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  • Antoinistes français au temple de Jumet le 23 juillet 1994


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  • "PAYS NOIR" (EXTRAIT DE LA BELGIQUE)

    Il faut voir du haut des "terris" de Monceau ou de Couillet le fourmillant panorama des usines qui, de toutes parts et sans interruption, se succèdent jusqu'au fond des horizons, pour saisir la prodigieuse vitalité de ce coin de la Belgique. Si pendant le jour la variété et l'originalité du tableau s'émoussent un peu dans la monotonie d'un incessant nuage de fumées, brouillant les perspectives sous un pâle crépuscule de suies où les formes s'atténuent, l'âme de cette immense forge se fait, en revanche, clairement sentir aux ténèbres embrasées de la nuit. Comme des chapelles, les hautes façades des charbonnages allument leurs fenêtres en rouge: échancrures sur les noires tentures de l'espace. Les fours à coke disséminés çà et là ressemblent à des escadres vomissant la mort et le feu par leurs sabords. Et, pareils à des torchères, les gueulards des hauts fourneaux échevèlent des crinières ardentes que le vent tord à pleins poings. Un cercle de flammes ceinture l'horizon où, comme un firmament de soleils écarlates, fulgurent partout des cratères, élançant leurs gerbes jusqu'au scintillement effacé des étoiles. Chaque fois qu'une de ces énormes langues de feu darde des profondeurs de l'usine, le ciel s'éclabousse d'une traînée de pourpre, comme si le sang d'un monstre immolé rejaillissait jusqu'à lui. Couillet, Châtelineau, Montigny, Monceau, Marchiennes, Lodelinsart, Marcinelle sont autant de soupiraux de fournaises ouverts sur l'espace, et leurs réverbérations font passer à travers l'amas oscillant des fumées comme le frisson et la phosphorescence d'un éclair. En tous sens la nuit s'attise de rougeurs, revêt une illumination d'aurore boréale, s'embrase de furtifs incendies qui suspendent dans l'air des gloires d'apothéoses; et, par grandes pluies, des vols de flammèches tournoient et s'abattent sur le sol, accrochant comme des clous de rubis aux pans de l'étendue, après avoir décrit des orbes, des moulinets et des astragales qui, sur le noir plafond d'azur, étincellent en un prodigieux Mané, Thécel, Pharès (*).

    (*) Mané, Thécel, Pharès: il s'agit d'une prophétie de ruine imminente. Dans la Bible (Livre de Daniel), un doigt mystérieux écrit sur le mur, à la fin d'un festin chez le roi chaldéen Balthazar, ces trois mots qui signifieraient "pesé, compté, divisé". Daniel l'interprète comme la menace de la fin du royaume de ce roi, ce qui fut le cas. L'expression a été utilisée assez souvent en littérature, notamment chez Verlaine et Proust.

    Camille Lemonnier, La Belgique
    source : http://www.restode.cfwb.be/francais/_ARTS/Divers/HAINAUT/08Lemonnier.htm


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  • JUMETZ, commune du canton et à 1 lieue 1/4 S. S.O. de Gosselies, de l'arrondissement et à 1 lieue 1/3 N. O. de Charleroy, et à 8 lieues E. du chef-lieu de la province.

    Elle est bornée au N. par Gosselies, à l'Е. par Ransart, au S. par Lodelinsart, et à l'О. par le Roux.

    Cette commune se compose de son chef-lieu situé à l'extrémité septentrionale du territoire, sur la gauche de la chaussée de Charleroy à Bruxelles, et des hameaux de Trieu-Charlier, Sart-le-Moine, Spinoy, Saint-Rochi, Pont-Bergerond, Quareille, Guasiette, Montagnard, Pavé, Notre-Dame-au-Bois, Notre-dame-de-Tongres, Carrosse, Traux, Mallaver, Marine (la), Bois-d'Elville, Houblois, Lagasse, Heigne, Garde-de-Dieu, Fond-Bourguignon, Goysaux, Coupe, Bayement, Altrée, Trien-Monchon, Amendes, Bruante et Bruyère-de-Haine.

    Hydrographie : Les ruisseaux qui circulent sur ce territoire sont formés par les eaux que l'on extrait des houillères ou qui descendent des coteaux ; ils sont peu importans et se trouvent à sec pendant l'été.

    Sol : Le terrain, assez uni vers l'Е., est très-montueux sur tous les autres points. Il est argileux, sablonneux et humide ; la couche végétale varie de 5 à 10 pouces de profondeur. On y trouve la houille feuilletée, le psammitemicacé, schistoïde et calcaire, et le poudingue psammitique.

    Agriculture : Le froment, le seigle, l'escourgeon, l'épeautre, l'avoine, les féveroles, le trèfle, le foin, les pommes de terre et les légumes sont les principales productions de cette commune. On y cultive très-peu de plantes oléagineuses. Les bois occupent un cinquième de la surface ; leur essence consiste en chênes, charmes, bouleaux, aunes et noisetiers ; on les coupe à dix-huit ans. — On élève des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons. — Fréquentation du marché de Charleroy.

    Population : Six mille cinq cent vingt huit habitans.

    Habitations : Il y a mille vingt-cinq maisons. On y remarque un ancien prieuré et plusieurs maisons bien bâties. Trois écoles primaires dont une, pour les filles, est tenue par les sœurs de Notre-Dame.

    Commerce et Industrie : On trouve à Jumetz plusieurs verreries très-importantes où l'on fabrique du verre blanc, du verre commun et des bouteilles ; huit brasseries, des distilleries, une tannerie et quatre moulins à farine dont trois sont mus par le vent. L'extraction et le transport de la houille, la verrerie et la clouterie sont les principales branches d'industrie. Tous les ans, pendant l'été, un assez grand nombre de briquetiers émigrent avec leurs familles et vont exercer leur profession dans l'intérieur du pays.

    Routes et Chemins : Elle est traversée dans son plus grand diamètre par la route de Charleroy à Bruxelles, et dans la partie occidentale par une chaussée qui conduit aux houillères de la société d'Amercœur.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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