•     To such thinkers mentioned above Gustav Theodor Fechner, a man of genius in many ways, belongs. Because really important progress in natural science in various regions is connected with this personality, we should truly not pass by so lightly the theories of such a thinker as it is generally done today. Gustav Theodor Fechner cannot understand that the living ever could have developed out of the lifeless. It is much more obvious to Fechner to imagine that the lifeless can go forth out of the living through processes of isolation, because we see indeed that the inner life process of the living beings excretes the materials which, after having served a certain time in the life process, pass over to the rest of nature and belong then, as it were, to lifeless, to inorganic processes. So Fechner can well imagine that our earth at its starting point has been a single whole living being. This huge living being “earth” has done its breathing — so to say — from the cosmos and has perhaps also taken its nutrition from the (space of the) universe. Out of the entirety of this huge, enormous organism, which has once been our earth, on the one hand, living beings have developed as through a special constriction of that which in the huge earth organism has been living organs only, which thus became independent. And on the other hand — so Fechner imagines — those substances which today belong to the lifeless nature processes were excreted in a similar way as today substances are excreted from an organism after having served the living processes for a certain time. Thus, on the lines of this thinker, not the living came forth from the lifeless, but the lifeless came forth from the living. In a similar way, perhaps in a still more fantastic one, the natural investigator Wilhelm Preyer forms his own imagination. He has proved his legitimacy, his qualification for speaking about natural science not only through his abundant physiological and biological research, but also through his publications about Darwinism. Preyer also pictured to himself that the earth, at its starting point, was a kind of living being; he was always disinclined to speak of something lifeless in an absolute sense. He says we have really no right to look upon a flame as a kind of life process on the lowest level, a life process which is simplified, and has descended from a higher level; just so such life processes as we observe today could have developed in ascending. What Preyer means is: when a flame is burning, then it seems as if something like a life process is displayed to us in the consuming of the matter, in the entire method and way in which the burning, as a fact, presents itself to us. And he therefore supposes that it may not be out of the question that the earth itself was a huge life process, a life process that took place, nevertheless, under quite other conditions than the life processes of today. And so we see the most curious imagination has issued from the head of an investigator of nature, which Preyer expresses as follows: The earth could have been at the starting point of its evolution a huge enormous organism, the breathing of which we have to look for in the glowing vapors of iron, the blood flow of which we have to imagine in the glowing liquid metals, and the nourishment of which must have been brought about through meteorites drawn from the universe. This is certainly a peculiar life process, but this natural investigator thinks he couldn't go in another way if he were to trace back, not the living from the lifeless, but the apparently lifeless from the original living. And that which appears to us today as our life, in various realms appeared to him only as a life shaped especially, whereas the life of a burning candle seemed to him as a life formed backwards, in a certain way, so that the latter may appear to us outwardly as lifeless.

    The Origin of the Animal World in the Light of Spiritual Science
    A Lecture given
    by Dr. Rudolf Steiner
    Berlin, 18th January, 1912
    source : http://wn.rsarchive.org/Lectures/19120118p01.html


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  •     Le phénomène social du prophétisme n'est pas propre à Israël. Sans sortir du Proche-Orient antique, d'autres cultures, sémitiques notamment, et en particulier la Mésopotamie, ont connu de ces "voyant" qui se présentaient au nom d'une divinité avec laquelle on les croyait, ou ils se déclaraient, en communication personnelle, et dont ils transmettaient, en un langage véhément et autoritaire, accompagné souvent de manifestations plus ou moins extatiques, les ordres ou les avertissements. Les Babyloniens, rationalisés par leur atavisme sumérien, et dont la vision religieuse était plus cosmique qu'historique, ne semblent pas avoir fait grand cas de ces vaticinateurs. Mais les Israélites croyaient en un Dieu qui intervient couramment dans l'Histoire ; et, d'un autre côté, marqués par leur passé encore récent de nomades et demurés plus spécifiquement sémites, ils gardaient un caractère imaginatif, fougeux et violent parfaitement appropprié à la farouche intransigeance des Prophètes, au singulier et à l'inattendu de leur comportement et à la force de leurs paroles.
        Surtout à partir de la royauté, on les voit donc jouer, et en particulier par leur action sur les grands de ce monde, un rôle social et politique de plus en plus notable.

