-être que je rêve
    Mais attendez jusqu'à demain,
    Déjà le spiritisme se lève
    Et conquerra le genre humain
    Et grâce au concours des adeptes
    Et surtout de leur professeur,
    Maître Louis Antoine de Jemeppe,
    Chef des Vignerons du Seigneur !!

Extrait de la brochure de 16 pages publiée à Jemeppe en 1906. Pourquoi la vie ? par Henri Hollange, Membre de l'Ecole philosophique et morale de Maître Antoine le Guérisseur, chef de la société Les Vignerons du Seigneur de Jemeppe-sur-Meuse. Jemeppe, Imp. Jos. Massillon.

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Léon Foccroule, spirite à Poulseur

Publié le par antoiniste

Illustration : Groupe spirite l'Espérance, rue du Vieux-Château (source : André Marchal - Souvenirs de Poulseur - Regard sur le passé)

    Il est peu évoqué, et pour cause, il ne sera jamais antoiniste, mais restera certainement spirite, à Poulseur, à 20km au sud de Liège. Il assista cependant au premier procès contre Antoine.
    L'ouvrage [Petit Catéchisme Spirite, des Vignerons du Seigneur] eut un grand succès dans les cercles spirites. A Poulseur, où Léon Foccroule le porta, des réunions furent organisées pour les enfants, tout à fait comme lorsqu'on prépare les garçons et les filles à la première communion. (Robert Vivier, p.223)

    Dans le n°3 de la Revue Spirite, journal bi-mensuel d'études psychologiques, du 1 février 1888, on lit que "M. Leruth est l'un des plus énergiques propagateurs du spiritisme, à Poulseur, et dans cette localité, avec une ami, il a créé une belle salle de conférence dont la Revue a parlé longuement."
    M. V. Leruth était président du groupe Spirite l'Espérance déjà en 1883.
    Le n°11 de novembre 1883, nous donne à lire une communication obtenue à Poulseur, de Jobard : La progrès dans la vérité éternelle : "Lorsque vous serez réunis en mon nom, je serai au milieu de vous ; telle est, en substance, la pensée du Christ, du rénovateur, qui, après une foule d'autres novateurs, venait apprendre aux hommes ce que c'est que la vérité..."

    Jules Bois sera son invité lors de sa visite à Jemeppe raconté dans Le Matin du 3 août 1901 et repris dans le Miracle Moderne :
    Quand je descendis à la petite station de Jemeppe-sur-Meuse, je demandai au chef de gare : "Connaissez-vous Louis Antoine ? - Si je le connais ! dit-il, on parle de lui dans toute la Belgique : il habite à deux cents mètres d'ici et cet après-midi vous le trouverez au milieu de ses consultants."
    Derrière la barrière j'aperçus Léon Foccroule, le président des spirites de Poulseur. Je n'avais donc plus à chercher un cicérone. Foccroule est un ami de Louis Antoine. Ses yeux ronds, sous ses paupières plissées, brillaient de finesse et de bienveillance. Louis Antoine est pour lui une sorte de saint, un curé d'Ars laïque qui travaille avec un désintéressement absolu pour le bonheur de l'humanité. Je compris aussitôt que Foccroule espérait que je serais non seulement étonné mais converti à leur évangile. C'est que les spirites sont, là-bas, des apôtres et que conquérir une âme leur donne certainement autant de joie que de gagner le gros lot. Nous marchâmes dans la fumée des fabriques, au milieu de rails de trains à vapeur, sur une terre noire, le long des rues populeuses ; parfois passaient des femmes lentes, avec sur leurs épaules, une gaule d'où pendent contre leurs hanches de grands seaux. Le soleil s'était voilé, les cheminées d'usine augmentaient la tristesse et le brouillard. La spirituelle parole du socialiste belge, M. Demblon, me revint à l'esprit : "Le mysticisme, m'avait-il dit, naît la plupart du temps dans les villes où il y a trop de fumée." Voilà pourquoi cette Belgique si pratique, passablement sensuelle, voit son borinage infecté de fantômes.
    Au coin d'une traverse, une maison d'aspect presque officiel rappelant une clinique ou une petite mairie. La porte est ouverte. Foccroule cause en wallon avec quelques hommes attablés à un estaminet adjacent. La gueuze-lambic permet aux nombreux pèlerins d'attendre paisiblement l'heure où chacun à son tour, ils seront reçus. Dans la salle d'attente une multitude de femme.
    [...]
    Le thaumaturge a l'appréhension de la gloire, il n'aime point que s'établisse atour de lui une rumeur que celle des guérison accomplies. Foccroule lui a dit sans doute une phrase bien sentie dans leur patois, car il m'accueille avec sympathie. Et puis, que quelqu'un soit venu de ce grand Paris pour le voir, cela le flatte secrètement.
    J'ai deviné que Foccroule m'avait présenté comme un quasi-adepte. Voilà donc Louis Antoine. [...]
    Me revoici dans les rues fumeuses de Jemeppe, sur les chaussées noires. Léon Foccroule me jette un regard désolé. Il avait rêvé un long après-midi apostolique, où il m'aurait professé la philosophie d'Allan Kardec.
    Le train siffle à nouveau, je lui serre la main en hâte, ses bons yeux sont émus. il m'a fallu aller dans d'obscurs villages de Belgique pour trouver cette foi.
L'au-delà et les forces inconnues, le Guérisseur Louis Antoine (Jules Bois, Le Matin 3 août 1901)

