• Noël Bäyon - Miracles chez les guérisseurs & La Légende dorée des guérisseurs (1953)

    Auteur :    Noël Bäyon
    TItre :    Miracles chez les guérisseurs
    Editeur :     SEGEP, Paris, 1953, In-16, 314 pages

    Sommaire :
    Avant-Propos
    I. - Persistance de l'Empirisme
    II. - Les Sectes Guérisseuses
        Prosper Merland, Congrégation Evangéliste de l'Union Christique Biblique Purificatrice (Georges de Montfavet, Eglise chrétienne universelle ou Monsieur [Jean] Bouy, Eglise évangéliste indépendance de l'Union chrétienne)
        Tremolo Stromboli, Santé par l'Amour, Association philanthropique Internationale (M. Montovani, Amour et Vie)
        Pedro Jonglalez, Cercle Amour et Fraternité (Nicolas Strati, Eglise christique primitive)
    III. - Les Spiritualistes Individualistes
    IV. - Les Magnétiseurs
    V. - Les Radiesthésistes-Magnétiseurs
    VI. - De la Voyance à la Phytothérapie
    VII. - Je m'installe Guérisseur
    VIII. - Les Guérisseurs devant le Micro
    IX. - Le Miracle et le Papier imprimé
    X. - Pour en sortir

    Critique des Etudes de mai 1953 :
        « Les guérisseurs guérissent-ils ? » Pour répondre à cette question, M. BÄYON s'est livré à une patiente enquête auprès des guérisseurs et de leurs clients, allant jusqu'à ouvrir lui-même un cabinet. Sa conclusion, solidement étayée, est nette : rien ne justifie scientifiquement la prétention des guérisseurs et la confiance que des gens crédules placent en eux.
        On lira avec profit un tel ouvrage qui constitue, en même temps qu'un témoignage de poids, une oeuvre bienfaisante, en démasquant notamment le charlatanisme et le climat d'enfantine crédulité qui enveloppe les guérisseurs.
        Une telle étude laisse pourtant ouverte une question importante : dans quelle mesure des altérations fonctionnelles, d'étiologie principalement psychique, sont-elles susceptibles d'être soulagées, au moins momentanément, par l'influence et la suggestion de certains êtres, aussi irrationnelle et puérile que soit souvent leur thérapeutique ? L'expérience même de M. Bäyon, se faisant lui-même guérisseur, est assez curieuse en ce sens. Le recours au guérisseur ne témoignerait-il pas, au prix d'une régression vers la mentalité archaïque et magique, d'une des tâches actuelles de la médecine : intégrer nettement dans l'art médical la prise en considération des facteurs psychiques de la maladie et l'action sur eux ? Le médecin n'a nullement à se faire guérisseur, mais ne doit-il pas répondre scientifiquement et rationnellement, cette fois, à certains besoins que manifeste le recours aux guérisseurs ? Sinon, ne risque-t-on pas de voir se perpétuer l'état de choses périlleux contre lequel témoigne justement l'ouvrage de M. Bäyon ?
              Louis BEIRNAERT.