    Jean Bottéro, Naissance de Dieu, La Bible et l'historien
    Le message universel de la Bible,
    Les premiers ébranlements et les premiers prophètes, p.88
    Gallimard, Folio / histoire, Paris, 1986 et 1992 pour la nouvelle édition


        En cela, Louis Antoine n'est pas un prophète tel qu'on les rencontre dans la Bible (Nathan, Elie...). Mais on est frappé par la similitude avec Joseph Weissenberg, Joseph Smith, ou Huỳnh Phú Sổ...


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  • L'évhémérisme est une théorie selon laquelle les dieux sont des personnages réels qui furent divinisés après leur mort. Elle tire son nom du mythographe grec Évhémère.
    Ce courant de pensée postule donc que les personnages mythologiques étaient des êtres humains, divinisés par la crainte ou l'admiration de la population. Une telle théorie tomba à point nommé pour satisfaire les esprits cultivés de l'Antiquité qui ne pouvaient plus prendre les mythes pour argent comptant. Bien que l'évhémérisme fût employé, aux débuts de l'ère chrétienne, comme une arme contre le paganisme et le polythéisme, le Moyen Âge se servit de ces théories pour finalement préserver les mythes païens — dans le cadre de l'étude.
    L'évhémérisme s'inscrit donc dans la tradition médiévale d'interprétation des textes antiques qui considérait que les mythes, contenus dans la poésie (Ovide et Virgile notamment) comprenaient des sens cachés, et que l'on pouvait y découvrir des préceptes chrétiens. Ce vaste projet de rationalisation des mythes a, entre autres, permis la conservation d'importants textes antiques, qui sans cela auraient certainement disparu (les Pères de l'Eglise accordant une supériorité morale aux textes sacrés et condamnant très tôt la lecture des poètes de l'ère païenne).

        Postérité
    Salomon Reinach a qualifié "La vie de Jésus" d'Ernest Renan d'"évhémérisme naïf".
    Le sociologue français Jean-Bruno Renard a créé le terme « néo-évhémérisme » pour qualifier la Théorie des Anciens Astronautes.

    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/évhémérisme


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  •     Si la critique du christianisme est d'aord philosophique, cette même philosophie, comme mise à découvert de l'infini et refus de son monopole dans la figure du Christ, reconduit à une affirmation de Dieu et même à une définition de la religiosité : "L'essence même de la vie religieuse consiste à sortir de son moi égoïste et chétif, pour aller vers la réalité idéale et divine." [Jean Jaurès, De la réalité du monde sensible, p.276-77] [...]
        Il suffit pour cela que, conformément à ce qu'enseigne la vraie philosophie, l'humanité prenne conscience de sa "grandeur religieuse", c'est-à-dire accepte de reconnaître "l'infini qu'elle porte en elle" [Ibid., p.38]. Dès lors que la question religieuse est posée en ces termes, il faut bien convenir que toutes les questions abordées par Jaurès, qu'elles soient politiques, morales, métaphysiques, pédagogiques même, sont toutes étroitement liées, puisqu'il s'agit toujours de construire l'espérance sur l'affirmation que "l'âme humaine, malgré ses obscurités et ses défaillances, à une vocation naturelle pour l'infini" [Ibid.], de fonder l'action sur la reconnaissance par l'humanité, non comme abstraction emphatique mais comme ensemble de toutes les hommes sans exclusion aucune, de sa valeur propre, en la conduisant à relever "l'infini en soi", à développer "ce qu'il y a de divin en elle" [Ibid.]. [...]
        La religion vraie est la religion de tout homme, fondée dans notre nature métaphysique, morale, esthétique, elle n'est rien d'autre que la religion naturelle. Il n'y a pas à retrouver l'infini par une purification qui nous détournerait de notre vie d'homme et de nos tâches quotidiennes au sein de la communauté historique. Pas besoin non plus d'une quelconque grâce ou révélation. C'est dans la conscience de toute homme que sont gravés en toutes lettres les articles de cette religion qui ne suppose aucune servitude ou obscurité ou mutilation de notre nature. [...]
        Cet enseignement essentiel n'est pas propre à Jaurès. Il est partagé par les grands artisans de l'école républicaine et laïque, souvent issus, comme Ferdinant Buisson ou Félix Pacaut, du protestantisme libéral.

