• WAREMME, ancienne ville, commune, chef-lieu du district et du canton de ce nom ; bornée au N. par Roclenge (prov. de Limbourg), N.E. par Oleye et Lantremange, S.E. par Bleret et Bovenistier, S. par Celles, S.O. par Grandaxhe, O. par Berloz, N.O. par Bettincourt.

    A 1/2 lieue d'Oleye, Bleret et Bettincourt, 3/4 de Bovenistier, Grandaxhe, Berloz et Celles, et 6 O.N.O. de Liège.

    Le territoire présente une surface unie. Le terrain est argileux et en partie marécageux. Le Geer arrose la commune. Il y a une quantité de fontaines dans les marais. Le docteur Gérinx, de St.-Trond, qui vivait en 1578, cite un médecin, appelé Léonard Turnesserus, qui examina la fontaine de la ville de Waremme, et en consigna les qualités minérales dans un écrit.

    La ville de Waremme est située dans une vallée et fertile plaine. C'était autrefois une place forte, munie d'un bon château, qui n'offre plus que de tristes ruines. La commune contient 275 maisons, réparties comme suit : la ville de Waremme, 177 ; Froidbise, 1, à 1/2 l. ; Hartenge, 13, à 1/4 de l. ; Longchamps, 50, idem ; Mouhin, 12, idem ; Petitaxhe, 20, à 1/2 l. ; St.-Eloi, 1, à 1/4 de l., et Wakin, 1, à 1/2 l. Elles sont construites partie en pierres et briques, partie en bois et argile ; couvertes les unes en ardoises et les autres en tuiles ou paille ; agglomérées dans la ville. On y remarque le beau château de Longchamps, appartenant à M. le baron de Selys. — 1 église primaire, dédiée à St.-Pierre, dont on y conserve les reliques ; très-ancienne et reconstruite en 1801. Il y avait autrefois un couvent de Récollets, qui formait une communauté de 30 religieux, et un autre de Sépulcrines : le premier a été aliéné par le gouvernement français, et le second sert de casernement à la gendarmerie et de salle d'école. — L'intérieur de la ville est pavé.

    Les habitans se livrent principalement à l'agriculture. On cultive le froment, le seigle, l'orge, l'épeautre, l'avoine, les pois et féveroles ; fourrages, lègumes et fruits. — 250 chevaux, 300 bêtes à cornes, 400 moutons. — Il y a 4 moulins à farine, dont trois sont mus par eau et le 4e par le vent ; 1 distillerie ; 3 brasseries. — Foires : le 3 mai, le lundi de la Trinité, le 22 juillet et le 6 septembre. — La chaussée des Romains traverse le territoire de cette commune.

    Population : 1451 habitans.

    Superficie : 1315 h. 76 a. 19 c.

    Ci-devant : pays de Liège , baillage de Hesbaye.

    Histoire : La ville de Waremme, dont on ne voit plus aujourd'hui que de faibles et misérables restes, vint, en 1078, au pouvoir de l'évêque de Liège, par la donation de la comtesse Ermingarde, qui la possédait alors. L'an 1213, Henri, duc de Brabant, faisant la guerre à l'évêque de Liège, ravagea toute la Hesbaye ; Waremme fut la victime des armes du vainqueur; et malgré la belle résistance de son château, dont le duc ne pût se rendre maître, la ville fut réduite en cendres, ses biens pillés, et ses habitans dispersés. Ils ne furent pas plus heureux en 1255, sous le règne de l'évêque Henri de Gueldre, qui y avait mis garnison pendant les différends qu'il eut avec les Liègeois : cette garnison ayant fait prisonnier un bourgeois de Huy, ses compatriotes coururent aussitôt le délivrer, mirent le feu au château et commirent les plus affreuses violences. Les malheureux habitans de Waremme eurent encore beaucoup à Souffrir d'une autre guerre, qui divisa la noblesse du pays en deux parties, et immortalisa les noms d'Awans et de Waroux ; le châtelain de Waremme, chef du parti d'Awans, résista quelque temps ; mais enfin, se voyant obligé de céder au nombre, il abandonna la ville.
    Waremme fut encore extrêmement maltraitée en 1578 ; l'armée espagnole, commandée par Alexandre Farnèse, ayant pris ses quartiers d'hiver dans la Hesbaye, y vécut avec tant de licence, que les habitans n'auraient pas eu à essuyer un traitement plus rude de leurs ennemis.
    Les Lorrains s'emparèrent de la ville de Waremme en 1651 ; elle fut pillée et le bourgmestre emmené prisonnier. En conséquence du traité de Tirlemont, du 17 mars 1654, les Lorrains quittèrent le pays.
    Ce fut aussi à Waremme, où Henri, duc de Brabant, accompagné de son fils et d'une grande partie de la noblesse de ses états, se rendit en 1225, renonça en présence de l'évêque et du comte de Looz, à toutes prétentions sur le comté de Moha, et jura une paix inviolable avec eux.

    Le couvent des Récollets était anciennement un hôpital, et n'avait cessé de l'être qu'en 1630, temps auquel le P. Markantius, provincial de Flandre, obtint du prince de Liège des ordres, en vertu desquels ce couvent fut établi à Waremme. Le couvent de Sépulcrines devait sa fondation à deux religieuses de Huy, du même ordre, qui vinrent s'y établir en 1640.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • VOTTEM, commune du canton de Liège-Ouest ; bornée au N. par Liers, N.E. par Milmort, E. par Herstal, S. par Liège, O. par Rocour.

    A 1/2 lieue de Liers, Milmort et Rocour, 2/3 de Voroux-lez-Liers, et ,3/4 N. de Liège.

    L'aspect du terroir présente plusieurs inégalités. Le terrain est argileux, marécageux et sablonneux. La couche végétale varie de 10 à 30 centim. de profondeur.

    La commune contient 319 maisons, réparties comme suit : Vottem (chef-lieu), 247 ; Bouchtay, 32, à 1/5 de l. ; Chapeauville, 4, à 1/4 de l. ; Bernalmont, 12, à 1/2 l. ; Jolivette, 6, idem ; Derrière-Coronmeuse, 18, à 2/3 de l. Elles sont construites en pierres, en briques, en bois et argile ; la plupart couvertes en paille ; disséminées. — 1 église, dédiée à St.-Etienne ; rebâtie en 1788.

    Les productions agricoles sont le seigle, le froment, l'épeautre, l'orge, l'avoine, les fourrages, légumes et fruits. — 57 chevaux, 124 vaches, 210 moutons. — On y fabrique beaucoup d'instrumens et ustensiles de fer à l'usage de l'économie domestique, tels que fléaux de balances, scies, fourchettes, etc. Un grand nombre de briquetiers émigrent chaque année pour exercer leur industrie dans les pays étrangers. — Il y a 1 moulin à farine, mu par le vent.

