•       Pour le temple de Huy, deux ou trois ménages ont été accueillis et hébergés par le desservant et son épouse.

    Souvenirs de frère Pierre Dock

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  • Le Temple Antoiniste de JEMEPPE-sur-MEUSE.

    Remarque préliminaire : Pierre DEBOUXHTAY, Docteur en Philosophie es Lettres, Professeur à l'Université de LIEGE a consacré deux ouvrages à l'Antoinisme. Le premier est quasi introuvable. Il s'intitule « ANTOINE  et l'ANTOINISME - les Faits d'après des documents inédits ». Il semble ne plus en exister que quelques exemplaires. Le second livre, lui, semble définitivement introuvable. J'ai découvert ce livre à la bibliothèque du Grand Séminaire de LIEGE. Il s'agit de l'exemplaire dédicacé par l'auteur à Monseigneur KERKHOFS, Evêque de LIEGE à l'époque. Mais je laisse la parole à l'auteur pour décrire le Temple tel qu'il l'a vu en 1934. Il l'appelle «  Le Temple par excellence ».
     
    LE TEMPLE ANTOINISTE
      D'ordinaire les temples antoinistes sont d'aspect très modeste.
    Le temple, par excellence, celui de JEMEPPE, situé à mi-côte d'une colline assez abrupte, non loin du chemin de fer, est lui-même d'une grande simplicité : façade cimentée, percée de fenêtres, rendue grisâtre par la fumée des charbonnages ; deux entrées, l'une Alfred SMEETS (jadis Rue BOIS de MONT), l'autre rue des TOMBALLES (1), y donnent accès. Rue SMEETS, sur la porte, à deux battants, peinte en vert, encadrée de deux petites fenêtres ogivales, on lit cette inscription : «  Lecture de l'Enseignement du Père le dimanche à 10 heures et tous les jours à 7 heures du soir, excepté le samedi. Opération générale au nom du Père les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures. Le Temple est ouvert jour et nuit aux personnes souffrantes. Tout le monde est reçu gratuitement. » (2). Sur le mur, au dessus de la porte, en très grands caractères : « CULTE ANTOINISTE 1910 ». A côté de la porte, sur la boîte aux lettres, on pouvait lire naguère cette invitation : « Ne jetez plus de l'argent dans la boîte aux lettres. » L'édifice est coiffé d'un clocheton (sans cloche) recouvert de zinc et qui se termine par une sorte de vrille.

      La porte de la Rue A. SMEETS (1) franchie, on se trouve dans un porche : à gauche, au mur on voit des photos de temples et l'adresse de ces sanctuaires (2) ; à droite, des avis annonçant les fêtes du Culte, les places de desservants vacantes, etc. ; à droite encore, le bureau des services administratifs ; à gauche, à l'entrée du vestibule un bureau de consultations. Le vestibule est séparé du temple par une porte capitonnée, où sont apposés des écriteaux rappelant que  « sans la foi on ne peut être sauvé » (3), invitant les personnes qui entrent à se confesser au Père : «  Mes enfants, quand vous venez au Temple, faites bien votre confession au Père Antoine. Si vous avez la foi au Père, vous obtiendrez selon votre foi. »

      Au moment de pénétrer dans le temple, on remarque, à droite, un robinet, un évier et des gobelets retenus par des chaînettes (4).

      On se trouve dans une pièce assez spacieuse garnie de chaises et de bancs, ayant « l'aspect d'une salle ordinaire de forme carrée et dont les murs devant et derrière sont percés de trois fenêtres ogivales. La lumière du jour y pénètre surtout par la toiture vitrée. Avec les galeries dont elle est dotée, elle peut contenir jusqu'à 1500 personnes ».....

      Contre le mur du fond est adossée la grande tribune, estrade assez large, avec balustrade en fer. On y accède par un escalier de douze marches, situé à droite (par rapport au public) (5)  ; on peut aussi s'y rendre par une porte qui donne accès aux appartements du Père. C'est par cette entrée que celui-ci venait à la tribune ; de même , la Mère ANTOINE. Quant aux autres guérisseurs (6), ils doivent emprunter l'escalier de douze marches (6). Un portrait en pied du Père ANTOINE est appendu à la tribune (7). En dessous de ce portrait se trouve une sorte de pupitre, c'est la petite tribune. A gauche de celle-ci, l'emblème antoiniste (7) «  nous rappelant que nous devons lutter sans cesse contre l'intelligence qui, seule, nous divise et nous afflige ». A droite, le portrait de la Mère ANTOINE (7). Sur le mur peint en noir auquel la grande tribune est adossée, on peut lire, dans la partie supérieure, les mots : « CULTE ANTOINISTE » ; plus bas, encadrant les fenêtres, les inscriptions suivantes : à gauche, « Tous les dimanches à 10 heures, lecture de l'Enseignement du Père » ; puis, à droite, «  L'Enseignement du Père, c'est l'Enseignement du Christ révélé à cette époque par la Foi »(8). En dessous des fenêtres, en très grands caractères : « Un seul remède peut guérir l'humanité : la Foi... » (9).......

    Remarques sur le texte :
    (1)    L'adresse du Temple est maintenant « Rue ROUSSEAU, 2 ». Suite à la fusion des communes, il existait une autre rue SMEETS à SERAING.
                Dans le passé, ce tableau figurait dans les porches de tous les Temples.
    (2)    Lors de ma dernière visite à JEMEPPE-sur-MEUSE, je ne me souviens plus d'avoir vu cette pancarte.
    (3)    On a dû afficher un avis signalant que cette eau sert uniquement à désaltérer les visiteurs. Certains lui attribuaient, faussement, des vertus curatives !
    (4)    Dans les autres Temples Antoinistes, cet escalier est habituellement situé à gauche de la tribune.
    (5)    La desservante actuelle de JEMEPPE-sur-MEUSE, Sœur Ghislaine DUMONT, utilise, depuis quelques années le même accès que le Père et la Mère ANTOINE. Ce qui a provoqué un certain émoi chez les Antoinistes, surtout chez les desservants des Temples « avec photos ».
    (6)    Le Temple Antoiniste de JEMEPPE étant un Temple « sans photos », il n'y a plus, maintenant que, au centre, l'emblème du Culte.
    (7)    Cette mention a été supprimée et remplacée par l'indication des heures des OPERATIONS GENERALES. Bien que la suppression remonte à la période d'après-guerre, elle a subsisté très longtemps dans certains Temples.
    (8)    Il s'agit du texte complet de l'Auréole de la Conscience.

    source : http://antoinisme.20six.fr/antoinisme/art/66095/


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  •     Un autre point à noter, c'est que la propagande, même la propagande théosophiste caractérisée, cherche volontiers à s'exercer dans les milieux ouvriers. […] Sur ce terrain éminemment « démocratique », le théosophisme se trouve en concurrence avec le spiritisme, dont la propagande non moins acharnée fait aussi, surtout dans certaines régions, de nombreuses victimes dans le monde ouvrier. Ainsi, il existe (ou du moins, il existait avant la guerre, qui a dû y apporter quelque perturbation) une secte spirite dénommée « Fraternisme », dont le centre était à Douai, et qui avait recruté des milliers d'adhérents parmi les mineurs du Nord de la France (1). Un autre exemple très frappant est celui de l'« Antoinisme », cette pseudo-religion qui prit en Belgique un développement extraordinaire (2), et qui établit même un temple à Paris en 1913 : son fondateur, qu'on appelait le « Père Antoine », mort en 1912, était lui-même un ancien ouvrier mineur à peu près illettré ; c'était un « guérisseur » comme on en rencontre beaucoup parmi les spirites et les magnétiseurs (3), et ses « enseignements », que ses disciples regardent comme un nouvel Evangile, ne contiennent qu'une sorte de morale protestante mêlée de spiritisme, et qui est de la plus lamentable banalité (4). Or, les théosophistes témoignent à cette secte une vive sympathie, comme le prouve cet extrait d'un de leurs journaux : « La Théosophie ayant une portée à la fois morale, métaphysique, scientifique et ésotérique, il n'est pas permis de dire que les enseignements théosophiques et antoinistes sont identiques ; mais on peut affirmer que la morale antoiniste et la morale théosophique présentent entre elles de très nombreux points de contacts. Le Père, d'ailleurs, ne prétend que rénover l'enseignement de Jésus de Nazareth, trop matérialisé à notre époque par les religions qui se réclament de ce grand Etre » (5). Un tel rapprochement est, au fond, assez peu flatteur pour le théosophisme ; mais il ne faut s'étonner de rien, car le « Père Antoine », malgré l'ignorance et la médiocrité intellectuelle dont il fit toujours preuve, fut considéré par certains occultistes plutôt naïfs comme « un des douze Grands-Maîtres Inconnus de la Rose-Croix » (6) ; pourquoi n'arriverait-on pas à en faire une sorte de « Mahatma » ?