    Vincent Peillon, Jean Jaurès et la religion du socialisme,
    La religion éternelle, pp.218, 220, 223, 224
    Grasset, Le Collège de Philosophie, Paris, 2000


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  •     Au début du XIXe siècle, après la Révolution française, quelques chrétiens de différentes dénominations britanniques relisent la Bible et se réunissent pour des réunions de prière en demandant une effusion du Saint-Esprit et le retour du Christ. À partir de 1826, les membres se réunissent tous autour du banquier londonien Henry Drummond (1786-1860) lors d'une retraite annuelle de prière pour le renouvellement des dons du Saint-Esprit, dans la propriété du banquier à Albury Park. Vers 1830, divers dons, notamment les dons de prophétie, du parler en langues et de guérison, se manifestent en Angleterre et en Écosse.
        Vers le même temps, Edward Irving (1792-1834), ancien professeur et pasteur presbytérien de la paroisse écossaise de Londres, fait parler de lui. Il publie en 1826 un ouvrage intitulé "Babylone et l'incrédulité devant les prophéties de Dieu". Il prêche régulièrement sur le retour du Christ, en demandant les dons de l'esprit comme dans le livre des Actes des Apôtres. Bientôt ces dons se manifestent parmi ses fidèles. Parce qu'Irving autorise la pratique libre de ces dons, il est exclu de son église écossaise le 2 mai 1832, se voyant obligé de louer une salle dans la Newman Street à Londres afin de pouvoir continuer ses réunions.
        Cette prédication, et les phénomènes charismatiques l'accompagnant, rencontre l'accord d'Henry Drummond (1786-1860) et de son entourage, qui portent grand intérêt à tous les signes révélateurs d'une prochaine fin des temps. C'est par la suite dans le cadre des rencontres qu'il organise, que le premier des douze nouveaux Apôtres, John Cardale, est désigné par "révélation prophétique" le 31 octobre 1832, suivi de onze compagnons dans les trois années suivantes. Cardale consacre Irving l'année suivante comme ange (=évêque) de leur paroisse centrale de Londres. Plusieurs révélations prophétiques suivent et le 17 juillet 1834, le Collège des Apôtres est à nouveau au complet. Ils divisent la terre en plusieurs parties à évangéliser et les nomment selon les douze tribus d'Israël. Il se réunissent encore à Albury Park pour étudier la Bible et envoient des messages, nommé "Testimonium" à tous les chefs d'Église et à de nombreux chefs d'État en 1838.
        Pendant les années suivantes les disciples vivent dans leurs zones et y fondent plusieurs paroisses notamment en Angleterre et en Allemagne mais aussi dans des autres pays européens. Beaucoup de fidèles sont appelés aux ordonnances restaurées, comme prophètes, évangélistes ou pasteurs, et pour les cultes comme anges ou évêques, prêtres ou diacres. La dîme est établie comme expression de la volonté de Dieu. De même l'imposition des mains par les apôtres reconnue comme Saint-Scellé, l'onction des malades et l'eau bénite à l'entrée du lieu de culte comme symbole de la grâce du Baptême.
        Ce mouvement est rejeté par les Églises d'Occident, car son activisme paraît en dehors des normes religieuses. Ils sont obligés de fonder leur propres paroisses et se nomment l'Église catholique apostolique.
        Le 8 décembre 1834, Irving décède et à partir de 1855, les premiers disciples commencent à mourir sans avoir vu le retour du Seigneur. En 1860, seulement six apôtres sont encore en vie. En 1879, tous sont morts, à l'exception du dernier, Francis Valentine Woodhouse, qui décède le 3 février 1901, à l'âge de 96 ans. Étant donné que seul le Seigneur peut désigner des apôtres et que seuls ces apôtres peuvent ordonner des ministres du culte, l'Église catholique apostolique n'a plus ni apôtres ni ministres ordonnés. Depuis ce temps là, on se croit dans "le temps du silence".
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_apostolique

