• BONNES FEUILLES - Sans âme (L’Ère nouvelle, 19 janvier 1928)

    BONNES FEUILLES
    Sans âme

        ... Sans âme, par André Therive (Grasset, éditeur). Est-ce Huysmans, est-ce Tolstoï qu'il faut rappeler à propos de l'histoire de Julien Lepers, de l'ouvrière Lucette, de la danseuses Lydia ? et de tant d'autres personnages inoubliables ?

    III

        Le train avait passé Thieulecques ; avant d'arriver à la station de Saint-Achille, Julien aperçut, fort près de la voie, la sucrerie rouge de M. Drémoncourt, son oncle. Les bâtiments, la haute cheminée, la villa, tout flambait neuf, au milieu des champs pâles et sur un fond de bois dépouillés. Tout cela avait été dévasté par la guerre, reconstruit magnifiquement sur les toits éclatants, un jeu de tuiles faisait lire le nom de Ghislain Drémoncourt beaucoup plus fièrement qu'un drapeau.
        Le maître de ces lieux vint chercher son neveu à la gare. Il avait notablement vieilli depuis un an ; enflé, tassé, les yeux sanglants, mais la parole gaillarde. Sous des dehors si grossiers, c'était un esprit vif et curieux. Ancien pharmacien à Saint-Omer, où la société bien pensante lui rendit autrefois la vie intenable, on le disait prospère dans l'industrie, et sa vieillesse semblait son apogée. Mais il ne parlait pas de ses affaires. Deux passions fortes l'animaient encore : l'une politique et qui se devine ; l'autre d'exceller à la tapisserie. Il s'était brodé lui-même des pantoufles historiées, tantôt à ses initiales gothiques, tantôt au caducée ou au mortier de son ancienne confrérie. Il avait été marié, veuf de très bonne heure, coureur assez longtemps. A présent, il se contentait de son industrie et d'intrigues politiques, qui lui faisaient trouver dans les journaux une pâture savoureuse et variée. Il n'était même pas conseiller général ; il était faiseur de députés comme on fut faiseur de rois, en dédaignant un peu ses créatures. Bien moins riche d'ailleurs que son renom ne le voulait ; satisfait de faire peur à ses ennemis, envie à ses amis, et en cela de duper tout le monde à moitié. Gourmet à la mode d'aujourd'hui, gourmand aussi à la mode d'hier. Casanier depuis deux ou trois ans, il avouait avec amertume, au moins dans ses lettres, qu'il est sage de se détacher de la vie quand elle se détache de vous. Mais, en paroles, une pudeur le gardait de cette forfanterie plaintive.
        – Alors, il y a eu un drame demanda Julien, copieusement embrassé.
        – Oui, oui, je te raconterai. Mais, d'abord, que je te prévienne : il va nous arriver de Wazemmes les de Gouin pour déjeuner, après la messe. Deux parents, trois filles. Je me suis réconcilié par lettre avec eux ; ou eux avec moi. Enfin, mettons tous ensemble. Il n'y a pas tant d'occasions de faire la fête en famille. Autant ceux-là que d'autres ; ils habitent si près ! Vois-tu, il n'y a rien de si terrible que la solitude. Il me semble que je la sens plus lourde de mois en mois. J'ai bien le temps, que diable, d'être enterré pour de bon !
        Ces paroles, dites avec gaité, rendaient un son funèbre. L'air était aigre, glacé par moments. La boue de novembre ne séchait plus sur les routes où les camions marquaient leurs ornières pour six mois. Au bord des champs, des silos à betteraves, voutés comme des tombeaux, exhalaient, malgré le froid, une puanteur acide.
        – Ah ! Dieu de Dieu ! s'écria encore M. Drémoncourt, que j'aime à te voir, Julien, froncer le nez devant l'odeur de la campagne maternelle ! Les de Gouin, au moins, sont des rustiques : ils ont fait de la terre, de la vie aux champs, un article de foi ; cela en ajoute un à ceux qu'ils croient déjà. On n'en saurait trop mettre. J'espère bien que tu les feras enrager là-dessus. Car il est inutile de parader devant ces demoiselles : tu as surement horreur de la campagne et de ton oncle campagnard.
        Il frappa amicalement sur l'épaule du neveu, qui lui prit le bras et avoua :
        – Ce qui doit être affreux dans la campagne, c'est de pouvoir penser à soi trop nettement, et de voir toute simple, toute fatale devant soi, sa destinée.
        – Tu me dis ça, fit observer M. Drémoncourt, souriant, à moi qui la verrais n'importe où aussi simple et aussi courte, parce que je suis vieux ! Tu gardes l'illusion des jeunes : que la vie reste libre tant qu'elle cache de l'imprévu. Je ne t'en veux pas, égoïste. Tu as les défauts de ton âge, et un autre encore : car au fond tu es un bohème.
        Oui, un bohème..., Ha ! Ha ! j'ai trouvé le mot. Il y a des êtres qui poussent ainsi, même dans les plantations bourgeoises, comme le chiendent dans les betteraves. Ce n'est pas moi qui les appellerai des maudits... Ils choisissent la meilleure part. Si j'avais su, peut-être, en mon temps... mais il ne faut pas recommencer toujours sa vie en songe. Il ne faut jamais détester ce qu'on est. Ça, c'est la vraie malédiction.
        – Ah ! oui, reconnut Julien.
        – Mon neveu a le cafard, dit le distillateur. Voilà le paysage de Saint-Achille qui agit déjà. Ou bien est-ce qu'il aurait des peines de cœur. Oui ? non dans le sacré Paris pourtant, avec mille francs que je t'envoie par mois, et tes honoraires ! Combien gagnes-tu avec M. Comte ?
        – Neuf cent six francs.
        – Cela fait bien des cigares. Et tu vends bien quelques petites gravures ? A ta place, je serais heureux. Veux-tu changer ta peau avec moi ? Ah ! vingt milliards de dieux ! qu'est-ce qu'elle cherche donc, la science, si ce n'est de faire rajeunir les vieilles bêtes ? à quoi sert-elle, je te demande un peu ? Allons, Julien, c'est toi qui fais la tête, et moi qui te remonte ! Et malgré mes drames domestiques ! Et malgré l'arrivée de la sainte famille de Gouin !