     

    (1) Une autre secte spirite assez analogue existait en Belgique, sous le nom de « Sincérisme » ; elle avait pour chef un Maçon de haut grade, le chevalier Le Clément de Saint-Marcq.
    (2) Au moment où la guerre éclata, la religion antoiniste était sur le point d'être reconnue officiellement ; un projet de loi avait été déposé à cet effet par deux des chefs de la Maçonnerie belge, les sénateurs Charles Magnette et Goblet d'Alviella. — Depuis cette époque, on a raconté des choses singulières sur le respect tout spécial témoigné par les Allemands à l'égard des temples antoinistes, et que les adhérents de la secte attribuèrent à la protection du « Père ».
    (3) Une secte américaine de « guérisseurs », connue sous la dénomination de Christian Science, cherche actuellement à s'implanter en France, et il paraît même qu'elle a quelque succès dans certains milieux. Sa fondatrice, Mme Baker Eddy, avait annoncé qu'elle ressusciterait six mois après sa mort ; cette prédiction ne s'est pas réalisée, ce qui n'a pas empêché la secte de continuer à prospérer, tant est grande la crédulité de certaines gens.
    (4) Ces « enseignements » sont tout à fait comparables à certaines « communications » spirites ; les Antoinistes croient à la réincarnation comme les spirites ordinaires et les théosophistes.
    (5) Article intitulé Une religion spirituelle, paru dans le Théosophe du 1er décembre 1913.
    (6) Les mêmes occultistes attribuaient aussi cette qualité à plusieurs autres « guérisseurs » du même genre, notamment à Francis Schlatter, un Alsacien émigré en Amérique, et qui disparut d'une façon assez mystérieuse. L'écrivain occultiste Auguste Stindberg a raconté, dans Inferno (pp. 110-113), une histoire fantastique au sujet de ce personnage.

    René Guenon, Le Théosophisme, Histoire d’une pseudo-religion (Suite et fin)
    XII. – Théosophisme et Franc-maçonnerie
    in Revue de philosophie, XXVIII, Janvier à Décembre 1921 (pp.396-398)

        Dans l’édition publié du livre, plusieurs notes font partie du corps du texte.


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  • Antoinistes pendant la 2e Guerre mondiale (La Meuse, 7 juin 1945)(Belgicapress)

    Un récit comme tant d'autres

    UNE PRISONNIERE POLITIQUE LIEGEOISE
    NOUS FAIT VIVRE SON CALVAIRE

        Au temple du culte antoiniste d'Embourg, quelques patriotes se livraient à une action que les Allemands finirent, hélas, par connaître !
        Plusieurs arrestations furent opérées : celle du docteur Tilkin, de Grivegnée, dont on est sans nouvelle, de Mme Hanoul et de M. Jeanne Disty, rentrées depuis quelques jours et toutes deux alitées.

        « Je pesais près de quatre-vingt-dix kg. au moment de mon arrestation, le 8 juin 43, nous dit Mme Disty. Ma fiche de l'hôpital en accuse 44. Elle date d'hier.

        » Après trois mois de séjour au secret à St-Léonard, nous partions sans jugement pour l'Allemagne. Nous fîmes un premier séjour de 3 semaines à Ravensbruck, dans d'épouvantables conditions d'hygiène et de nourriture. Nous couchions sous un hangard, à tous vents, sans couverture. J'avais trouvé un vieux papier gris dans lequel je m'emballais les jambes. Ma gardienne, une S. S. me l'arracha aussitôt qu'elle s'en aperçut et un S. S. m'infligea à coups de bâton, une correction qui m'ôta l'envie de tricher encore. L'appel à la cour durait entre 2 et 4 h., quel que soit le temps et nous n'avions qu'un peu de pain et une soupe légère comme de l'eau.
        » Nous partîmes pour les usines Bertrix, dans la vallée de la Sprée, où nous faisions 12 heures de travail sans jamais un jour de repos.
        » Je ne vous dis rien du transport en wagon à bestiaux, sans rien à manger ni à boire.
        » Les gardiennes S. S étaient d'une inconcevable brutalité. Les coups pleuvaient sans la moindre raison. Au camp, nous touchions un pain pour cinq détenues et un litre de soupe infâme. Un soir, le camp fut bombardé et les baraquements prirent feu. On nous y avait naturellement enfermées et personne ne vint nous ouvrir. Nous dûmes unir ce qui nous restait de force pour défoncer les portes et nous sauver dans l'enceinte où les S. S. réapparurent tout danger passé pour remettre de l'ordre et apaiser l'affolement selon leur méthode. Certains regrettèrent que nous n'ayons pas été « grillées comme des cochons ». Le lieu étant inlogeable, on nous rangea et nous partîmes à pied pour Koepenick.

        » La plupart des nôtres étaient à pieds nus. Plus personne n'avait de gamelle. On prenait sa soupe dans de vieilles boîte à conserves dont les bords en dent de scie coupaient les lèvres. On recevait un pain par sept détenues. En arrivant, nous fûmes contraintes à une longue pause, dans la cour, entièrement dévêtues, pour recevoir une nouvelle chemise.

        » On nous mit au creusement de tranchées.

        » Bientôt l'avance des Russes imposa un nouveau déménagement vers Orianenburg. Nous partîmes à pieds par étapes de 35 km. Personne n'avait le droit de s'arrêter : qui tombait était achevé sur place. Plus de pain : quatre ou cinq pommes de terre à moitié cuites.

        » Je suis là. Le mauvais rêve est passé. Mes amis m'apportent des fleurs. Puissent-elles effacer les visions terribles dont nos yeux ont peine de se détourner. Une seule chose nous en guérira. C'est d'apprendre que nos tortionnaires ont été punis comme ils le méritent et que, dans tous les pays leurs amis, leurs aides n'ont pas échappé au juste châtiment. Sans cela, les honneurs... »

                                                                                      René LOUETTE.

    La Meuse, 7 juin 1945 (source : Belgicapress)

        Il s’agit certainement d’une salle de lecture, la ville d’Embourg ne possédant pas de temple.

        On connait le couple Hanoul pour avoir créé un temple avec photo à Angleur après que le Premier représentant du Père de Belgique décida leur retrait dans les temples après la désincarnation de Mère qui en avait instauré la tradition.
        On apprend par la presse que le docteur Tilkin mourra en Allemagne vers 1947 en tant que déporté politique. Sportif invétéré, on créera en son honneur la ceinture Tilkin, décerné aux non professionnels dans les années directes d’après-guerre.

        Des personnes se souviennent que Frère José et Sœur Marie du Temple d’Herstal auront caché et protégé des familles juives pendant la Deuxième Guerre mondiale, et au Temple de Huy, deux ou trois ménages ont été accueillis et hébergés par le desservant et son épouse.

        On sait également que des Antoinistes en France ont participé à la résistance : Angèle et Suzanne Marseille, déclaré par Israël comme « Justes parmi les Nations », le frère André Levasseur du temple de la rue du Pré Saint-Gervais…

        René Guenon, dans son livre sur Le Théosophisme dit pour sa part (mais il ne cite pas ses sources et on le sait de partie pris) : « Depuis cette époque [reconnaissance du culte et soutien de sénateurs francs-maçons], on a raconté des choses singulières sur le respect tout spécial témoigné par les Allemands à l’égard des temples antoinistes, et que les adhérents de la secte attribuèrent à la protection posthume du « Père ». » (p.259)
        On ne sait pas s’il parle de la première ou de la deuxième guerre mondiale. On sait par ailleurs, qu’après la première guerre mondiale, des temples ont été réparés aux frais de l’état pour dommage de guerre, notamment celui de Jupille et d’Angleur, mais même celui de Jemeppe.


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  •  Des femmes antoinistes assistent à l'opération   Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

    Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

     

    Ouvrant la marche, un petit homme en noir,
    à la figure tannée...

     

    Photos issues de A-Z Hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936

    Antoinistes attendant devant le Temple, à Jemeppe s/ Meuse.

    Photographies issues de l'article A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936,
    évoquant la Fête de Père du 25 juin 1936


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  • A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936 #1 (KBR)   A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936 #2 (KBR)

    A-Z  Hebdomadaire illustré n°19-26 Juillet 1936

    DANS LE SILLAGE DES DIEUX…

    VII – Chez les Antoinistes

    L’article commence par les paroles du chant antoiniste.

