•     COMMENT DOIT-ON AGIR
        DANS LES RÉUNIONS SI
         L'ON VEUT RESPECTER
           L'ENSEIGNEMENT

        Père, j'ai la pensée de Vous écrire pour vous poser deux questions.
        1° Quand la lecture est faite, doit-on terminer la réunion ou demander aux frères qui y assistent s'ils ont l'une ou l'autre question à poser et laisser chacun libre d'y répondre d'après son expérience.
        2° Après la lecture il nous arrive de donner connaissance de lettres que nous recevons de part et d'autre. N'y trouvez-vous pas un obstacle ?
        Ayez la bonté, Père, de répondre à ces questions afin que nous marchions tous d'accord dans la voie que vous nous avez tracée.
                          P.

        Le Père. - J'ai déjà reçu de plusieurs groupes des lettres me demandant comment on doit faire pour être d'accord avec l'Enseignement. Nous le savons, nous n'en sommes encore qu'à l'aurore de sa proclamation. Pour le répandre nous en faisons la lecture dans des maisons ou dans des salles suivant l'importance des groupes. Plus grand est le nombre des adeptes, plus il est besoin de salles indépendantes et plus aussi le silence est nécessaire. Les groupes qui se dirigeront avec amour attireront de nouveau adhérents en proportion et des personnes dévouées et désintéressées seront heureuses de faire construire des temples ; c'est en travaillant à notre amélioration que nous trouverons tout ce dont nous avons besoin, tout se résoudra à notre satisfaction, nous finirons par avoir dans chaque groupe un temple et vous savez qu'on n'y parle pas ; nous devrions commencer dès maintenant à ne plus le faire, avant ni après la lecture. L'Enseignement est un guide, une lumière qui nous éclairera pour tout ce qui nous sera nécessaire, celui qui respectera ce qu'il en comprendra sera inspiré suivant son désir de continuer son progrès. Ce n'est pas ce que nous pourrions ajouter à la lecture qui nous fera mieux connaître le chemin que nous devons suivre, qui pourra nous donner ce que nous n'avons pas mérité. Plus de silence y aura-t-il, mieux le fluide pourra faire son oeuvre et plus les adeptes en profiteront. Cependant ils peuvent se réunir à deux ou trois tantôt chez l'un tantôt chez l'autre pour raisonner de l'Enseignement, mais ils doivent se garder de prétendre mieux connaître que d'autres car notre intelligence pourrait nous rendre de mauvais service ; dans ces petites réunions chacun pourra dire sa manière de comprendre l'Enseignement. Notez bien que celui-ci n'est interprété que suivant notre degré d'élévation, nous pourrions parfois être étonnés de l'interprétation de certains adeptes qui nous paraîtrait tout l'opposé de la nôtre. C'est pour nous autant d'instruction et nous pouvons reconnaître par là que le contact de notre semblable nous est toujours utile puisque la solidarité nous est autant indispensable pour nous instruire que pour nous améliorer. Ceux qui s'efforceront de mettre en pratique l'Enseignement démoliront insensiblement leur vue du mal qui seule fait dégénérer les réunions parce que ce n'est que par elle que surgissent toutes les contrariétés qui mettent le désaccord entre les adeptes. Nous nous étonnons parfois que des frères en soient atteints et qu'ils voient le mal dans des choses qui nous paraissent être un bien, mais nous ne l'avons pas moins à leur égard si elle nous paraît être chez eux car nous voyons également le mal en eux si nous ne sommes pas satisfaits de leur manière de voir. C'est ce qui arrive, nous croyons être dans la raison en visant par la vue du mal ceux que nous sembleraient la posséder.

