• La Liberté, 2 juillet 1912

     

    PETITE GAZETTE

    Funérailles du prétendu guérisseur

        Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé dimanche dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemappes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
        Le corps du défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple ou il préchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, pauvres superstitieux, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porte par douze hommes de la communauté, était précédé d’un tronc d’arbre figurant l’arbre de la science du bien et du mal, que portait l’an des plus qualifiés adeptes de l’antoinisme, M. Delcroix, libéral, professeur à l’athénée de Liége.
        Ainsi qu’Antoine l’avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

    La Liberté, 2 juillet 1912


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  • On inhuma hier Antoine le Guérisseur (Excelsior 1 juillet 1912)

     

    LES FUNERAILLES D’UN PROPHETE

    On inhuma hier
    Antoine le guérisseur

    A Jemmapes-sur-Meuse, les antoinistes
    ont conduit au cimetière le
    fondateur de leur religion.

        LIÉGE, 30 juin (De notre envoyé spécial, par téléphone). — Ce fut seulement avant-hier soir vendredi que la dépouille mortelle du « désincarné », qui a été inhumée aujourd’hui, fut mise dans sa modeste bière de sapin verni. Jusque-là, depuis le moment où il rendit le dernier soupir, c’est-à-dire depuis mardi matin. Antoine le Guérisseur était resté exposé au pied de la chaire de son petit temple qu’il fonda, voilà deux ans, à Jemmapes-lès-Liége.
        Lorsque ce matin je suis arrivé dans cette ville, j’ai trouvé, stationnant devant le portail du temple antoiniste, 200 à 300 personnes, toutes de noir vêtues, les hommes de longues redingotes comme celles des clergymen, mais coiffés de haut de forme à bords plats, les femmes ressemblant assez à des « nurses » anglaises qui auraient substitué des voiles de crêpe à leurs parements en lingerie. Cette tenue n’était autre que celle prescrit par le père Antoine pour ses adeptes.
        Avec la foule des prosélytes, je fus admis à défiler devant le catafalque qui, dressé dans le temple, était entouré d’arbustes et gardé par une dizaine d’initiés, paraissant, sous les regards verdâtres des vitraux, de lugubres statues.
        Après avoir salué le cercueil du Guérisseur, les adeptes étaient admis à défiler devant la « Bonne Mère », épouse du père Antoine, désignée par lui pour lui succéder. Silencieusement, nous gravîmes un petit escalier en bois, fort étroit, et nous pénétrâmes dans un logement simple, très confortable et très méticuleusement entretenu. Dans une chambre, debout au pied d’un lit recouvert d’andrinople rouge, une femme en cheveux blancs, grande et maigre, se tenait, les mains croisées.
        C’était la « Bonne Mère », qui priait près du lit où expira son époux.

    Le “Guérisseur ” est conduit à
    sa dernière demeure
        Un peu avant 3 heures 30, on ferma les portes du temple, et les Frères Antoinistes transportèrent le catafalque sous le porche, tandis qu’à l’extérieur 12.000 à 15.000 personnes, que les trains de Liége ne cessaient d’amener, se pressaient les unes sur les autres, au point de s’étouffer. Le défilé recommença. Dans le temple, des non-invités, montés sur le bord d’une fenêtre, recueillaient, dans une corbeille qu’ils agitaient au-dessus des têtes, les cartes de ceux qu’ils ne pouvaient atteindre.
        A 3 heures précises, le Frère directeur Delaunay fit un signe. Précédé du Frère porte-arbre, le lecteur du dimanche, M. Delcroix — qui entre temps est professeur à l’Athénée de Liége – s’avança au milieu de la foule et se mit à lire tout haut les préceptes de la Révélation.
        Puis, sur un nouveau signe du Frère directeur, douze initiés saisirent le cercueil recouvert d’un drap vert sur lequel se détachaient en lettres blanches ces mots : « Culte antoiniste ». Lentement, les douze hommes, qui, par humilité, attachaient obstinément leurs regards sur le sol, se mirent en marche, guidés par l’Arbre de la Science du bien et du mal. Derrière eux venaient, avec les deux fils d’Antoine le Guérisseur, le Frère Dérégnaucourt, homme au crâne luisant et à la barbe vénérable qui, en quelque sorte, est le grand prêtre de l’antoinisme, et derrière lui marchaient, ou plutôt glissaient, en nombre considérable, drapées dans leur sombre costume, les sœurs antoinistes qui, pour la plupart, suffoquaient de douleur.
        Se frayant péniblement un chemin à travers la foule, le noir cortège fit tout le tour de la ville pour arriver au cimetière, dont les murs étaient couverts de grappes humaines. On avait fermé les grilles. Lorsque le cercueil entra dans le champ de repos, on ne laissa pénétrer que les seuls antoinistes revêtus du costume. Mais la ruée fut telle que des femmes et des enfants se trouvèrent mal, sans que l’esprit du Guérisseur pût les protéger.
        Déjà le cercueil d’Antoine le Généreux, était au bord de la fosse commune, où, sur son désir, on allait enfouir sa mortelle dépouille. Le lecteur recommença les litanies, et, quand il eut fini et que les fossoyeurs eurent descendu la bière au fond du trou, le Frère Dérégnaucourt s’approcha de la fosse en criant : « Notre Père Antoine n’était pas un grand seigneur, mais notre dieu qui s’est désincarné et n’a jamais cessé d’être parmi nous ! » — HENRY COSSIRA.

    Excelsior, 1 juillet 1912


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  • Funérailles d'Antoine (Excelsior 1912)

    Funérailles d'Antoine-le-Guérissseur - suite page 3 (Excelsior 02 juillet 1912)

     

    APRES LA MORT D’ANTOINE

    La “Mère Antoine”
    remplacera
    le “Désincarné”

    Depuis la mort du “Guérisseur” c’est
    sa femme qui donne des soins à
    ceux qui ont la foi.

