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Philippe Charlier - Autopsie des fantômes, Une histoire du surnaturel (2021)

Publié le par antoiniste

Philippe Charlier - Autopsie des fantômes, Une histoire du surnaturel (2021)

Auteur : Philippe Charlier
Titre : Autopsie des fantômes : Une histoire du surnaturel
Éditions : Tallandier, Paris, 2021 (315 pages)
Plusieurs pages sont en accès libre sur GoogleBooks

    Dans une enquête inédite sur les terres du spiritisme, l’auteur nous mène de la tombe d’Allan Kardec au culte des âmes du Purgatoire. De Rome à Paris, en passant par le Vietnam et l’Écosse, il interroge les archives et les adeptes de ceux qui refusent de voir la mort comme une inéluctable fin. Pourquoi les spectres, les fantômes ou les revenants continuent-ils de passionner ? Comment la science a-t-elle tenté d’enregistrer le son des morts, de photographier les fantômes ou les pensées ? Quel a été le rôle des médiums dans cette communication d’outre-tombe, entre sincérité et escroquerie ? Comment le surnaturel, qui défiait initialement la science, est-il devenu lui-même, au cours du XIXe siècle, un véritable objet d’étude ? Et surtout, à qui profitent les revenants et leurs manifestations ? Cette histoire du surnaturel est une invitation à voyager dans l’autre monde, à la rencontre de ceux qui croient aux fantômes, ceux qui réfutent leur existence, et ceux qui cherchent la vérité.

    Évoque l'antoinisme au chapitre 7 : Sur cette table tournante, je construirai mon église... dont voici l'introduction :

    L’influence du spiritisme va s’étendre bien au-delà (c’est le cas de le dire...) des frontières françaises et britanniques. En Belgique, un certain « père Antoine » va même se servir de l’enseignement de Kardec pour ériger une nouvelle religion. Ses églises vont essaimer en Europe et sur d’autres continents, mais c’est en France qu’on trouve le plus d’adeptes de cette étrange croyance...

Un culte d’origine belge

    J’avais déjà entendu parler du culte antoinisme, mais c’est par le plus grand des hasards, en faisant mon footing, un soir de décembre, que je suis tombé sur la chapelle de ce culte de la rue Vergniaud, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Elle est située au croisement de plusieurs artères, près du métro aérien qu’on entend gronder de façon périodique. Sur la porte, banale et comparable au porche d’entrée d’une église « classique », on lit le panneau suivant :

    Lecture de l’enseignement du Père le dimanche à 10 heures et tous les jours à 19 heures excepté le samedi. Opération au nom du Père les cinq premiers jours de la semaine à 10 heures. Le temple est ouvert du matin au soir aux personnes souffrantes. Tout le monde est reçu gratuitement.

    Après que j’ai fait grincer le panneau de droite de la porte, une femme sans âge apparaît, vêtue comme une amish, d’une longue robe et coiffe noire, fermée au niveau du cou par un gros nœud de flanelle. Avec une voix toute douce et une bienveillance évidente, elle m’invite à entrer et à visiter le temple. Elle allume quelques lumières, ouvre une seconde porte et me précède dans ce qui ressemble à une nef dont les murs en pierre et bois sont peints en un vert très pâle. Sur les murs, des panneaux répètent l’injonction au silence : « On ne parle pas dans le temple »... une règle qui semble avoir son importance. La « sœur » reste près du porche d’entrée, murmure quelques paroles, puis me laisse seul.
    Au niveau du chœur, une sorte de chaire miniature éclairée par une faible lampe est cernée de trois portraits noir et blanc : le père Antoine, son épouse (« la Mère ») et une métaphore dessinée du Saint-Esprit. Au-dessus, occupant la totalité du mur, une inscription gigantesque :

    L’auréole de la conscience. Un seul remède peut guérir l’humanité : la foi. C’est de la foi que naît l’amour. L’amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu lui-même. Ne pas aimer ses ennemis, c’est ne pas aimer Dieu, car c’est l’amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de Le servir, c’est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu’il est pur et de vérité.