    Population : 1553 habitans.

    Superficie : 478 h. 54 a. 98 c.

    Ci-devant : pays de Liège.

    Histoire : Vottem occupe une place distinguée dans les Annales du pays de Liège, pour avoir été, à différentes époques, le lieu où les évêques tinrent leur conseil, et les échevins ne pouvaient juger hors de Liège qu'à Vottem seulement, selon l'ordonnance du prince-évêque Henri de Gueldre. Ce fut en cet endroit, que l'évêque vint camper, et fit venir les échevins de Liège pour faire le procès à Henri de Dinant, chef du parti populaire, qui fut condamné au bannissement avec douze de ses adhérens, comme perturbateurs et séditieux. Les conférences qui suivirent de près ce jugement, auquel s'opposa le peuple, eurent pour issue la paix de Bierset, conclue le 13 octobre 1255. On donne aussi le nom de paix de Vottem, au concordat qui fut conclu le 10 juillet 1331. De nouveaux : troubles ayant éclaté au sujet du comté de Looz, en 1347, l'évêque cita les Liégeois à comparaître au tribunal des échevins réunis à Vottem : tous les échevins s'y rendirent, et le peuple les déclara tous proscrits, à l'exception de Hubin Baré, qui avait refusé de s'y rendre. Les chevaliers Raes de Waroux et Bartole d'Okier se mirent à la tête de l'armée liégeoise, qui campa à Velroux. Les habitans de Huy vinrent se jeter sur les maisons de campagne de quelques échevins et les démolirent de fond en comble. L'armée s'étant avancée sur Vottem, s'empara de ce village le 17 juillet. L'évêque, s'étant mis à la tète de son armée, se préparait à livrer l'attaque ; mais Adolphe de Fauquemont, chanoine de la cathédrale, le supplia de lui accorder du moins le temps nécessaire pour entamer une conférence avec les Liégeois, dans l'espoir qu'il pourrait les engager à demander la paix. L'évêque y consentit, et Adolphe partit dans cette noble intention. Il eut de longues conférences tant avec les généraux liègeois qu'avec les bourgmestres ; mais tous ses efforts furent infructueux. Il revint au camp, entama le combat, et se jeta au milieu des bataillons ennemis. Jean, roi de Bohême, et Charles, roi des Romains, son fils, vinrent avec un gros détachement de cavalerie fondre sur ceux de Huy, qui, quoiqu'inférieurs en nombre, soutinrent courageusement le choc, et apercevant cinq hannières des métiers de Liège, qui venaient à leur secours, ils se jetèrent sur ce détachement avec une telle impétuosité, qu'ils le rompirent. Il se rallia pourtant, et revint attaquer les Liègeois : enfin l'armée épiscopale fut mise dans une déroute complète, et les soldats en désordre s'enfuirent jusqu'à Wonck sur le Geer. Elle laissa plus de mille morts sur le champ de bataille. C'est ce combat qu'on appela la bataille de Vottem.
    Ce fut entre Rocour et Vottem, où se donna la bataille que les Français commandés par le maréchal de Saxe, gagnèrent sur les alliés, le 11 octobre 1746.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • VISÉ, ancienne ville et commune du canton de Dalhem ; bornée au N. par Monland , N.E. par Berncau, E. par Bombaye, S.E. par Dalhem, S. par Richelle, S.O. par Hermalle, O. par Haccourt, N.O. par Lixhe.

    A 1/2 l. de Mouland, Berneau, Hermalle, Harcourt, Lixhe, 2/3 de Richelle, 3/4 de Bombaye et Dalhem, et 3 N.N.E. de Liège.

    La surface de son territoire est assez inégale, surtout à l'E. et au S., où l'on remarque quelques collines escarpées. La ville est située dans la vallée de la rive droite de la Meuse. Cette rivière arrose la partie occidentale de la commune et y roule des flots majestueux dans un lit spacieux et découvert ; elle reçoit par sa rive gauche le ruisseau de Grand-Aaz. La Berwinne longe son territoire au N. Le terrain est argilo-sablonneux, quelquefois mélé de gravier. La couche végétale a 25 à 5O centim. de profondeur. On trouve dans cette localité : la chaux carbonatée primitive, équiaxe, contrastante, laminaire; le quartz hyalin prismé, enfumé, et agathe calcédoine mamelonné ; le cuivre pyriteux cubo-tétraèdre, concrétionné, massif ; le cuivre carbonaté bleu aciculaire, vert aciculaire et radie ; le zinc sulfuré octaèdre ; l'anthracite compacte, etc.

    La commune comprend 377 maisons, réparties comme suit : Visé, 260 ; Porte-de-Mouland, 1 ; Portede-Lorette, 9 ; Lorette, 2 ; le Temple, 1 ; Souvré, 48 ; Devant-le-Pont, rive gauche de la Meuse, 56. Elles sont bâties en pierres et briques, et la plupart couvertes en ardoises, plusieurs en tuiles et en paille. La ville est composée de deux rues larges et parallèles à la rivière, avec cinq traverses qui en font la communication. Son intérieur est pavé. On y remarque quelques belles maisons. La Maison-de-Ville, bâtie en 1612, se fait aisément reconnaître pour un édifice public ; son entrée, accompagnée d'une galerie en portiques, est majestueuse sans ornernens, et sa couverture se termine par un dôme qui renferme une horloge et un carillon. — 1 église primaire, dédiée À St.-Martin ; fondée par Berthe, fille de Charlemagne. Elle était ci-devant collégiale, possédant 20 prébendes, qui étaient à différentes collations et 6 bénéfices simples. Visé possède en outre l'église du couvent des sépulcrines, supprimé par le gouvernement français ; celle de l'ancien couvent des carmes déchaussés, située à la rive gauche de la Meuse, et une chapelle de la Ste.-Vierge à Lorette, bâtie en 1684, et réparée en 1830. Il y avait aussi, avant le gouvernement français, un couvent des récollets, situé au bord de la Meuse, et un collège des oratoriens où l'on a établi une savonnerie. — Il y a 1 école moyenne, établie dans le ci-devant couvent des sépulcrines, et tenue par 4 régens agrées par le gouvernement et salariés par les revenus des fondations attachées au dit local ; 1 pensionnat de demoiselles, établi dans l'ancien couvent des carmes devant le pont.

