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fernand delcroix

L'arrivée à Paris d'un pèlerinage antoiniste (Excelsior 26 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

 Excelsior 26 octobre 1913 - page de titre

Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2

 

Dimanche 26 octobre 1913

UN PÈLERINAGE ANTOINISTE

La “Mère”
vient opérer
à Paris

Avec quatre cents adeptes, la veuve
d'Antoine le Guérisseur est arrivée
hier, à Paris, pour inaugurer le
le temple de la rue Vergniaud.

    Décidément, la concurrence n'épargne personne, même pas les guérisseurs.
    Ceux-ci se multiplient, et pour un qui disparaît, dix nouveaux surgissent. Aussi des « précurseurs » dans la profession sont-ils obligés de faire maintenant de la propagande active, et même de se déplacer pour se créer des ramifications et fonder pour ainsi dire des succursales.
    Antoine le Guérisseur, qui mourut le 25 juin 1912, à Jemeppe-sur-Meuse, près de Liége, avait su faire de nombreux adeptes, — plus de trente mille – qui croient aveuglément en sa puissance et qui lui attribuent un pouvoir divin.
    Le culte de ce guérisseur s'est propagé très rapidement en France, et c'est ainsi que j'ai rencontré, en pleine dans un simple hameau du nom de Biollay, un temple antoiniste où une centaine de croyants viennent tous les dimanches entendre la lecture du « Grand Livre de la Révélation », et contempler « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
    Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » – c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte – avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
    Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
    L'inauguration de ce temple est un événement d'autant plus considérable, que la veuve du « Désincarné » a voulu venir l'inaugurer en personne.
    Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut des forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs, s'étaient réunis, hier, vers deux heures et demie, à la gare du Nord, pour attendre le train spécial amenant de Belgique la Mère et quatre cents pèlerins.
    A deux heures cinquante, le convoi entra sous l'immense hall. De tous les wagons de troisième se précipitèrent des adeptes vêtus comme ceux qui les attendaient à la sortie. D'un compartiment de seconde, la Mère, qu'aucun signe extérieur ne pouvait faire distinguer du reste des adeptes, descendit, accompagnée de M. Derégnancourt, qui est le grand prêtre du culte antoiniste, ou plutôt le président du Conseil d'administration.
    Sans de moindre apparat, la veuve du « Désincarné » gagna la sortie ; mais lorsqu'elle arriva au bout du quai, des sanglots éclatèrent : certaines adeptes parisiennes n'avaient pu retenir leur émotion en voyant la Mère qui tomba, pendant quelques secondes, dans une sorte d'extase.
    Le cortège des Antoinistes se dirigea alors vers le souterrain du Métropolitain, où un train spécial les attendait pour les conduire jusqu'à la station Corvisart. Dans la salle des Pas-Perdus, un homme à la haute stature, portant un petit bagage à mains, cherchait à s'échapper du flot antoiniste : c'était M. Ribot, le sénateur du Pas-de-Calais, qui s'efforçait de gagner son compartiment, et qui refusait obstinément de prendre les petits billets jaunes ou verts que lui tendaient en passant les Antoinistes.
    Chaque pèlerin était, en effet, muni d'un stock considérable de petits morceaux de papier portant la suscription suivante :

CULTE ANTOINISTE
    Frères, Mère Antoine consacrera au nom du Père le nouveau temple antoiniste de Paris, rue Vergniaud (XIIIe).
    La cérémonie aura lieu demain 26 octobre, à 10 heures. A cette occasion, Mère recevra les malades tous réunis dans le Temple comme Elle le fait à Jemeppe-sur-Meuse.
    Recevez, chers frères, toutes nos bonnes pensées.
                                            Le Conseil d'administration du Culte Antoiniste.

    A la station Corvisart, les Antoinistes quittèrent le Métro, et se formant en cortège, ils gagnèrent leur temple par le boulevard Auguste-Blanqui et la rue Vergniaud.
    Lorsque la Mère fut arrivée sur le seuil du temple, un adepte présenta à la foule « l'Arbre de la Science de la Vue du Mal ».
    L'intérieur de ce nouveau temple est analogue à celui de Jemeppe, mais en plus petit. Une chaire est adossée au mur, sur lequel on lit le précepte fondamental de la croyance antoiniste : « Un seul remède peut guérir l'Humanité : la Foi, etc... »
    C'est là que ce matin la Mère « opérera » les malades par sa seule présence. Cela est certainement moins dangereux que de leur prescrire des drogues ou des incantations comme les rebouteux ou les sorciers. Mais au point de vue médical, cela ne vaut peut-être pas mieux. – HENRY COSSIRA.

Excelsior, 26 octobre 1913

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On inhuma hier Antoine le Guérisseur (Excelsior, 1er juillet 1912)

Publié le par antoiniste

On inhuma hier Antoine le Guérisseur (Excelsior 1 juillet 1912)

 

LES FUNERAILLES D’UN PROPHETE

On inhuma hier
Antoine le guérisseur

A Jemmapes-sur-Meuse, les antoinistes
ont conduit au cimetière le
fondateur de leur religion.