        LIÉGE, 1er juillet (De notre envoyé spécial, par téléphone). – Lorsque la dernière pelletée de terre eut recouvert le cercueil d’Antoine le Guérisseur et que la foule des antoinistes se fut ruée sur la tombe, je quittai le petit cimetière de Jemeppes et je retournai au temple. Je voulais revoir la « Bonne-Mère » et savoir d’elle ce qu’il allait advenir du culte fondé par son divin époux.
        Cependant, je savais déjà que tout continuerait comme par le passé. N’était-il pas impossible de laisser péricliter une si belle entreprise que la crédulité humaine avait rendue si prospère ? Le conseil d’administration du culte – car les antoinistes sont très administratifs et abusent même des conseils – avait décidé que, la désincarnation d’Antoine étant faite, désormais, pour obéir à sa suprême volonté, ce serait sa compagne qui le remplacerait et monterait à la tribune pour les « opérations générales » les quatre premiers jours de chaque semaine, à 10 heures du matin.
        Pas encore assez immatérielle pour supporter sans faiblir la pompe de cette funèbre semaine, la veuve du Guérisseur n’alla pas jusqu’au cimetière. Ce fut donc dans son logement contigu au temple que je la revis, toujours dans la même pose extatique, au pied du lit mortuaire couvert d’andrinople.
        Mais je dus renoncer à entendre le moindre mot tomber de ses propres lèvres. La « Bonne Mère », est bien la digne continuatrice de son mari, et elle sait que, pour « opérer », il lui suffit d’imposer les mains pour guérir et convaincre.

    La mission de la Mère
        Depuis deux ans, n’est-ce pas ainsi que le Guérisseur a conquis la foi de plus de 130.000 adeptes belges, français, allemands ou anglais ?
        – Lundi dernier, me dit une des premières sœurs antoinistes, Mme Desart, à qui le frère directeur Delaunoy avait donné mission de me guider, le Père sentit que le moment suprême était venu. Il nous réunit autour de lui et nous annonça qu’avant le lendemain un grand événement se produirait.
        » Mais, malgré sa faiblesse, il voulut opérer encore, et il monta à la tribune. C’était la dernière fois, et quand il en descendit, ce fut pour nous dire : « La Mère me remplacera! Comme moi elle est pure ! Comme moi elle est la Vertu ! » Et, à minuit, il expirait !
        Et tandis que la sœur antoiniste me parle, la « Bonne Mère » tombe dans une plus profonde extase. Ses paupières s’abaissent fébrilement et ses mains tremblent.
        – Jusqu’à vendredi soir, continue Mme Desart, nous avons veillé sa dépouille mortelle, qui fut alors mise dans sa bière de sapin. Mais notre Père ne nous a pas quittés pour cela ! Plus que jamais il est parmi nous, avec nous, avec vous même, que vous le vouliez ou non. C’est Lui qui vous a amené ici, c’est Lui qui vous parle et c’est…
        » Il ne fut la réincarnation de personne ; il fut sa propre incarnation, il fut la Vertu ! Nous faisons de Lui notre Sauveur, et il est notre Dieu parce qu’il ne veut être que notre serviteur ! »
        Toutes ces paroles, pas très compréhensibles — je ne suis pas initié – la petite femme, toute de noir vêtue, me les récita d’une voix blanche, comme une leçon apprise par cœur. Puis elle me montra les différentes pièces de l’appartement qui est, je l’ai dit, d’une propreté flamande. Cela démentait péremptoirement la légende que le Père Antoine avait passé ses jours dans un cercueil, ou, au pis aller, dans une cellule.
        Ce matin, avant de partir, j’ai assisté à l’« opération » du lundi. Tandis qu’au-dessous d’elle le frère Dérégnaucourt, qui lui a succédé dans l’opération du vendredi, et qui, dans l’avenir, est appelé à devenir le grand prêtre, le pape de l’antoinisme, ouvrait le Grand Livre de la Révélation, la « Bonne Mère » s’installa à la tribune et imposa les mains.
        Au-dessus de sa tête, sur le mur d’ardoises, je lisais les préceptes fondamentaux de l’antoinisme. « Aimer, parce qu’il est pur !... », pendant qu’autour de moi la foule des adeptes attendait la guérison.
        Vainement, je m’efforçais de puiser la foi pour être frappé au cœur par l’illumination, comme le fut un jour une petite modiste parisienne, Mlle Camus, qui compte maintenant parmi les plus ardentes antoinistes ! Je ne pouvais être guéri... mais je pris le parti de me sauver ! – HENRY COSSIRA.

    Excelsior, 2 juillet 1912


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  • Index Documentaire (Revue internationale des societes secretes, v1, n8 Août 1912)

        – Antoine et le culte antoiniste. – La France antimaçonnique (25 juillet 1912) tire du Théosophe (1er juillet 1912) le passage suivant sur Antoine le guérisseur :

    Mort d’Antoine Le Guérisseur

        Du même fascicule du Théosophe, même page :

        Le célèbre guérisseur de Jemeppe, fondateur du culte Antoiniste, est mort à la suite d’une attaque d’apoplexie. Il laisse une centaine de mille de fidèles à sa femme qui lui succède, et une fortune que d’aucuns évaluent à 80.000 francs.
        Antoine vivait très simplement et prêchait la foi comme remède à toutes choses.
        Suit la lettre de faire-part que nous avons reçue :

    Culte Antoiniste

                        Frère,

        Le Conseil d’Administration du Culte Antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd’hui, mardi matin, 25 juin. Il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu’Elle suivra toujours son exemple. Il n’y a donc rien de changé. Le Père sera toujours avec nous. Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à 10 heures.

                                                                 Le Conseil d’Administration.

     

        Jemeppe, le 25 juin 1912.

     

    Index Documentaire (Revue internationale des sociétés secrètes, v1, n8 Août 1912)


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  • Antoon-de-Geneza (De Werkman 28 juni 1912)

     

       – ANTOON-DE-GENEZA die te Jemeppe een Eeredienst had gesticht met Kerk, en veel aanhangers had in Frankrijk en Duitschland, zijn Discipelen waren gekleed gelijk Broeders van Loyola,    nu is die man dood ; hij leerde niets dan goedheid, liefde en wederzijdsche behulp zaamheid   ; hij was mistiek en illuminist. Zondag wordt hij begraven ;    Antoon was deugdzaam en eerbaar in hoogen graad.