    Les productions agricoles consistent en froment, seigle, avoine, orge, trèfles, vesces, féveroles, quelques lègumes et fruits. La ville fait un petit commerce de merceries et épiceries. On y fabrique des bas, des bonnets et des tricots en laine. Il y a 1 moulin à farine mu par eau, situé à la rive gauche de la Meuse; 2 brasseries, 1 distillerie, 1 filature de laine, 1 savonnerie, 2 tanneries, plusieurs fabriques de sirop de betteraves, 1 four-à-chaux, 1 chantier de construction de bateaux. — Foires à Lorette : les 25 mars et 15 août. Un marché aux grains tous les mardis qui n'est pas suivi. — L'ancienne grande route de postes de Liège à Aix-la-Chapelle, et le grand chemin de Liége à Maestricht, traverse la ville.

    Population : 1835 habitans.

    Superficie : 621 h. 51 a. 47 c.

    Ci-devant : pays de Liége. Le bourgmestre régent était membre du corps de l'état tiers du pays.

    Histoire : Des anciens manuscrit assurent que Visé, en latin Visatum, Visotium ou Visetum, en flamand Weset, est la Taxandrie des anciens, et qu'elle fut fondée par Sedroch, 4e roi de Tongres : mais comme l'existence de ces rois est elle-même un point contesté, on pourrait regarder cette autorité comme suspecte. Suivant les traditions populaires, il est peu de villes dans le pays de Liège, à qui l'on puisse attribuer une origine plus ancienne qu'à celle de Visé. Quoiqu'il en puisse être, l'histoire n'en fait pas de mention qui précède l'époque à laquelle le pape Léon III y consacra une église, bâtie à l'honneur de St.-Martin, par la princesse Berthe, fille de Charlemagne, qui procura en même temps à ce lieu l'établissement d'une foire ou d'un marché public. Les sentimens des historiens du pays sont partagés sur l'époque de la consécration de cette èglise : Fisen prétend qu'elle fut faite en 799, lorsque le pape vint trouver Charlemagne à Paderborn ; cependant Bouille parle d'une église bâtie à Visé par la princesse Berthe en 805, ce qui peut encore être cru, le pape étant venu cette même année à Reims.

    On ne peut douter que le marché de Visé n'ait été un des plus considérables du pays, si l'on fait attention au rapport de l'historien Anselme, qui dit qu'Etienne, élu abbé de St.-Laurent en 1026, ayant besoin de vêtemens pour ses religieux, en envoya à Visé pour les acheter, et il semble même par les termes, frater quem ad forum Viseti mittitis, que ce fût l'ordinaire d'envoyer à ce marché.

    La ville de Visé dut sans doute son accroissement à l'avantage de ce marché, qui fut tel, que l'on y construisit un pont sur la Meuse, dont le nom subsiste encore, quoiqu'on n'en trouve pas le moindre vestige. Fisen fait mention de ce pont, qui fut renversé par les glaces en 1408. Bouille dit qu'on tient que les anciennes ruines de la ville de Visé, furent réparées sur la fin du 9e siècle, et que ses vieux fondemens témoignent qu'elle a été beaucoup plus ample qu'on ne la voit, et qu'on montre encore au-dessus de la ville, une tombe où les Francs Germains avaient, dit-on, été ensevelis, et aux environs quelques vestiges des forts bâtis du temps des Romains.
    Visé n'est nommé dans le partage de 870 que comme une limite de l'ancien pays de Liège. Il appartenait aux évêques de Liège depuis l'an 983, que l'empereur Otton III, par un diplôme de cette année, accorda à l'évêque Notger tous les droits que les empereurs y percevaient à leur profit ; il fut entouré de murs, de palissades et d'un fossé en 1334, par l'évêque Adolphe de La Marck.
    Les chanoines de Celles avaient eu de si vives et si fréquentes altercations avec les seigneurs du lieu, qu'ils avaient ajouté à leurs litanies : De la tyrannie des barons de Celles, délivrez-nous, Seigneur! Ces chanoines pour s'y soustraire, prirent le parti d'abandonner Celles, et ils se transportèrent à Liège avec le corps de Saint-Hadelin. L'évêque Adolphe de La Marck, en ayant conféré avec son chapitre, résolut d'envoyer les 12 chanoines avec le corps de leur saint à Visé, où leur chapitre fut établi. L'époque de cette transmigration et de la translation du saint est rapportée par Chapeauville, Haraeus, Molanus et Miraeus, à l'an 1337; mais Hoesem assure qu'elle ne doit être rapportée qu'à l'an 1338, le 11 octobre. Toutes les anciennes vies de St.-Hadelin sont également conformes sur la date de cet événement. Cependant une circonstance particulière, dit M. Dewez, dans son Dictionnaire, parait démontrer qu'on doit la supposer plus ancienne, puisqu'il existe dans l'église de Celles des pierres sépulcrales des anciens vicaires portant la date de l'an 1300. Or, les vicaires n'ont existé à Celles qu'après l'émigration des chanoines, qu'ils ont remplacés. L'évêque Adolphe de la Marck augmenta le chapitre de 8 prébendes, qui, de douze montaient pour lors à 20.
    La châsse de St.-Hadelin fut visitée à Liège, par l'évêque Adolphe, qui trouva le corps du saint en entier, à l'exception d'un bras qui avait été transporté à l'abbaye de Stavelot. Le 26 octobre 1413, on en fit encore l'ouverture, et on en tira la tête du saint pour l'enchâsser dans un buste séparé : celui d'urgent tel qu'on le voit aujourd'hui, est un présent que fit en 1654 , Jean Bloequerie, chanoine de Visé. C'est alors qu'on trouva dans ce coffre un mémoire très-ancien en latin, très-difficile à lire, dont copie se trouve dans les registres de la prévôté, selon la tenure suivante translatée : « Les os du très-bien heureux Hadelin, confesseur de l'église de Celles, ont été mis dans ce coffre et clos dans ce lieu l'an de l'incarnation de N. S. 704, le 15 des calendes de juin de l'indiction 4me. Les noms de ceux qui furent présens : Waton, évêque ; Veron, abbé ; Jean, prévôt ; Amand, coste; Lanfreid, doyen de Stavelot, avec le chapitre de Celles. » Cette châsse fut réfugiée le 26 novembre 1467 dans la forteresse d'Argenteau, et puis déposée dans l'église des Dominicains à Liège, où l'on en fit l'ouverture. Elle fut encore ouverte en 1696 et 1788.
    La ville de Visé fut pillée et mise à feu le 31 janvier 1396 par les Gueldrois qui escaladèrent ses murailles à l'heure de minuit, et se retirèrent ensuite emmenant plusieurs bourgeois qu'ils avaient saisis sur leurs lits. Elle ne fut pas longtemps à se relever de cette perte, et l'évêque Jean de Heinsberg lui accorda de très-amples privilèges en date du 9 avril 1429, et la rendit à peu-près égale à cet égard aux autres villes du pays, savoir, de se donner des bourgmestres, un conseil, des jurés, etc. A l'égard des marchandises, dettes et contrats, les bourgeois devaient se conformer à la paix de Tongres, et à la modération qui en avait été faite : il leur fut aussi permis d'avoir des prisons, de réparer les ouvrages extérieurs de la ville, et d'en faire de nouveaux, de mettre impôt sur les denrées pour pouvoir fournir aux dépenses de la communauté, d'appliquer les deniers aux réparations de la ville, etc. Louis XIV, roi de France, y avait établi son quartier l'an 1673, lorsqu'il faisait le siège de Maestricht, et la ville fut démantelée aux frais des habitans, sur la fin du mois de janvier 1675, par 3000 Français de la garnison de Maestricht. La porte de Mouland a encore existé jusqu'en 1828, et celles de Lorette et de Souvré jusqu'en 1833. La démolition de ces trois anciennes portes avec leurs tours, qui faisaient l'embellissement de Visé, en a fait une petite ville ouverte, qui n'est pas devenue pour cela plus belle : les antiquités n'y sont pas respectées.

