• Fête de Père - cortège vers la tombe

    On aperçoit le temple au fond de l'image. Les briques de la façade sont enduites et la porte est condamnée, nous sommes donc après la désincarnation du Père. La formule "Le Père, le grand guérisseur de l'humanité pour celui qui a la foi" daterait de novembre 1913.


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  • Anniversaire antoiniste (Excelsior, 30 juin 1913)

    ANNIVERSAIRE ANTOINISTE

        BRUXELLES, 29 juin (De notre correspondant particulier, par téléphone). — Aujourd'hui a été célébré, à Jemmepes-sur-Meuse, près de Liége, l'anniversaire de la mort d'Antoine le Guérisseur, qui fit tant parler de lui au cours de ces dernières années. Des trains spéciaux avaient amené de nombreux antoinistes de Bruxelles. Quelques-uns aussi étaient venus du nord de la France.

    Excelsior, 30 juin 1913


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  • Anniversaire du Père Antoine (Le Rappel 25 juin 1926)


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  • Les Antoinistes fêtent la désincarnation (L'Intransigeant 26 juin 1924)

       Les « Antoinistes » fêtent
        la « désincarnation » du
      ==== Père Antoine ====

        Ici et là, parmi la foule, des hommes tout habillés de noir en redingote et coiffés d'un demi haut de forme à la manière de feu Duval. Des croque-morts ? Non, des « frères ». Quelle affluence, ce matin, sur le « parvis » de cette église : le temple de la rue Vergniaud – le temple antoiniste de Paris !
        Aujourd'hui, 25 juin, à l'occasion de l'anniversaire de la mort – pardon, de la désincarnation du père Antoine, les fidèles, les adeptes se réunissent dans la salle froide et nue. Ni prières, ni sermon. Seulement, un lecteur qui lit « l'enseignement du père Antoine » et puis, c'est le silence, le culte, c'est-à-dire le recueillement. Et les profanes qui se mêlent à cette foule (car il y a foule) se découvrent...
        Depuis 1913 que cette église est construite, d'autres temples se sont élevés : Monaco, Tours, Vichy, Lyon, Vervins, Aix-les-Bains, Caudry.
        – Grâce à quel concours ? ai-je risqué.
        Et le « frère », qui ne se refusa pas à l'interview, me répondit, les bras croisés :
        – Mais aux dons anonymes des adeptes ! Dites-bien : anonymes ! En France et en Belgique, on compte déjà un million d'antoinistes...
        Et, sans doute, le frère voulait-il en recruter de nouveaux car il me fit, pour les lecteurs de l'Intransigeant, un cours de morale antoiniste...
        Car Antoine, cet ouvrier mineur de Jemmapes, cet illettré, a créé une religion nouvelle, et une morale. – R. D.

    L'Intransigeant, 26 juin 1924


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  • Les Antoinistes commémorent la Mort de leur Père (La Presse, 27 juin 1924)

    DOUX RÊVEURS

    Les « Antoinistes »
    commémorent la Mort
    de leur « Père »

        Connaissez-vous l'Antoinisme ?... Non ?
        Bien que vous ne perdiez pas grand'chose à cette ignorance, encore faut-il que vous sachiez le peu que vous perdez.
        L'Antoinisme est la religion qui fut « révélée », de 1906 à 1909, à un ouvrier mineur de Jemmapes, en Belgique, connu – l'Histoire est muette sur son nom de famille – sous le prénom d'Antoine.

    “Conscience et intelligence”

        En marge de tous les cultes établis par les siècles, l'Antoinisme est une religion intérieure basée sur le respect de la conscience et l'obédience absolue à icelle.
        – La conscience, disent les Antoinistes, est vraie et honnête conseillère, à l'encontre de l'intelligence orgueilleuse et ratiocineuse, d'une superbe malfaisante.
        Il y a quelque chose de bon dans cette discrimination.
        Les exemples de nécessaire obéissance à la conscience sont moins heureux. D'autant qu'il m'est apparu que les Antoinistes confondent assez volontiers la conscience, le raisonnement et l'instinct.
        – Ainsi, me disait ce matin, l'un d'eux, si quelqu'un de votre famille est malade, la conscience vous ordonne d'aller quérir le médecin, immédiatement. Cependant, l'intelligence (?) peut vous inciter à penser : « Ça ne sera rien. Inutile d'aller déranger un docteur et de faire des frais inutiles. Si demain ça ne va pas mieux, il sera toujours temps. »
        Un tel raisonnement est mauvais, ajouta mon interlocuteur (ce dont, a priori, je ne doutai pas). En pareille circonstance et en telles autres similaires, il faut écouter et obéir à la conscience (?) et s'assurer les bons offices de la Faculté.
        Evidemment, mon frère – car tout le monde s'appelle « mon frère » chez les Antoinistes, même les sœurs. Je vous donne ma parole que si un incendie se déclare tout à l'heure à La Presse, nous n'attendrons pas demain pour solliciter le secours des sapeurs-pompiers de la caserne Jean-Jacques Rousseau.

    La Cérémonie

        Serions-nous Antoinistes sans le savoir ?
        Donc, hier matin, à dix heures, environ trois cents personnes étaient réunies, 34, rue Vergniaud, dans le temple de la religion nouvelle pour célébrer le quatorzième à anniversaire de la « désincarnation » – car il n'y a pas de mort chez les Antoinistes – du fondateur de la religion.
        Il y avait là une trentaine de prêtres antoinistes, qui s'appellent des « lecteurs ». La cérémonie funèbre était rendue encore plus funèbre par l'uniforme des « lecteurs », qui s'apparente d'impressionnante manière à celui des agents de police de Gênes. Et tous ceux qui le connaissent vous affirmeront qu'il n'a rien de gai : souliers noirs, pantalon noir, sur lequel descend, à mi-mollet, une longue lévite noire, boutonnée jusqu'au col par des petits boutons semblables à ceux de la soutane du clergé catholique. Les « frères », de plus, le chef coiffé d'un chapeau de satin noir demi-haut de forme – un peu comme le chapeau de feu Alexandre Duval, mais beaucoup plus vaste d'envergure. En somme, un chapeau idoine à protéger son possesseur des inclémences liquides de l'hiver et des ardeurs de l'été.
        Les... comment dirai-je ?... les... frères féminins (c'est-à-dire les « femmes-frères ») sont plus normalement vêtues d'un costume de diaconesse. Elles étaient en nombre à peu près double de celui des « frères ».
        Deux cérémonies eurent lieu dans la matinée pour commémorer la désincarnation du père Antoine. L'une à l'intérieur du temple, l'autre à l'extérieur, dans le jardinet qui précède le lieu du culte. Cérémonies essentiellement muettes, consistant en une méditation de quelques minutes, que les fidèles debout firent, les mains jointes et les yeux au sol, tandis que les fidèles du dedans, assis, se livraient à ce pieux exercice en même temps qu'à une somnolence profane.
        J'aurais voulu vous parler, très en détail, de la religion du mineur de Jemmapes, mais je me heurtai à une grave difficulté d'ordre budgétaire. La doctrine antoiniste est tout entière consignée en un Livre (avec une majuscule, s. v. p.), dont un éditeur, sans doute adversaire du prosélytisme, a fixé le prix à douze francs.
        Ce n'est rien pour l'Idée.
        C'est beaucoup pour le porte-monnaie. – GEORGES RÉGNIER.

    La Presse, 27 juin 1924


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