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Dissidence racontée par Régis Dericquebourg (Les Antoinistes)

Publié le par antoiniste

    Seul le temple de Retinne s'est distingué mais il ne s'agit pas d'une vraie dissidence. La desservante et les adeptes se sont simplement ralliés au rituel français qui est considéré dans l'antoinisme comme une tendance et non comme un schisme. Il en va de même de la fondation du temple d'Angleur par Hanoul qui voulait exposer les portraits des fondateurs. Cette absence de fragmentation du mouvement après la mort du prophète mérite d'être signalée. Est-ce à cause du type d'organisation que la compagne de Louis Antoine avait mis en place ou le doit-on au fait que type de religion apparut comme dépassé au point que personne ne crut vraiment en l'avenir d'une dissidence ?

Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, 1993, p.33

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Dissidence racontée par Jean-Marc Boffy (Historique du Culte Antoiniste)

Publié le par antoiniste

    Dès le 17 juin 1930, Mère se faisait remplacer par le frère [Joseph] Nihoul pour l'Opération Générale. Elle-même allait rendre visite aux groupes ayant besoin d'être soutenus.
    Au lendemain de la désincarnation de Mère, le Conseil d'Administration du Culte Antoiniste, réuni pour envisager la succession de Mère, nomme le frère Nihoul à la fonction de Premier Représentant du Père. Celui-ci, avec l'appui des anciens adeptes du Père, envisage immédiatement certaines dispositions afin de ramener le Culte à la simplicité de formes, laissée par le Père.

frère Jean-Marc Boffy, Historique du Culte Antoiniste, 2003, p.73 et p.77

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Dissidence à Angleur par le Fr. Hanoul (Journal des tribunaux, 27 avril 1947)

Publié le par antoiniste

Dissidence à Angleur par le Fr. Hanoul (Journal des tribunaux 27 avril 1947)

Dissidence à Angleur par le Fr. Hanoul (Journal des tribunaux 27 avril 1947)

Liège (1re ch.), 9 janvier 1947.

Siég. : M. Cloos, vice-prés.
Min. publ. : M. VAN DEN BOSSCHE.
Plaid.: MM PENNINCK, GRAULICH et Théo COLLIGNON.

(Culte Antoiniste c. Hanoul.)

    LIBERTE DES CULTES. - Droit constitutionnel absolu. — Inopérance de l'approbation donnée à des statuts d'un établissement public. Liberté de l'inscription qualifiant un culte religieux. - Absence de droit privatif.

