• MERXEM, commune du canton, de l'arrondissement et à 2/5 de lieue N.E. d'Anvers.

    Elle se compose de son chef-lieu et du hameau de Dambrugge.

    Hydrographie : Le Laesrsche-Beek sépare, au N., cette commune de celle d'Eeckeren et Austruweel. Le Schyn arrose le territoire au S.E. et forme SA limite avec Deurne, Borgerhout et Anvers ; il reçoit toutes les eaux qui descendent des bruyères.

    Sol : Plaine unie, partie basse, partie tant soit peu élevée. L'argile domine sur quelques points ; le sable forme la base du sol dans certaines localités, dans d'autres on trouve des terres marécageuses.

    Agriculture : La quantité des grains récoltes par année s'élève à seize mille rasières, dont un tiers en orge, un tiers en avoine, un sixième en froment et un sixièmie en seigle. On recueille annuellement deux cents rasières de sarrasin, cinquante de colza et deux mille de pommes de terre. Les fourrages suffisent à peine à la consommation locale. On y cultive principalement le pommier dans les vergers. Il y a des chênes, des hêtres, des trembles sur futaie et quelques taillis dont l'aménagement est de six ou sept ans. Trente-sept fermes. La commune comptait, en 1830, cent trente-deux chevaux, vingt-trois poulains, deux cent cinquante-trois bêtes à cornes, cinquante-sept veaux, quatrevingt-deux porcs, soixante moutons et quatre-vingts chèvres.

    Population : Mille cinq cent cinquante deux habitans. Il y a eu, en 1830, trente-neuf décès et cinquante naissances.

    Habitations : Deux cent quarante-six maisons ; elles sont généralement construites en briques, couvertes en pannes et agglomérées le long de la grande route d'Anvers à Breda. Il y a une église, une maison communale et une école primaire. On y remarqne les maisons de campagne de MM. Geelhand, Van Praet, Vinck, Lunden, Le Peige, Knyff et Govaerts.
    On trouve à Merxem une société de musique et une société pour le tir à l'arc.

    Commerce et Industrie : Il y a une briqueterie, une raffinerie de sel, une imprimerie de coton, une brasserie, et une distillerie, une fabrique de sirop, trois moulins à farine et un à huile, mus par vent.

    Routes et Chemins : La grande route d'Anvers à Breda traverse la commune du S. au N. Les chemins vicinaux sont praticables en toutes saisons. — Dix ponts en pierre et deux en bois.


    Dictionnaire géographique de la province d'Anvers (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  •     L'« Amérique », la plus ancienne et la plus riche de ces nations, au service de laquelle venait d'entrer Laurent, écrémait la main-d'oeuvre, disposait des plus beaux chevaux, possédait des installations modèles et un outillage perfectionné. Chariots, harnais, grues, bâches, cordeaux, bannes, poulies et balances n'avaient point leurs pareils chez les corporations rivales. Depuis Hoboken jusqu'à Austruweel et à Merxem on ne rencontrait que ses diligentes équipes. Ses poseurs et ses mesureurs transbordaient le grain importé sur des allèges d'une contenance invariable ; ses portefaix juchaient les sacs et les ballots sur leurs épaules et les rangeaient à quai ou les guindaient sur les fardiers ; ses débardeurs déposaient sur la rive des planches, poutres et grumes en réunissant les produits de la même essence.
        Trop habitués à ouvrer de leurs dix doigts pour s'escrimer du crayon et de la plume, c'était Laurent qui, sur la présentation de leur collègue Vingerhout, le syndic des chefs ou baes, était chargé de leur besogne de bureau et aussi du soin de contrôler, à l'entrée ou à la sortie des docks, les chiffres renseignés par les peseurs et mesureurs d'autres corporations.
        Un négociant en café, client de l'Amérique, a-t-il repris une partie de denrées à un confrère, Laurent reçoit le stock des mains de la nation concurrente avec laquelle a traité le vendeur. Il en a souvent pour une journée de posage sur le quai en pleine cohue, sous les ardeurs du soleil ou par la pluie et la gelée. Mais il s'absorbe en la tâche. Des centaines de balles poinçonnées et numérotées depuis la première jusqu'à la dernière défilent devant lui. Il additionne des colonnes de chiffres tout en surveillant du coin de l'oeil le jeu de la balance. Car gare aux erreurs ! Si le preneur ne trouvait pas son compte, c'est l'Amérique qu'il tiendrait responsable de l'écart, à moins que Laurent n'eût constaté que le préjudice émanait du vendeur et de ses ouvriers.

    Georges Eekhoud, La Nouvelle Carthage (1888)
    Deuxième Partie : Freddy Béjard, Chapitre III : Ruches et guêpiers


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