    Le Développement de l'Enseignement du Père, p.147-152


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  •     1906, Louis Antoine, revêtu pour la première fois de la robe révélée, informe ses adeptes que grâce à leur dévouement, il a atteint un fluide plus pur, et que s'ils acceptaient cette inspiration, ils pourraient être d'autant plus utiles à leurs semblables. C'est ainsi qu'il fonda le Nouveau Spiritualisme, dont la base est entièrement morale.
    Historique du culte antoiniste, p.23

        Il y a environ six ans que je recevais une inspiration me disant comment je devais le vêtir pour enseigner la Révélation ; j'obéis aussitôt et j'en fus heureux, non pas de porter le costume mais de ressentir l'Amour qui découle de cette Révélation.
        Depuis cette époque, bien des adeptes ont demandé à pouvoir se vêtir de même pour répandre l'Enseignement et démontrer d'autant mieux qu'ils y ont foi. Mais comme je rencontrais encore beaucoup de fluides qui ne me permettaient pas de dire : oui, je faisais toujours patienter, car je croyais que d'autres auraient pu en abuser.
        Dernièrement, Madame Antoine qui opère aussi les malades, me remplaçant quand je dois m'abstenir, me communiqua une inspiration qu'elle avait reçue pour le même sujet. J'en fus plus heureux que pour moi. "C'est une véritable révélation, lui dis-je, vous pouvez agir. Cette robe, telle que vous me l'expliquez, a été révélée, déjà il y a des milliers d'années".
        Voilà comment nous abons été habillés tous deux de la robe spéciale.
        Plusieurs adeptes ayant été inspirés de revêtir la même robe, m'en firent part. C'est alors que me fut donné le complément de cette révélation, me disant qu'avec le temps tout le monde se transformera de la même façon, que cette inspiration est déjà un commencement.
    Pierre Debouxhtay, p.245-249

        C'est durant cette année [1910], que les adeptes se revêtirent également de la Robe Révélée. A ce moment, les frères portaient un chapeau melon, et les soeurs un bonnet de soie sans voile. Ceci est attesté par des photos d'époque.
    Historique du culte antoiniste, p.43

        Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 30 mars 1912 (il y a évidemment une erreur, c'est la désservante du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère).

        Un autre article nous dit que la desservante de Jemeppe "ne porte ni coiffe ni bonnet". Elle précise elle-même : "Je suis la guérisseuse du temple. La Mère se tient chez elle ; on ne là voit que le matin pour les « opérations » ; moi, je reçois les malades à toute heure". Puis "la petite vieille en noir ramène avec elle une autre « soeur ». C'est une dame aux cheveux noirs, aux yeux très noirs, et qui nous livre tout d'un trait, l'histoire de sa vie et de sa conversion."
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-05-1913

        Quand à Mère, la même année est décrite de la façon suivante : "C'est la Mère qui apparaît. Elle est sur la tribune. Toute blanche dans ses vêtements noirs".
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery) - 15-07-1913
        Dans un autre article, on lit : Une porte s'ouvre et la "Mère" paraît, vieille dame toute vêtue de noir, propre et décente. À son chapeau est épinglé le voile des veuves.
     La Liberté, 27 octobre 1913

        C'étaient des hommes en lévite noire et coiffés d'un chapeau de feutre mat à bords plats, et des femmes vêtues de robes noires et couvertes d'un long voile également noir.
    Le Petit Parisien, 27 oct. 1913

        Un peu plus tard, à Paris, on lit : "Paris fut envahi, le dimanche 26 octobre, par des antoinistes dont le sombre uniforme : les hommes en lévite noire et chapeau, haut de forme de feutre à bords plats, les femmes en robes et coiffes noires, excitait la curiosité".
        Plus loin : "Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation »."
        Et : "Un grand nombre d'adeptes, les hommes avec leurs longues lévites noires et leurs chapeaux haut de forme ; les femmes en costumes et bonnets noirs".
        Et encore : "Sous leur habit noir à la protestante ou leur voile de deuil".
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913

        Un article plus tardif renseigne : Pour les hommes, c'est une soutane étroitement boutonnée et tombant aux genoux ; la coiffure est un "tromblon" assez bas, comme on en portait il y a trois quarts de siècle. Pour les femmes, la jupe noire se complète d'un corsage à manches pagodes ; un ruban noir, noué sous le menton, retient une capote bordée de tulle plissé et agrémentée d'un long voile retombant dans le dos.
    Le Petit Parisien du 26-06-1924