    L'ordre judiciaire de fermer un temple prétendu dissident et le dessaisissement de son desservant serait contraire å l'article 14 de la Constitution qui garantit de la façon la plus large la liberté des cultes.
    L'approbation gouvernementale des statuts d'un culte constitué en établissement d'utilité publique conformément à la loi du 27 juin 1921 ne saurait garantir l'orthodoxie des idées défendues par le dit établissement, ni lui accorder le monopole exclusif de son culte.
    La dénomination statutaire d'un établissement d'utilité publique doit être suffisamment spécifique pour faire l'objet d'un droit privatif. La liberté des cultes appelle le droit à la libre qualification des cultes.
            Dans le droit :
    Vu le jugement du 11 juillet 1946 ;
    Attendu que l'action est recevable telle qu'elle est intentée ;
    Attendu que le défendeur Hanoul est un disciple de la première heure de Louis Joseph Antoine, mieux connu sous le nom de « Père Antoine » comme fondateur de la secte religieuse dite « Antoinisme » ;
    Attendu qu'après la désincarnation du Père Antoine qui se situe le 25 juin 1912, Hanoul fut désigné en qualité de desservant du temple antoiniste du quai des Ardennes à Liège ;
    Qu'en mars 1943, à la suite d'un différend au sujet d'une question de liturgie, Hanoul fut démis de ses fonctions de desservant ; que les demandeurs obtinrent en justice son expulsion du temple du quai des Ardennes et des locaux adjacents affectés à son habitation ;
    Attendu que le défendeur ne voulant pas s'incliner devant les mesures dont il était l'objet, s'installa rue de Tilf, n° 84 à Angleur où il ouvrit un temple et y mit en pratique ce qu'il prétend être la doctrine du père Antoine dans toute sa pureté, primitive ; que sur la porte de ce temple, il apposa un écriteau avec cette mention « Culte Antoiniste » ;
    Attendu que conformément à la loi du 27 juin 1921 la veuve du « père Antoine » créa sous le nom de culte Antoiniste un établissement d'utilité publique dont les statuts furent fixés suivant acte avenu devant Maître Lapierre, notaire à Jemeppe sur Meuse et approuvés par A. R. du 3 octobre 1922 ;
    Attendu que le dit établissement par l'organe de son conseil d'administration fait citer Hanoul aux fins qu'il lui soit interdit d'utiliser la dénomination « Culte Antoiniste » ; qu'il soit condamné à fermer son temple de la rue de Tilf à Angleur et qu'il lui soit fait défense de se présenter et d'agir en qualité de desservant d'un temple antoiniste ;
    Attendu que parmi les avantages précieux que leur apporte la constitution, les belges trouvent la garantie de diverses libertés dont celle des cultes leur est assurée par l'article 14 ;
    Attendu que faire droit à la demande de fermeture du temple et d'interdiction d'agir comme desservant du culte antoiniste serait aller à l'encontre du but de cette disposition et sortir du cadre juridique de la compétence des tribunaux ;
    Attendu que l'article 2 des statuts approuvés par l'A. R. du 3 octobre 1922, répond au prescrit de l'article 30 1° de la loi du 27 juin 1921 en indiquant les objets en vue desquels l'institution a été créée, à savoir la propagation de la religion antoiniste et l'administration des biens temporels présents et à venir de l'établissement ;
    Attendu que l'approbation des statuts d'un établissement d'utilité publique par le gouvernement n'a eu, ni pour but, ni pour effet de violer la Constitution ; qu'elle n'entend ni garantir l'orthodoxie des idées défendues par les dirigeants de cette institution, ni assurer à ceux-ci l'exclusivité de la pratique de la religion antoiniste ;
    Que les articles 40 et 41 de la loi du 27 juin 1921 donnent au Ministère public un droit de surveillance sur la façon dont les administrateurs réalisent l'objet pour lequel l'établissement a été créé ; mais c'est en vue de veiller à ce que les biens de l'institution soient réellement affectés à cette destination et non à ce que la doctrine soit respectée par les adhérents ou par les étrangers ;
    Que rien n'empêche donc le défendeur de pratiquer la religion antoiniste suivant la formule qu'il estime la meilleure, soit parce qu'il la croit conforme à la doctrine intégrale du fondateur, soit qu'il veuille la modifier quitte à l'établissement demandeur à mettre ses adeptes en garde contre le danger que présenterait l'enseignement du défendeur dissident ; qu'il y a lieu d'ailleurs de remarquer que l'établissement d'utilité publique « Culte Antoiniste » n'a pas été créé par le « Père Antoine », mais après sa mort ;
    Attendu quant à l'inscription « Culte Antoiniste » apposée sur la porte du temple d'Angleur, que la dénomination adoptée dans les statuts de l'institution demanderesse n'a rien de spécifique et que rien ne permet de déceler si c'est cette dénomination comme telle qui figure sur cette porte ou simplement les mots : « Culte Antoiniste » qui existent avant la fondation demanderesse et sont en quelque sorte l'équivalent de religion antoiniste ; que dans ces conditions la dite mention ne pourrait faire l'objet d'un droit privatif ;
    Qu'on ne pourrait d'ailleurs voir une intention malveillante ou déloyale dans le choix de cette mention puisque le défendeur aurait tout intérêt à choisir une autre appellation que celle adoptée par les tenants d'une secte qu'il réprouve ;

            Par ces motifs :

            Le Tribunal, Statuant contradictoirement, rejetant toutes autres conclusions plus amples ou contraires ;
    Ouï en son avis conforme donné en langue française, M. Van Den Bossche, Juge suppléant, ff. de Ministère public ;
    Dit l'action recevable, mais non fondée, en déboute l'établissement demandeur et le condamne aux dépens.