        – Demandez « Le Père Antoine », chanson d'actualité sur l'air du « Premier amour » et du « Petit Ballon rouge » !...
        – Allons, Mesdames, Messieurs, un petit mouvement de charité !
        – Est-ce qu'il y a beaucoup d'autobus ?
        Quel brouhaha, quelle cacophonie !
        Nous venons, par cette chaude matinée de juin, de débarquer, à Jemeppe-sur-Meuse, du train venant de Liége.
        Un soleil torride chauffe la banlieue liégeoise, où de toutes parts, les terrils crèvent le paysage comme des abcès.
        Dans le chemin poussiéreux qui longe le chemin de fer, une Cour des Miracles apostrophe la foule affluant vers le temple où l'on célèbre aujourd'hui, 25 juin 1936, l'anniversaire de la mort du Père.
        Estropiés et éclopés lamentent leur triste sort, tandis que des camelots vendent le portrait du Père et de la Mère.
        Mais la foule que le train et les autobus ont dégorgée dans la petite ville mosane se hâte, car, à 10 h., la Mère fera « l'Opération » devant le temple.
        On monte vers celui-ci dans la poussière noire et dans la buée de la chaude matinée.
        – Des guérisons, y en a-t-il encore ?
        – Tous les jours.
        – Est-ce qu'on visitera l'appartement du Père ?
        – Non, depuis des années, cette visite n'a plus lieu.
        Cela se chante plus que cela ne se dit, ô doux parler liégeois !
        – Cette après-midi, on ira à la source et à la dernière promenade du Père.
        – Nous, nous venons exprès pour voir ça.
        Et l'on monte toujours dans la poussière, sous le soleil brûlant.
        On monte dans une colonne de brouhaha, qui s'amincit au fur et à mesure qu'on approche du temple. Au bout de cette foule bruyante, à la pointe de cette colonne, nous devinons le silence de l'attente et de l'émotion religieuse. Mais quel pauvre décor pour tant de mysticisme !
        Un haut talus pelé fait face à l'église couleur de briques « culottées » par les souffles méphitiques des charbonnages. Sur ce talus, les fidèles se pressent, mains jointes.
        Aux fenêtres grandes ouvertes des maisons grises, la foule encore, et, çà et là, la mince silhouette d'un Antoiniste coiffé d'un chapeau haut-de-forme insuffisamment poussé. Je vois à l'une de ces fenêtres l'éternelle figure de l'Apôtre : tous les traits du visage tendus vers la Promesse, vers l'autre monde : parfait où tous les hommes seront des frères en Dieu.
        – Pardon, frère.
        – Bonjour, sœur.
        Les femmes aussi sont vêtues de l'uniforme noir. Il y en a de jeunes et de presque jolies.
        Mais les vieilles prédominent.
        Et la foule, de plus en plus, se presse autour du temple.
        Nous sommes bientôt serrés à ne plus pouvoir bouger.
        – Frère, venez là-bas. Je pourrai mieux vous expliquer notre foi.
        Docilement, j'obéis. Alors l'enseignement commence.
        – Tout est irréel, tout se désagrège. Vivons donc dans le réel... Nous sommes tous des dieux, avec nos qualités et nos imperfections... Dieu est en chacun de nous... Il faut que nous soyons en même temps pour nous-mêmes, l'Accusateur, le Juge et le Témoin, n'est-ce pas, frère ?... Et que la Conscience corrige l'Intelligence, car l'Intelligence commet bien des erreurs, n'est-ce pas, frère ?...
        Une pétaradante motocyclette interrompt le dialogue.
        Le regard extasié, notre interlocuteur, après avoir attendu que la motocyclette s'éloigne, reprend :
        – Notre joie est de soulager le prochain... C'est la foi dans le Père qui sauve.
        Longtemps encore, l'excellent homme expose sa doctrine, puis tandis que son regard s'illumine de plus en plus, il nous quitte sur ces mots :
        – J'ai été votre serviteur. Je garderai de vous le meilleur souvenir.
        Et il ajoute :
        – C'est quelque chose, ça : garder de quelqu'un un bon souvenir !
        Ses yeux se mouillent.
        – Au revoir, frère.
        Il s'éloigne rapidement comme s'il voulait nous cacher l'émotion qui l'étreint.
        Nous sommes, le confesserai-je ? un peu émus nous-mêmes.
                                                                          *  *  *
        Maintenant, voici « l'opération », face au talus.
        Un silence total s'instaure, rompu seulement par des toux.
        A la porte du temple, quelqu'un psalmodie je ne sais quoi.
        A ma gauche, un homme jeune encore, les yeux fermés, les traits extatiques, remue les lèvres. Sans doute, répète-t-il les paroles que, pour ma part, je ne comprends pas à cause de la distance.
        Aussi bien, cette foule semble recueillie. Sur le talus, comme autour du temple, comme aux fenêtres des maisons grises, ce ne sont que visages fervents.
        L'« opération » terminée, un cortège s'organise. Ouvrant la marche, un petit homme en noir, à la figure tannée, porte au bout d'une hampe une pancarte sur laquelle sont peints ces mots :
        « L'arbre de la Science de la vue du mal ».
        Puis viennent deux antoinistes, une femme et un homme, portant le portrait du Père. Suivent de nombreux autres antoinistes également habillés de noir.
        – On va se rendre en procession au cimetière, nous dit-on.
        Et le cortège, précédé de trois agents bonasses, patoisants, et galonnés comme des généraux d'opérette, monte lentement la route grise qui mène au champ de repos.
        Le fleuve humain, noir et silencieux, coule entre deux rives grouillantes constituées par la foule recueillie, mais qui ne s'agenouille point au passage du cortège.
        Las de marcher si lentement, nous devançons celui-ci et nous entrons au cimetière.
        A droite, des pèlerins entourent la première pierre tombale, celle sous laquelle repose le Père. Hommes, femmes et enfants touchent pieusement la dalle funéraire, en baissant les paupières. Cependant, les fleurs jetées sur la tombe sont fanées et les ex-votos ne diffèrent point de ceux qu'on trouve dans tous les cimetières du monde.
        La tête du cortège, s'étant détachée de la procession, laquelle s'arrête à quelque vingt mètres du champ de repos, s'avance jusqu'à la porte du cimetière, puis rejoint le gros de la troupe, dans un silence qui ne laisse point d'être impressionnant, comme est impressionnante, à la longue, l'extrême simplicité et nudité de cette foi de braves gens qui portent Dieu dans leur cœur et le dépouillent de tout ce qui est solennel, compassé ou majestueux. A ce moment, je me rappelle le mot magnifique de je ne sais plus quel père de l'Eglise : « Nous n'obéissons pas à Dieu ; nous sommes d'accord avec lui ».
                                                                          *  *  *
        Ayant fait le tour du pâté de maisons situées en face du temple, le cortège redescend vers ce dernier dans une même marche lente et silencieuse, toujours précédé des trois agents bonasses, patoisants et galonnés.
        La tête du cortège pénètre dans l'église, dont aussitôt on referme les portes.
        – Il n'y a, nous dit une jeune antoiniste qui garde sévèrement le seuil, que les grands malades qui peuvent entrer.
        Nous avons beau insister, exhiber nos coupe-file, peine perdue : la consigne est formelle, rigoureusement applicable à chacun.
        Mais voici un jeune épileptique que ses parents poussent vers le temple.
        Comme ils insistent, une vieille antoiniste entre-bâille la porte et, s'adressant au malade, lui dit en substance :
        – Il n'y a pas de séance de cabinet aujourd'hui. D'ailleurs à quoi bon ? Le Père vous a tout donné. Il ne saurait vous donner davantage. C'est dans la foi que vous trouverez la guérison. Elle seule sauve.
        Hélas, ce n'est point par les yeux de la foi que nous verrons l'intérieur du temple. Aussi sommes-nous bien décidés à forcer la consigne. Finalement tant de ténacité trouve sa récompense et, après de longs et laborieux pourparlers, on nous fraie un passage, tout en nous prévenant :
        – Si l'on vous suit, il faudra ressortir aussitôt ! Mais nous entrons seuls...
        Simplicité antoiniste, nudité de cette foi de braves gens, on la retrouve ici, plus émouvante peut-être que le faste des églises catholiques où l'art, bien souvent, se heurte à d'horribles bondieuseries, qui n'ont même pas le mérite de la naïveté : statues « sulpiciennes », plâtres affreux que vitupéraient des catholiques comme Léon Bloy, Villers de l'Isle Adam, J.-K. Huysmans ! Ce n'est point non plus la sèche atmosphère de tant de temples protestants, où la Foi semble ratiociner dans le brouillard, autour d'un Dieu sourcilleux solennel et guindé comme un clerc de notaire de campagne.
        Au fond de l'église, le mur porte une immense inscription qui insiste sur la nécessité pour le croyant de pardonner à ses ennemis.
        Retour aux premiers âges de la chrétienté, à la ferveur des catacombes, aux réunions émouvantes que mentionnent les « Actes des Apôtres ? » « Animas vestras castificantes in obedientia charitatis, in fraternitatis amore, simplici ex corde invicem diligite attentius... » (« Rendez vos âmes chastes par l'obéissance de la charité, par une dilection fraternelle ; portez la plus grande attention à vous aimer les uns les autres d'un cœur simple... » (Pierre, 1 : 22.) « Deponentes igitur omnem malitiam, et omnem dolum, et simulationes, et invidias, et omnes detractiones, sicut modo geniti infantes... » (« Ainsi vous de pouillant de toute malice et de toute fraude, des dissimulations, des envies et des médisances, comme des enfants qui viennent de naître... ».
        Tant de passages de la Bible chantent dans la mémoire au contact de cette simplicité savoureuse, entre les murs nus de ce temple !
        Mais voici qu'on estime que notre séjour a suffisamment duré et qu'on vient nous prier de sortir, l'église devant être fermée.
        De retour au village, nous questionnons à droite et à gauche :
        – Des guérisons s'opèrent-elles encore ?
        Les réponses sont toutes catégoriques :
        – Oui, beaucoup.
        Sceptiques, haussez les épaules, si bon vous semble ! Je crois, pour ma part, à ces guérisons. Je crois au « faith-healing ».
        Je crois, comme mon excellent ami le Dr. E. Spehl, Professeur honoraire à l'Université de Bruxelles, « à l'influence considérable que peut avoir le moral sur le physique » et, comme lui je déplore que « dans l'enseignement officiel de la médecine on ne tienne pas compte du facteur moral, pourtant si puissant. »
        Et je me rappelle ce qu'il me disait un jour :
        « J'ai obtenu par la suggestion à l'état de veille de nombreuses guérisons, certaines d'entre elles instantanément, telles par exemple : des paralysies fonctionnelles (hémiplégies, paraplégies, paralysies localisées) ; des contractures dites hystériques ; certains tremblements ; des troubles sécrétoires (ptyalisme consécutif à une grossesse, hyperhydrose émotionnelle, etc.) ; le mutisme accidentel ; l'aérophagie ; le hoquet permanent ; les vomissements incoercibles d'origine nerveuse ; des douleurs névralgiques ; certains tics (tic de la face, tic de Saalam, etc.) ; l'onychophagie ; l'agitation habituelle ; l'émotivité exagérée ; les insomnies persistantes, etc. Et je ne parle que de cas ayant résisté pendant des mois ou des années à tous les traitements médicaux classiques ».
        Pourquoi ce que la suggestion médicale peut réaliser, la suggestion religieuse ne le pourrait-elle point ?
                                                                             Paul RUSCART
        (A suivre)

