Martin-Joseph Gaye et Marie Catherine Josephine Dor


Martin Joseph GAYE (né à Grandhan, le 3 mai 1834 - meurt à Jemeppe-sur-Meuse, le 27 avril 1905), domicilié à Tilleur, est journalier en 1822, puis marteleur à la Société Cockerill en 1858. Il se marie le 7 janvier 1857 à Jemeppe-sur-Meuse avec Marie Catherine Josephine Dor (née à Jemeppe le 23 octobre 1833), verdurière en 1857, ménagère en 1858, sans profession en 1882. C'est une tante du Père Dor (cf. arbre généalogie).
Il habite rue Surlet, impasse des jardins, à Liége en 1882 lorsque sa fille Marie Virginie GAYE née (Tilleur, 15 août 1858 - Liége, 9 juin 1884), Elle est journalière en 1882 (elle se marie à Liége le 10 juin 1882 à Henri Joseph MALLET (???? - Liége, 9 juin 1884)).
C'est en 1884-1886, que Louis Antoine fut invité par son ami Gustave Gony à des réunions spirites se tenant chez M. Gaye à Tilleur. Robert Vivier (qui l'appelle Ghaye) indique qu'il tenait alors un "petit café honorablement estimé".
En 1891, on apprend qu'une Mlle Guillemine Gaye a prononcé un discours de condoléance lors des funérailles spirites de Mme Marie-Charlotte Piron (un des premiers de ce genre ). M. Gustave Gony a rendu hommage aux convictions et qualités de la défunte. Dans Le Messager, on apprend également qu'un Jules Gaye était engagé comme secrétaire pour la Société spiritualiste de Seraing. On ne connait pas les liens de parenté entre ces homonymes.
Il meurt le 27 avril 1905 et c'est aux Vignerons du Seigneur (nommé Société spirite Antoine dans la nécrologie du Messager) que revient la tâche de procéder à son enterrement spirite. Sa tombe, rare spécimen d'une pierre tombale spirite, est toujours visible au vieux cimetière de Jemeppe (rue Aripette).
M. Pierre, antoiniste et thaumaturge (La Presse, 26 février 1950)
L'étonnant M. Pierre pulvérise la maladie en joignant les mains
Nous en sommes navrés pour nos amis de l'Ordre des Médecins, mais sans doute allons-nous devoir, à cause d'eux, ouvrir dans nos colonnes une rubrique permanente pour la défense des guérisseurs dignes de ce nom.
Ceux-ci, en effet, continuent d'être l'objet, de la part des organismes médicaux officiels, de poursuites judiciaires que justifie sans doute la défense des intérêts matériels de la corporation médicale, mais que la logique, le bon sens ni l'intérêt des malades ne sauraient accepter.
Ces procès n'ont, au surplus, qu'un résultat certain : attirer l'attention sur le guérisseur et drainer vers lui la foule des malades que la Faculté abandonne et que le guérisseur qui n'a que deux bras est à son tour dans l'impossibilité de soigner.
Nous n'aurions, par exemple, probablement jamais entendu parler de « Monsieur Pierre » si, par la grâce des syndicats médicaux de la Seine, son nom ne figurait, cette semaine, au rôle des chambres correctionnelles. (Lire la suite page 5.)
(Suite de la première page.)
« Monsieur Pierre » est un thaumaturge de la lignée des Papus (Dr Encausse), du mage Philippe ou du fameux Charles Parlange. On peut s'interroger sur son étrange pouvoir, on ne peut nier qu'il guérisse. On a le droit de manifester quelque incrédulité devant ce qui est extraordinaire, inexplicable ; on n'a pas le droit d'appuyer cette incrédulité sur un article du Code et revenir au curieux temps de l'Inquisition.
Jusqu'à ces dernières semaines, « Monsieur Pierre » ne demandait rien à personne ; il se contentait de recevoir dans sa bicoque de l'avenue Aristide-Briand et de soulager, voire de guérir à Montreuil, ceux qui souffrent des misères physiques devant lesquelles d'autres s'étaient avoués impuissants. Tout cela gratuitement.
Devant les juges du tribunal correctionnel il ne pourra rien expliquer lui-même, si ce n'est donner la parole aux miraculés. Et ce sera, une fois de plus, devant un tribunal désarmé, le défilé classique des malades guéris venant crier leur reconnaissance et leur foi.
Qu'est-ce que la médecine et l'ordre des médecins auront gagné à l'affaire ?
Découverte d'une vocation
Grand blessé de la guerre 1939-1940, Pierre Bouis eut la première et inconsciente révélation de ses dons lorsque les médecins voulurent lui couper le pied menacé par la gangrène. Bien qu'il ne fût pas particulièrement croyant, il fit, à ce moment, une fervente prière afin que Dieu lui épargnât ce supplice. Au moment où on l'étendait sur la table d'opération et où le chirurgien s'apprêtait à l'opérer, sa plaie s'ouvrit et se vida de tout le pus qui l'infectait. Pierre Bouis conserva son pied. Il mit cela sur le compte de la foi et n'y pensa plus. Jusqu'au jour de 1942 où la vieille femme chez qui il logeait alors, rue Joseph-Dijon, à Paris, lui dit à l'oreille à brûle-pourpoint : « Quel dommage, monsieur Pierre, de laisser inemployés d'aussi magnifiques dons. Vous devez guérir ».
Incrédule, Pierre Bouis se laissa pourtant entraîner au culte Antoiniste où sa logeuse fréquentait assidûment, et en éprouva un tel bien-être physique qu'il en fut troublé. « Vous pouvez guérir » lui répéta la vieille femme.
Il travaillait, à l'époque, aux Beaux-Arts. Le lendemain même de cette « révélation », une de ses collègues de bureau l'entretenait de l'état désespéré de son père. M. Werner, ancien directeur des Beaux-Arts, alors âgé de 72 ans, et qui se mourait d'une tumeur à l'estomac. Inconsciemment, Pierre Bouis lui demanda si elle n'avait pas une photo du malade, la prit entre ses mains et se mit en prière. Huit jours plus tard, M. Werner était sur pied et la radio ne révélait plus aucune trace de sa tumeur. M. Pierre ne devait plus cesser de guérir.
