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Musée de Folklore et des Imaginaires-08-Cercueil du Père (inventaire.proscitec.asso.fr)

Publié le par antoiniste

Musée de Folklore et des Imaginaires-08-Cercueil du Père (inventaire.proscitec.asso.fr)

 Description

Photo reproduisant une autre photo et un texte. Mention : « Cercueil du Père / D’après la demande du Père, son cercueil, fait de quatre / planches, rabotées et vernies, avait coûté : 14 francs. // Sur une table, recouverte d’un drap vert, se dressait le / cercueil aux arêtes rigides, orné seulement d’une réduction / de l’emblème en fer battu. ».

source : https://inventaire.proscitec.asso.fr/objets/musee-de-folklore-et-des-imaginaires/photo-culte-antoiniste-9/

amélioration par ChatGPT et Grok

    Il existe une autre photo du cercueil à l'entrée du temple de Jemeppe. L'Excelsior en a fait une reproduction pour son reportage.

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Musée de Folklore et des Imaginaires-09-Sous le drap vert (inventaire.proscitec.asso.fr)

Publié le par antoiniste

Musée de Folklore et des Imaginaires-09-Sous le drap vert (inventaire.proscitec.asso.fr)

 Description

Photo reproduisant une autre photo et un texte. Mention : « Sous le drap vert, couleur d’espérance, symbole de la réincarnation, le cercueil porté / par dix frères, lourds du poids de sa matière, avançait oscillant, hésitant, se reprenant / toujours, comme nous le faisons tous, sur le chemin des épreuves qui mène à la vie. »

source : https://www.inventaire.proscitec.asso.fr/objets/musee-de-folklore-et-des-imaginaires/photo-culte-antoiniste-10/

amélioration par Grok

    Il existe d'autres reproductions de cette photo durant le cortège funèbre. L'Excelsior en fit une reproduction pour son reportage.

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Musée de Folklore et des Imaginaires-10-21 aout 1921 (inventaire.proscitec.asso.fr)

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Musée de Folklore et des Imaginaires-10-21 aout 1921 (inventaire.proscitec.asso.fr)

 Description

Photo reproduisant une autre photo et un texte. Mention : « 21 aout 1921 / consécration du temple de Tours. // Pendant l’Opération, deux faisceaux de fluides sont photographiés au-dessus des mains de notre bonne Mère ».

source : https://www.inventaire.proscitec.asso.fr/objets/musee-de-folklore-et-des-imaginaires/photo-culte-antoiniste-11/

amélioré par Grok

 

    Il existe plusieurs photos de la Consécration du Temple de Tours et notamment de ce moment.

    Tours est la 3e ville en France à voir consacrer un temple antoiniste après Paris (1913) et Vichy (1920). Le Temple de Monaco est consacré également en 1913. Plusieurs temples ont été consacrés en Belgique avant cela : Stembert (par le Père lui-même en 1911), Bierset (1912), Souvret (1913), Villers-le-Bouillet (mars 1914), Ecaussinnes (avril 1914), Verviers (juillet 1914), Seraing (octobre 1915), Momalle (décembre 1915), Visé (avril 1916), Forest (août 1916), Liège (octobre 1917), Herstal (novembre 1917), Jupille (1918), Jumet (avril 1919), Montegnée (octobre 1919).

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Yves Montreuil (?) - Aperçu sur l'Antoinisme (1953 ?)

Publié le par antoiniste

    Le manuscrit Aperçu sur l'Antoinisme fait partie du Fonds Maurice Magre déposé à la Bibliothèque d'étude et du patrimoine de Toulouse. H.Ch. Chéry cite un fascicule du même nom et qu'il dit avoir été écrit par le frère Albert Jeannin, desservant du temple du Pré-Saint-Gervais et qu'il date de 1953.


Description du contenu
    
Cote     Ms. 3817 (B)
Titre     Aperçu sur l'Antoinisme .
Support     Papier.
Importance matérielle     1 cahier de 25 pages et 2 photographies.
Technique     Tapuscrit.
Dimensions     270 x 210 mm.
Conditionnement     Couverture en carton titré "Aperçu sur l'Antoinisme". Agrafé.