    Dans ce qu’il faut bien appeler une nef s’étalent des bancs de bois, bien cirés. Pas de vitrail, mais des ampoules électriques pour éclairer l’assistance. Il faut dire que ce temple est né avec l’électricité, en 1913. Je ressors et interroge la « sœur ». De la même voix très douce, elle me trace les grandes lignes de l’antoinisme. Elle m’explique que c’est un lieu de prière où les gens viennent prier seuls ou avec l’aide de quelqu’un, en « cabinet de consultation », en cas de souci particulier. Chaque matin, l’office consiste en une prière commune, c’est l’« Opération », tandis que le soir a lieu une prière plus courte. Personne ne parle ; les seules paroles prononcées sont la lecture de l’enseignement. Baptêmes, mariages et enterrements sont aussi pratiqués... sous une forme extrêmement simple. On assiste à l’Opération, on rentre dans le Cabinet du desservant, demandant à être aidé, on prie et c’est fini. Difficile de faire plus expéditif. L’enterrement antoiniste est tout aussi spartiate : il consiste en deux lectures (les Dix principes et une autre qui s’appelle Réincarnation) et des prières tout autour du cercueil. Droit au but et Rien de trop semblent être les maximes de cette religion.

    Suit l’histoire du Père (passons sur le titre Les élucubrations d’Antoine).

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Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne

Publié le par antoiniste

    Par un article de la Gazette de Charleroi, on apprend que le Temple de la Vertu, après avoir été vendu et devenu un cinéma, sera racheté par les Dames de Ste-Julienne pour en faire une Maison de retraites fermées. En voici quelques cartes postales qui présente les lieux. Des fenêtres ont été ajoutées, mais on reconnaît encore la forme générale des bâtiments qui sont maintenant reconvertis en un Centre d'Enseignement Supérieur pour Adultes.

Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne. Chambre de retraitanteChambre de retraitante

Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne

 

Le réfectoire

 

Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle

 

 

Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin

 

 

Roux - Maison de retraites fermées. Dames de Ste Julienne

 

 

 

 

 

 

 

 

Plaine de jeux

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Roux - Le Temple de la Vertu (La Gazette de Charleroi, 2 novembre 1912)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Roux - Le Temple de la Vertu (La Gazette de Charleroi, 2 novembre 1912)(Belgicapress)ROUX
    Le Temple de la Vertu.
– Le va-et-vient du jour de la Toussaint s'est augmenté d'un mouvement de foule, composée en grande partie d'étrangers, se portant vers le « Temple de la Vertu », conception nouvelle du Père Dor et couronnement de son œuvre connue sous le nom d'Ecole Morale.
    C'était hier, en effet, le jour fixé pour l'inauguration de ce temple nouveau et qui consiste en une imposante construction érigée le long de la route de Marchienne à Courcelles, voisinant avec la Gendarmes ayant elle-même extérieurement l'aspect d'un temple : le temple du Vice. Comme situation, cette coïncidence est à noter : le remède à côté du mal.
    La grande salle de réunion mesure environ 25 mètres sur 15. Trois gros calorifères donnent une chaleur douce, mais qui bientôt ne tardera pas à devenir suffocante.
    Le local manque de dégagement. Deux portes relativement étroites, dont l'une réservée à l'accès à d'autres pièces du bâtiment, devront servir à évacuer une assistance de plus de deux mille personnes.
    Aspect très sobre, murs blancs dans l'épaisseur desquels sont ménagés des panneaux rompant l'uniformité. Pas de fenêtre, le jour arrive à profusion d'une verrière servant de couverture à l'édifice.
    A l'un des bouts de la salle est établie une chaire d'où le Père Dor parlera. Cette chaire est surmontée d'un abat-son conforme aux prescriptions d'une acoustique bien étudiée.
    En dessous de la chaire, un bureau où prendront place les secrétaires chargés du service sténographique.
    Bien avant deux heures, la salle est comble, quelques instants après, elle regorge.
    Le Père avait émis le désir de voir respecter l'espace laissé libre entre la première rangée de bancs et le bureau. Cette surface ne tarde pas à être envahie et, si la chaire n'était en élévation, les occupants du premier rang n'auraient guère à se réjouir de leur avantage.
    Des trains arrivant aux stations de Roux et de Wilbeauroux, vers 2 h. 1/2, descendent encore bon nombre de personnes qui ne pourront trouver place. Mieux avisés sont ceux qui se sont fait conduire en voitures, charrettes, chars-à-bancs, l'un de ceux-ci portant une firme de Chapelle-lès-Herlaimont.
    Un silence de cathédrale plane sur la foule, et les petits accès de toux cessent subitement lorsqu'à 2 h. 30 sonnant, le Père Dor monte en chaire.
    Après s'être recueilli pendant quelques instants, Père Dor annonce qu'il vu procéder à une opération générale en faveur des gens qui souffre physiquement et moralement.
    Cette opération a lieu selon les rites bien connus des adeptes. Père Dor donne ensuite la parole aux personnes qui ont manifesté l'intention de lire leurs impressions à l'occasion de l'inauguration.
    La séance se continue selon la coutume, des assistants font des actes de foi, d'autres posent des questions auxquelles le Père s'efforce de répondre à la satisfaction générale !
    Il est 4 heures lorsque la cérémonie prend fin. La foule s'écoule lentement pendant qu'à son tour opère un photographe prenant des instantanés de la sortie.
                                                                                   PH