    De Werkman, 28 juni 1912

     

    Traduction :

       - ANTOINE-LE-GUERISSEUR qui avait fondé un culte avec Eglise à Jemeppe, et qui avait beaucoup de disciples en France et en Allemagne, ses disciples étaient habillés comme des frères de Loyola, maintenant l'homme est mort ; il n'a enseigné que bonté, amour et entraide ; il était un mystique et un illuminé. Il est enterré le dimanche ; Antoine était vertueux et honorable à un haut degré.


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  • Delftsche courant (29-06-1912)

     

        Antoine, de genezer. – Antoine, een man, die zijn leven nog al naam gemaakt heeft als stichter van een nieuwen godsdienst, waarvoor nu te Jemappe (België) een tempel staat, die eenige vermaardheid kreeg, is Maandagnacht te Jemappe overleden.

        In 1846 te Grande Flémalle bij Luik geboren, was Antoine omstreeks 21 jaar geleden uit Rusland, waar hij eenig fortuin gemaakt had, in België teruggekeerd. Hij vestigde zich toen te Jemappe en deed in het gehucht Bois de Mont eene arbeiderswijk aanleggen.
        In 1895 liet hij eenige dier woningen tegen den grond halen en daarvoor in de plaats kwam toen een tempel van bescheiden afmetingen. Daarin predikte hij een godsdienst van goedheid, liefde en solidariteit. De goedgeloovigen schreven hem ook de macht toe om door handoplegging ziekten te genezen vandaar zijn bijnaam  „de genezer”. Hij vond vele aanhangers onder alle klassen der maatschappij, ook in Frankrijk en in Duitschland, tot zelfs in de Vereenigde Staten. Niet lang geleden werd aan de Belgische volksvertegenwoordiging eene petitie aangeboden, geteekend door 130.000 Antoinisten in België, die verzochten dat hun godsdienst onder de officieel erkende zou wor den opgenomen.
        De overledene werd tweemaal gerechtelijk vervolgd wegens het ongeoorloofd uitoefenen van geneeskundige practijk. De eerste maal werd hij tot eene boete van 26 francs veroordeeld, de tweede maal volgde eene vrijspraak.
        De dood van Antoine heeft onder de bevolking van Jemappe groote droefenis teweeggebracht. Hij was er algemeen zeer geliefd wegens zijne edele denkbeelden, zoodat Zondag a.s. de begrafenis van den overledene eene indrukwekkende plechtigheid belooft te worden.
        D overledene had in zijn jeugd eene zeer gebrekkige opvoeding genoten, maar zich in zijn later leven door eigen arbeid ontwikkeld, welke ontwikkeling hij boven alles dienstbaar had willen maken aan het welzijn zijner medemenschen.

    Delftsche courant, 29 juni 1912

     

    Traduction :

        Antoine, le guérisseur. - Antoine, un homme qui s'est déjà fait un nom en tant que fondateur d'une nouvelle religion, pour laquelle il y a maintenant un temple à Jemeppe (Belgique), qui a acquis une certaine renommée, est mort lundi soir à Jemeppe.

            Né en 1846 à Grande Flémalle près de Liège, Antoine était revenu de Russie, où il avait fait fortune, en Belgique il y a environ 21 ans. Il s'installe à Jemeppe et construit un quartier ouvrier dans le hameau du Bois de Mont.
        En 1895, il fit remplacer quelques maisons et les remplaça par un temple de dimensions modestes. Il y prêchait une religion de bonté, d'amour et de solidarité. Les crédules lui attribuaient aussi le pouvoir de guérir les maladies par l'imposition des mains, d'où son surnom de "guérisseur". Il a trouvé de nombreux adeptes dans toutes les classes de la société, y compris en France et en Allemagne, et même aux États-Unis. Il n'y a pas si longtemps, une pétition a été présentée au Parlement belge, signée par 130.000 Antoinistes en Belgique, qui ont demandé que leur religion soit incluse parmi les religions officiellement reconnues.
        Le défunt a été poursuivi à deux reprises pour avoir exercé illégalement la médecine. La première fois, il a été condamné à une amende de 26 francs, la deuxième fois, il a été acquitté.
        La mort d'Antoine a causé une grande tristesse parmi la population de Jemeppe. Il y était très populaire en raison de ses idées nobles, de sorte que dimanche, les funérailles du défunt promettent d'être une cérémonie impressionnante.
        Le défunt avait reçu une éducation très pauvre dans sa jeunesse, mais s'était développé plus tard dans sa vie grâce à son propre travail, qu'il avait surtout voulu être utile au bien-être de ses semblables.


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  • Delftsche courant (12-08-1912)

     

    Buitenlandsche Berichten.

    Antoine de Genezer overleden. – Dezer dagen is te Jemeppe overleden de Belgische profeet, waarover reeds eerder is geschreven. Hij heeft zijn vrouw als opvolgster aangewezen. Omtrent 's mans begrafenis schrijft De Gereformeerde Kerk”:
       Van heinde en ver, ook van over de grenzen stroomde een menigte, geschat op 25.000 menschen, saam om ’s mans begrafenis bij te wonen. Boven de lijkkist, zonder eenig sieraad, was aangebracht een vernikkelde plaat in schildvorm: een boom was erop afgebeeld met dit onderschrift: De boom van de Wetenschap, van het Gezicht van het Goede en het Kwade.” De geweldige stoet trok er langs. Op het kerkhof werden alleen toegelaten de Antoinistische aanhangers, die de bekende eigenaardige kleeding droegen. Een dier volgelin gen las wat voor van de beginselen der vereeniging; daarna werd de kist neergelaten in de groeve zonder eenige ceremonie.
        In den tempel van Jemeppe was de volgende verklaring aangeplakt: Het bestuur van den Antoinistischen eeredienst brengt ter uwer kennis dat de Vader zich ontlichaamd heeft (gedesincarneerd), Dinsdagmorgen 25 Juni. Alvorens zijn lichaam te verlaten heeft hij voor een laatste maal zijn volgelingen willen zien, om hun te zeggen, dat Moeder hem zal vervangen in zijn zending, dat zij altijd zijn voorbeeld zal volgen. Er is dus niets veranderd. Vader Antoine zal altoos met ons zijn. Moeder zal het spreekgestoelte beklimmen voor de algemeene operatie, de vier eerste dagen der week, om 10 uur.”

