• Maurice Igert - Les guérisseurs mystiques (1928)Auteur : Maurice Igert
    Titre : Les Guérisseurs Mystiques, Étude psycho-pathologique et médico-légale
    Thèse pour le doctorat en médecine, présentée et soutenue publiquement en Décembre 1928
    Éditions : Imprimerie J. Fournier, Toulouse, 1928



    Recension :
        Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, I vol. in-8°, J. Fournier, Toulouse, 1928.
        Notre civilisation est le résultat d’une série de luttes entre la mentalité primitive faite de foi dans le merveilleux et la tendance à interpréter rationnellement les phénomènes. Le plus positif restant toujours par quelque côté un peu mystique, c’est l’éternel conflit du sentiment et de la raison. Le médecin est représentatif de celle-ci, le guérisseur de celle-là ; aussi, la foule va-t-elle d’instinct au guérisseur, d’instinct au médecin est hostile.
        Le guérisseur mystique réalise donc les aspirations profondes de la foule ; bien loin de la dominer, il n’est que son écho. De là, sa sincérité, même lorsqu’il en vient à tirer profit de la crédulité publique ; de là, ses succès thérapeutiques parfois ; de là, la difficulté de la répression légale. Ces données générales s’éclairent de l’étude particulière de quelques guérisseurs mystiques, les uns débiles mentaux, les autres intelligents. Ceci et cela constituent une étude consciencieuse, originale et clairement exposée qui mérite d’être lue.
    Chronique bibliographique, p.137
    in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1929

        Maurice Igert. — Le problème des guérisseurs, un vol. in-8°,
    Vigot, Paris, 1931. (Prix : 15 francs.)
        "Isoler de la troupe des contrebandiers de la médecine un type psychologique et social : le guérisseur mystique, définir sa nature, décrire ses caractères particuliers, puis déduire de cette étude une conduite médico-légale à son égard, telle a été l'idée directrice de ce travail" (p. 202). Ce programme, que M. Igert s’était tracé, a été rempli de façon si parfaite qu’il sera désormais impossible de reprendre l’étude
    des guérisseurs mystiques sans lire cette œuvre consciencieuse, impartiale et fouillée, et sans en tenir le plus grand compte. Un résumé ne peut montrer le jour qu’elle jette sur le mysticisme contemporain autant que sur les troubles psychosiques de nos thaumaturges ; et le compte rendu le mieux fait ne saurait suppléer à ces pages qui sont à lire et qui expliquent, en particulier, la sympathie des juges pour les guérisseurs.
        A cet égard, une leçon vient de la lecture de ce volume, une leçon dont les syndicats médicaux peuvent faire leur profit, en attendant que quelques-uns dans le public même, de bon sens robuste ou simplement habiles et forts du droit commun, devancent les poursuites syndicales. Ce serait, en vérité, un intéressant procès que celui qu’un père intenterait à un guérisseur parce que celui-ci aurait, par exemple, méconnu une appendicite et que les vains espoirs qu’il donna laissèrent passer l’heure utile de l’intervention salvatrice. Ici, les dons merveilleux que la foule affirme plus encore que celui même qui les reçut, l’exercice illégal de la médecine lui aussi sur quoi la partialité peut disputer toujours, sont hors de cause. Le débat est particulier et précis. Sans doute, les premiers procès de ce genre seraient perdus ; mais, même perdus, ils seraient, contre ceux que M. Igert appelle les contrebandiers de la médecine, plus efficaces sans nul doute que nos plaintes corporatives qui aboutissent à un franc de dommages et à une auréole.
    Chronique bibliographique, p.137
    in La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 36e année, 1932


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  • Dr Maurice Igert - Le Problème des guérisseurs (1931)Auteur : Docteur Maurice Igert
    Titre : Le Problème des guérisseurs
    Éditions : Vigot Frères, Éditeurs, Paris, 1931

     

    Extrait qui évoque Louis Antoine :

