• Antoine de Genezer overleden (Ter Neuzensch Volksblad, 14 augustus 1912)Antoine de Genezer overleden.

        Naar wij lezen is de Belgische profeet, dezer dagen te Jemeppe overleden. Hij heeft zijn vrouw als opvolgster aangewezen. Omtrent 's mans begrafenis lezen wij in De Gereformeerde Kerk :
        Van heinde en ver, ook van over de grenzen stroomde een menigte, geschat op 25,000 menschen, saam om 's mans begrafenis bij te wonen. Boven de lijkkist, zonder eenig sieraad, was aangebracht een vernikkelde plaat in schildvorm; een boom was erop afgebeeld met dit onderschrift: »De boom van de Wetenschap, van het Gezicht, van het Goede en het Kwade.« De geweldige stoet trok er langs. Op het kerkhof werden alleen toegelaten de Antoinistische aanhangers, die de bekende eigenaardige kleeding droegen. Een der volgelingen las wat voor van de beginselen der vereeniging; daarna werd de kist neergelaten in de groeve zonder eenige ceremonie.
        In den tempel van Jemeppe was de volgende verklaring aangeplakt: »Het bestuur van den Antoinistischen eeredienst brengt ter uwer kennis dat de Vader zich ontlichaamd heeft (gedesincarneerd), Dinsdagmorgen 25 Juni. Alvorens zijn lichaam te verlaten heeft hij voor een laatste maal zijn volgelingen willen zien, om hun te zeggen, dat Moeder hem zal vervangen in zijn zending, dat zij altijd zijn voorbeeld zal volgen. Er is dus niets veranderd. Vader Antoine zal altoos met ons zijn. Moeder zal het spreekgestoelte beklimmen voor de algemeene operaties de vier eerste dagen der week, on 10 uur.«

    Ter Neuzensch Volksblad, 14 augustus 1912
     

    Traduction :

    Antoine le Guérisseur est mort.

        On lit que le prophète belge est mort à Jemeppe ces jours-ci. Il a désigné sa femme comme son successeur. Nous lisons dans De Gereformeerde Kerk que son mari a été enterré :
        De loin, de l'étranger également, une foule estimée à 25 000 personnes s'est rassemblée pour assister aux funérailles d'un homme. Au-dessus du cercueil, sans aucune décoration, il y avait une plaque de nickel en forme de bouclier sur laquelle était représenté un arbre avec cette légende : "L'Arbre de la Science, de la Vue, du Bien et du Mal". Le grand cortège s'est formé. Dans le cimetière, seuls les partisans de l'antoinisme, qui portaient la fameuse robe particulière, étaient admis. L'un des disciples a lu certains des principes de l'unification ; puis le cercueil a été descendu dans la fosse sans aucune cérémonie.
        Dans le temple de Jemeppe, la déclaration suivante a été affichée : "Le conseil d'administration du service de culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père s'est désincarné, mardi matin 25 juin. Avant de quitter son corps, il voulait voir ses disciples pour la dernière fois, pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Rien n'est donc changé. Le Père Antoine sera avec nous pour toujours. Mère montera en chaire pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures".

    Journal de Terneuse, 14 août 1912


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  • Antoine le Guérisseur et le culte anoiniste (Paris médical, la semaine du clinicien, 1912, p.895)

     ANTOINE LE GUÉRISSEUR
    ET LE CULTE ANTOINISTE

         Récemment est mort en Belgique, à Jemmapes, un homme connu sous le nom d'Antoine le Guérisseur, thaumaturge célèbre et fondateur d'une secte religieuse à laquelle il a attaché son nom, secte qui compte, parait-il, de très nombreux adeptes. Les Annales médico-psychologiques rapportent, d'après le journal le Temps, les curieux renseignements suivants sur cette étrange personnalité :

         Un homme de Wallonie, un petit bourgeois, presque du peuple, est mort, qui avait acquis non seulement en Belgique mais même un peu partout où il y avait des malades et des désespérés, une célébrité et un crédit exceptionnels, c'est celui qu'on appelait Antoine le Guérisseur. Il n'avait rien fait de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains, à la manière des christian scientists d'Angleterre et d'Amérique.
        Peu à peu les malades de l'âme comme du corps, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés avaient appris le chemin du petit pays de Jemmapes, où Antoine avait son temple et tenait Ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années il y avait les foules de Jemmapes comme les foules de Lourdes, et les « antoinistes » recrutés parmi les inquiets d'un culte nouveau et augmentés des guéris reconnaissants formaient une communauté éparse en divers lieux, mais fort nombreuse.
        Le prophète et guérisseur belge n'est plus.
        Vers dix heures trente, comme il se trouvait dans son temple, il s'affaissa subitement frappé d'apoplexie. On dut le transporter chez lui, où il reprit peu à peu ses sens.
        Sur ces entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanes d'une coupe spéciale et coiffés d'immenses chapeaux, étaient accourus auprès du lit de leur maitre, Antoine alors proféra : Demain quelque chose de sérieux se produira. Puis il ajouta d'une voix sourde : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. »
        Antoine avait tardé beaucoup avant de faire sa révélation et de se déclarer l'homme de Dieu. Pendant nombre d'années, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la Société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances. Enfin vinrent la grâce, l'action publique, les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l'âge mûr.
        On le dit propriétaire des maisons ouvrières qui entourent son temple. D'aucuns estiment sa fortune à 30.000 francs. Quoi qu'il en soit, Antoine le Guérisseur a toujours vécu modestement. Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait les doctrines de l'apôtre.
        Il y a quelques mois, « les Antoinistes » de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fût reconnue par l'Etat. La pétition des fidèles du culte Antoiniste portait cent mille signatures. Au temple, où son corps est exposé, l'affiche suivante a été apposée :

     CULTE ANTOINISTE

                     Frère,
        Le conseil d'administration du culte Antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi matin 25 juin. Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de change, le Père sera toujours avec nous, Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine à dix heures.
        L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain 30 juin à trois heures.

                                                                                   Le Conseil d'administration.

         Quelques jours après, le mardi 2 juillet, le même journal le Temps racontait ainsi qu'il suit l'enterrement de l'apôtre :

         Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé hier dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemmapes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « Antoinistes » du pays étaient venus se joindre, nombreux, des membres des autres communautés de Belgique.
        Le corps du prophète défunt qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d'un tronc d'arbre figurant l'arbre de la science du bien et du mal que portait l'un des plus qualifiés adeptes de l'Antoinisme, M. Delacroix, professeur à l'Athénée de Liége. Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.
                                                                                     (La France médicale).

    Paris médical, la semaine du clinicien, 1912 (p.895)


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  • Antoine-le-Guérisseur est mort (La Vie Mystérieuse, n°85, 10 juillet 1912)

     ANTOINE-LE-GUÉRISSEUR EST MORT

         On annonçait, en date du 25 juin, que le guérisseur Antoine venait de mourir à Jemeppes-sur-Meuse, en Belgique. Antoine s 'était fait une réputation presque universelle par ses guérisons nombreuses et spontanées. Il passait pour avoir un don si remarquable que des milliers de gens s'étaient groupés autour de son nom et qu'une nouvelle religion était née de cette agglomération d'admirateurs : ce fut « l'Antoinisme », religion qui comptait, dit-on, près de 100.000 adeptes. Il y a quelques années ou érigea même, en Belgique, un temple qui conta fort cher et fut consacré à la célébration du culte Antoiniste. Ce culte résistera-t-il longtemps maintenant que son initiateur n'est plus ? L'avenir nous le dira.