La Gazette de Charleroi, 2 novembre 1912 (source : Belgicapress)

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Antoinisten in de Stad (De Nieuwe Gazet, 21 octobre 1929)(Belgicapress)

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Antoinisten in de Stad (De Nieuwe Gazet, 21 octobre 1929)(Belgicapress)
Antoinisten in de Stad

    Zondagmorgen merkte men in onze stad talrijke vrouwen en mannen op die een bijzondere kleedij droegen: de mannen een lange zwarte redingote, toegeknoopt tot aan den hals en een halfhoogen hoed, de vrouwen een klein zwart hoedje met sluier en een kapmantel. Vele wandelaars, zullen zich afgevraagd hebben, wie deze bezoekers waren.
    Het waren Antoinisten, volgelingen van Antoine, die destijds in de omgeving van Luik, en later heel het land door beroemd werd door genezingen, die hem toegeschreven werden. De Antoinisten, die reeds een tempel te Hoboken in de Krugerstraat bezitten, kwamen deze maal onder de leiding van Moeder Antoine, uit alle hoeken van het land, een nieuwen inhuldigen in de Edouard De Ceusterstraat te Schooten. Zij maakten gebruik van deze gelegenheid om de Stad te bezoeken en hadden overal heel wat beziens.

De Nieuwe Gazet, 21 oktober 1929 (source : Belgicapress)

Traduction :

Des Antoinistes dans la ville

    Le dimanche matin, dans notre ville, nous avons remarqué de nombreux hommes et femmes portant des vêtements inhabituels : les hommes une longue redingote noir, boutonné jusqu'au cou et un chapeau mi-haut, les femmes un petit bonnet noir avec un voile et une pèlerine. De nombreux promeneurs se seront demandés qui étaient ces visiteurs.
    Ce sont des Antoinistes, des disciples d'Antoine, qui, à l'époque, dans la région de Liège, puis dans tout le pays, est devenu célèbre pour les guérisons qui lui sont attribuées. Les Antoinistes, qui possédaient déjà un temple à Hoboken dans la Krugerstraat, sont cette fois venus de tout le pays, sous la direction de Mère Antoine, pour en inaugurer un nouveau dans la Edouard De Ceusterstraat à Schooten. Ils ont profité de cette occasion pour visiter la ville et ont éveillés partout beaucoup de curiosités.

De Nieuwe Gazet, 21 octobre 1929 (source : Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 25 février 1914)(Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 25 février 1914)(Belgicapress)Quotidiennes

    Le parquet a donc opéré une descente chez le père Dor, le thaumaturge de Roux. On lui reproche d'exercer illégalement l'art de guérir. Ce reproche me paraît extraordinaire. Car enfin, la loi est inhumaine qui interdit de guérir en dehors de certaines règles déterminées. Guérir est l'essentiel. Ce que la loi devrait proscrire, sous peine de sanctions rigoureuses, c'est l'art de ne pas guérir.
    Pierre Dor n'a pas de parchemin délivré par les bonnets carrés de l'Université. Pour ma part, je regarderais à deux fois avant de m'abandonner à ses soins magiques, car j'ai encore le respect atavique des diplômes qui constituent, en somme, une présomption de savoir. Mais Dor n'est pas seul dans son cas. Où sont, je vous la demande, les diplômes de la kyrielle de bienheureux et de bienheureuses établis, depuis des siècles, spécialistes des affections les plus diverses et les plus délicates ? Si le parquet contrarie le père Dor dans l'exercice de sa profession, il doit, en toute équité, sévir aussi contre saint Hubert, saint Guy et les autres médecins du paradis.
    On dit que le thaumaturge de Roux opère par l'imposition des mains. C'est une méthode divine. Jésus l'a illustrée, sans compter Mahomet dont les musulmans, égarés par leur fanatisme sectaire, prétendent que les prodiges sont les seuls authentiques.
    On m'objectera que cette thérapeutique n'a de valeur que par celui qui l'emploie. Excellente quand Jésus l'utilisait, elle est illusoire lorsqu'un Dor y recourt pour abuser la crédulité populaire.
    Ce raisonnement est fallacieux. Certes, le Sauveur a accompli des miracles, mais Dor en a effectué également. Invoquez donc le témoignage de ses fidèles : ceux-ci seront des centaines à attester, par serment, qu'il les a guéris de la jaunisse, du diabète, de la gale et de tout ce qu'il vous plaira. Et comment auriez-vous le droit de rire de leurs témoignages, alors que vous acceptez sans discussion ceux de gens trépassés depuis vingt siècles ?
    Je commence à croire véhémentement que, si le Seigneur recommençait ses cures merveilleuses en notre beau pays, il recevrait la visite des gendarmes et serait coffré par la magistrature catholique.
                                                                                 ALCESTE.

