• André de Lor - Révélation d'Outre-tombe (1911)

    André de Lorde (1869-1942), écrivain, dramaturge et scénariste     Un article de La Revue hebdomadaire (Quand les Antoinistes fêtent leur saint patron, 26 juin 1932) nous informe que l'"auteur dramatique fameux" André de Lorde serait antoiniste. L'auteur bienveillant de cet article cite également le pharmacien Louis Jolly ("un savant chimiste"), dont on est sûr de son appartenance au culte, donc pourquoi douter de ce fait. Cependant, il est impossible de trouver d'autres informations sur l'adhésion de l'écrivain à l'antoinisme. Ou s'agirait-il simplement d'un bon mot de l'auteur de l'article car ses pièces étaient notamment jouées au Théâtre Antoine ?
        André de Lorde est un écrivain, dramaturge et scénariste français, né le 11 juillet 1869 à Toulouse et mort le 6 septembre 1942 à Antibes (Alpes-Maritimes). Surnommé « le prince de la terreur », il est surtout connu grâce aux pièces qu'il a écrites pour le théâtre du Grand-Guignol. Fils d'un médecin, André de Latour, comte de Lorde, issu d'une famille d'aristocrates désargentés, devient l'auteur emblématique des pièces de Grand Guignol du début du XXe siècle. Ses pièces traitaient de la folie et de la médecine.

     

    André de Lorde (par Charles Gir)
    (source : wikipedia)

     

     

        On lit par ailleurs dans la Revue spirite d'octobre 1911 un article concernant le livre Révélation d'Outre-tombe par André de Lor. S'agit-il d'une confusion entre ces deux auteurs dont le nom est proche. André de Lor a participé régulièrement depuis l'année 1925 par quelques articles au Fraterniste. À droite, un article du Fraterniste du 1er mai 1924. Il signe également André de LOR-GOURSKA.

    André de Lor - Révélation d'Outre-tombe (1911) 

    RÉVÉLATION D’OUTRE-TOMBE (1)

    Par ANDRÉ DE LOR

        L’intérêt grandissant des sciences psychiques, l’attrait qu’elles exercent, de plus en plus, non seulement sur ceux qui sont portés vers elles par le mouvement naturel de leur esprit et les inspirations qui leur ont été dictées, mais encore sur les personnes à qui, auparavant, les résultats des sciences exactes suffisaient, donnent une importance particulière aux ouvrages destinés actuellement à en assurer le développement et à en corroborer les découvertes.
        Mais, en même temps, le crédit dont jouissent, chaque année davantage, les études concernant le mécanisme et l’avenir spirituels de l’humanité, impose à ceux qui s’en font les propagateurs, des devoirs nouveaux.
        Autrefois — et il en fut ainsi à l’origine de toutes les sciences — on était tenté et on avait le droit d’accueillir toutes les manifestations de la révélation psychique, si confuses qu’elles pussent être, si mélangés qu’en fussent les éléments. Il importait, en effet, avant tout, de réunir le plus grand nombre de témoignages possible autour des principes d’une science séculaire, que le temps avait ensevelie, et à qui manquaient des preuves immédiates. Autrement dit, si, sur la foi des livres légués par les anciens peuples, et vérifiés par l’exégèse, il n'était pas permis de douter que la haute science eût existé, rien, par contre, ne nous autorisait à croire qu’elle eût encore autour de nous, des racines et fût appelée à revivre.
        C’est pourquoi, en vue d’affirmer une renaissance ardemment désirée, aucun indice ne pouvait être négligé. On chercha l’étincelle de vérité au milieu des plus troubles nuées. On accepta le torrent des folies, afin de découvrir, au fond, une parcelle de la pierre merveilleuse. Les déments et les simulateurs ne manquèrent pas. On feignit de les accueillir.
        Avant de se faire l’interprète d’une pensée que lui transmit, par la voie de l’inspiration, un être disparu, l’auteur de Révélation d'Outre-tombe ne s’était jamais adonné à de périlleuses tentatives de communications avec le monde supérieur. Il ne s’y croyait point prédisposé ; il n’avait cédé à aucune de ces fausses pratiques auxquelles succombent tant de natures faibles, sensibles aux appâts de l’illusion. Ainsi cet ouvrage est la manifestation spontanée, imprévue, soudaine, de l’au-delà, auprès d’un esprit qui n’y était nullement enclin. Cela est si vrai que M. André de Lor douta longtemps de
    l’importance et de la qualité de l’apparition qu’il eut, et des paroles qu’il entendit.
        Il n’était pas, non plus, littérateur : il ne risquait donc pas d’être dupe d’un mirage que lui offrît le cours de son invention.
        Étonné, lui-même, du message qu’il recevait, dépourvu des habitudes et des habiletés à l’aide desquelles les professionnels de l’inspiration déforment ce qu’on leur communique, dénué de toute ruse littéraire, M. André de Lor, une fois qu’il la posséda, conserva sa révélation avec une piété, un respect, une docilité anxieuses. Il n’y voulut rien modifier, rien ajouter ; il eut craint de la dénaturer ; il lui garda sa précipitation parfois un peu fiévreuse, et son enthousiasme parfois un peu désordonné. Il se contenta d’en redresser les phrases qui restaient souvent en suspend, ou que l’exaltation enchevêtrait.
        A ce titre et par ces traits, l’ouvrage qui s’offre aujourd’hui au public est une transcription exacte des rapports échangés, au gré d’une volonté mystérieuse, entre une âme d’en haut et une âme d’en bas, entre un esprit de la grande Terre, et un de la petite.
        C’est là un témoignage auquel personne ne saurait refuser la sincérité, la clarté et l’éloquence.