    Pierre Debouxhtay dans sa bibliographie précise que "les spirites protestèrent vivement contre le "sans-gêne" des articles de J. Bois".
    P.47, note 21, il ajoute : D'après les spirites les renseignements donnés par J. Bois sont très sujets à caution. Dans Le Messager, du 15 octobre 1901, Victor Horion parle du "sans-gêne", de la "fantaisie" de Bois "dans le récit de son excursion à Jemeppe-sur-Meuse, chez le magnétiseur-guérisseur, M. Antoine". Critique analogue dans le n° du 15 avril 1901.

    Un certain Jacques Foccroule était le directeur du journal Le Messager de Liège. Jules Bois le dit mécanicien. Interrogé dans la Revue des études psychiques en 1904, il déclare qu'un certain Léon était son cousin, mort début 1904.

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Influence de la doctrine kardéciste

Publié le par antoiniste

    On a vu que la doctrine spirite kardéciste est une des bases importantes de l'Enseignement.
   Pour illustrer ce fait voyons le Règlement de la Société Spirite, Les Vignerons du Seigneur, datant de 1900 :

Rappelons uniquement les articles faisant une parallèle avec l'Enseignement :

 Art.1 : Les membres auront pour devoir [...] d'aimer leurs frères en humanité plus qu'eus-mêmes.
 Art.2 : Ils s'efforcent : de pratiquer la loi d'amour et de charité en faisant à autrui ce qu'ils désirent qu'il leur soit fait ; de pardonner et de vouloir du bien à ses ennemies pour être d'accord avec les lois divines ; d'intervenir avec douceur en donnant de bons conseils à ceux qui maltraitent les animaux ; de faire comprendre que la loi d'amour s'étend et s'applique à tous les règnes de la nature.
 Art.3 : Ils respectent toutes les religions et les croyances sincères qui ont pour base l'amour de Dieu et du prochain.
 Art.4 : [...] Il n'y a que les lois divines qui puissent nous unir en esprit, en amour et en vérité. Elles correspondent à notre conscience et sont au-dessus des lois humaines : celles-ci toujours limitées portant atteinte à notre libre arbitre.
 Art.6 : L'utilité de la prière ne peut être contestée. Qu'il soit permis de rappeler qu'elle doit exister plus dans les actes que dans les paroles. Au-dessus de la charité matérielle, il y a la charité morale que tous les membres doivent considéré comme un devoir de pratiquer.
 Art.7 : Chacun est admis librement membre de la société sans frais. [...]

Source : Historique du Culte Antoiniste, p.13-15

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Influences de la doctrine antoiniste

Publié le par antoiniste

    Nous allons ici essayer d'ébaucher les différentes influences dont Louis Antoine a pu s'inspirer pour forger sa doctrine.

    Il semble que l'occultisme ait jouer un rôle important, non directement, mais par l'intermédiaire de la doctrine spirite d'Allan Kardec.
    Dans cet occultisme, on rencontre comme premiers penseurs Emanuel Swedenborg (1688 - 1772) et Franz-Anton Mesmer (1734 - 1815). Après la mort de Swedenborg, sa pensée inspira diverses mouvances religieuses ou maçonniques, quant à Mesmer, il fut à l'origine du magnétisme animale, ancêtre de l'hypnose et de l'autosuggestion. Paracelse (1493 - 1541) influença les deux.
    Evoquons aussi Jean-Baptiste van Helmont, alchimiste et médecin né à Bruxelles en 1579 et mort à Vilvorde en 1644, pour qui l'eau était l'élément unique et universel.

    Quand meurt Mesmer, commence le spiritisme, résurgence de la croyance ancestrale en l’existence, les manifestations et l'enseignement des « Esprits ». De nombreux mystiques seront proches en pensées au cours du XIXe siècle (Emile Catzeflis, le Maître Philippe de Lyon, Sédir...).
    Allan Kardec (1804 - 1869) est le fondateur de la doctrine spirite, il développera la morale, mais n'abandonnera pas la pratique. Léon Denis (1846 - 1927) est un des ces successeurs, il rencontrera Louis Antoine (lors de sa conférence faite à Seraing en 1889 ?) et lui offrira Le Christ guérissant, encore visible dans la salle du Conseil d'Administration du Temple de Jemeppe. On dit que c'est en lisant Dans l'invisible, Spiritisme et médiumnité, de cet auteur, que Louis Antoine compris l'inutilité des passes, et ne s'appuya que sur la foi pour la guérison.