La Gazette de Charleroi, 25 février 1914 (source : Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911)(Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911)(Belgicapress)Quotidiennes

    La Palestine, vers le temps où naquit Jésus, était la terre classique des messies, des prophètes et des thaumaturges.
    Est-ce que la Belgique va devenir la Palestine du XXe siècle ! Notre petit pays, que nous plaçons nous-mêmes, avec un légitime orgueil, au tout premier rangs des nations civilisées, va-t-elle ajouter à ses autres glorieux records celui du plus grand nombre d'inspirés du Seigneur
    Si le bon Dieu de Ressaix n'a eu qu'une carrière évangélique trop courte du gré de ses disciples, Antoine-le-Guérisseur obtient un succès tel qu'il commence à porter ombrage aux membres du clergé catholique.
    Il en est d'autres, beaucoup d'autres, injustement ignorés, dont la renommée ne dépasse point la frontière des régions où ils exercent. Certaines communes en possèdent plusieurs, ce qui autorise à conjecturer que le métier est assez lucratif.
    Un lecteur me communique le catéchisme que vient de publier un de ces rebouteux favorisés de lumières surnaturelles : « Le catéchisme de la restauration de l'âme, par Pierre Dor, surnommé le docteur sans médicament ». Ce Pierre Dor opère à Roux. Ecoutez « l'avant-propos » qu'il adresse à ses malades : « Beaucoup se plaignent du manque d'appétit et continuent quand même à manger. J'ai pour devoir le leur faire savoir qu'ils manquent par là de confiance à mes opérations. Je l'ai encore dit : un estomac embarrassé rend l'âme souffrante et l'empêche d'assimiler ses fluides aux miens... Je ne défends pas de manger, non mais pour ceci, il faut attendre que le cœur le demande. Donc, mes chers malades, ne forcez jamais votre estomac... » Le médecin de Molière confondait le foie et le cœur : le docteur sans médicament, lui, fait du cœur et de l'estomac un seul viscère : la science fluidique dédaigne la physiologie et l'anatomie.
    Ça n'empêche Pierre Dor d'avoir une riche clientèle. Ce qui est à l'honneur de notre humanité pensante, comme eut dit Pascal.                                            ALCESTE.

La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911 (source : Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911)(Belgicapress)

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Alceste - Quotidiennes sur Pierre Dor (La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911)(Belgicapress)Quotidiennes

    La Palestine, vers le temps où naquit Jésus, était la terre classique des messies, des prophètes et des thaumaturges.
    Est-ce que la Belgique va devenir la Palestine du XXe siècle ! Notre petit pays, que nous plaçons nous-mêmes, avec un légitime orgueil, au tout premier rangs des nations civilisées, va-t-elle ajouter à ses autres glorieux records celui du plus grand nombre d'inspirés du Seigneur
    Si le bon Dieu de Ressaix n'a eu qu'une carrière évangélique trop courte du gré de ses disciples, Antoine-le-Guérisseur obtient un succès tel qu'il commence à porter ombrage aux membres du clergé catholique.
    Il en est d'autres, beaucoup d'autres, injustement ignorés, dont la renommée ne dépasse point la frontière des régions où ils exercent. Certaines communes en possèdent plusieurs, ce qui autorise à conjecturer que le métier est assez lucratif.
    Un lecteur me communique le catéchisme que vient de publier un de ces rebouteux favorisés de lumières surnaturelles : « Le catéchisme de la restauration de l'âme, par Pierre Dor, surnommé le docteur sans médicament ». Ce Pierre Dor opère à Roux. Ecoutez « l'avant-propos » qu'il adresse à ses malades : « Beaucoup se plaignent du manque d'appétit et continuent quand même à manger. J'ai pour devoir le leur faire savoir qu'ils manquent par là de confiance à mes opérations. Je l'ai encore dit : un estomac embarrassé rend l'âme souffrante et l'empêche d'assimiler ses fluides aux miens... Je ne défends pas de manger, non mais pour ceci, il faut attendre que le cœur le demande. Donc, mes chers malades, ne forcez jamais votre estomac... » Le médecin de Molière confondait le foie et le cœur : le docteur sans médicament, lui, fait du cœur et de l'estomac un seul viscère : la science fluidique dédaigne la physiologie et l'anatomie.
    Ça n'empêche Pierre Dor d'avoir une riche clientèle. Ce qui est à l'honneur de notre humanité pensante, comme eut dit Pascal.                                            ALCESTE.