                                                                                                                                                 H. H.
    (1) En vente à la Librairie des Sciences Psychiques, 1 vol, in-18. Prix : 3 fr. 50.

     


    NEUF DESSINS
    de Mme Marie EGOROFF (1)
    (Illustrations de la Révélation d'Outre-Tombe.)

        Mme Egoroff a consacré au livre de M. André de Lor neuf planches qui forment un album séparé. Ces planches retracent les épisodes principaux de l’ouvrage. Leur langage ne suppose, pour être compris, aucune initiation préalable L’inspiration de Mme Egoroff, en effet, ne s’évade jamais hors
    des spectacles auxquels est accoutumée notre vue ; c’est à eux qu’elle s’alimente. Elle ne recourt pas à des gradations difficiles de symboles qu’il faille déchiffrer, dont il faille connaître la clé avant de pouvoir y retrouver la personne humaine dans nos étapes de la naissance à la mort, de la vie matérielle à la vie spirituelle, du monde terrestre au monde supra-terrestre. Non : l’art de Mme Egoroff s’en tient aux éléments que lui offre la réalité. Le visage humain y garde l’importance qu’il a pour les peintres ; il ne subit aucune déformation hasardeuse ; il n’est assujetti à aucun remaniement dû à un effort d’abstraction. C’est sa valeur la plus naturelle interprétée d'une certaine façon qui l’oriente vers le but surnaturel qu’à travers lui, M me Egoroff veut nous faire atteindre.
        Nous avons dit à quel point l’ouvrage de M. André de Lor comporte de simplicité et de clarté. Les planches de Mme Egoroff le complètent admirablement. Le livre, illuminé par l’album, rendra facile le chemin de la compréhension à ceux qui voudront, sans parti-pris, s’y engager. Guidé par un récit, averti par des figures si humaines, pourra-t-on prêter à cette révélation un tour chimérique susceptible de faire douter de sa vérité et d’affaiblir, au détriment de la science psychique tout entière, la valeur du document exact qu’il a et sur laquelle nous tenons à insister ?
        L’art de Mme Egoroff a donc pour centre la figure humaine. Elle n’est point, ainsi qu’il arrive dans beaucoup d’œuvres de cet ordre, traitée par masses, par agglomérations, chaque face étant réduite à ses ligues fondamentales, et n’ayant de prix que pour une espèce de soumission à l’expression commune et monotone des faces voisines.
        Chez Mme Egoroff, la figure humaine conserve toute sa force particulière, tout son sens personnel. Elle s’impose, sans encombrement, en quelques types choisis dont chacun a sa physionomie propre, sa vie à lui, son indépendance. L’individualité des figures et leur intensité isolée sont les moyens par lesquels Mme Egoroff sait évoquer la multitude et l’universel, à l’encontre des habitudes de l’art sparte qui opère surtout par entassement, par effacements réciproques, par confusion. En regardant les neuf plans de la Révélation, on croirait voir des portraits, tant le détail des visages a de soin, de variété, de précision.
        Ainsi, loin de participer des divers systèmes que l’on retrouve à travers les innombrables dessins d’inspirés, et qui mettant entre eux la parenté d’une vision toujours schématique, fluide et arbitraire, l’art de Mme Egoroff détruit les qualités de composition et de consistance plastique habituelles à l’art. Cela donne à Mme Egoroff une place particulière. Son œuvre n’est pas une de ces œuvres curieuses issues d’une exaltation spéciale de l’intuition, mais qui sont situées en dehors des conditions coutumières de l’art. Elle est, au contraire, pénétrée de discipline et de tradition et garde avec la matière des choses, un lien constant.