Des guérisons miraculeuses
Un numéro de La Presse ne suffirait pas pour citer toutes les lettres qui s'étalent sur la table de la petite cuisine de Montreuil. Il suffit de savoir qu'il y eut parfois jusqu'à deux cents personnes à la porte du guérisseur pour comprendre le succès de ses cures et... l'inquiétude des médecins. Car, encore une fois, Pierre Bouis ne demande rien à personne.
Dans la seule rue de Romainville, à Montreuil, il a soigné soixante personnes. Cinquante-huit sont guéries – et l'écrivent – les deux autres n'ayant reçu qu'un soulagement passager. Voici un bébé que ne marchait pas, et qui est ressorti sur ses jambes de la petite maison de M. Pierre.
Voici un jeune homme qui est venu frapper ici avec, dans ses bras, sa fiancée totalement paralysée par la poliomyélite : ils sont aujourd'hui mariés et heureux. Voici un malade qui avoue avoir consulté cinquante médecins et vingt et un guérisseurs avant de venir ici : guéri. Une femme de 71 ans qui ne pouvait plus marcher depuis plus de douze ans : guérie. Un gardien de la paix, tuberculeux : guéri. Un cafetier d'Enghien-les- Bains, laryngite tuberculeuse : guéri. Une vieille femme aveuglée par la cataracte : guérie. Un mutilé de 1914-1918, hypérité, qui a souffert le martyre pendant trente ans : guéri. Un tétanos abandonné par tous les médecins de Châteaudun : guéri. Et des sciatiques, des rhumatismes, des eczémas, des poumons mal en point, des cœurs qui flanchaient : guéris, guéris, guéris. Tous les malades, d'ailleurs, n'ont pas la force de venir jusqu'à la petite maison de Montreuil, M. Pierre prie pour eux et guérit à distance. Voici un jeune homme atteint de méningite, état désespéré. M. Pierre invoque la petite sœur Thérèse, il est pris d'un grand tremblement. A des kilomètres de là, l'enfant, à qui l'on n'a rien fait, la Faculté s'étant avouée impuissante, est guéri.
Un de nos confrères, écrivain de talent à qui l'on a coupé la jambe au-dessus du genou et que la gangrène menace néanmoins, est condamné. Une de ses amies accourt chez M. Pierre qui se met aussitôt en prière. Il est sauvé, à la stupéfaction des chirurgiens, toute trace d'infection a brusquement disparu.
Cette vieille femme de 71 ans, enfin, qui sera demain à la barre du tribunal, et qui, au Canada, atteinte de pneumonie double, était dans le coma. A la demande de sa belle-fille, M. Pierre se met ici en prière. Il est 17 heures. On saura plus tard qu'à 17 h. 03 (heure française), la vieille dame s'est soulevée sur son lit et a dit : « J'en ai assez de tous vos médicaments, je suis guérie ». Elle est aujourd'hui en France pour apporter son témoignage.
Tels sont les faits que Pierre Bouis a, selon l'usage, été amené à confesser au juge Goletty, puis au Dr Desrobert de l'Institut médico-légal et enfin au Dr Gouriou, de Villejuif.
Au siècle de l'atome, du radar et de la télévision, ils peuvent justifier quelque incrédulité. Nous ne nous faisons pas faute nous-mêmes d'en manifester à l'occasion. Nous demandons seulement, et très respectueusement, aux experts s'il est bien de la compétence d'un tribunal correctionnel d'en débattre ?
La Presse, 26 février 1950
Octave C. Houart, spirite à Seraing

0ctave Constant Houart (ca. 1845-1927) a été président de l'Union Spirite de Seraing. Il prononcera à ce titre le discours funéraire pour le fils du Père et de la Mère.
Il faisait également partie des Vignerons du Seigneur d'après Robert Vivier. Mais à notre connaissance, il ne suivra pas le Père dans la fondation du culte antoiniste.
Marié à Adèle Daloze (née vers 1848), une nécrologie paraît dans Le Messager du 15 avril 1876 pour leur fille, Octavie-Adèle Houart, décédée en bas âge (18 mois, née à Seraing le 29 septembre 1874), au domicile, rue des Houilleurs (à sa naissance, ils habitent rue Saint-Eloi). L'article indique simplement que les spirites de Seraing procèderont à l'enterrement (L'Union spirite de Seraing sera constituée en association deux ans plus tard). C'est Auguste Dor qui se chargea du discours lors des funérailles. On ne connaît pas son degré de parenté avec le Père Dor.
0ctave C. Houart meurt vers le 31 mars 1927. On le dit ancien chef de bureau des Charbonnages Cockerill, à Seraing. Il est enterré au cimetière des Biens Communaux, à Lize-Seraing. Adèle Houart, née Daloze, meurt le 27 décembre 1906, à 69 ans.
Ils ont un fils, Octave Adelin Houart (1872-1929), qui sera industriel.
D'après un article de 1903, où il est mentionné comme président du Cercle d'arboriculture et de culture maraîchère de Seraing, on sait qu'il habite rue de la Baume, 146, à Lize. Il faisait également partie de l'Œuvre du vestiaire (sorte de bourse aux vêtements).
Il possédait la Manufacture de caoutchouc Octave Houart (fondée en 1889), à Sclessin, Quai François Timmermans (quai de l'industrie avant 1886), et dont François Tinlot (architectes de plusieurs temples antoinistes) fit les plans en 1925.