    LES GUÉRISSEURS INTELLIGENTS

        Nous avons cité le « cas-limite » de Germaine de Rouen. Nous n'ajouterons rien au chapitre qui la concerne. Germaine, par sa constitution mentale, par la variabilité des signes psychosiques qu'elle a présentés, par ses convictions, est certainement beaucoup plus voisine des guérisseurs précédents, que d'un thaumaturge comme J. Béziat. Seule une renommée à peu près semblable les a confondus.
        L'étude de la mentalité et de la vocation de Béziat révèle quelques particularités qui méritent de retenir notre attention. Le guérisseur a présenté toute sa vie une orientation mystique de la pensée et de l'activité. Imposée par les circonstances, l'interruption de l'activité mystique (il disait « métapsychiste ») entraîne une crise de dépression, suivie bientôt de la révélation d'un don curatif.
        La sincérité de Béziat n'étant pas douteuse, la conviction présente par elle-même un caractère anormal et elle s'est imposée à lui suivant un mécanisme psychologique très spécial.
        Peut-on attribuer sa vocation à la suggestion ?
        Certes, son caractère est très influençable, son imagination exagérée, son émotivité en surface. Mais, sa tendance mystique a imprimé à toute sa vie une direction à peu près constante. Son évolution mentale est faite de stabilité et d'instabilité.
        Suivant le facteur auquel on accorde une prédominance, il est possible de le classer parmi les passionnés ou parmi les suggestibles.
        En réalité, il serait artificiel de le ranger dans l'un ou l'autre groupe ; il représente un cas mixte.
        Du mystique passionné il a la foi et l'orientation expansive. Et cependant il subordonne son don de guérir à des fins égoïstes et il reste tolérant.
        Le mystique est surtout un créateur de système et un apôtre, il est le prosélyte de sa doctrine et lui soumet toutes choses. Ses actions, parfois dangereuses, n'ont de valeur, à ses yeux, que dans la mesure où elles augmentent le prestige des conceptions.
        Béziat est surtout un praticien. Il ne fait pas la propagande de ses croyances, auxquelles il n'est peut-être pas très profondément attaché. « Je n'ai jamais cherché à imposer mes convictions, l'avons-nous entendu dire. L'essentiel, n'est-ce pas, c'est que je guéris. »
        Il guérit et s'efforce passionnément de faire accepter « ce fait ».
        Au lieu d'une conception métapsychique, c'est un pouvoir personnel qu'il affirme.
        Il y a dans sa mentalité, un curieux mélange de disposition expansive et de tendance égocentrique.
        Tantôt il est sollicité dans un sens, tantôt dans l'autre. Ces oscillations perpétuelles entravent aussi bien les réalisations complètes de son altruisme, que de son égoïsme.
        Idéaliste passionné, il aurait pu édifier une religion nouvelle, comme un Swedenborg ou un Antoine, et conquérir la croyance populaire par des cures miraculeuses.
        Pragmatique, l'exploitation de son pouvoir lui aurait assuré d'importants bénéfices, s'il avait eu le génie de « monter une affaire ».
        Il ne s'est libéré, ni de l'intérêt, ni du mysticisme.

    Dr Maurice Igert, Le Problème des guérisseurs, 1931 (p.153-154)


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  • Alain Rollat - Guide des médecines parallèles (1973)

    Auteur : Alain Rollat
    Titre : Guide des médecines parallèles
    Éditions : Calmann-Lévy - Collection : Vivre aujourd'hui - Paris, 1973

        Évoque l'antoinisme par le biais du temple de la rue Vergniaud de la page 159 à 162, dans le chapitre consacré aux Églises de la guérison à côté du Pentecôtisme, la Science chrétienne et l’Église du Christ de Montfavet.

        Voici ce qu’écrit l’auteur :