        Pourtant, ces neuf planches auxquelles s’ajoute la couverture, inspirée d’un hématique symbole, ne pourraient être rangées, non plus, parmi les œuvres positives. Si leurs éléments sont fidèlement empruntés à ce monde, elles nous transportent, cependant, dans un autre monde, dont nous ressentons, en les contemplant, le choc, l’étonnement, la fatalité.
        A quoi cela tient-il ? Comment Mme Egoroff s’y prend-elle pour obtenir, avec des procédés réalistes, des évocations aussi irréelles ?
        Ici intervient un sentiment de la disposition des personnages, de l’éclairage de leurs figures, et du décor qui les entoure, où Mme Egoroff témoigne d’une originalité subtile et savante.
        Le corps des personnages ou n’existe pas ou se perd dans d’amples draperies, de sorte que les têtes qui seules, résistent et seules subsistent, semblent flotter en suspend, dans l’éther. Elles sont baignées, en outre, d’une lueur pâle d’auréole, d’une lueur froide et immuable qui les transforme en apparitions merveilleuses et tragiques. Le plan sur lequel elles apparaissent est un plan factice introduit dans l’échelle des plans de l’ensemble de la gravure ; il en rompt l’équilibre, y provoque des contrastes violents et éveille ainsi le trouble de l’extraordinaire et du miraculeux.
        Enfin, le décor, tout en étant construit, massif, bien réel, plonge en des zones ténébreuses. Ce ne sont que passages souterrains, cryptes secrètes, escaliers aux volutes tourmentées. C’est le domaine où la nuit couve ses fantômes. Et soudain le vol de ces grandes bêtes humaines y jaillit, imprégné de lumière ! Des accessoires aux formes inusitées, ceux mêmes dont il est question dans le livre, ajoutent à ce séjour une étrangeté qui, sans rompre avec la vie réelle, procure l’impression qu’en ces lieux on s’en échappe, on la devance, ou la domine.
        Tels sont les traits généraux de l’œuvre de Mme Egoroff.
        Le livre de M. André de Lor lui devra une confirmation puissante. Pour qu'en effet, il ait pu inspirer un ensemble de dessins aussi harmonieux et aussi déterminés, il faut que l’émotion et la démonstration qu’il renferme dépassent la conscience de son auteur, et possèdent une portée et un rayonnement général. Les dessins de Mme Egoroff ne pourront que rendre encore cette portée plus nette, et ce rayonnement plus convaincant.

    1. En vente à la Librairie des Sciences Psychiques, 1 album in-4 raisin comprenant neuf planches tirées en prototype et encartées dans une couverture illustrée, le tout enfermé dans une pochette, prix : 7 fr.

    Revue spirite, 1er octobre 1911, p.625 (gallica)

     

        Reproduction des planches sur le site : laporteouverte.me

    André de Lor - Révélation d'Outre-Tombe (1911)

        Le même André de Lor est l'auteur d'un autre livre étonnant : Toutou chien écrivain (1920) qui raconte comment en l’An de Grâce 9999 une niche de l’An 1920 est mise à jour et son occupant en hibernation est ramené chez les vivants. Toutou Chien nous raconte alors l’histoire de l’humanité jusqu’en l’An 9999 où le règne animal-végétal-minéral domine la Terre.


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