Permalien : https://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/06871/004a1399593

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Le Nouveau Messie, Antoine-le-Guérisseur (Le Monde illustré, 7 janvier 1911)

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Le Nouveau Messie, Antoine-le-Guérisseur (Le Monde illustré, 7 janvier 1911)

PAGES D’AUJOURD’HUI
LE NOUVEAU MESSIE
Antoine-le-Guérisseur
Par R. CANUDO

    Pendant que les quelques centaines de millions de Chrétiens fêtaient le souvenir de la naissance du Rédempteur, trois cent mille âmes ont fêté l'avènement réel du nouveau Messie. Et ceci n'est pas un conte de Noël. Car le Messie existe, il vit au milieu de ses disciples, dans la campagne liégeoise, à Jemeppe.
    Il n'est pas, toutefois, le premier Messie des temps modernes.
    Il y a quelques années, un des plus remarquables penseurs italiens contemporains, M. Giacomo Barzellotti, de la Faculté de Rome, consacrait un important ouvrage au dernier prophète paru en Italie : David Lazzaretti. Celui-ci est mort dans la campagne siennoise, non loin de cette incomparable Ombrie, où dans la pâleur des couleurs, dans la plus exquise nuance des teintes et des lignes, au milieu des rosiers en fleurs, le divin saint François prêcha au moyen âge l'amour et la pauvreté, au nom du Christ et non plus au nom des Papes.
    On connaît l'histoire merveilleuse des disciples de saint François. On sait comment le « Poverello », le saint Très-Pauvre, put exercer autour de lui, et après lui, une si grande influence, que ses suivants devinrent bientôt phalange, et que cette phalange, d'où sortit même un Pape, poussa son évangélisation jusqu'à Paris, en Ecosse, en Orient, en Afrique. David Lazzaretti, revenant de France, prêchait aussi à ses compatriotes l'amour de la simplicité et la noblesse de la pauvreté, au nom du Christ. Des foules nombreuses venaient le voir, le consulter et l'adorer, de tous les pays voisins.
    Et ces foules étaient aussi les mêmes qui entouraient jadis le Poverello, qui remuaient, candides et menaçantes, évangéliques et farouches, tout L'Occident. Ce sont les foules des mécontents, des pauvres, des exclus, de tous ceux auxquels la société puissante refuse, sans le savoir, toutes les joies de la vie, pour ne leur laisser que le bonheur de mal vivre, d'aimer et de haïr. Elles furent si nombreuses, autour de David Lazzaretti, que le gouvernement italien y vit une menace sérieuse et immédiate de l'ordre établi.
    Hélas, l'histoire de David Lazzaretti est d'hier ! La société humaine a changé. L'esprit religieux a été miné. Et tandis que saint François eut affaire au Souverain Pontife, auquel il put répondre crânement : « Vous avez tort de me chasser, c'est le Christ qui parle par ma bouche et que vous chassez ainsi », le prophète moderne, le malheureux David Lazzaretti, n'eut affaire qu'à des savants, se heurtant à un pouvoir inébranlable d'aliénistes et de geôliers... C'est de l'histoire d'hier, de la pure et simple histoire contemporaine.
    L'histoire du Belge Antoine-le-Guérisseur est d'aujourd'hui. Elle n'est pas achevée. Mais la page la plus étonnante sans doute vient d'être écrite ! Car 160.000 Belges viennent de présenter à la Chambre des Représentants et au roi Albert, une pétition dont nous eussions cru incapable notre époque âpre, calculatrice et égoïste. Cent soixante mille « âmes » demandent à leur roi et à ses représentants de reconnaître comme officiel le culte nouveau institué par leur prophète et leur Messie, par leur idole nouvelle : Antoine-le-Guérisseur.
    Le jour où cette pétition a été déposée sur le bureau de la Chambre belge, dans ce pluvieux et triste mois de décembre, une date a été marquée tout de même dans les annales religieuses du monde.