Influences de la doctrine antoiniste

Léon Denis, Dans l'invisible (p.455)(édition de 1904)


    Helena Blavatsky (1831 - 1891), empreinte d'occultisme, elle voyagea beaucoup à la découverte de spiritualités orientales. Elle termine son livre le plus connu, La Doctrine Secrète à Ostende. Elle est l'instigatrice du théosophisme, et certainement à l'origine d'une certaine influence des pensées hindouiste, bouddhiste... dans le spiritisme.
    Cependant n'oublions pas que l'orientalisme était à l'époque un courant à la mode. Elle ne fut certainement pas la seule à y puiser (Victor Hugo est l'auteur des Orientales, et il essaya de communiquer avec sa fille au moyen du spiritisme). Citons Emile Besson, Marc Haven, et l'inventeur de l'espéranto, Ludvik Zamenhof, dont la fille deviendra baha'ie, et signalons que l'espéranto est encore une langue officielle de nombreux milieux spirites.
    Les femmes, réputées bonnes médiums, avaient une place importante dans le spiritisme.

    De son voyage en Allemagne, Pierre Debouxhtay évoque une hypothèse de l'abbé Brabant. Selon lui Antoine, pendant son séjour aurait eu connaissance des théories de Hegel (1770 - 1831), qui constitueraient le fondement de la révélation antoiniste. Pierre Debouxhtay émet un doute sérieux sur cette hypothèse. En effet, l'abbé Brabant est catholique et Hegel est critique envers le christianisme. Cependant ses influences sont l'enseignement de Jésus, Jakob Böhme (ou Boehme), mystique allemand, et la théologie protestante. On peut penser que ces idées pouvaient intéresser Louis Antoine, mais pas lui forger sa doctrine entière.

    De son voyage en Russie, Pierre Debouxhtay semble plus proche de penser, comme Paul Wyss, pasteur protestant, que Louis Antoine, lors d'un voyage dans le Sud de la Russie (l'usine métallurgique de Taganrog appartenant à Cockerill peut expliquer ce voyage) aurait été en contact avec les Doukhobores ou les lutteurs de l'esprit. Robert Vivier, raconte cet épisode également (p.132-135 dans les Editions Labor). En effet, la communion de pensée est frappante. Ces sectes russes ont en commun différentes pratiques : ascétisme, végétarisme, dualisme corps satanique/âme divine et doute/foi, amour de Dieu, dieu est la conscience dans l'homme, place de la femme majorée, refus des institutions, perfectionnement moral. L'influence de Soutaïeff était important à l'époque, Léon Tolstoï (1828 - 1910) s'en rapprocha à la fin de sa vie. Lui-même végétarien, proche de Gandhi et espérantiste convaincu.

    Avant d'être spirite, Louis Antoine était catholique. Il approfondira sa connaissance du texte biblique avec les séances moralisatrices du dimanche. De plus, selon Régis Dericquebourg, certaines phrases de la Genèse selon le spiritisme, d'Allan Kardec sont très proches de l'Enseignement.

    Régis Dericquebourg rapproche la façon de prier des Antoinistes aux façons des Quakers. En effet, comme religion mystique, elle voit une perception immédiate que l'homme a de la volonté divine. De plus, certains Quakers professent également une autre religion, comme le judaïsme, l'islam ou le bouddhisme. Ils se refusent le prosélytisme. On pense que l'influence que ce courant a eu sur le protestantisme américain est importante et en cela, il a pu influencer le spiritisme des débuts.

    Régis Dericquebourg parle d'une influence d'Henri Bergson (1859 - 1941), mais précise que "le Père et la plupart de ses disciples n'avaient pas lu Bergson. On peut toutefois penser que ces idées étaient diffusées sous forme d'une vulgate qui circulait dans les groupes qui se préoccupaient de spiritualité." (p.52) En effet, la liberté, la conscience, le rapport âme/corps et la matière sous forme de durée et mouvement sont au centre de sa pensée philosophique. Il fut influencé par George Berkeley, le maître de l'immatérialisme.

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Maître Philippe de Lyon, guérisseur mystique

Publié le par antoiniste

Anthelme, Nizier Philippe plus connu à l'époque sous le nom de "Monsieur Philippe" puis après sa mort, Maître Philippe de Lyon, (25 avril 1849 au Rubathier Loisieux - 2 août 1905 à L'Arbresle) est un mystique français.

Le Curé d'Ars aurait annoncé à sa mère enceinte, son avenir.