    La Vie Mystérieuse, n°85, 10 juillet 1912


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  • Funéraille du Père - mise en fosse (Roland AE Collignon)
    (Archives de Roland AE Collignon)


    Au cimetière, pas de chants, pas de prières psalmodiées ;
    mais le recueillement, mais la gravité des visages étaient, pour qui savait entendre,
    le plus formidable plain-chant. La solennité l'emportait sur la détresse, tous sentaient,
    plus ou moins confusément, que l'éternité ne connaît pas de rupture.

        À droite, la main sur le cercueil, on reconnaît le frère Florian Deregnaucourt. À l'extrême gauche, il peut s'agir du frère Ferdinand Delcroix.


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  • Notes d'actualité (La Gazette de France 28 juin 1912)Notes d'Actualité

     THAUMATURGE

         Qu’est devenue cette petite modiste de la rue Milton qui prétendait guérir tous les maux au nom de Thaumaturge de Jemeppe ? Il y eu tout de suite
    Tant l’espérance est douce au pauvre cœur humain
    des attroupements de malades et d'infirmes devant sa porte. Des sergents de ville maintenaient l'ordre et des messieurs graves, en longue redingote noire, face rasée et lunettes, prêchaient à mi-voix ces malheureux impatients. Sans doute les malades et les infirmes se lassèrent d'attendre une guérison chimérique : on ne parle plus de la modiste guérisseuse.
        Elle doit être bien triste : Antoine de Jemeppe est mort.
        C'était une curieuse figure (dans les deux sens du mot, car avec ses cheveux séparés sur le milieu du front et sa longue barbe inculte il avait l'air d'un mougick mystique) que cet ancien employé des forges de Cockerill, et de la Société des tôleries liégeoises, puis agent d'assurance qui s'improvisa prophète sur le tard. Il prétendait guérir par la prière et l'imposition des mains à la manière de Christian scientist. En réalité, c'était un spirite qui avait voulu fonder sa petite chapelle à côté de la grande Babel du spiritisme.
       Petit à petit, il attira des foules à Jemeppe. Il ne demandait rien mais recevait force offrandes volontaires. On lui construisit un temple où il prêchait (très médiocrement) et officiait. Ses adeptes adressèrent à la Chambre belge une pétition, appuyée de 60.000 signatures pour que l'Antoinisme fût reconnu comme religion par l'Etat.
        Les Antoinistes ont pullulé en ce dernières années. Ils avaient une imprimerie qui répandais dans toute l'Europe un Journal en plusieurs langues et tiré à 200.000 exemplaires. La lecture en est bien propre à guérir les malades par insomnie. Paris, en dehors de la modiste de la rue Milton, avait son cercle antoiniste, rue du Faubourg Saint-Denis, qui comptait cinq ou six cents adeptes.
        Antoine et mort d'une attaque d'apoplexie. Sa veuve éplorée va essayer de continuer son commerce. Au temple antoiniste, où le corps du Thaumaturge est exposé, l'avis suivant a été affiché :
                        « Frères,
        « Le Conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner… Avant de quitter son corps, il a tenu à voir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que la Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous ; Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à dix heures... »
        « Il n'y a rien de changé » est un peu sévère pour le bon Antoine. Puisqu’il prétendait quérir par une grâce particulière, les Antoinistes supposent donc que sa veuve héritera cette grâce, et après elle le président du Conseil d'administration et ainsi de suite, tant qu'il y aura des… actionnaires.
        – Attention, disent deux banquiers de Balzac qui se promènent, nous marchons au milieu de flots d'actionnaire.
        Ce siècle qui se croit septiques a des crédulités de Mozambiques au service de tous les illuminés ou de tous les simples farceurs. On le voit bien en politique ! C'est même sur cela que repose le régime parlementaire.
                                          GEORGE DE CÉLI

     La Gazette de France, 28 juin 1912


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  • Een sektehoofd gestorven (Limburger koerier, 26 juin 1912)    Een sektehoofd gestorven - Antoine, de gebedsgenezer in het Walenland, die zich „le père Antoine” liet noemen en een soort van eigen godsdienstje gesticht had, is overleden. De 62-jarige „mère Antoine” zal de zaak op denzelfden voet voortzetten in den „tempel” der Antoinister bij het station van Jemeppe.
        Louis Antoine was uit arme ouders te Mons Crotteux (prov. Luik) in 1846 geboren. Hij was de jongste van elf kinderen en ging op 12-jariger leeftijd met zijn vader in de mijnen werken. Later werd hij metaalbewerker, arbeidde eenige jaren in Duitschland en Russisch Polen en vestig de zich later, gehuwd en vrij gefortuneerd, te Jemeppe. Zijn eenig kind stierf op 20-jarigen leeftijd. Op 42-jarigen leeftijd liet hij het Katholicisme los om zich aan het spiritisme te wijden. Nauwelijk kunnende lezen of schrijven, stichtte hij zes jaren geleden het „Nieuw Spiritisme”, beweerde zieken te kunnen genezen en werd twemaal vervolgd wegens onbevoegd uitoefenen der geneeskunst. Uit België, Frankrijk, Duitschland en Ned.-Limburg stroomden de goedgeloovigen naar hem toe. Hunne offers en de opbrengst der tijdschriften, die hij op een zelfgestichte drukkerij uitgaf, brachten hem heelwat op.

     Limburger koerier, 26 juin 1912

     

    Traduction :

        Un chef de secte est mort - Antoine, le guérisseur de la région wallonne, qui s'était laissé appeler "le père Antoine" et avait fondé sa propre petite religion, est mort. La "mère Antoine", âgée de 62 ans, poursuivra l'activité en même temps dans le "temple" des Antoinistes près de la gare de Jemeppe.
        Louis Antoine est né de parents pauvres à Mons Crotteux (prov. Liège) en 1846. Il était le plus jeune de onze enfants et est allé travailler avec son père dans la mine à l'âge de 12 ans. Plus tard, il devient métallurgiste, travaille pendant quelques années en Allemagne et en Pologne russe, puis, marié et assez riche, s'installe à Jemeppe. Son unique enfant est mort à l'âge de 20 ans. A 42 ans, il abandonne le catholicisme pour se consacrer au spiritisme. À peine capable de lire ou d'écrire, il a fondé il y a six ans le "Nouveau Spiritisme", prétendait pouvoir guérir les malades et a été poursuivi deux fois pour exercice illégal de la médecine. Des gens crédules affluent vers lui en provenance de Belgique, de France, d'Allemagne et du Limbourg néerlandais. Des dons et les recettes des revues, qu'il publiait dans une imprimerie de sa propre initiative, lui apportaient beaucoup.

