• Messie du XIXe siècle, déclaration de M.H.[ollange?] (L'Enseignement, p.84 ,1905)

    L'Enseignement, p.84 ,1905

        Déclaration de M.H.

        Peut-être s'agit-il du frère Hollange. Précisons qu'au contraire de son neveu, le Père Dor, le Père Antoine ne s'est jamais revendiqué lui-même être un "messie". Jules Leclerc, qui fut déclaré instable, l'aurait appelé dans sa déclaration au juge de son procès "Notre Messie".
        Mère fut inspirée en 1935, de placer dans les temples, sur la tribune, une pancarte : "Le Père est le Christ des Antoinistes, il est le deuxième messie". Puis il fut retiré. C'est ainsi que le nomme Vital Coutin dans son livre. C'est également la presse qui emploie souvent ce terme (Gazette de Charleroi, La Croix, Le Monde illustré, Le Temps...).


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  • Louis Antoine ressuscite les morts

    La résurrection de la fille de Jaïre, Vasili Dmitrievich

        Pierre Debouxhtay, avant d’évoquer Louis Antoine le prophète, dit (p.175-76) à propos de la résurrection des morts :

        Les guérisons « miraculeuses » ne sont pas les seuls faits extraordinaires attribués à Antoine.
        Laissons de côté la résurrection des morts, dont parlait le prospectus des Vignerons (1). Jamais, que je sache, Antoine n'a réussi ce prodige, bien que, d'après KERVYN (p. 14) il ait tenté de l'accomplir.
        « Un malade du Condroz s'en retournait, comme tous les autres malades, avec la promesse d'une prompte guérison. Malheureusement, il mourut soudain à quelques pas du temple d'Antoine. En hâte, on porte le cadavre au prophète. Celui-ci s'efforce inutilement de le ranimer. Le mort reste mort. »

    (1) La dernière page de la couverture verte du Petit catéchisme spirite nous renseigne sur l'activité des Vignerons, qui « guérissent les malades, chassent les démons (mauvais esprits), ressuscitent les morts, s'entretiennent avec les disparus de ce monde, donnent gratuitement ce qui leur a été donné gratuitement ». Au moment où parut ce catéchisme il y avait « séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-de-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez M. Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi ».

     

        On peut lire l’histoire de ce pauvre malade du Condroz, Adolphe Regnier, dans les coupures de journaux (qui sont également les principales sources de Kervyn), et notamment dans La Meuse. On y lit cependant que "M. le docteur Delville, mandé immédiatement, n'a pu que constater la mort." Ce qu'omet de dire Kervyn pour discréditer le Père.
        Quant à l’activité des Vignerons du Seigneur qui « ressuscitent les morts », il s’agit d’une citation de la Bible :
        "Rendez la santé aux malades, ressuscitez les morts, guérissez les lépreux, chassez les démons. Donnez gratuitement ce que vous avez reçu gratuitement. (Evangile St-Mathieu, ch. 10, v. 8.)".
        On la retrouve dans cette autre brochure, et on comprend que « s'entretiennent avec les disparus de ce monde » explique en quelque sorte par quel moyen ils « ressuscitent les morts ». Une autre brochure, que cite Léon Souguenet, n'indique pas ce texte et la traduction espagnole du Petit catéchisme spirite ne reprend pas cette citation.


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  • Mort d'Adolphe Regnier sur la voie publique (La Meuse, 4 février 1903)(Belgicapress)

    JEMEPPE

        MORT SUR LA VOIE PUBLIQUE. – Mardi, vers 8 heures du matin, Alphonse Regnier, secrétaire communal, à Neuville-en-Condroz, est tombé mort rue Hulos, à Jemeppe.
        M. Regnier est décédé tandis qu'il se rendait chez le "guérisseur" de Jemeppe.
        M. le docteur Delville, mandé immédiatement, n'a pu que constater la mort. M. Regnier était âgé de 66.

    La Meuse, 4 février 1903 – numéro du matin (source : Belgicapress)

    Mort d'Alphonse Regnier (La Meuse, 4 février 1903)(Belgicapress)

        Nous apprenons la mort de M. Alphonse REGNIER, instituteur pensionné, échevin et secrétaire communal de Neuville-en-Condroz.
        Nommé instituteur de cette commune en 1855, il remplit ces fonctions jusqu'en 1892 avec un zèle, une abnégation rares.
        Travailleur infatigable, fonctionnaire d'élite, d'une serviabilité à toute épreuve, il était parvenu à se concilier l'estime et l'affection de tous ceux qui l'ont connu. M. Regnier était âgé de 66 ans et décoré de la croix civique de Ire classe.

    La Meuse, 4 février 1903 – numéro du soir (source : Belgicapress)

    Mort d'Adolphe Regnier - Nécrologie (La Meuse, 4 février 1903)(Belgicapress)

    NECROLOGIE

        – Les funérailles de M. Alphonse REGNIER, instituteur communal pensionné, échevin et secrétaire communal de la Neuville-en-Condroz, ont eu lieu samedi, au milieu d'une affluence véritablement extraordinaire. Le train spécial du Val-Saint-Lambert a pu contenir à peine les assistants venus de Liége et du bassin de Seraing. La place Communale était littéralement noire de monde.
        Nous y avons remarqué une foule de notabilités.
        Le deuil était conduit par les deux fils du défunt, MM. Gust. Regnier, instituteur à la Neuville-en-Condroz, M. Em. Regnier, professeur à Liége.
        Trois discours ont été prononcés par M. Olivier, au nom de l'Administration ; par M. Georges, inspecteur cantonal, et par un ancien élève. M. Regnier était le cousin de M. Célestin Demblon, représentant.

    La Meuse, 9 février 1903 (source : Belgicapress)

     

        Cette mort regrettable est utilisée par André Kervyn pour discréditer le Père. En effet, d’après lui, Antoine-le-guérisseur aurait en vain tenté de le ressusciter.