    A-Z hebdomadaire illustré n°19 (26 juillet 1936)


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  • A-Z hebdomadaire illustré n°19-26 juillet 1936 - Couverture

    Auteur : Paul Ruscart
    Titre : Dans le sillage des dieux... VII - Chez les Antoinistes
    Éditions : A-Z Hebdomadaire illustré n°19, 26 juillet 1936
    Disponible en ligne sur le site de la KBR (avec un compte gratuit)

        L'article, fidèle et bienveillant, évoque la Fête du Père du 25 juin 1936 avec plusieurs photographies (Le Père, La Mère, Des Antoinistes).
        Le même magazine avait déjà publié en 1934 un reportage sur les Antoinistes, notamment de Liège.


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  • Une conversion (Journal de Bruxelles, 6 août 1912)(Belgicapress)NOTES du JOUR
    Une conversion

        La Revue de Belgique, l'anticléricale Revue de Belgique, ennemie de toute religion révélée, publie en tête de son dernier numéro une étude pompeuse sur la vie, l'œuvre, l'enseignement d'Antoine-le-Généreux, due à la plume d'un théologien éminent – et anonyme – de l'Eglise de Jemeppe-sur-Meuse. L'article est assez ennuyeux – il faut bien prendre le genre de la maison – mais suffisamment ridicule pour nous empêcher de dormir avant la fin de ses longues pages. Cet évangile selon Antoine raconte l'existence de celui-ci depuis sa naissance jusqu'à sa mort et ses funérailles avec force détails sur son honnêteté, ses vertus domestiques, ses bâtisses, sa profession de caissier à la Société des Tôleries liégeoises, ses révélations et ses miracles. « Monsieur Antoine » y apparait comme un des plus remarquables farceurs qui aient exploité l'ânerie populaire, et rien n'est plus amusant que les sottises, les contradictions et les variations de ce que la Revue de Belgique appelle sa doctrine. Notre grave consœur insère cependant l'article en question sans pouffer, et elle laisse comparer imperturbablement son prophète aujourd'hui « désincarné » à Victor Hugo, à Moïse et à Jésus-Christ.
        Antoine le guérisseur – c'est en France (détail palpitant) qu'on l'appelle Antoine-le-Généreux – avait commencé par guérir à l'aide de je ne sais quelle spécialité pharmaceutique spécialement surnaturalisée par lui. Il trouva plus commode un jour de faire simplement des passes magnétiques, puis, inquiété par la justice, qui le condamna pour exercice illégal de la médecine, il se contente « de guérir par la foi en imposant la main ». Mais sa clientèle ayant grandi considérablement, il instaura le lundi de Pâques 1910 à 10 heures – la Revue de Belgique nous apprend gravement ces choses capitales – à faire des « opérations générales ». Il régénéra à la fois des centaines de gens empilés dans son temple... Il fit paraître une revue, l'Auréole de la conscience, il enseigne en chaire, il envoya à Vichy un de ses disciples, nommé Nucci « opérer » en son nom ; il répondit chaque matin de sa vie publique à deux ou trois cents lettres ; un jour il revêtit la robe : en 1910, il fit annoncer à ses adeptes qu'ils étaient libres de faire de même. Est-ce que la bonne revue doctrinaire n'a jamais ri des soutanes ? des sermons de la superstition ? des miracles ? En tout cas, lorsqu'il s'agit de M. Antoine, elle est déférente, respectueuse, presque fervente.
        La grâce aurait-elle agi sur M. Maurice Wilmotte ? et puisque Madame Antoine repris le commerce de son mari, et que le conseil d'administration de la Religion a décidé que l'on continuerait l'affaire, n'allons-nous pas voir un de ces jours les membres du comité de la Revue de Belgique se convertir en masse et devenir cléricaux à leur façon ? Peut-être feront-ils aussi des miracles. Le sommeil qui émane d'ordinaire des pages de leur revue n'est-il pas produit déjà par quelque fluide... cela expliquerait bien des choses…
        En attendant on arrête et jette en prison à Paris une bonne veuve, antoiniste convaincue qui a refusé de soigner son enfant malade et s'est contentée de faire sur lui les gestes coutumiers du prophète de Jemeppe-sur-Meuse. L'enfant est mort, naturellement. Que voulez-vous ? tout le monde ne peut pas réussir... – Janus.

    Journal de Bruxelles, 6 août 1912 (source : Belgicapress)


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  • Un Pèlerinage doriste (Gazette de Charleroi, 4 novembre 1913)(Belgicapress)

        Un Pèlerinage.  – Dimanche, par train spécial, quatre à cinq cents adeptes de l'« Ecole de morale », conduite par le Père Dor, se sont rendus à Jemeppe-sur-Meuse, capitale de l'Antoinisme.
        Grand succès de curiosité, pour cet imposant cortège matinal.

    Gazette de Charleroi, 4 novembre 1913 (source : Belgicapress)


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  • Temple de Bernay - Consécration (FaceBook Benoit CPaul)

    Temple de Bernay - Consécration (FaceBook Benoit CPaul)
    Deux autres photos de évènement sont présentes : le porche et la foule


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  • Faire-part - Aristide Falise (La Gazette de Charleroi, 5 mai 1913)(Belgicapress)

     NECROLOGIE

        Le Culte Antoiniste a l'honneur d'informer qu'il vient de perdre, en la personne de M. Aristide FALISE, rue de la Vallée, à Roux, un de ses fervents adeptes.
        Il informe ses frères et toutes personnes désireuses d'assister aux funérailles que l'enterrement, par les soins du Culte Antoiniste, aura lieu mardi 6 courant.
        Réunion à 10 heures à la maison mortuaire.

    La Gazette de Charleroi, 5 mai 1913 (source : Belgicapress)


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  • Encore un temple antoiniste, Bierset (Gazette de Charleroi, 22 septembre 1912)(Belgicapress)

     Encore un temple antoiniste

        Il paraît décidément que le culte antoiniste prend de l'extension et gagne constamment de nouveaux adeptes.
        Voici, en effet, qu'un des fidèles de cette religion nous annonce qu'un nouveau temple sera inauguré à Bierset, village situé sur la ligne Liége-Bruxelles, dimanche prochain 29 septembre.
        Ce sera le troisième temple ouvert en Belgique par les antoinistes.
        Notre correspondant ajoute : « Au nom du Père, Mère recevra tous les malades réunis dans ce nouveau temple comme elle le fait à Jemeppe. Pour le voyage à prix réduit, une liste est ouverte rue du Congo, n° 38, à Forchies-la-Marche ».
        Avis aux amateurs !!

    Gazette de Charleroi, 22 septembre 1912 (source : Belgicapress)


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  • Edouard Saby - Fin et Résurrection d'un monde (1948)

    Auteur : Edouard Saby
    Titre : Fin et Résurrection d'un monde
    Éditions de l'École Addéiste, Paris, 1948
    Cf. https://books.google.fr

        Auteur d'ouvrages sur la spiritualité et l'occultisme (Hitler et les forces occultes, Comment devenir médium, Au-delà du monde visible, Sur le sentier de l'initiation, La réincarnation...), il est le fondateur et directeur de publication des périodiques "L'Évolution spirituelle et sociale" et "Le Messager d'évolution" où il utilisa le pseudo "Le Veilleur" pour signer ses critiques littéraires. Il est également le fondateur des "Éditions de l'École addeiste" qui publia ce livre.
        Un long article lui est consacré dans Le Fraterniste du 1er novembre 1931.

        L'auteur se propose ici : d'écrire un livre « dans lequel il traite des grands problèmes de la Paix, de la Justice et de la Prospérité des Etats. [Mais] il se demanda si le fait d'être un inconnu n'allait pas desservir ses idées... Combien elles seraient plus convaincantes, soutenues par des noms illustres : Religieux, Sociologues, Moralistes universellement réputés ! »
        «  Réunir toutes ces pensées dans une même gerbe ;
        A ces pensées, exprimées en des temps et par des penseurs différents, donner une unité de lieu et de temps ;
        Sertir en une véritable mosaïque cette somme des connaissances humaines... »

        On y retrouve donc pêle-mêle les idées de la Bible, Marc-Aurèle, Cicéron, Léon Tolstoï, Voltaire, Rousseau, Bossuet, mais aussi Wagner, George Sand, Edgar Quinet et Antoine le Guérisseur.