    OBSERVATIONS. — Le jugement rapporté a donné au tribunal l'occasion de mettre en lumière un aspect nouveau de la liberté des cultes. La logique de notre droit constitutionnel postule le droit à l'hérésie, le croit au schisme. La séparation de l'Etat et des Cultes, l'indifférence juridique de la cité moderne aux convictions philosophiques et confessionnelles se traduisent dans l'article 14 de notre loi fondamentale, qui affirme le droit de chacun d'avoir, de pratiquer et de manifester telles opinions religieuses qu'il voudra, sous la seule réserve de la répression des atteintes à l'ordre social érigées en infractions par la loi.
    Ce principe s'oppose à ce que l'Etat prête la sanction du Bras Séculier pour faire échec à une dissidence qui se serait déclarée au sein d'un culte. Il est certain qu'en ordonnant à la satisfaction du culte demandeur la fermeture du temple dissident d'Angleur, et en dessaisissant son desservant, le tribunal aurait méconnu le principe constitutionnel de la libre interprétation des dogmes et des disciplines religieux.
    Le jugement rappelle la portée de l'approbation gouvernementale des statuts d'un culte érigé en établissement d'utilité publique. Quand les statuts mentionnent parmi les buts institutionnels la propagation du culte, leur ratification ne saurait emporter à l'établissement approuvé l'attribution d'un monopole dogmatique ou disciplinaire : la constitution s'y oppose.
    D'autre part, la surveillance des établissements d'utilité publique n'a été organisée par les articles 40 et 41 de la loi du 27 juin 1921 que pour sauvegarder le principe de la spécialité de la personne morale : le Ministère public est chargé de contrôler la conformité de l'affectation des biens de la fondation à son objet institutionnel. L'interprétation fidèle des doctrines religieuses échappe constitutionnellement à l'appréciation de l'Etat.
    Le tribunal a également refusé de reconnaître à l'établissement demandeur un droit privatif sur la dénominations culte antoiniste qu'il s'est donnée statutairement. Le jugement ne met pas en doute le principe que la personne morale a un nom et qu'elle peut le défendre contre les usurpations de tiers (Michoud, Théorie de la personnalité morale, 1932, t. II, p. 96). S'il permet au dissident d'utiliser l'appellation « culte antoiniste », c'est que sa généralité empêche de déceler si c'est la dénomination institutionnelle de l'établissement demandeur que le dissident a reprise ou bien l'expression courante, équivalent à « religion antoiniste » et employée par le public pour désigner le fait social de l'Antoinisme.
    Il semble que le tribunal ait ainsi dégagé la condition nécessaire de l'appropriation privative d'une dénomination sociale par l'être juridique qui l'adopte, à savoir son caractère spécifique. Le nom est le signe de la personne, son attribut distinctif ; il individualise à l'égard des tiers l'être physique ou moral qu'il signale. Pour avoir cette vertu discriminatoire et participer de la personnalité de son sujet, la dénomination doit revêtir un caractère spécifique.
    (Sur les litiges relatifs au droit à la dénomination sociale des personnes morales, créées en conformité de la loi du 27 juin 1921, on consultera avec intérêt l'arrêt de la Cour d'appel de Bruxelles du 15 avril 1931 confirmant le jugement du IO juin 1930, reproduit dans la Revue Pratique des Sociétés, 1931, pp. 258 et s., avec une note d'observation de M. Goedseels.)
    A vrai dire, le tribunal aurait pu trouver dans la liberté des cultes elle-même un fondement suffisant à ce dernier débouté. En condamnant Hanoul à effacer de la porte de son temple l'inscription « culte Antoiniste », sous le prétexte du droit privatif de la fondation demanderesse sur sa dénomination, le tribunal aurait implicitement contesté la liberté de qualification d'un culte religieux, qui est un nouvel aspect de la liberté des cultes.

                                           P. Van Coppenolle.

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Temple antoiniste de Marseille - intérieur (Tweeter David Coquille @DavidLa Mars)

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Temple antoiniste de Marseille - intérieur (Tweeter David Coquille @DavidLa Mars)

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Les annonces pour une Opération ou une Lecture

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Pour une Opération :

Annonce dite dans le temple de Jemeppe-sur-Meuse (Belgique) :
Mes Frères,
Le Père fait l'Opération.
[Respectons ce moment solennel.
Ranimons notre Foi.]

