• Pierre Dor, le neveu prophète

        La soeur de Louis Antoine, Marie-Josèphe, née le 10 janvier 1841, de 5 ans son aîné se marie avec un membre de la famille Dor en 1865. "Marie Josèphe alla porter [les tartes pour la communion de Louis] la veille au boulanger pour qu'il les mît cuire dans son four. En revenant elle s'attarda un peu. On l'avait vue, à la croisée des cinq chemins, qui causait avec le fils Dor." (Robert Vivier, p.26)
    "Elle eut tout de suite un garçon, Pierre, et elle allaitait une petite fille" (Robert Vivier, p.39)

        Pour Robert Vivier, il était intelligent et apprenait si bien à l'école, comme Louis en son temps (p.104).
        Dans l'Enseignement (paru en 1905), Louis raconte : "Je continuai donc à me rendre à ces séances auxquelles prenait part trois demoiselles de la famille, bons médiums, qui vinrent par la suite à une réunion chez moi. Ma femme était très heureuse de m'accompagner à ces séances, de même qu'un neveu (cf. Robert Vivier, p.158) qui vit rapidement se développer sa faculté médianimique. Je parvins également à développer la mienne.
    Pierre Debouxhtay, p.54-55

        A la seconde séance où il assista, Pierre Dor sentit une main légère le toucher alors que l'obscurité était complète. La main voltigea autour de lui, le frôla au front, à l'épaule, donna des petites tapes sur le dos de sa propre main. Pierre était hardi, il voulut attraper cette main au vol. Mais ce fut comme si la main s'était évaporée. Monsieur Ghaye reprocha au jeune Dor d'avoir lâché la table : ainsi la chaîne s'était rompue, et le fluide avait manqué à l'esprit.
        Antoine était frappé. Voilà que la faculté mystérieuse touchait un être de son sang. Et le pouvoir de Pierre Dor augmentait de semaine en semaine. Ce qu'il lui arriva de plus extraordinaire fut de voir une figure blanche, habillée comme une statue, traverser lentement la prière. Une des demoiselles aussi l'avait aperçue.
    Jamais plus, malheureusement, les conditions ne furent aussi bonnes que ce jour-là.
        La médiumnité de Pierre Dor encouragea Antoine à essayer une séance aux Quatre-Ruelles. il invita les trois demoiselles, ainsi que Gony et Pierre Dor, et le menuisier Debroux, de Crotteux. Le jeune Louis (le fils des Antoine) assistait pour la première fois à une séance de ce genre. Tout se passa fort bien. Aussi Antoine décida-t-il d'organiser un groupe spirite.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.164-65.

        Pierre Dor sera l'intermédiaire pour Louis Antoine de la Maison Delhaize, rue Grand-Vinâve à Jemeppe, à la fin de l'année 1900. Par cet intermédiaire, le Père achetait des flacons d'extrait de viande La Plata qu'il remettait ensuite aux malades qui le consultaient (Pierre Debouxhtay, p.76).
        La même année, Louis Antoine paya chez Dor Nicolas, cordonnier, rue du Pont, une paire de souliers pour 7 francs 50, afin de les remettre à Hollange. Il était alors infirme, et demeurant à Seraing, rue de la Vecquée, chez Noël Claes. Louis Antoine le soigna et le guéri : "il est devenu un croyant sincère et il vient me voir toutes les semaines" (Pierre Debouxhtay, p.76).

        Mme Muntz, habitante du coin de la rue Bois-de-Mont et des Tomballes, vend sa maison au neveu de Louis Antoine, Pierre Dor, qui ouvre avec sa femme un café-restaurant. A droite, dans la rue Bois-de-Mont se situe la maison des Antoine.
        A l'automne 1900, les Antoine achète la maison à gauche du café, dans la rue des Tomballes, pour recevoir les malades. Et le 25 décembre, on inaugure la salle du guérisseur. Une gardienne fait entrée les souffrants un à un selon le jeton en zinc qui leur a été remis en entrant.
        En mars 1904, on ouvrit une porte dans la rue des Tomballes.
        En 1905, les Antoine font construire un temple à l'emplacement de la salle de réunions des Vignerons du Seigneur. Il reçoit jusqu'à 400 malades par jour.
        En 1906, on construit un bureau et une salle d'attente, et la grande salle, transformée, devient le temple.
    d'après Robert Vivier, p.246

        Soeur Guillaume et Cécile Litienne firent la connaissance du Père par l'intermédiaire de Pierre Dor, en 1903. Le mari de Mme Guillaume, en faisant la traversé du Havre à New-York parla avec le neveu.
        "Nous avons pris une chambre chez Jean (certainement une erreur de prénom) Dor qui tenait commerce au coin. Au bout de quelques semaines, Maman allait très bien ; elle marchait partout où elle voulait, aller même monter la grande côte avenue Smeets.
        extrait de lettres dans Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

        Au risque d'être accusé de népotisme, Antoine avait loué la maison du coin de la rue des Tomballes à son neveu Pierre Dor (le futur Père Dor) : la femme de ce dernier y ouvrit un "café" où les visiteurs d'Antoine pouvaient se restaurer. Le commerce marcha si bien qu'après six années Mme Dor put acheter huit maisons d'une valeur de 18.500 francs; il lui restait encore 5.000 francs. (Renseignements donnés par le Père Dor, en tête de son livre Christ parle à nouveau [1913], p.10) (Pierre Debouxhtay, p.91).

        Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin). Parmi eux étaient les femmes ; Mme Antoine, toute menue, toute grise, Mme Guillaume, Mmes Nihoul, Desart, Deregnaucourt, la femme Jeanfils. On se montrait une dame qui était venue d'Amérique, - une dame fort riche et bien habillée -, et qu'Antoine avait guérie. Derrière, jusqu'au fond, se serrait la foule, foncée de vêtements, avec les taches claires des chemises (on étouffait de chaud malgré les fenêtres ouvertes), et sur le fond sombre, de haut en bas, en longues lignes, en longs chapelets pâles, des visages et des visages.
            Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.266

        Il n'était pas jusqu'à son neveu Pierre Dor, contre qui il ne parlait jamais : pourtant celui-ci avait fondé un culte, là-bas, dans le Hainaut, et laissait dire par ses disciples qu'Antoine de Jemeppe n'était que Jean-Baptiste et que lui il était le Christ.   
            Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.332

        Regis Dericqueboug cite un extrait de Le Christ parle à nouveau (Watermael, imrpimerie Paternotte, 1912)
    1. Ne croyez plus en Dieu comme vous le comprenez car ce n'est guère ainsi que je vous l'ai révélé.
    2. Il n'est ni un esprit, ni un être à prier comme vous le faites sans cesse croyant être exaucés.
    3. Non ce c'est pas ainsi qu'il faut l'interpréter et non plus de cette façon que vous devez l'aimer.
    4. Dieu est au coeur de l'homme, et vous le sentirez quand vous pratiquerez ce que j'ai enseigné.
    5. D'aimer vos ennemis et de bien pardonner à ceux qui vous causent des peines et des contrariétés.
    6. Si je parle à nouveau, c'est pour vous exhorter à changer d'un chemin qui peut vous égarer.
    7. Car Dieu, vous ne priez que pour lui demander tous les biens de la terre, la fortune, la santé.
    8. Tout cela non pour faire la charité et encore moins pour vous améliorer.
    9. Mais seulement pour vous amuser dans vos vices, vos passions dites de bestialités.
    10. Or de cette façon, vous vous écartez du chemin du bonheur que vous cherchez.
    Régis Dericquebourg, Les Antoinistes, p.84-85

        Cet auteur y voit un "témoignage  d'un messianisme christique dans l'antoinisme naissant" (p.128)

        Né le 15 mai 1862 à Mons-Crotteux, il souffrit aussi d'une maladie mal définie, et à 38 ans un accident le força a abandonné son métier. Il tint ensuite le café-restaurant au coin du futur temple. Au bout de six ans, il acheta huit maisons qu'il loua. Puis il annonça qu'il était le vrai messie, et que Louis Antoine n'était que son Saint Jean-Baptiste. Après un essai à Grivegnée (banlieue de Liège), il revint à Jemeppe et colporta des publications de son oncle (Pierre Debouxhtay cite la déposition d'un garde-champêtre qui le rencontra pendant sa besogne, sur sa casquette avec une plaque portant "Antoine le Guérisseur", Louis Antoine le désapprouva et lui déclara qu'il n'était plus dans le fluide voulu). Pierre Debouxhtay voulait explorer la doctrine du neveu dans le second tome Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme qui ne vit jamais le jour.
        Puis un adepte russe guérit par le neuveu lui propose de venir en Russie (Lioubimovsky-Любимовский et Taganrog-Таганрог). Là il eut une certaine notoriété comme guérisseur, puis fut inquiété par les autorités.
       Revenu en Wallonie, il s'installa à Jemeppe, puis à Roux-Wilbeauroux en août 1909. Après une premier temple, il fondi une salle, l'Ecole morale en 1912. Puis il s'installa à Uccle. Régis Dericquebourg précise : "l'instruction de Pierre Dor ressemble à celle de son oncle mais il y ajoute une touche plus moralisatrice". (p.32)


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  • Commentaires

    1
    Jacques Cécius
    Samedi 27 Juin 2009 à 15:58
    Père Dor
    En fait Pierre Dor, "le Père Dor" épousa une nommée Elisa Box, qui décéda assez rapidement. Il maria ensuite Joséphine Bonnet, qui le secondera dans sa "mission". le Père Dor quittera Roux, et l'Ecole morale qu'il avait fait bâtir, en 1916, pour s'installer à Uccle. Là il continua à recevoir les malades, mais ne donna plus que quelques rares "instructions", beaucoup plus rares qu'à Roux. Le Père Dor est décédé à Uccle le 05 mars 1947. Sa religion a disparu avec lui, car il n'avait pas créé de structures ni de clergé. Il n'y a donc plus, aujourd'hui, de lieux de culte doriste. JNOFW
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