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Auguste Villers de l'Isle-Adam - L'illusion

Publié le par antoiniste

    Oh! qui donc serait assez étrange, sous le soleil, pour essayer de s'imaginer qu'il ne joue pas la comédie jusqu'à la mort? Ceux-là seuls qui ne savent pas leurs rôles prétendent le contraire. Tout le monde la joue! forcément! Et chacun avec soi-même. Être sincère? Voilà le seul rêve tout à fait irréalisable. Sincère! Comment serait-ce possible, puisqu'on ne sait rien? puisque personne n'est, vraiment, persuadé de rien! puisque l'on ne se connaît pas soi-même? - L'on voudrait convaincre son prochain que l'on est, soi-même, convaincu d'une chose - (alors que, dans la conscience mal étouffée, l'on entend, l'on voit, l'on sent le douteux de cette même chose)! - Et pourquoi? Pour se magnifier d'une foi d'ailleurs toute fictive, dont personne n'est dupe une seconde et que l'interlocuteur ne feint d'admettre... qu'afin qu'il lui soit rendu la pareille tout à l'heure. Comédie, vous dis-je. Mais si l'on pouvait être sincère, aucune société ne durerait une heure, - chacun passant l'existence à se donner de perpétuels démentis, vous le savez! Je défie l'homme le plus franc d'être sincère une minute sans se faire casser la figure ou se trouver dans la nécessité de la briser à ses semblables. Encore une fois, que savons-nous, pour oser émettre une opinion sur quoi que ce soit qui ne soit pas relative à mille influences de siècle, de milieux, de dispositions d'esprit, etc. - En amour? Ah! si deux amants pouvaient jamais se voir réellement, tels qu'ils sont, et savoir, réellement, ce qu'ils pensent ainsi que la façon dont ils sont conçus l'un par l'autre, leur passion s'envolerait à la minute! Heureusement pour eux ils oublient toujours cette loi physique inéluctable: «deux atomes ne peuvent se toucher.» Et ils ne se pénètrent que dans cette infinie illusion de leur rêve, incarnée dans l'enfant, et dont se perpétue la race humaine.
    Sans l'illusion, tout périt. On ne l'évite pas. L'illusion, c'est la lumière! Regardez le ciel au-dessus des couches atmosphériques de la terre, à quatre ou cinq lieues, seulement, d'élévation: vous voyez un abîme couleur d'encre, parsemé de tisons rouges de nul éclat. Ce sont donc les nuages, symboles de l'Illusion, qui nous font la Lumière! Sans eux, les Ténèbres. Notre ciel joue donc lui-même la comédie de la Lumière - et nous devons nous régler sur son exemple sacré.

Auguste Villiers de L'Isle-Adam, L'Eve Future
Flammarion, p.287, Livre V, Chapitre II

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Maxence van der Meersch, Corps et âmes (p.36)