    Delftsche courant, 12 augustus 1912

     

    Traduction :

    Messages de l’étranger.

     

    Antoine le Guérisseur est mort. - Aujourd'hui, à Jemeppe, le prophète belge est mort, et nous avons déjà écrit à son sujet. Il a nommé son épouse pour lui succéder. A propos des funérailles de l'homme écrit "De Gereformeerde Kerk" :
       De loin et de près, également de l'autre côté de la frontière, une foule, estimée à 25 000 personnes, s'est rassemblée pour assister aux funérailles de l'homme. Au-dessus du cercueil, sans ornements, il y avait une plaque nickelée en forme de bouclier : un arbre était représenté avec cette légende : "L'arbre de la science, du vue du bien et du mal". La grande procession passait. Seuls les fidèles antoinistes étaient admis au cimetière, qui portaient les vêtements particuliers qui leur étaient familiers. Un adepte a lu certains des principes à l’assemblée, puis le cercueil a été descendu dans la fosse sans aucune cérémonie.
        La déclaration suivante a été affichée dans le temple de Jemeppe : "Le conseil du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père est décédé (désincarné), mardi matin 25 juin. Avant de quitter son corps, il voulait voir ses disciples pour la dernière fois, leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Donc rien n'a changé. Le Père Antoine sera avec nous tout le temps. Mère montera à la chaire pour l'opération générale, les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures."


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  • Enterrement du père, vers le cimetière

    toujours en tête de cortège funéraire, le frère Florian Deregnaucourt

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  • Enterrement du Père, cataphalque

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  • Antoon de Genezer - De Denderbode 30 juni 1912

        ***   Antoon « de Genezer » Louis Antoon, in den omtrek van Luik gekend als « de Genezer » is in zijne woning te Jemeppe overleden.
        Hij was geboortig van Bergen bij-Luik waar hij op 8 Juni 1846 werd geboren. Hij was fabriekarbeider, maar verliet zijn geboortddorp, 25 jaar geleden en ging zich in Rusland vestigen waar hij een fortuintje won.
        Te Jemeppe deed hij op Bois-de-Mont eene werkers cité bouwen.
        In 1903 deed hij verscheidene zijner huizen afbreken om een tempel te bouwen die hem 60,000 fr. kostte.
        Antoon had talrijke aanklevers zijner leering in verschillende landen van Europa, maar bijzonder in België, Frankrijk en Duitschland De tempel van Jemeppe bevat zijne drukkerij, waar elke week duizenden bronchuren en strooibriefjes werden gedrukt en verzonden.
        De “Antoinisten” — aldus roemt men de volgelingen zijner sectie — dragen eene soort soutaan en zeer grooten hoed. Hij heeft op zijn sterfbed den wensch uitgedrukt dat zijne vrouw hem in het verspreiden zijner leer zou opvolgen.
        Tweemaal werd hij vervolgd en veroordeeld tot geringe straffen, voor het on wetlig uitoefenen der geneeskunst.
        Zijne godsdienstleer, geheel gegrond op bijgeloof, vormt hoofdzakelijk volgelingen onder de lieden, die alle godsdienstig gevoel verloren hadden.

    De Denderbode, 30 juni 1912

     

    Traduction :

          ***  Antoine "le Guérisseur" - Louis Antoine, connu dans la banlieue liégeoise sous le nom de "le Guérisseur" est mort dans sa maison à Jemeppe.
        Il est habitant de Mons près de Liège où il est né le 8 juin 1846. Il était ouvrier d'usine, mais il a quitté son village natal il y a 25 ans et s'est installé en Russie où il a gagné une fortune.
        À Jemeppe, il construit une cité ouvrière sur Bois-de-Mont.
        En 1903, il démolit plusieurs de ses maisons pour construire un temple qui lui coûta 60 000 francs.
        Antoine avait de nombreux adhérents à ses enseignements dans différents pays d'Europe, mais surtout en Belgique, en France et en Allemagne, le temple de Jemeppe abrite son imprimerie, où chaque semaine des milliers de brochures et de tracts étaient imprimés et envoyés.
        Les "Antoinistes" - ainsi nomme-t-on les adeptes de sa secte - portent une sorte de soutane et un chapeau très grand. Sur son lit de mort, il a exprimé le souhait que sa femme le suive dans la diffusion de ses enseignements.
        Deux fois, il a été poursuivi et condamné à des peines mineures pour l'exercice illégal de la médecine.
        Sa doctrine religieuse, basée entièrement sur la superstition, a principalement trouvé ses adeptes parmi les gens qui avaient perdu tout sentiment religieux.


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  • L'enterrement d'un apotre (le Messin 2 juillet 1912)

        L’ENTERREMENT D’UN APOTRE

        Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé, avant-hier, dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liège. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
        Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d’un tronc d’arbre figurant l’arbre de la science du bien et du mal, que portait l’un des plus qualifiés adeptes de l’antoinisme, M. Delcroix, professeur à l’athénée de Liège.
        Ainsi qu’Antoine l’avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune. 