    Courrier du Limbourg, 26 juin 1912


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  • Le Mystère (Les Annales politiques et littéraires - 7 juilllet 1912)

    Notes de la Semaine

    Le Mystère

        Un singulier personnage vient de mourir. On l'appelait Antoine-le-Guérisseur ou, encore, Antoine-le-Généreux. Ancien ouvrier lamineur, dénué de culture, mais doué d'une mystérieuse puissance psychique, il croyait posséder le pouvoir de soulager ses semblables ; il les délivrait de leurs maux physiques, et leur restituait le bien-être. D'innombrables témoignages attestent les cures qu'il opérait ainsi, sans remède, par la seule vertu de sa présence et de sa volonté. Chaque jour, des centaines de malades accouraient vers lui; les aveugles voyaient, les paralytiques marchaient. « C'est la foi qui opère ce miracle », disait Antoine. Se souvenant de son métier d'autrefois, il ajoutait : « Le feu de la forge rend le fer malléable, et alors l'homme en fait ce qu'il désire. Notre âme est un feu aussi. » Les médecins lui intentèrent un procès pour exercice illégal de leur art. Les tribunaux l'acquittèrent, ayant eu la preuve qu'il ne tirait aucun salaire de ses soins. Alors, il fonda, une sorte de religion, l' « Antoinisme », dont les adeptes se répandirent dans toutes les parties de l'univers. Un admirateur passionné consacra 100,000 francs à lui bâtir un temple à Jemmêpas. Une pétition, recouverte de 130,000 signatures et adressée au gouvernement belge, demanda que l' « Antomisme » fût officiellement reconnu.
    Le nouveau culte recruta un peu partout ses fidèles ; des groupes se formèrent à Paris, à Tours, à Vichy, à Lyon, à Nice, à Aix-les-Bains, à Grenoble. Une prêtresse « antoiniste », Mlle Camus, se confessait, dernièrement, au rédacteur d'un journal :
        « Comment je procède ? Rien de plus simple. Un malheureux, atteint de quelque infirmité, se présente-t-il, je lui ordonne de penser au Père (le « Père », c'est Antoine). De mon côté, je Lui communique ma pensée. Je pense en Lui, comme il pense en Dieu. Puis, je m'endors, et je lis a livre ouvert dans les parties souffrantes du malade. Je souffre moi-même de sa douleur, je l'accapare, je l'extirpe peu à peu de son corps pour la pulvériser, l'égrener, la disperser au dehors. »
        Antoine avait fondé des organes qui propageaient sa parole. J'ai sous les jeux un exemplaire de L'Unitif, imprimé à Jemmêpes-sur-Meuse. J'y lis ceci : « Vous ne pouvez faire de la morale à personne ; ce serait prouver que vous ne faites pas bien, car elle ne s'enseigne pas par la parole, mais par l'exemple... Tâchez de vous persuader que la moindre souffrance est due à votre intelligence qui veut toujours plus posséder ; elle se fait un piédestal de la clémence, en prétendant que tout lui soit subordonné... » Ce langage sibyllin, à cause de son obscurité même, attirait et séduisait les coeurs simples..
        De tout temps, il exista des. « guérisseurs » de l'espèce d'Antoine. Il y en avait aux Indes, en Grèce, à Rome, chez les Gaulois, plus tard, au moyen âge, dans les faubourgs des villes et dans les campagnes, où ils se livraient à leurs pratiqués suspectes. Parfois, on les tolérait... Souvent convaincus de sorcellerie, condamnés par l'Eglise, ils périssaient de la main du bourreau. Mais ces persécutions ne les décourageaient pas. Ils renaissaient de leurs cendres. Leur race est indestructible. Elle résiste aux progrès de la science,à l'évolution des moeurs, au développement de l'esprit d'analyse et d'examen. Hier Antoine avait des émules en la personne du célèbre zouave Jacob, qui jouit, pendant un demi-siècle, d'une réputation mondiale ; en la personne du non moins fameux Philippe, que le tsar manda à Saint-Pétersbourg afin de le consulter sur la santé de l'impératrice et qui revint, chargé de présents et d'honneurs, je pourrais allonger indéfiniment cette liste. Plus que jamais, aujourd'hui, les voyants, les apôtres de l'occultisme pullulent. Balzac — qui fut, lui aussi, un prophète — annonce quelque part que le début du vingtième siècle doit être marqué par une recrudescence de la magie. Sa prédiction s'accomplit. Si vous avez un ami à la préfecture de police, renseignez-vous. Il vous dira que la capitale de la France compte plus de dix mille devins et devineresses répartis dans ses différents quartiers, les plus aristocratiques, les plus populeux. Il vous en donnera la liste. Et vous pourrez, s'il vous en prend envie, mettre à l'épreuve leur lucidité. J'ai fait cette promenade. J'ai vu des sibylles, entre un chat noir et un perroquet, lire l'avenir dans le blanc d'oeuf et le marc de café. Certaine visite aux environs du. Moulin de la Galette m'a laissé un impérissable souvenir.
        Nous arrivons devant une maison basse et décrépite dont la porte est hermétiquement close. Trois coups, frappés à intervalles égaux, constituent le signal convenu. L'habitante du lieu en déduit que les étrangers qui la demandent ne sont pas des « mouchards », mais des gens de bonne foi. L'huis s'entre-bâille, et un horrible relent de soupe à l'oignon nous serre la gorge. Nous pénétrons dans une chambre obscure et sordide, et nous distinguons, au coin de l'âtre, où graillonne un feu de mottes, une forme accroupie. C'est la maîtresse de céans, qui ressemble aux bohémiennes de Ponson du Terrail. Cheveux gris embroussaillés, yeux clignotants, joues parcheminées, mains crochues.
        — Qu'y a-t-il pour votre service ? demande-t-elle avec un accent qui trahit son origine tudesque.
        Elle sourit, et ce sourire découvre une mâchoire édentée. Notre guide lui demande de tirer les cartes. Elle nous fait asseoir autour d'une table, sous laquelle deux poules sont en train de picorer. Elle prend sur sa cheminée des cartons crasseux, et la consultation commence. Je me dévoue au rôle de patient. La vieille m'annonce des choses plutôt agréables, que je serai « distingué » d'une femme riche (honni soit qui mal y pense !), que je réussirai dans mes entreprises, que je triompherai de mes ennemis.
        — Méfiez-vous seulement des accidents de voiture, ajouta-t-elle.
        Deux jours plus tard, j'avais le doigt pincé dans la portière d'un taxi et l'ongle emporté, et j'étais obligé de subir une douloureuse opération. Ah! si j'avais été superstitieux!
        Ne supposez pas que je raille, et que je veuille blesser, par une ironie facile, des convictions respectables... Elles se peuvent allier — je ne l'ignore pas — aux délicatesses de la sensibilité, aux raffinements de l'intelligence. D'éminentes femmes d'illustres artistes que je sais, consultent la somnambule. Ils ne nient pas la réalité de ce don spécial qui déjà, du temps de Tirésias, se nommait la « double-vue »...     Quelle conclusion tirer de tout ceci ? C'est que l'humanité, faible, inquiète, environnée de mystères, avide d'échapper aux platitudes terrestres, se sent invinciblement attirée par l'idéal et le merveilleux...
                            LE BONHOMME CHRYSALE

    Les Annales politiques et littéraires, 7 juillet 1912


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  • Antoine de Genezer (Zierikzeesche Nieuwsbode, 16 februari 1912)

    Antoine de Genezer.