        Dès 1830, Thomas Carlyle (1803-1855), un avocat, entre en contact avec le révérend Edward Irving, et est nommé apôtre de l'Eglise catholique apostolique, le 1er mai 1835. Il se charge de mission dans l'Allemagne du Nord, Berlin et Dresde notamment. Son premier service a lieu à Francfort en 1847. Il fonde en 1848 la première communauté allemande à Marburg an der Lahn en Hesse, puis part pour Berlin, où il fonde de nombreuses communautés à partir de la capitale. Heinrich Geyer est ordoné prophète (prêtre) en 1850, puis Ange en 1852. Carlyle meurt en 1855, et l'apôtre Francis Valentine Woodhouse prend la suite en Allemagne du Nord.
        Une dissidence se manifeste déjà en 1863 avec le prophète allemand Heinrich Geyer qui révélait un nouveau apôtre à Königsberg. Naturellement il n'est pas reconnu par les apôtres anglais et Geyer et ses fidèles sont exclus de l'Église. Ils fondent la Mission Générale Apostolique Chrétienne. Vers 1878 l'évêque F. W. Schwartz de la paroisse d'Hambourg s'oppose à Geyer et commence un nouveau mouvement qui mène à la fondation de Église néo-apostolique. Le groupe de Geyer disparait peu après la mort de celui-ci.
        Carl Wilhelm Louis Preuß est nommé apôtre pour l'Allemagne du Nord, alors que Friedrich Wilhlem Menkhoff (1826-1895) est nommé par Schwarz pour fonder un communauté apostolique à Bielefeld en 1867. Il devient apôtre pour la branche 'Isaschar' (Westphalie et la Rhénanie) en 1872. Son plus proche collaborateur est Hermann Niehaus. L'Allgemeine christlich-apostolische Mission (AcaM ou Mission Générale Apostolique Chrétienne) continue son évolution de son côté avec l'apôtre Güldner en 1878 à Hambourg et jusque dans les années 1950.
    source : http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Carlyle_%28Scottish_lawyer%29
    Die Entstehung der apostolischen Gemeinschaften in Deutschland (me1542.de)
    Die neuen apostolischen Gemeinden zwischen 1863 und 1878 (me1542.de)
    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_apostolique

        Après la mort de Schwartz (en 1895), le chef de gare Fritz Krebs (1832-1905) est considéré comme apôtre-patriarche par les autres apôtres et met en place la structure actuelle de l'Église. La structure se développe en Allemagne et aux Pays-Bas, puis s'implante en Suisse à partir de 1894. Le nombre de douze apôtres est à nouveau réunis en 1900.
        Hermann Niehaus (1848-1932) devient le second apôtre-patriarche en 1905. En 1906 l'assemblée prend le nom de Communauté néo-apostolique, puis plus tard d'Église néo-apostolique.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_n%C3%A9o-apostolique

       Krebs était aussi connu parmi ses disciples pour ses guérisons miraculeuses. Ainsi, on lit dans l'organe apostolique Der Herold en 1895, lors d'une visite de l'apôtre-patriarche à Greiz, où il a rendu visite à plusieurs malades, pour prier avec eux et imposer les mains sur eux, et ainsi leur rendre la santé : "et le Seigneur fait des signes et des miracles pour ceux qui ont les yeux ouverts".
    Ulrich Linse, Geisterseher und Wunderwirker, p.46
    Fischer, Fankfurt am Main, 1996

        La fondation de l'église apostolique en Rhénanie du Nord-Westphalie est due à l'évangéliste Friedrich Wilhelm Menkhoff. A Steinhagen, près de Bielefeld, a lieu le premier service durant l'été 1867. En 1872, Menkhoff reçoit l'apostolat et la Rhénanie du Nord-Westphalie devient un district indépendant. Un an plus tard, en 1873, s'établit la première église de la Rhénanie à Duisburg-Ruhrort, sur l'initiative de Wilhelm Cordruwisch.
        Ruhrort est devenue le noyau pour le travail de la mission apostolique en Rhénanie et dans la région Ruhr. Les services se tenaient dans une pièce d'une maison de Ruhrort. L'église actuelle a été inaugurée le 21 août 1930.
    source : http://de.wikipedia.org/wiki/Neuapostolische_Kirche_Nordrhein-Westfalen
    http://www.nak-duisburg.de/site/startseite/gemeinden/ruhrort/
    http://www.nak-nrw.de/gebietskirche/kurzchronik/
    http://www.apostolischekritiek.nl

        Louis Antoine est lui à Ruhrort  de 1871 à 1876, donc en plein pendant l'activité évangélique de la communauté apostolique, qui recrutait essentiellement parmi les populations de classe basse.
     