    Le Messin, 2 juillet 1912


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  • Algemeen Handelsblad (27-06-1912)

     

               Antoine, de genezer.
        Antoine, een man, die zijn leven nog al naam gemaakt heeft als stichter van een nieuwen godsdienst, waarvoor nu te Jemappe een tempel staat, die eenige vermaardheid kreeg, is Maandagnacht te Jemappe overleden.
        In 1846 te Grande Flémalle bij Luik geboren, was Antoine omstreeks 21 jaar geleden uit Rusland, waar hij eenig fortuin gemaakt had, in België teruggekeerd. Hij vestigde zich toen te Jemappe en deed in het gehucht Bois de Mont eene arbeiderswijk aanleggen.
        In 1895 liet hij eenige dier woninge tegen den grond halen en daarvoor in de plaats kwam toen een tempel van beischeiden afmetingen. Daarin predikte hij een godsdienst van goedheid, liefde en solidariteit. De goedgeloovigen schreven hem ook de macht toe om door handoplegging ziekten te genezen - vandaar zijn bijnaam ,,de genezer''. Hij vond vele aanhangers onder alle klassen der matschappij, ook in Frankrijk en in Duitsland, tot zelfs de Vereenigde Staten. Niet lang geleden werd aan de Belgische volksvertegenwoordiging een petitie aangeboden, geteekend door 130.000 Antoinisten in België, die verzochten dat hun godsdienst onder de officieel erkende zou worden opgenomen.
        De overledene werd tweemaal gerechtelijk vervolgd wegens het ongeoorloofd uitoefenen van geneeskundige praktijk. De eerste maal werd hij tot eene oete van 26 francs veroordeeld, de twede maal volgde eene vrijspraak.
        De dood van Antoine heeft onder de bevolking van Jemappe groote droefenis teweeggebracht. Hij was er algemeen zeer geliefd wegens zijne edele denkbeelden, zoodat Zondag a.s. de begrafenis van den overledene eene indrukwekkende plechtigheid belooft te worden.
        De overledene had in zijn jeugd eene zeer gebrekkige opvoeding genoten, maar zich in zijn later leven door eigen arbeid ontwikkeld, welke ontwikkeling hij boven alles dienstbaar had willen maken aan het welzijn zijner medemenschen.

    Algemeen Handelsblad (27/06/1912)

     

    Traduction :

              Antoine, le guérisseur.

        Antoine, un homme qui s'est déjà fait un nom de son vivant en tant que fondateur d'une nouvelle religion, pour laquelle il y a maintenant un temple à Jemeppe, qui a acquis une certaine renommée, est mort lundi soir à Jemeppe.
        Né en 1846 à Grande Flémalle près de Liège, Antoine était revenu de Russie, où il avait fait fortune, en Belgique il y a environ 21 ans. Il s'installe à Jemeppe et construit un quartier ouvrier dans le hameau du Bois de Mont.
        En 1895, il fit détruisit quelques-unes de ses maisons et les remplaça par un temple des petites dimensions. Il y prêchait une religion de bonté, d'amour et de solidarité. Le crédule lui attribuait aussi le pouvoir de guérir les maladies par l'imposition des mains, d'où son surnom de "guérisseur". Il a trouvé de nombreux adeptes dans toutes les classes de la société, y compris en France et en Allemagne, et même aux États-Unis. Il n'y a pas si longtemps, une pétition a été présentée au Parlement belge, signée par 130.000 Antoinistes en Belgique, qui ont demandé que leur religion soit incluse parmi les religions officiellement reconnues.
        Le défunt a été poursuivi à deux reprises pour avoir exercé illégalement la médecine. La première fois, il a été condamné à prêter serment à 26 francs, la deuxième fois, il a été acquitté.
        La mort d'Antoine a causé une grande tristesse parmi la population de Jemeppe. Il y était très populaire en raison de ses idées nobles, de sorte que dimanche, les funérailles du défunt promettent d'être une cérémonie impressionnante.
        Dans sa jeunesse, le défunt avait reçu une éducation très médiocre, mais, plus tard dans sa vie, il s'était développé par son propre travail, qu'il avait surtout voulu rendre serviable au bien-être de ses semblables.


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  • La mort d’Antoine le Guérisseur

    Un homme de Wallonie, un petit bourgeois, presque du peuple, est mort mardi, qui avait acquis non seulement en Belgique même, mais un peu partout où il y avait des malades et des désespérés ne célébrité et un crédit exceptionnels, c’est ce qu’on appelait Antoine le Guérisseur. Il n’avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangée de théosophie. Il guérissait par la prière et l’imposition des mains, à la manière des « christian scientists » d’Angleterre et d’Amérique.
        Peu à peu les malades de l’âme comme du corps, les incurables, les déséquilibres, les névrophates, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmappes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années il y avait les foules de Jemmappes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » recrutés parmi les inquiets d’un culte nouveau et augmentés des guéris reconnaissants formaient une communauté éparse en divers lieux, mais fort nombreuse.
        Le prophète et guérisseur belge n’est plus. Il y a quelques jours, la santé d’Antoine était devenue précaire et lundi matin un incident inattendu a encore accrues craintes de son entourage. Vers dix heures trente, comme il se trouvait dans son temple, il s’affaissa subitement, frappé d’apoplexie. On dut le transporter chez lui où reprit peu à peu ses esprits.
        Sur tes entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanelles d’une coupe spéciale et coiffés d’immenses chapeaux, étaient accourus près du lit de leur maître. Antoine alors proféra : « Demain quelque chose de sérieux se produira. » Puis ajouta d’une voix sourde : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. »
        Antoine avait tarde beaucoup avant de faire sa révélation et de se déclarer l’homme de Dieu. Pendant nombre d’années, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société anonyme des tôleries liégeoise. Puis il s’occupa d’assurances
        Enfin vinrent la grâce, l’action publique, les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l’âge mûr. On le dit propriétaire des maisons ouvrières qui entourent son temple. D’aucuns estiment sa fortune à 80,000 fr. Quoi qu’il en soit, Antoine le Guérisseur a toujours vécu modestement.
        Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait plus de 20,000 exemplaires et répandait les doctrines de l’apôtre.
        Il y a quelques mois, les antoinistes de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fût reconnue par l’Etat.
        La pétition des fidèles du culte antoiniste portait cent mille signatures.
        L’œuvre d’Antoine ne sera pas arrêtée par sa mort. Au temple, son corps a été exposé, l’affiche suivante a été apposée disant que « le conseil d’administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd’hui mardi matin, 25 juin. Avant de quitter son corps il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu’elle suivra toujours son exemple. Il n’y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous, Mère montera la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à dix heures. »