    Visé est la patrie de René-François Walter, baron de Sluse, habile mathématicien et l'un des plus savans hommes des Pays-Bas. Il devint abbé d'Amay, chanoine, conseiller et chancelier de Liège, où il mourut le 19 mars 1685, à 63 ans. On a de lui un ouvrage encore très-estimé, intitulé : Mesolabum et problemata solida, Liège, 1668, in-4e. C'est aussi la patrie du cardinal Jean-Gualtier de Sluse, l'un des plus grands hommes de son siècle, frère du précédent, y né en 1626, et mort le 7 juillet 1687. Il avait une bibliothèque immense, dont on a imprimé le catalogue en 5 vol. in-4e.


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  • VILLERS-LE-BOUILLET, commune du canton de Bodegnée ; bornée au N. par Fize-Fontaine, E. par Bodegnée, S.E. par Ampsin, S. par Antheit, S.O. par Vinalmont, N.O. par Warnant.

    A 1/2 l. de Fize-Fontaine et Vinalmont, 3/4. d'Ampsin, 1 d'Antheit, Warnant et Chapon-Seraing, et 1 1/4 N. de Huy.

    Le territoire présente une surface ondulée. Le terrain est argileux, sablonneux, et renferme de la terre-houille en exploitation. L'épaisseur de la couche végétale varie de 1S à 45 centim. Le ruisseau de Bende arrose le fond des Cabentes, et se jette dans la Meuse à Ampsin. Il y a 3 petites fontaines.

    La commune renferme 305 maisons, réparties comme suit : Vitters-le-Bouillet (chef-lieu), 80 ; Marexhe, 21, à 1/6 de l. ; Mabiets, 21, à 1/3 de l. ; Habosart, 93 , à 1/2 l. ; Cabentes, 33, idem ; Barbotte, 15, à 1/6 de l.; Fays, 42, idem. Elles sont construites en pierres, briques, bois et argile ; la majeure partie couverte en paille, plusieurs en ardoises et tuiles. On y remarque quelques maisons bien construites et plusieurs belles fermes. — 1 église, dédiée à St.-Martin ; ancienne. Elle a été érigée en succursale en 1833.

    L'agriculture et l'exploitation de la terre-houille sont les principales branches d'industrie. On récolte froment, seigle, orge, épeautré et avoine. Fourrages, et beaucoup de fruits qu'on vend au marché. Bois taillis, essence de chênes, charmilles, bouleaux et noisetiers. — 174 chevaux, 365 bêtes à cornes, 800 bêtes à laine. On y élève des abeilles. — Il y a 1 moulin à farine mu par eau, et 1 brasserie.

    Population : 1576 habitans.

    Superficie : 880 h. 41 a. 13 c.

    Ci-devant : pays de Liège.


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  • VERVIERS, jolie ville, commune et chef-lieu d'arrondissement, de district communal et de canton ; bornée au N. par Andrimont, E. et S. par Stembert, S.O. par un point à Ensival, O. par Lambermont, N.O. par Hodimont.

    A 1/2 l. de Dison et Ensival, 3/4 d'Andrimont et Stembert, et 5 E.S.E. de Liège.

    Le vallon étroit, où est située la ville, a la figure d'une demi-lune qui embrasse un rocher, baigné par les eaux de la Vesdre, qui la partage en deux parties et longe les collines du N. au S. Le bassin, composé de terre d'alluvion de nature argileuse mêlée de rocaille, offre une couche végétale de 25 à 45 centim. de profondeur. Partout ailleurs les terres reposent sur un sol pierreux. On y trouve la chaux carbonatée inverse, binaire, dodécaèdre , bi-binaire , fistulaire ; le quartz hyalin noir ; le plomb carbonaté trihexaèdre, aciculaire, lamellaire ; le fer oxidé hydraté géodique, massif, pulvérulent ; le zinc oxidé silicifère cristallisé, aciculaire, lamelliforme, mamelonné ; le zinc carbonaté prismé, rhomboïdal, aciculaire radiè, etc. La Vesdre reçoit à Verviers, par sa rive gauche, le ruisseau de Mangombroux, et par sa rive droite, celui de Dison. La ville est en outre traversée dans toute sa longueur par un canal alimenté par la Vesdre ; ce canal est à l'usage des usines et fabriques. Verviers (porte de Xhavée), en suivant la route de la Vesdre, a une élévation de 158 mètres 459 au-dessus de l'Océan.

    La ville, par sa situation topographique, est exposée à des maladies plus ou moins graves, qu'on attribue à l'influence maligne des brouillards qui s'étendent souvent sur la vallée de la Vesdre, et à la retraite d'une partie des eaux de cette rivière, qui laisse souvent son lit presqu'à découvert. On observe des ulcères atoniques chez les personnes employées à tondre et à lainer dans les manufactures de draps, et des ophtalmies d'un caractère rebelle parmi les tisserands et les fileurs.

    La ville de Verviers, bâtie sur l'une et l'autre rive de la Vesdre, compte 1552 maisons ; construites en briques, en pierres de taille et en charpente, et en général couvertes en ardoises, peu en tuiles ; agglomérées. On y remarque quelques rues larges et garnies de maisons dont la façade est très-régulière. L'intérieur de la ville est pavé.