La Gazette de Charleroi, 2 janvier 1911 (source : Belgicapress)

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Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)

Publié le par antoiniste

 Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)

Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)Encore une religion
qui apparaît
et qui fait des miracles
par l’intermédiaire d’une petite modiste

    Mlle Camus, dans le temporel, est modiste. Elle habite, 14, rue Milton, une humble chambrette au fond d'une cour obscure.
    Bourguignonne d'origine, voilà dix ans qu'elle quitta son village natal – Auxou, commune de Saint-Branchet, dans l'Avallonnais – pour venir s'établir à Paris. Elle compte aujourd'hui trente-huit printemps, et il y a seulement deux mois que révélation lui fut faite de ses miraculeux pouvoirs.
    Miraculeux, en effet, si l'on songe que sa présence seule apporte aux malades, fussent-ils incurables, un soulagement immédiat ; qu'au bout de trois, quatre ou cinq séances, au plus, tel, dont le rein était dévoyé, et « l'estomac descendu à dix centimètres au-dessous du nombril », s'en retourne guilleret, estomac et rein remis en place, prêt à entonner comme un chantre et dévorer comme un ogre, tel autre, grabataire depuis un mois, par suite d'un asthme aigu, reconquiert en quatre séances la bienheureuse franchise-respiratoire ; tel encore, aveugle à la suite d'une méningite depuis l’âge de deux ans, voit, à trente-cinq ans, s'épanouir progressivement ses prunelles à l'ineffable printemps de la divine clarté libératrice tel autre... mais il faudrait des colonnes pour dénombrer les stupéfiantes guérisons – plus de quarante en deux mois – accomplies par la petite modiste : des guérisons, des lettres, des témoignages sont là qui les attestent. Et les rescapés que nous interrogeâmes se répandirent en actions de grâces sur le désintéressement et les prestiges – d'aucuns vont jusqu'à dire la sainteté – de leur bienfaitrice.
    – Comment je procède ? Mon Dieu, rien n'est plus simple, nous explique au bon sourire l'assembleuse de fanfreluches. Un malade se présente-t-il ? Je lui demande de penser au Père. De mon côté, je Lui communique ma pensée. Je puise en Lui comme Il puise en Dieu. Puis je m'endors et je lis à livre ouvert dans les parties souffrantes du malade. Je souffre moi-même de sa douleur, je l'accapare, je l'extirpe petit à petit de lui pour la pulvériser, l'égrener, la disperser au dehors. Et quand la guérison approche, je la sens venir. Alors je me réveille. Je ne suis pour rien dans cette guérison. Je ne suis que l'humble servante et inspirée du Père.
    – Du Père Eternel ?
    Pas tout à lait, mais presque : du père Antoine, Antoine le Généreux, le régénérateur de l'humanité, le grand révélateur de la doctrine intégrale du Christ.
    Les lecteurs du Matin n'ont pas oublié, pour l'avoir vu retracer à maintes reprises, l'extraordinaire figure de cet humble artisan liégeois, ancien ouvrier mineur, puis compagnon forgeron, puis prophète et thaumaturge, qui, il y a dix ans, à Jemeppe-sur-Meuse, fonda le nouveau spiritualisme, autrement dit la vraie religion de Jésus, épurée, et telle Fils de l'Homme, prétendit posséder le pouvoir de galvaniser les malades sous la simple imposition de ses mains rédemptrices.
    En vain cent cinquante médecins belges, insurgés contre l'empiétant le trainèrent en justice ; ils ne purent établir l'indignité d'un homme qui ne prescrivait à ses patients ni remèdes, ni le moindre débours.
    L'antoinisme, depuis lors, a fait son chemin. Dans le temple érigé à Jemeppe – Jérusalem de la nouvelle doctrine – et qui coûta 100.000 francs à M. Deregnancourt, le bon Samaritain du jeune bien que septuagénaire Messie, c'est par milliers – huit à neuf cents en moyenne par jour – que les malades affluent. Il en vint douze mille en une fois, à Pâques dernières, et la plupart s'en retournèrent guéris.
    Enfin le 5 décembre 1910, une pétition de posée sur le bureau de la Chambre des représentants, à Bruxelles, et paraphée de 160.000 signatures de citoyens cultivés, de professeurs, voire de médecins, sollicitait des pouvoirs publics la reconnaissance officielle du culte antoiniste.
    Deux de nos départements, le Nord et l'Aisne, comptent actuellement de nombreux adeptes. Des groupes importants de fidèles se sont fondés à Tours, Vichy, Nice, Monte-Carlo, Aix-les-Bains, Grenoble, et Paris même, au siège de la Fraternelle, 183, rue Saint-Denis, où chaque dimanche de cinq à six, les Antoinistes s'assemblent pour lire et méditer en commun le Grand livre de la révélation.
    – C'est là, nous dit Mlle Camus, le 12 décembre dernier, que je reçus en plein cœur l'illumination du Père. Je ne l'ai jamais vu. J'irai lui faire visite au printemps.
   » On dit qu'il est, aujourd'hui, presque totalement dématérialisé et qu'il est la réincarnation parfaite du Christ. Voyez : la ressemblance n'est-elle pas frappante ? »
    Sourie qui voudra ; c'est chose toujours émouvante de se pencher sur le berceau d'une religion.
    Et voici qu'en deux mois de temps, la plus humble des inspirées, une obscure petite ouvrière, a obtenu quarante guérisons.