        'k Schreef onlangs in de Bode een artikeltje over de zoogenaamde wonderdokters. 'k Had toen niet gedacht, dat is heel kort daarop met een dergelijk man in aanraking zou komen en mij opnieuw zou kunnen overtuigen van den verbazenden invloed, dien zulk een persoon op de menigte kan uitoefenen.
        Op een uitstapje in het Walenland namelijk, ontmoetten wij – eenige vrienden en ik – in een dorp van he kolenbekken, een reeds bejaard man die door iedereen met eerbled werd gegroet. Ofschoon door de jaren gebogen, getuigde ziin blik nog van groote wilskracht. Gekleed in een lange zwarte jas had hij geheel het uitzicht van een rustend ambtenaar. Daar iedereen hem scheen te kennen en te achtten, wekte de man onze nieuwsgierigheid op; we vroegen, en wat men ons over hem mededeelde, ga ik nu ook eens aan de getrouwe lezers van de Bode vertellen.
        Antoine – dit is de naam van den persoon in kwestie – was vroeger een eenvoudig koolmijnwerker, die zich door niets van zijn kameraden onderscheidde. Doch het toeval wilde, dat hem op zekeren dag een erfdeel toeviel. Alsdan zeide een inwendige stem hem: „Ge zijt nu rijk, verlaat de mijn, en doe de tafels omdraaien”. Hij luisterde naar die stem, legde de handen op een tafeltje, en deed het draaien. Antoine begreep alsdan zijn bestemming en werd dus spiritist. Hij vestigde zich als medium, richtte vergaderingen in, en schreef voor de oogen zijner onnoozele vrienden de mededeelingen uit de andere wereld op papier.
        Ja, na twintig eeuwen wetenschap en beschaving laten velen zich nog op zulke wijze beetnemen! Trouwens, zóó is het altijd geweest en zóó zal het ook wel altijd blijven.
        Antoine deed dus de dooden spreken en schrijven; en na korten tijd had hij een groot getal volgelingen, die hem eerbiedigden, maar nog meer vreesden. Dan ontdekte hij in zich een nieuwe gave, n.l. de kunst om te genezen, hem door de geesten geschonken. De stemmen zeiden hem: „Ga en genees!” En Antoine ging. Hij begaf zich tot de zieken, legde de handen op hen, zooals hij dit op de tafels deed; het hoofd der kranken draaide, en – zij genazen. Twee, drie genezingen waren voldoende om hem een ontelbaar getal nieuwe aanhangers te bezorgen. Weldra kon hij zijn kleine woning niet meer verlaten; men verdrong zich aan zijn deur. Een nieuwe godsdienst ontstond en dit zooveel te eerder, omdat in tegenstelling met de gewoonte, de uitoefening er van niets kostte. Want Antoine heeft nooit willen betaald worden; hij verzorgt en geneest, omdat hij het als zijne roeping beschouwt. De vereering zijner aanhangers is hem voldoende.
        Op welke manier hij geneest? Wanneer ge bij hem komt, zal hij u langen tijd bezien; met zijn buitengewoon scherpen blik als het ware in u dringen en u daarna meestal naar waarheid zeggen, waaraan ge 19dt; want Antoine is een zeer behendig gelaatkenner. Ook verstaat hij het u te doen spreken; en uit uwe oogenschijnlijk onbeduidende woorden ontdekt hij uwe kwaal. ‘t Gebeurt ook wel, dat hij een niet bestaande kwaal ontdekt, maar zooiets overkomt aan alle dergelijke genezers.
        Behalve de macht om te genezen hebben de geesten hem ook nog de gave van onderrichten geschonken en 't is inderdaad wonderbaar: deze weinig geleerde miniwerker houdt redevoeringen, predikt en schrijft vlugschriften. Daardoor is het te begrijpen, dat het getal zijner vereerders en volgelingen op korten tijd in buitengewone mate is toegenomen en zonder moeite het noodige geld – 100,000 franken – was bijeengebracht voor het oprichten van een tempel te Jemeppe-sur-Meuse, naast de woning van Antoine; een tempel in modernen stijl, waar de menigte zich in massa heen begeeft, om den meester te zien en te hooren. Daar spreekt en geneest Antoine. Hij legt de handen op en zegt: „Denk aan mij!” Want daarin ligt geheel zijn macht; om te genezen en gered te worden, moet men met hem in geestesgemeenschap blijven.
        Wat zijn zedeleer aangaat, deze komt vrijwel overeen met die van generaal Booth: „Hebt uwen naaste lief”, „de liefde is het goede”, „het bezit van God beloont de braven”, enz. Antoine ontwikkelt deze thema's op gepaste wijze in zijnen tempel; wel is de redenaar soms ietwat duister maar dat kan men van een wonderdoener niet kwalijk nemen.
        In den beginne lachte het publiek met Antoine, zijn leer en zijn macht; thans lachen velen niet meer. Het bewijs er van is, dat onlangs een verzoekschrift naar de Belgische Kamer verzonden werd, waarin 160.000 personen de wettige erkenning van den nieuwen godsdienst vroegen. Of echter aan dit verzoek gevolg zal gegeven worden, is hoogst twijfelachtig en dit zooveel te meer, wijl Antoine reeds een mededinger heeft gevonden, die hem overtreft. Immers, te La Bascule-Ayeneux, een Waalsch dorpje, is een nieuwe wonderdoener opgetreden. 't Is een eenvoudige boer, die – zoo zegt men – zonder eenig geneesmiddel, de hardnekkigste ziekten geneest. Een echte toovenaar dus! En voor die genezing heeft hij niets noodig dan – het gebed! Niet dat de zieke moet bidden, och neen! de wonderdokter doet dit zelf. De zieke heeft niets te doen dan te gelooven. In dit opzicht verschilt de nieuwe wonderdokter dus niet van Antoine van Jemeppes. Doch de eerste toont zijn meerderheid door het genezen niet alleen van menschen, maar ook van vee; zoodat nu ook de veeartsen met zijn concurrentie hebben te rekenen. En bemerk wel, dat hij niet eens noodig heeft de dieren te zien, hij geneest ze op afstand. Het zonderlingste van de zaak is, dat de genezende macht van den man zich niet uitstrekt tot zijn eigen persoon. Is hij zelf ziek, dan kan hij zich niet genezen, en is zijn vee in dat geval, dan sterft het.
        Ziedaar, wat ik vernam over deze twee wonderdokters. En de slotsom? zal men vragen. Wel, volgens mij zijn Antoine en zijn mededinger uitstekende physionomisten en genezen zij eenvoudig door het uitoefenen van invloed op den geest der zieken (suggestie). En dan, het zal ook hier wel zijn als overal: enkele toevallige genezingen worden met trommel en fluit publiek gemaakt; het veel grooter aantal mislukte genezingen wordt verzwegen.