Ils ont encore un autre fils, Marcel qui reprendra la direction de l'entreprise industrielle familiale, qui est alors devenue les Etablissements Octave Houart, spécialisée dans les isolants électriques. L'entreprise existe toujours sous le nom Doedijns Fluid Industry (pneumatique et instrumentation). Marcel se marie religieusement avec Denyse Gérard, d'une famille de meuniers, brasseurs et bourgmestres de père en fils à Ocquier. Il reçoit en 1946 de la Croix Rouge la médaille de première classe avec barrette or pour sa "belle conduite pendant la guerre 1940-45". On évoque également un Jacques Houart dans un article de 1947 sur la reconstruction des locaux détruits par la guerre. Ce dernier, administrateur-directeur, meurt accidentellement le 9 août 1966 à 44 ans seulement.
Né en 1872, Octave Adelin Houart meurt à 56 ans le 26 mars 1929. On le dit alors industriel et ancien conseiller communal.
Le caveau de famille dès lors est situé au cimetière d'Ocquier (commune de Clavier, entre Huy et Durbuy), mais Le Messager décrit également la sépulture de la famille O.C. Houart, au cimetière de Seraing.
Arthur Haulot, résistant, poète et conteur belge

Arthur Haulot, O.M.W. (Ordre du Mérite Wallon, 2012, à titre posthume), né le 15 novembre 1913 à Angleur, et mort le 24 mai 2005, est un résistant, poète et conteur belge.
Né le 15 novembre 1913 à Angleur en Belgique, Arthur Haulot grandit dans un foyer peu riche mais heureux. Il est marqué très jeune par son père ébéniste, militant socialiste. Dans À la recherche de sens : 200 noms de dieux, de Jean Olivier (EdiPro, 2019, de l'émission télévisée "noms de dieux", d’Edmond Blattchen et Jacques Dochamps), on apprend que sa mère est croyante, antoiniste.
À l'âge de 16 ans, Arthur quitte l'école pour travailler à la Fabrique nationale de Herstal puis dans une banque coopérative où le travail de comptable ne le passionne guère. Grâce à Isi Delvigne (orateur socialiste) qui remarque ses qualités littéraires dans le Journal des Petits Faucons rouges, Arthur Haulot est engagé en 1931 au journal La Wallonie où il entame sa carrière de journaliste. Quatre ans plus tard, il devient journaliste reporter à l'Institut national de radiodiffusion jusqu'en 1937, date à laquelle il devient attaché de cabinet du ministère des communications.
En 1938 il est nommé inspecteur à l'Office National des Vacances ouvrières puis il fonde le commissariat général au tourisme avec son ami Henri Janne.
La guerre éclate
En mai 1940, lors de l'invasion allemande, Haulot est contraint d'entrer dans la clandestinité car il est membre du parti socialiste belge. Lors d'une opération clandestine qui se déroule à la fin de l'année 1941, il est arrêté par la Gestapo puis emprisonné à Bruxelles à la prison de Saint-Gilles. Malheureusement, à cause d'un attentat commis au restaurant ‘‘Le Cygne’’, réservé aux officiers allemands, Arthur Haulot se retrouve « incorporé » dans un groupe de 40 otages victimes de l'opération "Nuit et brouillard".

Arthur Haulot, Dachau (Wikimedia_Commons)
Il est déporté au camp de Mauthausen où, âgé de 29 ans, il tient bon malgré les privations, les mauvais traitements et le travail exténuant. En novembre 1942, il est transféré au camp de Dachau où il participera au Comité international clandestin comme représentant des prisonniers belges. Il sera l'adjoint de Pat O'Leary (Albert Guérisse), Président du Comité, lorsque ce dernier assurera le commandement du camp lors de la libération de celui-ci par la division Rainbow de l'armée américaine.
Considérant que « jamais nous ne tombons ni ne nous élevons si haut que dans des circonstances exceptionnelles » Arthur Haulot dit de sa tragique aventure : « Si je sors d'ici vivant, je ne regretterai jamais d'y être passé ».
L'après-guerre
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il témoigne en 1945 de l'horreur des camps de concentration dans un livre intitulé Dachau. Afin de commenter personnellement le procès de Nuremberg, il exerce à nouveau durant quelques mois son ancien métier de journaliste au journal Le Peuple. [...]
Afin de récompenser de telles actions, le roi Baudouin le fait baron alors qu'il vient d'obtenir le titre de docteur honoris causa donné par l'université Paris-8 à une personnalité étrangère, dont l'engagement et les œuvres s'inscrivent dans l'esprit de l'université. [...]
Arthur Haulot était franc-maçon, membre actif de la Loge Action et Solidarité n°1 du Grand Orient de Belgique.
Arthur Haulot est mort le 24 mai 2005 laissant la Belgique orpheline d'un « résistant, poète, conteur, nouvelliste, essayiste » soucieux des relations humaines entre tous les peuples. »
Les sept merveilles de Belgique
Soucieux de l'image touristique de la Belgique, il eut l'idée en 1978, en tant que Commissaire général au tourisme à l'époque, de la notion des sept merveilles de Belgique1.
- L'Agneau mystique de Gand- Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy de Liège
- La châsse de Notre-Dame Flamande à Tournai
- La Descente de Croix de Rubens à Anvers
- La Chute d'Icare de Pieter Breughel à Bruxelles
- Le reliquaire de Sainte-Ursule de Hans Memling à Bruges
- Le trésor d'orfèvrerie d'Hugo d'Oignies à Namur
source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Haulot
Il intervient dans un livre de Christian Libens Sur les pas des écrivains à Liège où il évoque le temple de Hors-Château.
Frère Pierre précise encore :
Hector Adam, huissier de la Chambre
Nous avons dit naguère – et « La Meuse » l'a rappelé il y a trois jours – que les « Antoinistes » avaient adressé une requête au Parlement sollicitant la reconnaissance de leur culte. Cette requête était constituée de nombreuses fardes qui renfermaient 163 mille signatures. On y avait adjoint le texte, bellement relié, de la philosophie du fondateur du culte nouveau.
La Commission des pétitions de la Chambre, après un rapide examen de cette requête, renvoya celle-ci au « ministre compétent », en l'occurrence le ministre de la justice, qui a les cultes dans ses attributions.