    Parmi les édifices publies, on remarque l'Hôtel-de-Ville, la Salle de Spectacle et quelques églises.
    L'Hôtel-de-Ville a été bâti en 1774, d'après les dessins et sons la direction de l'architecte Renoz de Liège. Sur la place du marché, en face de cet édifice, on voit une belle fontaine de pierre brute, qui sert de piédestal à un perron de bronze. L'eau en sort par quatre masques et se perd dans quatre coquilles travaillées avec beaucoup d'art. Cet ouvrage a été construit en 1732.
    La Salle de Spectacle, construite en 1820, a son entrée principale sur une belle place, en face d'une des rues les plus animées de la ville. Cette entrée offre un péristyle formé par quatre colonnes d'ordre ionique.
    L'église primaire, dédiée à Saint-Remacle, date de l'an 888. Une tradition universelle attribue sa fondation à Oger le Danois, qui fit bâtir deux chapelles, l'une en ce lieu, et l'autre à Spa. Quoiqu'il en soit, on ne peut contester que cette église ne soit fort ancienne ; mais les restaurations qu'elle a subies à diverses époques n'ont laissé à son architecture aucun caractère prononcé ; elle est moitié gothique, moitié moderne. La tour est surmontée d'une flèche fort haute et plus hardie qu'on ne devait l'attendre des siècles barbares, dont elle est un monument. Le chœur a été bâti vers l'an 1699. Cette église a pour chapelles auxiliaires : L'église de St.-Lambert, ci-devant du monastère des sépulcrines. L'autel est d'ordre corinthien. Le retable est enrichi d'un beau tableau, qui représente la Résurrection de J.-C. L'établissement de l'ordre des sépulcrines à Verviers commença l'an 1637 par quatre religieuses, qui quittèrent leur couvent de Malmedy.
    L'église de St.-Joseph, ci-devant du couvent des carmes chaussés, achevée en 1681. C'est une des plus belles de la ville ; elle est grande, claire, riante par elle-même.
    L'église de Ste.-Anne à l'hospice des malades.
    L'église de St.-Sébastien à l'hospice des vieillards.
    L'église de Notre-Dame, ci-devant du couvent des récollets , appelé le collège de St.-Bonaventure, fut consacrée en 1633. Elle a été élevée au rang des succursales en 1833. Son portail, qui fuit face à une place appelée Place des Recollets, fut au commencement orné d'une image de pierre, représentant la Mère de N. S. Les bourgeois ont enfermé la partie inférieure du portail dans une chapelle très-propre et singulière, en ce que l'autel est placé sur une tribune fort exhaussée où cette image lui sert de retable sans avoir changé de place. Cette église a pour chapelle auxiliaire St.-Antoine de Padoue, construite en 1832.
    La première pierre d'une nouvelle èglise primaire, aussi dédièe à Saint-Remacle, a été posée le 22 septembre 1834. Dans cette pierre fut déposée une boîte en plomb contenant [une] inscription gravée sur une plaque en cuivre.

    Avant le gouvernement français (1795), il y avait à Verviers 3 couvens d'hommes, savoir : les carmes chaussés, les récollets et les capucins ; 2 de filles, les conceptionistes et les sépulcrines, et un autre des récollectines au faubourg. Il y avait aussi 3 hôpitaux.

    Verviers possède un tribunal de première instance, 1 tribunal de commerce, 1 chambre de commerce et de fabriques, 1 collège des règens de la maison d'arrêt, 1 commission des hospices civils, 1 bureau central de bienfaisance, 1 sous-commission urbaine de bienfaisance, 1 commission pour les fabriques de draps, 1 école industrielle et commerciale, 1 société royale de philantropie (instituée le 20 novembre 1830) ; 1 société maternelle, formée en 1800, et approuvée en 1813 par l'impératrice Marie-Louise, qui annonça alors au conseil d'administration breveté par elle, un secours annuel du gouvernement de 1500 fr. ; 1 hôpital ; 1 hospice pour les orphelins et 1 autre pour les vieillards infirmes et les indigens des deux sexes ; 1 bureau de recette des domaines, 1 bureau d'enregistrement, 1 bureau de conservation des hypothêques, 1 direction des postes aux lettres et bureau d'échange avec la Prusse ; 1 commission médicale, 1 mont-de-piété, 1 caisse d'épargnes, 1 compagnie de pompiers, etc.

    Les prés forment la culture dominante aux environs de Verviers. Ceux, situés dans le bassin de la Vesdre, fournissent beaucoup de foin de bonne qualité. Les prairies, situées sur les collines qui entourent la ville, sont en général peu fertiles. Le terroir renferme peu de terres labourables, dont le produit consiste en froment, seigle, avoine.

    Les légumes et les fruits n'y sont cultivés que par des particuliers qui n'en font aucun commerce : ces comestibles arrivent de Liège sur le marché. Quelques bouquets de bois, dont le chêne, le hêtre, le bouleau, forment les principales essences. — 267 chevaux, 244 bêtes à cornes. Verviers est aujourd'hui une ville d'un grand commerce et fort opulente ; elle est renommée par ses belles manufactures de draps, dont la fabrication et le commerce occupent la majeure partie des habitans. La vente du drap donne lieu à un commerce important, ce qui entretient des relations multipliées à l'intérieur et à l'étranger. Plusieurs des fabriques ont acquis une très-grande extension depuis 30 ans. On compte à Verviers 51 fabriques de draps, Casimir, flanelle, etc. 1 fabrique de coton, 8 fouleries, 3 presseries, 2 bâtimens à rames chaudes, 33 teintureries, 6 savonneries, 1 corroierie, 2 fonderies de fer, 1 fonderie de plomb en lames, 1 atelier de construction, 1 moulin à bois de teinture, 2 moulins à farine mus par eau, 3 brasseries, des briqueteries, fours à chaux et carrières. Extraction de la calamine et du minerai de zinc, près de Sommeleville, dans la montagne de Stembert. — Marchés : le mercredi et le samedi de chaque semaine. Foires : du 7 au 10 novembre ; du 2 au 5 juin ; du 19 au 22 août, et le 21 avril. — Le territoire est traversé par la route de la Vesdre et celle de Battice à Theux. Un pont sur la Vesdre, d'une grande utilité, construit en 1833.

    Population : 19,522 habitons.

    Superficie : 455 h. 21 a. 14 c., dont 410 h. 79 a. 59 c. en terrains imposables ; 3 h. 01 a. 72 c. en terrains non imposables ; 28 h. 61 a. 01 c. en chemins et rues ; 12 h. 78 a. 82 c. en rivières et ruisseaux.

    Ci-devant : pays de Liège, marquisat de Franchimont. Il y avait une cour de justice composée d'un mayeur et de 7 échevins, avec 2 bourgmestres et 2 anciens, 7 commissaires et 4 conseillers. Le bourgmestre règent était membre du corps de l'état tiers du pays de Liège.