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  • Une religion nouvelle, L'Antoinisme (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 26 février 1912)UNE RELIGION NOUVELLE,
    L'ANTOINISME

        S'il faut en croire un de nos confrères, un nouveau messie nous est venu et une nouvelle religion vient d'éclore : c'est le père Antoine (père de la nouvelle Eglise), et c'est l'Antoinisme.
        C'est en exerçant sa profession de forgeron qu'Antoine-le-Généreux s'est senti la vocation de régénérateur de l'humanité, et de révélateur de la doctrine intégrale du Christ.
        En conséquence, il quitta l'enclume et entreprit de faire des miracles, en se spécialisant toutefois, dans la guérison des malades par la seule imposition des mains.
        Les syndicats de médecins belges coalisés n'ont pu avoir raison en justice du thaumaturge, qui ignore et veut ignorer la science du diagnostic et méprise le Codex.
        La nouvelle religion a son temple à Jemmapes, en Belgique, et déjà elle a ici, à Paris, un apôtre fort zélé.
        C'est Mlle Camus, modiste, qui, entre l'agencement d'un flot de rubans et l'esthétique disposition d'une pleureuse, vous remet en place un rein balladeur ou « un estomac descend à 10 centimètres au-dessous du nombril ».
        Si vous ne voulez pas de croire, allez-y voir. Mlle Camus habite dans le voisinage de Mlle Couédon : la Voyante habitait rue de Paradis, naturellement ; la guérisseuse n'avait plus à sa disposition que la voie baptisée du nom de Milton, l'auteur du Paradis perdu.
        Et la doctrine ? me demanderez-vous. C'est tout ce que j'en sais, n'ayant d'autres indications que celles fournies par notre confrère ; mais Mlle Camus ayant opéré quarante guérisons en deux mois – avec un peu d'entraînement elle arrivera à la guérison quotidienne – un peu d'imagination suffit pour entrevoir la régénération de l'humanité.
        « C'est chose toujours émouvante, conclut notre confrère, de se pencher sur le berceau d'une religion. »Une religion nouvelle, L'Antoinisme (La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 26 février 1912)
        Pourtant, au Matin, on doit avoir l'habitude.
        Ce n'est pas H. des Houx qui aurait éprouvé ce trouble, quoi qu'il n'ait guère réussi avec l'Eglise qu'il tenta de fonder.
        Yves Guyot, qui, aux beaux temps du Dreyfusisme, voulait créer la concurrence au catholicisme par le protestantisme, et n'a pas eu plus de succès, pourrait peut-être s'entendre avec Antoine-le-Généreux et Mlle Camus.
        Mais l'hostilité du corps médical est fort à redouter.
        …Et maintenant, parlez du Tout-puissant à ceux qui dévorent avidement ces fables, à cette multitude anxieuse de merveilleux : vous serez regardé comme un être anachronique, vestige des temps d'obscurantisme.
                           Albert Monniot.

    La Libre Parole, dir. Edouard Drumont, 26 février 1912

     

        L'article est repris par L'Univers du 26 février 1912


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  • Mathieu Bonaventure, hab. temple antoiniste de Huy (La Meuse, 22 janvier 1934)(Belgicapress)

        CAMIONNETTE CONTRE MOTO. – Vendredi, vers 17 heures, une camionnette, conduite par un nommé L..., négociant, rue Saint-Martin, Huy, débouchait de la rue Sous-le-Château pour emprunter la rue du Pont. A sa droite, survint du Pont des chaînes, une moto pilotée par Mathieu Bonaventure, habitant au temple antoiniste, rue de France. Les deux véhicules entrèrent en collision. Moto et pilote furent renversés. Bonaventure quelque peu blessé à la jambe, put poursuivre sa route, quoique sa machine eut le plus à souffrir de cet accident.
        La police, avertie, a fait l'enquête sur place.

    La Meuse, 22 janvier 1934 (source : Belgicapress)


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  • leuropevueduciel.com - Saulnes

    Situé dans la rue Philippe-Auguste Rase (anciennement Rue Haute), le temple est bien visible du ciel


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  • Les guérisseurs et les médecins (La Meuse, 5 avril 1927)(Belgicapress)LES GUERISSEURS ET LES MEDECINS

     Les premiers en sont réduits à consulter les seconds

        « Chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». Nicolas Wagner, cafetier à Esch-sur-Alzette, n'avait qu'à continuer à débiter des petites gouttes au lieu de débiter des sornettes, sous couleur de guérir les malades. Maintenant, il ne guérira plus les autres, mais on espère, en le mettant en prison, qu'il se guérira lui-même de son fâcheux travers.
        Aussi, Wagner n'était pas trop intéressé, car, prescrire des bains d'eau-de-vie quand on est cafetier – cafetier luxembourgeois, s'entend – donne à penser aux moins clairvoyants et aux plus débonnaires, qu'on pense à soigner son commerce au moins autant que les malades.
        – Versez-moi donc une petite goutte, père Wagner, pour me remonter un peu…
        – Prenez-en donc un tonneau. Un bon bain de « péket » avant de vous coucher, et vous serez comme un neuf.
        Et, en effet, le client, qui n'était d'abord que plein d'espoir, après pareille trempette, le devenait bientôt comme un œuf : Wagner ne mentait pas !
        Il n'empêche que les amateurs de régénération par l'alcool ne faisaient pas défaut. Wagner n'en inscrivit pas moins de quatre cent cinquante sur son carnet.
        Mais ce succès n'a pas empêché de mettre en doute l'infaillibilité de la méthode employée. Ceux qui étaient acharnés à la perte du cafetier rebouteux, se sont empressés de tirer du fait qu'ils n'usaient pas de son remède, tout au moins de la même façon que ses malades, des conclusions redoutables.
        Wagner, qui n'est pas exempt de douleurs, s'est mis dans de vilains draps et à aggravé singulièrement son cas, en consultant, les rebouteux des hommes qui n'étaient que médecins.
        Pourtant, nous tenons pour nous, en toute sincérité, que c'est là, tenter de demander par un argument peu probant la duplicité du coupable.
        Wagner, comme tous ses parents, procédait par suggestion à l'égard de ses clients. Il est possible que la suggestion puisse avoir des effets salutaires chez les autres. Il est facile de dire aux gens qui viennent geindre près de vous en les regardant dans le blanc des yeux : Vous n'avez rien ! Je vous dis que vous n'avez rien ! Récitez tous les soirs en vous couchent un petit couplet d'une chanson qui commence par : Ça va mieux, ça va mieux, ça va mieux, et qui se termine par : Je suis guéri ! Je suis guéri ! Je suis guéri !
        Tout ça c'est bien pour les autres, mais aller donc vous payer, vous munir de pareilles chansons.
        Fallait-il donc que Wagner s'en aille trouver un autre guérisseur pour essayer de se laisser suggestionner. Les rebouteux doivent être un peu comme les Augures de l'antique Rome : ils ne peuvent se regarder sans rire.
        Bien triste est la situation d'un rebouteux atteint d'une maladie qu'il craint incurable et qui se dit : dire que je parviens à réconforter les autres, à les suggestionner tant et si bien que je crois, Dieu me pardonne, qu'ils en guérissent parfois et qu'il faille que je perde jusqu'à l'espoir !
        Il faudrait pour les guérisseurs et même pour les autres, non de simples médecins, mais des médecins rebouteux qui allieraient le talent de la suggestion à la science pure et simple.
        Ne riez pas et écoutez plutôt cette petite histoire : un jeune médecin vivait pauvrement parce que les malades brillaient par leur absence dans son cabinet de consultation. Un jour, une heureuse inspiration lui vint, il déménagea et fit répandre le bruit qu'il était guérisseur et faisait des cures merveilleuses.
        Aussitôt la clientèle la plus nombreuse et même la plus huppée de la ville de venir se pendre à sa sonnette, tant et si bien que les vrais médecins s'en émurent et portèrent plainte.
        Ce n'est pas une raison parce que je suis médecin, dit alors notre homme, sans la moindre malice, au juge d'instruction qui l'interrogeait, pour que je ne sois pas aussi guérisseur.                              ERBE.