        Voici quelques passages inspirés par l'Enseignement :
    Le Grand Mystère.
        Amour, Intelligence et Conscience réunis constituent une Unité, Le Grand Mystère : Dieu.
        Ce Dieu, que tu ne peux ni définir ni comprendre, mais que le sens intime te démontre, et que l'Univers et ses Lois mathématiques te prouvent :
        Que tu l'appelles DESTIN, tu n'erres point : IL est Celui de qui tout dépend ;
        Que tu l'appelles NATURE, tu n'erres point : IL est celui de qui tout est né ;
        Que tu l'appelles PROVIDENCE, tu n'erres point : c'est dans ses conseils que le monde déploie ses moyens.

    L'Amour.
        Laisse-moi maintenant te parler d'une vertu essentielle, L'AMOUR, « lumière de la vie  », « cause du monde ».
        Que serait, en effet, la vie sans amour, sinon un jardin sans fleurs, un arbre sans oiseaux ?


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  • Antoinisme (Gazet van Antwerpen, 13 juillet 1926)(Belgicapress)Antoinisme

        De mensch is een godsdienstig wezen, hij gelooft in een bovennatuurlijke macht, en knielt hij niet voor den waren God, dan snijdt hij zich een afgod.
        En we moeten niet naar de bosschen van Congo om getuigen te zijn van de treurige aberraties der menschelijke rede : ten onzent vindt men lieden die, misleid door allerhande passie, hebben afgebroken met hun geloof. En... liever dan Gods woord, consulteeren ze een waarzegster of een spiritiste, erkennen geen Voorzienigheid, maar stellen hun vertrouwen op het ivoren varken aan den hals, het hoefijzer in huis, de mascotte tegen de auto-ruit, – ze keeren God en zijn Kerk den rug toe en bewierooken... al is 't maar een Père Antoine.

    *   *   *

        Wat is nu 't Antoinisme, of de leer van P. Antoine, die uit die Waren in dezen en genen hoek van Vlaanderen komt overgewaaid en wil wortel schieten ?
        Père Antoine zelf – geen pater asjeblief – werd geboren te Mont-Crotteux, den 8 juni 1848, daalde eerst in de schachten, werd dan metaalbewerker, vertrok naar Pruisen en Rusland, en kwam ten slotte rentenieren te Jemeppes bij Luik. Een overgevoelig man, maag en zenuwlijder, die graatmager, meende dat hij geen lichaam had, en een soort magnetische vloeistof uit hem op anderen kon doen overgaan.
        Zijn eenige zoon stierf en, in de spiritische vereeniging van Jemeppe, liet hij den afgestorvene oproepen. Hij meende werkelijk de schim te zien van den doode, die beweerde dat hij verhuisd was in de huid van een apotheker te Parijs !
        Gek, zult ge zeggen ? maar Antoine geloofde 't, bleef doen aan spiritisme, werd het hoofd, der vereeniging, en kreeg de faam dat hij in gedurige betrekking met de geesten stond, dat hij wondere genezingen verrichtte, voorspellingen deed, een nieuwen godsdienst aanleerde.
        Zijn volgelingen noemden hem : de nieuwe Messias, profeet en... onzen god ! en bouwden hem tempels.
        En zieken en gezonden kwamen in massa toegeloopen !

    *   *   *

        Hoe hij 't aan boord legde ?
        Eerst was het, maar hij beweerde, de schim van zekeren doctor Carita die hem de recepten dicteerde in koeterwaalsch.
        Maar Antoine stak het zekeren dag in zijn hoofd, dat hij 't zonder dien geest wel kon klaar spinnen, en alle openbaring rechtstreeks uit de andere wereld ontving; en zijn volgelingen noteerden wat hij zeide en leerde, want hijzelf kon niet schrijven.
        Nu, lijk een kind zijn lotske, moeten de meeste zieken een flesch hebben, en Antoine schreef zekere likeur Coune voor, een remedie tegen cholera, kiespijn, bleek zucht en eksteroogen. Maar Antoine werd aangeklaagd en veroordeeld.
        Dan deed hij 't met pompwater, streek er eenige passen of gebaren over, en trok aldus zijn magnetische vloeistof op flesschen, en 't onnoozel volk op stoopkens.
        Maar, flesch na flesch magnetiseeren bleek hem te lastig, en hij liet dan liever zijn fluidische krachten overgaan in stukjes papier, die de patiënten thuis moesten in 't water leggen dat ze dronken.
        Wat later gebruikte hij geen tusschenmiddelen meer, en liet zijn genezende vloeistof overgaan in den zieke zelf, en ten slotte deed hij ’t zoo :
        In zijn tempel te Jemeppe kwam het volk bijeen, liefst op een Zondag, dan bijzonder bezat hij genezende kracht naar hij zeide. Op 't verhoog kwam een zijner discipelen, deed een soort preek, en riep : « onze goede vader gaat komen, verlevendigt uw geloof in hem en ge zult geholpen worden ». Antoine verscheen, bleek mager, een geraamte, deed eenige grimassen, strekte zijn armen uit over de menigte terwijl zijn spelende vingeren 't fluidum over de aanwezigen liet uitstroomen, sloot zijn oogen, en verdween.
        « Die gelooven zijn genezen ! » riep zijn helper, en de menschen konden gaan.
        Voor eenige jaren is Père Antoine gestorven, doch heeft zijn fluidische krachten overgemaakt aan zijn vrouw. Deze heeft al eenige discipelen voorzien van die wonderbare ! kracht, en zal haren opvolger aanduiden.

    *   *   *

        Deed Père Antoine wondere genezingen ?
        Neen ! Eenige maaglijders b.v. bevonden zich beter bij zijn raad die luidde : matig zijn in alles ! Maar iederen weet dat overdaad oorzaak is van menige ziekte. Geen doctors, geen zalf, of pillen, of plaasters, zei Père Antoine, geloof in mij, en ge geneest, Merci !
        Een zieke uit Condros kwam bij hem, en hij beloofde volledig herstel. En op de straat viel 't mensch dood voor zijn deur. Men droeg het lijk binnen, Antoine deed alle mogelijke passen en karpersprongen, maar 't mensch bleef dood.

    *   *   *

        Hij is een profeet, zeggen zijn bewonderaars. Maar ze komen met geen enkele profetie voor de pinnen. Toch wel, één – en op 't gerechtshof te Luik hebben de advocaten er zich bijna een breuk om gelachen. Denkt eens na : In 1917 had zekere Dangis zijn vrouw in de Maas geworpen en, onnoozel weg, kwam hij Père Antoine vragen waar zijn wederhelft was.
        – Na drie dagen zal ze u schrijven, antwooordde de profeet.
        En 't mensch werd opgevischt.
        Dangis vertelde dit voor zijn rechters, en 't is overbodig te zeggen welk misselijk figuur Père Antoine er maakte.

    *   *   *

        Père Antoine is de nieuwe Messias, bazuinen zijn volgelingen, Nou !
        Zijn leering ? Enkele onsamenhangende zinnen uit zijn catechismus, eenige domme gedachten uit de spiritische schriften van Alhan Kardec en uit de Christian Science van Me Baker Eddy, en heel wat uit eigen koker.
        Op wijgeerig gebied brabbelde hij er maar op los. Ik vertaal uit zijn schriften : « De stof is slecht, de ziekte is de vrucht der stof. Maar de stof bestaat niet, ze is een schim door 't verstand geschapen. En 't verstand moet trapsgewijze verdwijnen voor 't geweten. Denk dat de stof niet bestaat, en ge zult den wortel der ziekte dooden ! »
       
    Probeer maar, pachter.
        Zijn zedenleer nog iets van 't pak. Ik vertaal uit zijn Relevaties : « 't Is een groote zonde zich te hechten aan het dier, omdat het dier niet waardig is te leven onder de menschen ».
        Dat is waarschijnlijk voor sommige freules en kinderlooze vrouwen.
        Nog wat uit « Couronnement » : « De mensch mag handelen naar goedvinden. Goed en kwaad zijn slechts vergelijkstermen, in werkelijkheid bestaat noch 't een nach ’t ander ; doet het kwaad zoo komt ge dichtst bij de waarheid ! »
        Snapt ge ’t lezers ? ik niet. Zoo heeft nooit een Hottentotter gesproken.
        Over God en Godsdienst houdt hij er nog al een theorietje op na ! Luister liever ; hij zegt o.a. in « Couronnement » : « God is één wezen met den mensch. De eindterm van alle ontwikkeling is dat de mensch God worde. We zijn in meerdere mate de kinderen van den duivel dan de kinderen van God. Zonder den duivel zouden we eeuwig in ons ongluk blijven. Voor we tot de Godheid komen, moeten we door een heele reeks hervleeschwordingen, verhuizen van 't een in 't ander lichaam, van een oude tot een nieuwe ontgoocheling. »
       
    't Hangt aaneen als droog zand. Wie zulke stommiteiten schreef veroordeelde zichzelven.