        Ils parvenaient à la distillerie. Le pavillon de M. Drémoncourt donnait sur un jardin dessiné, mais tout nu, qui rejoignait les prés et les bois. A l'horizon, deux cônes noirâtres indiquaient le pays des mines, les terrils de charbon, Le ciel était bas : des corbeaux erraient déjà comme une fumée sous les nuages, en criant, et soudain se taisaient, laissant le paysage à sa nudité, à son silence.
        – A propos, demanda Julien. Et le drame ! et votre fidèle Irène ?
        M. Drémoncourt se rembrunit :
        – C'est vrai ; je ne pouvais te raconter par lettre toute cette histoire incroyable. La pauvre vieille a passé juste le lendemain du 14 juillet, tandis qu'il y avait encore dans la cour des lanternes et un accordéon pour le bal des ouvriers. Elle avait eu déjà deux ou trois crises d'étouffement, mais elle ne voulait pas se reposer, encore moins se faire suppléer par une jeunesse. On peut dire qu'elle est morte avec son tablier bleu ! Je l'ai relevée moi-même, je lui ai scarifié moi-même des ventouses ; et Dieu sait si je n'aime plus ce métier-là ! Elle disait juste : « Ça me fourmille, monsieur, ça me fourmille partout », avec sa langue pâteuse. Et puis : « Il faudra avertir à Caudry M. Meulemester. – Quoi donc ? c'est un parent ? – Non, non. – Un médecin ? non ? un notaire ? – Un « adepte » ! a-t-elle dit enfin.
        « Je n'y comprenais rien du tout. Depuis vingt-cinq ans qu'elle me servait, elle ne m'a jamais parlé d'« adeptes ». Elle ne quittait non plus jamais la baraque. Tu sais qu'elle n'allait pas même à la messe, que je lui plaçais ses gages, et qu'elle me demandait vingt francs de temps en temps, sur son magot, pour s'acheter de la laine à tricot. Quand elle a été morte, j'ai fait chercher à Caudry le sieur Meulemester.
        « Il est arrivé le soir même, avec deux femmes bizarres, des espèces de nonnes, ou d'infirmières en noir. Ils ont passé la nuit à l'auberge, sans vouloir veiller la pauvre Irène. C'est moi qui suis resté auprès de son lit, à boire le café sans chicorée, qui était bon pour la première fois : car enfin elle avait de sacrés goûts en cuisine ! Tu me vois devant les bougies, luttant contre le sommeil, farfouillant un peu dans ses nippes pour rassembler son héritage, avant de dénicher les héritiers, belle corvée mon ami ! J'étais attaché à cette bonne vieille, après tout : Vieille ? elle avait trois ans de plus que moi. Mais éreintée et un peu hébétée aussi. Qu'est-ce que je trouve dans ses paquets de linge : des brochures bleues ou vertes qu'elle recevait, écrites en un charabia impossible, et intitulée l'« Unitif ». Cela lui venait de Belgique, et cela m'avait l'air de prêcher l'Antoinisme, une espèce de nouvelle religion, oh ! une religion pour les pauvres bougres... Naturellement, j'ai jeté les papiers au feu : cela pourrait faire beaucoup de mal. Je n'ai su que le fin mot que le lendemain.
        « Le sieur Meulemester arrive donc avec ses acolytes : vêtu d'une lévite jusqu'aux talons, il apportait un drap vert-chou dont il a fait couvrir le cercueil, au grand épatement des gens d'ici ; et il s'est prélassé devant la charrette en promenant une espèce d'écriteau carré où il y avait un arbre peint et ces mots : « La science de la vue du mal ». Il m'a montré un papier signé (si on peut dire) de la pauvre Irène, qui exigeait des funérailles « antoinistes », c'est-à-dire ce carnaval, et en fin de compte, la fosse commune (tu entends, Julien !) le trou au bout du cimetière, le silo où l'on ne jette ici que les os déterrés et les vieilles couronnes, avec défense de jamais avoir son nom sur ce misérable tombeau. Tu penses si j'étais furieux ! J'avais d'abord l'air d'un pingre, d'un abominable dégoûtant, devant tous les gens de l'usine qui regardaient le cortège, et qui n'en croyaient pas leurs yeux. Heureusement que le sieur Meulemester, avec son attirail, éveillait l'attention, me sauvait la mise. Il a récité au cimetière des phrases ridicules, en langage d'école du soir : la conscience, la matière, le développement intellectuel, que sais-je ? Le bruit s'est répandu vite que ce gibier représentait des Antoinistes ; et il y a eu des gens pour trouver que des funérailles pareilles, c'était crâne, c'était grand... et que la vieille Irène avait été une sainte à sa façon. Le nommé Meulemester, a replié son drap vert ; ses donzelles ont distribué des papiers. Le curé, m'a-t-on dit, contemplait l'affaire derrière ses rideaux, d'où il voit la porte du cimetière. Les crétins qui se disent ici bolchevistes ont raconté le soir, à l'estaminet, que la fosse commune devrait être rendue obligatoire. Et puis tout cela s'est oublié ; le notaire s'occupe de trouver des ayants-droits au petit magot de la pauvre Irène. Rendons cette justice au sieur Meulemester et à sa nouvelle religion : c'est qu'ils n'ont pas capté le testament ni réclamé de casuel... Mais faut-il qu'il existe des abrutis en ce monde !
        A ce moment, la nouvelle servante se montra sur le perron. C'était une grosse Flamande, veuve d'un marin disparu, et qui avait été cordon-bleu à Dunkerque.
        – Celle-là au moins, dit M. Drémoncourt, elle n'a rien de la prophétesse. Tu verras sa cuisine ! Il faut avouer qu'elle se boissonne tous les samedis, et le chauffeur la console de ses malheurs quand il l'emmène faire son marché. J'aime mieux cela. Mais je pense à la pauvre Irène qui soufflait en se traînant de pièce en pièce, et qui maintenant dort comme un chien à l'endroit des pots cassés et des grilles en morceaux... Ah ! pouah ! c'est joli, ce qui nous attend tous !
                                                                                                              André THERIVE.