    La Meuse, 5 avril 1927 (source : Belgicapress)


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  • L'historien Ernest Denis visite Liège (La Meuse, 28 mai 1919)(Belgicapress)

        M. ERNEST DENIS, l'illustre historien, professeur à la Sorbonne, est arrivé ce mardi matin à Liége, venant de Bruxelles où, lundi soir, il a parlé avec un grand succès d'« Edgard Quinet et de son œuvre ».
        M. Denis a été reçu à la gare des Guillemins par des membres du Comité exécutif des « Amitiés françaises », qui lui ont montré les magnifiques collections du Musée Curtius, les Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy et le temple antoiniste de la rue Hors-Château.
        Ce mardi soir, à 8 heures, M. Denis fera, sous les auspices des « Amitiés françaises », dans la salle académique de l'Université, une conférence sur « l'Influence française dans le monde ».
        M. Denis est descendu à l'Hôtel de l'Europe.

    La Meuse, 28 mai 1919 (source : Belgicapress)

     

        Ernest Denis, né le 3 janvier 1849 à Nîmes (Gard), mort à Paris le 4 janvier 1921, est un historien français, spécialiste de l'Allemagne, de la Bohême et du monde slave. Cf. article wikipedia


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  •     Quand il découvre le spiritisme, il est alors encaisseur (certains journaux disent caissier, d'autres concierge) à la Société des Tôleries liégeoises, donc Gustave Baivy (autre personnalité de la commune de Jemeppe), est directeur du service commercial.

        Cette découpe du Moniteur belge en indique l'adresse :

    Métier de Louis Antoine

    Elle est proche de la salle des fêtes de Jemeppe.


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  • Un nouveau temple antoiniste - Schaerbeek (L'Étoile belge, 3 août 1925)(Belgicapress)

     UN NOUVEAU TEMPLE ANTOINISTE

        Dans toute la ville, on rencontrait, hier, des citoyens paisibles aux mines austères de quakers, et tout de noir vêtus, le corps serré dans une longue lévite étroitement boutonnée jusqu'au col, coiffés d'un chapeau haut-de-forme en feutre mat, aux larges bords plats. Avec eux, de très nombreuses femmes en uniforme, rappelant celui de certaines béguines : mantille et bonnet noir entouré de tulle tuyauté.
        Ce n'est pas sans une certaine curiosité que les passants les dévisageaient, intrigués la fois par leur nombre et par leurs mines compassées.
        Qui était-ce donc ? Tout simplement des adeptes du culte antoiniste, venus de tous les coins du pays pour assister à la consécration du nouveau temple de Schaerbeek. De Liège seulement, par trois trains spéciaux, il en était arrivé plus de 1800.
        Le nouveau temple – le troisième à Bruxelles – est situé rue Jacques Rayé, une artère à peine amorcée au milieu de terrains vagues, près du boulevard de la nouvelle ceinture. Rien de l'aspect d'une cathédrale d'ailleurs. C'est un gentil bâtiment en briques roses, percé de larges baies et aux portes de chêne clair.
        A 9 heures du matin, il y a là une foule immense d'hommes en lévite, de femmes en mantille, et, lorsqu'une pluie soudain se met à tomber, c'est une boule de houle de parapluies qui s'étend à perte de vue. Il y a aussi pas mal de profanes, attirés là par la simple curiosité et dont les vêtements clairs jettent, parmi tout ce noir, une image choquante.
        La mère Antoine, souveraine pontife du culte – qui est aujourd'hui officiellement reconnu par les pouvoirs publics – tint à venir en personne procéder à la consécration du temple, mais son état de santé ne le lui a pas permis.
        Une adepte que nous interrogeons nous dit que la Mère est, à son avis, en train de se préparer au « grand voyage ». Il annonce cela, sans affectation, simplement, comme une chose naturelle dont on ne saurait s'émouvoir ou s'attrister. La Mère Antoine a, en effet, près de 80 ans, mais le Père dit que la mort était le commencement de la vie.
        En son absence, c'est le frère Musin – reconnu par ses coreligionnaires comme un homme éclairé dans l'enseignement du culte – qui va procéder à l'opération avec l'aide de la Mère de Rogneaucourt.
        Le culte est fort simple d'ailleurs. Quelques adeptes se sont groupés sur le parvis du temple devant lequel on a amené l'emblème du culte : l'arbre de la science et de la vue du mal, en zinc découpé et monté sur une longue hampe.
        Devant lui, tous les assistants se découvrent et le frère Musin, l'air inspiré, lève les bras vers la foule dans un geste d'imposition. Cette attitude d'ailleurs le transfigure, ses traits se détendent, se figent, dans une expression de béatitude, comme si une paix immense descendait en lui. Ses yeux, levés vers le ciel, peu à peu se révulsent. Un courant fluidique semble s'établir entre lui et les autres frères et sœurs qui le fixent, hypnotisés, et on sent comme le souffle de leur foi intense qui passe, les unissant dans une communion spirituelle, émouvante, hallucinante même.
        Soudain, une sœur arrivée au paroxysme de la tension nerveuse s'évanouit, sans même que l'attention de ses voisins s'en distraie. On l'emporte à l'écart et c'est tout. Sur tous ces visages comme pétrifiés où les yeux seuls vivent, animés par la flamme d'une révélation mystérieuse, la même expression de mysticisme frappe.
        Ils voient, ils sentent, par on ne sait quel obscur mécanisme de psychose collective qui se propage dans l'atmosphère recueillie, de sublimes abstractions dégager leur esprit de la matière et l'inonder de lumière par le miracle de la foi.
        C'est comme une extase.
        Mais la pluie lentement se met à tomber et le frère Janin, officiant du nouveau temple, ancien commandant de la marine française, procède à la lecture des dix principes de Dieu, révélés au père Antoine, et transmis par celui-ci à ses disciples. Le style en est quelque peu hermétique, mais, nous dit un frère, il paraît que personne ne peut dès l'abord en saisir la profondeur. Il faut la pratique et surtout la foi.
        En voici quelques-uns :