Publié le par antoiniste

    Tout cette foule, engoncée dans des bonnets de laine verts et rouges, tirés sur les oreilles, des cache-nez marron ou bleu marine, des pardessus gris-vert, des tabliers azur, des fichus jaune ou blanc-sale, de vieux manteaux lie-de-vin, violine ou bruns, faisait au long des bancs un bariolage de couleurs agressives, heurtées et crues. A tout instant de nouveaux arrivants pénétraient dans la salle, venaient s'asseoir parmi les autres. On parlait peu. On regardait vers la porte du fond, vers la pièce où le gros Belladan, le chef de clinique du professeur de chirurgie infantile, opérait les amygdales et les polypes. Toutes les trois minutes, cette porte s'ouvrait : quatre, cinq mamans, des femmes du peuple voûtées et terrifiées, dans leurs hardes flottantes et délavées, sortaient, chacune portant sur ses bras un poupon, un enfant livide ou pourpre, le nez et la bouche ensanglantés, et qui hurlait. Elles revenaient à leur place, un interne leur apportait un morceau de glace à faire sucer.
    "A d'autres !" appelait le gros Belladan.
    Cinq autres femmes se levaient, s'avançaient vers le fond avec leurs gosses glacés de peur. La porte se refermait sur elles. Des cris affreux. La porte se rouvrait. Nouveau retour des enfants à la bouche sanglante.
    "A d'autres !"
    Cela allait prodigieusement vite. Comme à la chaîne. Il le fallait bien, d'ailleurs. Chaque matin, au dispensaire, on avait à arracher gratis des centaines d'amygdales ou de polypes. Michel alla jeter un coup d'oeil dans la petite salle d'opération, et serrer la main à Belladan. Une fois de plus, il s'étonna de la virtuosité du chef de clinique. Un infirmier empoignait un gosse, le ligotait sur une chaise, ou simplement le maintenait vigoureusement dans ses bras solides. Un projecteur sur roulettes, approché à un mètre du visage du gosse, aveuglait l'enfant. On ouvrait la bouche du petit, le plus souvent de force, parce qu'il ne voulait pas. Un interne lui passait entre les dents l'ouvre-bouche, lui ouvrait démesurément les mâchoires. Belladan plongeait l'abaisse-langue, écrasait la langue, empêchait l'effort de vomissement désespéré du patient, enfonçait très vite une curette, loin derrière le voile du palais, la remontait haut, vers la base du crâne, agitait, raclait, grattait. Le sang coulait. Des hurlements. Des quintes. Des haut-le-coeur. L'enfant, étouffé, ligoté, fou de souffrance et d'épouvante, avalait, s'étranglait, vomissait, crachait souvent en pleine figure de Belladan les débris sanglants arrachés à sa gorge. C'était fini. On le délivrait. La mère l'emportait en sanglotant. Et Belladan s'essuyait le visage avec un tampon de ouate, en faisant signe de ligoter le suivant.
    " Il faudrait endormir, évidemment, disait-il à Michel, tout en épongeant un crachat vermeil dans ses sourcils. On ne peut pas. A peine une légère anesthésie locale, quand j'ai le temps. Mais c'est rare ! Ils sont trop. Tu vois l'encombrement ! Il n'y a vraiment pas moyen. Reste à savoir si la chirurgie doit s'adapter aux nécessités du dispensaire, ou si plutôt ça ne serait pas au dispensaire à s'adapter aux nécessités de la chirurgie. Médecine d'administration, déjà, mon vieux, médecine étatisée... Ça nous promet du joli pour plus tard. Je plains les malades de ce temps à venir ! Et je plains le médecin aussi : Parce que tu verras : ce ne sera pas l'administration qui sera au service de la médecine. Ce sera le médecin qui devra s'accommoder des exigences de l'administration ! Et on rigolera ! Ça y est ? Il est prêt ? Allons, mon petit père, du courage... "

Maxence van der Meersch, Corps et âmes, p.36-37
Livre de Poche, Tome 1, Chapitre troisième

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Vision de l'Antoinisme par les personnages d'André Thérive

Publié le par antoiniste

    Ils passaient à ce moment devant un rez-de-chaussée assez remarquable. Une moitié, peinte en blanc et masquée de carreaux dépolis, annonçait un officine de bactériologue ; le reste offrait des volets d'un noir funèbre et un écriteau : Le Temple est ouvert nuit et jour aux personnes souffrantes. Tout le monde est reçu gratuitement. Lecture de l'enseignement du Père Antoine... La porte était d'ailleurs barricadée, sans bec-de-cane, et tout ruisselait en silence.
 - Vous connaissez ça ? fit Julien.
 - Oui, dit M. Pardoux avec onction. Ce culte antoiniste est une forme dégradée et populaire du néo-gnosticisme américain qui, sous le nom de Christian Science, accomplit, vous le savez, d'innombrables miracles. Je crois qu'on n'y rencontre que de bonnes gens, des simples désireux d'adorer en esprit et en vérité ; je ne sais pas exactement quel degré d'initiation y réside. Il faudrait étudier cela de près. Tel quel, ce renouveau témoigne de la vitalité de l'ésotérisme. D'ailleurs, le gardien de la salle, qui l'a prêtée et aménagée au culte (on dirait une salle d'école) est mon propre pharmacien, un esprit d'élite, vraiment, et chez qui je prends mon carbonate de chaux, vous savez, pour les acidités stomachiques.
 - La foi chez lui ne guérit pas seule ?
 - Si, répondit M. Pardoux. Il y a du moins des matières qui, probablement découvertes par ces initiés de jadis, servent de véhicules aux bonnes influences et adent la foi à agir sur l'organisme. On les nomme aujourd'hui médicaments. Il me faut à ce sujet relire Bombast Paracelse... Mais à ce propos, mes brûlures d'estomac se ravivent depuis quelques jours. Je me prépare des mets trop épicés, bien que ma cuisine soir des plus simple, et même anachorétique.
    Là-dessus ils gagnèrent un autobus qui les emporta vers la Plaine-Monceau.