          Antwerpen.                   J. HOGERHEIJDE

    Zierikzeesche Nieuwsbode, 16 februari 1912

     

    Traduction :

        J'ai récemment écrit un article dans le Bode sur les soi-disant médecins miracles. Je ne pensais pas alors que, très peu de temps après, j'allais entrer en contact avec un tel homme et me convaincre à nouveau de l'incroyable influence qu'une telle personne peut exercer sur la foule.
        Lors d'un voyage en région wallonne, nous avons rencontré dans un village du bassin houiller, quelques amis et moi, un homme déjà âgé qui a été accueilli avec honneur par tous. Bien que courbé au fil des ans, son regard a toujours fait preuve d'une grande volonté. Vêtu d'un long manteau noir, il avait toute l'apparence d'un fonctionnaire au repos. Comme tout le monde semblait le connaître et le prendre en considération, l'homme a éveillé notre curiosité ; nous avons demandé, et ce qu'ils nous ont dit sur lui, je vais maintenant le dire aux fidèles lecteurs du Bode.
        Antoine – c'est le nom de la personne en question – était un simple mineur de charbon, qui ne se distinguait en rien de ses camarades. Mais c'est une coïncidence qu'un jour il ait eu un héritage. Puis une voix intérieure lui dit : "Maintenant que tu es riche, quitte la mine et fais tourner les tables". Il a écouté cette voix, a posé ses mains sur une table et les a fait tourner. Antoine a alors compris son destin et est devenu un spirite. Il s'est imposé comme un médium, a organisé des réunions et a écrit les communications de l'autre monde pour ses amis invisibles.
        Oui, après vingt siècles de science et de civilisation, beaucoup se laissent encore berner de la sorte ! D'ailleurs, il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi.
        Ainsi, Antoine a fait parler et écrire les morts ; et peu de temps après, il a eu un grand nombre de disciples, qui le respectaient, mais craignaient encore plus. Puis il a découvert en lui un nouveau don, à savoir l'art de guérir, qui lui a été conféré par les esprits. Les voix lui ont dit : "Va et guéris !" Et Antoine y est allé. Il est allé voir les malades, leur a imposé les mains, comme il le faisait sur les tables ; la tête des malades s'est retournée, et – ils ont été guéri. Deux ou trois guérisons ont suffi pour lui donner un nombre incalculable de nouveaux adeptes. Bientôt, il ne pouvait plus quitter sa petite maison ; ils se sont entassés à sa porte. Une nouvelle religion est apparue, et d'autant plus vite, car contrairement à la coutume, sa pratique ne coûte rien. Car Antoine n'a jamais voulu être payé, il a soigné et a guéri, car il considérait que c'était sa vocation. Le culte de ses adeptes lui suffit.
        De quelle façon guérit-il ? Quand vous viendrez à lui, il vous verra pendant longtemps ; avec son regard extraordinairement aiguisé, il vous pénétrera, pour ainsi dire, et ensuite il vous dira généralement la vérité sur ce que vous faites ; car Antoine est un personnage très habile. Il comprend aussi comment vous faire parler ; et à partir de vos mots apparemment insignifiants, il découvre votre maladie. Il arrive aussi qu'il découvre une maladie inexistante, mais quelque chose comme cela arrive à tous ces guérisseurs.
        Outre le pouvoir de guérir, les esprits lui ont aussi donné le don d'enseigner, et c'est effectivement miraculeux : ce mini-ouvrier peu instruit fait des discours, prêche et écrit des pamphlets. On comprend donc que le nombre de ses adorateurs et de ses disciples ait augmenté de façon extraordinaire en peu de temps, et que sans difficulté l'argent nécessaire – 100 000 francs – ait été réuni pour l'érection d'un temple à Jemeppe-sur-Meuse, à côté de la résidence d'Antoine ; un temple de style moderne, où la foule se rend en masse, pour voir et entendre le maître. Là, Antoine parle et guérit. Il lève les mains et dit : "Pensez à moi !" Car c'est là que réside toute sa puissance ; pour être guéri et sauvé, il faut rester en communion avec lui en esprit.
        Quant à sa doctrine morale, elle est presque la même que celle du général Booth : " Aime ton prochain", "l'amour est le bien", "la possession de Dieu récompense les braves ", etc. Antoine a développé ces thèmes de manière appropriée dans son temple ; l'orateur est parfois un peu sombre, mais on ne peut pas en vouloir à un faiseur de miracles pour cela.
        Au début, le public riait avec Antoine, sa doctrine et son pouvoir ; maintenant, beaucoup ne rient plus. La preuve en est qu'une pétition a récemment été envoyée à la Chambre belge, dans laquelle 160 000 personnes ont demandé la reconnaissance légale de la nouvelle religion. Cependant, il est assez douteux que cette demande soit acceptée ou non, d'autant plus qu'Antoine a déjà trouvé un concurrent qui le surpasse. En effet, à La Bascule-Ayeneux, village wallon, un nouveau faiseur de miracles s'est produit. Il s'agit d'un simple agriculteur, qui – comme on dit – sans aucun médicament, guérit les maladies les plus tenaces. Un vrai magicien ! Et pour cette guérison, il n'a besoin de rien d'autre que de la prière ! Non pas que le malade doive prier, oh non ! Le docteur miracle le fait lui-même. L'homme malade n'a rien d'autre à faire que de croire. À cet égard, le nouveau docteur miracle n'est pas différent d'Antoine de Jemeppes. Mais le premier montre sa majorité en guérissant non seulement des personnes, mais aussi du bétail ; si bien que maintenant, les vétérinaires doivent eux aussi faire face à sa concurrence. Et remarquez qu'il n'a même pas besoin de voir les animaux, il les soigne à distance. Ce qui est étrange, c'est que le pouvoir de guérison de l'homme ne s'étend pas à sa propre personne. S'il est lui-même malade, alors il ne peut pas se soigner, et si son bétail est dans ce cas, alors il meurt.
        Voyez ce que j'ai entendu à propos de ces deux médecins miracles. Et la conclusion ? On se posera la question. Eh bien, à mon avis, Antoine et son concurrent sont d'excellents physionomistes et ils guérissent simplement en exerçant une influence sur l'esprit des malades (suggestion). Et puis, ce sera comme partout ailleurs : certaines guérisons accidentelles sont rendues publiques avec tambour et trompette ; le nombre beaucoup plus important de guérisons manquées est étouffé.