Le Matin, 22 février 1912


    Le Bourguignon du 23 février 1912 cite cet article :

Encore une religion qui apparaît (Le Matin, 22 février 1912)

 

Les grands miracles de la petite modiste morvandelle.
    [Notre confrère le Matin consacre l'amusant article qui suit, à une de nos jeunes compatriotes de l'Avallonnais, modiste à Paris].

 

L'Écho de l'Yonne, 3 mars 1912

Un article de L'Écho de l'Yonne, du 3 mars 1912, cite également cet article du Matin.

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Le père Dor contre ''La Région'' (Gazette de Charleroi, 6 février 1920)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

Le père Dor contre ''La Région'' (Gazette de Charleroi, 6 février 1920)(Belgicapress)CHRONIQUE JUDICIAIRE
Tribunal Correctionnel de Charleroi

Le père Dor contre “La Région„

    On se souvient que, pendant l'occupation, le père Dor fut condamné par le tribunal correctionnel de Charleroi pour escroqueries, exercice illégal de l'art de guérir, etc.
    La Cour d'appel de Bruxelles révisa ce jugement et, le 16 mai 1917, le père Dor fut acquitté de la prévention d'escroquerie.
    Le surlendemain, le journal « La Région » publia en deuxième page un article signé M. R., intitulé « La Justice » et dont le thème était fourni par le procès du père Dor. Celui-ci y était cité nominalement.
    Le 29 mai 1917, le père Dor envoya un droit de réponse qui ne fut pas inséré. Il en envoya alors un second reproduisant l'arrêt de la Cour d'appel ; celui-là non plus ne fut pas inséré.
    Le 6 novembre 1917, « La Région » fut assignée une première fois. L'audience devait se tenir en janvier 1918. La séance fut remise mais, sur ces entrefaites survint la suspension des audiences.
    Le 25 novembre 1919, le père Dor assigna de nouveau « La Région ». L'affaire fut inscrite au rôle plusieurs fois et, finalement, remise à cette audience.
    Me Lebeau plaide pour le père Dor. Il évoque l'ombre de « La Région » et rend hommage à la presse qui, par dignité et par patriotisme, refusa de se soumettre à la censure. « La Région » dit Me Lebeau, s'est jetée sur tous les prétendus scandales qui se sont commis pendant l'ocupation pour les donner en pâture au public. C'est ainsi qu'elle s'est activement occupée de l'affaire Dor, accablant, dès l'ouverture de l'instruction, le père Dor d'injures et de calomnies.
    Me Lebeau accorde au père Dor une confiance complète et le considère comme un homme irréprochable et honnête. Il s'étend assez longuement sur sa doctrine philosophique et sur les procédés « fluidiques » qu'il employait pour soulager les malades qui se présentaient à lui.
    Me Lebeau insiste sur l'indignité de la partie citée. Il lit l'article de « La Région » incriminé et le droit de réponse du père Dor : celui-ci rend hommage aux juges qui l'ont acquitté, à l'avocat qui l'a défendu, en l'occurrence Me Lebeau, et à notre collaborateur Alceste.
    Me Lebeau réfute, avant la lettre, les objections de son adversaire.
    Le droit de réponse ? Il était fondé puisque le père Dor était cité.
    Les tiers cités ? Le père Dor pouvait le faire, en vertu d'un arrêt de la Cour de cassation de 1883, puisqu'il n'y avait pas d'imputations calomnieuses à leur charge.
    Le droit de réponse devait être visé par la censure ? Cela regardait la rédaction du journal.