Voici un cas de guérison :
    Le Dr Gérard d'Encausse (Papus) qui assista à plusieurs guérisons de Maître Philippe raconte comment il opérait :
    «J'étais là, avec deux autres médecins, quand une maman de vingt à vingt-deux ans est arrivée, portant dans ses bras un petit enfant de cinq ans, la tête ballante et les yeux vitreux. Elle dit à Philippe :
    - Mon enfant doit mourir; et comme vous m'avez sauvée il y a dix ans, je viens vous demander de guérir mon enfant." Nous sommes trois médecins qui l'examinons et nous découvrons un cas de méningite tuberculeuse très prononcée. L'enfant semblait condamné, en effet.
    Il faut que je vous dise, maintenant, comment Philippe opérait. Il y avait toujours là près de 80 à 100 personnes. Philippe n'était pas du tout "poseur". D'un caractère bon enfant, il faisait toujours rire les malades. Alors, devant tout le monde, il dit, en voyant le pauvre petit que nous avions examiné : "On peut guérir cet enfant. Voulez-vous vous engager tous à ne pas dire du mal des absents pendant trois mois ?"
    Tout le monde bondit et répondit que ce n'était pas possible. En marchandant, on est arrivé à deux heures. Moi, je n'ai jamais pu rester deux heures sans dire du mal des absents ! Eh bien ! Philippe a dit :
    "C'est entendu ! Vous allez essayer de ne pas dire du mal des autres durant deux heures". L'enfant était dans une pièce à côté. Au bout de deux heures, je suis allé le chercher. Je l'ai pris par la main et il a fait avec moi le tour de la salle ; il était guéri.»

Il se maria avec une de ses malades guérie et fit une consultation au fils Alexis, futur tsar de Russie si la Révolution bolchévique n'avait pas eu lieu, un autre au Bey de Tunis...

Sa théosophie est proche de l'antoinisme : Pour Maître Philippe, la réincarnation est la seule explication à l'évolution. Elle permettrait de progresser moralement et spirituellement afin de transformer en soi le mal en bien. Pour lui, en effet, l'essence de la révélation chrétienne se confond avec la révélation du mystère du pouvoir salvateur de la souffrance : la souffrance étant présentée comme l'unique aiguillon permettant de progresser, et de ne pas s'endormir sur ses acquis.

"Je vous ai donné le moyen de soulager vos frères. Si vous aviez la charité, vous obtiendriez la guérison de tous ceux qui souffrent. Quoique vous demandiez à Dieu, avec foi, humilité et confiance, vous l'obtiendrez de Lui. Dieu est amour, Il donne ce que nous lui demandons."

Un groupement des Amis de Maître Philippe (1976) cultive aujourd'hui son message et son souvenir.

Lire Vie  et  paroles du Maître Philippe, le témoignage  d'Alfred  HAEHL
sur http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Vieetparoles/titre.html#

source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_Philippe
http://www.science-et-magie.com/sm50/sm0006phil.htm
http://www.filmsdocumentaires.com/films/10-maitre-philippe-de-lyon

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Augustin Lesage et Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    Quand Lesage commence à peindre, en 1912, le spiritisme accuse autour de lui une grande vitalité. Le Nord de la France et la belgique, pays de crassiers, voient leurs mineurs côtoyer sans cesse la mort. on ne peut imaginer que Lesage n'ait entendu parler du tragique coup de grisou de Courrières (Pas-de-Calais) qui fit en 1906  plus de mille morts. D'autres part, eu début du sicèle, le mineur belge Louis Antoine, commence à soigner des mineurs malades par imposition des mains. L'Antoinisme, bientôt devenu un mouvement religieux autonome, emprunte des thèmes de pensée au spiritisme. Ses membres sont particulièrement orientés vers le soin médiumnique. influencé par ces pratiques, le spirite Jean Beziat fonde avant 1912, à Sin-le-Noble (près de Douai), un "Institut Psychosique" : ici, on soigne par l'intermédiaire de l'au-delà. Lesage se lie en 1912 à ces pratiques ; il fonde rapidement avec son ami Ambroise Lecomte, un nouvel Institut Psychosique à Béthune : les mineurs malades y viennent en grand nombre. Le succès "médical" lui vaut, ainsi qu'à son ami, d'être traduit en correctionnelle en 1914 par le Syndicat des médecins qui a porté plainte. Acquittés, Lesage et son ami continuent les soins : d'aucuns disent que Lesage, parti au front, aurait mentionné sur son livret militaire "médium-guérisseur". Lesage s'arrête de soigner après la guerre, sur le "conseil" des Esprits.