    LIÉGE, 30 juin (De notre envoyé spécial, par téléphone). — Ce fut seulement avant-hier soir vendredi que la dépouille mortelle du « désincarné », qui a été inhumée aujourd’hui, fut mise dans sa modeste bière de sapin verni. Jusque-là, depuis le moment où il rendit le dernier soupir, c’est-à-dire depuis mardi matin. Antoine le Guérisseur était resté exposé au pied de la chaire de son petit temple qu’il fonda, voilà deux ans, à Jemmapes-lès-Liége.
    Lorsque ce matin je suis arrivé dans cette ville, j’ai trouvé, stationnant devant le portail du temple antoiniste, 200 à 300 personnes, toutes de noir vêtues, les hommes de longues redingotes comme celles des clergymen, mais coiffés de haut de forme à bords plats, les femmes ressemblant assez à des « nurses » anglaises qui auraient substitué des voiles de crêpe à leurs parements en lingerie. Cette tenue n’était autre que celle prescrit par le père Antoine pour ses adeptes.
    Avec la foule des prosélytes, je fus admis à défiler devant le catafalque qui, dressé dans le temple, était entouré d’arbustes et gardé par une dizaine d’initiés, paraissant, sous les regards verdâtres des vitraux, de lugubres statues.
    Après avoir salué le cercueil du Guérisseur, les adeptes étaient admis à défiler devant la « Bonne Mère », épouse du père Antoine, désignée par lui pour lui succéder. Silencieusement, nous gravîmes un petit escalier en bois, fort étroit, et nous pénétrâmes dans un logement simple, très confortable et très méticuleusement entretenu. Dans une chambre, debout au pied d’un lit recouvert d’andrinople rouge, une femme en cheveux blancs, grande et maigre, se tenait, les mains croisées.
    C’était la « Bonne Mère », qui priait près du lit où expira son époux.

Le “Guérisseur ” est conduit à
sa dernière demeure

    Un peu avant 3 heures 30, on ferma les portes du temple, et les Frères Antoinistes transportèrent le catafalque sous le porche, tandis qu’à l’extérieur 12.000 à 15.000 personnes, que les trains de Liége ne cessaient d’amener, se pressaient les unes sur les autres, au point de s’étouffer. Le défilé recommença. Dans le temple, des non-invités, montés sur le bord d’une fenêtre, recueillaient, dans une corbeille qu’ils agitaient au-dessus des têtes, les cartes de ceux qu’ils ne pouvaient atteindre.
    A 3 heures précises, le Frère directeur Delaunay fit un signe. Précédé du Frère porte-arbre, le lecteur du dimanche, M. Delcroix — qui entre temps est professeur à l’Athénée de Liége – s’avança au milieu de la foule et se mit à lire tout haut les préceptes de la Révélation.
    Puis, sur un nouveau signe du Frère directeur, douze initiés saisirent le cercueil recouvert d’un drap vert sur lequel se détachaient en lettres blanches ces mots : « Culte antoiniste ». Lentement, les douze hommes, qui, par humilité, attachaient obstinément leurs regards sur le sol, se mirent en marche, guidés par l’Arbre de la Science du bien et du mal. Derrière eux venaient, avec les deux fils d’Antoine le Guérisseur, le Frère Dérégnaucourt, homme au crâne luisant et à la barbe vénérable qui, en quelque sorte, est le grand prêtre de l’antoinisme, et derrière lui marchaient, ou plutôt glissaient, en nombre considérable, drapées dans leur sombre costume, les sœurs antoinistes qui, pour la plupart, suffoquaient de douleur.
    Se frayant péniblement un chemin à travers la foule, le noir cortège fit tout le tour de la ville pour arriver au cimetière, dont les murs étaient couverts de grappes humaines. On avait fermé les grilles. Lorsque le cercueil entra dans le champ de repos, on ne laissa pénétrer que les seuls antoinistes revêtus du costume. Mais la ruée fut telle que des femmes et des enfants se trouvèrent mal, sans que l’esprit du Guérisseur pût les protéger.
    Déjà le cercueil d’Antoine le Généreux, était au bord de la fosse commune, où, sur son désir, on allait enfouir sa mortelle dépouille. Le lecteur recommença les litanies, et, quand il eut fini et que les fossoyeurs eurent descendu la bière au fond du trou, le Frère Dérégnaucourt s’approcha de la fosse en criant : « Notre Père Antoine n’était pas un grand seigneur, mais notre dieu qui s’est désincarné et n’a jamais cessé d’être parmi nous ! » — HENRY COSSIRA.

Excelsior, 1 juillet 1912

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L'enterrement d'un apôtre (Le Messin, 2 juillet 1912)

Publié le par antoiniste

L'enterrement d'un apotre (le Messin 2 juillet 1912)

    L’ENTERREMENT D’UN APOTRE

    Antoine le Guérisseur, que ses adeptes appelaient aussi Antoine le Généreux, a été inhumé, avant-hier, dans la localité où il exerçait sa mission et son culte, à Jemeppes-sur-Meuse, province de Liège. Aux « antoinistes » du pays étaient venus se joindre nombreux des membres des autres communautés de Belgique.
    Le corps du prophète défunt, qui avait été exposé plusieurs jours dans le temple où il prêchait et imposait les mains aux malades, a été accompagné au cimetière par un cortège évalué à quinze mille fidèles, dont beaucoup donnaient les signes de la plus vive douleur. Le cercueil, porté par douze hommes de la communauté, était précédé d’un tronc d’arbre figurant l’arbre de la science du bien et du mal, que portait l’un des plus qualifiés adeptes de l’antoinisme, M. Delcroix, professeur à l’athénée de Liège.
    Ainsi qu’Antoine l’avait prescrit, ses restes ont été enterrés dans la fosse commune. 

Le Messin, 2 juillet 1912

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Statuts du Culte Antoiniste (1922)

Publié le par antoiniste

Statuts du Culte Antoiniste (1922)

Statuts du Culte Antoiniste
dans le Recueil des circulaires, instructions et autres actes émanés du Ministère de la Justice (Année 1922)

 

Culte antoiniste, établissement d'utilité publique, à Jemeppe-sur-Meuse. — Statuts.