        1934-1935. Désormais, pour les cérémonies exceptionnelles (consécrations, fêtes), Mère revêtira un bonnet blanc, pour symboliser qu'elle avait atteint le fluide du Couronnement.
        9 juin 1935, Soeur Deregnaucourt consacre le Temple de Liège (Quai des Ardennes). Pour la cérémonie, Soeur Deregnaucourt était coiffée du bonnet blanc de Mère.
    Historique du culte antoiniste, p.74
        A ce propos, Pierre Debouxhtay, rapporte (p.244) : "Comme j'avais remarqué que Mère ne portait pas le voile, au cortège du 25 juin 1930, une adepte me dit que Mère est couronnée de l'oeuvre et qu'ayant la couronne elle ne peut plus porter le voile. Je cite l'explication telle qu'elle me fut donnée et pour ce qu'elle vaut."
        Un adepte précisé : "Sans rien imposer, je donne simplement des renseignements, je pense qu'en ne respectant pas la pensée du costume antoiniste nous pourrions arriver à ne plus l'aimer, un changement que nous apportons de nous-mêmes vient de l'intelligence, celle-ci ne cesse de créer et le lendemain suggère encore une autre nouveauté et insensiblement nous ferons de nos bonnets des chapeaux et de nos robes amples à plis devant et à manches pagodes, des robes de ville, on le fait déjà, j'ai vu sur des robes antoinistes s'étaler de gros boutons, des chaînes en argent supportant le portrait du Père, etc. Si nous ne cessons cet état de chose nous en souffrirons, nous croyons servir l'oeuvre du Père et nous la dénaturons. Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là."
    L'Unitif, III, 3, p.12-13 (in Pierre Debouxhtay, p.244)

        Le bonnet blanc n'a jamais été plus portée à ma connaissance.

        Concernant le côté belge, on peut lire :
        Nous avons trouvé dans les archives un texte écrit par Mère concernant les robes des soeurs :
        LA ROBE ANTOINISTE
     Pour les soeurs - il faut la porter :
    - sans maquillage, ni bijoux,
    - les souliers et les bas noirs,
    - les cheveux rentrés sous le bonnet,
    - la robe descend à 13cm de terre.
     Pour les frères :
    - avec pantalon et souliers noirs.

    Le Père disait : "Se négliger, c'est se déconsidérer".

    Mère disait : "La Robe révélée est notre plus belle robe, car l'esprit en est revêtu."

    A propos du voile :
    "A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux".
    Le voile portait pas les religieuses, est le symbole des trois voeux : chasteté, pauvreté et obéissance et nous savons que ceci ne nous a jamais été imposé.
    Dans l'Unitif du 1er octobre 1913 (n°2 - p.14), il est donné des explications détaillées sur le mode de confection du bonnet et il est indiqué, d'une part que "les bonnets ne se font pas en pointe, qu'ils sont "ronds", il n'est pas question de voile, puisqu'il est également précisé que "pour terminer le bonnet, on place sur l'élastique une nouvelle ruche double, dont chaque tête a deux centimètres de haut".
    Il faut noter que l'on ne voit pas pourquoi ce voile n'est qu'épinglé si à l'origine il était destiné à faire partie intégrante du bonnet ?
    Si le voile avait été révélé en même temps que la robe et le bonnet, il aurait d'être porté par toutes les soeurs dès le début, conformément à l'inspiration reçue par Mère.
    "Pour ma part, je suis et demeure antoiniste, mais je formule le souhait que s'il veut subsister, le CULTE ne continue pas à s'enfermer dans des conceptions surannées et qu'il revienne au but suivi par les Fondateurs : la pratique et la propagation de l'ENSEIGNEMENT sur la base de la morale et de la foi PURE avec tout la rigueur qu'elle peut comporter et sans s'attacher à des cajoleries qui ne sont que le fruit de l'intelligence".
    Extrait d'une lettre de F. DELETTRE.
    "Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
    Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
    Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
             (Extrait d'une lettre "d'une soeur".)
    Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, p.36-41


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  •     La question 861 de l'ouvrage "Testez votre culture belge" est la suivante :
        Une seule religion a trouvé ses racines en Belgique. Comment s'appelle-t-elle ?
        La réponse est, vous le savez : L'antoinisme, culte fondé par Louis Antoine à la fin du XIXe siècle.

        C'est aussi la façon de définir l'antoinisme dans la brochure verviétoise Temps Jadis, Notre région au temps des Cartes Postales : La seule religion Belge : l'Antoinisme.