La voix des esprits: ethnologie du spiritisme
Christine Bergé
Editions Métailié, 1990
GoogleBooks

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Mme Guillaume, l'Américaine

Publié le par antoiniste

The New York Times, 1911-01-01 (Vol 60 Iss 19335)

    Joséphine Dhiry (né en 1860) épouse Fridolin Guillaume (né en 1858) qui aura certainement fuit l'Alsace-Lorraine après 1871. De leur union, naît en France Cecile Melanie Guillaume en 1884.
    Ensemble ils traversent en 1903 l'Océan Atlantique par le Havre. Il arrive à New York.
    Cecile Melanie Guillaume épouse le 03 septembre 1904 à Manhattan (Etat de New York, New York) Charles J. Letienne, né en 1879 à Paris (département de la Seine, France) né de Joseph Antoine Letienne et Anais Kidey.
source : www.familysearch.org

    Ils habitent Hudson dans l'Etat du New Jersey en 1910, puis Bergen dans le même état en 1920.
source : http://search.ancestry.com

 

    Foreign correspondence THE NEW YORK TIMES
    LONDON, Dec. 14 - [...] Mrs. Guillaume, a middle-aged American lady who came specially from New York to be treated by Antoine, says she bas been practically cured of the chalky rheumatism which formerly compelled her to walk on crutches. She is herself an "adept" now with power to heal by faith, she says.
[...]
    Antoine's iron-gray hair falls to his shoulders, and he wears a long beard. His second sight extends to America, said Mrs. Guillaume, for he told her that her husband had hurt his back in New York, and a week later came a letter from her daughter confirming it and adding that he had quickly got better. Mrs. Guillaume was told by Antoine that she need not worry about her husband's accident, as Antoine was in "fluidic communion" with him.
 The New York Times - Another new religion (December 25, 1910)


    Dans la cuisine, Mme Antoine se mit à disposer le couvert, aidée de sa jeune nièce Marie Dor. La petite Jeanne Buchet, l'enfant adoptive, dont les yeux arrivaient à peine à hauteur de la table, voulait, elle aussi, apporter quelque chose, se rendre utile : elle tenait à deux mains la louche émaillée. Dans un fauteuil, Mme Guillaume était assise. Depuis quelque temps elle habitait avec eux : c'était une fidèle. Elle avait eu une jambe paralysée, et les passes d'Antoine l'avaient guérie. Elle n'était pas encore capable d'aller et venir comme tout le monde, mais elle était sûre de le faire un jour : elle avait la patience et la foi.
        Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.212

   Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.
        Robert Vivier - Délivrez-nous du mal
        Ed. Labor - Espace Nord, p.266
 

Mme Guillaume, l'Américaine


    Plusieurs lettres sont reproduites dans les Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET. On voit à quelle point le Père souhaitée aider tout le monde.
    On suit l'histoire de Mme Guillaume racontée en partie par sa fille Cécile Litienne, mariée à un Mr Charles :
    Soeur Guillaume habitant à New York avec son mari et leur fille Cécile, traversa 17 fois l'océan pour venir voir le Père. En 1902 eut lieu son premier voyage. Elle était paralysée de deux jambes et le Père la guérit radicalement. Mais elle douta, reprit des médicaments et retomba malade. Le Père ne put plus la guérir complétement, ce qu'elle avait initialement obtenu. Elle ne prit la robe révélée qu'en 1935.
    Soeur Guillaume et Cécile Litienne firent la connaissance du Père par l'intermédiaire de Pierre Dor, en 1903. Le mari de Mme Guillaume, en faisant la traversé du Havre à New-York parla avec le neveu.
    "Nous avons pris une chambre chez Jean Dor qui tenait commerce au coin. Au bout de quelques semaines, Maman allait très bien ; elle marchait partout où elle voulait, aller même monter la grande côte avenue Smeets."
    Dans une lettre du 20 octobre 1908, le Père fini par "mon coeur, mon amour est plus souvent à New-York qu'on pourrait le croire."

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Lettre du Père à soeur Vittard

Publié le par antoiniste

Mademoiselle Vittard,
   Je crois que vous feriez bien d'écrire un mot à votre soeur.
   Vous savez que tout mon enseignement démontre que l'épreuve est un grand mérite car ce n'est pas celui qui nous semblerait qu'il fait le mal qui en a, mais celui qui travaille à son amélioration.
   Donc que partout où nous voyons le mal, c'est un bien quand nous avons compris l'épreuve.
   C'est nous qui la faisons et elle fait notre bonheur si nous la prenons pour un bien et notre malheur de la prendre pour un mal.
    Mais je sais que Madame Kunz a un grand dévouement, elle sera rarement sans épreuve, qu'elle vienne de Pierre ou Paul.
   On nous la donne par le fluide que nous avons préparé par nos bonnes oeuvres, autant aimerions-nous ceux qui en sont l'instrument, autant d'autres fluides élaborons-nous pour en subir d'autres qui nous élèverons. nous disons : "Mon Dieu, que l'épreuve m'a été efficace. Combien elle m'a élevée. Suis-je encore digne d'en recevoir d'autres qui peuvent me faire autant de bien que celle que je viens de terminer." Nous en aurons mais espérons que par notre travail, nous en serons dignes. Que tantôt nous la recevrons avec autant de plaisir qu'autrefois nous en étions martyrs.
   Voilà, Mademoiselle Vittard, ce qui m'est inspiré pour votre lettre de ce matin et je vous l'informe avec autant de plaisir que j'en suis heureux moi-même qui doit le comprendre encore mieux que je ne le fais.
   Bien à vous.
                            Louis Antoine.