Annonce dite dans les temples en France :
Mes Frères,
Le Père fait l'Opération,
suivie d'une lecture dans l'Enseignement.
Celui qui a foi au Père, trouvera satisfaction.

 

Pour une Lecture :

Annonce dite dans le temple de Jemeppe-sur-Meuse (Belgique) :
Mes Frères...

Annonce dite dans les temples en France :
Un frère fait le recueillement au nom du Père,
suivi de la lecture des Dix Principes.
Celui qui a foi au Père obtiendra sa guérison

Pour terminer la séance, on dit :
Mes frères, au nom du Père, merci.

 

    On précise que :
On dit toujours "mes frères" le dimanche et le soir avant la lecture. La semaine, on ne dit PAS "mes freres" avant la lecture le matin...
La sonnette est aussi différente la semaine et le dimanche.
On peut y faire également après cela une annonce spéciale (en générale celui qui fait le porche) : fête du Père, de Mère, du 15 août, ou l'anniversaire d'un temple pour ses 50 ans ou ses 100 ans d'existence...

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La foi comparée à la croyance

Publié le par antoiniste

    Père, des personnes qui appartiennent à différentes croyances basées sur l'évangile m'ont déjà demandé œ que vous pensiez de Jésus-Christ dont votre Enseignement ne dit mot. Que devrai-je répondre à toute question de ce genre ?

    Le Père - Je ne sais pas si vous pourriez les satisfaire, je l'ai déjà dit : avant de nous être acquis la foi, nous avons bien une croyance, mais souvent elle est de parti pris, nous voulons convertir à nos idées celui qui fait mieux que nous ; si nous possédions cette vertu, nous ne nous inquièterions jamais de ce qu'ont été les prophètes, chacun d'eux est venu révéler un enseignement proportionné au développement de l'humanité, sans se prononcer sur ses prédécesseurs. Ils ont eu tous la morale pour base. Si nous pouvions nous appuyer sur elle, sans voir les mots ni les phrases, nous serions toujours d'accord, nous serions convaincus que les prophètes viennent nous ouvrir un nouvel horizon. La cause de la diversité des croyances, c'est que nous nous attachons plutôt à leur personne qu'à leur enseignement qui n'a pour but que notre éducation.
    Ah ! Si nous comprenions que les prophètes sont heureux de nous voir délaisser leur enseignement pour pratiquer un nouveau contenant des principes plus rationnels, nous le serions d'autant plus nous-mêmes parce qu'au lieu de nous désunir, nous nous unirions dans la seule vraie religion qui a simplement la foi pour base parce que nous serions animés du même amour. Mais en préconisant un prophète au détriment des autres qui ont dû raisonner comme lui selon le milieu des différentes époques, nous ne pourrions avoir qu'une croyance de parti pris. Voilà de quelle façon nous procédons avant d'avoir acquis la foi, notre degré d'avancement ne nous permet pas d'atteindre à l'amour vrai et aussi longtemps que nous n'en aurons pas le mérite, nous ne chercherons qu'à nous diviser. Pour nous élever vers Dieu nous ne devrions revendiquer aucun des révélateurs, mais plutôt pratiquer leurs révélations qui ne sont qu'une, elle est enseignée au fur et à mesure que l'humanité se développe et qu'elle est apte à la comprendre. Ainsi nous y puiserons l'amour pour nous aimer les uns les autres, nous aurons tous la même foi parce que nous ne nous dirigerons plus par l'intelligence mais bien par la conscience qui permet de respecter tout le monde indistinctement. Aussi longtemps que nous nous attachons au prophète plutôt qu'à ce qu'il nous a révélé, notre amour ne pourrait être réel, nous aimerons ceux qui partagent nos idées et nous n'aimerons pas les autres, nous sèmerons la division. Cependant aucun n’a le droit de blâmer personne puisque si arriérés que nous soyons, nous croyons tous être dans la vérité. En vous raisonnant ces questions, je ne m'appuie que sur ma propre expérience et je vais vous en dire un mot pour vous donner à comprendre combien nous sommes ignorants avant de nous être acquis la foi. Si je peux vous en témoigner la différence, vous en faire la comparaison, c'est en remontant à certaines époques où j'ai fait moi-même tout ce que je viens de vous dire. Alors j'ignorais que la prière n'est que dans les actes qui nous permettent de puiser l'amour au sein de Dieu et c'est là la plus grande récompense puisque le bonheur dépend seulement de notre amour. Nous sommes encore bien loin de la comprendre parce que nous oublions que nous ne devons notre progrès qu'à ceux que nous disons nos ennemis.
    En agissant ainsi nous ne doutons plus que les prophètes possèdent une trop grande modestie que pour être touchés des éloges qu'on croit les honorer ; ils en éprouveraient une grande gêne plutôt parce qu'ils ont tous la pudeur de ce qu'ils ont révélé. S'il en était autrement, ils manqueraient de simplicité, ils ne seraient pas dignes de nous transmettre la parole de Dieu. Abstenons-nous, je le répète, de nous attacher à leur personne et n'allons pas en voulant leur prouver trop de reconnaissance oublier ce qu'ils ont enseigné. Ils seraient bien plus heureux si, au lieu de les glorifier et de proclamer leur nom, nous leur rendions témoignage en propageant l'amour qui découle de la Révélation. Sachons que sans la foi, nous sommes plutôt acharnés que sincères ; lorsque nous posséderons cette vertu, nous serons convaincus que la croyance résulte de l'intelligence qui nous divise et nous nous appuierons sur la conscience qui en est l'opposé, elle nous ramènera à la véritable religion, formant dans un seul et même amour l'unité de l'ensemble.