        L'auteur précise qu'il a caché les véritables noms, car "le nom, en cette bataille, n'a aucune espèce de valeur, ce qui compte : la vérité, la réalité stricte des faits, des observations, ont été respectées" (p.14). Nous voici donc à lire les exploits de Gougourovski-Popodneff, de Loubiane ben Louloufe, de Gédéon Bouliche, l'un résident à Pontamin-les-Bancal, l'autre à Benezouilles-les-Fraises, ou encore les performances égyptienne de Rodiane Kiftootoo à Bellevilliers-la-Gadoue... Il ne nous reste donc qu'à croire l'auteur sur parole, puisque aucune vérification d'après ses témoignages n'est possible.
        Il prévient qu'il comprennait et comprends encore "l'anxiété qui précipite le malade dans les bras du magnétiseur, du thaumaturge ou du médium scientifique" (p.12). Mais comme compréhension, on lit les témoignages suivants dont quelques extraits suffiront à sentir l'anxiété de ces malades :
        - De temps en temps, à défaut de cancer, Tremolo, pour s'entretenir la main, accepte de se distraire avec des maux sans importance et qui disparaissent avec un peu d'argile et quelques passes car Tremolo, dans son groupe, a aussi des auxiliaires magnétiseurs. Et quels magnétiseurs ! Tuberculose, sclérose en plaques : quatre séances et passez muscade, vous voilà sain entre les sains (p.48) ;
        - (un homme vient pour sa femme) Devant l'assemblée des malades, il gémit, il pleure de douleur, jouant les insomnies et les maux de tête de sa femme tandis qu'elle demeure silencieuse. [...] Admirative, la femme approuve, de temps à autre, le jeu de son époux, d'un léger signe de tête. Pour moi, je cherche dans l'emphase des tirades quelque élément qui puisse m'éclairer sur le mal de la patiente. Dans tout ce chef-d'oeuvre d'art dramatique dont on régale mes yeux et mes oreilles, je ne vois rien qui puisse me permettre la moindre appréciation sérieuse (p.130) ;
        - Entre une accorte Polonaise, mafflue, qui roule de gros yeux égarés sous un front bas et pousse devant elle une fillette de huit ans, manifestement intimidé, gênée d'apporter devant trois étrangers le spectacle pénible de son infirmité. Devant sa tête constamment inclinée à droite, ses mouvements désordonés du bras droit, sa petite main contractée, incapable d'exercer une préhension quelqconque, la détresse qui jaillit de ses yeux doux me remue jusqu'aux entrailles. J'ai envie de crier pitié pour elle. Cette pauvre chair secouée de spasmes, cette âme déchirée, meurtrie d'être captive d'un corps anormal, nul n'a le droit de la jeter dans une pantomime dont elle ne peut retirer que des complexes supplémentaires. Tout cet exhibitionnisme imposé et inutile me répugne, m'horrifie, et, de crainte d'effrayer la fillette, je dois me taire. De peur aussi de voir mon enquête tourner court, je m'impose de sourire à Mme de Saint-Céleste, comme si je lui accordais le droit de s'amuser aussi de cette souffrance-là. D'ailleurs, à quoi bon parler, prévenir la mère que tout ceci est duperie, pitrerie et que la seule certitude qui s'offre à elle de gaspiller son argent ? Elle ne me comprendrait pas, elle m'opposerait les témoignages de milliers de pauvres bougres convaincus de la toute-puissance divine de Mme de Saint-Céleste ! (p.165) ;
        - Pour ma part, je dois de la connaître à la femme d'un médecin bordelais, laquelle trois fois l'an, toute gonflée de je ne sais quels maux imaginaires et de quelles affaires de coeur embrouillées, puise là "le courage de vivre". Comme elle est loin d'être la seule, le jour où Mathilde Barbacasse sera convoquée chez le juge d'instruction, cela fera un certain bruit dans quelques ménages de médecins ! (p.257) ;
        Ce qui gêne est qu'on ne peut rien prendre au sérieux dans ces témoignages : tout est railler, tourné en dérision, sarcastique. Mais l'auteur fait amende honorable : "il ne laissera pas d'y avoir des gens bien intentionnés pour me reprocher cette permanence du burlesque qui domine en ces pages" (p.310).
        Et quand on apprend quel prix font payer les guérisseurs (un déclare qu'on donne ce qu'on veut mais pas moins de 1000 francs ! (p.107), on ne peut que donner très peu de crédit à ces charlatants (cf. également p. 216). Mais cela est la technique du journaliste, car d'emblée, l'auteur dit : "j'ai choisi mes sujets avec un soin extrême, éliminant les modestes sorciers de village, ceux qui traitent les pires maux avec les épluchures de pommes de terre ou l'urine de nouveau-né" (p.13). Pourquoi justement ne pas avoir tout de suite supprimer de son enquête les guérisseurs qui font payer ? Le désintéressement du guérisseur peut déjà êtr une preuve de son honnêteté. Ensuite il prétend qu'un "vrai guérisseur" se doit d'accepter tout les cas (p.269), là encore, il est fréquent qu'un guérisseur prétende ne pas tout guérir. Il aurait aussi fallut enquêter sur eux.