        L'Antoinisme

        – Bonjour, petit frère. Sois le bienvenu. 
         Je viens d'entrer dans le vestibule de l'un des vingt-huit temples français du Culte antoiniste. La vieille dame qui m'y accueille si aimablement porte une soutanelle noire. Nous engageons la conversation. Je lui pose quelques questions ; elle y répond d'une voix douce.
        – Pardonnez mon ignorance. Pourriez-vous me parler du Culte antoiniste ?
        – Il s'agit d'une œuvre morale basée sur la foi et le désintéressement, petit frère... Il y a partout des peines, des maladies, et chacun peut venir demander chez nous sa guérison ou une aide spirituelle. Tout se fait par la prière, gratuitement, en toute liberté, comme le veut le Père...
       – Quel « Père » ? Dieu ?... 
        Notre bon Père, le Père Antoine. Il nous a appris à connaître Dieu, sa bonté, son amour infini. L'enseignement du Père est l'enseignement du Christ révélé à notre époque par la foi. Nous n'essayons pas de convertir, petit frère. simplement de consoler et de guérir par la foi... » Et cette charmante personne au visage serein et à la parole facile continue à m'initier ; elle évoque confusément Adam et Eve, le sens de la vie, le Père Antoine, la réincarnation ; l'existence de bons fluides et de fluides mauvais... Je ne parviens plus à suivre sa pensée. Comprenant mon désarroi, elle m'invite à me recueillir dans la grande salle du temple. Je me retrouve seul, devant plusieurs rangées de bancs vides et une chaire à deux étages entourée de murs tristes. Tracée sur le mur, une inscription en grosses lettres noires domine le chœur : « Un seul remède peut guérir l'humanité : LA FOI ; c'est de la foi que naît l'amour, l'amour qui nous montre dans nos ennemis Dieu Lui-même ; ne pas aimer ses ennemis, c'est ne pas aimer Dieu ; car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de LE servir, c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer parce qu'il est pur et de vérité. »
        Dans le vestibule, la dame à la soutane prie pour moi. Je demeure perplexe... 
        Ainsi se déroula ma première rencontre avec l'Antoinisme. 
        L'histoire de ce culte bizarre s'identifie totalement à celle de son fondateur, le « Père » Antoine, Louis de son prénom. L'appellation « Père » n'ayant d'ailleurs aucune origine religieuse. Cadet d'une famille pauvre comptant onze enfants, Louis Antoine voit le jour en 1846 en Belgique, à Mons-Crotteux, province de Liège. A douze ans, la misère l'oblige descendre à la mine avec son père et son frère aîné. Catholique fervent, il démontre dès cet âge, selon ses adeptes, « une sensibilité et une piété peu communes ». Sa foi religieuse ne l'empêche pas, cependant, d'être écœuré par le dur travail de mineur ; il devient ouvrier métallurgiste et, à vingt-quatre ans, quitte la Belgique pour l'Allemagne, puis la Pologne. Une dizaine d'années plus tard, il revient en Belgique où il épouse une jeune fille simple et modeste. De leur union naît un fils. Louis Antoine exerce les fonctions de concierge dans une usine. Végétarien, il vit très sobrement. 
        La grande aventure spirituelle de cet ouvrier, que rien ne prédisposait à fonder une religion, commence à quarante-deux ans, lorsqu'il découvre le spiritisme. Coup de foudre. Sachant à peine lire et écrire, Louis Antoine va dévorer de nombreux ouvrages d'occultisme. Il fait tourner les tables, se révèle médium, entre en communication avec les « âmes » des morts et s'enhardit, déjà, à prêcher à son entourage certaines « vérités » découvertes dans le monde des « esprits ». Soudain, le drame entre dans sa vie, en 1893 : son fils unique meurt à l'âge de vingt ans. Pour Louis Antoine, le problème de la guérison devient une obsession. L'humble concierge wallon rencontre alors, opportunément, autour des tables spirites, deux « fantômes » charitables d'anciens médecins qui lui enseignent, depuis l'au-delà, le secret de la guérison par la prière et l'art de maîtriser les « fluides guérisseurs ». Fort de leurs conseils, Louis Antoine se débarrasse personnellement de vieux maux d'estomac et devient guérisseur. Il impose les mains, distribue des morceaux de tissu « magnétisé », connaît quelques ennuis avec le syndicat des médecins belges et abandonne rapidement les thérapeutiques magnétiques pour se consacrer à la guérison par la foi. Les malades font la queue devant son domicile l'appellent « Père » et sa femme « Mère » ; la religion antoiniste apparaît. 
        Reconnu d'utilité publique par le gouvernement belge en 1922, le Culte antoiniste compte aujourd'hui cinquante-huit temples en Europe et cent cinquante salles de lecture dont plusieurs aux Etats-Unis et au Brésil. 
        Officiellement, Louis Antoine a cessé de vivre le 15 juin 1912. Je dis « officiellement » car les Antoinistes affirment que leur « Père » est seulement désincarné et continue à diriger son Eglise depuis le royaume des « esprits », où il réside en compagnie de la Mère et des anges. 
        Mélange obscur de christianisme, de spiritisme, de théosophie et d'hindouisme, le Culte antoiniste reflète parfaitement la personnalité de son fondateur. Comme la Science chrétienne, l'antoinisme nie l'existence réelle de la matière et du mal, pures « illusions mentales » prenant racine dans le péché. Sa conception des relations de l'âme et du corps, par contre, ne manque pas d'originalité. 
        Suivant les Antoinistes, en effet, « toute pensée est un fluide et tout fluide une pensée. Nous baignons dans la vie et dans les fluides comme le poisson dans l'eau. Notre atmosphère est composée de milliers de pensées, acquises dans les multiples entreprises que nous effectuons dans le courant de notre existence. Ce sont autant de fluides que notre esprit manie à son insu, bons ou mauvais suivant notre nature. Ces fluides que nous saisissons à travers la matière sont des lois qui nous dirigeront, à notre insu, dans le milieu même où nous les avons puisés ; si nos pensées ont été pour notre semblable bonnes et agréables nous en serons réconfortés ; si elles ont été mauvaises et amères nous serons martyrisés. Nous sommes les seuls auteurs de nos souffrances ». Le Père Antoine apporte la « précision » suivante : « Il m'est arrivé de soigner des malades dont le mal était à une distance de deux mètres du corps, dans l'atmosphère. Il faut savoir que l'âme rayonne autour du corps, à une étendue dont on ne se fait peut-être pas une raison. Il importe, donc, assez peu de guérir l'organe, si on laisse subsister le mauvais fluide qui l'entoure et qui va être la cause d'une nouvelle indisposition. Cette observation montre à quel point un guérisseur pourrait s'égarer en se bornant à remédier au corps. » 
        Vous reconnaîtrez à cette description la notion spirite de « corps astral ». 
        En conclusion, les Antoinistes soulignent que toute guérison totale suppose une conversion spirituelle profonde. Dans chaque temple le culte principal, ou Opération générale, consiste ainsi à prier pour les malades en luttant mentalement contre les fluides mauvais qui les accablent et à les aider à cultiver la foi en Dieu. Les fidèles ont rendez-vous avec « l'esprit » de Louis Antoine les cinq premiers jours de la semaine à 10 heures précises. En sa présence paternelle bien qu'invisible, ils méditent les « Dix Principes de Dieu » révélés par le Père. Lorsque l'officiant les récite, Dieu s'adresse directement à l'assistance par l'intermédiaire du Père Antoine. 