    Si vous m'aimez,
    Vous ne l'enseignerez à personne,
    Puisque vous savez que je ne réside
    Qu'au sein de l'homme.
    Vous ne pouvez témoigner qu'il existe
    Une suprême bonté
    Alors que du prochain vous m'isolez.
    *
    *   *
    Quand vous voudrez connaître la cause
    De vos souffrances,
    Que vous endurez toujours avec raison,
    Vous la trouverez en l'incompatibilité de
    L'intelligence avec la conscience
    Car elles sont la base des termes de comparaison.
    Vous ne pouvez ressentir la moindre souffrance
    Qu'elle ne soit pour vous faire remarquer
    Que l'intelligence est opposée à la conscience.
    C'est ce qu'il ne faut pas ignorer.
    *
    *   *
    Ne vous laisser pas maîtriser par votre intelligence
    Qui ne cherche qu'à s'élever toujours
    De plus en plus ;
    Elle foule aux pieds la conscience,
    Soutenant que c'est la matière qui donne
    Les vertus,
    Tandis qu'elle ne renferme que la misère
    Des âmes que vous dites
    « Abandonnées »,
    Qui ont agi seulement pour plaîre
    A leur intelligence qui les a égarées.
    *
    *   *

        Faut-il entendre par là que l'intelligence est incompatible avec la conscience et avec la croyance aux enseignements antoinistes ? Notre incompétence en cette exégèse ne nous autorise pas à risquer une interprétation. Mais revenons au temple.
        Bientôt les portes s'ouvrent et les fidèles sont autorisés à en visiter l'intérieur. Ce qui ne se fait pas sans encombre, étant donnée l'affluence. Une grosse demi-heure s'écoule avant que nous puissions, dans la cohue, atteindre le seuil.
        Une désillusion nous attend d'ailleurs. Plus rien ici ne rappelle l'intérieur d'un quelconque édifice consacré au culte église, synagogue, pagode, mosquée, pastophore ou hypèthre.
        C'est la nudité absolue, froide, sans aucune image ou ornement qui permette de reposer un instant le regard.
        Imaginez une vaste salle carrée de douze mètres de long sur autant de large, au sol carrelé, percée de trois baies aux vitres claires. Les murs blanchis à la chaux, d'une nudité uniforme et désolante encadrent cette vacuité. Dans le fond, un petit pupitre en bois peint, comme ceux qu'on trouve dans les écoles pauvres, est surmonté d'une affiche de papier bleu sur laquelle ce texte se détache en caractères blancs :

     L'AUREOLE DE LA CONSCIENCE
    « Un seul remède peut guérir l'humanité ; La Foi ; c'est de la foi que naît l'amour : l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu Lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de Le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et de vérité. »

         A part cela rien !
        Dans le Narthex qui donne accès à la salle, les naophylax et les néocorats canalisent la foule qui lentement fait le tour de la Cella. Çà et là, dans les angles, des mateologiens, plus ardents demeurent adossés au mur les mains jointes, les yeux clos, perdus dans une rêverie télétique, retranchés dans la tour d'ivoire de leur anagogie.
        Ils sont, chaque jour, plusieurs dizaines de milliers, comme cela, dans les 49 temples que le culte antoiniste a élevés à ce four pour servir à l'enseignement du Père ! Ce sont quelques dizaines de milliers de braves gens avides d'idéal !                                                                                                           G. H.

    L'Étoile belge, 3 août 1925 (source : Belgicapress)


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  • Robert Destez - Paris Secret p.56 (L'Art belge, 1er janvier 1951).jpeg  Robert Destez - Paris Secret p.57 (L'Art belge, 1er janvier 1951).jpeg


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  • Une douloureuse et délicate affaire de mauvais traitements à enfant (La Croix, 29 avril 1956)

    Une douloureuse et délicate affaire
    de mauvais traitements à enfant
    à Draveil (S.-et-O.)

        Le Parquet de Versailles vient d’ouvrir une information au sujet d’une délicate affaire de mauvais traitements à enfant.
        Il y a, en effet, quelques temps, M. D…, chef de rayon dans un grand magasin parisien, domicilié à Draveil (Seine-et-Oise), amenait son fil Joël, 6 ans, dans une institution qui s’occupe de l’enfance déficiente, à Argenteuil.
        Tout d’abord, devant l’état de l’enfant, qui paraît âgé de 2 ans, bien qu’il en ait 6, la directrice de l’établissement refusa d’admettre le bambin, mais devant l’insistance de la mère, elle finit par accéder à son désir.
        Il y a quelques jours, la grand-mère vint visiter son petit-fils. Elle déclara à la directrice que son gendre était un adepte de la secte des antoinistes (1). Entre temps, le Dr Ganivet, médecin à Argenteuil, avait examiné l’enfant et constaté qu’il ne parlait pas et qu’il était d’une maigreur extrême. Il le fit transporter à l’hôpital.
        C’est devant ces faits que les policiers de Versailles ont chargé la section judiciaire d’Argenteuil d’ouvrir une enquête.
    ___________________________

        (1) Les « antoinistes » – au nombre d’une dizaine de milliers en France – sont les adeptes d’une secte religieuse fondée par un mineur belge, Antoine Louis, né en 1846 et mort en 1912. Les préceptes d’« Antoine le Généreux » déconseillent le recours aux médecins. Pour eux, la maladie n’existe pas : elle est une invention de la raison.