Devant Me Justin Lapierre, notaire à Jemeppe-sur-Meuse.

A comparu :

Mme Jeanne-Catherine Collon, sans profession, née à Jemeppe-sur-Meuse le vingt-six mai mil huit cent cinquante, veuve de M. Louis-Joseph Antoine, connue sous le nom de Mère Antoine, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse.

Laquelle a déclaré que feu son mari, connu sous le nom de Père Antoine, a fondé en mil neuf cent dix la religion antoiniste.
Qu'à sa mort, survenue le vingt-cinq juin mil neuf cent douze, il l'a désignée pour le remplacer.
Que, depuis lors, la religion nouvelle n'a cessé de se développer, que le nombre de temples s'est élevé de deux à seize en Belgique, que le nombre des adeptes est actuellement de plusieurs centaines de milliers.
Que la comparante, voulant assurer l'existence et la perpétuité du culte antoiniste, a décidé de créer conformément à la loi du vingt-sept juin mil neuf cent vingt et un, un établissement d'utilité publique dont elle a fixé les statuts comme suit :

Art 1er L'établissement est dénommé : Culte antoiniste, et a son siège à Jemeppe-sur-Meuse.
Art. 2. L'établissement a pour objet la propagation de la religion antoiniste et l'administration des temples et des biens temporels qui lui sont donnés par le présent acte ou qui lui seront donnés ou légués dans l'avenir.
Art. 3. La Mère Antoine porte le nom de représentant du Père, elle désignera en temps opportun son successeur, qui portera le même titre.
Dans le cas ou au décès du représentant du Père, son successeur ne serait pas désigné ou, en tout autre cas de vacances, le conseil d'administration y pourvoira.
Art. 4. Le représentant du Père est le chef de la religion antoiniste, il en a la direction religieuse et morale, il désigne les desservants et les lecteurs des temples, il reçoit la correspondance.
Art. 5. Les desservants antoinistes sont chargés de recevoir au nom du Père tous ceux qui ont besoin d'être éclairés et réconfortés par la foi, ils ne peuvent recevoir ni allocations du gouvernement ni rémunérations des visiteurs.
Art. 6. L'administration de l'établissement est conférée à un conseil d'administration qui se compose du représentant du Père et de huit membres, qui sont actuellement :

1. M. Nihoul, Narcisse, président, propriétaire, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse, de nationalité belge.
2. M . Delcroix, Ferdinand, secrétaire, professeur, demeurant à Seraing-sur-Meuse, de nationalité belge.
3. Mme Crèvecœur, Emma, veuve Florian Deregnaucourt, trésorière, sans profession, demeurant à Jemette-sur-Meuse (sic), Belge.
4. Mme Marie Schouleur, sans profession, épouse de M. Dessart, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse, de nationalité belge.
5. M . Joseph Lejaxhe, surveillant de mines, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse, de nationalité belge.
6. M . Léopold Monet, tourneur, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse, de nationalité belge.
7. M . Julien Musin, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse, de nationalité belge, et
8. M . Gustave Stalmans, chef d'atelier, demeurant à Seraing-sur-Meuse, de nationalité belge.

Tous ici présents qui acceptent.

Le conseil d'administration se renouvellera partiellement tous les ans par la sortie d'un membre qu'il pourra réélire ou remplacer. Les conseillers sortiront dans l'ordre indiqué ci-dessus et les nouveaux mandats seront de huit ans.
Le représentant du Père est inamovible.
Les décisions seront prises à la majorité des voix; en cas de parité, celle du représentant du Père est prépondérante.
Art. 7. Le conseil d'administration a les pouvoirs les plus étendus pour la gestion des affaires de l'établissement; il en gère les revenus, il nomme et révoque les employés de la communauté; il décide :
a) de la construction des temples et de leur entretien; b) de toutes publications et impressions, il administre l'imprimerie, réglemente la vente et la distribution des livres.
Art. 8. Le conseil se réunit de droit le premier dimanche de janvier après la cérémonie, il statue sur le compte des recettes et dépenses de l'année écoulée et sur le budget de l'année en cours, il procède à l'élection du bureau qui se compose d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier, nommés pour un an et toujours rééligibles.
Art. 9. Le conseil se réunit sur convocation écrite du président chaque fois que les affaires de la communauté l'exigent.
Art. 10. Le président est chargé de l'exécution des décisions prises par le conseil d'administration, il agira en justice au nom de la communauté soit en demandant, soit en défendant, il convoque les séances du conseil, les préside, signe les procès-verbaux qui sont inscrits sur un registre, instruit préalablement les affaires qui doivent être soumises au conseil.
Art. 11. Le secrétaire rédige lès procès-verbaux et les pièces de la correspondance officielle et remplace le président en cas d'absence.
Art. 12. Le trésorier effectue les recettes de la communauté et acquitte les dépenses ordonnées par le président sur mandats réguliers.
Il établit annuellement le compte des recettes et des dépenses et le présente au conseil d'administration à la séance du premier dimanche de janvier.
Il dresse également le projet de budget pour l'exercice suivant et le soumet au conseil, il est tenu de laisser constater l'état de la caisse lorsqu'il y est invité par le conseil ou par le président.
Art. 13. Le culte antoiniste étant basé sur la foi et le désintéressement ne peut disparaître.

Toutefois, si l'établissement d'utilité publique, créé par moi, venait à perdre la personnalité civile, ses biens seraient affectés par le gouvernement à une destination se rapprochant autant que possible de l'objet en vue duquel l'institution a été créée.

 

Affectation de biens.