    Premier principe : 
        « Si vous m'aimez
    Vous ne l'enseignerez à personne
    Puisque vous savez que je ne réside
    Qu'au sein de l'homme.
    Vous ne pouvez témoigner qu'il existe
    Une suprême bonté
    Alors que du prochain vous m'isolez. » 

    Deuxième principe : 
        « Ne croyez pas celui qui vous parle de moi
    Dont l'intention serait de vous convertir,
    Si vous respectez toute croyance
    Et celui qui n'en a pas,
    Vous savez, malgré votre ignorance,
    Plus qu'il ne pourrait vous dire. » 

         Tous ces principes, dont je ne puis vous infliger la lecture, prônent hermétiquement l'amour du prochain, la charité, la tolérance, l'humilité.
        En marge des leçons sur l'enseignement du Père, le Culte antoiniste assure également, chaque jour, des « opérations » de guérison individuelles. Un frère guérisseur se tient en permanence à la disposition des personnes souffrantes. Quand un malade vient le consulter, il lève les bras vers « l'esprit » du Père Antoine, le prie d'intervenir au nom de Dieu et agit personnellement en expulsant, par la force de sa prière, les fluides noirs du péché encombrant le corps « astral » de son patient. Les « opérations » sont gratuites et les guérisons certifiées nombreuses. Les guérisseurs antoinistes ne demandent rien en échange de leurs services : « Le culte laisse toute liberté à chacun ; on y vient pour autant qu'on en a besoin, soit pour obtenir une grâce, soit pour s'instruire de la Morale révélée. Chacun en comprend ce qu'il veut et en pratique ce qu'il veut. Celui qui vient au Culte vient seulement pour trouver le chemin qui l'aidera à sortir de ses épreuves tout en gardant sa religion, son milieu, ses habitudes, selon sa conscience. »
        Intentions assurément fort louables. 
        En outre, le Père Antoine a toujours eu le bon sens de ne pas vouloir concurrencer la médecine officielle. Les brochures de ses services d'information n'oublient jamais de mentionner prudemment : « Le culte ne va pas sur le terrain de la Science, notamment n'établit aucun diagnostic, ne conseille ni ne déconseille un médicament, ni une opération chirurgicale, ne fait ni passe ni imposition des mains, ni prédiction d'avenir. » Au contraire, les Antoinistes prient pour les médecins. Louis Antoine a écrit lui-même : « Dirions-nous qu'un chirurgien qui nous fait souffrir pour nous opérer un organe détérioré commet un mal ? Nous dirons plutôt qu'il nous fait un grand bien. » 
        En définitive, retenez ceci, le Culte antoiniste pratique un mysticisme guérisseur inoffensif.


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  • Les thaumaturges (Le Matin, 2 février 1925)

    LES THAUMATURGES

       La volonté du malade
             peut devenir
    l'ouvrière de la guérison

        Je continuerai mon apostolat malgré ma condamnation, a dit Jean Béziat, le guérisseur d'Avignonet, car ma tâche est de guérir et de sauver.
        Tel est le cas de beaucoup de ces thaumaturges qui vivent en marge de la médecine et prennent figure de martyrs persécutés par la science-officielle. Recueillant des malades désespérés ou naïfs, ils bénéficient de la crédulité de ces malheureux qui implorent le miracle.
        L'homme, « animal mystique », comme l'appelait Emile Faguet, a toujours eu soif de merveilleux ; l'attraction vers le mystère n'a été l'apanage d'aucune époque et les siècles les plus sceptiques furent souvent les plus crédules. Malgré les progrès de la science, l'être humain, esclave de son imagination, restera éternellement amoureux du miracle et du surnaturel.
        C'est pourquoi les guérisseurs et les la thaumaturges ont toujours eu une très grande vogue, car, prétendant commander aux forces inconnues, ils manient les prétendues puissances occultes pour les résoudre en bienfaits étonnants, sous forme de miracles.
        Les cérémonies des thaumaturges se déroulent avec apparat et certains traitements collectifs sont demeurés célèbres dans le monde entier. Qui ne se souvient du père Antoine, créateur d'un culte, « l'antoinisme », dont les fidèles sont encore très nombreux, et enfin du zouave Jacob, qui fit courir tout Paris et dont le succès fut formidable.
        La plupart des thaumaturges sont généralement mystiques dans leur méthode et dans leurs doctrines, justement parce qu'ils sont ignorants et convaincus, ayant une foi aveugle en leur pouvoir.
        Le guérisseur d'Avignonet mêle à la fois la prière, l'exhortation religieuse, l'imposition des mains et le souffle chaud, et parfois le miracle éclate aux yeux émerveillés d'une foule dans laquelle passe un de ces grands courants de sympathie dont nous soupçonnons à peine la nature. L'émotion fait vibrer tous les organismes, accorde tous les esprits, au point que le moindre fait, la moindre manifestation d'une volonté énergique suscitent au même moment, chez tous les assistants, les mêmes sensations et les mêmes illusions, transformant pour un instant le rythme de la vie.
        Le guérisseur guérit parfois là où ont échoué des médecins, parce qu'il exalte les forces merveilleuses contenues dans le subconscient des malades eux-mêmes, intensifiées encore par l'émotion et la foi.
        Dans ces conditions des cicatrisations rapides peuvent se faire. Les collections de microbes peuvent être en peu de temps détruites, car, sous l'influence de ce choc psychique, les conditions physiques de l'individu sont transformées. En plus des affections dites nerveuses, un grand nombre de maladies restent soumises aux influences psychiques.
        Emotion, autosuggestion, ébranlement psychique, telles sont les forces qui produisent la guérison miraculeuse.
        Le médecin, au lieu de dédaigner les rebouteux, les thaumaturges et les guérisseurs devrait s'intéresser à leurs procédés, car il comprendrait mieux le rôle joué par le moral comme facteur de guérison, et il utiliserait les éléments psychiques pour agir sur le physique. Il apprendrait aux malades à utiliser les forces merveilleuses de la pensée en leur disant :
        « Oui, vous avez parfois raison de compter sur la guérison miraculeuses de votre mal, mais le sanctuaire ou le miracle s'élabore est en vous-même. Sachez que pour se guérir, il suffit parfois simplement d'un sursaut de la volonté, qui peut devenir l'ouvrière de la santé. »

                                                Docteur Pierre Vachet,
                                                     professeur à l'Ecole de psychologie.