    Voici comment Eugène Gascoin décrit le culte en 1928 :
        Bien qu'ils aient toujours la prétention d'apporter au monde une révélation personnelle, les fondateurs de religions de qui la culture philosophique est trop souvent indigente, subissent plus que quiconque les influences extérieures. La vérité qu'ils proclament n'est, le plus souvent, qu'un synthèse grossière des idées et des sentiments en vogue dans le pays et à l'époque où ils se sont manifestés.
        L'Eglise catholique apostolique, dont une des filiales agonise doucement rue François-Bonvin, à dix mètres de la populeuse rue Lecourbe, illustre cette loi d'une façon frappante.
        Les illuminés qui la fondèrent vers 1835, sous l'nispiration médiate du Saint-Esprit et immédiate d'Edouard Irving, pasteur presbytérien, prétendent, en effet, ramener leurs fièdles à la stricte pratique de la Bible, notamment de l'Ancien Testament. Ils eussent dû, en bonne logique, aboutir à un puritanisme judaïsant plus austère encore que celui de leur animateur, or, en fait, ils onts non seulement subi docilement l'influence de l'église établie d'Angleterre, mais encore celle du mouvement le plus opposé au leur, de cette école d'Oxford qui, dans le même temps, ramenait tant d'Anglicans, sinon au catholicisme comme les Manning et les Newman, du moins à ses pratiques extérieures. Et ainsi ces millénaristes, - car ils le sont eux aussi, nous le verrons tout à l'heure, - attendent placidement la fin du monde, en pratiquant un culte qui apparaît comme une contrefaçon de cette Haute Eglise anglaise qui est, elle-même, une contrefaçon du catholicisme proprement dit.
        Nous écrivons catholicisme proprement dit parce que, contrairement aux autres sectes protestantes, l'anglicanisme, comme aussi l'église apostolique qui nous occupe, s'intitule catholique, c'est-à-dire universelle, prétention singulière du moins pour le groupement religieux dont le chef est le roi de la Grande-Bretagne. C'est, dans l'ordre spirituel, une des manifestations les plus typiques de cet impérialisme anglo-saxon que nous trouvons aussi souvent embusqué derrière une bible que derrière un comptoir.
        Pour en revenir à la congrégation de la rue François-Bonvin, constatons tout d'abord que les cérémonies auxquelles il partisicte ne laissent pas que d'avoir quelque grandeur.
        Le culte des saints et de la Vierge n'existant pas dans cette religion, en quoi elle se rapproche de l'anglicanisme orthodoxe et s'éloigne [du mouvement] d'Oxford, le temple est d'une nudité toute protestante. Pas un tableau sur ces parois blanches que glace encore une lumière froide, versée par des vitraux décolorés, enfin, à la place du choeur un mur droit, lisse comme un fronton basque, arrête l'élan architectural de cette chapelle où tout est volontairement sans éclat, où brille seule la petite lampe du sanctuaire devant un autel minuscule et, lui aussi, net de tout ornement.
        Le vide de ce temple, le petit nombre de ses assistants, donnent de l'immensité à cet édifice, où drapé dans la chasuble archaïque, un veillard déjà courbé, barbe et cheveux blancs, officie avec la lenteur de son âge. Aux prières qu'il psalmodie en français d'une voix chevrotante, l'assistance répond en un choeur unanime, aigu de voix féminines, et que termine sur une note plus haute, l'amen hébraïque qu'a conservé aussi la liturgie catholique.
        Tous ces hymnes sont empruntés à la Bible, et cela vaut évidemment mieux que ces affligeantes rapsodies par quoi beaucoup d'églises qui ne sont pas toutes réformées insultent la prosodie sous prétexte de louer le Seigneur. Ces grandes formules imprégnées de poésie orientale, sont émouvantes, même quand, ainsi que nous l'avons entendu, elles supplient patriotiquement Dieu le père de diriger M. Doumergue (Gaston) dans les voies de la justice et de la vérité.
        Pas d'enfants de choeur évoluant autour de l'officiant en des évolutions que scande la claquette du maître de cérémonies. Le prêtre lui-même ne bouge pas. Pas de génuflexions, pas même de signe de la croix ! Tout au plus, à la fin de l'office, le pasteur chenu de cette minuscule église se retourne-t-il pour, la droite tendue, bénir son petit troupeau, en murmurant d'une voix qui tremble, un dernier appel au Tout-Puissant. Pas d'orgue non plus pour soutenir les voix et intercaler entre les psaumes des fioritures souvent un peu profanes.