*
*      *

    On a comparé la nature et la mission d'Antoine-le-Guérisseur à celle de Tolstoï. L'analogie est frappante, avec, toutefois, des différences essentielles. Tous les deux se sont éloignés des tentations, des bonheurs et des malheurs « du siècle », en jetant aux autres leurs biens, pour se consacrer à l'apostolat moral qui les attirait. Tous les deux, poussés par l'instinct évangélique chrétien, qui animait saintement le Poverello d'Assise, ont voulu opposer à l'énorme complexité de la vie sociale, trop souvent cruelle et implacable, la divine simplicité de l'humilité, en prêchant l'amour des hommes et de Dieu. Mais ce procédé d'extrême, d'intégrale simplification, est malgré tout loin de résoudre les grands problèmes créés par les souffrances du monde. C'est, à tout prendre, un calmant, et le bien qu'il peut faire n'est que très limité et assez éphémère.
    Tolstoï, qui était arrivé à « l'état de moujik » en venant des splendeurs de la vie militaire et de la richesse, s'est enfui, en se sentant mourir, hors du cercle de douloureuse hostilité dans lequel, au sein de sa famille, il se sentait enfermé. Et Antoine-le-Guérisseur, qui vient de la mine et des dures difficultés de la vie d'un ouvrier mineur authentique, ne sort pas du cercle de ses fervents disciples, où l'adoration le retient et l'exalte. Le bien qu'il fait est là, autour de lui, tassé autour de sa maigre et haute personne, comme l'ombre réfrigérante est tassée autour du palmier dans le désert.
    Le bonheur répandu par ces prophètes ne s'étend pas très loin, hélas ! Il les entoure, et c'est tout. Car leur prédication est surtout morale, immédiate, et ni dans la pensée de Tolstoï, ni dans la volonté de David Lazzaretti, ni dans l'action d'Antoine-le-Guérisseur, les esprits qui traînent leur inquiétude mystique par le monde ne retrouvent la vision vaste et harmonieuse de l'univers, qui serait à la base d'une véritable religion nouvelle.
    Au surplus, on peut objecter que toutes les religions sont nées après, longtemps après ceux qui en répandirent les germes. Et c'est vrai. Le Messie apporte son enseignement, simplement et humainement, et ce sont les disciples et les descendants des disciples qui élèvent sur ces enseignements les grands échafaudages d'où sortent les temples et les cathédrales.
    Ne parle-t-on pas, en effet, déjà, d'une religion nietzschéenne ? Ne prétend-on pas que Nietzsche simula la folie pour voir l'effet de ses idées dans le monde avant sa mort, et que c'est lui le Messie des temps nouveaux ? C'est ainsi que des admirateurs et des détracteurs, aussi fervents les uns que les autres, en arrivent à méconnaître et à rendre cahotique la superbe pensée du grand philosophe-poète mort il y a dix ans...