    L’Ère nouvelle, 19 janvier 1928


    votre commentaire
  • Temple Antoiniste de Villeurbanne (photographie couleur-24 x 36 mm, Pierre Arnaud, 2002)(numelyo.bm-lyon.fr)

    titre [Temple Antoiniste de Villeurbanne (Rhône)]
    auteur(s) Arnaud, Pierre J.L., 1950-20..
    date de prise de vue 2002-02

    source : numelyo.bm-lyon.fr


    votre commentaire
  • Faire-part - Auguste Thonus (La Wallonie, 18 février 1936)(Belgicapress)

    NÉCROLOGIE

    LIEGE. – On nous pris d'annoncer la mort de
    Monsieur Auguste THONUS
    époux de Laurence GRANDCHAMPS
    L'enterrement antoiniste aura lieu mercredi 19 courant à 4 h. 45.
    Réunion à la maison mortuaire, rue des Vennes, 358.

    La Wallonie, 18 février 1936 (source : Belgicapress)


    votre commentaire
  • Quelques mots sur l'Antoinisme (Généalogie Leclercq-Stassart)

    INTERMEDE - Quelques mots sur l'Antoinisme

    Quelques mots sur le culte antoiniste, qui fait un peu partie de la famille Leclercq puisque trois de ses membres en étaient adeptes (mon grand-père Désiré, sa sœur Julienne dite "di Djoupêye" et sa fille, Julienne aussi). Cette dernière officiait au temple de Waremme tous les dimanches, en habit noir, que les adeptes reconnaissaient comme "sœur Julienne". Office curieux qui consistait essentiellement en des lectures des pensées "du Père". Quand à ma grand-tante Julienne "di Djoupêye", elle portait aussi l'habit et se disait spirite (il y a un lien, voir sous le lien ci-dessous). Un peu en transes, les yeux fermés, elle prédisait des choses généralement déjà passées en ajoutant la voix tremblante "Dji l'a vêyou". La plupart des autres Leclercq étaient assez moqueurs à ce sujet. Sauf que ma tante Marie s'est sentie un jour envoûtée par Julienne (di Djoupêye) et qu'elle rigolait nettement moins.

    La révélation du Père Antoine est liée à la guerre franco-prusienne où il tue par accident un camarade et, plus tard, au décès de son fils : il se sépare alors du catholicisme. A son décès (il est inhumé à l'entrée du cimetière de Jemeppe sur Meuse où sa tombe est toujours très fleurie), sa femme Catherine poursuivra son œuvre. Ce culte très particulier, qui mélange foi et croyances paranormales, leur survit. Il a une branche française qui s'est distanciée du mouvement de base.

    L'antoinisme à l'époque est fortement ancré dans la région liégeoise et dans la classe ouvrière. C'est une curiosité. Antoine et Catherine ont pour vous des pensées bienveillantes (voir photo).

     


    Quelques mots sur l'Antoinisme (Généalogie Leclercq-Stassart)Guillaume Florent Désiré (dit Désiré) (1886-1968), mon grand-père, dont j'ai déjà parlé ainsi que de sa descendance.
    Désiré Leclercq
    Cet homme âgé, fier, est mon grand-père Guillaume Florent Désiré Leclercq (1886-1968), qui n'a jamais porté que son 3ème prénom, Désiré. A ma connaissance, il est d'une part médaillé du Travail et de l'autre, fêté pour sa mise à la retraite aux Etablissements MOES sis Rue des Houblonnières à Liège. La photo de groupe a très probablement été prise par mon père et l'un de ses beaux-fils, Jean Radoes, figure également sur cette photo. Car les Ets Moës, aujourd'hui disparus, sont un lieu fondamental de mon histoire familiale : Désiré y a travaillé toute sa vie mais aussi deux de ses fils (mon père Guillaume et Arthur) et son beau-fils Jean Radoes. Tous ouvriers, sauf mon père, employé et dessinateur industriel de profession - pour son malheur, j'en reparlerai peut-être.
    Désiré, qu'on surnommait aussi dans sa rue du Fond d'Or à Waremme "Li vî Lèclèr" (prononciation très particulière), est le seul grand-parent que j'ai jamais connu.
    Désiré était un personnage haut en couleurs. Son "bleu de chauffe" ("sarrau", en bon français de par ici) ne le quittait jamais. J'ai de lui le souvenir d'un homme bienveillant, très joyeux, veuf assez jeune, qui a vécu jusqu'à la fin avec une de ses filles célibataire ("li p'tite Marie"). Je le vois encore faire sa vaisselle en chantant "Viens Poupoule, viens Poupoule, viens". Ses passions : cultiver son jardin, ses chrysanthèmes en particulier, chiquer son infâme tabac, et avoir des chiens bergers dont il n'avait jamais réussi, parce qu'il les aimait trop, à les discipliner ne serait-ce qu'un tout petit peu.
    Je n'ai jamais entendu mon grand-père parler français : même moi, enfant, je n'aurais jamais osé lui adresser la parole autrement qu'en wallon. Il habitait à 50 mètres de chez moi, rue du Fond d'Or, au 43 et nous au 46.  
    Son côté un peu noir était de n'avoir jamais toléré ne serait-ce qu'une vague approche d'un prétendant pour sa fille Marie, qu'il s'était sans vergogne "gardé pour ses vieux jours".
    Son décès, en 1968, de vieillesse, paisible, a sonné un bien sombre glas puisque 4 ans plus tard, ses trois derniers fils sont décédés en 1970, 1971 et 1972. J'en reparlerai forcément, parce que cette période très sombre m'a marqué à vie et a littéralement massacré la fin de mon adolescence et de ma jeunesse.
    La 3ème photo, prise sur la pas de sa porte 43 rue du Fond'Or, représente sur le seuil ma mère Marguerite. En bas, "li p'tite Marie", le berger Fanny (tous ses chiens se sont appelés Fanny) et à droite, évidemment, Désiré avec son inséparable casquette.
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=101230344986660&id=100883935021301


    Lambertine Julienne (1890-j’ai oublié) mais qu'on appellera toujours Julienne, en wallon « Djulienne di Djoupèye », épouse un Joseph Baly dont elle aura un fils, Joseph aussi, que j'ai bien connu. Joseph Baly fils a été prisonnier en Allemagne pendant la guerre. Julienne habitait à Jupille, donc, dans une étrange maison à flanc de terril qui avait été jadis partiellement sinistrée par un glissement de terrain comme il y en eût pas mal dans cette région minière. Julienne se disait spirite et pratiquait avec assiduité le culte Antoiniste assez répandu dans la région. Mon grand-père et une de ses filles, Julienne aussi, étaient également antoinistes. Lambertine Julienne (la sœur de Désiré, donc, pas sa fille) n’était pas très aimée par les enfants de Désiré, qui lui, par contre, l’adulait et lui pardonnait tous ses défauts. Pour rester correct, je ne vais pas m'alourdir sur le sujet de Julienne "di Djoupèye", qui me faisait carrément peur.