    Me Lebeau conclut en insistant sur le préjudice causé, par l'article incriminé, au père Dor et réclame pour celui-ci 3000 frs de dommages-intérêts et la contrainte par corps.
    Me Lefèvre défend Pestiaux, l'éditeur responsable de « La Région ». Il s'étonne que son adversaire veuille embrouiller la situation en faisant le procès de « La Région » alors qu'il ne s'agit que d'une querelle entre le journal et le père Dor.
    Il fait l'historique du procès et soutient qu'il était impossible de vivre pendant cinq ans sans nouvelles quotidiennes données par un journal. Le fait de se soumettre à la censure, dit-il, ne tomba pas sous l'application de la loi et, du reste, le père Dor s'y est lui-même soumis puisqu'il a fait éditer des brochures pendant la guerre.
    Me Lefèvre ridiculise le père Dor et son « fluide » ; c'était, dit-il, un charlatan et un escroc. L'arrêt de la Cour d'appel est un brevet de malhonnêteté. Un des attendus est, en effet, rédigé à peu près comme suit : « Attendu que le délit a été commis six ans avant l'assignation, la prescription est acquise. Pour les autres faits, continue l'arrêt, il ne sera pas condamné, car il n'est pas absolument impossible qu'il soit de bonne foi. »
    On se trouve donc en présence, dit Me Lefèvre, d'un cas pathologique peu ordinaire : ou bien le père Dor est un malhonnête homme ou il est une espèce d'illuminé irresponsable.
    « La Région » a donc bien fait de ne pas insérer cet arrêt dans l'intérêt du père Dor. De plus, la réponse n'était pas adéquate ; donc, il n'avait pas le droit de la faire imprimer.
    Quant aux personnes citées, elles auraient parfaitement pu envoyer des droits de réponse. Le père Dor se répand en éloges dithyrambiques sur vous, mon cher confrère, dit Me Lefèvre. Je ne doute pas que le ridicule dont le père Dor vous couvrirait de la sorte ne vous ait été fort désagréable : vous auriez très bien pu, à votre tour, envoyer à « La Région » un droit de réponse.
    Quant à Alceste, le père Dor eut voulu qu'on reproduisit des extraits d'une de ses « Quotidiennes », mais il y ajoutait des expressions à sa façon et Alceste se serait certainement froissé de cette collaboration intempestive qui eût pu, elle aussi, attirer un droit de réponse à « La Région ».
    Enfin, en ce qui concerne le visa de la censure, c'était au père Dor à l'obtenir car « La Région » n'était pas son commissionnaire.
    Me Lefèvre aborde ensuite la question des dommages-intérêts. Les faits étant couverts par la loi d'amnistie, aucune condamnation pénale n'est possible. Il n'a été causé aucun préjudice au père Dor ; bien au contraire, on lui a rendu service en lui évitant le ridicule.
    Me Lebeau réplique. Dor a été légalement acquitté pour les faits qui lui étaient reprochés. Dor est moralement le frère du Christ, s'exclame l'avocat ; je l'ai affirmé devant la Cour d'appel et je le répète encore ici.
    Dor avait intérêt à faire publier sa réponse. On ne l'a pas insérée ; il a donc subi un dommage.
    La parole est ensuite donnée à M. le substitut du Procureur du Roi qui demande la remise de l'affaire à quatre semaines afin de pouvoir étudier le dossier pour donner son avis.
    M. le président remet donc cette affaire à l'audience du 4 mars.