    Antoine-le-Guérisseur vit à Jemeppe-sur-Meuse.
    Sa popularité dans tous les environs est déjà si grande, que si l'on songeait à ennuyer de quelque manière que ce fut le Guérisseur, la guerre civile éclaterait dans ce département bienheureux de la laborieuse Belgique.
    Après être descendu, enfant, dans la mine, après avoir vécu une dizaine d'années entre l'Allemagne et la Pologne, cet ouvrier prédestiné a changé totalement l'ordre de sa vie, touché par sa vocation.
    Des savants l'étudieront, le discuteront. Il n'en est pas moins certain qu'Antoine opère de véritables miracles, et l'on sait que c'est par le miracle – où s'exaltent à la fois l'instinct humain du merveilleux et le sentiment non moins humain de l'utilité pratique – que les prophètes attirent à eux les foules. Antoine dispose de très grandes forces subtiles – occultes – qu'il serait vain de nier. On doit les constater. Elles ont jusqu'ici une puissance qui emprunte ses caractères au spiritisme et au magnétisme. Et Antoine est arrivé au miracle en développant admirablement ses forces psychiques réelles, pendant les séances de spiritisme où il fut le médium de plus en plus merveilleux.
    C'est en effet par l'imposition des mains sur le patient – et par la concentration et la soumission absolue de la volonté d'autrui, qu'il obtient par ces mots imposés au fidèle : « Pensez à Antoine ! » – qu'Antoine réalise ses guérisons.
    Le procédé est magnétique – ce qui ne dit rien ; et il témoigne d'une puissance intérieure, d'une maîtrise de soi-même et d'une énergie de volonté extraordinaires, ce qui dit beaucoup. L'ensemble des forces d'Antoine-le-Guérisseur est donc la manifestation d'un esprit si puissamment doué, qu'il peut rayonner de la force, et en faire bénéficier tous ceux qui l'entourent. C'est la force subtile, indéfinissable et immense, en un mot : divine, de tous les grands prophètes.
    Et ses disciples sont fort nombreux. Dans la pétition présentée à la Chambre belge, ils ne demandent rien, hors la reconnaissance légale de leur culte, du culte « antoiniste ». Ils s'expriment ainsi :
    « Si Antoine-le-Guérisseur et ses adeptes demandent la reconnaissance légale de leur culte, ce n'est pas pour obtenir des subsides, ou la rémunération des ministres de leur culte. La religion antoiniste est fondée sur le désintéressement le plus complet, et Antoine-le-Guérisseur et les membres de son culte ne peuvent recevoir ni subside ni rémunération, mais ils veulent assurer l'existence de leurs temples.
    « Le temple de Jemeppe-sur-Meuse a coûté 100.000 francs ; d'autres temples vont être érigés aux frais des adeptes.
    « La reconnaissance du culte aurait pour effet de transférer la propriété des temples aux fabriques ou consistoires, qui en auraient la gestion matérielle. Leur existence légale serait ainsi assurée. »
    Dans le village minier de Jemeppe-sur-Meuse, où vivent dix mille habitants au milieu d'un des plus actifs départements industriels, Louis Antoine, âgé maintenant de soixante-quatre ans, opère ses guérisons qu'aident sa force et la foi des adeptes. Mais à part cette action directe, physique et morale, ses enseignements ne présentent pas vraiment l'intérêt que les « assoifés de religion » en pouvaient attendre. Son langage est naïf et plein de confiance en Dieu, qui crée d'ailleurs la confiance en l'aide extérieure, prédispose les âmes et assouplit les corps.
    « L'enseignement d'Antoine-le-Guérisseur – écrivent dans une brochure ses disciples – a pour base l'amour, il révèle la loi morale, la conscience de l'humanité ; il rappelle à l'homme les devoirs qu'il a à remplir envers ses semblables ; fût-il arriéré même jusqu'à ne pouvoir le comprendre, il pourra, au contact de ceux qui le répandent, se pénétrer de l'amour qui en découle ; celui-ci lui inspirera de meilleures intentions et fera germer en lui des sentiments plus nobles.
    « La vraie religion, dit le Guérisseur, est l'expression de l'amour pur puisé au sein de Dieu, qui nous fait aimer tout le monde indistinctement.
    « Il est plutôt médecin de l'âme que du corps. Non, non, nous ne voulons pas faire d'Antoine-le-Guérisseur un grand seigneur, nous faisons de Lui notre Sauveur. Il est plutôt notre Dieu, parce qu'Il ne veut être que notre serviteur. »
    Le lyrisme d'Antoine est inspiré à ces principes. Voici de ses vers, publiés par un écrivain belge qui a vu le prophète, M. Louis Piérard.
    C'est Dieu qui parle :

Ne croyez pas en celui qui vous parle de moi,
Dont l'intention serait de nous convertir.
Si vous respectez toute croyance
Et celui qui n'en a pas,
Vous savez, malgré votre ignorance,
 Plus qu'il ne pourrait vous dire.

    Et ceci :

Vous ne pouvez faire de la morale à personne,
Ce serait prouver
Que vous ne faites pas bien
Parce qu'elle ne s'enseigne pas par la parole
Mais par l'exemple,
Et à ne voir le mal en rien.