    La Croix, 29 avril 1956

        Je n’ai pas pu retrouver de mention de cette histoire tragique dans les journaux. Impossible d’en savoir plus donc.


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  • Avis de décès antoiniste - Grenoble (Le Petit Dauphinois, 12 mai 1942)

    AVIS DE DÉCÈS

        FONTAINE GRENOBLE – Mme Vve Emile Poncet, Mme et M. Marcel Minière vous font part du décès de

    Monsieur Emile PONCET
    chef d'équipe des PTT en retraite

        Les funérailles antoinistes auront lieu le 12 mai 15 heures rue de Sassenage à Fontaine. La famille ne stationnera pas au cimetière.
                                           Ni fleurs, ni couronnes

    Le Petit Dauphinois, 12 mai 1942


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  • Avis de décès antoiniste - Grenoble (Le Petit Dauphinois, 3 septembre 1941)

    AVIS DE DÉCÈS

        GRENOBLE – Culte Antoiniste. – M. Louis Bonneton et toute sa famille ont la douleur de vous faire part du décès de

    Monsieur Louis SEVOZ-BERNAKUIN

        Le convoi partita du domicile mortuaire pour se rendre directement à Saint-Roch, le mercredi 3 septembre, à 15 heures
        Ni fleurs, 21 couronnes

    Le Petit Dauphinois, 3 septembre 1941


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  • ''Anton der Heiler'' gestorben (Luxemburger Bürger=Zeitung, 2. Juli 1912)(eluxemburgensia.lu)

        „Anton der Heiler“ gestorben. Brüssel, 27. Juni. In Jemappe, unweit Lüttich, ist im Alter von 66 Jahren ein Wunderdoktor u. Prophet, „Anton der Heiler“, gestorben. Dieser Mann war ehemals in Rußland als Arbeiter beschäftigt; er kam im Jahre 1895 nach Belgien zurück und gründete eine Kolonie von Schwärmern, denen er einen vereinfachten Katholizismus predigte. Offenbar stand er unter dem Einfluß der Tolstoischen Theorien. Er nannte seine Religion Antoinismus. Seine Anhängerzahl soll sich auf 100 000 belaufen haben, die im vorigen Jahre an die belgische Kammer eine Petition richteten und um staatliche Anerkennung ihrer Religion ersuchten. „Anton der Heiler“ hatte sich einen Tempel errichtet und dort führte er Wunderkuren aus. Er kam verschiedene Male mit dem Strafrecht in Konflikt, wurde aber nur einmal zu einer geringen Geldstrafe verurteilt. Sein Einfluß war ein großer. Er hat jetzt bestimmt, daß seine Frau sein Werk weiterführen soll.

    Luxemburger Bürger=Zeitung, 2. Juli 1912 (source : eluxemburgensia.lu)

     

    Traduction :

        Mort d'« Antoine le guérisseur ». Bruxelles, le 27 juin. Un thaumaturge et prophète, « Antoine le guérisseur », est mort à Jemappe, non loin de Liège, à l'âge de 66 ans. Cet homme avait été employé comme ouvrier en Russie ; il revint en Belgique en 1895 et fonda une colonie d'enthousiastes auxquels il prêchait un catholicisme simplifié. Il était apparemment influencé par les théories de Tolstoï. Il a appelé sa religion l'antoinisme. Ses adeptes seraient au nombre de 100 000 et auraient adressé l'année précédente une pétition à la Chambre belge pour demander la reconnaissance de leur religion par l'Etat. « Antoine le guérisseur » s'était construit un temple où il pratiquait des cures miraculeuses. Il eut plusieurs fois des démêlés avec la justice pénale, mais ne fut condamné qu'une seule fois à une légère amende. Son influence était grande. Il a maintenant décidé que sa femme poursuivrait son œuvre.

    Luxemburger Bürger=Zeitung, 2 juillet 1912


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  • Antoine, de Wonderdocter (Gazet van Antwerpen, 21 novembre 1922)(Belgicapress)Antoine, de Wonderdocter

        Een maand geleden werd, krachtens de wet op de vereenigingen zonder winstbejag, door het Staatsblad een koninklijk besluit uitgevaardigd, waardoor het Antoinisme officieel erkend werd als een instelling van openbaar nut.
        In de Kamerzitting van Donderdag 27 Mei 1921, verklaarde reeds de heer Piérard, socialistisch volksvertegenwoordiger, dat hij zinnens was de erkennirtg van den Antoinistischen eeredienst aan te vragen om te doen bezoldigen op denzelfden voet als den katholieken eeredienst.
        Om gemakkelijker zijn spel te winnen, schermde het roode Kamerlid met de verzoekschriften, vanwege menig gemeentebestuur uit het Walenland naar de Kamer verzonden, om de werkelijke erkenning van het Antoinisme te bekomen. « Antoine, zoo wordt er beweerd, is een van de grootste weldoeners der menschheid, die men maar ergens kan ontmoeten », en de opstellers wijzen zegevierend op de ontelbare wonderbare genezingen, door den nieuwen eeredienst uitgewerkt.