Nous nous sommes adressé, à ce propos, aujourd'hui même, à une haute personnalité, qui nous a dit :
– La pétition Antoiniste ... Oui, je sais bien : il y a une montagne de paperasses qu'on a reléguées je ne sais où, quelque part dans les combles... Cela vous étonne ?... Qu'est-ce qu'il y a de sérieux, là-dedans ?... Vous me dites qu'il y a 163,000 signatures. Soit. Mais qui les a apposées ? Ces signatures sont-elles authentiques ; ont-elles été données librement ou plutôt spontanément ? Voilà ce qu'il faudrait savoir. En réalité, pour avoir de la valeur, ces 163,000 signatures devraient être légalisées. Tel est « a priori », mon sentiment.
– Et si elles étaient légalisées ?
– Cela ne suffirait pas pour accorder la chose demandée.
Dans vingt, trente ans, ou cinquante ans, si l'Antoinisme subsiste et s'il a pris du développement, nous en reparlerons peut-être ».
Et le haut fonctionnaire, cela dit, s'est mis à compulser un dossier qu'il avait sous les yeux.
UN ADEPTE
Bruxelles possède une section du culte Antoiniste. C'est un officier retraité, aimable homme entre tous, qui la dirige. Elle compte un certain nombre d'adeptes – et même d'adeptes très fervents. Témoin, cet huissier de la Chambre que Père Antoine guérit d'une maladie d'estomac.
– J'étais un incroyant ou, en tout cas, un sceptique, nous déclare M. Adam – c'est le nom de l'huissier – lorsque, souffrant atrocement d'une maladie d'estomac, je rencontre, dans le pays de Liége, une tante qui me dit : – Tu as bien tort de souffrir ainsi, quand tu peux être guéri sur le champ. – Guéri sur le champ ? Que dites-vous là, ma tante ? Et par qui donc ? – Mais par Antoine !
Elle me fit un éloge enthousiaste du Guérisseur. J'allai le trouver, mais en simple curieux, toutefois, plus intrigué que disposé à ajouter la moindre foi aux déclarations de ma parente. Antoine me fit l'impression d'être un bon vieillard, extrêmement compatissant. Il me dit que je penserais à lui et que je guérirais. Je me refusais de penser à lui et pourtant son souvenir me revenait à chaque instant. Il me revint surtout à de certains jours qu'il m'avait, en quelque sorte, fixés lui-même. Bref ! Je sentais ma santé revenir ; elle revint même tout à fait... Aussi, je n'hésite pas à dire que c'est à Antoine que je dois ce miracle. A Antoine dont j'ai adopté les magnifiques préceptes de sagesse et d'humanité. A Antoine que je n'oublierai jamais...
– Avez-vous signé la requête des Antoinistes réclamant la reconnaissance de leur culte ? demandai-je à M. Adam.
– Des deux mains ! me répondit-il, simplement.
Valentin de MARCY.
La Meuse, 29 juin 1912 (source : Belgicapress)
Mme A. de Poncey, spirite médium, guérisseuse... et journaliste
On n’en sait peu sur Mme A. de Poncey quant à son attachement avec l’Antoinisme. Dans le Fraterniste, elle demande à faire inclure dans les colonnes quelques moments importants de la création du culte, comme les Derniers Echos des Fêtes Antoinistes, L'Inauguration du Temple Antoiniste de Paris ou encore celle du temple de Monaco.
C’est à cette occasion qu’on apprend qu’elle habite Paris. Elle changera plusieurs fois d’adresse.
C’est dans la presse qu’on en retrouve des traces, notamment par une petite annonce parue dans plusieurs journaux : Le Petit Parisien, Gil Blas ou Le Matin en 1905 et 1906) :
Le Matin, 16 novembre 1905 Le Matin, 22 octobre 1906
Elle figure encore parmi les médiums recommandés de la Revue Spirite (janvier 1907) : 191, rue du Faubourg-Saint-Honoré. – Médium voyant et Psychomètre. – Somnambulisme, de 2 à 6 heures, sauf le dimanche.
C’est dans la revue spirite L’Écho du Merveilleux qu’on apprend qu’elle était également guérisseuse et comment elle procédait.
On fait sa connaissance dans le numéro du 1er juillet 1905 (p.253) :
Madame de Poncey
MÉDIUM VOYANTE
J'ai rencontré tout dernièrement une personne dont la lucidité a acquis un certain renom : Mme de Poncey.
Elle habite au 113 de la rue du Temple et s'est associée avec Mme Renault, masseuse diplômée de l'école dé magnétisme d'Urville, afin d'être utile, le plus possible, à l'humanité souffrante.
Les services que Mme de Poncey peut rendre aux malades sont multiples : elle ressent leurs malaises et dépeint leurs maladies ; à l'état de transe, et en donnant la main à la personne qui souffre, elle prend, momentanément, son mal et permet au malade un repos réparateur. Sur ses indications, son amie, Mme Renault, dont le fluide est puissant et bienfaisant, massé ou magnétise le malade. Elles peuvent, ainsi, s'aidant l'une par l'autre, obtenir une sérieuse amélioration et, en persévérant, la guérison.
Mmes de Poncey et Renault ont soigné des tuberculeux, des épileptiques, etc., avec succès, m'assurent-elles.
Je n'ai pas de peine à le croire ; j'ai été déjà témoin de ces phénomènes, et sais, par expérience, que le magnétisme peut améliorer, de façon sensible, l'état d'un malade.
Mme de Poncey a les traits fatigués de la personne qui s'abandonne souvent aux expériences psychiques.
Il n'est pas de jour où elle ne s'endorme, où on ne l'endorme, pour tenter quelques expériences.
Elle me fait des récits qui tiennent du merveilleux ; elle me cite des noms, me prie, avec insistance, de prendre des renseignements, et, sûre d'elle, me demande de bien vouloir lui permettre de me donner des preuves de ce qu'elle avance.
Intéressée, j'accepte la proposition.