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Une dissidence de l'antoinisme : le dorisme

Publié le par antoiniste

illustration : Taganrog, le Nouveau Marché

    Alors que son oncle, Louis Antoine, pratiquait toujours le spiritisme, un de ses meilleurs médiums, Pierre Dor, son neveu qu’il aimait particulièrement, et qui se sentait la vocation de guérisseur lui aussi, quitta le groupe spirite « Les Vignerons du Seigneur », que dirigeait celui qui, quelques années plus tard, allait créer une nouvelle religion, le Culte antoiniste. Ce ne fut pas une rupture, en ce sens que les relations restèrent bonnes entre l’oncle et le neveu. Plus tard le Père Antoine dira « Il suit son chemin ». Quant au Père Dor il assistera, en 1912, aux funérailles du prophète de Jemeppe-sur-Meuse.
Son chemin va le mener à accompagner un de ses « patients » en Russie. Tout comme le « Maître Philippe de Lyon », dont nous parlerons dans un autre article, il met en pratique ses « dons de guérisseur » et sa réputation croît. A telle enseigne qu’il doit quitter la région, celle d’Ekaterinoslav, pour une bourgade des rives de la mer d’Azov. Attaqué à nouveau il préfère rentrer au pays, et s’établit à Roux-Wilbeauroux, dans le région du Centre, où il fait construire une salle, « L’Ecole Morale » Ayant laissé pousser barbe et cheveux, et s’étant revêtu d’une robe noire, il va dispenser son enseignement spirituel et recevoir les malades.
Contrairement au Père Antoine, il ne se contente pas de prier pour ceux-ci, mais conseille un régime alimentaire strict, à base de légumes cuits à l’eau. Lui-même est d’ailleurs végétalien. Il lui arrive aussi de prescrire des cures d’eau sucrée et des lavements à l’eau salée. Il « opère », ce sont ses propres termes, chaque jour sauf le week end.
Le dimanche il apporte la bonne parole, la sienne, et il donne d' « instructions spéciales » une fois par an, le jour de la Toussaint, et jour de « pèlerinage » pour ses adeptes. Il publie un ouvrage, aujourd’hui introuvable « Le Christ parle à nouveau » dans lequel il ne se présente pas comme un juge, mais comme un consolateur, un sauveur.
Plus tard il émigrera, on ne sait pourquoi, à Uccle, Fort Jaco. C’est là qu’il s’éteindra peu après la dernière ( il est permis d’espérer !) guerre.
Cependant c’est sa doctrine qui nous intéresse.

    Comme son oncle il affirme la nécessité de l’épreuve – mais aussi que ce sont nos imperfections qui nous ont placé sur terre, et non Dieu
    – que c’est en soi-même qu’il faut chercher les enseignements utiles à la vie spirituelle
    – que le spiritisme et toute forme d’occultisme sont choses mauvaises
    – que les maladies sont produites par les excès en tous genres
    – que la médecine ne traite que les effets de la maladie, mais ne guérit pas
    – que c’est en soignant l’âme que lui, le Père, soigne le corps (ce qui peut être considéré comme un pieux mensonge, puisqu’il « prescrit » un régime alimentaire végétalien)
    – que Jésus est le fruit de l’adultère, et que Marie était la plus passionnée d’entre les femmes
    – que l’épouse doit être soumise à son mari (voir St Paul, épître aux Ephésiens)
    – que les êtres les plus passionnés, les plus attachés à la terre, sont les plus vite réincarnés
    – que la foi fait partie d’une sorte de fanatisme, que c’est la superstition même, qu’il s’agit d’un fluide matériel qui se marie avec l’âme maladive, peureuse, craintive, paresseuse. Elle est stérile pour ce qui concerne le bien-être réel et durable (ici il est en opposition avec son oncle qui affirmait « Un seul remède peut guérir l’humanité : la Foi »)
    – que la notion de Dieu est chose mauvaise, qu’elle empoisonne l’existence de ceux qui y ont la vraie foi (en lui)
    – que la vue du mal est la pire des choses (ce que le Père Antoine affirmait également)
    – qu’en travaillant sur soi-même on fait du bien à ses proches
    – que la bonté active est un défaut par lequel on rend de mauvais services aux gens qui fatalement abuseront de cette charité.
Lors de sa dernière « Instruction de la Toussaint », en 1936, il dira aux fidèles rassemblés « Tout mon travail consiste uniquement à rendre les âmes lucides et fortes. Lucides afin qu’elles voient clair en elles-mêmes, et soient fortes pour vaincre. Sans cela, je ferais fausse route comme tant d’autres qui se sont révélés « Prophète » ou « Sauveur du monde ».