    *  *  *

        Een vluchtig onderzoek van Antoine's wonderbare (?) geneeskunde zal uitmaken of dat alles wel heer ernstig is.
        Antoine was de zoon van een mijnwerker, en werd den 8 Juni 1848 te Mons-Crotteux geboren. In de hoop wat geld te verdienen, week hij, als metaalbewerker, uit naar Rusland, waar hij heel waarschijnlijk in betrekking kwam met meer dan een van die zonderlinge monniken, van wie Dostoiewsky het treffend portret heeft geteekend en die dank aan hun genezende suggestiemacht op de onwetende massa een buitengewonen invloed uitoefenen. Raspoutine was zoo wat van dat slag.
        Weldra keerde Antoine terug naar België en rentenierde te Jemeppes. Tot zijn 42 jaar bleef hij trouw aan den katholieken godsdienst. Ontroostbaar over het afsterven van zijn twintigjarigen zoon, liet hij zich opschrijven als lid van de spiritische vereeniging Les Vignerons du Seigneur, in de hoop met zijn kind opnieuw in betrekking te geraken. De schim van den doode – zoo werd hem wijsgemaakt – verscheen, en zij beweerde dat ze verhuisd was in de huid van een apotheker te Parijs.
        Van dit oogenblik af werd Antoine een overtuigd spiritist, die door zijn mysterieus orakelen over een heele boel dingen, door zijn plechtige gebaren, zijn streng vegetarisch leven – Antoine leed aan slechte spijsvertering – de bewondering en den aanhang van duizenden verwierf.
        Niet enkel ging men hem bezoeken om door zijn mediumschap met de geesten een praatje te slaan, maar ook om genezing te erlangen. Goedwillige geesten, vooral de schim van zekeren' doctor Carita, ontvingen op consult en stelden hun recepten op in slecht Fransch, met een sterk Waalsch accent.

    *  *  *

        't Duurde niet lang of de slimme Antoine dankte de medecinale schim van Dr Carita vriendelijk af: hijzelf zou geneesheer spelen Doch niet ineens werd hij de groote Antoine le guérisseur.
        Antoine begon met medecijnen voor te schrijven voor de eenvoudige menschen, immers, is de doctor iemand die fleschjes prepareert. Zijn keuze viel op de wonderlikeur Coune, te dien tijde in een apotheek In 't Walenland te koop gesteld als een probaat behoedmiddel tegen cholera; ijzerperchloruur vormde er de grondstof van. Die wonderflesch werd voor Antoine een universeele artsenij: ze genas de menschen van tering, tandpijn, lendenverschot en eksteroogen, al naar gelang de druppel-doseering van den wonderdoctor.
        Na korten tijd, echter, werd Antoine veroordeeld voor onwettige uitoefening der geneeskunde... Dit vonnis kon het blind vertrouwen zijner bewonderaars niet verkoelen. Om hen te gerieven, vond de Wonderdoener aanstonds wat nieuws uit: ik heb hun flesschen voorgeschreven met wat ijzerperchloruur in, een stoffelijk bestanddeel dat onder de greep valt der tribunalen, ik zal hun voortaan flesschen geven vol van een vloeistof welke niet onder de zinnen valt: mijn magnetisch dierlijk fluidum !
        Zorgvuldig gegradueerd volgens den nard der ziekte, trok Antoine zijn magnetische vloeistof op klaar water, dat met volle emmers en kruiken aan de openbare fonteinen te Jemeppes werd getapt om de flesschen der aanstroomende zieken te vullen.
        't Was lastig werk voor elken bezoeker zoo een flesch te magnetiseeren, Antoine zou dan zijn fluidieke krachten eenvoudig doen overgaan in stukjes papier; die kon men, thuis gekomen, in water leggen. Geen afmattende gymnastiek meer : hij was niet meer verplicht zijn zwak lichaam in allerlei stuiptrekkingen te verwringen om de flesschen zijner ontelbare bezoekers te magnetiseeren. Papier kon hij in groote boeveelheid en zonder getuigen met zijn geheime vloeistof voorzien.

    *  *  *

        Likeur Coune, water, papier – Antoine zond het al naar de maan : rechtstreeks, door oplegging der handen liet hij zijn genezende vloeistof in de patiënten overgaan.
        Vijftig kranken per uur kon hij zijn zegenende handen opleggen. Dat ook was te vermoeiend voor een grijsaard: Antoine ging over tot de collectieve passen of handstrijkingen en dat was het laatste stadium in zijn loopbaan van wonderdoctor.
        Een groote menigte is in den Antoinistischen tempel te Jemeppes vergaderd gewoonlijk een Zondag, want dan is le Pere guérisseur bijzonder rijkelijk met genezende vloeistof beladen. In de zaal is een theater opgetimmerd met, op den achtergrond, een deur die uitgang geeft op het huis van den profeet. De geloovigen zitten op banken vóór het verhoog.
        « Onze goede vader gaat komen, zoo luidt de gewone Zondagspreek van den eenen of anderen discipel-spiritist van Antoine; vooraleer te opereeren, bidt hij hiernevens. Eerbiedigt dit plechtig oogenblik, verlevendigt uw geloof, want die gelooven, zullen geholpen worden. »
       
    Daar verschijnt opeens de Wonderdoener. Hij ziet er oud uit; zijn mager, bleek wezen, de lange haren die golven langs zijn nek, geven hem een hiëratisch voorkomen. Hij schijnt van de aarde ontheven, in hoogere kringen te zweven: met een gebaar vol majesteit verheft hij de handen, strekt wijd de armen uit, laat ze in een langzaam tempo gaan van Oost naar West en van West naar Oost, terwijl hij krampachtig de vingeren beweegt om over de hoofden der aanwezigen, – allen vreeselijk-ernstig net als lijkdragers die hun verlakten hoogen hoed verloren hebben, – het goede fluidum te laten uitstroomen. Dan sluit hij de oogen en keert, zonder een woord gesproken te hebben, naar de bidkamer terug.
        De zitting is geëindigd. Die geloofden, zijn genezen, zoo klinkt het uit den mond van den discipel-spiritist. De zaal loopt ledig, maar andere bezoekers die buiten stonden te wachten, nemen nu plaats op de banken en het... kluchtspel herbegint.