Unitif 2 Série A

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Réincarnation

Publié le par antoiniste

    Nous devons comprendre qu'il existe deux mondes, l'un corporel et l'autre spirituel, le monde des incarnés et je n'ajouterai pas celui des désincarnés, mais plutôt celui des non incarnés. Beaucoup pourraient s'imaginer qu'ils sont distincts, il n'en est rien. J'ai déjà révélé que tout être se compose de deux individualités dont l'une est le moi conscient et l'autre le moi intelligent. C'est en celui-ci que nous sommes incarnés ; le moi conscient ne l'est pas parce qu'il est réel tandis que l'autre n'est que apparent. Nous faisons donc partie du monde corporel par ce dernier, notre moi imparfait et du monde spirituel par notre moi réel. Celui-ci est l'opposé de l'autre: il n'est atteint ni par le sommeil, ni par la mort tandis que l'autre est soumis à tous les événements inhérents à la matière. Nous croyons qu'à la mort les âmes quittent le monde et vont dans l'au-delà et l'au-delà est ici. L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection. Chaque existence est la conséquence de la précédente et elle détermine celle qui lui succède par l'épreuve subie et par d'autres contractées à son insu. Avant de quitter le corps qui se meurt, l'âme s'en est préparé un autre pour se réincarner. Ne nous imaginons pas qu'à la mort elle va dans l'espace, il n'en est pas ainsi. Qu'y ferait-elle, la vie de relation matérielle y serait-elle encore possible ? En quoi l'âme pourrait-elle y progresser ? Si elle le pouvait, il lui serait inutile de venir prendre un corps et de passer de l'espace à la terre et réciproquement.
    Tout autre et bien plus consolante est la réalité: la mort n'existe pas ; nos êtres chéris soi-disant disparus ne le sont qu'en apparence: nous ne cessons pas un instant de les voir et de nous entretenir avec eux, la vie corporelle n'est qu'illusion. Mais notre incarnation qui est le doute absorbe notre foi. Je ne sais comment m'exprimer pour vous pénétrer de la réalité de cette question ; oui, je voudrais pouvoir vous rendre sensible la révélation d'aujourd'hui, vous faire savourer à quel point elle est réconfortante. Notons bien qu'il n'y a que le doute qui nous incarne et qui empêche notre liberté. Si nous pouvions pendant le jour, nous rappeler les jouissances que nous éprouvons la nuit au contact de nos chers disparus ! Malheureusement cette maudite matière nous met l'oubli, nous le savons, elle est opposée à la foi. Ah ! quand pourrons-nous nous éveiller, sortir de l'affreux cauchemar de l'incarnation ? Car c'est bien ce qu'elle est, mais nous ne pouvons le croire parce que notre imperfection nous trompe ; par l'épreuve qu'elle suscite, elle nous convainc de sa réalité.
    Il est parfois bien pénible d'entendre avancer des opinions contraires aux siennes. C'est bien là, cependant, que l'on nous rend les plus grands services en nous corrigeant du parti pris. Nous ne pouvons souffrir que de l'erreur. Plus l'homme est méchant, plus il voit le droit de son côté et la méchanceté chez les autres. Si nous sommes donc contrariés, affligés de l'opinion d'autrui, c'est que nous nous basons sur l'erreur. La vérité réconforte toujours celui qui la possède ; étant le fruit de son expérience, elle ne saurait l'enorgueillir parce qu'elle est due à son mérite. Quoi qu'on lui dise, il se sent à l'abri et plaint celui qui le combat, il sait qu'il est malheureux, que l'opinion l'empêche d'aimer parce qu'elle l'entoure d'un fluide qui le contrarie.

