• source : www.cadastre.gouv.fr


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  •     Rien de pareil dans l'ancienne capitale de la Flandre française. Nul refuge pour la rêverie dans l'immense ruche lilloise, dont chaque alvéole occupe des centaines d'ouvriers et d'ouvrières, occupés sans répit aux besognes les plus diverses; mais de longues rues tortueuses de filatures, de fabriques, de fonderies, de brasseries, vous étourdissant de leurs rumeurs, salissant de leurs poussières et écœurant de leurs déjections. Elles appartiennent au travail, elles créent la richesse et la misère. Du grenier à la cave, leurs vastes et laids immeubles logent des indigents, des métiers ou des machines. Jusque dans les caves, gorgées de buées nauséabondes, où s'agite une fourmilière d'êtres humains, luit un feu de forge, siffle un piston, ronflent des courroies de transmission ou ronronnent les métiers à pédales. Tout est soumis au sweat system. Il s'agit de produire en immenses quantités toiles de lin, étoffes de coton, rubans, coutils, linge damassé, tissus de laine, sucres, matières chimiques, machines; en outre de fondre le fer, l'acier et le cuivre, brasser la bière, préparer les huiles et le tabac, blanchir et teindre; tellement qu'on puisse au bout de l'an, en dépit de la concurrence, atteindre ou même dépasser l'énorme chiffre d'affaires d'un milliard de francs.
        Rais lumineux dans la ville sombre, des boulevards aérés, d'ombreuses avenues réservées aux gens de fortune reposent la vue sur la blancheur encore neuve de luxueuses demeures de millionnaires. Là, dans un véritable palais, le musée de peinture rassemble des chefs-d'œuvre des écoles flamande et hollandaise, et peut communiquer aux artistes une incomparable collection de dessins des plus grands maîtres italiens, légués à sa ville natale par le peintre Wicar.

    Louis Barron, Le nouveau voyage de France (1899)
    souce : gallica


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