            Anvers.                   J. HOGERHEIJDE

    Zierikzeesche Newsbode (Nouveau messager de Zierikzee), 16 février 1912


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  • La levée du corps au temple antoiniste (Excelsior 02 juillet 1912)


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  • Funérailles du Père (photo colorisée par MyHeritage)

    par MyHeritage

    Funérailles du Père (photo colorisée)

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  • Annales des Sciences psychiques (Juin 1912)

    Auteur : Directeur : Professeur CHARGES RICHET, Rédacteur en chef : G. de VESME ; Comité de Rédaction : Sir William Crookes, Camille Flammarion, Dr Paul Joire, Marcel Mangin, Dr Joseph Maxwell, Professeur Henri Morselli, Dr Julien Ochorowicz, Colonel Albert de Rochas, Dr Albert von Schrenck-Notzing ; Fondateur : Dr Xavier DARIEX
    Titre : Les Annales des Sciences psychiques, Juin 1912, Echos et nouvelles, p.186
    Éditeurs : Société universelle d'études psychiques, 1891 à 1919 (les dernières années sont disponibles sur gallica)
    cf. http://www.autoresespiritasclassicos.com/Pesquisadores%20espiritas/Charles%20Richet/Annales%20des%20Sciences%20Psychique/Annales%20des%20Sciences%20Psychique.htm

       
    La mort d'Antoine le Guérisseur
        L’existence de cet homme qui, pauvre, sans instruction, sans génie, a pu réunir autour de lui, en quelques années, 130.000 adeptes environ, est bien l’un des phénomènes psychologiques et sociaux les plus extraordinaires de notre temps. Sans doute, quelques éléments ne nous manquent point pour comprendre son succès : ouvrier, il s’est trouvé au milieu d ’une parmi les plus grandes agglomérations ouvrières du monde — les milieux ouvriers du bassin de Mons, comme ceux du Pays de Galles, sont très accessibles au mysticisme ; — le spiritisme qui avait conquis la plupart de ces villages lui avait aplani le chemin ; enfin, il avait le prestige et l’influence immenses qui s’attachent à tout grand « guérisseur ». Mais Antoine a fait le prodige de fonder une religion sans dogmes (que seraient devenues les doctrines de Jésus sans Saint-Paul ?) ; ses enseignements se bornent à des phrases dans lesquelles l’idée « amour de son prochain » prend toutes les formes, même les plus éloignées de la clarté et de la syntaxe ; ils ont même l’air de recommander la renonciation à l'intelligence, ce qui fait qu’à quelques exceptions près, l’Antoinisme n’a pas pu sortir des classes les plus humbles de la population.
        Louis Antoine est né à Mons-Crotteux (province de Liège) en 1836, de parents pauvres, simples et foncièrement honnêtes. Il était le cadet de sa famille qui comptait onze enfants. Il débuta à douze ans dans la mine, accompagnant son père et un frère qui étaient également mineurs. Ne voulant plus descendre dans la fosse, il devint ouvrier métallurgiste. A vingt-quatre ans il quitta la Belgique pour aller travailler en Allemagne où il séjourna pendant cinq ans. Deux ans plus tard, il alla à Pragua, près de Varsovie (Pologne Russe) et y accomplit un nouveau terme de cinq années, puis il s’installa définitivement en Belgique, à Jemeppe-sur-Meuse. Dans l’intervalle de son séjour en Allemagne, il revient au pays, épouser une femme dont il avait fait la connaissance avant son départ. De leur union naquit un enfant, un garçon que la mort leur ravit à l’âge de vingt ans. Mais grâce à leur grande foi, aucun des deux époux n ’en fut découragé ; au contraire, ils se dévouèrent davantage. Leur séjour à l’étranger leur avait permis d’amasser une petite fortune ; ils la sacrifièrent pour venir en aide aux malheureux. Antoine vivait très simplement et très sobrement ; il était végétarien dans toute l’acception du terme ; il ne prenait ni viande, ni œufs, ni beurre, ni lait, en un mot, rien qui provienne de l’animal.
        Le défunt a été, dès son plus jeune âge, d’une sensibilité et d'une piété peu commune. Il professa la religion catholique jusqu’à l’âge de quarante-deux ans, puis il s’appliqua à la pratique du spiritisme, sans s’attarder toutefois dans le domaine expérimental pour lequel il n'avait aucune aptitude et qui ne le tentait nullement. Sachant à peine lire et écrire, il se trouva incompétent pour résoudre le problème scientifique : il lui préféra la morale et s'y adonna de tout cœur. Il continua jusqu'en 1906, date à laquelle il a créé le Nouveau Spiritualisme, c'est là que commença sa mission.
        On se souvient qu'Antoine fut, à deux reprises, poursuivi pour exercice illégal de la Médecine. Il fut, une première fois, condamné à 26 francs d'amende et la seconde il fut acquitté.

    La mort d'Antoine le Guérisseur (Annales des Sciences psychiques, Juin 1912)

        On a pu lire dans les journaux que des obsèques solennelles, auxquelles assistaient des milliers de personnes, furent faites à Antoine. En sortant du temple antoiniste, le cercueil fut porté au cimetière, où il fut enterré dans la fosse commune, selon la volonté du défunt. Dans le cortège funèbre on put voir, derrière l'emblème de « l'Arbre de la Science et de la Vue du Mal », les Frères et les Sœurs du culte antoiniste, dans leur uniforme qui rappelle celui des quakers : pour les hommes, une grande redingote et un chapeau haut de forme, un peu bas et à larges bords plats ; pour les femmes, un vêtement qui rappelle assez celui des nurses anglaises.
        La vieille veuve d'Antoine lui succède comme chef de la nouvelle religion, qui, après la mort de son fondateur, n'est probablement pas destinée à une bien longue existence.


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  • Le cercueil porté par les lévites (Excelsior 02 juillet 1912)

    Le premier homme, avec la barbe, est le frère Florian Deregnaucourt


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  • Enterrement - cerceuil du Père dans le porche du temple (colorisée par colourise.sg)

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  • Enterrement - cerceuil du Père dans le porche du temple

    On voit l'emblème de l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et on aperçoit l'Enseignement posé sur le cercueil.


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  • Cerceuil du Père mené par les adeptes

    source : Que savez-vous du culte antoiniste ? (Édité à Jemeppe)

    Cerceuil du Père mené par les adeptes

    Funéraille du Père (archives de Roland AE Collignon)

    en tête de cortège funéraire, tête baissée, le frère Florian Deregnaucourt


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  • L'enterrement d'un apôtre (Le Temps, 2 juillet 1912)

                           L'enterrement d'un apôtre

        Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé hier dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liége. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
        Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d'un tronc d'arbre figurant l'arbre de la science du bien et du mal, que portait l'un des plus qualifiés adeptes de l'antoinisme, M. Delcroix, professeur à l'athénée de Liége.
        Ainsi qu'Antoine l'avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune.

    Le Temps, 2 juillet 1912


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  • Antoine, de genezer (Nieuwe Amersfoortsche Courant, 6 juli 1912)

    Antoine, de genezer.

        Antoine, een man, die zijn leven nog al taam gemaakt heeft als stichter van een nieuwen godsdienst, waarvoor nu te Jenappe een tempel staat, die eenige vermaardheid kreeg, is Maandagnacht te Jenappe overleden.
        In 1846 te Grande Flémalle bij Luik geboren, was Antoine omstreeks 21 jaar geleden uit Rusland, waar hij eenig fortuin gemaakt had, in België teruggekeerd. Hij vestigde zich toen te Jemappe en deed in het gehucht Bois de Mont eene arbeiderswijk aanleggen.
        In 1895 liet bij eenige dier woningen tegen den groud halen en daarvoor in de plaats kwam toen een tempel van bescheiden afmetingen. Daarin predikte bij een godsdienst van goedheid, liefde en solidariteit. De goedgeloovigen schreven hem ook de macht toe om door handoplegging ziekten te genezen – vandaar zijn bijnaam »de genezer«. Hij vond vele aanbangers onder alle klassen der maatschappij, ook in Frankrijk en in Duitscbland, tot zelfs in de Vereenigde Staten. Niet lang geleden werd aan de Belgische volksvertegenwoordiging eene petitie aangeboden, geteekend door 130.000 Antoinisten in België, die verzochten dat hun godsdienst onder de officieel erkende zou worden opgenomen.
        De overledene werd tweemaal gerechtelijk vervolgd wegens het ongeoorloofd uitoefenen van geneeskundige praktijk. De eerste maal werd hij tot eene boete van 26 francs veroordeeld, de tweede maal volgde een vrijspraak.
        De dood van Antoine heeft onder de bevolking van Jemappe groote droefenis teweeggebracht. Hij was er algemeen zeer geliefd wegens zijne edele denkbeelden, zoodat Zondag a.s. de begrafenis van den overledene eene indrukwekkende plechtigheid belooft te worden.
        De overledene had in zijn jeugd eene zeer gebrekkige opvoeding genoten, maar zich in zijn later leven door eigen arbeid ontwikkeld, welke ontwikkeling bij boven alles dienstbaar bad willen maken aan het wel zijn zijner medemenschen.