        A mi-chemin des pompes catholiques si émouvantes et de la sécheresse protestante, c'est un culte assez noble et pourtant simple, que réchauffe l'ardeur glacée d'une assistance clairsemée mais où vit l'âme ardente et orgueilleuse des petites congrégations.
        Aux vêpres, car il y a des vêpres, le fait de les appeler petit office ne change rien à la chose, le célébrant n'a que le surplis et l'étole sur la soutane qu'il ne quitte jamais, même à la ville, semblable en cela aux prêtres du clergé romain.
                         *
                      *    *
        Ceci dit, nous passerons rapidement sur le rituel de cette église. Ses adeptes affirment qu'il est comme sa liturgie, emprunté au christianisme primitif, en réalité, lui aussi, autant et plus que la liturgie, a subi surtout l'influence de la Haute Eglise et des infiltrations catholiques qu'on y constate. Comme les anglicans de droite sinon de l'extrême-droite, les apostoliques admettent le célibat des prêtres, la liturgie en langue vulgaire, les sept sacrements : le baptême, la pénitence ou confession, auriculaire dans les cas graves, l'absolution pour les fautes légères étant donnée au cours de la messe, l'eucharistie avec communion sous les deux espèces, pain et vin, la confirmation ou sceau par quoi le chrétien est définitivement scellé à l'église, le mariage, l'extrême onction qui n'est point donnée aux mourants mais aux simples malades et dans le but de guérir le corps plus que l'âme, l'ordination enfin, qui d'ailleurs ne se pratique plus, les derniers apôtres s'étant depuis peu endormis dans la paix du Seigneur. Depuis peu ! Il y a eu en effet, d'après les Irvingiens, deux promotions d'apôtres : la première est assez connue, la seconde remonte au temps où Louis-Philippe, avec son parapluie pour sceptre, commençait de régner pacifiquement sur les Français.
        A en croire en effet les adeptes de cette secte, le Saint-Esprit, après 1.800 ans de silence, ce qui est beaucoup pour nous mais bien peu en regard de l'éternité, le Saint-Esprit se serait manifesté de nouveau en 1830, à Port-Glasgow (Ecosse), insufflant sa grâce à deux nouveaux apôtres à qui il donna de surcroît, comme il le fit déjà à la première Pentecôte, le don des langues ou glossolalie. Ce don, à en croire les témoins impartiaux, se traduisait d'ailleurs, dans ce dernier cas, par des grognements ou onomatopées dénuées de tout sens et telles qu'en poussent certains névropathes au moment de leurs crises.
        Ces deux apôtres consacrèrent les nouveaux évêques ou anges, dont le plus connu est Edouard Irving, ancien acteur, ancien maître d'école, prédicateur presbytérien renommé qui avait précisément prédit, quelque temps avant, cette manifestation du Paraclet et publié : "La venue du Messie en toute gloire, par Jean-Joseph Ben Ezro, juif converti."
        En même temps que des apôtres, le Saint-Esprit fit participer à ses dons des évangélistes, sorte de propagandistes sacrés chargés de faire connaître la doctrine, des ministres préposés à la direction plus intime des âmes, enfin des prophètes qui, explorant dans leurs extases les régions célestes, en rapportaient des renseignements touchant l'avenir. Cette énumération est d'ailleurs conforme à ce qu'enseignent, après saint Paul dans sa première épîtres aux Corinthiens, saint Thomas et, avec lui, bon nombre de théologiens.
        Ces prophètes découvrirent notamment que la fin du monde se produirait exactement le 14 juillet 1835. Le 15 juillet, le monde tournait encore et les adeptes de la nouvelle église continuaient de croire en leurs prophètes qui eux-mêmes continuaient de croire en eux, le contraire seul nous eût surpris. Environ ce temps, Irving mourut et peu après sa mort, le Saint-Esprit compléta le nombre des apôtres en se manifestant à dix nouveaux illuminés. Ceux-ci se hâtèrent de constituer un clergé, car ils affirmaient qu'eux seuls et leurs lointains prédécesseurs avaient ou avaient eu ce droit. Selon eux, c'est arbitrairement que les évêques, après la mort du dernier des disciples immédiats du Christ, s'étaient reconnus ce pouvoir, s'étaient, pour emprunter la formule catholique, déclarés héritiers de la tradition apostolique. Ils consacrèrent donc des évêques ou anges, ordonnèrent des prêtres, des anciens, enfin des diacres chargés de veiller à l'existence matérielle du culte.