    La force de ce nouveau Messie, que certains de ses fidèles ne craignent donc pas de considérer comme Dieu lui-même, est dans la profonde pureté de son apostolat.
    Et sans doute Antoine-le-Guérisseur fait du bien, donne à des êtres chancelants, désorientés et malheureux, cette consistance de la volonté qui est la santé de l'esprit.
    Mais sa puissance n'est qu'avec lui et en lui. Le culte « antoiniste », comme tous les autres similaires, n'a pas malheureusement une doctrine, à répandre comme un grand baume spirituel sur les souffrances du monde.

                                                                                                       R. CANUDO.

Le Monde illustré, 7 janvier 1911

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Le zouave Jacob (Le Monde illustré, 31 août 1867)

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Le zouave Jacob (Le Monde illustré, 31 août 1867)

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Le Zouave Jacob en Police Correctionnelle (Le Monde illustré, 2 janvier 1909)

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Le Zouave Jacob en Police Correctionnelle (Le Monde illustré, 2 janvier 1909)

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Le Zouave Jacob en Police Correctionnelle (Le Monde illustré, 2 janvier 1909)

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Le Zouave Jacob en Police Correctionnelle (Le Monde illustré, 2 janvier 1909)

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Le départ du train de malades pour Lourdes (Le Grand hebdomadaire illustré, 31 août 1924)

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Le départ du train de malades pour Lourdes (Le Grand hebdomadaire illustré, 31 août 1924)

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Joëlle Randegger - Pavane, Aux sources d'une vocation de pédiatre (2019)

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Joëlle Randegger - Pavane, Aux sources d'une vocation de pédiatre (2019)

Auteur : Joëlle Randegger
Titre : Pavane : Aux sources d'une vocation de pédiatre
BoD - Books on Demand, 2019

4e de couverture :

    A l'âge de quinze ans j'ai voulu devenir médecin d'enfants. Mais assurément je n'ai pas choisi d'être confrontée à leur mort, je désirais seulement les soigner et leur rendre le sourire. Pourquoi alors, ai-je quitté la la sécurité d'un ancrage en France pour lutter avec les enfants d'Afrique décimés par la malnutrition, la rougeole, le paludisme et, pour combler la mesure, atteints par le sida. En 2008, une visite au mémorial des enfants de Yad Vachem en Israël provoque en moi un tel choc que je me mets en marche pour comprendre ce qui m'a mise sur des rails où je ne n'ai cessé de me sentir impuissante, voire responsable de la mort d'êtres si jeunes. Avec l'aide d'un psychanalyste, j'interroge d'abord les circonstances de ma naissance en 1942, année de la Rafle du Vel d'HIV, puis les nombreux deuils familiaux qui ont émaillé ma jeunesse et mon âge mûr. Je cherche aussi la signification de rêves répétitifs de noyade, mettant en scène une fillette inconnue, sans pouvoir les rattacher à des souvenirs précis. Dans l'impasse où je semble m'enliser, je m'arrête un instant pour "jouer au jeu du contentement" : retrouver les éléments et les personnes qui m'ont aidée à faire face au tragique de mon existence. J'évoque aussi mes interrogations existentielles sur la mort, ayant bousculé les fondements de ma foi chrétienne, de tradition protestante. Mystérieusement, des portes vont s'ouvrir, des rencontres fortuites vont venir éclairer les zones enfouies de mon histoire. La première révèle la présence à mes côtés, les premiers mois de ma vie, d'une enfant accueillie dans notre famille, dont le destin dramatique quelques années plus tard explique la trame de ce rêve récurrent. Puis, une deuxième porte s'ouvre sur des hypothèses qui me feraient rejouer encore et encore des situations d'attachement suivies d'un deuil brutal. Elles seraient l'écho d'un abandon subi par l'une de mes grands mères à l'âge de 18 mois et de la perte très précoce d'une jumelle ignorée. La quête aboutit à une libération de mes énergies engluées par la tristesse, et à des retrouvailles avec la joie tout simple de la vie et de la beauté du monde.