… Mais quelle force se met entre nous, pour empêcher toute expérience ? A peine endormie, Mme de Poncey se sent accablée ; elle ne peut arriver à se dégager, à se mettre dans l'état de transe, qui permet à son esprit de lire dans l'astral.
Ce contre-temps me prouve la sincérité du médium, et s'il me contrarie un peu, il ne me décourage pas.
Les médiums sincères sont ainsi faits : ils ont leurs heures et leur clairvoyance est sujette à ces intermittences.
Après de vains efforts, je préfère, momentanément, abandonner l'expérience et je demande que l'on réveille le sujet, afin de pouvoir m'entretenir avec elle sur les causes qu'elle attribue à ces différents phénomènes.
Mme de Poncey se réveille lentement, et reste accablée, étourdie.
Elle se remet peu à peu, et je peux l'interroger :
– A quoi attribuez-vous le malaise qui a nui à votre lucidité ?
– A une force occulte qui se met entre nous. Cela arrive quelquefois. Elle émane, parfois, de la volonté des vivants ; d'autrefois, et le plus souvent, de la volonté des morts. Tenez, un exemple : j'ai reçu, il y a peu de temps, la visite d'une jeune femme qui venait me consulter au sujet de la fatalité qui s'attachait à elle, au sujet d'un mariage qu'elle voulait contracter. Les deux parties étaient consentantes et, malgré cette chose principale, la date fixée se reculait au fur et à mesure que les jours passaient. Toujours, un accident survenait pour mettre un nouveau terme de séparation entre les deux conjoints. Désolée, Mme X... venait demander à ma lucidité de lui révéler quelque chose à ce sujet.
« A peine endormie, je fus sous le coup d'une impression pénible. Quelque chose s'acharnait après moi, me mettant dans le trouble.
« Comme ma consultante, ignorante de ces sortes de phénomènes, avait déjà sur les lèvres un sourire sceptique, je résolus – et Mme Renault avec moi – de prolonger la séance et, coûte que coûte, d'arriver à vaincre la force mauvaise.
« Après bien des tentatives vaines, je parvins à apercevoir une forme qui se dressait entre moi et la consultante. D'abord imprécise, elle se modela peu à peu et devint assez visible pour que je puisse en faire la description à Mme X... Bientôt, avec un étonnement mêlé d'effroi, ma cliente reconnaissait la première femme de l'homme qu'elle voulait épouser, – elle avait oublié de me dire qu'il s'agissait d'un veuf.
« Maintenant, j'apercevais distinctement l'esprit. Il avait toutes les apparences d'un vivant, et brandissait, vers la consultante, un poing menaçant, qui avait presque apparence d'une griffe. »
J'interrogeai :
– Vous croyez donc, comme beaucoup d'occultistes, que les morts peuvent avoir une influence sur la vie des vivants, et que beaucoup d'événements sont leur œuvre ?
– Je le crois, et, grâce au don de lucidité que je possède, je puis l'affirmer, car je les vois, et les démasque la plupart du temps.
– Alors, vous croyez que c'est une volonté étrangère qui vous a séparée de moi, tout à l'heure ?
– Oui, et si vous vouliez que nous recommencions l'expérience, je parviendrai, sans doute, à vous dire qui elle est.
Mme de Poncey s'étant un peu remise pendant notre conversation, je me décidai à tenter, à nouveau, l'expérience.
Et, cette fois, non sans difficultés, Mme de Poncey me fit un portrait que je reconnus. Mais... c'était celui d'une personne vivante !
Dois-je imputer à elle, à sa volonté jalouse, tous les déboires de mon existence ?
Etrange ! Etrange ! Etrange !!!
Comme il se faisait tard, je ne voulus pas prolonger l'expérience et je remis à un autre jour les preuves de clairvoyance que le sujet tenait à me donner.
Mme de Poncey se prête encore, volontiers, à l’extériorisation de la sensibilité. A distance, elle ressent les piqûres d’épingles et peut faire sentir la présence de son double à une personne sensitive.
Actuellement, elle tente des expériences de ce genre avec une châtelaine éloignée, à laquelle elle veut apparaître à distance.
Elle espère ainsi obtenir, à bref délai, des phénomènes de matérialisation.
Je crois que Mme de Poncey est appelée à devenir un sujet très remarquable, et j'ai pris congé d'elle en l'assurant que, prochainement, je reviendrais tenter avec elle d'autres expériences.
Malgré tout, les phénomènes de ce soir ont été intéressants puisqu'ils tentent à prouver que le malheur a un visage, la fatalité un nom.
Que doit-on croire ?
Mlle Louis MAURECY.
Dans le numéro du 15 octobre 1909 (p.394-95), on lit :
LES VOYANTES
Nous recevons de notre collaborateur P. Borderieux l'intéressante communication suivante que nous publions tout en lui en laissant l'entière responsabilité.
Ce qui particularise les voyantes du genre de Mme de Poncey c'est l'absence absolue de moyens artificiels, employés pour se mettre en rapport avec l'être, ou le lieu, désigné comme champ d'étude. Point de magnétiseur auprès d'elle, aucun apparat mystérieux, sauf l'ample péplum blanc qu'elle affectionne, point enfin de ces crises pénibles, qui secouent la sybille et font songer aux antiques possédés de Saint-Médard.
Sa vision est objective, mais à l'état de veille, sans trance. Elle voit, comme voyaient les jeunes pâtres des Cévennes, ou les austères jacobites écossais : spontanément.
J'ai eu plusieurs fois, personnellement, l'occasion de vérifier l'exactitude d'une vision, ou d'une prédiction, faite par Mme de Poncey ; mais ces faits n'étant intéressants que pour moi seul, j'en dispenserai les lecteurs de l'Echo, préférant me faire le sténographe et le copiste fidèle de deux des personnes qui purent, mieux que moi, profiter des conseils et des pratiques de cette voyante, doublée d'une guérisseuse.
Mme de Poncey s'occupe de spiritisme et est un excellent médium, mais ce point ne doit pas nous intéresser ; c'est une faculté jointe aux autres, et rien de plus.