André Thérive, Sans âme, chap.X
Le Livre Moderne Illustré, Paris, 1933, p.120

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Essaimage des temples belges

Publié le par antoiniste

Essaimage des temples belges

    En Belgique, on peut choisir trois essaimages :

  • Jemeppe (1910)
  • Charleroi (1913)
  • Huy (1923)


    Au premier essaimage, on regroupe (par date de fondation, en partant de 1910) :

  • Stembert
  • Bierset
  • Villers-le-Bouillet
  • Verviers
  • Seraing
  • Momalle
  • Visé
  • Liège
  • Herstal
  • Jupille
  • Montegnée
  • Vottem
  • Waremme
  • Nandrin
  • Sprimont
  • Spa
  • Angleur
  • Retinne


    Au deuxième foyer, on a (par date de fondation, dès 1913) :

  • Courcelles (Souvret)
  • Écaussinnes-d'Enghien
  • Bruxelles (Forest)
  • Charleroi (Jumet)
  • Bruxelles (Schaerbeek)
  • Anvers (Schoten)
  • La Louvière
  • (Tournai, assez isolé)
  • Mons


    Au troisième foyer, on a (par date de fondation, à partir de 1923) :

  • Huy
  • Evelette
  • Moha

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Essaimage des temples en province de Liège

Publié le par antoiniste

Essaimage des temples en province de Liège

    En partant de la province de Liège, l'essaimage part de quatre foyers :

  • Jemeppe (1910)
  • Stembert (1911)
  • Bierset (1913)
  • Villers-le-Bouillet (1914)


    De Jemeppe, part :

  • Seraing
  • Liège
  • Herstal
  • Jupille
  • Vottem
  • Angleur
  • Retinne


    De Stembert, démarre :

  • Verviers
  • Visé
  • Sprimont
  • Spa

    De Bierset, on retrouve :

  • Momalle
  • Montegnée
  • Waremme

 

    De Villers-le-Bouillet, on a :

  • Huy
  • Evelette
  • Nandrin
  • Moha

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Le confrère Jo à Villers-le-Bouillet

Publié le par antoiniste

réminiscences sans nostalgie
Sixième partie
 
Dr Jacques Kersten (Villers le Bouillet)
A propos du confrère Jo

      A propos du confrère Jo, j’ai déjà parlé de son accueil plutôt mitigé, de la façon dont il comprenait son rôle, un peu dominant, vis-à-vis de ses patients, mais aussi de son dévouement, de son abnégation aussi (il ne prenait jamais de vacances, sauf quelques heures pour aller chasser).


Une nuit – coup de téléphone : « Ici, c’est le docteur Jo … j’éprouve des douleurs à la poitrine, pourriez-vous venir ? » « J’arrive ». Malou insiste : « S’il t’appelle, c’est pour quelque chose de sérieux. Vas-y de suite ».

      Effectivement à plus ou moins 85 ans, le confrère est resté étonnamment vert et actif, mais cette fois, il est bien touché. Cliniquement, c’est un infarctus qui sera confirmé le lendemain par le cardiologue. Ce dernier appelé en consultation, instaure un traitement– dont j’ai un peu oublié les détails : en tout cas, repos absolu au lit, alimentation légère, probablement Cordarone ou Persantine, je crois me souvenir qu’étant donné l’âge du patient, on a écarté l’usage d’un anti-coagulant. Pour moi, surveiller la P.A, le rythme cardiaque, et me voilà parti pour des visites quotidiennes pendant des semaines.