        "Je reviens chez Mathilde Barbacasse pour rencontrer une miraculée "sauvée en pleine hémorragie". [...] Dans les propos emmêlés de la belle-mère, du gendre et de la fille également présente, je finis par retrouver la vérité. Histoire banale, du modèle de celles que l'on rencontre dans n'importe quel salon de guérisseur. A cinquante-deux ans, après une implantation de pellets d'hormone cristallisée destinés à combattre les troubles du retour d'âge, la patiente fait une série de ménorragies, c'est-à-dire des augmentations brutales en quantité et en durée du flux menstruel. Au bout de dix-huit mois, au cours desquels le médecin est intervenu dans la phase aiguë de chaque manifestation sanglante, à coups d'hémostatique, d'hormones synthétiques, d'opothérapiques, les ménorragies s'espacent de plus en plus. Il a le droit de se montrer satisfait. Pas du tout, depuis un an, il opère concurremment et à son insu avec Mathilde Barbacasse dont les chifons fluidifiés ont un bien autre pouvoir que sa seringue et ses ampoules !" (p.260-261).
        L'auteur a-t-il de la compréhension pour la panique qu'a pu ressentir cette femme qui se voyait se vider de son sang ? Non, lui sait et comprend le médecin dans son jargon et ne s'inquiète pas... Mais l'auteur avoue lui-même que "au médecin qui n'a pas le temps de lui faire faire un cours qu'il n'assimilerait pas, parce que la médecine est devenue de nos jours aussi compliquée que les calculs astronomiques, il préfère le brouet pseudo-scientifique du premier charlatan venu (p.271).
        Il est clair donc que l'auteur n'a pas étudié, comme son collègue Maurice Colinon, les tenants et aboutissants de la guérison en dehors de la médecine non conventionnelle. Ainsi il veut vin se prêter aux expériences et faire le cobaye, alors qu'il n'est pas malade, et il est sceptique sur les résultats. Comment veut-il qu'une guérison se produise ? Or, comme l'a montré Maurice Colinon, le guérisseur, c'est la malade lui-même. "Notre création et notre perfectionnement sont donc notre oeuvre" dit le Père (La Révélation, L'origine de la vie). Mais de cela, Noël Bäyon, sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, n'en a cure !
        Par les traitements de Placide Soliveau, on comprend les accusations portées à tous les guérisseurs (puisque "hors Jésus, il n'est point de Salut") dans un commentaire du le site http://christianisme.skynetblogs.be : " Le culte antoiniste est une secte manipulatrice et décadente, composée de gens obsédés par le sexe et l 'argent ils ont même une succursale à Monaco! tout comme l'ordre du temple solaire (voir www.prevensectes.com) " - Écrit par : nicolas | 2010-02-17 à 18.26:25

        Après avoir réglé ses comptes avec ses collègues journalistes pro-guérisseurs (dont il cite pour cette fois les vrais noms), comme conclusion, l'auteur déclare : "tout guérisseur est un mythe née de l'anxiété du malade" (p.267). Nous voilà bien avancé... l'introduction l'avait prédit, la conclusion le détermine... mais quand au explication du phénomène on n'en apprendra pas beaucoup... sauf peut-être à demi-mot dans le chapitre VII. Je m'installe guérisseur. De loin le plus intéressant de tout le livre. Il y explique ainsi le fonctionnement de l'auto-suggestion : "Quels que soient l'herbe, les passes, les prières, le produit, le Professeur M... a en effet remarqué que les recettes de bonne femme les plus anciennes indiquent toujours le même laps de temps pour [la] disparition [des verrues] : quarante-cinq jours pous les verrues ordinaires, trois mois pour les verrues plantaires. L'agent de traitement ne lui parut donc avoir aucune valeur thérapeutique et être plutôt le support passif à la faveur duquel le patient s'auto-suggesionne, déterminant ainsi une réaction de défense de l'organisme contre l'ultra-virus de la verrue" (p.168).
        "L'art de la pirouette, une once de psychologie, voilà tout la science du guérisseur" (p.271). Un art et une once qui manque sensiblement à beaucoup de médecins (cf. le livre tout récent de Martin Winckler, C’est grave docteur ? [http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=401]). On peut donc en conclure comme Maurice Colinon dans Les Guérisseurs, dont nous conseillons la lecture qu'il serait bon que le médecin devienne un peu guérisseur.