    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=103671551409206&id=100883935021301

    source : https://www.facebook.com/G%C3%A9n%C3%A9alogie-Leclercq-Stassart-100883935021301/


    votre commentaire
  • Progès... religieux (Le Sud, 2 décembre 1939)(historischekranten.be)

    PROGRES... RELIGIEUX

        Deux Mouscronnois se sont les derniers temps désincarnés !... une Mouscronnoise et un Mouscronnois. On les a conduits solennellement au cimetière... précédés de quelques ministres... en noirs... tout noirs en chapeau buse... La Mouscronnoise reposera à l'ombre, pas de la Croix, mais de l'« arbre de la Science de la vue du Mal ».
        Les assistants ont été priés « d'entourer les défunts de leur amour et de leurs bonnes pensées ».
        Nous publierons sous peu une chronique sur le Culte Antoiniste.

    Le Sud, 2 décembre 1939 (source : historischekranten.be)

        Impossible de retrouver la chronique promise dans les archives du journal. Vu le ton de cet article, ce n’est peut-être pas un mal.


    votre commentaire
  • Albin Valabrègue - ''aimer ses ennemis'' pour les Juifs

        Les livres juifs portent ces mots :
        « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
        « Vous êtes tous frères ».
        « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ».
        « Aimez vos ennemis ».
        Tant que l'humanité opposera le mal au mal, elle ne fera que multiplier le mal. La loi tu talion est une loi qu'il faut laisser au passé.

    Albin Valabrègue, La Sainteté en dormant

    Le Fraterniste, 15 août 1935


    votre commentaire
  • La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.127

        Seront apôtres [les personnes] qui se dévoueront pour le travail moral, qui prêcheront d'exemple l'amour et le désintéressement, qui feront comprendre, par leur manière d'agir, que l'enseignement n'a d'autre base que la foi.

    La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.127


    votre commentaire
  • Le culte Antoiniste - Nice (La Dernière Heure, 29 octobre 1931)(Belgicapress)

    Le culte « Antoiniste »

        Les Antoinistes français ont inauguré tout dernièrement, à Nice, un nouveau temple.
        C'est en 1910 que l'on reconnut légale, l'existence du Culte Antoiniste en Belgique, où il était né.
        Il s'est en effet trouvé, à cette époque, plus de 100.000 personnes pour signer la pétition demandant la reconnaissance officielle de ce nouveau culte religieux.
        Cependant, au dire même des officiants Antoinistes, il n'y a guère plus de 12 3,000 Antoinistes agissants dans tous le pays !
        L'Antoiniste, en effet, n'est pas comme dans tant d'autres religions, obligé de faire œuvre de prosélytisme. L'œuvre de perfectionnement et de soulagement physique et moral, à laquelle les Antoinistes s'adonnent est tout à fait désintéressée, financièrement, comme moralement, et à plus forte raison, politiquement.
        Alors que toutes les autres religions réclament de leurs fidèles le zèle à la propagande, elle ne fait rien pour retenir ou attirer les masses. Elle les aide, les soulage, mais ne vise pas à les annexer.
        C'est plus une philosophie qu'autre chose. - A.

    La Dernière Heure, 29 octobre 1931 (source : Belgicapress)


    votre commentaire
  • Henri Lormier - Méditation (Le Fraterniste, 1er juillet 1932)MÉDITATION

        La pensée n'est jamais inactive. Elle est en continuelle vibration, elle rayonne en bien ou en mal selon son élévation ou son infériorité.
        Si la pensée se complait dans de malsaines vibrations, c'est-à-dire : si l'humain est égoïste, envieux, jaloux, méchant, sans compassion pour autrui, ses pensées s'amplifieront de toutes les mauvaises vibrations correspondantes du mal sous toutes ses formes, de là, les luttes entre les individus, les sociétés, les peuples, les nations, et tout cela fomente les révolutions, les guerres.
        Au contraire, ceux dont les pensées sont dominées, par le désir ardent du bien, de l'amour, de la charité, de la fraternité, attirent à eux les plus pures vibrations qui détermineront les plus salutaires actions, les dévouements, les sacrifices.
        C'est pourquoi il est de toute urgence de bien comprendre la vérité christique : « Aimez-vous les uns les autres. Secourez-vous, soyez bons, indulgents, pardonnez, n'ayez pas de rancune, de haine, soyez frères ! »
        N'oubliez pas que nous sommes tous solidaires les uns des autres, que la même vie nous anime, par conséquent, les mêmes sentiments doivent guider nos actes.
         Nous ne cesserons donc de répéter : « Faites toujours le bien, sans chercher de récompense ». Nos pensées à tous, unies dans cette sublime harmonie, diminueront l'intensité et la néfaste influence des vibrations pernicieuses.
        Nous nous guérirons ainsi de bien des maux, car l'Amour étant le plus divin guérisseur, nous ne devons que penser à sa force pour être plus heureux à l'avenir.

                                                                 H.[enri] LORMIER

    Le Fraterniste, 1er juillet 1932


    votre commentaire
  • L'Auréole de la Conscience (La Meuse, 15 avril 1907)(Belgicapress)

        L'Auréole de la Conscience. – Conçue sans esprit de lucre ni de parti, cette revue qui vient de paraître se propose de faire connaître au public un spiritualisme nouveau, né du contact des hommes, mis en pratique par les adeptes qui fréquentent l'école philosophique et morale, fondée par Antoine le guérisseur.
        Très éloigné du spiritualisme éclectique et trop livresque de Vlousin, l'école nouvelle professe que les paroles ne sont rien, que les actes sont tout et que ceux-ci ne tirent leur valeur que de l'intention qui les dicte.
        Entre mille preuves de dévoûment, les adeptes se sont offerts spontanément, ont quitté leur profession, leur milieu familier pour colporter la « Revue » dans toutes les provinces wallonnes et aider à répandre les enseignements dont ils avaient goûté la forte saveur.
        Quelle que soit l'opinion qu'on ait adoptée, cette œuvre, qui s'inspire du désintéressement et de la sympathie humaine, est digne de l'attention et de la bienveillance du public.