    L'impartial N°9689, vendredi 28 juin 1912 (La Chaux-de-Fonds)


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  • La « mort de l'auteur »

        Roland Barthes aimait raconter cette petite blague à ses étudiants : un infirme se plonge dans l’eau de Lourdes pour que sa situation s’améliore et en ressort avec une chaise roulante toute neuve. Passé maître dans les discours aux multiples sens, qu’il s’amusera à démystifier, Barthes accouche en 1968 de cet article bizarre qu’est « La mort de l’auteur ».
        Les deux textes gagnèrent cette popularité surtout par leur opposition à Lanson et à Sainte-Beuve, critiques dominants dans les études littéraires françaises, qui attachent une grande importance à la connaissance de l’auteur dans le jugement d’une œuvre. Or, pour Barthes, « l’auteur est mort » : il affirme que « la naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’auteur ». En effet, son idée est que l'auteur doit céder sa place au lecteur, qui réécrit le texte pour lui-même (on dit volontiers depuis qu'il en possède sa propre lecture (expression que dénonce d'ailleurs Thierry Maulnier)) : l'auteur n'est donc plus le seul garant du sens de son œuvre. D'autre part Barthes souligne que l'approche traditionnelle de la critique littéraire soulève un problème complexe : comment peut-on connaître précisément l'intention de l'auteur ? Sa réponse est qu'on ne le peut pas. Il donne comme exemple Sarrasine d'Honoré de Balzac texte dans lequel un homme prend un castrat pour une femme et tombe amoureux d'elle. Quand le personnage (Sarrasine) délire sur celle qu'il croit être l'image même de la féminité, Barthes défie les lecteurs de trouver qui parle et de quoi : Balzac ou son personnage ?.
       Autrefois, lorsqu’un auteur était « consacré », tous ses écrits devenaient automatiquement œuvre, y compris la correspondance, les brouillons, etc. Maintenant que l’auteur est mort, un écrit devient œuvre (ou « texte » dans notre cas) si son contenu est conforme à l’idée que l’on se fait de l’auteur. De nombreux exécuteurs testamentaires ont brûlé la correspondance d'écrivains célèbres, pensant qu'elles pouvaient ternir l'image du disparu. Ils le faisaient soit de leur propre chef, soit à la demande de l'auteur.
         Si demain on découvrait un manuscrit écrit de la main de Roland Barthes (l’homme) mais ne correspondant pas au style de Barthes (l’écrivain) pourrait-il être délibérément omis de ses œuvres complètes (qui pour le coup ne le seraient plus) ? Ce n'est pas impossible. Le nom de l’auteur sert somme toute de désignateur à son travail. Dire avoir « lu tout Roland Barthes » signifie avoir lu ses œuvres, non l’homme. De même, découvrir que La mort de l'auteur serait de la main d’un autre changerait la conception de Barthes-écrivain, mais pas de Barthes-l’homme. L’auteur est donc construit à partir de ses écrits, et non l’inverse. L’auteur n’est plus à l’origine du texte ; celui-ci provient du langage lui-même. Le « je » qui s’exprime, c'est le langage, pas l'auteur. L’énonciation est ici une fonction du langage.
        Pensée cousine de celle de Paul Valéry dans Tel Quel, lorsque celui-ci y indique :
        "Quand l'ouvrage a paru, son interprétation par l'auteur n'a pas plus de valeur que toute autre par qui que ce soit."
        "Si j'ai fait le portrait de Pierre, et si quelqu'un trouve que mon ouvrage ressemble à Jacques plus qu'à Pierre, je ne puis rien lui opposer — et son affirmation vaut la mienne."
        "Mon intention n'est que mon intention, et l'œuvre est l'œuvre."

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Barthes


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  • MORT D'ANTOINE "LE GUÉRISSEUR", EN BELGIQUE
                             Bruxelles, 25 juin.

        Cet après-midi est mort, à Jemeppe-sur-Meuse, Antoine « le Guérisseur », universellement connu. Il avait été pris, lundi soir, d'un léger dérangement ; il avait 66 ans.
        Parti en Russie, il y a vingt ans, comme mécanicien, il était revenu avec quelque argent. A son retour, il fonda a Jemeppe des maisons ouvrières, puis, en 1895, il édifia un temple. La guérison devait s'obtenir par la foi et par l'imposition des mains.
        Antoine parvint à obtenir des guérisons dans les domaines nerveux. Il avait de nombreux adeptes en France et en Allemagne.
        Il fut condamné une fois pour exercice illégal de la médecine, une autre fois acquitté. Il ne se faisait pas payer.

    Le Petit Journal 26 juin 1912 (Numéro 18079)
    source : gallica.fr


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  • FOUNDED A NEW RELIGION.

    Cure Attributed to the Late Louis
    Antoine, Once a Miner.

        BRUSSELS. July 2. – Louis Antoine, a workman who became a famous healer and died at Jemeppe near Liege last week, founded a new religion, built a temple, attended the sick and the needs, but never tool a cent from any one.
        He was a miner who inherited a little money and devoted himself to spiritualism. His followers say that he often received visits from spirits who dictated long messages, one of which bade him exercise the gift of healing.
        Thereupon Antoine betook himself to the poor of his parish and is believed to have effected several cures. His fame spread. He built a church partly with his own money.
        Every weekday except Friday and Saturday Antoine used to hold a service. The congregation assembled at 9 o’clock and kept silence for half an hour. At 9.30 o’clock an adept would announce that operation would take place at certain hours and that all who wished to be cured must have perfect faith.
        On the stroke of 10 o’clock Antoine a picturesque figure with iron gray hair falling to the shoulders and iron gray beard would enter, wearing black cassock, face the people motionless for a minute, lift his right hand and hold it extended for minute and walk out again.
        The service would be complete when the adept had proclaimed, "Every one whose faith is strong enough shall be healed."
        Antoine lived a hermit’s life, slept but little, ate only vegetables, never read, hardly ever spoke. But he leaves behind him some 100.000 souls in Belgium, France, Germany and the United States of America who devoutly believe in him as a heaven sent miraculous healer.