Voulant assurer l'existence de l'établissement d'utilité publique qui vient d'être créé ci-dessus, ont comparu et sont intervenus aux présentes :

1. La comparante ci-dessus nommée, dame Jeanne-Catherine Collon, veuve de Louis-Joseph Antoine.
2. M . Narcisse-Louis-Joseph Nihoul, propriétaire, né à Engis le dix-huit mars mil huit cent soixante-quatre, époux de dame Henriette Demoulin, ménagère, née à Horion-Hozémont le premier février mil huit cent soixante-cinq, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse.
3. Mme Marie-Emma-Louise-Joséphine Crèvecœur, sans profession, née à Orp-le-Grand le quatre juillet mil huit cent soixante-quatre, veuve de M. Jean-Florian Deregnaucourt, demeurant à Jemeppe-sur-Meuse.
4. M . Emile Duret, ouvrier carrier, né à Silly le vingt-trois février mil huit cent septante-trois, et son épouse qu'il assiste et autorise : dame Julie-Emilie Castermant, ménagère, née à Ecaussinnes-d'Enghien le treize janvier mil huit cent septante-huit, demeurant ensemble à Ecaussinnes-d'Enghien.
5. Mme Mathilde Maréchal, ménagère, née à Montegnée le treize mars mil huit cent septante-neuf, veuve de M. Emile-Jean-Joseph Elskens, demeurant à Montegnée.
Et sa fille :
Dame Marie-Catherine-Joséphine Elskens, ménagère, née à Montegnée le vingt-huit août mil huit cent nonante-six, épouse assistée et autorisée de M. Léon-Louis Daniel, comptable, né à Ans le trois juin mil huit cent quatre-vingt-sept, demeurant ensemble à Montegnée.
6. A. M. Gilles-Joseph-Alfred Lefebvre, marchand de houille, né à Hermalle-sous-Huy le vingt-un mars mil huit cent septante-neuf, veuf en premières noces de Marie-Anne-Joseph David et époux en secondes noces de dame Joséphine-Marie-Scholastique David, née à Bierset le vingt-huit mai mil uit (sic) cent quatre-vingt-sept, demeurant à Bierset.
B. M. Noël David, marchand de chevaux, né à Velroux le trois avril mil huit cent cinquante-six, époux de dame Mélanie-Marie-Jeanne Melin, ménagère, née à Bierset le dix-huit décembre mil huit cent cinquante-six, demeurant à Bierset.
C. M. Jean-Joseph Gysens, ouvrier d'usine, né à Awans le trois août mil huit cent quatre-vingt-un, époux de dame Marie-Catherine David, ménagère, née à Bierset le vingt-quatre décembre mil huit cent quatre-vingt-deux, demeurant à Hollogne-aux-Pierres.
7. M. Gustave-Joseph Bodson, ouvrier, né à Namur le vingt-cinq septembre mil huit cent soixante-huit, époux de dame Emérence-Martine Briquet, ménagère, née à Dison le vingt-sept septembre mil huit cent septante-deux, demeurant à Verviers.
8. A. M. Jean-Baptiste-Jacques-Edouard-Joseph Bracard, ébéniste, né à Chaineux le quinze juin mil huit cent septante-sept, demeurant à Dison.
B. M. Armand-Joseph Gohy-Halleux, cultivateur, né à Stembert, le douze novembre mil huit cent quatre-vingt, demeurant à Stembert.

Lesquels déclarent affecter à la création du dit établissement, conformément à l'article 27 de la loi du vingt-sept juin mil neuf cent vingt et un, et lui transférer en pleine propriété les biens suivants, savoir :

Mme veuve Antoine-Collon :

Commune de Jemeppe-sur-Meuse.
Une propriété comprenant : maisons, temple, imprimerie, remise, jardins, sise à l'angle des rues du Pois-de-Mont (sic) et des Tomballes, reprise au cadastre section A, nos 292i3, h3, n3, q3, r3, s3, k3, 13, m3, s, a3, f3, g3, p3, pour une contenance de seize ares vingt-cinq centiares joignant les dites rues Hintzen-Longrée, Quitis-Hanusset, Hodeige-Mélon et Hodeige-Dessart, Lheureux-Huskin, Bruneel-Massillon.

Commune de Jupille.
Un temple, sis rue Charlemagne, repris au cadastre section A, n° 454t2, pour une contenance de cinq ares treize centiares, joignant Moreau Robert, Gérard Rasquinet, la rue et Moreau Robert, la veuve et enfants.

Commune de Jumet.
Un temple, sis rue Destrée, repris au cadastre section D, n° 293v53, mesurant un are soixante-deux centiares, joignant à la dite rue Jules Destrée et Mlle Sylvie Dambremez des trois autres côtés.

M. Narcisse-Louis-Joseph Nihoul-Demoulin :

Commune de Seraing-sur-Meuse.
Une maison et temple, sis rue de Tavier, n° 2, repris au cadastre section B, n° 507s, pour une contenance de trois ares cinquante-cinq centiares, joignant les rues de Tavier et de la Colline dont il forme l'angle et la société coopérative « L'Union coopérative ».

Commune de Visé.
Maison et temple, sis rue de l'Allée Verte, repris au cadastre, section A, n° 335t, pour une contenance de cinq ares cinquante centiares, joignant Paquay, Jacques; Mouton, Marie-Emilie-Henri et la rue de Visé, à Liège.

Commune de Momalle.
Une maison, temple et jardin, sis en lieu dit Momalle-Village, reprise au cadastre section A, nos 301c et 304k, de quatorze ares trente-cinq centiares, joignant Renkin, le chemin de Momalle à Hodeige, Moermans-Lacomble, Mondy-Hanson et un biez.