      Le docteur Jo est veuf, et c’est une nièce qui s’occupe de lui et de son ménage. Au cours de ces visites, j’ai évidemment l’occasion de lui faire évoquer quelques souvenirs : il pratiquait déjà avant la guerre 14-18, il parcourait une région plus étendue que la mienne alors que son moyen de locomotion était un attelage avec un cheval. Il avait un cocher : « Mais pour les appels de nuit, je ne le réveillais pas, il me fallait atteler le cheval et ces déplacements nocturnes prenaient beaucoup de temps ». Il pratiquait beaucoup d’accouchements : « A ce propos, vous connaissez le temple Antoiniste dans le bas de Villers et vous savez que plusieurs habitants fréquentent ce temple. Je me souviens d’un accouchement ; celui-ci traîne et je décide d’utiliser les forceps, mais la famille demande que j’attende. Après une vingtaine de minutes, ce qui me parait long car le temps presse pour le bébé, on me dit “Docteur, vous pouvez agir”. On m’explique par après que le futur père était allé demander au temple s’il convenait que le docteur intervienne ; c’est en fonction de l’autorisation que j’ai pu enfin agir ».

      J’ai pu lui répondre que je connaissais très bien les Antoinistes puisque ma famille maternelle (sauf ma mère qui s’en est détachée à l’adolescence, était Antoiniste convaincue). Ce groupe, qui ne mérite pas le nom de secte, car il est très tolérant et peu prosélyte, par contre consulte rarement les médecins, se fiant sur les conseils de la Mère qui dirige le temple. Ma grand-mère maternelle est morte quand j’avais une dizaine d’années. J’ai l’impression très nette qu’elle est morte sans accompagnement médical. Je suis d’ailleurs né dans la même rue que le Père Antoine, le fondateur de cette religion qui existe encore dans une partie de la Wallonie. Le temple de Villers-le-Bouillet est toujours là pour en témoigner, mais j’ai l’impression que je rencontre plus rarement les uniformes que les disciples portaient à certaines occasions.


source : http://www.archibel-ftp.com/~public/French%20Books%202009/Eko15S2-86.doc

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Nécromancie et Nécromant

Publié le par antoiniste

Divination par l'évocation des morts. Rien de plus terrible et de plus lugubre que ce fantôme [Samuel, dans la Pythonisse de Salvator Rosa] arraché au tombeau par les formules de la nécromancie (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.111). Ainsi évoquées, les âmes des morts sortent en foule de la terre (...). Cette brutalité ne contribue pas peu au sentiment de rudesse répandu sur toute cette scène de nécromancie (A. France, Vie littér., 1892, p.194).
- P. métaph. Tout regard habituel est une nécromancie et chaque visage qu'on aime, le miroir du passé (Proust, Guermantes 2, 1921, p.140).
REM. 1.
Nécromance, subst. fém., forme anc. [Une attest. chez Barrès qui le prend dans un sens partic.] Il ne subsiste rien du culte des animaux [en Égypte]. À la vie future, oui, on y croit. Beaucoup de nécromances (livre des morts, soit) mais de tous les pays, de tous les temps (Cahiers, t.6, 1907, p.222).
2.
Nécromantique, adj. Qui est relatif à la nécromancie. Le magnétisme animal sort à peine de sa coque nécromantique (Proudhon, Créat. ordre, 1843, p.38). Le procédé nécromantique doit certainement être classé parmi les plus anciens modes divinatoires (Divin. 1964).