    Le Matin, 2 février 1925


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  • Titre : Les guérisseurs
    Éditions : Informations sociales, bulletin mensuel à l'usage des services sociaux
    Union nationale des caisses d'allocations familiales, août 1956


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  • Titre : Conférence de M. A. L'Esprit : Médicaments, remèdes et produits d'allure religieuse
    Éditions : Bulletin de la Société archéologique, historique & artistique le Vieux papier, 1914, p.2-23


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  • Auteur : Henri Allorge
    Titre : Les bâtards d'Esculape (à propos du livre éponyme de Paul Moinet)
    Éditions : Le Courrier d'Épidaure : revue médico-littéraire, Paris, 4e année n°3, mars 1937, p.27-32
     

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  • Au Pays des Miracles
    Les guérisseurs modernes et leurs clients
    par Marcel Réja

    dans série d'articles dans le Paris-Soir du 17 au 25 juillet 1927 :

     

     

        L'auteur éditera sur le même sujet un livre en 1930 avec pour titre Au Pays des Miracles. Il parle de l'antoinisme dans un article de la revue Le Progrès Civique.


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  • Sommaire : 

    Allocution du Dr Capitan (p.47-48)
    Du rôle de la suggestion dans les succès obtenus par les guérisseurs par M. le Dr Jean Vinchon (p.49-58)
    Les empiriques guérisserus, leurs remèdes, leurs doctrines par M. le Dr Vergnes (p.58-71)
    Les guérisseurs mystiques par M. P. Saintyves (p.71-90)
    Quelques types de guérisseurs par M. Maurice Garçon (p.90-96), évoque les Scientists.


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  • Médecine et guérison (1955)

     

    Titre : Médecine et guérison
    Auteurs : Louis Beirnaert, René Biot (avant-propos) et al.
    Groupe lyonnais d'études médicales, philosophiques et biologiques
    Collection Convergences, Éditions Spes, Paris, 1954, 272 pages

        Évoque le Père Antoine à plusieurs reprises.

    source : gallica et google.books


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  • Marijke De Sadeleer - De Kracht van Genezing (2013)

    Auteur : Marijke De Sadeleer
    Titre : De Kracht van Genezing, De keuze voor een magnetische behandeling in België (1860-1910)
    Masterproef aangeboden binnen de opleiding
    master in de Geschiedenis Academiejaar 2013

    source : https://www.scriptiebank.be/scriptie/2013/de-kracht-van-genezing-de-keuze-voor-een-magnetische-behandeling-belgie-1860-1910

     

    Abstract (§2) :

        [...] De centrale vraag is dan ook waarom een zieke beroep deed op een irreguliere methode als het magnetisme, zeker in een wereld die werd gekenmerkt door een toenemende professionalisering van het medische vak. Processen waar magnetiseurs terecht stonden vanwege l’exercice illégal de l’art de guérir, stelden de grenzen scherp en maakten dat zieken kleur moesten bekennen.

    Traduction :

        La question centrale est de savoir pourquoi un malade fait appel à une méthode irrégulière telle que le magnétisme, pourtant dans un monde caractérisé par une professionnalisation croissante du corps médical. Les procès tenus contre les magnétiseurs à cause de "l'exercice illégal de l'art de guérir" ont établi des limites nettes et ont obligé les malades choisir leur camp.


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  • Albert van Hageland - Moderne magie en hekserij (1965)

    Auteur : Albert van Hageland [pseudonyme d'Albert Rutgeerts]
    Titre : Moderne magie en hekserij
    Edition : DF [Davidsfonds], Leuven, 1965, 250 pages

         Cité dans l'article du journal De Voorpost du 28 février 1975.

        „Moderne Magie en Hekserij” mogen we gerust een unicum noemen. Immers, hoewel degelijke documentatie over het onderwerp in ons taalgebied ontbreekt, is hier, dankzij de grote deskundigheid van de auteur, een werk ontstaan van zeer hoog gehalte, dat bovendien uiterst boeiend is. En verbijsterend! Verbijsterend om te ontdekken dat magie volstrekt niet een soort afwijking is van uitsluitend primitieve mensen, maar ook in onze zó ontwikkelde, zó modern denkende maatschappij hardnekkig voortbestaat. ”Moderne Magie en Hekserij” een boek dat u de ogen zal openen voor en werkelijkheid, waarvan u geen flauw vermoeden had.

        "Magie moderne et sorcellerie" que nous pouvons en toute sécurité appeler un livre unique. Après tout, bien qu'il n'y ait pas de documentation adéquate sur le sujet dans notre région linguistique, ici, grâce à la grande expertise de l'auteur, un travail de très haute qualité a été créé, ce qui est aussi extrêmement fascinant. Et c'est étonnant ! C'est étonnant de découvrir que la magie n'est en aucun cas une sorte de déviation par rapport aux peuples primitifs, mais qu'elle persiste aussi dans notre société de pensée si développée, si moderne.... "Magie moderne et sorcellerie" est un livre qui vous ouvrira les yeux sur la réalité, dont vous n'aviez pas la moindre idée.