Commune de Villers-le-Bouillet.
Un temple, sis en lieu dit Cabaintes, repris au cadastre section B, n° 1203k, pour une contenance de deux ares vingt centiares, joignant Lekeu-Botroux et Lekeu-Duchesne, Thion-La-Croix, la rue d'Ampsin à Villers-le-Bouillet.

Commune de Forest lez-Bruxelles.
Un temple, sis boulevard Guillaume Vanhaelen, repris au cadastre section A, n° l00k, pour une contenance de trois ares soixante centiares, joignant Deppe-Beaufort, Vanham-Mouton et Mouton-Deman.

Commune de Souvret.
Un temple, sis rue de Fontaine, repris au cadastre section B, n° 753n3, pour une contenance de trois ares vingt centiares, joignant Denamur-Basin, Remy-Lapage, Dehon-Stumpart, Leclercq-Debande et le chemin.

Mme veuve Deregnaucourt-Crèvecceur :

Ville de Liége (Nord).
Un temple, sis rue Hors-Château, repris au cadastre section C, n° 300h, pour une contenance de cent quarante mètres carrés, joignant Dumoulin-Delogne, la Montagne de Bueren et la rue Hors-Château, dont il forme l'angle.

Commune de Herstal.
Une maison, formant temple, sise rue du Chou, reprise au cadastre section C, n° 905k, pour une contenance de quatre ares trente centiares, joignant la rue Dupont-Sauveur, Pitti-Vercheval et Saroléa-Wilmet.

M. Emile Duret et son épouse dame Julie-Emile Castermant :

Commune d'Ecaussinnes-d'Enghien.
Une maison-temple, sise lieu dit Pavé de Braine, reprise au cadastre section A, n° 562f, pour une contenance de septante mètres carrés, joignant la rue Pavé d'Ecaussinnes, le chemin de fer de l'Etat, Dumonceau-Pourtois.
Et la nue propriété d'une maison et une terre, sise même lieu, reprise au cadastre section A, nos 562g et 562e, pour une contenance de neuf ares trente centiares, joignant le Pavé d'Ecaussinnes, le temple ci-dessus, le chemin de fer de l'Etat et Dumonceau-Pourtois.
Les époux Duret se réservant l'usufruit de cet immeuble jusqu'au dernier vivant d'eux.

Mme veuve Elskens-Maréchal et sa fille Mme Daniel :

Commune de Montegnée.
Les parts leur appartenant dans un temple d'une contenance d'environ cent mètres carrés, sis rue des Mavis, repris au cadastre section A, partie des nos 55w et 55x, joignant la rue Massart-Maréchal et la famille Elskens-Maréchal.

MM. Lefebvre, David et Gysens :
Un temple, sis à Bierset, en lieu dit rue Chaussée de Liège, repris au cadastre section A, n° 398k, pour une contenance de soixante mètres carrés, joignant Parmentier-Hanson, David-Mélin et Lefebvre-Gilles et le chemin de Waremme à Liège.

M. Gustave Bodson-Briquet :

Ville de Verviers.
Un temple, sis rue des Jardins, repris au cadastre section A, n° 22v4, pour une contenance de quatre ares septante-quatre centiares, joignant Dombret-Laplanche, la rue des Jardins, la rue du Paradis et Hurlet.

M. Bragard :

Commune de Stembert.
Un temple, sis en lieu dit Campagne de Bronde, repris au cadastre section B, n° 164k, pour une contenance de nonante mètres carrés, joignant Gohy-Halleux, le chemin du Cerisier.

M. Gohy :

Ce dernier déclare renoncer à tous les droits de propriété quant à la citerne qui est construite sous le temple ci-dessus affecté par M. Bragard, droits qu'il s'était réservé dans l'acte de vente avenu devant Me Jaminet, ci-dessus rappelé.
Tant que cette citerne existera, M. Gohy aura le droit de puiser l'eau par la pompe existant actuellement pour ses besoins.

M. Narcisse Nihoul, outre les immeubles qu'il a affectés ci-dessus, affecte les suivants :

Un temple, sis à Vichy (France), rue Bargoin, d'une superficie de trois cent soixante mètres carrés.
Et un autre temple, sis à Tours (France), rue d'Ambroise, d'une superficie de trois cent nonante-six mètres carrés.

 

Situation hypothécaire.

Tous les affectants ci-dessus déclarent que les biens par eux affectés sont entièrement libres de charges.
Tous les titres de propriété ont été remis à Mme veuve Antoine, comparante, qui le reconnaît, à l'exception toutefois du titre de Mme veuve Elskens-Maréchal et de ses enfants qui l'a conservé à charge d'en aider s'il était besoin le culte antoiniste.
Dont acte, fait et passé à Jemeppe-sur-Meuse, dans la demeure de Mme veuve Antoine, l'an mil neuf cent vingt-deux, le quinze janvier.
Vu pour être annexé à Notre arrêté du 3 octobre 1922. N° 10042s.

(Signé) ALBERT.

 

Par le Roi :
Le Ministre de la Justice,
(Signé) MASSON.

 

(Recueil des actes des associations sans but lucratif, 1922, p. 967.)