    *  *  *

        Verdient nu wel Antoine den naam Wonderdoener, le Père guérisseur, waarmede zijn volgelingen zoo hoog oploopen ?
        Men kan aannemen dat bij den spiritist enkele zenuwzieken en maaglijders genazen. 't kan best gebeuren dat zieken die Antoine gingen opzoeken, in de vaste overtuiging bij hem heul en redding te vinden, geschokt door zijn mysterieuze gebaren, extatischen blik, de gezondheid terugbekwamen, waar het slechts een ontreddering gold van hun zenuwgestel. Het is ook goed mogelijk dat hij maagkranken heeft genezen: hij legde immers de patiënten die hem kwamen raadplegen, strenge matigheid op in spijs en drank, en dezen onderhielden, zonder er een duimbreed van af te wijken, het gezondheidsregiem door Père Antoine voorgeschreven.
        Om zijn naam van Wonderdoctor te verdienen, moest Antoine kunnen wijzen op organische, wel gekaracterizeerde ziekten, die hij plots genas. Maar genezingen van dit soort hebben de annalen van zijn eeredienst nooit geboekt. Integendeel, zijn nieuwe cultus heeft niet zelden sterfgevallen voor gevolg gehad, omdat meer dan eens erg aangetaste zieken, misleid door de onzinnige voorschriften van Antoine, halsstarrig weigerden een geneesheern te raadplegen. Niet zelden werd dan ook te Jemeppes de begravingsvergunning geweigerd, omdat het bleek dat het sterfgeval het gevolg was geweest van stelselmatig miskende medische hulp.
        En toch durven sommigen Jemeppes op ééne lijn stellen met Lourdes. Is dat onwetendheid of kwade trouw? – Roode Kamer- en gemeenteraadsleden eischen staatsbezoldiging op voor het Antoinisme, erkend als een eeredienst van algemeen nut. Is dat wel ernstig ? Och ! om zijne kiezers te behagen, moet men zoo dikwijls aardig doen in de politieke wereld......

    Gazet van Antwerpen, 21 november 1922 (source : Belgicapress)

        La source de ce journal est l’article e d’André Kervyn de 1911.

     

    Traduction :

    Antoine, le docteur miracle

        Il y a un mois, en vertu de la loi sur les associations sans but lucratif, un arrêté royal a été publié au Journal officiel, reconnaissant officiellement l'Antoinisme comme une institution d'utilité publique.
        Lors de la séance parlementaire du jeudi 27 mai 1921, M. Piérard, représentant socialiste du peuple, a déjà déclaré qu'il avait l'intention de demander la reconnaissance du service antoiniste à être rémunéré au même titre que le service catholique.
        Afin de gagner plus facilement sa partie, le député rouge a présenté les pétitions envoyées à l'hémicycle par de nombreuses collectivités locales wallonnes pour obtenir une véritable reconnaissance de l'Antoinisme. « Antoine, dit-on, est l'un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité qu'on puisse rencontrer en quelque lieu que ce soit », et les auteurs évoquent triomphalement les innombrables guérisons miraculeuses opérées par le nouveau culte.

    *  *  *

        Un examen rapide de la médecine miraculeuse (?) d'Antoine montrera si tout cela est vraiment sérieux.
        Antoine est fils de mineur, il est né à Mons-Crotteux le 8 juin 1848. Dans l'espoir de gagner un peu d'argent, il a émigré comme ouvrier métallurgiste en Russie, où il est très probablement entré en contact avec plus d'un de ces étranges moines dont Dostoïevski a dressé le portrait saisissant et qui, grâce à leur pouvoir de suggestion curative, exercent une influence extraordinaire sur les masses ignorantes. Un certain raspoutine était de ce genre.
        Antoine rentre bientôt en Belgique et devient pensionnaire à Jemeppes. Jusqu'à l'âge de 42 ans, il est resté fidèle à la religion catholique. Attristé par la mort de son fils de 20 ans, il s'est inscrit comme membre de l'association spirituelle Les Vignerons du Seigneur, dans l'espoir de renouer avec son enfant. Le fantôme du défunt – c'est ce qu'on lui a fait croire – est apparu, et elle a prétendu s'être installée dans la peau d'un pharmacien à Paris.
        Dès lors, Antoine devient un spirite convaincu, qui, par ses oracles mystérieux sur un grand nombre de choses, par ses gestes solennels, sa vie végétarienne stricte – Antoine souffrait d'une mauvaise digestion – gagne l'admiration et l'adhésion de milliers de personnes.
        Les gens allaient le voir non seulement pour discuter avec les esprits grâce à sa médiumnité, mais aussi pour obtenir la guérison. Des esprits bien intentionnés, notamment le fantôme d'un certain Docteur Carita, recevaient des consultations et rédigeaient leurs ordonnances en mauvais français, avec un fort accent wallon.

    *  *  *

        L'astucieux Antoine ne tarde pas à rejeter gentiment le fantôme médical du Dr Carita : il jouera lui-même le rôle du médecin. Mais il ne devient pas d'un seul coup le grand Antoine le guérisseur.
        Antoine se met à prescrire des médicaments pour les gens les plus simples, car le médecin est quelqu'un qui prépare des flacons. Son choix s'est porté sur la liqueur miracle Coune, à l'époque en vente dans une pharmacie du pays wallon, comme prévention efficace contre le choléra ; l'acide perchlorique de fer en était la matière première. Ce flacon-miracle est devenu pour Antoine un médicament universel : il guérit les gens de l'épilepsie, des maux de dents, de la luxation lombaire et des cors aux pieds, selon le dosage des gouttes du médecin-miracle.
        Peu de temps après, cependant, Antoine a été reconnu coupable d'exercice illégal de la médecine... Ce verdict n'a pas pu refroidir la confiance aveugle de ses admirateurs. Pour leur plaire, le thaumaturge a aussitôt inventé quelque chose de nouveau : je leur ai prescrit des flacons contenant un peu d'acide perchlorique ferrique, composant matériel qui tombe sous la coupe des tribunaux ; désormais je leur donnerai des flacons pleins d'un fluide qui ne tombe pas sous les sens : mon fluide animal magnétique !
        Soigneusement gradué selon la nature de la maladie, Antoine puisait son fluide magnétique dans l'eau prête à l'emploi, que l'on puisait aux fontaines publiques de Jemeppes avec des seaux et des pichets pleins pour remplir les flacons des malades qui arrivaient.
        C'était un travail difficile de magnétiser pour chaque visiteur une telle bouteille, Antoine transférait alors simplement ses pouvoirs fluidiques sur des morceaux de papier ; une fois rentrés chez eux, ils pouvaient les mettre dans l'eau. Plus de gymnastique épuisante : il n'était plus obligé de tordre son faible corps dans toutes sortes de convulsions pour magnétiser les flacons de ses innombrables visiteurs. Il pouvait fournir du papier avec son fluide secret en grande quantité et sans témoins.