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  • Auteur : Paul Vincent
    Titre : Le Guérissseur
    Éditions : La Cité - revue de la Cité universitaire de Paris (Juin 1964)

     
    Le radar mystique    Pierre Bouis prie surtout pour les sciatiques, les rhumatismes, les eczémas, les maladies pulmonaires et cardiaques, les laryngites tuberculeuses, les tumeurs à l'estomac ou les gangrènes. C'est d'ailleurs une gangrène de la jambe — la sienne — qui lui révéla ses dons de guérisseur mystique : il était grand blessé de la guerre de 1940 et le chirurgien le faisait étendre sur la table d'opération pour lui couper le pied quand Bouis pria : sa plaie s'ouvrit brusquement et s'assainit.    Son traitement consiste à se mettre en prière (et non e transes). Avec une photo en main, s'il le faut, pour guérir à distance. A Montreuil, on dit qu'il a sauvé un enfant d'une méningite en invoquant Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus. L'enfant était à plus de cent kilomètres. On murmure qu'il a guéri, d'une pneumonie double, une femme de 71 ans qui se trouvait dans le coma au Canada. Il se mit en prière à 17 heures. A 17 h 03 (heure française), la vieille dame se souleva de son lit et dit : « J'en ai assez de tous vos médicaments. Je suis guérie ».    L'existence d'un « radar mystique » peut laisser sceptique. Mais qu'auraient pensé nos ancêtres devant la télévision mondiale instantanée par satellite et qui connaît toutes les possibilités, religieuses ou non, de la pensée ?    Sa logeuse l'a fait convertir au culte antoiniste, dont la grande préoccupation est de guérir par la foi.    Ce n'est pas saint Antoine qui a fondé ce qui est moins une secte qu'un culte public ouvert à tous. C'est un mineur belge, M. Louis Antoine, mort en 1912 à l'âge de 66 ans et appelé désormais « le Père » ; il est vénéré au même titre que sa compagne « la Mère », décédée en 1940.    Tous les Antoinistes (3 000 en France) avec deux douzaines de temples, dont un à Paris, peint en vert-pré, « symbole d'une pousse nouvelle » sont des guérisseurs en puissance. Ils ne s'opposent pas à l'intervention des médecins, mais ils préfèrent les remplacer par des prières.    Le père Antoine, qui traitait 1 200 malades par jour, estimait que « le don de guérir est l'effet des sacrifices offerts à Dieu par l'amour du prochain ».    « Il n'y a rien de surnaturel, disait Antoine, qui avait décidé, dès 1906, de faire comprendre Dieu. Dans le domaine matériel comme dans le domaine spirituel, tout repose sur des lois qu'insensiblement nous découvrons en nous acquérant la foi ».    Pour Bouis, comme pour les autres Antoinistes, le mal préexiste dans l'âme avant d'atteindre le corps.    « Le corps n'est que le revêtement de l'âme. L'âme est le moteur du corps. La foi situe le mal de l'âme. Ce n'est pas le corps qui est malade, c'est l'âme, le moteur. On nous rappelle, par l'intermédiaire du corps, que nos actes nous sont préjudiciables. »    Ainsi les guérisons par la foi s'obtiennent par la prière et le redressement moral des êtres. Elles existent en tous lieux et en tous temps et les Antoinistes rappellent les cas de Lourdes et de Lisieux.    « Dieu est le grand docteur, disait Antoine. Il ne condamne pas. Il démontre ainsi qu'aucun n'a le droit de prononcer d'arrêt, quelle que soit la gravité de la maladie ».

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  • Marcel Réja - Au Pays des Miracles (1930)

    Auteur : Marcel Réja
    Titre : Au Pays des Miracles
    Editions des portiques, Paris, 1930, in-12 Broché, 258 pages

        L'auteur consacra une série d'articles aux guérisseurs, ainsi que sur l'antoinisme.

    Recension :
        Le Dr Réja leur a consacré son livre « Au pays du Miracle » (1931, édition des Portiques, 44, avenue des Champs-Elysées) où il met en pleine lumière les possibilités inouïes de la suggestion. 
       Le Dr Réja, classe les guérisseurs en mystiques, en empiriques, en magnétiseurs, en médiums et en... fantaisistes, mais pour tous le succès s'explique de la même manière. 
       Le médecin ne peut pas tout guérir, et avec la meilleure volonté, il ne peut humainement satisfaire tous ses malades. Et tel, que la science a déçu, met son espoir dans le merveilleux. Le travail en lui s'effectue lentement. Il accueille les nouvelles de cures extraordinaires, les recherche. Bientôt la confiance naît, puis l'enthousiasme et la foi. L'atmosphère d'exaltation que tout guérisseur sait créer et entretenir autour de lui fait le reste. Le malade attend le miracle, il est prêt à recevoir le choc, et parfois le choc se produit. On a vu sous le coup d'émotion très forte des tumeurs instantanément résorbées, des paralysies guéries. Mais Réja n'oublie pas les cas de maladies aggravées jusqu'à être mortelles par l'ignorance de certains guérisseurs. 