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L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste (Excelsior, 26 octobre 1913)

Publié le par antoiniste

Excelsior 26 octobre 1913 . L'arrivée à Paris d'un pélerinage antoiniste

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Réception de Robert Vivier

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[…] La bonté, c'est elle qui règne sur vos quatre romans. Délivrez-nous du mal est le titre caractéristique de l'un d'eux. C'est l'histoire d'Antoine le guérisseur, fondateur de ce culte qui connut quelque importance au pays de Liège et qui s'étendit jusqu'en France. Roman de la foi, car il y a mieux que de la crédulité dans cette réunion des affligés autour d'un être simple qui prétend les guérir en élevant leurs âmes, et qui pour cela leur commande de s'aimer les uns les autres et aussi de ne pas voir le mal. Ne voir nulle part le mal : c'est peut-être à cause de ce précepte que vous vous êtes pris pour l'antoinisme de ce zèle de sympathie. Ni le mal, ni le risible. Pas un personnage méchant dans votre monde romanesque ; et même les ridicules y sont dessinés avec une tendresse qui se défend de trop visiblement sourire. Je n'en veux pour exemple que M. Delcroix. M. Delcroix était un antoiniste lettré, le théoricien du culte, dont il rédigeait les textes ou aidait le Père Antoine à les rédiger. Nous l'avons bien connu, vous et moi, car il fut notre professeur de troisième à tous deux. Je vous confesse que j'avais gardé de cet excellent homme, et du prêche antoiniste qu'il nous faisait au cours, un souvenir caricatural ; je ne pouvais le revoir qu'avec les mêmes égaiements cruels qui furent à ses dépens ceux de ma quinzième année. Or, de cet illuminé méconnu par les jeunes sots dont j'étais, votre livre trace, à petites touches exactes et douces, la plus attendrissante figure. Vous ne dissimulez ni les distractions comiques du personnage, ni les naïvetés de sa foi nouvelle, ni le dommage que fait dans sa famille son accès mystique, mais il y a dans votre manière d'approcher ces déformations d'une foi pure quelque chose de médical, un tact fait d'une connaissance profonde, et toujours, et avant tout, d'une grande bonté. Car vous avez perfectionné l'enseignement de notre professeur de troisième : vous voyez le mal, et vous aimez malgré le mal.

Délivrez-nous du mal est un des deux romans que vous avez marqués au signe du populisme. Vous avez adhéré à cette école, vous qui pouviez si bien ne vous réclamer que de vous-même. Mais ne sont-ce pas les originaux seuls qui peuvent sans risque accepter une doctrine d'école, parce que seuls ils ont la puissance de la façonner selon leur génie ? Pour m'expliquer le populisme de certains auteurs, j'ai parfois été tenté par cette hypothèse : c'est que pour un esprit pétri de raffinement s'il peut y avoir dans cette élection des milieux simples, d'ouvriers ou de petits bourgeois, quelque chose comme une délectation de dépaysement, une forme de l'exotisme. Mais chez vous en tout cas le populisme n'a pas cette origine esthétique et un peu suspecte. Vous aimez le peuple d'abord parce que vous le connaissez ; n'avez-vous pas vécu, pendant quatre ans, au contact du pauvre qu'était le soldat d'infanterie, n'avez-vous pas vous-même été ce pauvre ? Puis vous l'aimez parce que vous avez courageusement résolu d'aimer les hommes, et que le peuple est fait de l'immense majorité des hommes. Vous n'y apportez d'ailleurs aucun esprit de classe. Sans doute votre populisme est aristocratique, aussi peu populacier que possible ; on n'y voit pas de filles, de mauvais garçons, d'ivrognes ni d'hommes traqués ; on n'y parle pas l'argot, mais un français humble et pur, à la limite de nos patois, un doux français de frontière, d'ailleurs discrètement indiqué et que vous devez peut-être à votre sang de français « de l’intérieur » d'avoir pu si bien discerner et chérir ; et ce français fleurant un peu notre accent qui chante, les gens qui le parlent sont tous des êtres bons, même s'il sont leurs défaillances, et l'on aimerait vivre dans leur humanité. [...]

Réception de M. Robert Vivier le 10 mars 1951.
Discours de M. MARCEL THIRY
Bulletin de l'Académie Royale de Langue & Littérature Françaises,
Tome XXIX – N°1, Mars 1951, p.32

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Initiales des noms du public du temple.

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J. A. (Unitif 1911-1912, p.181-183)

B. (p.152, p.156, p.XXIX)

H. B. (Unitif n°2, p.7-16, Unitif 1911-1912, p.34-50) = Henri Bodin

M. B. (Unitif n°11, p.10-12, Unitif 1911-1912, p.153-155)

C. (p.165)

D. (p.1-3, p.57, p.68) = Ferdinand Delcroix (Unitif n°1, p.13-16, Unitif 1911-1912, p.13-18) ou Florian Deregnaucourt (Unitif n°1, p.6-8, Unitif 1911-1912, p.149) ou Pierre Dor ou Paul Delaunay ?

Desart (Unitif n°1, p.6-8 & p.11-13)

E. (p.73, p.135)

U. E. (Unitif n°11, p.2-4, Unitif 1911-1912, p.140-143)

F. (p.26, Développement, p.133-134, Unitif n°8, p.5-6) = Léon Foccroule ?

J. F. (Unitif 1911-1912, p.171-173) = Juliette Fréson d'après Debouxhtay (p.293)

J. G. (Démonstrations n°3, p.7) = Joséphine Guillaume, l'américaine ?

H. (p.4, Démonstrations n°3, p.44) = Henri Hollange ou un des Hoven

J. H. (Unitif n°3, p.14-16, Unitif 1911-1912, p.73-75, Unitif 1911-1912, p.174-177) = Groupe de Momalle = Joseph Hoven ?

M. H. (Unitif 1911-1912, p.178-180) = Mathieu Hoven ?

E. J. (Unitif n°9, p.11-15, Unitif 1911-1912, p.122-127)

L. (p.49, p.72, Développement p.64-66, Développement, p.177-181, Unitif n°6, p.2, (Unitif n°9, p.7-9) = Joseph Lejaxhe ?

R. L. (Unitif n°3, p.6-7, Unitif 1911-1912, p.58-60)

Léona (Unitif n°4, p.12-16, Unitif n°7, p.10-11, Unitif n°10, p.8-11, Unitif 1911-1912, p.80-85, Unitif 1911-1912, p.112-113, Unitif 1911-1912, p.128-132)