    La Meuse, 15 avril 1907 (source : Belgicapress)


    votre commentaire
  • New religious society (San Jose Mercury-news, Volume LXXX, Number 23, 23 January 1911)(cdnc.ucr.edu)

    NEW RELIGIOUS SOCIETY
    Seeks Official Recognition in Belgium.

        The Head of a New Religion which has petitioned for official recognition: “Antoine the Healer” in “communication” with the minds of his disciples to the Temple at Jemeppe-Sur-Meuse.

    A New Religion.

        The Belgian Chamber recently had presented to it a petition, signed by 160,000 people, urging the official recognition of a new religion. Those petitioning described themselves as disciples of Antoine the Healer, a man who is said to be endowed with such extraordinary powers of healing that it is asserted that he has cured thousands of Belgians of various maladies. The temple of cult is at Jemeppe-sur-Meuse and in this “Antoine the Healer” comes into “communication” with the minds of his disciples. Services are held on Mondays, Tuesdays, Wednesdays and Thursday. There are no Sunday services. So much has the new cult of the Antoinistes progressed that it is stated that it ranks second in numerical strength in the country, in which the Jews numbers only 20,000 and the Protestants but 15.000.
        – Photograph by C. N. in The Illustrated London News.

        MME, ANTOINE, Whose husband known as “Antoine the Healer” was founder of a new religious cult.

    San Jose Mercury-news, Volume LXXX, Number 23, 23 January 1911 (source: cdnc.ucr.edu)

     

    Traduction:

    NOUVELLE SOCIÉTÉ RELIGIEUSE
    demande une reconnaissance officielle en Belgique.

        Le chef d'une nouvelle religion qui a demandé une reconnaissance officielle : "Antoine le Guérisseur" en "communication" avec les esprits de ses disciples au Temple de Jemeppe-Sur-Meuse.

    Une Nouvelle Religion.

        La Chambre belge a été saisie récemment d'une pétition, signée par 160 000 personnes, demandant la reconnaissance officielle d'une nouvelle religion. Les pétitionnaires se décrivent comme les disciples d'Antoine le Guérisseur, un homme que l'on dit doté de pouvoirs de guérison si extraordinaires qu'on affirme qu'il a guéri des milliers de Belges de diverses maladies. Le temple du culte se trouve à Jemeppe-sur-Meuse et c'est là qu'"Antoine le guérisseur" entre en "communication" avec l'esprit de ses disciples. Les offices ont lieu les lundi, mardi, mercredi et jeudi. Il n'y a pas de service le dimanche. Le nouveau culte des Antoinistes a tellement progressé qu'on dit qu'il occupe la deuxième place en nombre dans le pays, où les juifs ne sont que 20 000 et les protestants 15 000.
        – Photographie de C. N. dans The Illustrated London News.

        MME, ANTOINE, dont le mari connu sous le nom d'"Antoine le guérisseur" est le fondateur d'un nouveau culte religieux.


    votre commentaire
  • Intérieur du temple antoiniste de Schoten (Beeldbank Schoten)

     

    Auteur : Jan Bernaerts
    Titre : Verdwenen ... maar niet spoorloos
    Fiets- en wandeltocht langs verdwenen erfgoed in Schoten

    uitgegeven door de Erfgoedraad van Schoten bij de Erfgoeddag van 2018

     

     

    10. Culte Antoiniste

    In de jaren '20 woonde er in Merksem een schippersgezin met een dochter die leed aan een ongeneeslijke ziekte. Via de binnenvaart kwamen zij in contact met de "Culte Antoiniste" uit Jemeppe, een religieuze beweging die in 1910 was opgericht door de mijnwerker Pierre Antoine.

    Zijn leer was erop gericht om te “genezen” aan de hand van mediumachtige praktijken. Ook de dochter van de schipper zou genezen zijn in de hoofdtempel van de sekte. Uit dank beloofden de ouders om een soor bijtempel te openen in hun huis in Merksem. Maar al vlug werd de ruimte daar te klein en werd in de Verstraetenlei (nu Frans De Ceusterlei) in Schoten een tempel gebouwd. Deze werd op zondag 20 oktober 1929 door de echtgenote van de sekteleider "Mère Antoine” plechtig ingehuldigd; “Père Antoine" zelf was inmiddels al overleden.

    Het interieur van de kerk was zeer sober; de harde houten banken waren wellicht een kastijding tijdens de lange lezingen. De enige versiering bestond uit een grote monumentale plaat vooraan, die in Schoten wel in het Nederlands was. Daaronder, dicht bij de katheder hingen dan de foto's van "Mère Antoine" en "Père Antoine”. Ook het blazoen van de Antoinisten mocht in geen enkele gebedsruimte ontbreken.

    In het begin was er elke zondag om 10 u een lezing; later waren er in sommige periodes zelfs 4 tot 5 lezingen per week met eventuele raadpleging. Tijdens de lezingen werd er vooral voorgelezen uit het "dagboek” van Père Antoine waarin hij alle behandelingen en genezingen optekende. De beweging kende haar bloei vooral tijdens het interbellum; na het overlijden van Mère Antoine in 1941 begon dat stilaan af te nemen. Vanaf 1960 liepen ook het aantal diensten in Schoten terug tot er een definitief einde aan kwam in de jaren '70. In 2001 werd de tempel verkocht aan een gezin die er hun woonst van maakten. Momenteel herinnert alleen de gevel (die nog intact is) ons er nog aan dat er ooit een tempel gestaan heeft.

    Bron: Jean-Paul De Roey, In de Verstraetenlei staat een kerk..., Scot: Tijdschrift van de vereniging voor Heemkunde Schoten, 39, 2012, nr 142 p. 70-84.

     

    Traduction :

    Dans les années 1920, une famille de mariniers dont la fille est atteinte d'une maladie incurable vit à Merksem. Grâce à leur contact dans la batellerie, ils ont fait connaissance avec le "Culte Antoiniste" de Jemeppe, un mouvement religieux fondé en 1910 par le mineur Pierre Antoine.