    L'Archer, mars 1934


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  • Paul Moinet - Les Bâtards d'Esculape - Enquête chez les guérisseurs (1933)

    Auteur : Paul Moinet
    Titre : Les Bâtards d'Esculape - Enquête chez les guérisseurs
    Le François éditeur, Paris, 1933, in 12 broché, 242 pages

     

        Cité dans la bibliographie de Pierre Debouxhtay.

        M. Paul Moinet est médecin et nous semble, de ce fait, mal désigné pour traiter avec impartialité ce grave probleme de la médecine non officielle. Ou plutôt il n'a pas suffisamment fait le départ entre les escrocs qui vivent de l'ignorance et de la misère des malades, et les guérisseurs qui soignent selon d'autres principes, que la médecine réprouve, mais dont on n'a pas encore prouvé la nocivité.
        Enquête bien superficielle d'ailleurs, comme le sont en général les reportages. Nous nous en rendons compte en considérant avec quelle désinvolture et quelle légèreté il traite de Coué. Nous nous demandons vraiment comment l'auteur peut parler avec tant d'indulgence des rebouteux.
        Il est incontestable que, devant la faillite lamentable de la médecine officielle, devant l'exploitation dont sont l'objet la plupart des malades, on constate nettement une tendance générale à chercher dans d'autres directions les possibilités de guérison : le naturisme gagne du terrain chaque jour et influe inévitablemnt sur la thérapeutique of - ficielle ; on dédaigne moins pour l'étudier plus objectivement la science ancestrale des guérisseurs de village ; la sorcellerie ellemême retient l'attention du public parce que, grâce aux découvertes électriques et aux diverses théories magnétiques, des ponts sont jetés entre la connaissance et le mystère. Nous sommes sans doute à un tournant de la science : la science naissante avait cru aussitôt expliquer et dominer le monde ; la science actuelle en évolution ne parvient qu'à démontrer combien est insondable notre univers, combien de forces mystérieuses s'ajoutent à celles qu'une raison trop primaire voulait seules admettre, combien notre science est pauvre et impuissante devant les grandes forces cosmiques qui déterminent notre vie et notre devenir.
        Nous le répétons : nous n'essayons pas d'innocenter les voleurs, les filous, qui, avec la complicité d'une presse à tout faire, exploitent la crédulité et l'impuissance des malheureux. Mais nous nous refusons malgré tout à suivre Paul Moinet dans ses projets de répression et nous plaindrions l'humanité si la science officielle avait un jour le droit de poursuivre et de réprimer tous les essais non orthodoxes de thérapeutie.
    L'Éducateur prolétarien, Octobre 1933 (Journaux et revues)
    https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/35206

     

         « Les Bâtards d'Esculape », de Paul Moinet (Le François, 1933, 91, boulevard Saint-Germain) sont surtout les escrocs, les guérisseurs étrangers, trafiquants, marchands de pilules, masseurs clandestins et autres charlatans qui agissent sans conviction et exploitent sans vergogne la crédulité humaine. 
        Mais le Dr Moinet consacre aux « Rebouteux » un chapitre fort élogieux. Il les tient pour désintéressés et doués généralement d'une grande habileté manuelle. Il propose de les embrigader « dans l'armée. régulière des collaborateurs de la médecine à côté des masseurs, des doucheurs ». Contre les guérisseurs escrocs, que la loi ne permet, guère d'atteindre de façon efficace, le Dr Moinet réclame des sanctions sévères.
    L'Archer, mars 1934

        Lire également la contribution de Henri Allorge dans Le Courrier d'Épidaure.


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  • Pierre Janet - Les Médications psychologiques (1919)

    Auteur : Dr. Pierre Janet
    Titre : Les Médications psychologiques
    VOL. I : L'action morale, l'utilisation de l'automatisme
    format : 13,5 x 21,5 cm
    Librairie Félix Alcan, Paris, 1919, 364 p.

        La psychologie, qui a la prétention d'être devenue plus scientifique, est-elle susceptible de rendre des services dans le traitement de certaines maladies ? Parmi ses applications thérapeutiques, ce premier volume se concentre sur l'action morale et sur l'utilisation de l'automatisme. D'abord très généraux et très vagues, les traitements psychothérapeutiques devinrent plus spécifiques, mobilisant des mécanismes latents, des tendances pré-organisées, pour accéder à l'utilisation de l'automatisme.

        Évoque, p.68, au chapitre II. "Les traitements philosophiques" 4. "La thérapeutique philosophique", consacré à la Science chrétienne, le cas de l'antoinisme dans ces termes : 

        On pourrait faire aussi une étude curieuse sur un personnage nommé Antoine le guérisseur, qui a joué récemment un rôle assez important à Jemmapes-lès-Liège en Belgique et dans le Nord de la France. C'est l'auteur d'un petit livre bizarre qui a pour titre : « Le couronnement de la révélation d'Antoine le guérisseur, L'auréole de la conscience », 1907-09. Dans sa « Revue mensuelle de l'enseignement du nouveau spiritualisme » Antoine le guérisseur propose « un seul remède pour guérir l'humanité » et il est singulier de remarquer que ce remède c'est « la négation de la maladie et de la souffrance, la négation du mal, cette chose qui n'existe pas ». Sans doute il s'agit d'un enseignement beaucoup plus simple et de pratiques qui se rapprochent davantage des simples guérisons miraculeuses, mais on y retrouve bien des expressions analogues à celles de la « Christian science ». Il se peut qu'il y ait encore là, d'une manière plus ou moins indirecte, une influence du même genre. Aussi n'y a-t-il pas lieu de séparer ces écoles métaphysiques ou spiritualistes : les réflexions rapides que je désire présenter à propos de la « Christian science » s'appliqueront aussi à ces diverses imitations de son enseignement.