       Le dernier des apôtres est mort, donc il ne saurait plus y avoir de consécration et d'ordination. Le dernier des évangélistes disparaîtra bientôt, donc personne n'est plus qualifié pour faire de la propagande. Et voilà pourquoi cette église n'est plus "qu'une voix qui meurt et une ardeur qui s'éteint." Elle compte encore quelque 5.000 membres dans les pays protestants, mais dans les nations catholiques, elle n'est même plus un souvenir. Seule la France compte deux troupeaux. L'un à Paris, rue François-Bonvin et qui fut fondé en 1852, l'autre un peu plus récent dans le nord et dont l'église, qui se déplaça plusieurs fois, est à Montigny, village de 800 habitants. Toutes deux dépendent du diocèse de Londres, dont Mgr de Caux, à qui aussi nul ne succédera, comme nul ne succédera à ses prêtres, est l'angélique directeur.
        Cette situation, d'ailleurs, n'inquiète ni les pasteurs, ni les fidèles. C'est qu'en effet, la fin du monde qui devait avoir lieu le 14 juillet 1835, n'est qu'une remise. Instruits par l'expérience du passé plus que par leur vision de l'avenir; les prophètes, tels leurs confrères adventistes, n'en indiquent plus la date, mais ils affirments que la descente du Saint-Esprit sur les apôtres a eu pour but de préparer la venue de l'Antéchrist, accompagné du cortège de catastrophes que nous a annoncé l'Apocalypse.
        Après lui paraîtra le Christ, sous sa forme humaine mais dans une gloire que verront seuls ceux qui ont reçu le sceau dispensé par les anges dans le sacrement de confirmation.
        Il y aura alors une première résurrection des morts qui, pour le présent, dorment dans le repos, mais celle-ci sera limitée aux saints, c'est-à-dire à tous ceux qui ont été baptisés, quelle que soit d'ailleurs la secte chrétienne à laquelle ils appartiennent et à condition qu'ils suivent les enseignements que le Christ a disposés à la terre. Seront également sauvés les Israélites, restés fidèles à la loi mosaïque. Ceux-ci auront antérieurement - admirons cette anticipation sur le sionisme - repeuplé la Palestine.
        Après mille ans, le Christ ayant enfin purifié la terre de tous péchés, remettra celle-ci à Dieu le Père qui y régnera éternellement. La seconde résurrection aura lieu alors. Elle sera générale : les chrétiens et les juifs qui ont obéi chacun à leurs lois respectives, jouiront du bonheur éternel, tous les autres iront dans un enfer également éternel expier leurs fautes et notamment le crime d'être nés à un degré de latitude sud sui les a obligés à ne connaître que les lois prêchées par Mahomet ou Çakya-Mouni [ou Shākyamuni, le Bouddha]. Ainsi le veut la justice divine, comme on la comprend, 27, rue François-Bonvin.
                         *
                      *    *
        Telle est cette étrange église qui joint aux folles imaginations millénaristes, une inspiration par moments presque catholique qui a tout imité en s'affirmant particulièrement originale, qui enfin, alors qu'elle se prétend universelle, se défend d'appeler à elle de nouveaus élus. Déjà on n'y fait plus le catéchisme et alors qu'il devrait y avoir, à la tête de chaque troupeau, un ange assisté de prêtres et de diacres, c'est à peine si un vieillard y peut encore monter à l'autel d'un pas chancelant. Bientôt donc, faute de clergé pour entretenir la piété des anciens fidèles et pour baptiser les nouveaux, cette secte aura vécu et c'est pourquoi il nous a paru intéressant de signaler avant qu'il ne disparaisse ce mouvement où l'on aperçoit plus clairement que nulle part ailleurs, l'illogisme et les aberrations, à quoi peut aboutir notre pauvre humanité quand elle ne se résigne pas à suivre les disciplines consacrées par les siècles ou si la foi est refusée à son orgueil à imiter le poète taciturne et à répondre par un froid silence
                 Au silence éternel de la divinité.