J'ai dit que sa voyance était naturelle, spontanée, sans aucune préparation. C'est, en quelque sorte, un état jaculatoire, soudain, qui projette tout à coup (dit-elle) son esprit hors de son corps, pour aller trouver l'esprit ou le lieu désigné.
Une théorie occulte prétend que l'une des plus grandes forces du Verbe, c'est-à-dire de la parole proférée, est d'évoquer l'esprit d'une personne au simple prononcé de son nom. Ainsi, si je nomme à haute voix M. Edmond Rostand par exemple, à son insu l'esprit du poète, ou tout au moins une partie de ce moi nuageux, nommé l'inconscient par nos psychologues, se trouve à mes côtés.
C'est certainement ce qui arrive à la voyante dont je parle.
Croyant aller à la montagne, elle fait venir la montagne à elle et, vu ses facultés de voyance, elle peut se rendre un compte exact de l'état moral, sanitaire ou intellectuel de la personne visée et du milieu qui l'entoure.
Pour les guérisons obtenues à distance, elles relèvent d'un ordre de lois similaires, mais que cette simple exposition nous interdit de développer ici.
En sa qualité de sensitive, Mme de Poncey a chez elle, très marquée, la science de la sympathie et de l'antipathie. A priori, elle juge son interlocuteur et son accueil est selon les cas plus ou moins chaleureux. Il faut croire que mes fluides ne lui furent pas trop désagréables, puisque c'est dans son salon, au 191 du faubourg Saint-Honoré, que j'entendis de la bouche d'un témoin le récit qui va suivre.
J'ajoute, avant cette relation sans commentaires, que cette voyante a surtout la sensation exacte de la sympathie qu'ont les gens pour elle par l'attitude qu'ont à son égard les animaux domestiques appartenant aux personnes chez qui elle se rend. Si, près d'elle, le chien de la maîtresse de maison grogne, si le chat se hérisse et jure à son arrivée, elle ne doit (du moins, l'affirme-t-elle) rien attendre de bon des maîtres du logis. Cette remarque incidente méritait d'être citée Mais revenons aux faits.
Le premier nous est conté par M. M..., ami de Mme de Poncey.
« Un après-midi de juin dernier, nous dit M. M..., distingué officier de marine, nous nous trouvions, Mme de Poncey et moi, parlant d'une de mes amies, Mme N. ., partie depuis deux ans, au Chili, et dont je n'avais pas reçu de nouvelles.
– Oh ! la voici, dit tout à coup mon hôtesse en souriant...
– Je la vois, continue-t-elle, dans une maison basse, au sein d'une forêt profonde. Dans une des salles que décrivit exactement la voyante, était Mme N... couchée sur lit de repos et profondément endormie. Je calculais mentalement la différence horaire entre Paris et Valparaiso et reconnus que Mme N... se reposait à l'heure de la sieste.
Mme de Poncey me dit se dédoubler et, après m'avoir fait une description détaillée du pays environnant, elle s'écria : – Mon Dieu, cette femme est en danger, je vois sur elle... (Ici, hélas, l'annonce d'un danger d'ordre domestique qu'on me permettra d'omettre). Surtout, recommande Mme de Poncey, surtout ne marchez pas nu-pieds (sic).
Un mois plus tard, je reçus une lettre de ma lointaine amie. Elle me confirmait l'exactitude de la vision précitée. La chaleur n'étant pas trop forte dans la forêt, il est très rare que Mme N... fasse la sieste. Une irruption soudaine de serpents venimeux rendit efficace le conseil de ne marcher que chaussé. Pour l'autre prédiction, elle se réalisa malheureusement. J'ajouterai que Mme N... eut, croit-elle, ce jour-là, un rêve dans lequel elle conversait avec un être qui lui donnait les meilleurs conseils. »
Mme de Poncey m'ayant confié une lettre, je la reproduis ici, en lui conservant sa tournure naïve et franche :
Lundi, 4 octobre 1908.
« Madame de Poncey,
« Au mois de juin dernier, mon enfant âgé de deux mois était très malade d'une inflammation d'intestins.
« Je ne savais que faire ; quoique ne croyant pas, je l'avoue, à votre pouvoir de guérir (surtout de loin), je me suis décidée à vous demander secours pour mon petit garçon, mais presque en désespoir de cause, comme une mère qui cherche tout pour sauver son petit enfant.
« Vous m'assuriez par lettre que le mercredi soir, entre neuf et dix heures, vous tenteriez de venir soigner mon entant, par dédoublement, et me conseilliez d'observer si, près de lui, un meuble ne craquerait pas, révélant votre présence occulte. Malheureusement, je n'ai reçu votre mot que le jeudi, voire lettre s'étant égarée.
« Quoique ignorante de tout ce qui est de vos pouvoirs, j'ai, en effet, le mercredi, entendu craquer un meuble (ce qui ne se produit jamais chez nous) ; le vendredi, mon cher petit allait mieux elle voilà maintenant, grâce à Dieu et à vous, en parfaite santé. Ce qui m'avait donné tout de même confiance en vous, c'est que vous avez été la première à me prévenir de ma grossesse et à m'annoncer que ce serait un garçon, ce qui fut parfaitement exact.
« En vous envoyant l'expression de ma vive reconnaissance, je souhaite que votre don soit connu par toutes les jeunes mères qui, comme moi, ont la crainte de perdre leur chérubin. Mon mari se joint à moi pour……. etc. « Mlle LOUISE B.... »
Voilà des faits. Ce n'est pas à moi de conclure. Certains diront que le procès des rebouteux est depuis longtemps clos. Pour ceux que Rabelais nommait sorbonistes, sorbonicoles : peut-être ; les honnêtes guérisseurs trouveront encore des témoins à décharge et de chauds défenseurs.
P. BORDERIEUX
La même revue l’interroge, avec d'autres voyantes, sur la disparition de La Joconde du Musée du Louvre en 1911.