Louis (Unitif n°10, p.14-16, Unitif 1911-1912, p.137-139)

M. (p.28, p.77, p.119, Développement, p.95-97, Unitif n°6, p.15) = Léopold Monet ?, Julien Musin ?

A. M. (Démonstrations n°1, p.26-27)

M. M. (Unitif 1911-1912, p.113)

S. M. (Unitif n°11, p.6-8, Unitif 1911-1912, p.147-149)

Eliet Marchand (Unitif 1911-1912, p.55-57) = à Dinant

N. (Unitif n°8, p.14-16, Unitif 1911-1912, p.118-121) = Joseph ou Narcisse Nihoul

J. N. (Unitif n°11, p.8-10, Unitif 1911-1912, p.150-152, Unitif 1911-1912, p.168-170) = Joseph Nihoul

Noël (Unitif 1911-1912, p.51-54)

P. (p.90, p.133, p.149, Développement, p.147-148, Unitif n°8, p.10)

Ch. P. (Démonstrations n°1, p.9, Démonstrations n°2, p.38-39)

Baptiste Pastorelli (Unitif 1911-1912, p.18, Unitif 1911-1912, p.149)

R. (p.127)

L. R. (Unitif 1911-1912, p.7-9)

S. (p.36 & p.89) / J. S. (Unitif n°3, p.16) / J. Soyeur (Unitif 1911-1912, p.12) = J. Soyeur de Seraing

T. (p.21) = François Tinlot, l'architecte ?

J. T. (Unitif n°11, p.12-14, Unitif 1911-1912, p.156-159)

J. V. (Unitif n°11, p.4-6, Unitif 1911-1912, p.144-146)

Juliette Vittart (Unitif n°5, p.6-16, Unitif 1911-1912, p.86-100)

Vital (Unitif n°7, p.11-14, Unitif 1911-1912, p.114-117) = Vital Coutin

A. W. (Démonstrations n°2, p.5-9, p.14-17, p.24-26, p.29-35)


Et encore :
un adepte, l'adepte, un adepte du Père Antoine, un adepte encore novice,
un(e) antoiniste,
une soeur, un frère
un chrétien (Développement, p.190-192)
un visiteur,
un matérialiste (Unitif n°7, p.6-10, Unitif 1911-1912, p.106-111)...

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Le Porte-Arbre

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 Le Porte-Arbre

 

 

    C'est une fonction très enviée, qui est cumulé à celle de Lecteur. Elle fut remplie par un professeur de l'Athénée de Liége (le frère Fernand Delcroix).

(Photo issue de Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud, in Marianne du 6 janvier 1937).

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Influence de Ferdinand Delcroix sur l'évolution de Louis Antoine

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    En 1905, Antoine fit paraître le livre Enseignement, "travail collectif des adeptes et de leur chef". C'est ainsi que présente Fernand Delcroix, dans la Revue Spirite, l'ouvrage contenant des comptes-rendus de séances spirites. Il a été rédigé par Mme Decoeur, qui déclare dans la préface : "Je crois faire œuvre de solidarité confraternelle en donnant au public, au nom de la société 'Les Vignerons du Seigneur' un aperçu du travail de haute moralité qui s'effectue au sein de ses séances."
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.118
   Il ne faut pas confondre cette Mme Decœur, avec la femme de Florian Deregnaucourt, Emma est née Crèvecœur.

Enseignement, Mme Decoeur (exemplaire de la KBR)

dernière par du livre Enseignement, Mme Decœur (exemplaire de la KBR)


    En 1906, Fernand Delcroix intervient en faveur de Louis Antoine lors de la réunion de la Fédération spirite belge. (cf. p.122)
    C'est en voilant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme.
    Ces paroles visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.124

    Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec (nom d'un prêtre-roi évoqué dans l'Ancien Testament).
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

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Fer(di)nand Delcroix, adepte fervent

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Ferdinand Delcroix, adepte fervent

Illustration : à gauche, ici dans sa fonction de porteur d'arbre (Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud, in Marianne du 6 janvier 1937)

à droite, Athénée Royal de Liège, rue des Clarisses en 1954 (source : kikirpa)

    On a déjà reproduit sa longue contribution au premier numéro de l'Unitif, dans lequel il raconte son parcours. Voyons ses autres apports et d'autres précisions.

    Il fut spirite assez tôt, puisque ses parents eux-mêmes l'étaient : "Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Allan Kardec, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu. Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite." (Profession de foi dans le premier numéro de l'Unitif).
    Selon Régis Dericquebourg, il aurait été guérit par le prophète-guérisseur d'une laryngite qui l'empêchait de travailler à son poste de professeur. Cet épisode est conté par Robert Vivier. Grâce à cet auteur, on en sait plus également :
    Quand M. Decroix rencontrait à Jemeppe des frères occupés au colportage de l'Enseignement, il se sentait toujours traversé d'une brûlante nostalgie. Il aurait tant voulu faire comme eux, vivre le bon combat. Mais il était pris par sa profession, et il avait charge de famille. Il devait nourrir sa femme et ses trois enfants... Il est vrai que sa femme elle aussi était professeur, et touchait un traitement. Qui sait, la famille aurait peut-être de quoi vivre, avec le traitement de la mère et la petite pension qu'il toucherait, lui, si pour des raisons de santé par exemple, il lui arrivait de quitter son poste à l'Athénée...
    Il se voyait par les chemins, par les villages, chargé... Il était éloquent : la parole naissait facilement de son coeur.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.290