        La quatrième de couverture de Délivrez-nous du mal par les Editions Labor dit : "Roman vrai", Délivrez-nous du mal raconte la vie de Louis Antoine fondateur d'un culte dans la banlieue liégeoise à la fin du siècle dernier. [...] L'auteur jette aussi quelque lumière sur le phénomène passionnant que constitue la naissance d'un mouvement religieux.
        Le développement de Robert Vivier précise que la "désincarnation de Louis Antoine, loin de marquer un arrêt dans le développement de la nouvelle religion, semble au contraire avoir rétribué à exalter les adeptes et à étendre le mouvement."
        On parle ensuite de culte et de religion antoiniste.
        Puis le petit ajout signale les livres parlant de l'antoinisme, après la mort de Vivier : Alain Woodrow, Les nouvelles sectes et Régis Dericquebourg, Religions de guérisons.
        Ce dernier auteur, qui est sociologue des religions, pencherait pour dire cult ou groupe métaphysique (selon Stillson Judah), mais il se refuse à en faire une Eglise ou une secte (cf.p.138).

        Comme on peut s'y attendre, Pierre Debouxhtay se garde bien de se prononcer, définir d'un façon aussi brute aurait en effet constitué un point de vue. Il raconte comment les Antoinistes ont voulu "obtenir la reconnaissance de leur culte" (p.270). En effet, Pierre Debouxhtay alla fouiller dans les archives du Ministère de la Justice (section des cultes).
        Bref, à l'époque on parle de culte ou de religion, les spirites seuls parlent de secte. C'est en effet encore le seul sens de ce mot : Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle (http://www.cnrtl.fr/definition/secte).

        On voit cela dans les journaux de l'époque :
    - The New York Times, le 25 décembre 1910 : Another new religion, another faith-healing religion, Jemeppe-lez-Liège, where the headquarters of the sect are situated, The badge of the sect is "the tree of the knowledge of the sight of evil", represented by a white tree on a black ground (remarquons le flou dans la définition pour ce premier article, notons aussi que le sens de sect en anglais peut être différent, et que les Américains étaient plus accoutumés à ce phénomène que l'Europe).
    - Albert-L. Caillet en 1911 : Guérisseur et de Révélateur d'une doctrine, "Culte Antonin" (ceci est une erreur certainement à l'impression).
    - le Figaro en 1912 : Louis Antoine, un fondateur de religion.
    - Le Matin, en 1912 : religion nouvelle. Louis Antoine y avait instauré son culte il y aune vingtaine d'année. Sa religion, que l'on appelait l'"antoinisme", promettait la guérison des maladies par la prière et la foi. Il réussit ainsi à obtenir quelques cures sur certains malades du système nerveux.
    - Le Progrès spirite en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une religion, une espèce de variété de christianisme mélangé de théosophie.
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1912 : les fidèles de la religion belge viennent écouter la parole de leur prêtre improvisé.
    - La Liberté, en 1912 : Il n'avait fait rien de moins que de fonder une secte, une espèce de christianisme mélangé de théosophie (c'est le sens premier du terme secte, le journal se défini comme : Journal politique, religieux, social. L'article se termine par : Beaucoup d'incrédules ferment les yeux devant les merveilles de Lourdes, mais une superstitieuse crédulité les remplit de respect pour l'oeuvre de l'illuminé ou du charlatan Antoine).
    - L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, en 1913 : l'Antoinisme... La religion du Père Antoine.
    - La Liberté, en 1913 : De ses cendres est née une religion. Le culte "Antoiniste" a ses desservants et ses adeptes, de plus en plus nombreux.
    - L'Echo du Merveilleux, en 1913 : l'« Antoinisme », cette religion nouvelle dont l'apôtre, Antoine le Guérisseur, qui mourut l'an passé, fut suivi jusqu'à la fosse commune par un cortège de plus de quinze mille fidèles gémissant et pleurant !, Une religion de malades, tel est l'effet assez juste que produit l'Antoinisme à notre confrère.
    - Le Petit Parisien, en 1924 : le culte antoiniste, spiritualisme nouveau
    - Les Potins de Paris en 1930 : Connaissez-vous l'Antoinisme? C'est une nouvelle religion [...], culte mâtiné, de spiritisme et de christianisme.
    - La Croix en 1936 : Certaines sectes religieuses se livrent dans notre diocèse à une active propagande. nous apprenons que l'Armée du Salut et l'Antoinisme spécialement cherchent à recruter des adeptes, distribuent des brochures ou sollicitent des offrandes. (Remarquons ici l'emploi de secte religieuse, dit par un journal catholique, on peut encore penser que le terme secte renvoi à son sens premier).