    Histoire : On rapporte que l'évêque Jean de Bavière étant venu à Hodimont, qui n'était alors qu'un village dont tous les environs étaient inhabités , vers l'an 1395, y trouva un chêne remarquable par sa grosseur et sa beauté, et qu'il en marqua son étonnement par ces mots : verd et viz ; ce qui, dans le langage du pays , veut dire verd et vieux. On ajoute que cela donna occasion de changer le nom du lieu en celui de Verviz dont on a fait fremiers. Cette opinion semble être confirmée par le blason des armes de la ville, qui portent entr'autres pièces une branche de chêne englantée. Le nom de Verviers peut aussi avoir tiré son origine de Verivia, nom du constructeur de la route et d'un pont détruit en 1514.

    Ce fut vers la fin de novembre 1650, que Verviers, qui n'était qu'un bourg, célèbre par la manufacture de draps, fut mis au rang des villes du pays, et on lui accorda le droit d'assister par ses députés, aux assemblées des états, et de jouir des priviléges des autres villes. Cet honneur néanmoins ne l'avait pas délivrée du petit tribut, auquel elle était assujétie du temps de l'évêque Erard de la Marck ; mais elle continuait de le payer avec une cérémonie, dont on ignore l'origine et la cause, et qui était connue sous le nom de Croix de Verviers. Cette procession singulière consistait à venir danser dans l'èglise de la cathédrale à Liège, à y offrir trois pièces de monnaie, une de métal, une d'argent et une d'or, en jurant de revenir, l'année suivante, faire la même cérémonie, à briser, au milieu du Pont-des-Arches, un setier de bois, et à le jeter dans la Meuse, etc.

    Les bourgeois, encouragés par les prérogatives et les priviléges qui venaient de leur être accordés, s'appliquèrent à embellir leur ville, et en moins de dix ans ils l'environnèrent de murailles ; de sorte que malgré les ravages et les fureurs de la guerre et des maladies èpidémiques, qui dans l'espace d'un siècle, l'avaient attaquée tour-à-tour, on vit Verviers fleurir et s'agrandir de jour en jour.

    En 1643, la Vesdre se déborda avec une telle fureur qu'on pouvait aller en bâteau sur le marché de Verviers.

    A l'époque de la réunion du pays de Liège à la France, la ville de Verviers fut comprise dans le département de l'Ourte, et devint le siège d'un des six tribunaux correctionnels, et chef-lieu de canton. Elle faisait dans la suite partie de l'arrondissement de Malmedy, jusqu'en 1815, qu'une partie de cet arrondissement fut cédée à la Prusse par le traité de Vienne. Elle devint en 1830 le siège d'un tribunal de lre instance.

    Verviers est la patrie de :
    Cherin , général des gardes wallonnes, en Espagne, né dans le 18e siècle.
    Courtois (Richard), docteur en médecine et professeur de botanique à l'université de Liège, né en février 1806, et mort à Liège le 15 avril 1835, à l'âge de 29 ans. On lui doit entr'autrès publications, les Recherches sur la statistique physique, agricole et médicale de la province de Liège, sur quel ouvrage M. Massan, de Verviers, a fait plusieurs observations , insérées dans le journal de Verviers du 10 juin 1828. M. Courtois a aussi publiè, conjointement avec M. le docteur Lejeuhe de Verviers, le Compendium florœ Belgicœ.
    Detrooz (Remacle), notaire, sur la fin du 18e siècle. Il a publiè une Histoire du marquisat de Franchimont, in-8e, Liège, 1809, et une Dissertation touchant l'antiquité de Spa et de ses fontaines, in-8e, Liège, 1812.
    Duval-Pyrau (l'abbé), conseiller privé du prince de Hesse-Hombourg.
    Fion (Jean-Joseph), général de brigade au service de la république française.
    Godar (G.H.), docteur en médecine, connu par différentes dissertations qui ont obtenu des palmes académiques.
    Hauzeur (Mathias), savant théologien, commentateur de St.-Augustin, et célèbre par le fameux collaque de Limbourg, du 19 avril 1633.
    Jardon (l'intrépide général), tué le 27 mars 1809, à Barcelos, sur les frontières du Portugal, après 19 années de campagnes.
    Moraikem, général d'infanterie au service d'Autriche.
    Ruth-Dans (Paul-Ernest), hé le 23 février 1653, d'une famille patricienne. Il assista à la mort du célèbre docteur Arnauld d'Andilli en 1694, et apporta son cœur à Port-Royal-des-Champs le 9 novembre de la même année. Il fit le discours français que l'on trouve sous le nom de M. Guelphe, dans VAbrégé de la vie de M. Arnauld, par le père Quesnel. Il fut exilé dans les Pays-Bas par une lettre de cachet en 1704, et accusé d'hérésie par M. de Précipiano, archevêque de Malines ; mais il s'en justifia par une Apologie. Il mourut à Bruxelles le 24 février 1728. Il est auteur du 10e et du 11e volume de l'Année Chrétienne de M. le Tourneux, et de quelques autres ouvrages.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • TOURNAY ou TOURNAI, en flamand Doornik, en latin Tornacum ou Turris Nerviorum, commune, ville et chef-lieu de canton et d'arrondissement, à 9 lieues N.E. de Mons, à 7 lieues 1/2 N.N.0. de Lille, à 7 lieues S.S.E. de Courtray (Flandre-occidentale), et à 15 lieues S.O. de Bruxelles.

    Cette ville, siège d'un évêché suffragant de l'archevêché de Malines , de tribunaux de première instance et de commerce, du ressort de la cour supérieure de Bruxelles est la résidence d'un commissaire de district et d'un commandant de place.

    Le territoire de Tournay est borné au N. par les communes de Froyennes et de Kain, à l'E. par celles de Rumillies et Warchin, au S. par Waulx et Chercq, et à l'O. par Willemeau, Froidmond et Orcq.

    Deux faubourgs, ceux de Saint-Martin et de Lille, sont à l'O. de la ville, sur la rive gauche de l'Escaut. Sur la rive droite de ce fleuve, à l'E. de Tournay, s'étend le faubourg Morel. Du côté du N. est le faubourg de Maire ou des Sept-Fontaines ; enfin, au S. se trouvent les faubourgs d'Allain, de Barge, d'Ere et de Valenciennes.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • STEMBERT, commune du canton de Limbourg ; bornée au N. par Andrimont, E. par Limbourg, S. par Jalhay et Poleur, S.O. par Theux, O. par Ensival et Verviers.

    A 1/2 l. de Verviers, et 1 de Limbourg, Jalhay, Polleur et Ensival.