Chose curieuse, le Père Dor bénissait des « mariages moraux », et il y en eut des dizaines, au cours desquels les fiancés promettaient de ne point avoir de relations sexuelles ! Dans plusieurs passages de ses instructions on se rend compte qu’il avait envers l’amour physique une grande méfiance, voire des préjugés obsessionnels.
N’ayant pas créé de structures, de clergé, n’ayant désigné aucun successeur, sa religion, qu’il refusait d’appeler ainsi, le dorisme, disparu avec lui… On n’en trouve plus trace, et le souvenir du Père Dor disparaît avec les plus âgés qui l’ont connu.
Sincère, plus que certainement, le Père Dor mettait néanmoins en danger les malades qui le consultaient, et dénigrant la médecine. D’autres feront de même : Lucien Engrand, fondateur, dans le Pas-de-Calais de la « Religion sans nom », aujourd’hui disparue, la sœur Gaillard, et tant d’autres sur lesquels, un jour peut-être, j’écrirai quelque chose.

Conclusion : la crédulité humaine est incommensurable et n’a pas fini de faire des ravages.

Jacques Cecius, Spa, le 12 avril 2003 complété le 2 juillet 2007
source : http://prolib.net/pierre_bailleux/libresens/208.014.antoinisme.htm

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Pierre Dor, le neveu prophète

Publié le par antoiniste

    La soeur de Louis Antoine, Marie-Josèphe, née le 10 janvier 1841, de 5 ans son aîné se marie avec un membre de la famille Dor en 1865. "Marie Josèphe alla porter [les tartes pour la communion de Louis] la veille au boulanger pour qu'il les mît cuire dans son four. En revenant elle s'attarda un peu. On l'avait vue, à la croisée des cinq chemins, qui causait avec le fils Dor." (Robert Vivier, p.26)
"Elle eut tout de suite un garçon, Pierre, et elle allaitait une petite fille" (Robert Vivier, p.39)

    Pour Robert Vivier, il était intelligent et apprenait si bien à l'école, comme Louis en son temps (p.104).
    Dans l'Enseignement (paru en 1905), Louis raconte : "Je continuai donc à me rendre à ces séances auxquelles prenait part trois demoiselles de la famille, bons médiums, qui vinrent par la suite à une réunion chez moi. Ma femme était très heureuse de m'accompagner à ces séances, de même qu'un neveu (cf. Robert Vivier, p.158) qui vit rapidement se développer sa faculté médianimique. Je parvins également à développer la mienne.
Pierre Debouxhtay, p.54-55

    A la seconde séance où il assista, Pierre Dor sentit une main légère le toucher alors que l'obscurité était complète. La main voltigea autour de lui, le frôla au front, à l'épaule, donna des petites tapes sur le dos de sa propre main. Pierre était hardi, il voulut attraper cette main au vol. Mais ce fut comme si la main s'était évaporée. Monsieur Ghaye reprocha au jeune Dor d'avoir lâché la table : ainsi la chaîne s'était rompue, et le fluide avait manqué à l'esprit.
    Antoine était frappé. Voilà que la faculté mystérieuse touchait un être de son sang. Et le pouvoir de Pierre Dor augmentait de semaine en semaine. Ce qu'il lui arriva de plus extraordinaire fut de voir une figure blanche, habillée comme une statue, traverser lentement la prière. Une des demoiselles aussi l'avait aperçue.
Jamais plus, malheureusement, les conditions ne furent aussi bonnes que ce jour-là.
    La médiumnité de Pierre Dor encouragea Antoine à essayer une séance aux Quatre-Ruelles. il invita les trois demoiselles, ainsi que Gony et Pierre Dor, et le menuisier Debroux, de Crotteux. Le jeune Louis (le fils des Antoine) assistait pour la première fois à une séance de ce genre. Tout se passa fort bien. Aussi Antoine décida-t-il d'organiser un groupe spirite.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.164-65.

Pierre Dor, le neveu prophète
Jemeppe - Rue de la Station (maison Delhaize à droite)

    Pierre Dor sera l'intermédiaire pour Louis Antoine de la Maison Delhaize, rue Grand-Vinâve à Jemeppe, à la fin de l'année 1900. Par cet intermédiaire, le Père achetait des flacons d'extrait de viande La Plata qu'il remettait ensuite aux malades qui le consultaient (Pierre Debouxhtay, p.76).
    La même année, Louis Antoine paya chez Dor Nicolas, cordonnier, rue du Pont, une paire de souliers pour 7 francs 50, afin de les remettre à Hollange. Il était alors infirme, et demeurant à Seraing, rue de la Vecquée, chez Noël Claes. Louis Antoine le soigna et le guéri : "il est devenu un croyant sincère et il vient me voir toutes les semaines" (Pierre Debouxhtay, p.76).