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  • Auteur : Louis Beirnaert
    Titre : Le Problème des guérisseurs
    Les Études t. 274, n° 6 (juillet 1952)

        Évoque à plusieurs reprise l'Antoinisme à partir du livre de Pierre Debouxhtay.


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  • Claudine Brelet - Guérir autrement (1978)

    Auteur : Claudine Brelet
    Titre : Guérir autrement
    Éditeur : Presse de la Renaissance
    Collection : Evolution PSI
    Date de publication : 1978
    Nombre de pages : 214

     

        Anthropologue auprès de l'OMS, fait le point sur ces médecines méconnues qui sont à la source de l'art thérapeutique (en 1990).

     

        Jacques Cécius retranscrit un témoignage de guérison dans l'Antoinisme :

    "Parlant un jour de ce culte avec un de mes amis ethnologue, (…), il m'avoua avoir eu recours un jour à un "Frère guérisseur antoiniste". Il souffrait de violentes céphalées dues à une sinusite : son médecin n'étant pas parvenu à l'en soulager avec les médications habituelles, il eut l'idée de "voir sur le terrain" le rituel de guérison antoiniste.

    Entré dans le temple, il fit part de sa demande au Frère qui accueillait les visiteurs. Celui-ci indiqua le Frère X… en lui montrant une des portes et en le priant d'attendre son tour, ce qu'il fit. Puis, lorsqu'il entra, reçu par un homme très âgé, il s'entendit dire immédiatement : "Faites confiance au Père Antoine", dont un portrait semblable à celui qui se trouvait devant "l'autel" était fixé au mur de cette "chambre à invocations". Cet ami commença à expliquer ce dont il souffrait : "Ces explications ne sont pas nécessaires…Il suffit de croire", lui fut-il répondu avec une grande douceur. "Tournez-vous vers le Père". Le Frère guérisseur lui demanda son nom et tous deux se placèrent face au portrait du Père Antoine. Puis il murmura une prière, dans un état de concentration intense. "La prière au Père va vous dégager…". Cet ami essaya, lui aussi, de se concentrer pour se mettre en état de résonance, comme il l'avait lu dans des manuels de yoga, qu'il n'avait néanmoins jamais pratiqué : "Alors m'avoua-t-il, une chose incroyable se produisit. Moi qui suis un bougre ne pratiquant aucune religion, je ressentis une énorme bouffée de chaleur. Je me mis à transpirer à grosses gouttes, comme atteint par une fièvre intense. Puis, tout aussi soudainement je me sentis soulagé, frais, heureux, dispos, léger comme je ne m'étais plus senti depuis longtemps".

    Il demanda au Frère guérisseur ce qui s'était produit. Celui-ci répondit que ce genre de phénomène arrivait fréquemment et qu'il l'avait simplement dégagé de "mauvais fluides".

    A ma connaissance, cet ethnologue plutôt marxiste ne souffrit plus ni de ses céphalées, ni de sa sinusite rebelle". 


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  • Axel Hoffman - Croire et guérir (2007)

    Croire et guérir
    Axel Hoffman,
    médecin généraliste à la maison médicale Norman Bethune.

    Sur dix miracles acceptés par l’Eglise catholique dans les procès en béatification ou en canonisation, neuf sont des guérisons. Dans la plupart des grandes religions, on retrouve des phénomènes « thérapeutiques », mais ces phénomènes ne constituent pas le pilier central des religions. Par contre, certaines religions ou mouvements religieux situent la dimension thérapeutique au premier plan de leurs pratiques et de leur doctrine. Qu’en est-il alors des conceptions de la santé et de la maladie, des rapports entre médecine et religion ?

    [après l'historoire du culte]
    Une enquête rapportée en 2001 montre que l’impact du culte antoiniste ne se dément pas. En vingt jours, un guérisseur antoiniste a vu 216 personnes, (60% de femmes, 40% d’hommes), la plupart par ailleurs suivies par un médecin ; 47% consultaient pour des problèmes de santé physique, 19% pour des problèmes psychologiques notés comme « dépression », 13% pour des problèmes sentimentaux, 13% pour des difficultés professionnelles. Plus rarement la demande portait sur des conseils spirituels ou des questions matérielles. C’est donc bien l’image d’une religion thérapeutique  que véhicule l’antoinisme. La guérison demeure au premier plan de ses préoccupations et constitue la porte d’entrée des adeptes.


    Note : L’antoinisme est bien un culte et non une secte. Rien n’est en fait exigé des adeptes, il ne s’oppose pas aux religions et se fonde sur une expérience personnelle et intérieure, de type mystique.

    Santé conjuguée, janvier 2007 - n°39, p.50-51
    source : https://www.maisonmedicale.org/Croire-et-guerir.html


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