    *   *   *

        Conscience in zijn « Gekkenwereld» vertelt dat hij te Gheel eens over straat ging met een meneer, die hem den weg wou wijzen, en heel ernstig bleek te praten. Tot Conscience hem ondervroeg over de gekken, en wou weten of men die makkelijk erkennen kon.
        – Kijk, zei de meneer, daar heb je er een ; hij beweert God de Zoon te zijn, dat kan niet want, meneer, ik ben God de Vader en ken hem niet !
        Conscience liet den sukkelaar in zijn wijsheid, en ging alleen voort.
        Dat kunnen we best met Antoine.
        Maar 't is om te weenen wanneer we zien dat in onze, verlichte eeuw zulke domheden nog kunnen toegang vinden tot den geest van ietwat beschaafde en ontwikkelde lieden.
        't Is waar : elk mensch heeft een hooger houvast van noode, bezit hij geen geloof dan zoekt hij er een, en springt hij, uitzinnig, van 't veilig vaartuig, dan grijpt hij zelfs naar een stroopijl om toch maar kop boven water te houden.
        We houden ons maar liever op het schip van Petrus, dat sedert eeuwen alle klippen voorbijzeilde, en zoovele millioenen gelukkig in goede haven liet landen.
                                                              SILAS.

    Gazet van Antwerpen, 13 juli 1926 (source: Belgicapress)

     

        La source de ce journal est l’article d’André Kervyn de 1911.

     

    Traduction :

    Antoinisme

        L'homme est un être religieux, il croit en une puissance surnaturelle, et s'il ne s'agenouille pas devant le vrai Dieu, il se crée une idole.
        Et il n'est pas nécessaire d'aller dans les forêts du Congo pour être témoin des tristes aberrations de la raison humaine : on y trouve des gens qui, égarés par toutes sortes de passions, ont rompu avec leur foi. Et... plutôt que la parole de Dieu, ils consultent une diseuse de bonne aventure ou un spirite, ils ne reconnaissent pas la Providence, mais mettent leur confiance dans le cochon d'ivoire sur le cou, le fer à cheval dans la maison, la mascotte sur le pare-brise de la voiture, – ils tournent le dos à Dieu et à son Église et adorent... même si ce n'est qu'un Père Antoine.

    *   *   *

        Qu'est-ce que l'Antoinisme, ou la doctrine du Père Antoine, qui vient de ces quartiers dans tel ou tel coin de Flandre et veut prendre racine ?
        Le Père Antoine lui-même – pas de Père catholique s'il vous plaît – est né au Mont-Crotteux le 8 juin 1848, est d'abord descendu dans la mine, puis est devenu ouvrier métallurgiste, est parti en Prusse et en Russie, et enfin est venu vivre de ses rentes à Jemeppes près de Liège. Homme hypersensible, souffrant de l'estomac et des nerfs, il pensait ne pas avoir de corps et qu'une sorte de liquide magnétique pouvait passer de lui aux autres.
        Son fils unique est mort et, dans le monde des esprits de Jemeppe, il a fait convoquer le défunt. Il a même cru voir le fantôme du mort, qui prétendait s'être transporté dans la peau d'un pharmacien de Paris !
        Vous pouvez dire que c'est fou, mais Antoine y a cru, a continué à pratiquer le spiritisme, est devenu le chef de la Société, et a acquis la réputation d'être en contact permanent avec les esprits, de faire des guérisons miraculeuses, de prédire des choses, d'enseigner une nouvelle religion.
        Ses partisans l'ont appelé le nouveau Messie, le prophète et... notre dieu ! et ont construit des temples en son honneur.
        Et les malades et les bien portants sont venus en masse !

    *   *   *

        Comment en est-il venu là ?
        Au début, il s'agissait, selon lui, du fantôme d'un certain Dr Carita qui lui dictait les recettes en charabia.
        Mais un jour, Antoine s'est mis dans la tête qu'il pouvait le faire sans cet esprit, et a reçu toute la révélation directement de l'autre monde ; et ses disciples ont écrit ce qu'il disait et enseignait, car lui-même ne savait pas écrire.
        Or, comme un enfant avec son biberon, la plupart des malades doivent avoir une bouteille, et Antoine prescrivait une certaine liqueur appelée Coune, remède contre le choléra, le mal de dents, l'anémie et les cors aux pieds. Mais Antoine a été accusé et condamné.
        Puis il le fit avec de l'eau de pompe, la caressa de quelques passe ou gestes, et attira ainsi son liquide magnétique sur des flacons, et les pigeons sur ses prédications.
        Mais magnétiser bouteille après bouteille s'avérait trop difficile pour lui, et il préférait transférer ses pouvoirs fluidiques sur des morceaux de papier, que les patients devaient mettre dans l'eau qu'ils buvaient à la maison.
        Un peu plus tard, il a cessé d'utiliser des intermédiaires et a laissé son fluide de guérison passer dans le patient lui-même, et enfin il a procédé de cette façon :
        Dans son temple de Jemeppe, le peuple se réunissait, de préférence le dimanche, où l'on disait qu'il avait des pouvoirs de guérison. Un de ses disciples est monté sur l'estrade, a fait une sorte de sermon et a crié : « Notre bon père arrive, ravivez votre foi en lui et vous serez aidés ». Antoine apparut, maigre et pâle, un squelette, fit quelques grimaces, tendit les bras sur la foule tandis que ses doigts joueurs laissaient couler le fluide sur les personnes présentes, ferma les yeux et disparut.
        « Ceux qui croient sont guéris ! » cria son aide, et le peuple put partir.
        Depuis quelques années, le Père Antoine est mort, mais il a transmis ses pouvoirs fluidiques à sa femme. Elle a déjà fourni à un certain nombre de disciples ce miraculeux ! pouvoir, et nommera son successeur.

    *   *   *

        Le Père Antoine a-t-il effectué des guérisons miraculeuses ?
        Non, il ne l'a pas fait ! Certains maux d'estomac, par exemple, avaient tout intérêt à suivre son conseil : soyez modérés en tout ! Mais chacun sait que l'excès est la cause de nombreuses maladies. Pas de médecins, pas de pommade, pas de pilules, pas de plâtres, dit le Père Antoine, crois en moi et tu seras guéri, merci !
        Un malade de Condroz est venu le voir, et il lui a promis une guérison complète. Et dans la rue, l'homme est tombé mort à sa porte. Le cadavre a été porté à l'intérieur, Antoine a fait toutes les passes et tous les sautillements nécessaires, mais l'homme est resté mort.

    *   *   *

        C'est un prophète, disent ses admirateurs. Mais ils ne peuvent prouver aucune prophétie. Mais il y en a un – et au tribunal de Liège, les avocats étaient presque morts de rire. Pensez-y : en 1917, un certain Dangis avait jeté sa femme dans la Meuse et, s'en allant tout ébahi, il était venu demander au Père Antoine où se trouvait sa moitié.
        – Après trois jours, elle vous écrira, a répondu le prophète.
        Et la femme a été repêché.
        Dangis a raconté cela à ses juges, et il est inutile de dire que le Père Antoine avait une drôle de figure.

    *   *   *

        Le Père Antoine est le nouveau Messie, claironnent ses partisans, Eh bien !
        Ses enseignements ? Quelques phrases incohérentes de son catéchisme, quelques pensées stupides tirées des écrits spirituels d'Allan Kardec et de la Science chrétienne de Mme Baker Eddy, et beaucoup de sa propre plume.
        Sur le sujet de la philosophie, il a bavardé encore et encore. Je traduis de ses écrits : « La matière est le mal, la maladie est le fruit de la matière. Mais la matière n'existe pas, c'est un fantôme créé par la raison. Et la raison doit progressivement disparaître devant la conscience. Pensez que la poussière n'existe pas, et vous tuerez la racine de la maladie ! »
        Essaie, mon vieux.
        Sa moralité est toujours un peu un mystère. Je traduis de ses Révélations : « C'est un grand péché de s'attacher à l'animal, car l'animal n'est pas digne de vivre parmi les hommes ».
        C'est probablement le cas pour certaines demoiselles et femmes sans enfants.
        Quelques mots encore du « Couronnement » : « L'homme est libre d'agir comme il l'entend. Le bien et le mal ne sont que des termes de comparaison, en réalité il n'y a ni l'un ni l'autre ; si vous faites le mal vous êtes le plus proche de la vérité ! »
        Vous comprenez les lecteurs ? Pas moi. Même un Hottentot ne s'exprime comme ça.
        Sur Dieu et la religion, il a de nombreuses théories ! Ecoutez, il dit dans le « Couronnement » : « Dieu est un avec l'homme. Le but final de tout développement est que l'homme devienne Dieu. Nous sommes plus les enfants du diable que les enfants de Dieu. Sans le diable, nous resterions éternellement dans notre misère. Avant d'atteindre la divinité, nous devons passer par toute une série de transformations, passer d'un corps à l'autre, d'une ancienne à une nouvelle désillusion. »
        C’est comme essayer d'accrocher du sable. Celui qui a écrit de telles stupidités s'est condamné lui-même.