 

Extrait (p.178-188) :

    Autre curiosité, autres recherches, autres tentations furent mes contacts prudents, bien que s'offrant à moi de façon insistante, avec le monde de l'occultisme. Mon grand père Edouard, dans ses lettres de prison évoquait déjà ce mélange d'attirance, d'interdit et d'effroi que suscitaient les pratiques spirites, si prisées dans sa jeunesse, au début du vingtième siècle. Parmi les livres dont il commentait la lecture à sa nièce se trouvait « Délivre nous du mal » de R. Vivier, consacré à la biographie d'Antoine le guérisseur. Fondateur du mouvement antoiniste, ce mineur du bassin houiller du Nord connut un étrange destin. Après une jeunesse ouvrière, marquée par des aspirations intellectuelles et spirituelles exigeantes, il se sentit en décalage par rapport à son milieu social et religieux. Influencé par les écrits d'Allan Kardec et profondément troublé par la mort d'un camarade de régiment qu'il avait tué accidentellement, il fonda un groupe spirite appelé « les Vignerons du Seigneur ». Par cet intermédiaire, il « entrait en contact » avec l'esprit de médecins illustres qui le poussèrent à découvrir et exercer ses dons de guérison. Très vite il rassembla de nombreux disciples. Il quitta le catholicisme après la mort de son fils unique. Devenu le Père Antoine, il prit la stature d'un maître spirituel et s'éloigna du spiritisme pour lancer sa propre religion. Après avoir subi deux procès pour exercice illégal de la médecine dont il fut acquitté, Antoine établit une doctrine et des règles de fonctionnement qui furent reprises par ses successeurs et se maintiennent encore aujourd'hui. Secte ésotérique parmi d'autres ? Après avoir lu sa biographie, je serai plus indulgente. Sa théologie combine des éléments du christianisme, du dualisme platonicien et de la réincarnation. Très centrée sur la guérison du corps et de l'âme, elle laisse cependant une grande liberté à ses adeptes qui viennent de différentes traditions. Le mouvement qui existe encore aujourd'hui et a pignon sur rue dans le 13ème arrondissement de Paris, insiste sur la prière, l'éthique personnelle et l'amour du prochain comme sources de progrès spirituels. Il est dépourvu de volonté de prosélytisme, d'endoctrinement et d'enrichissement indu et ne détourne pas les fidèles des soins de la médecine officielle.
    Ce livre inspira à Edouard des réflexions et des confidences sur sa propre expérience du spiritisme auquel il avoua avoir goûté, en se rendant à une réunion d'un cercle pratiquant la technique des tables tournantes. Vivement impressionné par le déroulement de la séance, débordé par ses émotions et ce qu'il crut être un don de médiumnité, il décida de ne plus jamais y mettre les pieds. Il tint sa promesse mais avoua être fasciné par cette littérature et par le lien entre dialogue avec les esprits et don de guérison que manifestait la vie d'Antoine. Lorsque je découvre les lettres de mon grand père, je ne suis pas complètement novice dans ce domaine bien que je n'aie jamais fréquenté ces milieux que mes collègues tournent en dérision et que mes amis protestants considèrent comme louches voire dangereux. L'interdit que posaient les réformateurs sur la prière pour les morts et l'intercession des saints est net et sans appel, s'appuyant sur des textes bibliques pris à la lettre, comme la communication de Saül avec l'âme du prophète Samuel (dans I Sm. 28). Mais il est si souvent répété que je soupçonne parmi certains fidèles l'existence d'une tentation permanente à le transgresser et à s'adonner en cachette à des pratiques occultes...

Quelques mots sur Joelle Randegger...
Joëlle Randegger est médecin pédiatre. Elle s'est consacrée en Afrique et en France aux enfants gravement malades : malnutrition, infections, cancer, Sida, tout en menant des recherches sur leur qualité de vie. Engagée dans son Eglise [protestante], elle a enrichi ses connaissances scientifiques par un cursus théologique. Ses dernières publications révèlent son attention aux souffrances et aux besoins des familles contemporaines, prenant en compte toutes les dimensions de l'être humain, y compris sa spiritualité. (www.clcfrance.com)

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