Gazette de Charleroi, 6 février 1920 (source : Belgicapress)

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La Justice (La Région de Charleroi, 18 mai 1917)(Belgicapress)

Publié le par antoiniste

La Justice (La Région de Charleroi, 18 mai 1917)(Belgicapress)La Justice

    Une fois encore un jugement a donné lieu à des discussions, passionnées où les esprits simplistes décident de façon irréfutable des questions de droit les plus difficiles. Est-il nécessaire de dire que je veux faire allusion à l'épilogue du procès du Père Dor, tant commenté par nos concitoyens.
    Le public est porté à ne voir en toutes choses que partialité et injustice. Sans doute l'expérience a-t-elle formé ainsi sa compréhension de notre vie moderne mais il n'existe pas de règle sans exceptions et la probité, vertu pratiquée par une petite élite, conserve cependant ses prêtres fervents.
    Loin de moi l'idée de commenter et surtout d'approuver ou de désapprouver le verdict rendu ; je n'y vois qu'une occasion de parler de la Justice telle qu'elle est ou doit être rendue.
    L'on est prompt à soupçonner l'impartialité d'un magistrat et, s'il existe des magistrats corrompus, d'étendre à la généralité des cas particuliers. Or la première imperfection, la plus flagrante, la plus frappante, c'est dans la Loi qu'il faut la chercher. Nos lois, imprécises, sujettes à mille interprétations différentes ne permettent pas à deux hommes également loyaux d'évaluer également le même mal.
    La Loi marque tel acte de blanc ou de noir. Mais entre le blanc et le noir il existe toute une gamme de gris et dans ces tons il en est de si mal définis que la meilleure vue aurait grand'peine à assurer qu'ils se rapprochent plus du noir que du blanc ou réciproquement. Or les hommes ont une bien mauvaise vue et chacun de nous voit d'une façon différente de celle du voisin. En affirmant que cette teinte est trop sombre vous êtes aussi sincère que moi qui la déclare trop claire et tous deux nous sommes assurés d'être dans la note juste.
    Dès lors, pour une chose aussi délicate que l'application d'une loi, comment ne pourrait-il exister de jugements contradictoires ? Tel individu condamné en correctionnelle et en appel se voit, après la cassation du jugement, acquitté en dernier ressort. Chaque juge est persuadé cependant, en son âme et conscience, d'avoir judicieusement appliqué le code.
    Les uns ont vu mal, les autres bien. Et l'on frémit à cette idée qu'un pseudo coupable puisse être déféré devant une suite de magistrats voyant mal en ce cas.
    Cette réflexion enlève un peu du prestige dont nous avons auréolé la Justice et ses prêtres et nous montre cette déesse suprême, plus faillible que la moindre divinité de l'Olympe et souvent plus mal servie par les Ministres de son culte. Combien de désillusionnés sont sortis du temple de Thémis en murmurant, les larmes aux yeux : « Et pourtant, j'avais raison ! » Combien d'odieux malfaiteurs sont retournés la tête haute !
    Est-ce la négation de la Justice ? La guerre nous accoutumé à tant de négations et nous savons ce que valent les grands mots de bonté, fraternité, amour et respect du prochain, dont on avait grisé nos jeunes âmes, le meurtre et ses horreurs n'étant une faute chez l'individu que parce qu'il est un monopole d'Etat. Non, la Justice est toujours l'admirable vertu devant laquelle s'inclinent les mondes, mais combien intangible et insaisissable ! Elle est le rêve splendide et nous subissons la réalité.
    Qu'un escroc ait été assez habile pour se faire innocenter par ses juges, que des circonstances malheureuses aient fait condamner un honnête homme, je ne pourrais m'attarder à ces infimes détails et ce n'est pas dans son sanctuaire que j'applaudirai à l'application du Droit. Ceux qui ont suivi les méandres de ce labyrinthe en connaissent assez les détours pour me comprendre et m'approuver.
    La justice pure n'existe pas dans les verdicts humains, qui n'en sont qu'un pâle reflet. C'est dans les cours simples qu'il faut la chercher, c'est en soi qu'il faut l'honorer.
    Que l'homme se pétrisse une âme droite et loyale, qu'il agisse en toutes choses selon sa Conscience. C'est en elle qu'il trouvera le prix de ses bonnes actions et le plus réel châtiment de ses fautes. Et devant ce jugement, tout autre jugement semble vain et imparfait.

La Région de Charleroi, 18 mai 1917 (source : Belgicapress)

    Cet article donnera lieu à une attaque en justice de la part du Père Dor contre le journal « La Région ».

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