    Ses enseignements visaient à "guérir" par des pratiques médiumniques. La fille du marinier aurait été guérie dans le temple principal de la secte. En guise de remerciement, les parents ont promis d'ouvrir un temple annexe dans leur maison à Merksem. Mais l'espace y est vite devenu trop petit et un temple a été construit dans la Verstraetenlei (aujourd'hui Frans De Ceusterlei) à Schoten. Celle-ci est inaugurée solennellement le dimanche 20 octobre 1929 par l'épouse du chef de la secte "Mère Antoine", le "Père Antoine" lui-même étant déjà décédé.

    L'intérieur de l'église était très sobre ; les bancs en bois dur étaient probablement un châtiment pendant les longues conférences. La seule décoration consistait en une grande plaque monumentale à l'avant, qui, à Schoten, était en néerlandais. En dessous, près du pupitre, sont accrochées les photos de la "Mère Antoine" et du "Père Antoine". L'emblème des Antoinistes ne devait manquer dans aucune salle de prière.

    Au début, il y avait une conférence tous les dimanches à 10 heures ; plus tard, à certaines périodes, il y avait même 4 ou 5 conférences par semaine avec possibilité de consultation. Pendant les conférences, les lectures étaient principalement tirées du "journal" du Père Antoine, dans lequel il notait tous les traitements et les guérisons. Le mouvement a surtout prospéré pendant l'entre-deux-guerres ; après la mort de Mère Antoine en 1941, il a commencé à décliner. À partir de 1960, le nombre de services à Schoten a également diminué jusqu'à ce qu'il prenne fin dans les années 1970. En 2001, le temple a été vendu à une famille qui en a fait sa maison. Actuellement, seule la façade (qui est encore intacte) nous rappelle qu'il y avait autrefois un temple ici.

        Le livre reproduit dans la même mauvaise qualité une photo de l’intérieur du temple.


    votre commentaire
  • Aywaille - Souvenirs d'enfance

    Souvenirs d'enfance d'un aqualien de 70 ans !
    Dans ma rue...
        Peut-on encore imaginer la vie sans les grandes surfaces commerciales qui nous entourent ? Pourtant, le commerce de proximité comportait bien des avantages et on pouvait trouver pas mal de choses, rien que dans sa rue.
        J'habitais rue Henri Orban ...
        Comme épicerie, nous fréquentions aussi le petit magasin situé juste à côté. Là, un vieil homme, Mr Maron et sa fille nous accueillaient d'un charmant sourire, comme tous les autres commerçants d'ailleurs. L'extase  commençaient lorsque les commerçants moulaient le café devant nous.....un vrai bonheur ! Et pour le plaisir de mes petits yeux d'enfant, une tour Eiffel décorant des flacons de parfums acrochait toujours mon regard et me faisait rêver.
        Mr Maron était prêtre antoiniste et quand, le dimanche matin, il se rendait prêcher à Sprimont, nous avons cru longtemps qu'il se rendait à un carnaval !

    source : https://www.facebook.com/groups/434381040014955/posts/4117788711674151/


    votre commentaire
  •  La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.126

       Personne ne peut rien nous ravir de notre travail. Si l'on nous attaque, on ne nous fait qu'un bien car nous ne devrons jamais notre avancement qu'à notre adversaire.

    La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.126


    votre commentaire
  • ROUEN - Culte Antoiniste


    votre commentaire
  • Un diplomate du Brésil au Temple de Jemeppe (L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913)(Belgicapress)    S. Exc. le ministre du Brésil et Mme de Oliveira Lima, en déplacement à Liége, ont été visiter les superbes établissements Cockerill, à Seraing, dont les honneurs leur ont été faits, en l'absence de M. Adolphe Greiner, directeur général, par M. Coulomb, secrétaire général. Comme toujours, notre premier établissement métallurgique a excité l'enthousiasme des visiteurs.
        Puis M. et Mme de Oliveira Lima ont visité Spa, Verviers et Jemeppe-sur-Meuse, où ils ont été assister à une séance de culte du célèbre Antoine le guérisseur.
        En revenant à Liège, avant de rentrer à Bruxelles, S. Exc. le ministre du Brésil et Mme de Oliveira Lima ont assisté à la première leçon du cours de portugais à l'Université, organisé sous les auspices de la Société belge d'expansion vers l'Espagne et l'Amérique latine, donné par le professeur Yvon Nolf Nazario.
        La salle était archicomble. Il y a actuellement 272 élèves et Liége s'est pris d'un véritable enthousiasme pour apprendre le portugais. Il y a parmi les élèves des officiers, des professeurs de l'Université, des dames, des étudiants russes et beaucoup d'étudiants belges.

    L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913 (source : Belgicapress)

     

    Un diplomate du Brésil au Temple de Jemeppe (L'Indépendance Belge, 5 janvier 1913)(Belgicapress)

     

        Manuel de Oliveira Lima (1867-1928) était un écrivain, critique littéraire, diplomate, historien et journaliste brésilien. Il a représenté le Brésil dans plusieurs pays et a été professeur invité à l'université de Harvard. Membre fondateur de l'Académie brésilienne des lettres.
        Marié en 1891 à Flora Cavalcanti de Albuquerque (1863-1940), ils ont résidé en Belgique de 1908 à 1912.

        Cette visite marque le début des contacts des antoinistes avec le Brésil qui aboutira à une salle de lecture à Rio.


    votre commentaire
  • Op uw Hoede - Het Antoinisme (Gazet van Antwerpen, 15 octobre 1927)(Belgicapress)Op uw Hoede

        Drie soorten vreemde apostelen loopen tegenwoordig, te Antwerpen en in den omtrek, de stijlen van de deur: Methodisten, soldaten van 't Leger des Heils en Antoinisten – en voor dezen dient onze bevolking gewaarschuwd.
        De eersten verkoopen tractaatjes, Evangelien, Bijbels, en... bedelen voor de missie;
        De tweeden spelen trompet en bombardon, zingen een vooisje, preeken wat vragen of ge niet zijt ontroerd en, op uw jawoord, juichen ze: «Alleluia, hij is gewonnen en gered!
    » Ze bedelen wat... en gaan voort;
        De derden zijn meestal donker-gesluierde damen, die deur voor deur schriftjes afleveren, vooral tot de lijdende lieden gericht, om hun zoogezegde godsdienstige oefeningen eens te komen bijwonen in de K...straat.
       