        Enfin, disons qu'à aucun moment Noël Bäyon ne cite les Antoinistes dans son livre.

    _________________
    Auteur :    Noël Bäyon
    TItre :    La Légende dorée des guérisseurs
    Editeur :     André Martel, Paris, 1953, In-16, 236 pages

    Sommaire :
    Pélerinage aux sources de la "médecine libre"
    Le guerissage savant ou mesmerisme
    Illuminés et charlatans romantiques
    Philippe, le garçon tripier devenu sorcier du Tsar
    La "Christian science" ou le guerissage "Made in USA"
    Les mires de la belle époque à la notre
    Germaine de Rouen, la voyante insoumise
    La radiesthésie "science nouvelle"
    Bilan actuel de la radiesthésie
    Le statut de la "médecine libre" et les "abandonnés par la médecine"
    L'Eglise catholique devant le problème des guérisseurs
    La réponse des malades

    Critique des Etudes de mai 1954 :
        Cet ouvrage complète Miracles chez les guérisseurs. II nous présente une histoire des guérisseurs surtout à partir du XVIIe siècle, sommaire sans doute, mais centrée sur quelques figures particulièrement intéressantes : Mesmer, l'inventeur du magnétisme animal, Vriès, Philippe, le garçon tripier devenu sorcier du Tsar, Mrs Mary Eddy Baker, fondatrice de la Christian Science, Germaine de Rouen. Le récit est alerte, incisif, et bien documenté. Le dernier tiers du livre est consacré à la radiesthésie ; excellente mise au point d'où il ressort que, jusqu'ici, la radiesthésie n'offre absolument aucune garantie scientifique.
        OEuvre courageuse, utile, fruit d'un long travail qui constitue une excellente contribution à cette tâche de « démystification » que le renouveau des fausses-sciences rend particulièrement urgente et qui mériterait davantage l'attention des milieux catholiques.
               F. Russo.
    source : Gallica

        En gage de longue "contribution à cette tâche de « démystification »", le lecteur aura droit a une longue liste de fait-divers. Et si l'auteur reproche aux "faux-scientifiques" de cacher leur insuccès, on peut bien croire que cela soit réparer par ce livre, l'auteur ne signalant pas, même pour la forme, une seule expérience qui soit fructueuse du côté des radiesthésistes ou autres expérimentateurs. Encore une l'avant-propos nous signale, comme pour nous en convaincre, que "ces pages ne sont que le fruit d'investigation objectives". Investigation : "Recherche minutieuse, systématiquement poursuivie, sur quelque chose." Objectif : "Qui est fondé sur l'expérience, sur l'observation des réalités extérieures."

        Prenons l'exemple qui nous intéresse et que nous connaissons : Louis Antoine, puisque l'auteur nous fait l'honneur d'en discuter. Citons donc in texto une partie du chapitre Illuminés et charlatans.

        "Quantitativement, Philippe [de Lyon] a moins de fidèles que le brave Antoine, ouvrier mineur, passé de la fosse à la métallurgie et de l'usine au temple, et qui groupe, en une cérémonie, 15.000 personnes autour de lui. Le « Père » qui découvre sa « vocation » en 1893, à la mort de son fils, fait courir toute la Belgique et le nord de la France à Jemmapes-sur-Meuse. Trente chapelles antoinistes naissent dans les deux pays et, en Belgique, une pétition présentée au Roi pour la reconnaissance de la nouvelle religion, recueille 150.000 signatures en quatre mois.