    Mme Kuntz, habitante du coin de la rue Bois-de-Mont et des Tomballes, vend sa maison au neveu de Louis Antoine, Pierre Dor, qui ouvre avec sa femme un café-restaurant. A droite, dans la rue Bois-de-Mont se situe la maison des Antoine.
    A l'automne 1900, les Antoine achète la maison à gauche du café, dans la rue des Tomballes, pour recevoir les malades. Et le 25 décembre, on inaugure la salle du guérisseur. Une gardienne fait entrée les souffrants un à un selon le jeton en zinc qui leur a été remis en entrant.
    En mars 1904, on ouvrit une porte dans la rue des Tomballes.
    En 1905, les Antoine font construire un temple à l'emplacement de la salle de réunions des Vignerons du Seigneur. Il reçoit jusqu'à 400 malades par jour.
    En 1906, on construit un bureau et une salle d'attente, et la grande salle, transformée, devient le temple.
d'après Robert Vivier, p.246

    Soeur Guillaume et Cécile Litienne firent la connaissance du Père par l'intermédiaire de Pierre Dor, en 1903. Le mari de Mme Guillaume, en faisant la traversé du Havre à New-York parla avec le neveu.
    "Nous avons pris une chambre chez Jean (certainement une erreur de prénom) Dor qui tenait commerce au coin. Au bout de quelques semaines, Maman allait très bien ; elle marchait partout où elle voulait, aller même monter la grande côte avenue Smeets.
    extrait de lettres dans Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

    Au risque d'être accusé de népotisme, Antoine avait loué la maison du coin de la rue des Tomballes à son neveu Pierre Dor (le futur Père Dor) : la femme de ce dernier y ouvrit un "café" où les visiteurs d'Antoine pouvaient se restaurer. Le commerce marcha si bien qu'après six années Mme Dor put acheter huit maisons d'une valeur de 18.500 francs; il lui restait encore 5.000 francs. (Renseignements donnés par le Père Dor, en tête de son livre Christ parle à nouveau [1913], p.10) (Pierre Debouxhtay, p.91).

    Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.266

    Il n'était pas jusqu'à son neveu Pierre Dor, contre qui il ne parlait jamais : pourtant celui-ci avait fondé un culte, là-bas, dans le Hainaut, et laissait dire par ses disciples qu'Antoine de Jemeppe n'était que Jean-Baptiste et que lui il était le Christ.   
        Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.332

    Regis Dericqueboug cite un extrait de Le Christ parle à nouveau (Watermael, imrpimerie Paternotte, 1912)
1. Ne croyez plus en Dieu comme vous le comprenez car ce n'est guère ainsi que je vous l'ai révélé.
2. Il n'est ni un esprit, ni un être à prier comme vous le faites sans cesse croyant être exaucés.
3. Non ce c'est pas ainsi qu'il faut l'interpréter et non plus de cette façon que vous devez l'aimer.
4. Dieu est au coeur de l'homme, et vous le sentirez quand vous pratiquerez ce que j'ai enseigné.
5. D'aimer vos ennemis et de bien pardonner à ceux qui vous causent des peines et des contrariétés.
6. Si je parle à nouveau, c'est pour vous exhorter à changer d'un chemin qui peut vous égarer.
7. Car Dieu, vous ne priez que pour lui demander tous les biens de la terre, la fortune, la santé.
8. Tout cela non pour faire la charité et encore moins pour vous améliorer.
9. Mais seulement pour vous amuser dans vos vices, vos passions dites de bestialités.
10. Or de cette façon, vous vous écartez du chemin du bonheur que vous cherchez.
Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.84-85

    Cet auteur y voit un "témoignage  d'un messianisme christique dans l'antoinisme naissant" (p.128)

    Né le 15 mai 1862 à Mons-Crotteux, il souffrit aussi d'une maladie mal définie, et à 38 ans un accident le força a abandonné son métier. Il tint ensuite le café-restaurant au coin du futur temple. Au bout de six ans, il acheta huit maisons qu'il loua. Puis il annonça qu'il était le vrai messie, et que Louis Antoine n'était que son Saint Jean-Baptiste. Après un essai à Grivegnée (banlieue de Liège), il revint à Jemeppe et colporta des publications de son oncle (Pierre Debouxhtay cite la déposition d'un garde-champêtre qui le rencontra pendant sa besogne, sur sa casquette avec une plaque portant "Antoine le Guérisseur", Louis Antoine le désapprouva et lui déclara qu'il n'était plus dans le fluide voulu). Pierre Debouxhtay voulait explorer la doctrine du neveu dans le second tome Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme qui ne vit jamais le jour.
    Puis un adepte russe guéri lui propose de venir en Russie (Lioubimovsky-Любимовский et Taganrog-Таганрог). Là il eut une certaine notoriété comme guérisseur, puis fut inquiété par les autorités.
   Revenu en Wallonie, il s'installa à Jemeppe, puis à Roux-Wilbeauroux en août 1909. Après une première salle, il fonda un temple, l'Ecole morale qu'il dédicace en 1912. Puis il s'installa à Uccle. Régis Dericquebourg précise : "l'instruction de Pierre Dor ressemble à celle de son oncle mais il y ajoute une touche plus moralisatrice". (p.32)

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