    Wat voor apostelen zijn dat?

    [suit la description des Méthodistes et des soldats de l’Armée du Salut].

    Antoinisme

        HET ANTOINISME is de leer van zekeren Antoine, die uit de Walen naar dezen en genen hoek van Vlaanderen komt overgewaaid.
        Père Antoine – geen pater, hoor! – werd geboren te Mont-Crotteux op 8 Juni 1848, daalde eerst in de schachten, werd vervolgens metaalbewerker, vertrok naar Pruisen en Rusland, en kwam ten slotte rentenieren te Jemeppes, bij Luik.
        Een overgevoelig man, maag- en zenuwlijder, die, graatmager, meende da hij geen lichaam had en een soort magnetische vloeistof uit hem op anderen kon doen overgaan.
        Na den dood van zijn eenigen zoon, begon hij te doen aan spiritisme, beweerde de schim te hebben gezien van zijn zoon, die... verhuisd was in de huid van een Parijzer apotheker!
        Hij werd het hoofd der spiritistische vereeniging van Jemeppes, kreeg de faam dat hij in gedurige betrekking stond met de geesten, en wonderen en voorspellingen deed.
        Hij heeft een soort godsdienst aangeleerd, en zijn volgelingen noemen hem: de nieuwe Messias, profeet en... onze god! en bouwen hem tempels.
        Eerst deed hij zijn zoogezeide genezingen met een zekere likeur – een remedie tegen alle ziekten. Maar hij werd veroordeeld. Dan deed hij 't met pompwater, trok zijn magnetische vloeistof op flesschen... en de onnoozele menschen op stoopkens! Later maakte hij eenige grimassen over de zieken, en riep: die gelooven zijn genezen!!
        Een zieke uit Condroz, dien hij volledig herstel beloofde, viel dood voor zijn deur. Antoine maakte alle mogelijke karpersprongen, maar 't mensch bleef liggen.
        In 1917 had zekere Danglis zijn vrouw in de Maas geworpen, en kwam P. Antoine kijks vragen waar zijn wederhelft was. Na drie dagen zal ze u schrijven, zei P. Antoine. 't Lijk werd opgevischt! Danglis vertelde dit voor zijn rechters; ge kunt begrijpen welk misselijk figuur P. Antoine maakte.
        P. Antoine is dood, maar heeft zijn fluidische kracht overgemaakt.. aan zijn vrouw! Deze heeft eenige discipelen voorzien van die kracht en haren opvolger aangeduid!
        De leering van P. Antoine?
        Eenige onsamenhangende zinnen uit den Catechismus, eenige domme gedachten uit de spiritistische schriften van Alban Kardec en anderen.
        Luister maar! hij zegt: «De stof is slecht, de ziekte is de vrucht der stof. Maar de stof bestaat niet! ze is een schim door 't verstand geschapen. En 't verstand moet verdwijnen voor 't geweten. Denk dat de stof niet bestaat, en ge zult den wortel der ziekte dooden! Dat is uit zijn filosofie!
        Luister nog: «De mensch mag handelen naar goedvinden. Goed en kwaad zijn slechts vergelijkstermen, in werkelijkheid bestaat noch 't een, noch 't ander; doet het kwaad, zoo komt ge dichtst bij de waarheid! Dat is uit zijn moraal!
       
    Luister nog: «God is één wezen met den mensch. De eindterm van alle ontwikkeling is dat de mensch God worde. We zijn in meerdere mate de kinderen van den duivel dan de kinderen van God. Zonder de duivel zouden we eeuwig in ons ongeluk blijven. Dat is uit zijn geloofsleer!
       
    Wie zulke stommiteiten schreef veroordeelde zichzelven.
        En de maan zal wel drie toten krijgen, eer de Vlamingen zich door dien Waalschen profeet laten paloeteren!
        En, goede lezers, nu zijt ge voor die rare apostelen gewaarschuwd.
                                                                                      J. V D. SMEDT.

    Gazet van Antwerpen, 15 oktober 1927 (source : Belgicapress)

     

    Traduction :

    Sur vos gardes

        Trois types d'apôtres étrangers sont actuellement en action à Anvers et dans les environs : les Méthodistes, les soldats de l'Armée du Salut et les Antoinistes – et nos concitoyens doivent en être avertis.
        Les premiers vendent des tracts, des évangiles, des bibles, et... en quémandent pour la mission ;
        Les seconds jouent de la trompette et bombardent, chantent une chanson, prêchent quelques questions et, quand vous dites oui, ils applaudissent : « Alléluia, il est gagné et sauvé ! » Ils mendient un peu... et continuent ;
        La troisième est généralement une dame au voile foncé, qui distribue des prospectus en porte-à-porte, notamment aux personnes souffrantes, pour qu'elles viennent assister à leurs soi-disant exercices religieux dans la rue K....
        Quel genre d'apôtres sont-ils ?

    […]