Couronnement de l'Œuvre Révélée, p.XXIII

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Carte industrielle du bassin de Liège par Félix Jottrand (gallica)

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Carte industrielle du bassin de Liège par Félix Jottrand (gallica)

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Les Tomes (consultables dans les Temples français par les costumés)

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Les Tomes (consultables dans les Temples français par les costumés)   Dans chaque bibliothèque des temples français, on trouve une douzaine de classeurs dont les feuillets sont parfois reliés. Appelés les Tomes, ils sont mis à la disposition des adeptes costumés. Ces bulletins ont été rassemblés vers 1945 par trois adeptes : le couple Jeannin, qui a vécu auprès de la compagne de Louis Antoine, aidé par M. Lovinfosse. Ils rassemblent des pensée s de Louis Antoine qui n'ont pas été reprises dans ses oeuvres, mais ils contiennent surtout des lettre dictées par la 'Mère' ou des avis qu'elle a donnés à propos de certaines questions. C'est pour cela qu'on connaît ces textes sous le nom de "Pensées de Mère".
source : Regis Dericquebourg, Les Antoinistes, Brépols, 1993 (p.62)


    La cultuelle antoiniste française s’inscrit dans la lignée de Mère. Il existe cependant une distinction majeure entre les écrits de L. Antoine et les « pensées » de Mère. Analphabète, Mère n’a pas pu rédiger les modifications qu’elle a apportées au culte antoiniste. Des fidèles s’en sont chargés. L’ensemble de ces modifications ainsi que diverses indications et prescriptions sont consignées dans les Tomes. Ces ouvrages sont présents dans chaque Temple mais inaccessibles aux fidèles ne portant pas le costume antoiniste. Circonscrite à un cercle d’initiés, l’œuvre de Mère ne peut prétendre à la même légitimité que celle de son mari (les livres du Père sont en vente dans le porche de chaque Temple). Alors que les écrits de Louis Antoine sont connus et reconnus par tous, ceux de Mère sont accessibles seulement à quelques-uns, les costumés. Dès lors, deux types de questions se posent. D’une part, quelle place occupe l’œuvre de Mère au sein de l’antoinisme français ? D’autre part, dans quelle mesure cette œuvre n’escamote-t-elle pas la dimension éthique préconisée par Louis Antoine ?
source : Anne-Cécile Bégot, « Les Mutations de la représentation du divin au sein d’un groupe à vocation thérapeutique », Archives de sciences sociales des religions, 111 (2000) - Varia, [En ligne], mis en ligne le 19 août 2009. URL : http://assr.revues.org/index20222.html. Consulté le 11 janvier 2010.