Mme de Poncey, in Louis Malteste - Voyants et Médiums (Le Monde illustré, 21 mars 1908)
Dans cette même revue, on peut lire des témoignages de guérison (1er mars 1908, p.98 ; 1er mars 1909, p.98), et dans le numéro du 1er novembre 1905, une description de son salon de la rue Laborde :
Mme de Poncey habite, maintenant, au 42 de la rue Laborde. C'est là que je la retrouve, étrange, dans un cabinet non moins étrange. Celui-ci a la forme d'un cercle. Ses murs disparaissent sous de blanches draperies. En face de moi, se trouve une glace, et devant cette glace, une sorte d'autel, sur lequel sont disposés un chandelier d'argent, où trois bougies sont allumées de chaque côté, et deux brûle-parfums d'où se dégagent des vapeurs de santal.
La table, devant laquelle Mme de Poncey est assise, a la forme d'un croissant. Elle occupe le milieu de la pièce, et elle est revêtue de signes cabalistiques lunaires.
La voyante elle-même est habillée de blanc et un croissant d'argent brille dans sa chevelure.
Mme de Poncey m'explique que son costume et son cabinet ont été constitués avec un soin méticuleux, pour attirer les vibrations lunaires qui sont, par excellence, celles propices aux voyantes.
Est-ce cette influence qui donne à Mme de Poncey la précision de vision dont je suis le témoin, en cette seconde visite ? Est-ce la direction du professeur des Sciences Hermétiques qu'elle s'est adjoint et qui préside à nos expériences ? Je l'ignore mais, cette fois, je n'éprouve aucune déconvenue ! […]
– Et ce cabinet ? interrogeai-je.
– Vous savez sans doute, me répondit M. le Professeur des Sciences Hermétiques, que les vibrations lunaires, mercuriennes et venusiennes sont celles qui correspondent le mieux aux influences de la voyance. En réunissant autour d'un sujet tout ce qui porte la signature lunaire, c'est-à-dire pour la couleur : le blanc ; pour le métal : l'argent ; pour la forme : le croissant, on double autour de lui l'influence favorable à sa lucidité.
Le même numéro reproduit encore un portrait de Mme de Poncey. On peut voir un dessin de son cabinet du Faubourg-Saint-Honoré dans un article de la revue Le Monde illustré du 21 mars 1908.
Elle contribua également à l’Unitif, puisqu’on peut en lire un extrait dans Pierre Debouxhtay.
« Signalons encore la vision dont fut favorisé un disciple pendant son sommeil (9), et l'apparition d'Antoine, le lendemain de sa mort : « Dans son travail sur le premier Interprète du Père, notre sœur a signalé que lors de la désincarnation de notre Sauveur des personnes l'avaient vu se confondre avec Mère. Nous joignons notre témoignage au leur. Le lendemain des obsèques solennelles nous assistions à l'opération, le lundi, nous étions aux galeries bien en face de Mère et au moment du profond recueillement nous avons vu (je dis nous parce que nous étions trois adeptes ensemble dans le même cas) nous avons vu le Père se fondre avec Mère et ne faire plus qu'un, nous avons gardé le silence sur cette vision attendant que des personnes autres que des adeptes en parlent pour qu'on ne croit pas que c'était le résultat de notre désir, une illusion, qui nous donnait le bonheur de contempler notre Sauveur, présent parmi nous partout et toujours. – Poncey, 23, boulevard de Picpus, Paris. » (L'UNITIF, II, 9, p. 3).
Par un heureux hasard, j'ai fait l'acquisition d'une carte postale postée par la médium-guérisseuse Mme A. de Poncey qu'elle a envoyé du temple de Jemeppe en Avril 1909. Elle envoie une bonne pensée de Jemeppe à M. et Mme Bouzerot de Paris 18e.
Fr. Jean et Sr. Jeanne Lovinfosse (Temple d'Hellemmes)
Dans chaque bibliothèque des temples français, on trouve une douzaine de classeurs dont les feuillets sont parfois reliés. Appelés les Tomes, ils sont mis à la disposition des adeptes costumés. Ces bulletins ont été rassemblés vers 1945 par trois adeptes : le couple Jeannin, qui a vécu auprès de la compagne de Louis Antoine, aidé par M. Lovinfosse. Ils rassemblent des pensée s de Louis Antoine qui n'ont pas été reprises dans ses oeuvres, mais ils contiennent surtout des lettre dictées par la 'Mère' ou des avis qu'elle a donnés à propos de certaines questions. C'est pour cela qu'on connaît ces textes sous le nom de "Pensées de Mère".
Régis Dericquebourg, Les Antoinistes (p.62)
Frère Jean Lovinfosse (ici à droite) assisté de sa femme Jeanne (fille de Frère Galliez, tout premier desservants du temple de Lille) furent parmi les premiers desservants du Temple de Lille, consacré par un délégué du Collège des Desservants au Nom du Père le 10 novembre 1946. C'est à ce titre qu'il prie, dans cette carte postale du Temple d'Hellemmes, un frère de participer à la réunion du Conseil et de la Cultuelle.
On en sait pas beaucoup plus dans la littérature. Le nom de famille Lovinfosse est belge et plus particulièrement liégeois. Sœur Sylviane se rappelle que sa mère lui avait raconté que c'était la Mère qui avait marié frère et sœur Lovinfosse, très certainement à Jemeppe. Après avoir été desservant à Hellemmes, quand celui-ci a été bombardé pendant la Deuxième guerre mondiale, ils ont été desservants au temple de Lille.