    *   *   *

        [Henri] Conscience, dans son "De Gekkenwereld" (Monde fou), raconte qu'il s'est un jour promené dans la rue à Gheel avec un monsieur qui voulait lui montrer le chemin et qui semblait parler très sérieusement. Jusqu'à ce que Conscience l'interroge sur les fous, et veuille savoir si on pouvait les reconnaître facilement.
        – Regardez, dit le monsieur, il y en a un ; il prétend être Dieu le Fils, ce qui est impossible car, monsieur, je suis Dieu le Père et je ne le connais pas !
        Conscience laissa le fou dans sa sagesse, et continua seule.
        C'est ce qu'il y a de mieux à faire avec Antoine.
        Mais il est triste de constater qu'à notre époque éclairée, une telle bêtise peut encore se frayer un chemin dans l'esprit de personnes quelque peu civilisées et éduquées.
        C'est vrai : tout homme a besoin d'une assise plus élevée ; s'il manque de foi, il en cherchera une, et sautera, frénétique, du navire sûr où il se trouve, allant même jusqu'à s'accrocher à une flèche de paille pour garder la tête hors de l'eau.
        Nous préférons nous en tenir au navire de Pierre, qui a navigué pendant des siècles au-delà de tous les rochers et qui a ramené des millions de personnes à bon port.

                                                              SILAS.

    Gazet van Antwerpen, 13 juillet 1926 (source: Belgicapress)


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  • Mort d'Antoine le Guérisseur (Journal de Genève, 28 juin 1912)

    Mort d'Antoine le Guérisseur

        Un homme de Wallonie, un petit bourgeois, presque du peuple, est mort mardi, qui avait acquis non seulement en Belgique même mais un peu partout où il y avait des malades et des désespérés, une célébrité et un crédit exceptionnels ; c'est, dit le Temps, celui qu'on appelait Antoine le Guérisseur. Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie. Il guérissait par la prière et l'imposition des mains, à la manière des christian scientists d'Angleterre et d'Amérique.
        Peu à peu les malades de l'âme comme du corps, les incurables, les déséquilibrés, les névropathes, tous ceux que les médecins avaient abandonnés, avaient appris le chemin du petit pays de Jemmappes où Antoine avait son temple et tenait ses assises de médecine religieuse. Depuis plusieurs années il y avait les foules de Jemmappes comme les foules de Lourdes et les « antoinistes » recrutés parmi les inquiets d'un culte nouveau et augmentés des guéris reconnaissants, formaient une communauté éparse en divers lieux, mais fort nombreuse.
        Depuis mardi le prophète et guérisseur belge n'est plus.
        Il y a quelque jours, la santé d'Antoine était devenue précaire et lundi matin un incident inattendu a encore accru les craintes de son entourage. Vers, dix heures trente, comme il se trouvait dans son temple, il s'affaissa subitement, frappé d'apoplexie. On dut le transporter chez lui, où il reprit peu à peu ses sens. Sur ces entrefaites, un grand nombre de ses disciples, vêtus de soutanelles d'une coupe spéciale et coiffés d'immenses chapeaux, étaient accourus auprès du lit de leur maître. Antoine alors proféra : « Demain quelque chose de sérieux se produira. » Puis il ajouta d'une voix sourde : « Je désire que ma femme me succède dans mon enseignement religieux. »
        Antoine avait tardé beaucoup avant de faire sa révélation et de se déclarer l'homme de Dieu. Pendant nombre d'années, il était un homme comme un autre, un simple employé à la division des forges et martelage de la société Cockerill. Il fut ensuite encaisseur à la Société anonyme des tôleries liégeoises. Puis il s'occupa d'assurances. Enfin vinrent la grâce, l'action publique, les prédications publiques. Antoine était alors déjà dans l'âge mûr.
        Au temple où il prêchait, Antoine avait adjoint une imprimerie et publiait chaque semaine un journal populaire qui tirait à plus de 20.000 exemplaires et répandait les doctrines de l'apôtre.
        Il y a quelques mois, les antoinistes de Belgique avaient adressé aux Chambres une pétition demandant que la religion nouvelle fut reconnue par l'Etat. La pétition des fidèles du culte antoiniste portait cent mille signatures.
        L'œuvre d'Antoine ne sera pas arrêtée par sa mort. Au temple, où son corps est exposé, l'affiche suivante a été apposée :

    CULTE ANTOINISTE

               Frère,
        Le conseil d'administration du culte antoiniste porte à votre connaissance que le Père vient de se désincarner aujourd'hui mardi 25 juin. Avant de quitter son corps, il a tenu à revoir une dernière fois ses adeptes pour leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Il n'y a donc rien de changé, le Père sera toujours avec nous, Mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à dix heures.
        L'enterrement du Père aura lieu dimanche prochain 30 juin, à trois heures.
                                             Le conseil d'administration.

    Journal de Genève, 28 juin 1912


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  • Guy Dorison - La multiplicité des sectes (La Croix, 10 mai 1953)

     SPIRITES, ANTOINISTES ET Cie

    La multiplicité des sectes et des faux prophètes
    ATTESTE LE DÉSARROI SPIRITUEL DE NOTRE TEMPS

        Je suis comme le touriste qui, le soir, après avoir visité tant de paroisses demande où est la cathédrale. Et je commence à croire que le slogan « Dieu a besoin des hommes » lancé par des cinéastes protestants, n'est pas, même exorcisé par les catholiques, la formule qui fixe le tournent du divin et du mystère ; il semble que le vrai est de dire : « L'homme a besoin de Dieu. » Du reportage de M. Maurice Colinon, Faux prophètes et sectes d’aujourd’hui, il ressort comment un chacun, avec les seules lumières de la raison, modèle à sa façon le Dieu dont il a besoin ; mais aussi comment la diversité d'expression d'un même tourment mène à l'idée commune du « Dieu inconnu » des Grecs.
        Ce qui frappe dès l'abord, dans l’exposé que nous fait l'auteur, c'est autant l'architecture de chacune de ces sectes que statuaire qui représente les fondateurs. Sur ce point, M. Maurice Colinon donne les détails les plus piquants.

            Articulations… de mauvaise foi !
        La fondation du « Spiritisme », si familier à nos contemporains, est due à deux jeunes Américaines, Margaret et Katie Fox : en s'amusant à faire craquer leurs articulations, elles s'aperçurent que le « fantôme » leur répondait ! Aujourd'hui, plusieurs millions de fidèles se sont accrochés à ce qu'elles ont avoué plus tard être une duperie.
        Et que sont devenues, par la suite, ces « saintes fondatrices » ? Kate, 60 ans, est une « véritable ruine mentale et physique adonnée aux liqueurs intoxicantes », Margaret, au même âge, « n'a plus ni sens moral ni contrôle sur ses pensées ou ses désirs ». Et l'auteur de conclure que cet immense mouvement religieux spirite tire son autorité des origines les plus suspectes.
        Pourquoi donc les adeptes de cette religion nouvelle qui compte tant de « prophètes » et de « guérisseurs », qui enregistre tant de « miracles », n'adopte-t-elle pas les méthodes de l'Eglise catholique lorsqu'elle étudie la réalité et le caractère des guérison de Lourdes.

            Le spiritisme au music-hall
        Maurice Colinon souligne avec quelle crédulité certains savants, comme Lombroso, et des écrivains, comme Victor Hugo, se sont laissés mystifier par les apparences fallacieuses de fantômes et d'ectoplasmes. Il cite à ce propos l'opinion du Dr Locard, spécialiste des énigmes policières et des mystères spiritualistes : « Un observateur impartial est en droit de conclure que la doctrine spirite ne repose pas sur des faits mais matériels positifs et, dès à présent, certains. »
        Robert Houdin, le fameux illusionniste, ne fit-il pas déchoir de leur piédestal les frères Davenport, médiums de réputation universelle, dont les trucs, débarrassés de leur présentation, figurent encore au programme des music-halls ? Et quand les pèlerins se rendent sur la bombe du « prophète » Allan Kardec, au Père-Lachaise, se doutent-il que ce Lyonnais n'a fait que monnayer le mythe des tables tournante si chères à Victor Hugo ? « Des deux, écrit l'auteur, contrairement à toute attente, c'est Rivail (dit Kardec) qui devait donner au spiritisme sa forme et sa gloire définitives. »

            Un « Père », une « Mère » et « M. Homais »
         Je ne suis pas allé sur la tombe d'Allan Kardec, pour cette raison que je ne suis jamais allé au Père-Lachaise. Mais j'ai vu dans les rues de Paris ce convoi funèbre avec le drap mortuaire vert qui piquait la curiosité des passants. Savaient-ils qu'il s'agissait d'un enterrement antoiniste ? Je l'aurais ignoré tout comme eux si les circonstances ne m'avaient fait approcher des membres de cette religion fondée par un jardinier belge, « le Père Antoine ». M. Maurice Colinon nous dit que la mort de cet illuminé, survenue en 1912, aurait peut-être mis fin à l'antoinisme. Mais il y avait sa veuve, « le Mère », qui lui survécut plus de trente ans et qui organisa cette religion comme une vaste entreprise de guérison « mystique ». Le plus curieux est que mes amis antoinistes étaient pharmaciens ; ils ne devaient guère porter foi aux médicaments puisque chaque semaine le monsieur imposait les mains pour la guérison des corps et des âmes.
        Nous sommes quelque peu désarçonnés en lisant parmi les principes du « Père » jardinier : « Ne vous laissez pas maîtriser par votre intelligence. » L'intelligence, ce n'est pas tout, la foi est bien supérieure à la charité, donc ! Mais qui saurait nier le don de l'Esprit-Saint qui fit grands un saint-Augustin, un Pascal, un Thomas d'Aquin et tant d'autres ?
        Les antoinistes ne sont déjà plus d'accord entre eux ; les Belges ne tiennent l'imposition des mains pour valable que si elle s'effectue au cours d'un culte collectif ; les Français la considèrent comme effective dans les guérisons individuelles. Comme nous sommes loin de l'Evangile ! Il ne s'agit plus d'Incarnation, mais de « désincarnation ». L'anniversaire de la désincarnation du Père Antoine est la plus fête de l'année !
        J'ai bien essayé de discuter. Je n'avais pas les arguments convaincants. L'Evangile, les Epîtres de saint Paul, la Somme théologique, n'auraient pas fait perdre un pouce de ses convictions à cet Homais moderne. Pour lui, le Pape ne valait pas mieux que son Père Antoine ! Et sa femme, vêtue comme une nonne, nous quittait pour aller faire la dame de charité dans le quartier.