    Nieuwe Amersfoortsche Courant, 6 juli 1912

     

    Traduction :

    Antoine, le guérisseur.

        Antoine, un homme qui a déjà fait connaître de son vivant en tant que fondateur d'une nouvelle religion, pour laquelle il y a maintenant un temple à Jenappe, qui a acquis une certaine renommée, est mort lundi soir à Jenappe.
        Né en 1846 à Flémalle Grande près de Liège, Antoine était revenu de Russie où il avait fait fortune, en Belgique il y a environ 21 ans. Il s'installe à Jemappe et construit un quartier ouvrier dans le hameau du Bois de Mont.
        En 1895, certaines maisons sont sorties du sol et remplacées par un temple de dimensions modestes. Il prêchait une religion de bonté, d'amour et de solidarité. Les crédules lui attribuaient aussi le pouvoir de guérir les maladies en imposant les mains – d'où son surnom «de guérisseur». Il a trouvé de nombreux fidèles dans toutes les classes de la société, y compris en France et en Allemagne, et même aux Etats-Unis. Il n'y a pas si longtemps, une pétition a été présentée au Parlement belge, signée par 130.000 Antoinistes en Belgique, qui ont demandé que leur religion soit incluse parmi les religions officiellement reconnues.
        Le défunt a été poursuivie à deux reprises pour pratique illégale de la médecine. La première fois, il a été condamné à une amende de 26 francs, la deuxième fois, il a été acquitté.
        La mort d'Antoine a causé une grande tristesse parmi la population de Jemappe. Il y était très populaire en raison de ses idées nobles, de sorte que dimanche, les funérailles du défunt promettent d'être une cérémonie impressionnante.
        Le défunt avait eu une éducation très pauvre dans sa jeunesse, mais dans sa vie ultérieure, il s'est développé par son propre travail, dont le développement visait avant tout à servir le bien-être de ses semblables.

     


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  • Antoine le Guérisseur est mort (Le Grand écho du Nord de la France 28 juin 1912)

    ANTOINE LE GUÉRISSEUR EST MORT

    UN FONDATEUR DE RELIGION

        Bruxelles, 26. – Louis Antoine, un ancien ouvrier d'usine, devenu guérisseur, est mort à Jemeppe, près de Liége, où il avait édifié un temple, fondé une véritable religion.
        Le Parlement belge reçut, l'an dernier, une immense pétition demandant la reconnaissance officielle du culte nouveau, qui compte de nombreux adeptes en France.
        Originaire du pays de Liége, Antoine avait soixante-dix ans. On dit que sa femme continuera son œuvre.

    Le Grand écho du Nord de la France, 28 juin 1912


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  • Fondateur de religion (le Messin 1 juillet 1912)

    FONDATEUR DE RELIGION

        Ce fut une curieuse destinée, que celle du petit et doux vieillard qui vient de mourir en Belgique, a Jemmepe, et qu’on appelait Antoine le Guérisseur. Ouvrier modeste, il avait fini par fonder une religion, ou peu s’en faut. Il avait son credo, son temple, ses fidèles. Son œuvre, parait-il, sera continuée par sa veuve : destinée deux fois surprenante dans la calme et positive Belgique, peu coutumière d’ordinaire de ces exaltations mystiques.

        Antoine Louis avait soixante-six ans. Fils de cultivateurs, il n’avait pas eu le temps ni le moyen de pousser bien loin ses études. Quand il quitta l’école de son village, il savait lire à peine et rien de plus. Comme tant de ses compatriotes, il alla aux mines qui, contre un dur labeur, assurent du moins aux travailleurs du sous-sol une certaine sécurité.
        Rien ne distinguait alors Antoine de ses camarades, si ce n’est sa bonté et sa sensibilité. Pendant qu’il faisait son service militaire, son fusil, étant parti tout seul, tua malencontreusement un homme de son peloton. Il en conçut une grande peine qui marqua sur lui et le tourna vers les méditations intérieures. A sa sortie du service, il reprit sa vie d’ouvrier. Puis il devint marchand de légumes. Mais son commerce ne marcha point et, de nouveau il lui fallut s’embaucher aux charbonnages. Cette fois, d’ailleurs, il dut s’expatrier et partir pour la Pologne, où le Société qui l’employait avait des mines importantes.
        Ce séjour dans les pays slaves détermina, semble-t-il, la suite de sa carrière. Il y gagna d’abord une certaine aisance qui lui valut l’indépendance matérielle. Il y subit en outre l’influence du milieu, vibrant et parfois illuminé.
        Tandis qu’il travaillait à la mine, sa femme tenait une pension qui bientôt devint florissante.
        Lui, quand il ne causait pas avec des mystiques russes ou polonais, lisait des ouvrages scientifiques, s’occupait de médecine, étudiait la méthode Raspail de guérison par le camphre. En même temps, sa douceur naturelle se développait au spectacle des scènes douloureuses dont il était parfois le témoin, émeutes sanglantes et répressions sauvages.
        Quand il revint dans son pays, avec quelque avoir, il pensa que son devoir était de mettre le fruit de ses réflexions au service de ses contemporains et il s’y employa de tout son cœur.