        Dans les registres de loi :
        En Belgique, l'antoinisme n'a jamais été reconnu comme culte ou religion, on en a donc fait en 1922 une ASBL en tant qu'Etablissement d'Utilité Publique en Belgique. La jurisprudence belge lui fait accéder à la Protection d'une dénomination religieuse le 9 janvier 1947 et le classe, le 21 novembre 1949, comme oeuvre philanthropique, avec confirmation, le 31 mars 1949, de protection de la dénomination religieuse. Le 19 juin 1992, il obtient l'Immunisation fiscale des immeubles destinés au culte antoiniste (Jurisprudence belge relative à la condition juridique du fait religieux, par Louis-Léon Christians et http://www.uclouvain.be/207623.html).

        En France, il est d'abord considéré comme association culturelle loi de 1905. Puis il prend en 1988, la forme d'une association cultuelle, régie par la Loi de 1905 sur les cultes.

        Puis on évoque le mot secte. Cela, concernant l'antoinisme, plus souvent en France et depuis une trentaine d'année, ou pas beaucoup plus (le Quid le classe dans cette section). Le mot est vague, et le rapport 2468 de l'Assemblée Nationale française sur les sectes a été critiqué par des chercheurs, considérant, entre autres reproches, comme fallacieux d'édifier une liste sans plus de détail. Ce rapport classerait l'antoinisme dans le "catégorie des mouvements 'guérisseurs'". C'est ce qu'à fait également  le rapport belge (http://www.vigi-sectes.org/rapport/rapport_belge_enquete_parlementaire.html), mais de façon plus douce (Intervention de M. L. Nefontaine, collaborateur scientifique à l'ULB qui évoque l'antoinisme parmi d'autres comme "organisation tout à fait honorable").

        Le Bureau de Documentation sur les sectes et les Religions parle de secte d'origine occulte. On parle aussi de secte satanique (comme Jacques Valdour dans sa description des ouvriers parisiens d'après guerre : "Autodidacte et à demi dément, Antoine retrouve dans ses rêves confus les vieilles inspirations familières aux religions sataniques et au Maçonnisme", p.80). Parfois d'un groupe issu de la mouvance catholique, ou de la mouvance spirite.

        Passé la folie immodérée concernant les sectes, on parle maintenant de mouvement religieux ou nouveau mouvement religieux (comme la plupart des sociologues et le site Wikipedia, qui le classe parmi Petit mouvement religieux | Groupement spirituel), mouvement New Age (comme une chercheur sur le sujet), Eglise de guérison (quelques sociologues).

        Voyons maintenant les définitions dictionnairiques :
        Le TLFi donne comme définition : Religion fondée par le mineur belge Louis Antoine (dont les écrits sont parus de 1905 à 1910) qui considère l'individu comme un être divin, affirme que les hommes se « réincarnent » à leur mort et fait une place importante à l'imposition des mains et à la prière pour la guérison des malades. Ce dictionnaire cite une phrase de Maxence van der Meersch parlant également de religion. (d'après sa partie historique, c'est à partir des années 50 et surtout 60 que le mot secte prend son sens péjoratif presque exclusif).

        Médiadico donne : Courant théosophique qui considère l'individu comme un être divin et prétend que l'on peut guérir les maladies par le pouvoir de l'esprit.

        Reverso dit : (philosophie) doctrine prônant la lutte par l'esprit contre la maladie.

        Le site eculture.cs.vu.nl arrive à : Synthèse de spiritisme et de théosophie créée par Louis Antoine (1846-1912).

        Le Larousse réfère à : Religion théosophique fondée par Louis Antoine, dit « le Père Antoine ». (Le culte antoiniste fait une grande place à l'imposition des mains et à la prière en vue de la guérison des malades.)


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