            Le goût du mystère
        M. Maurice Colinon continue ses visites. Voici les « Adventistes » et « Amis de l'homme ». Puis les « Témoins de Jéhovah » et les « Mormons ». Enfin, les « Quakers ». Il y en a tant de ces petites religions, que l'auteur doit dresser en dresser un lexique en fin de son volume. Il semble que le stade des grandes hérésies soit dépassé : les multiformes luthériens ou calvinistes ont cédé la place aux prophètes nouveaux qui drainent des millions d'âmes inquiètes de mystères et affamés de « miracles. »
        Pour ne pas faire créance aux vérités que la foi enseigne, on s'émeut à la vue d'une étoile filante ou d'une salière renversée ; on touche du bois, on porte un bout de corde de pendu. Tant et si bien que les superstitions entrent dans le domaine des convenances ; ne pas allumer une troisième cigarette avec la même allumette, offrir du muguet le 1er mai, ne pas avoir treize invités à table ! Combien de chrétiens se soumettent à ces sornettes, comme à des règles de la bienséance.
        Il faut savoir gré à M. Maurice Colinon de nous doter de ce tour d'horizon sur les nouveautés en religion. Il le fait de la plus objective façon, sans jamais dénoncer le manque de sincérité de ceux qui, aussi, cherchent l'évasion au delà du matérialisme. Ce sont nos frères qui peinent dans l'erreur, c'est vers eux que va notre sollicitude, parce qu'ils sont les témoins du désarroi spirituel.
        « Pourquoi l'occultisme connaît-il la vogue que nous savons ? écrit dans la préface M. Daniel-Rops. Pourquoi devins et voyantes prétendent-ils recourir à des méthodes scientifiques ? Pourquoi des sectes gagnent-elles des adeptes, jusque dans des classes sociales réputées pour avoir l'esprit capable de jugement. De telles questions mériteraient d'être méditées aussi bien par les partisans d'un rationalisme total que par les tenants des églises établies. Aux premiers, cela apprendrait que, quoiqu'ils en aient, l'éternelle inquiétude de l'homme survit, en dépit de tous les athéismes, de tous les matérialismes. Mais peut-être aux seconds, des réflexions s'imposeraient-elles sur leurs responsabilités propres ; si le christianisme se voit attaquer par telle ou telle de ces « petites religions », il serait sans doute bon de se demander si une certaine aridité rationaliste dans son exposé et un manque de ferveur, ne sont point parmi les causes de ces progrès. »

    Guy Dorison, La Croix, 10 mai 1953


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  • La Question du Jour (Le Petit Champenois, 9 juillet 1911)La Question
                               du Jour

    ANTOINE LE GÉNÉREUX

        Je viens de recevoir la lettre suivante, à laquelle je m'en voudrais, en la reproduisant, de changer un iota.

                     Cher confrère,
        Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir annoncer dans votre journal la prochaine publication de l'UNITIF, bulletin mensuel du calte antoiniste. Comme son nom l'indique, il a pour but de réunir les hommes en l'amour pur. Antoine le Généreux, par son abnégation et sa foi, a rassuré nos âmes torturées par le doute ; Il nous a révélé dans son temple le mystère de la conscience universelle dont chacun de nous possède une parcelle voilée par la matière.
        En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher Celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. Aussi nous ne doutons pas qu'il ne rencontre bon accueil et nous le souhaitons ardemment pour la paix sociale.
        Veuillez agréer, cher confrère, l'expression de nos bons sentiments.
                              LES ADEPTES D'ANTOINE LE GÉNÉREUX.

        Je connaissais pas mal d'Antoine, depuis celui qui aima Cléopâtre jusqu'à l'autre qui donne à l'Odéon un regain de vie – en passant par l'illustre anachorète que les légendes ont popularisé et par celui de Padoue auquel on s'adresse plus particulièrement quand on a perdu son portemonnaie. Mais, je vous le jure, j'ignorais Antoine le Généreux. Le bruit de sa renommée n'était pas venu jusqu'à moi. Et en voyant qu'il s'agissait de la création d'un nouveau culte j'avais eu un moment de mauvaise humeur : les hommes ont déjà tant de prétextes à controverses et à querelles !
        Mais j'ai relu le papier avec attention et j'ai constaté que dans le nouveau catéchisme il y avait quelque chose de flatteur pour notre amour propre. Nous possédons tous, paraît-il, une parcelle de la conscience universelle. Tant mieux, et si les adeptes signataires n'ont pas rédigé leur appel sous l'influence de l'horrible chaleur que nous traversons, je crois qu'il y a encore du bon pour l'Humanité, groupée un jour sous la houlette du brave Père Antoine le Généreux.
                                                                 DANTÈS.

    Le Petit Champenois, 9 juillet 1911


        La même lettre a été envoyée à plusieurs journaux, notamment l'Excelsior et l'Univers.


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  • Médecine et thaumaturgie (L'Indépendance luxembourgeoise, 20 juin 1924)(eluxemburgensia.lu)Médecine et thaumaturgie

        Il n'est question à Luxembourg et surtout dans le bassin minier que des guérisons miraculeuses opérées par un empirique établi à Esch-sur-Alzette. Notre confrère, le Journal d'Esch, avait dénoncé il y a quelques jours aux pouvoirs publics les « solennelles fariboles » grâce auxquelles ce rebouteux réussit à amadouer et à duper une clientèle qui, paraît-il, s'accroît tous les jours dans des proportions inquiétantes. Les moyens auxquels recourt ce nouveau marchand d'orviétan sont une application, paraît-il, des méthodes bien connues du Père Antoine. Notre confrère croit savoir que le thaumaturge du bassin minier a déjà été condamné pour exercice illicite de la médecine par un tribunal du pays.
        Le temps des thaumaturges, dit l'Escher Tageblatt, est passé. Et les malades doivent se faire soigner aujourd'hui par le médecin que sa science et sa pratique ont préparé à remédier à nos informités physiques. Par la suggestion les charlatans ne peuvent produire qu'un sentiment passager de soulagement ; mais le mal se propage et lorsqu'au bout de quelque temps on recourt aux soins du vrai médecin, il est ordinairement trop tard. Ainsi les marchands d'orviétan jouent avec la vie de leurs semblables.
        Notre confrère reconnaît qu'il n'est pas toujours facile aux organes de la sûreté publique de démasquer de pareils charlatans, car ils savent déguiser fort habilement l'exploitation de la superstition et de la bêtise humaine. C'est précisément pour cela qu'il entend mettre le holà à ces louches pratiques et rappeler aux victimes de l'imposteur qu'en l'enrichissant elles se font du tort à elles-mêmes.
        Or, voici que le guérisseur en question vient prendre lui-même sa défense dans les colonnes du Journal d'Esch. Il s'appelle Nic. Wagner, – ancien chef de gare du Prince Henri à Weilerbach, nous dit-on – et voici en quels termes il fait son apologie :
        « Ce n'est pas à ma personne, mais à Dieu et à tous ceux qui ont confiance en moi que je dois de répondre à votre article calomnieux.
        « La science n'arrivera jamais à découvrir quel esprit m'éclaire et me guide et de quels moyens je dispose pour tirer de sa misère l'humanité souffrante. Il n'y entre ni magnétisme, ni hypnotisme, ni suggestion ni spiritisme. Ma puissance repose exclusivement sur la bonté du Tout-Puissant, et celui qui ose insulter à cette bonté, qu'il vienne me trouver pour être converti à une meilleure façon de voir.
        « Pourquoi m'appelle-t-on marchand d'orviétan ? Pourquoi fait-on de moi un charlatan qui joue avec la vie de ses semblables ? Personne de ceux qui ont eu foi en moi n'a été déçu. Si ma cure n'a pas réussi, c'est au doute seul qu'ils doivent s'en prendre. Ceux qui ont recours à mes soins, viennent de leur propre mouvement. Tous pourront attester la vérité de ce que j'affirme. Ils seront mieux à même d'éclairer la conscience du ministère public que les gens qui s'offrent par l'organe du Tageblatt à fournir ces éclaircissements. Ce qui prouve d'ailleurs combien ces gens sont peu renseignés, c'est qu'ils parlent de « l'enrichissement de l'imposteur ». Je travaille gratuitement au soulagement de l'humanité souffrante, et personne n'est à même de me prouver le contraire.
        « Je n'ai pas le temps d'engager une polémique de presse. Aussi est-ce mon premier et mon dernier mot. »
                              (Signé: Nic. Wagner).

    L'Indépendance luxembourgeoise, 20 juin 1924 (source : eluxemburgensia.lu)


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