source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/n%C3%A9cromancie



dérivé : nécromant

Personne qui pratique la nécromancie. [Virgile] était nécromancien, et l'on montre encore, en une certaine ville d'Italie, le miroir dans lequel il faisait apparaître les morts (A. France, Île ping., 1908, p.157):
. ... tous les devins, les nécromants qui avaient endossé ces défroques maudites, toutes les âmes qu'on avait enfermées dans ces calebasses, tous ces cheveux morts qu'on avait glissés dans des sachets à incantations, revivaient, faisaient signe...
Morand, Magie noire, 1930, p.127.
? P.métaph. L'historien n'est pas ce nécromant que nous imaginions, évoquant l'ombre du passé par des procédés incantatoires (Marrou, Connaiss. hist., 1954, p.68).
- P.ext. Personne qui se livre aux sciences occultes, pratique la magie. Madeleine [à Zaphara]: (...) Dites-moi, mon père (...) vous êtes physicien et nécromant; vous vendez des produits chimiques, et vous dites la bonne aventure? (Feuillet, Scènes et prov., 1851, p.119).
- En emploi adj. [sous la forme nécromancien, -ienne] Qui est propre à un(e) nécromancien(ne), ou qui en est digne. Elle [la bonne Alberthe] (...) a toujours eu du goût pour cet appareil nécromancien, même dans le temps où sa beauté était sa plus véritable magie (Delacroix, Journal, 1853, p.117). Je me défendais obscurément contre les caresses mortelles, contre cette volupté nécromancienne (Arnoux, Gentilsh. ceinture, 1928, p.193).
Rem. 1. La forme nécromant est vieillie. 2. La forme anc. négroman(t) (v. étymol.) se trouve encore att. au xixe s.: Le sabre du prophète s'est courbé comme une couleuvre de bruyère. Sur sa lame, un négroman (...) a gravé des mots magiques (Quinet, Ahasvérus, 1833, 3e journée, p.209).

source : http://www.cnrtl.fr/definition/n%C3%A9cromant

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La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.159-60

Publié le par antoiniste

    Nous avons raisonné la vertu et dit qu'il faut posséder la foi pour la comprendre, que celui qui la possède l'ignore, parce qu'elle est un instinct. Revenons à l'homme qui le premier a douté de lui-même en doutant de sa nature. S'il avait su qu'il était une parcelle de Dieu, il n'aurait pas douté. Progresser c'est surmonter cette matière, en effacer la vue, acquérir les vertus ; quand nous les posséderons, nous les ignorerons, nous serons réellement tout amour, face à face avec Dieu, Dieu Lui-même. Cet amour est tout différent de celui que nous nous imaginons ; il nous réunit tandis que l'autre nous fait marcher dos à dos, haine contre haine. Rentrer dans cette réalité, c'est rentrer dans l'amour et ne faire tous ensemble qu'un seul ; là est le bonheur.

La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.159-60

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La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.159-60

Publié le par antoiniste

    Nous avons raisonné la vertu et dit qu'il faut posséder la foi pour la comprendre, que celui qui la possède l'ignore, parce qu'elle est un instinct. Revenons à l'homme qui le premier a douté de lui-même en doutant de sa nature. S'il avait su qu'il était une parcelle de Dieu, il n'aurait pas douté. Progresser c'est surmonter cette matière, en effacer la vue, acquérir les vertus ; quand nous les posséderons, nous les ignorerons, nous serons réellement tout amour, face à face avec Dieu, Dieu Lui-même. Cet amour est tout différent de celui que nous nous imaginons ; il nous réunit tandis que l'autre nous fait marcher dos à dos, haine contre haine. Rentrer dans cette réalité, c'est rentrer dans l'amour et ne faire tous ensemble qu'un seul ; là est le bonheur.

La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.159-60

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La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.158-59

Publié le par antoiniste

    Nous disons que la matière n'existe pas parce que nous en avons surmonté l'imagination.
    Nous en trouvons la preuve dans la guérison de maladies : un guérisseur quelque peu expérimenté sent la foi du malade et peut lui dire : " Vous êtes guéri ". Il coupe littéralement le fluide qui le terrassait, c'est-à-dire son imagination ; il ne va pas directement au mal mais à sa cause. Voici une constatation qui peut être grandement utile à ceux qui sont au contact de personnes souffrantes : certaines sont accablées de s'imaginer qu'elles ont une maladie grave, qu'il va leur survenir quelque désagrément. Cette pensée les tourmente moralement ; or toute personne qui présume avoir telle ou telle affection, souffre atrocement ; c'est la preuve qu'elle ne l'a pas, car si elle en était réellement atteinte, elle n'en souffrirait pas moralement puisqu'il n'y a que le doute qui puisse nous accabler ; dans la vérité il n'y a pas de souffrance morale.

La Révélation, La loi humaine comparée à la loi de la conscience, p.158-59

Nota bene : ce raisonnement est à rapprocher de l'effet placebo, et de la somatisation.

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