    Attaché au libre arbitre et à la liberté de conscience, Louis Antoine n'a jamais voulu produire de texte réglementaire. Il existe bien les Tomes, divisés en quatorze volumes, dont il est difficile d'en avoir une vision d'ensemble. De plus, ils sont consultables uniquement sur place, dans les Temples, et seuls les adeptes portant le costume antoiniste peuvent les lire. Autrement dit, les différentes prescriptions du groupe ne sont pas accessibles à tous et, diffusées de manière orale, elles peuvent facilement faire l'objet de distorsions.
    Les Tomes sont des ouvrages qui recueillent les « pensées » de Mère, qui était analphabète. Ils contiennent également les dispositions à suivre pour l'organisation des Temples.
source : A.-C. Bégot, Formes organisationnelles et pratiques thérapeutiques : comparaison de deux groupes religieux minoritaires (Science chrétienne et antoinisme), in Convocations thérapeutiques du sacré, Karthala, 2002

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Paul Richard - The Eternal Wisdom (1922)

Publié le par antoiniste

Paul Richard - The Eternal Wisdom Vol. I (1922)

Auteur : Paul Richard (Marsillargues, 17 juin 1874 - New-York, juin 1967) cf. https://www.wikitree.com/wiki/Richard-5377
Titre : The Eternal Wisdom, Vol. I
Éditions : Ganesh & Co., Madras, 1922Paul Richard - The Eternal Wisdom (1922)

    Après avoir été membre de l'Église réformée de France à Lille, il se tourne vers la théosophie et sera le second époux de Mirra Alfassa (appelée Douce Mère ou la Mère, connue pour son parcours spirituel avec Sri Aurobindo, ses écrits, et pour être à l'origine de la cité d'Auroville en Inde).
    Pasteur à Lille, il fut avocat à la cour d'appel de Paris / homme politique (Parti républicain, radical et radical-socialiste) / journaliste (Le Siècle, puis l'Aurore) / conférencier / écrivain. Il est l'auteur de To the Nations, The Lord of the Nations, The Scourge of Christ, The Dawn Over Asia, The Challenge of the Future, To India: The Messages of the Himalayas, New Asia, Messages from the Future, The Eternal Wisdom et The Seven Steps to the New Age.
    On ne trouve pas de trace du Volume II. Le volume I regroupe des citations d'auteurs divers et variés (des textes sacrés hindous et chinois à la Bible, en passant par les philosophes grecs, Tolstoï, Eckhart ou Leibnitz), dont parmi les Modern Authors "Antoine the Healer", Antoine le Guérisseur. À lire en ligne sur https://archive.org/details/in.ernet.dli.2015.237715/page/n5/mode/2up

    Voici in extenso les citations d'Antoine the Healer (entre parenthèses les chapitres) dans ce volume I :
- The Catholic is our brother but the materialist not less. We owe him deference as to the greatest of believers. (WISDOM AND THE RELIGIONS)
- The physical world is only a reflection of the spiritual. (THE GOD OF ALL ; THE GOD WHO IS IN ALL - I - THE SOLE ESSENCE)
- Love which overflows on every side, which is found in the centre of the stars, which is in the depths of the Ocean — Love whose perfume declares itself everywhere, which nourishes all the kingdoms of Nature and which maintains equilibrium and harmony in the whole universe. (THE DIVINE ESSENCE)
- God is not where we believe Him to be ; He is in ourselves. (GOD IN ALL)
- One must be God in order to understand God. (TO BECOME GOD IN ORDER TO KNOW HIM)
- There is nothing greater than the practice of the precept which says, “Know thyself”. (KNOW THYSELF)
- To know is not to be well informed ; it is our own effort that must reveal all to us and we can owe nothing to other than ourselves. / We must distinguish between the knowledge which is due to the study and analysis of Matter and that which results from contact with life and a benevolent activity in the midst of humanity. (THE TRUE SCIENCE)
- All the knowledge one can require emanates from this love. (THE WAY OF LOVE)
- Often man is preoccupied with human rules and forgets the inner law. (MORAL INDEPENDENCE)
- So long as we are attached to the form, we shall be unable to appreciate the substance, we shall have no notion of the causes the knowledge of which is the true knowing. (TO RENOUNCE THE ILLUSION OF THE WORLD)
- When a thought rises in us, let us see whether it is not in touch with the inferior worlds. (THE MASTERY OF THE MIND)

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