    The Sun, Sunday, July 14, 1912 (fultonhistory.com)

     

    Traduction :

    IL A FONDÉ UNE NOUVELLE RELIGION.

    Guérison Attribuée au défunt Louis
    Antoine, anciennement Mineur.

        BRUXELLES. 2 juillet - Louis Antoine, un ouvrier qui est devenu un célèbre guérisseur et qui est mort à Jemeppe près de Liège la semaine dernière, a fondé une nouvelle religion, construit un temple, soigné les malades et les nécessiteux, mais n'en a jamais touché un sou.
        C'était un mineur qui a hérité d'un peu d'argent et s'est consacré au spiritisme. Ses disciples disent qu'il recevait souvent des visites d'esprits qui lui dictaient de longs messages, dont l'un lui demandait d'exercer le don de guérison.
        Antoine s'est alors tourné vers les pauvres de sa paroisse et on pense qu'il a fait plusieurs guérisons. Sa notoriété s'est répandue. Il a construit une église en partie avec son propre argent.
        Tous les jours de la semaine, sauf le vendredi et le samedi, Antoine avait l'habitude d'organiser un service. L'assemblée se réunissait à 9 heures et gardait le silence pendant une demi-heure. A 9h30, un adepte annonçait que l'opération aurait lieu à certaines heures et que tous ceux qui souhaitaient être guéris devaient avoir une foi parfaite.
        Sur le coup de 10 heures, Antoine, un personnage pittoresque aux cheveux gris tombant sur les épaules et à la barbe grise entrait, portant une soutane noire, faisait face à la foule immobile pendant une minute, levait sa main droite et la tenait tendue pendant une minute et repartait.
        Le service serait complet quand l'adepte aurait proclamé : "Tous ceux dont la foi est assez forte seront guéris."
        Antoine vivait une vie d'ermite, dormait peu, ne mangeait que des légumes, ne lisait jamais, ne parlait presque jamais. Mais il laisse derrière lui quelque 100.000 âmes en Belgique, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis d'Amérique qui croient fermement en lui comme guérisseur miraculeux envoyé par le ciel.


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  • EL FUNDADOR DEL « ANTONISMO »
        Bruselas 27, 10° mañana. Ayer falleció en Jemeppe un famoso propagendista religioso, llamado Antonio, el Curador.
        Había nacido en 1846, y hace veinte años instituyó su culto.
        Su religión, titulada "antonismo", prometía la curación de las enfermedades por las oraciones y por la fe. Por este medio había logrado obtener la curación de varios enfermos del sistema nervioso.
        En Bélgica, Francia, Alemania y los Estados Unidos tenía muchos adeptos.
        Hace algunos años 130.000 "antonistas" dirigieron á las Cámaras belgas una petición solicitando que su culto fuese reconocido oficialmente.

    ABC (Madrid,  viernes 28 de Junio de 1912) Pág. 15 y 16
    source : http://hemeroteca.abc.es

    Traduction :

    LE FONDATEUR DE "L'ANTONISME".

        Bruxelles 27, 10 heures. Hier, à Jemeppe, est mort un célèbre prosélyte religieux, appelé Antoine, le Guérisseur.
        Il est né en 1846, et il y a vingt ans, il a institué son culte.
        Sa religion, intitulée "antoinisme", promettait la guérison des maladies par la prière et la foi. Par ce moyen, il avait réussi à obtenir la guérison de plusieurs patients du système nerveux.
        En Belgique, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, il avait de nombreux adeptes.
        Il y a quelques années, 130.000 "antoinistes" ont adressé aux Chambres belges une pétition demandant que leur culte soit officiellement reconnu.


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  • Antoine le Guérisseur (Le Nouvel éducateur rationnel-année 1-n°7- 1912)