Procession à Hellemmes (Le Grand écho du Nord de la France, 26 juin 1933)
Joseph Wettinck, Vigneron du Seigneur

Souvenir de Joseph Wettinck - LIège 1852- Jemeppe 1907 (numeriques.be)
la rue principale de Jemeppe (anciennement Rue de l'Hôtel de Ville), menant de la Rue de la Station à l'église, est nommée en honneur à Joseph Wettinck
Begrafenis van Joseph Wettinck, 1907. Zicht op de begrafenisstoet aan de schoenwinkel A. Bouhy-Wettinck
Enterrement de Joseph Wettinck, en 1907. Vue sur le cortège funéraire devant le magasin A. Bouhy-Wettinck
(opac.amsab.be)
Begrafenis van Joseph Wettinck, 1907. Zicht op de harmonie in de begrafenisstoet
Enterrement de Joseph Wettinck, en 1907. Vue sur l'orchestre du cortège funéraire
(opac.amsab.be)

Tombe de Joseph Wettinck, nouveau cimetière de Jemeppe
(photo de Raphaël Castelain)
Robert Vivier évoque une fois une Mme Wettinck dans la biographie romancée de Louis Antoine :
Rue Bois-de-Mont, la séance du dimanche était commencée.
Il faisait chaud dans la pièce, car la fenêtre était fermée et l'on était très nombreux : plus de quarante personnes. Les volets étaient poussés, et sur la cheminée on avait posé une lampe. Cela fait un effet bizarre, une lampe allumée en plein jour, dans cette obscurité toujours imparfaite des pièces closes. Mais les spirites y sont habitués, et cela ne frappait que les nouveaux venus.
La lumière un peu trouble changeait les visages, allongeait une moustache, grossissait l'ombre au coin d'une narine, enfonçait en triangle le creux d'une joue. Il y avait là pas mal de figures connues. Les fidèles Vignerons y étaient : Gony, Pierre Dor, Houart, Herion, et le mineur Martin Jeanfils, et Léon Foccroule, qui venait de loin, – de Poulseur. Ils étaient assis sur des banquettes et des chaises le long des murs. Dans un coin se serraient les femmes : Mme Decœur, Mme Guillaume, Mme Wettinck, d'autres encore. Plusieurs visages d'hommes étaient tout a fait inconnus. Émaciés, semblant plus déformés que le autres par la lumière de la lampe, leur mobilité inquiète et curieuse tranchait sur les physionomies rigides et recueillies des spirites.
Une gravure accrochée au mur représentait le Christ. La douce face extatique et blanche, aux paupières baissées, émergeait lumineusement de la pénombre. On distinguait mal le reste de la gravure.
Par une généalogie en ligne, on apprend que Mme Wettinck s'appelait Marie Louise, née Warnier (1855 à Jemeppe-sur-Meuse - 1926). Ils auront eut trois enfants.
Robert Crommelynck (peintre, descendant du Père Antoine)

Robert Crommelynck - Paysage (1937)
CROMMELYNCK (Robert-Hubert-Napoléon), artiste peintre, né à Liège le 17 mars 1895, décédé à Liège le 7 mars 1968.
Robert Crommelynck est issu d'un milieu modeste. Cadet d'une famille de quatre enfants, il passe son enfance dans la région de Liège et de Flémalle entre une mère sévère, aigrie par des années de sacrifices et un père affectueux, ébéniste de profession et artiste peintre à ses heures. [...]
Ces toiles se caractérisent par une facture lisse, presque léchée, une gamme terne et assourdie, une composition dépouillée et solidement équilibrée, au total par une grande économie de moyens. L'origine de cette inspiration est complexe. Certains, dont son biographe Jules Bosmant, ont vu dans cette œuvre une influence indirecte de l'ascendance du peintre, son grand-oncle maternel qui n'est autre que le Père Antoine, fondateur du culte antoiniste. Mais plutôt que conséquence d'un phénomène d'hérédité ou d'une crise religieuse (Crommelynck se défend de tout sentiment religieux) ces œuvres ne sont-elles pas l'expression d'une profonde crise morale issue de la période d'accablement ressentie pendant la guerre ?
Biographie nationale publiée par l'Académie Royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique
Tome quarante-deuxième - Supplément Tome XIV (Fascicule 1er), 1981
http://www.academieroyale.be/Academie/documents/FichierPDFBiographieNationaleTome2100.pdf
illustration : http://www.artnet.fr/artistes/robert-crommelynck/paysage-z_aQHxEn_F1VRWxEX6ks_w2
On a rapproché son art à celui de Manet et de Courbet, "le Courbet estompé et nuancé de l'Après-midi à Ornans" (Émile Daicer, La Revue de l'art ancien et moderne, 1823, p.351)

Acte de naissance de Robert Crommelynck (17 mars 1895)
Il est en effet le fils de Napoléon Bernard Robert Crommelynck (de Liège) et de Marie Joséphine Antoine, née à Flémalle Grande en 1843, nièce de Louis Antoine. Ils habitent alors dans la rue Grétry au numéro 78.

Robert Crommelynck - Gosse (non daté)
Mais le personnage le plus singulier de la famille est sans aucun doute le grand-oncle maternel le Père Antoine. Louis-Joseph Antoine (1846-1912), cadet d'une famille de huit enfants, est le fondateur du culte antoiniste. Son influence est grande. Guérisseur, il forme une véritable secte avec ses temples, ses ministres, ses emblèmes et ses rites. A sa mort, le culte antoiniste compte de nombreux adeptes autour de la maison-mère de Jemeppe, à travers la Belgique, la France et l'Amérique. Il est difficile de savoir si cet homme peu ordinaire a joué un rôle dans la vie du futur peintre, Robert Crommelynck n'en parle guère dans sa correspondance. Pourtant, beaucoup plus tard, après l'incendie qui ravage son atelier en 1946, il écrit dans ses notes manuscrites cette courte réflexion qui mérite d'être relevée : « Mon désespoir fut profond. J'appelai à moi tous les secours que je pus. Seuls ceux qui n'avaient nulle matérialité me joignirent : le Père Antoine que je suppliais de m'aider, quand, couché à même un plancher étrange, je sentais tout le poids de la nuit et de ma solitude m'écraser dans l'obscurité ». (Carnet de notes)
Régine Remon, Robert Crommelynck 1895-1968, exposition pour les cent ans de la naissance de l'artiste en 1995 à Liège.












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