    Antoinisme

        L'ANTOINISME est la doctrine d'un certain Antoine, qui est passé de la Wallonnie à tel ou tel coin de Flandre.
        Père Antoine – pas un prêtre, entendez bien ! – est né à Mont-Crotteux le 8 juin 1848, est d'abord descendu dans les puits, puis est devenu ouvrier métallurgiste, est parti en Prusse et en Russie, et est finalement venu vivre en rente à Jemeppes, près de Liège.
        C'était un homme hypersensible, souffrant de l'estomac et des nerfs. Il était très maigre et pensait qu'il n'avait pas de corps et qu'il pouvait transférer une sorte de liquide magnétique de lui aux autres.
        Après la mort de son fils unique, il a commencé à pratiquer le spiritisme, affirmant avoir vu le fantôme de son fils, qui... s'était déplacé dans la peau d'un pharmacien de Paris !
        Il devient le chef de la société spirite de Jemeppes, acquiert la réputation d'être en contact permanent avec les esprits, et accomplit des miracles et des prédictions.
        Il a enseigné une sorte de religion, et ses adeptes l'appellent : le nouveau Messie, prophète et... notre dieu ! et lui construisent des temples.
        Au début, il effectuait ses soi-disant cures avec une certaine liqueur – un remède pour toutes les maladies. Mais il a été condamné. Puis il l'a fait avec de l'eau d’une pompe, transmet son liquide magnétique dans des flacons... et a berné les ignorants ! Plus tard, il fit quelques grimaces aux malades, et s'écria : ceux qui croient sont guéris !
        Un malade du Condroz, à qui il avait promis une guérison complète, est tombé mort sur le pas de sa porte. Antoine a fait tous les sauts de carpe nécessaires, mais la personne est restée allongée.
        En 1917, un certain Danglis avait jeté sa femme dans la Meuse, et était venu demander au P. Antoine où était sa moitié. Après trois jours, elle vous écrira, dit P. Antoine. Le cadavre a été repêché ! Danglis l'a raconté à ses juges ; on comprend quelle petite mine faisait P. Antoine.
        P. Antoine est mort, mais il a transféré son pouvoir fluidique... à sa femme ! Elle a doté certains de ses disciples de ce pouvoir et a désigné son successeur !
        Les enseignements du P. Antoine ?
        Quelques phrases incohérentes du catéchisme, quelques pensées stupides des écrits spirites d'Alban Kardec et autres.
        Il suffit d'écouter ! il dit : « La matière est mauvaise, la maladie est le fruit de la matière. Mais la matière n'existe pas ; c'est un fantôme créé par la raison. Et la raison doit disparaître devant la conscience. Pensez que la poussière n'existe pas, et vous tuerez la racine de la maladie ! Cela vient de sa philosophie !
        Écoutez à nouveau : « L'homme peut agir selon sa volonté. Le bien et le mal ne sont que des termes de comparaison ; en réalité, il n'y a ni l'un ni l'autre ; si vous faites le mal, vous êtes le plus proche de la vérité ! Cela vient de sa morale !
        Écoutez ceci : « Dieu est un seul être avec l'homme. Le but final de tout développement est que l'homme devienne Dieu. Nous sommes plus les enfants du diable que les enfants de Dieu. Sans le Diable, nous resterions éternellement dans notre malheur. Cela vient de sa doctrine !
        Celui qui a écrit de telles sottises s'est condamné lui-même.
        Et la lune aura trois éperons avant que les Flamands ne se laissent avoir par ce prophète wallon !
        Et, bons lecteurs, vous êtes maintenant mis en garde contre ces étranges apôtres.

                                                                                      J. V D. SMEDT.

    Gazet van Antwerpen, 15 octobre 1927 (source : Belgicapress)

        On voit que la presse flamande a toujours la même et unique source, l'article d'André Kervyn de 1911, en y ajoutant cependant des erreurs dans les dates et dans les noms.


    votre commentaire
  • Montegnée - Nouveau quartier (les rues ont des noms de fleurs, proche de la rue Mavis, derrière le temple)

    les rues ont des noms de fleurs, proche de la rue Mavis, derrière le temple


    votre commentaire
  • Les funérailles de M. Delcroix à Seraing (La Wallonie, 16 février 1926)(Belgicapress)Les funérailles de M. Delcroix
    à Seraing

                                  A LA MORTUAIRE

        Dimanche, 2 heures, sous un ciel gris-ouaté qu'adoucit encore les pâles rayons d'un soleil printanier, une foule énorme massée rue du Chêne, entrave puis interrompt la circulation du tramway. Sur l'un des côtés de la route, plus haut que la mortuaire, une longue colonne silencieuse de femmes, vêtues de mantes, coiffées de bonnets noirs, stationnent, comme autant de veuves en deuil. Les hommes en redingote et chapeaux haut-de-forme, à bord plat, attendent autour du corbillard. Après le défilé de nombreuses gerbes fleuries, apparaît le cercueil. Et avant que le corbillard s'ébranle, un antoiniste, d'une voix sonore, nettement articulée, lit les dix principes de Dieu révélés au Père Antoine. La foule écoute recueillie.

                                  LE CORTEGE

        Le cortège se met en marche, gravissant la longue route qui conduit au champ de repos. Vu du haut de la chaussée, le spectacle est impressionnant. En tête, voile de crêpe, le drapeau de l'Athénée, ou enseignait le défunt ; les élèves de sa classe portant des fleurs ; ses collègues du corps professoral. Puis un groupe d'antoinistes suit un cartel à manche d'acier sur lequel on lit l'inscription :

                      L'ARBRE DE LA SCIENCE DE LA VUE DU MAL.

        Derrière le corbillard, et après les parents, s'avancent dans un ordre parfait, par rangées de quatre, d'abord les femmes en deuil, dont l'uniforme évoque le souvenir des béguinages, puis les hommes en redingote et chapeau funéraire ; ensuite la grande masse des autres assistants.
        Sur le parcours, un silence impressionnant : la rumorante cité s'est faite tendre et quiète pour le dernier passage d'un de ses enfants qui fut croyant sincère et homme de bien.

                                  AU CIMETIERE

        La foule envahit le cimetière. Autour de la tombe ouverte, à flanc de coteau, se pressent les antoinistes, dont beaucoup sont venus de localités étrangères : des têtes barbues et chevelues de prophètes, qu'on croirait sorties de vieux cadres, se détachent en relief sur le fourmillement des figures. Une seconde fois, le lecteur antoiniste ouvre son livre et, de sa voix ferme, énonce la réincarnation. Il ne dit mot du défunt.
        C'est à M. le professeur Haust, de l'Université, qui pendant de longues années fut le collègue et l'ami de Delcroix, qu'il appartient de retracer, en termes émus, sa belle vie d'enthousiasme et de dévouement pour les humbles.
        Enfin, un élève de l'Athénée vint dire, au nom de ses condisciples, l'adieu suprême, au professeur aimé.
        Le soleil a disparu.
        La foule s'écoule lentement dans le jour qui décline.

    La Wallonie, 16 février 1926 (source : Belgicapress)


    votre commentaire
  • Edouard Saby - Rien ne tient sans la conscience (p.53)

        Rien ne tient sans la conscience, qui est le ciment des âmes et des sociétés.

    Édouard Saby, Fin et résurrection d'un monde, p.53


    votre commentaire