        Non point d’abord sans quelques flottements qui prouvent que ses idées étaient plutôt des aspirations vagues et que, s’il concevait le but de sa mission, il n’était pas fixé sur les moyens de la remplir.
        Il avait obtenu, à son retour au pays, une place d’agent d’assurances qui, jointe à ses économies, lui donnait la sécurité. Avec un menuisier de ses amis, il commença par se lancer dans le spiritisme.
        Dans un petit café du bourg, on évoquait l’esprit des grands hommes. On demandait à Victor Hugo ou à d’autres des conseils et des règles de vie. Le petit groupe, qui se consacrait à ces recherches théosophiques, reconnaissait l’hospitalité qu’il recevait d’Antoine en l’acceptant pour son chef. C’était la Société des vignerons du Seigneur.
        Elle avait un journal qui s’appelait le « Tombeau » et qui soutenait d’ardentes polémiques avec le pasteur protestant de l’endroit. Au bout de quelques mois, le menuisier spirite se mit à faire de la politique. Antoine, resté seul, suivit alors sa voie, travaillant à la fois à guérir le mal physique et à prêcher le bien moral.
        Il acquit comme guérisseur une grande notoriété. Au début, il avait eu recours à certains procédés classiques, notamment les massages, ensuite à certains gestes rituels. Peu à peu, comme les « Christian Scientists » d’Amérique, il se persuada que la volonté seule suffisait à guérir. Il ne réussit pas cependant à sauver son fils unique, qui mourut à vingt ans. Mais le courage tranquille avec lequel il subit ce coup accrut l’estime dont il jouissait.
        A dire vrai, il méritait cette estime par son désintéressement et par sa sincérité. Bien que, dans les dernières années de sa vie, il eut cru devoir se couvrir d’une lévite noire et laisser pousser sa barbe, ce qui lui donnait une allure de mage, bien que, après avoir été longtemps rebelle à la publicité, il eût cédé aux instances des reporters et des photographes, ce n’était pas un charlatan, et il n’a pas bénéficié personnellement de son activité. Les Etats-Unis, dont nous parlions tout à l’heure, ont connu des prophètes plus avides.
        L’Antoinisme, ainsi désignait-on la religion nouvelle, avait connu de beaux succès. Une dame, qu’Antoine avait guérie, donna 20.000 francs pour construire un temple, Des dons venus de tous les coins de l’Europe permirent de créer et de faire vivre une revue, l’« Auréole de la conscience ». Enfin, il y a deux ans, une pétition couverte de cent mille signatures sollicita la reconnaissance légale du culte antoiniste. C’était la grande notoriété.

        A vrai dire, ce culte, qui a ses cérémonies et ses prêtres, est assez difficile à définir.
        Les publications officielles manquent un peu de précision. Elles nous apprennent que l’amour du prochain est la base de tout et doit s’appliquer indistinctement à tout le monde. Quant au devoir qui résulte ce principe, Antoine le Guérisseur le résumait ainsi :
        « Nous ne sommes pas arrivés tous au même degré de développement intellectuel et moral et Dieu place toujours les faibles sur notre chemin pour nous donner l’occasion de nous rapprocher de Lui. Il se trouve parmi nous des êtres qui sont dépourvus de toute faculté et qui ont besoin de notre appui ; le devoir nous impose de leur venir en aide dans la mesure où nous croyons en un Dieu bon et miséricordieux. »
        Le Père, comme l’appelaient ses fidèles, estimait que, par là, on arriverait à la tolérance absolue. « Quand on sera pénétré de l’enseignement d’Antoine le Guérisseur, il n’y aura plus de dissension entre les religions, parce qu’il n’y aura plus d’indifférence, nous nous aimerons tous, parce que nous aurons enfin compris la loi du progrès, nous aurons les mêmes égards pour toutes les religions et même pour l’incroyance, persuadés que nul ne peut nous faire aucun mal et que, si nous voulons convertir nos semblables, nous devons leur démontrer que nous sommes dans la vraie religion en respectant la leur et en leur voulant du bien. Nous serons alors convaincus que l’amour naît de la vraie foi qui est la vérité ; mais nous ne la posséderons que lorsque nous ne prétendrons pas l’avoir. »
        On ne peut nier que ce ne fussent la tout au moins des intentions excellentes et le rêve d’un très brave homme. Ce brave homme n’est plus. Mais sa femme lui succède. On lit en effet, dans la circulaire que le conseil d’administration vient d’adresser aux fidèles :
        « Mère le remplacera dans sa mission et suivra toujours son exemple. Il n’y a donc rien de changé. » Il sera intéressant de voir si la disparition du fondateur entraîne la mort de l’œuvre ou si, au contraire, l’idée survivra. On sera fixé dans peu de mois.

    Le Messin, 1er juillet 1912, repris dans Le Parisien du 18 juillet 1912


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  • Middelburgsche courant (29-06-1912)

     

    ANTON DE GENEZER.

        In Waalsch België is een eenvoudig man gestorven, Anton de Genezer, die niets meer of ininder dan een godsdienst heeft gesticht. Deze is een mengsel van Christendom met theosofie. Het meest bekend was „Antoine” echter als heelmeester. Van over de grenzen stroomden allen naar hem toe, die an welke ziekte ook leden en vaak door de dokters waren opgegeven. Zijn woonplaats was een tweede Lourdes.
        Anton genas hen, behandelde hen althans met gebed en het opleggen der handen, op de wijze der „Christian Scientists”. Hij had een tempel doen oprichten voor zijn geloovigen. Daar verrichtte hij zijn gebeden en werd een weekblad gedrukt, dat zijn beginselen verkondigde. Eenige maanden geleden hebben de „Antoinistes” een verzoekschrift aan de Belgische Kamer gericht om erkenning hunner secte te krijgen. Dit was door 100.000 personen onderteekend.
        Maandag kreeg Anton een beroerte. Dadelijk stroomden zijn volgelingen in eigenaardige, korte priestermantels en met groote hoeden naar zijn ziekbed, waar hij hen nog toesprak. Woensdag is hij overleden. Ook gaf hij het verlangen te kennen, dat zijn vrouw hem zou opvolgen. Inderdaad kondigde na zijn dood een biljet in den tempel aan, dat „Moeder” zijn taak had overgenomen.
        Voordat Anton als prediker optrad, wat hij eerst op rijpen leeftijd deed, was hij werkzaam aan de ijzerfabriek van Cockeril en in het verzekeringsbedrijf. Men zegt, dat hij een vermoge van 80.000 frank nalaat. Toch heeft hij steeds bescheiden geleefd.

    Middelburgsche courant, 29 juni 1912

     

    Traduction :

    ANTOINE LE GUÉRISSEUR.

        En Belgique wallonne, un homme simple est mort, Antoine le guérisseur, qui a fondé rien de plus ou de moins qu'une religion. C'est un mélange de christianisme et de théosophie. Antoine, cependant, était surtout connu comme guérisseur. De l'autre côté de la frontière, tous ceux qui souffraient d'une maladie quelconque et qui avaient souvent été abandonnés par les médecins affluaient vers lui. Sa résidence était une seconde Lourdes.
        Antoine les guérissait, les traitait au moins par la prière et l'imposition des mains, à la manière des "Scientistes chrétiens". Il avait érigé un temple pour ses croyants. C'est là qu'il accomplit ses prières et qu'un magazine hebdomadaire est imprimé, qui proclame ses principes. Il y a quelques mois, les "Antoinistes" ont envoyé une pétition à la Chambre belge pour obtenir la reconnaissance de leur secte. Il a été signé par 100 000 personnes.
        Lundi, Antoine a eu une attaque. Immédiatement, ses disciples se précipitèrent dans des manteaux de prêtre étranges et courts, et avec de grands chapeaux jusqu'à son lit de malade, où il leur parlait encore. Il est décédé mercredi. Il a également exprimé le désir que sa femme lui succède. En effet, après sa mort, une note dans le temple annonçait que "Mère" avait repris sa mission.
        Avant qu'Antoine ne devienne prédicateur, ce qu'il fit d'abord à un âge avancé, il travailla à l'usine sidérurgique de Cockerill et dans l'assurance. On dit qu'il laisse un bien de 80 000 francs. Pourtant, il a toujours vécu modestement.


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