        "Tard venu au spiritisme, Antoine le guérisseur témoigne, tout au début de sa vocation, d'une certaine incertitude quand [sic] au traitement à appliquer aux quelques 1.200 malades qui viennent le consulter quotidiennement ou qui lui télégraphient des quatre points cardinaux. La distribution des potions, jointe aux passes magnétiques, conduit Antoine sur les bancs de la Correctionnelle, où il se voit condamné à deux reprises. Renonçant à guérir par des thérapeutiques terrestres, Antoine proclame aussitôt que la foi des malades est le secret de leur guérison et il s'applique à soigner les âmes, les âmes seules dont les imperfections entraînent tous les maux physiques. Le « Père » est tellement persuadé de cette vérité qu'il n'examine même pas les malades et ne leur demande pas de quoi ils souffrent. La foi guérit tout et ceux qu'elle ne sauve pas méritent sans doute cette épreuve par quelque vice caché. Antoine a réponse à tout, et la mort même ne le laisse point désemparé puisque sa femme « la Mère » continue le culte, après sa « désincarnation », dans le Temple austère, sur l'autel qu'orne une draperie noire sur laquelle brillent les fils d'argent de « L'Arbre de la Science du Mal ». Illettrée, forte de toute sa ruse paysanne, « la Mère » soutient gaillardement, en dépit de ses soixante-dix ans, le rythme des cérémonies antoinistes et rassemble, pour le 20 juin de chaque année, jour anniversaire de la désincarnation du « Père » quelque 20.000 pélerins. Aujourd'hui, le touriste qui traverse Liège s'étonne d'y découvrir un temple d'une architecture compliquée, d'un exotisme pseudo-byzantin, et que coiffe une étrange coupole. Sur la porte, cette inscription : « Le Père Antoine, le grand guérisseur pour celui qui a la foi ».

        "Et ce temple abandonné est tout ce qui demeure de vingt années de miracles et de rédemptions sous la houlette d'Antoine, mais le grand principe de la foi guérisseuse, lui, continue son chemin et la Christian Science avec ses sectes satellites (Faith Cure, Divine Healing, New Thought) perfectionne le système jusqu'à l'absurde."

        Signalons d'abord la faute d'orthographe, qui malgré la très longue liste d'errata de 4 pages, n'a pas était perçu par l’œil avisé et professionnel du "journaliste". J'ignore également les guillemets doublés de l'italique, un journaliste n'est pas censé être typographe. Admettons d'admettre ce livre une investigation, mais j'hésiterai vraiment à préciser celle-ci d'objective. Voici les erreurs : Louis Antoine ne découvrit pas sa vocation à la mort de son fils. Jemmapes-sur-Meuse n'existe pas. L'auteur nous fait le plaisir de citer sa source en bibliographie. Le livre de Maurice Colinon. De là vient la première erreur ("En 1893, il a la douleur de perdre son fils unique ; dès lors, toute son activité se tourne vers le problème de la maladie"), par contre M. Colinon cite bien Jemeppe-sur-Meuse. Déjà à l'époque de Colinon, on en était en tout cas à cinquante temples. Il n'a pas était condamné deux fois. Le fait de "mériter l'épreuve par quelque vice caché" fait plutôt penser à la pensée du Père Dor. "Temple austère, sur l'autel qu'orne une draperie noire sur laquelle brillent les fils d'argent de « L'Arbre de la Science du Mal »" : on ne sait pas de quel draperie parle Bäyon (l'auteur fait écrire son nom de cette façon, par coquetterie orthographie, certainement). Peut-on parler d'un autel ? Et que dire de l'Arbre de la Science du Mal ? (Colinon parle de tribune et dit bien Arbre de la Science de la Vue du mal). Le 20 juin de chaque année, il ne se passe rien de particulier dans les Temples antoinistes, mais en tout cas le 25 juin le Père se désincarne. À ma connaissance aucun temple ne porta l'inscription à sur la porte "Le Père, le grand guérisseur pour celui qui a la foi", mais on sait que le fronton pouvait porter l'inscription "Le Père, le grand guérisseur de l'Humanité pour celui qui a la foi". On apprend donc qu'en 1953 le temple de Liège était abandonné. Cependant en dehors des heures de services, un temple antoiniste paraît toujours déserté, même celui de Jemeppe. Mais remarquons le vocabulaire employé par Bäyon pour évoquer la Mère : Illettrée, forte de toute sa ruse paysanne, soutient gaillardement, en dépit de ses soixante-dix ans, rythme des cérémonies, rassemble... on croirait évoquer quelque gourou. Signalons encore que pour l'auteur c'est la paysannerie de la Mère qui la maintient jusqu'à cet âge avancé et non l'Antoinisme. Et pour le temple : architecture compliquée, exotisme pseudo-byzantin, étrange coupole, abandonné... Ce n'est pas loin d'être du racisme.

        Bref comme auteur averti, j'ai vu mieux.


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