    Le terrain est très-inègal, de nature argileuse, marécageuse et un peu sablonneuse. On y trouve du zinc carbonaté, sulfuré et silicaté, et dans le schiste et le grès rouge, de la baryte sulfatée, concrétionnée, et cristallisée. La commune de Stembert est séparée de celle d'Andrimont, par la rivière de Vesdre ; de celle de Limbourg, par le ruisseau de Hodjoris, et de celle de Jalhay, par celui de Mariomont. Il y a plusieurs fontaines.

    La commune renferme 348 habitations, dont 101 au hameau de Heusy, à 1/2 l., et 57 à Mangonbroux, à 1/4 de l. Elles sont construites partie en pierres, partie en bois et argile, peu en briques ; couvertes presque toutes en paille, quelques-unes en ardoises. On y remarque l'ancien château de Séroule, reconstruit vers 1826. — l'église à Stembert, dédiée à Saint-Nicolas ; rebâtie en 1806. Il y a 1 chapelle à Heusy, dédièe à Saint-Hubert.

    L'agriculture et le tissage des draps forment les principales branches d'industrie. On récolte le froment, le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine, les vesces, fourrages, légumes et fruits. — 80 chevaux, 340 bêtes à cornes. — Il y a 2 briqueteries, 4 fours à chaux, 7 carrières, 1 moulin à farine mu par eau, 2 fabriques à filer la laine, 2 fouleries de draps, etc. — On exploite de la calamine et du plomb. — La route de la Vesdre longe la commune, et celle de Verviers à Theux traverse le hameau de Heusy.

    Population : 1994 habitans.

    Superficie : 1037 h. 08 a. 94 c.

    Ci-devant: pays de Liège, marquisat de Franchimont.

    Histoire : Le hameau de Mangonbroux a vu naître vers l'an 1570, François Pyrard de la Val, célèbre navigateur, qui fut nommé premier armateur de la compagnie française des Indes, dont le Voyage au Brésil, aux Maldives et aux Moluques, a été rédigé par Jérôme Bignon, et est souvent cité par Buffon.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • SPRIMONT, commune du canton de Louveigné ; bornée au N. par Beaufoys et une enclave d'Esneux, N.E. par Gomzé-Andoumont, E. par Louveigné, S. par Aywaille et une enclave de Louveigné, S.O. par Comblain-au-Pont et Hody-Poulseur, O. par Esneux, N.O. par Tilff.

    A 3/4 de l. d'Aywaille , 1 de Louveigné, 1 1/4 de Beaufuys, 1 1/2 de Comblain-au-Pont et Esneux, 1 3/4 de Fraipont, et 4 S.E. de Liége.

    Cette commune présente une surface très-inégale, entrecoupée de coteaux boisé ou couverts de bruyères. Le terrain offre le calcaire anthracifère, la dolomie et le psammite sablonneux ; il est en petite partie argileux. On y trouve la chaux carbonatée inverse, métastatique, compacte, massive, aciculaire, magnésifère, primitive, convexe, la baryte sulfetée trapézienne, le plomb sulfuré laminaire et le fer hydraté. La rivière d'Amblève baigne Sougné et Amblève, et celle d'Ourte arrose le village de Ghanxhe. Il y existe an petit ruisseau, appelé Ry de la Hâsse, affluent de l'Ourte.

    La commune contient 527 maisons, réparties comme suit : Sprimont (chef-lieu), 63; Damré, 28, à 1/5 de l.; Noidré, 20, à 1/3 de l.; Hornay, 13, idem. Haye-du-Chéne, 5, à 2/3 de l.; Ognê, 46, à 1/3 de l.; Lillè, 7, à 1/5 de l.; Presseux, 17, à 1/3 de l.; Chanxhe, 22, à 1 l.; Romreux, 16, à 1/4 de l'Amblève, 4, à 2/3 de l.; Florzé, 34, à 1/5 de l.; Gippe, 4, à 1/6 de l.; Sougné, 81, à 3/4 de l.; Secheval, 12, à 1 l.; Playe, 5, à 3/4 de l.; Sur la Heid, 23, à 2/3 de l.; Lincé, 84, à 1/3 de l.; Fays, 20, à 3/4 de l.; Dolembreux, 40, à 1 l.; Wachiboux, 3, à 3/4 de l.; Hayes, 10, à 1 1/8 de l.; Hotgné, 13, idem; Betgné, 12, à 1 l.; Hâsse et Flagotier, 21, à 1 l.; Fontin, 20, à 1 1/4 de l.; et Haye-des-Pauvres, 4 à 1 l. La plupart des habitations sont construites en pierres, peu en briques ; couverte en ardoises et en paille. On remarque au village de Sprimont, plusieurs maisons assez bien bâties, et un château à Lincé. - La commune possède 1 église primaire, 3 églises succursales et 1 église ou chapelle auxiliaire. L'église primaire, située à Sprimont, est dédiée à St.-Martin, et a été bâtie avant l'an 1067, et restaurée en 1829. Les trois succursales sont situées une à Dolembreux, l'autre à Lincé, et la 3e à Sougné. La chapelle auxiliaire est à Chanxhe. — L'intérieur du village de Sprimont est pavé.

    On y cultive le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine. Fourrages, lègumes et fruits. Bois taillis. — 250 chevaux, 585 vaches et bœufs, 2230 bêtes à laine. — Il y a des fours à chaux ; 3 belles carrières de pierres de taille, à Ogné, Lillé et Florzé ; 2 moulins à farine, l'un sur l'Amblève, et l'autre sur le ruisseau de la Hâsse ; 1 moulin à chevaux, à la Hâsse ; 1 brasserie. — Foires à Sprimont : les 10 mai et 15 septembre ; établies en 1815. — La route de l'Amblève traverse la commune, du N. au S.

    Population : 2897 habitans.

    Superficie : 4597 h. 22 a. 90 c., dont 2456 h. 26 a. 73 c. en terres labourables ; 1189 h. 62 a. 94 c. en prés, pâtures et vergers ; 389 h. 18 a. 00 c. en bois ; 226 h. 59 a. 73 c. en terrains vagues, rochers et broussailles.

    Ci-devant : duché de Limbourg. Le haut-ban de Sprimont comprenait les communautés de Baugnée, Esneux, Hony, la Rimière, la Chapelle, Sprimont, Tavier et Villers-aux-Tours.

    Histoire : Dans une chartre de Fréderic, duc de Lorraine inférieure, de l'an 1067, il est déjà fait mention de l'église de Sprimont. La considération du ban de Sprimont devait être grande autrefois, vu que ses bourgmestres assistèrent à l'acte d'union, qui se fit le 4 novembre de l'an 1415, par les seigneurs et députés du Brabant, du Limbourg et de plusieurs territoires, pour la défense du duc Jean IV, fils du duc Antoine, qui venait d'être tué dans un combat contre les Anglais.