    *  *  *

        Liqueur de Coune, eau, papier – Antoine l'envoyait déjà sur la lune : directement, par imposition des mains, il transférait son fluide curatif aux patients.
        Il pouvait donner sa bénédiction à cinquante patients par heure. Cela aussi était trop épuisant pour un vieil homme : Antoine est passé aux passes collectives ou aux impositions des mains et ce fut la dernière étape de sa carrière de thaumaturge.
        Une foule nombreuse s'est rassemblée dans le temple Antoiniste de Jemeppes, généralement un dimanche, car c'est à ce moment-là que le Père guérisseur est particulièrement richement doté en fluide guérisseur. Dans le hall, un théâtre a été construit avec, au fond, une porte menant à la maison du prophète. Les fidèles sont assis sur des bancs devant la plate-forme.
        « Notre bon père arrive », tel est le sermon dominical habituel de l'un ou l'autre des disciples d'Antoine ; avant d'opérer, il prie à côté. Respectez cette occasion solennelle, animez votre foi, car ceux qui croient seront aidés. »
        Soudain, le faiseur de miracles apparaît. Il a l'air vieux ; ses traits fins et pâles, les longs cheveux qui ondulent le long de son cou, lui donnent un air hiératique. Il semble être soulevé de terre, flottant dans des cercles plus élevés : avec un geste plein de majesté, il lève les mains, étend largement les bras, les laisse se déplacer à un rythme lent d'Est en Ouest et d'Ouest en Est, tandis qu'il bouge convulsivement les doigts pour faire couler le bon fluide sur les têtes des personnes présentes, toutes terriblement tristes, comme des porteurs de cercueils qui ont perdu leur chapeau haut et croulant. Puis il ferme les yeux et retourne dans la salle de prière sans dire un mot.
        La réunion est terminée. Ceux qui ont cru ont été guéris, c'est ce que dit le disciple-spirituel. La salle est vide, mais d'autres visiteurs qui attendaient dehors prennent place sur les bancs et la... farce recommence.

    *  *  *

        Antoine mérite-t-il vraiment le nom de thaumaturge, le Père guérisseur, dont ses adeptes sont si convaincus ?
        On peut supposer que le spirite a guéri des patients nerveux et des maux d'estomac. Il se pourrait bien que les malades qui allaient voir Antoine, convaincus qu'ils trouveraient en lui la guérison et le salut, aient été ébranlés par ses gestes mystérieux et son regard extatique, et aient retrouvé la santé alors qu'ils n'avaient qu'une dépression du système nerveux. Il est également possible qu'il ait guéri des crampes d'estomac, car il imposait une stricte modération dans la nourriture et la boisson aux patients qui venaient le consulter, et ceux-ci suivaient le régime sanitaire prescrit par le Père Antoine sans en dévier d'un pouce.
        Pour mériter son nom de thaumaturge, Antoine devait pouvoir citer des maladies organiques, bien caractérisées, qu'il guérissait soudainement. Mais les guérisons de ce genre ne sont jamais entrées dans les annales de son culte. Au contraire, il n'est pas rare que son nouveau culte entraîne des décès, car plus d'une fois les grands malades, trompés par les prescriptions absurdes d'Antoine, refusent obstinément de consulter un médecin. Il n'est pas rare que le permis d'inhumer soit refusé à Jemeppes, car il s'est avéré que le décès avait été le résultat d'un abus systématique des soins médicaux.
        Et pourtant, certains osent mettre Jemeppes sur le même plan que Lourdes. Est-ce de l'ignorance ou de la mauvaise foi ? – Les membres de la Chambre rouge et les conseillers municipaux réclament un financement de l'État pour l'Antoinisme, reconnu comme un service d'intérêt général. C'est sérieux ? Oh ! pour plaire à ses électeurs, il faut souvent être gentil dans le monde politique.......

    Gazet van Antwerpen, 21 novembre 1922


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  • Antoine le Guérisseur est mort (Courrier de l'Escaut, 27 juin 1912)(Belgicapress)

                                                                            Antoine le Guérisseur
    est mort. Né à Flémalle-Grande en juin 1846, il avait donc 66 ans et s'était établi, voilà une vingtaine d'années en cette localité de Jemeppe où il avait fait élever ce temple où il officiait gravement. On sait qu'il avait changé son ancien métier d'armurier contre celui de grand prêtre de la « religion antoiniste » et qu'il est parvenu à se faire nombre d'adeptes dans le peuple qui le qualifiait de guérisseur parce qu'il lui attribuait des cures, résultat de prières et d'imposition de mains sur le malade. Poursuivi deux fois pour exercice illégal de la médecine, il fut acquitté une fois, condamné à l'amende une autre fois.

    Courrier de l'Escaut, 27 juin 1912 (source : Belgicapress)


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  •  Scène sur Antoine le Guérisseur de la Revue Tutute au Pavillon de Flore en 1908

       On apprend par deux articles de la Meuse que des scènes comiques furent représentées au Pavillon de Flore (théâtre du quartier populaire d'Outre-Meuse à Liège) au bénéfice des Mlles Lapoutge, durant la revue Tutute de M. Dervilly.
        « Tutute » s'enrichissait de plus de scènes nouvelles : une au premier acte relatant l'amusante consultation donnée par Antoine le Guérisseur à des jeunes gens fort amoureux – scène qui finit par un mariage.

     

     

    Scène sur Antoine le Guérisseur de la Revue Tutute au Pavillon de Flore en 1908   

     

    La Meuse, 10 mars 1908 (source : Belgicapress)

     

     

     

     

     

    La Meuse, 12 mars 1908 (source : Belgicapress)


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  • Octeville (Journal officiel de la République française 1er février 1952)

    4 janvier 1952. Déclaration à la sous-préfecture de Cherbourg. Association cultuelle antoiniste. But : propager l'enseignement du Père et gérer le temple d'Octeville. Siège social : 31, rue Saint-Sauveur, Octeville.

    Journal officiel de la République française. Lois et décrets, 4 octobre 1923


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