    Passe, Passe... Passera
    Mais le vrai seul, restera

    ANTOINE, LE GUÉRISSEUR
    par la science de la Pensée

        Antoine, dit le Guérisseur, vient de mourir le 25 juin dernier, à ]emmèpes-sur-Meuse (Belgique), où il avait fondé le culte qui porte son nom et qui est une facette du nouveau spiritualisme en train de se constituer de par le monde.
        La voici : Un seul remède peut guérir l'humanité : la foi ; c'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui vous montre dans nos ennemis Dieu lui-même ; ne pas aimer nos ennemis, c'est ne pas aimer Dieu, car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir : c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, car il est pur et de vérité.
        Bien qu'on lui ait attribué la puissance de guérir par la foi, on peut se convaincre en lisant ses enseignements dans "L'aurore de la conscience" que non seulement il y joignait l'amour le plus élevé, mais qu'il s'appuyait sur la connaissance de la Pensée.
        Il se réclamait de l'observance de ses lois et du maniement des pensées pour obtenir, conserver et faire progresser la puissance qu'il avait acquise.
        Tout fluide est une pensée, toute pensée est un fluide est une affirmation qui revenait sans cesse dans le développement oral et écrit qu'il faisait de sa doctrine.
        Né en 1846, dans le culte catholique, après avoir étudié le côté moral du spiritisme, ce n'est qu'en 1906 qu'il créa son église.
        Issu de parents pauvres, il fut mineur et métallurgiste. Depuis 1906, il se consacra au maniement des fluides et à la guérison des malades qu'il recevait chez lui.
        Sa maison étant devenue trop petite, un riche admirateur lui fit bâtir une église qui coûta, dit-on, 100.000 fr.
        11 n'est pas indifférent de lire la lettre de faire-part de sa mort :
        Culte Antoiniste,
        Frère.
        « Le Conseil d'administration du culte Antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui, mardi matin, 25 juin.
        « Avant de quitter son corps, il a tenu à recevoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère Le remplacera dans sa mission. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous.
        « Mère montera à la tribune pour les opérations générales, les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures.
        « L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain, 30 juin, à 3 heures. »
        Cette lecture nous apprend qu'Antoine et sa femme formaient un couple humain psychique complémentaire.
        L'égalité sociale de l'homme et de la femme est ainsi consacrée chez les Antoinistes et pratiquée par eux.
        Il est à remarquer que les enfants d'un pays comme, toute la partie de la Belgique sur laquelle le culte Antoiniste a pris de grandes proportions, qui a pour base et pour structure géologique les roches primaires, le carbonifère surtout, sont aptes à une très rapide et très haute évolution morale et sont naturellement religieux, mystiques. Ainsi s'expliquent les nombreux adeptes que fit Antoine dans certaines parties de l'Angleterre et de l'Amérique qui possèdent des milieux géologiques similaires.
        Antoine le Guérisseur ne quitta pas son pays.
        Du succès qu'il remportait socialement et de la puissance qu'il exerçait sur les forces psychiques il concluait, et le titre seul de la revue qu'il publia «L'Unitif» le prouve suffisamment, à la réalisation de l'Unité et de l'harmonie humaines par la vulgarisation et l'observance de son enseignement.
        C'est là une de ces pieuses erreurs coutumières à ceux qui ont trouvé une parcelle de la Vérité.
        La Terre n'est pareille nulle part: les individus et les races quoi qu'humains diffèrent essentiellement et psychiquement et portent en eux des raisons impérieuses qui les font manifester, cultiver et rendre fécondes d'autres facultés.
        Antoine faisait redouter l'intelligence et le savoir. Il les considérait comme nuisibles au progrès, au perfectionnement moral qui, seul, devrait compter pour l'individu parce qu'il est seul le but de la Vie.
        Il y a beaucoup de vrai dans tout cela... mais ce n'est pas toute la vérité, loin de là... L'intelligence et la science ne doivent-elles pas devenir les auxiliaires du progrès moral et psychique ?
        Car la vérité, ce n'est pas de sacrifier des facultés primordiales à la suprématie d'autres facultés non moins essentielles, c'est de les faire concourir toutes au même but; c'est la réalisation de la vie rationnelle, pour le plus grand nombre d'humains capables d'exercer, pour le bien individuel et général, les pouvoirs, les moyens psychiques spirituels et toutes les nobles facultés de la nature humaine, selon l'ordre, le temps et l'espace.
        Quand on comprend bien, on aime mieux, l'on sait ce que l'on doit aimer et comment il faut l'aimer.
        Saluons Antoine le Guérisseur qui apporta de la lumière et projeta des clartés vivaces sur la route ténébreuse de l'évolution. Retenons ses leçons sur l'évolution morale ; essayons d'acquérir sa puissance dans le maniement des pensées, mais poursuivons notre labeur et sachons comprendre pourquoi et comment toutes les puissances et valeurs évolutionnelles peuvent être arrachées au mystère par patience, la volonté, la foi, le désintéressement et l'amour, mais aussi par l'intelligence et la méthode.

    Le Fureteur

    Le Nouvel éducateur rationnel,
    recherches des éléments constitutifs de l'éducation correspondante à l'usage de la liberté. Science de la vie. Science de la liberté. Science de l'amour. Rédactrice en chef : Lydie Martial.
    Année 1 - n°7 - 1912 (p.108)
    source : gallica


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  •     Ce fut le 25 juin 1912 qu'eut lieu l'enterrement du Père (Antoine), le fondateur de cette religion nouvelle qui comte déjà plus de 150 000 adeptes, qui a ses temples et ses rites. Quinze mille personnes recueillies assistaient à ses obsèques. Jemeppe est devenue la ville sainte de l'antoinisme.

    source : Sciences et Voyages n°9 (30 octobre 1919)

        Comme le fait remarquer en commentaire frère Robert, "En réalité le PERE ANTOINE s'est désincarné le mardi 25 juin 1912 et son enterrement eut lieu le dimanche 30 juin à 15h., contrairement à ce qui est paru dans ce journal." Merci à lui pour cette correction.

    Les funérailles du fondateur de l'antoinisme à Jemeppe (Belgique)(Archive Roland AE Collignon)


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  •  Superstitions - La Calotte, comique illustrée de Paris, le 02 août 1912       SUPERSTITIONS

                _____
        De la Lanterne :
        - Ah ! la bonne Sainte Vierge, il est donc mort, notre pauvre Antoine !
        - Mort ! Mort ! Que dites-vous là, mâme Pluchot ! Mort ! Apprenez à parler : Antoine n'est point mort, il s'est désincarné.
        - Tout ce que vous voudrez, mâme Béchu, n'empêche qu'il ne sera plus là pour nous guérir.
        - Pourquoi donc, mâme Pluchot ?
        - Alors Antoine pourrait à la fois être mort et continuer ses miracles ! Ah ! j'avais toujours bien pensé que c'était un grand saint !
        - Pour sûr que c'était un grand saint, mâme Béchu, mais tenez, lisez donc l'avis qui vient dêtre affiché au temple antoiniste.
        Les deux bonnes femmes s'approchèrent de la porte du temple antoiniste - les antoinistes sont une des innombrables sectes qui pullulent sur le corps de la religion agonisante - et lurent :
            « Frères,
        « Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner... Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous ; Mère mintera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. »
        Admirable, n'est-il pas vrai, cette religion si accomodante ! Antoine est mort d'une attaque d'apoplexie, sa veuve continue le commerce. Antoine guérissait, en vertu d'une grâce particulière, les malades. A peine mort, c'est sa femme qui hérite de cette grâce particulière. Et quand Mme Antoine sera morte ?
        Sera-ce le petit animal favori du maître qui héritera de la grâve particulière ?
        Peu importe à Mme Béchu et à Mme Pluchot. L'essentiel, c'est d'être roulé au nom de la religion, du miracle, du mystère, etc.
        La couleur des billets que l'on prend à la loterie truquée n'ôte rien au plaisir des joueurs : on ne garde pas les mêmes, mais on recommence toujours.

    La Calotte, comique illustrée de Paris, 02 août 1912
    source : Gallica


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