•     Quand l'étranger qui visite Liége arrive dans les hauts quartiers au delà de la place Saint-Lambert, vers la citadelle, il s'arrête avec curiosité devant un temple de dimensions modestes, à l'architecture vaguement byzantine, dominé par une petite coupole. Sur la porte d'entrée, il lit cette inscription :
        Lecture de l'Enseignement du Père Antoine
        le Dimanche à 10 heures et tous les jours à 7 h. 1/2 du soir,
            excepté le Samedi.
        Recueillement à 10 h.
        les quatre premiers jours de la Semaine.
        Le Temple est ouvert jour et nuit
        aux personnes souffrantes.
        Tout le monde est reçu gratuitement.

        Sur la porte intérieure :
            Le Père Antoine le Grand Guérisseur pour celui qui a la Foi.

        On pénètre dans une salle assez spacieuse, garnie de bancs. Les murs de droite et de gauche sont blancs et nus. Celui du fond est occupé par un grand tableau noir. Il porte ces mots :
                L'Enseignement du Père Antoine,
                C'est l'enseignement du Christ
                révélé à cette époque par la Foi.
                L'Auréole de la Conscience.
                        ___________
            Un seul remède peut guérir l'humanité : la Foi.
            C'est de la Foi que naît l'amour :
            l'Amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ;
            Ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu,
            car c'est l'Amour que nous avons pour nos ennemis
            qui nous rend dignes de le servir, c'est le seul amour
            qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité.

        Devant ce tableau se dresse une tribune, une sorte de comptoir. A droite un emblème étrange dessiné sur un verre mat. De quatre fortes racines sort un tronc épais et court qui s'épanouit en quatre ou cinq feuilles raides, disposées symétriquement. C'est l'Arbre de la Science de la vue du mal. Le soir, on allume derrière le verre une lampe.

    Lucien Roure, Un prophète contemporain, Antoine le Guérisseur
    (Les Etudes, Volume 166 - 20 janvier 1921)


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  • source : Société d'Histoire du Protestantisme du 01-12-1929 (gallica)


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