    Il était présent lors du premier procès, en 1900-01 : "Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin)." (Robert Vivier, p.266)
    Dans Pierre Debouxhtay, on lit : "Un de ces principaux disciples, F.Delcroix, déclara (en 1905) que son maître était "résolu à négliger les manifestations physiques et les médiumnités bruyantes, dont ailleurs on s'occupe un peu trop. Il aime mieux former les caractères". (p.115)(citation de la contribution de F. Delcroix dans la Revue spirite en décembre 1905, annonçant la sortie du premier Enseignement). La même année, il publie dans la Meuse un autre texte de soutien pour faire connaître le travail d'Antoine le Guérisseur. Il est critiqué par plusieurs délégués liégeois lors du Congrès spirite de 1906.
    Il assiste avec Henri Hollange au moins à un Comité fédéral du Congrès spirite liégeois au mois de mai 1905 encore (cf. Debouxhtay, p.117), justement pour expliquer l'absence de Louis Antoine. En juin, plus personnes des disciples d'Antoine n'assiste à la réunion du Comité fédéral. En juillet, ils envoient une lettre explicative, concernant le non versement de la cotisation. Pierre Debouxhtay émet l'hypothèse que Louis Antoine aura proposé de verser lui-même à la Fédération une somme forfaitaire, égale au total des cotisations qu'auraient dû verser ses disciples.
    Puis, d'après Pierre Debouxhtay (p.118), Fernand Delcroix aurait été à l'origine de la rupture d'avec les spirites en 1906. Mais l'auteur n'en dit pas plus. Dans une note de la page 124, il ajoute : "Ces paroles [c'est en volant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme] visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme". Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec.
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

    Il a beaucoup inspiré Robert Vivier (né en 1894) qui l'aurait eu comme professeur à l'Athénée royal de Liège ; Claudine Gothot-Mersch, dans son analyse des Editions Labor - Espace Nord, dit que la rencontre de Robert Vivier, en classe de troisième (Robert Vivier commence les Humanités à l'Athénée de Liège en 1905), avec le professeur Fernand Delcroix a été décisive pour l'intérêt de l'auteur pour l'antoinisme.
    Le premier chapitre (chapitre XI) de la troisième partie lui est presque entièrement consacré. A la fin, l'auteur le mets en face de doute concernant sa profession qu'il désire quitter pour être entièrement au service de la Révélation. Louis Antoine lui aurait répondu que l'école était son épreuve à supporter pour progresser (dans sa profession de foi, on lit "Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens.")

    Il serait détaché pendant un temps, notamment à cause de son refus concernant la robe (selon Régis Dericquebourg). Dans sa profession de foi, il dit : "Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an."

    On apprend chez Debouxhtay que le frère Fernand Delcroix corrigeait le texte des séances de médiumnités du Groupe des Vignerons, puisque en 1905, le livre Enseignement est présenté par lui-même comme une "travail collectif des adeptes et de leur chef".
    Puis avec l'aide Mme Desart, il corrige le texte révélé par Louis Antoine à la tribune de Jemeppe entre 1906 et 1909 : "Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue [...] Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle".
        "Quelquefois, c'était grâce à une question qu'on lui posait, soit de bonne foi, soit dans le dessein de le mettre dans l'embarras. Il devait se concentrer, examiner, chercher la réponse. Ou bien encore, pendant la révision des notes, lorsqu'avec M.Delcroix et Mme Desart il reprenait le texte ébauché, que de défauts lui apparaissaient. D'autres part, comme il était difficile d'accorder le fluide de deux personnes instruites, souvent menées à leur insu par l'intelligence, et ce fluide de foi et de simplicité qui était le sien..." (Robert Vivier, p.308)

    En 1910, il est décrit dans le premier Conseil d'administration du Temple (Boffy, p.39) en deuxième position : M. Delcroix, Ferdinand, secrétaire, professeur, demeurant à Seraing-sur-Meuse, de nationalité belge. Il est alors chargé de rédiger les procès-verbaux et les pièces de la correspondance officielle et remplace le président, Florian Deregnaucourt, en cas d'absence. (il y a un certain doute qui persiste quant à son prénom : son père s'appelait Ferdinand, mais il semble que lui s'appelait bien Fernand).

    C'est lui qui a été chargé de lire les Dix Principes devant le cercueil avant la mise en route du cortège, puis il lut quelques mots, tirés de l'avant-propos de l'Enseignement, avant que le cercueil soit descendu dans la fosse commune (Vivier, p.353-54).

    Il est encore cité à la position de secrétaire du culte en 1922 (Debouxhtay, p.311), Narcisse Nihoul en est alors le président. Né à Lize-Seraing le 24 juin 1865, il exerça son poste de professeur jusqu'en octobre 1925, où il dut prendre un congé pour motif de santé. Il se désincarne le 11 février 1926. Il sera enterré selon le rite antoiniste.


    Le Père disait au frère Delcroix en faisant la Révélation, "il y a trois sortes d'intelligence :
- l'intelligence, vue de la matière, qui, dans sa forme supérieure, est celle des savants ;
- l'intelligence de domination, qui, dans sa forme supérieur, est celle des grands monarques ;
- enfin l'intelligence, lucidité de la conscience, qui est celle que nous devons acquérir en passant par les deux premières."
    extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

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