    Eugène Gascoin, Les Religions inconnues, p.126-34
    Gallimard, Les documents bleus N°41, Paris, 1928

        L'église de la rue François-Bonvin est occupée maintenant par l'Eglise gallicane.
        L'église de Montigny, construite vers 1900, par Simon Danquigny, dans la rue Voltaire est dirigée par Henri Jacquemin, évêque de cette communauté jusqu'en 1918. Son fils lui a succédé. La pratique du culte périclité et après 1950 la chapelle irvingienne fut fermée. Le bâtiment a été vendu en 1996 à la commune et elle est maintenant utilisée pour des manifestations culturelles.
        A Strasbourg, le Pasteur Gérard Dagon donnait l'adresse : 9, rue de Niederbronn (Petites églises et grandes sectes, p.105, 1961). Le Père Chéry disait : A Strasbourg : une chapelle où se réunissent une vingtaine de gens simples de la campagne ; un ou deux propagandistes en ville ; culte dominical ; propagande faible et discrète ; la secte y existe depuis trente ans et est en train de mourir (L'offensive des sectes, p.76). L'église est maintenant occupé par l'Eglise Evangéliste Charismatique Agape.

        Le dernière apôtre, Francis Valentine Woodhouse, décède le 3 février 1901, à l'âge de 96 ans. Étant donné que seul le Seigneur peut désigner des apôtres et que seuls ces apôtres peuvent ordonner des ministres du culte, l'Église catholique apostolique n'a plus ni apôtres ni ministres ordonnés. Depuis ce temps là, on se croit dans "le temps du silence".
        L'évangélisation externe, commune depuis le début en 1835, a cessé, et tous les services ont été réduits à une forme plus courte, même dans les paroisses où le ministère à part entière été fait.
        L'évangélisation externe, commune depuis le début en 1835, a cessé dans le même temps, et tous les services ont été réduits à une forme plus courte, même dans les paroisses où le ministère à part entière a été exploitation.
        Les effectifs estimés au début du 20e siècle a été 200.000, dans près de 1000 congrégations à travers le monde, répartis comme suit : Angleterre: 315, Écosse 28, Irlande: 6, Allemagne: 348, Pays-Bas: 17, Autriche / Hongrie: 8, Suisse: 41, Norvège: 10, Suède: 15, Danemark: 59, Russie, Finlande, Pologne et Pays baltes: 18, France: 7, Belgique: 3, Italie: 2, Etats-Unis: 29 ans, Canada: 13, Australie: 15, Nouvelle-Zélande: 5, Afrique du Sud: 1.
        Le dernier Ange est mort en 1960 à Siegen, en Allemagne, le dernier prêtre en 1971 à Londres, Angleterre, le dernier diacre en 1972 à Melbourne, Australie.
    source : http://en.wikipedia.org/wiki/Catholic_Apostolic_Church

        Ses membres se réunissent donc pour la prière, invoquent Dieu pour l'avènement du Seigneur et pour l'unité de l'Église. Généralement, les fidèles fréquentent les cultes protestants, là du moins où ils n'ont pas de ministres propres. Ils se caractérisent par une vie discrète, mais fervente et faite de prière. Le centre de leur Église est à Londres. Ils sont environ 85 000 membres, dont 95 en France. Deux sous-diacres s'occupent de la paroisse de Paris. Ne pouvant administrer les sacrements, ils se réunissent pour prier et écouter la Parole de Dieu. Le sous-diacre, vêtu d'une soutane noire et d'un surplis blanc, lit des textes bibliques ; puis on chante des psaumes et écoute une homélie.
    source : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_catholique_apostolique

        Les néo-apostoliques enseignent qu'il doit y avoir trois sacrements correspondant aux trois personnes de la Trinité. Chacune a institué le sien. Le Baptême, qui n'est pas conçu comme un moyen de grâce, aurait été institué par Dieu le Père lors de la vocation de Jean-Baptiste. La Sainte Cène fut instituée par le Christ, et le saint-scellé par le Saint-Esprit ("Je crois que les croyants baptisés doivent être scellés du Saint-Esprit par l'imposition des mains d'un apôtre vivant, et uniquement par lui, pour obtenir l'état de prémices, et que les dons reçus deviennent vivants par le sceau du saint scellé" (Article 8 de la confession de foi). Celui-ci est le sacrement suprême. C'est par lui que le Saint-Esprit vient habiter dans le coeur d'un homme et fait de lui un citoyen du Royaume des cieux. Ceux qui l'ont reçu représentent les 144.000 élus d'Apocalypse 7. Seuls les membres de l'Eglise néo-apostolique ayant reçu ce sceau constituent donc la fiancée de l'Agneau. Même les morts peuvent le recevoir. Un vivant se substitue à un défunt et le reçoit en son nom, rendant ainsi son salut possible.
    source : http://www.egliselutherienne.org/bibliotheque/doctrine/symbolique/Symb_12.htm

        Le culte des morts occupe une place importante dans cette Église. Trois fois par an, au cours de cultes spéciaux, les sacrements de l'Église sont offerts aux âmes défuntes désireuses de salut. Chaque dimanche, la cène est offerte aux morts par l'apôtre. Il implore l'Éternel en faveur des défunts.
    source : http://www.college-matzenheim.fr/divers/eleves/graine_journalisme/sectes/sectes.htm


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