    La seigneurie de Sprimont fut engagée en 1626, pour 6100 fl., et vendue en 1644, pour 10,900 fl.

    On y voit les débris assez remarquables du château d'Amblève, placé sur un rocher à pic que baigne l'Amblève, ainsi que ceux de l'ancien château de Chanxhe.

    L'ancien couvent des Récollets à Sougné, avait été fondé en 1668 par Paquay de la Tour, mayeur de Louveigné. Il ne contenait que 7 prêtres et 3 frères.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • Les cinq sources principales d'eaux minérales qui se trouvent dans le vallon de Spa, sont : le Pouhon, la Géronstère, la Sauvenière, la Groesbeeck et le Tonnelet.

    Le Pouhon est la fontaine qui jaillit au centre du bourg ; son réservoir a été amené et établi sous le péristyle d'un monument élevé par le prince d'Orange, à la mémoire de Pierre-le-Grand, empereur de Russie, qui vint prendre les eaux à cette fontaine en 1717. Cette source paraît être la plus profonde de toutes celles de la vallée; elle est à 1030 pieds au-dessus du niveau de l'Océan ; on la trouve primitivement dans une espèce d'anse formée au N. du bourg, par la montagne qui, en cet endroit, est frappée par les rayons solaires les plus ardens ; elle traverse un lit de tourbe, épais de 25 centimètres, établi sur une couche plus puissante de glaise bleuâtre pure, sans mélange de gravier. Immédiatement après qu'elle a été puisée, l'eau du Pouhon est claire et limpide ; mais exposée au contact de l'air, elle ne tarde pas à dégager, de tous les points de la masse, une foule de petites bulles gazeuses qui altèrent sa transparence et viennent crever à la surface. Bientôt après, l'eau blanchit et finit par prendre une nuance fauve assez brillante ; il se forme insensiblement, au fond du vase, un dépôt assez considérable. La température de cette eau, au thermomètre centésimal, est de 10° ; sa gravité spécifique est de 1,00098. On y trouve une saveur plus aigrelette, plus piquante que dans aucune des sources environnantes. [...]
    La température de ces eaux était de 7° de l'échelle de Réaumur ; l'acide carbonique libre en poids a été évalué à 21,409 et en volume, le volume d'eau = 1,000 à 1,085,5. L'eau du Pouhon est regardée comme efficace dans le traitement des phlegmasies chroniques, des viscères abdominaux, et généralement dans les longues convalescences ; son usage relève les forces donne une nouvelle vie et du ton à tous les organes. On s'en trouve fort bien dans les maladies chroniques de la vessie.
    On croit que l'étymologie du nom de Pouhon pourrait bien venir du terme Pauhier qui signifie dans le patois de Spa puiser comme qui dirait le lieu où l'on puise. De très habiles médecins pensent que depuis le tremblement de terre, arrivé en 1692, l'eau de cette fontaine est sortie plus abondante, plus nette et plus forte au goût.

    La Géronstère est située dans un bois à 3/4 de lieue S. de Spa ; la source, qui est à 1 500 pieds au dessus du niveau de la mer, occupe le bas d'un coteau fort pittoresques et les eaux qui la forment paraissent provenir d'une transsudation continuelle à travers les schistes bleus et les grauwakes qui constituent la majeure partie des roches environnantes ; elle exhale une odeur fétide hydro-sulfureuse qui se fait sentir à plusieurs pieds de distance. Elle a une saveur fade désagréable et très peu aigrelette. Sa température au thermomètre centésimal atteint 9,44, et sa gravité spécifique est de 1,0008. [...] La température s'élevait à 6°7.
    On recommande l'eau de la Géronstère dans presque toutes les maladies chroniques de l'estomac et des intestins, dans les faiblesses du système nerveux, les cachexies, le scrophule, dans certaines convulsions, dans les leucorrhées, les suppressions des menstrues, dans la paralysie, les tremblemens nerveux, les insomnies et les névroses en général. On prétend que ces eaux sont plus qu'aucune de celles des autres sources des bassins de Spa favorables à la guérison des affections anciennes dépendantes surtout de la répercussion des maladies de la peau.

    La Sauvenière, éloignée d'une petite demi-lieue S.E. de Spa, occupe un site d'un aspect très pittoresque ; on y arrive par un chemin que les soins de l'administration ont rendu très facile. Le niveau de la source a la même élévation que celui de la Géronstère ; elle sourd dans un bassin muraillé, surmonté d'un dôme en pierres de taille. Un escalier très commode y conduit de deux côtés opposés. L'eau de la Sauvenière participe, quant à la saveur, de celles du Pouhon et de la Géronstère, c'est-à-dire qu'elle est tout à la fois aigrelette et sulfureuse. Elle émet des bulles gazeuses, se trouble et laisse déposer de l'oxide de fer. Sa température est de 9,72 au thermomètre centésimal et la gravité spécifique de 1,00075. [...]
    La température s'élevait à 6°5.
    Les eaux de la Sauvenière sont employées dans le traitement de la gravelle, des ulcères et autres vices des voies urinaires. Quelques-uns croient que la Sauvenière (Savenir) tire son nom de Sabinus, tribun des Romains, qui fut défait par les Liégeois, commandés par Ambiorix. D'autres disent avec plus de vraisemblance que ce nom tire son origine du mot Sawerling qu'on peut avoir emprunté des Allemands, qui appellent toutes les fontaines acidules Sawerling. Parmi les différens auteurs qui ont traité des eaux minérales de Spa, il n'en est presque aucun qui ne convienne que la Sauvenière est la fontaine dont Pline donne la description sous le nom de fontaine de Tongres.

    La Groesbeeck est presque contigue à la Sauvenière. Elle est ainsi nommée parce qu'en 1651 le baron de Groesbeeck y trouva la guérison d'une maladie grave dont il était atteint depuis long-temps. Cette eau a une saveur piquante, et moins ferrugineuse que celle des autres sources de Spa. On remarque aussi que les bulles gazeuses qui s'élèvent à sa surface sont beaucoup plus nombreuses. Sa température marque 9,72 au thermomètre centésimal, et sa gravité spécifique est de 1,00075. [...] La température s'élevait à 6°1.

    Enfin le Tonnelet, beaucoup moins élevé que la Géronstère, la Sauvenière et la Groesbeeck, puisqu'il marque seulement 1250 pieds au dessus du niveau de la mer, se trouve aussi à 1/2 lieue E. de Spa. C'est de toutes les fontaines des environs celle qui offre la plus belle décoration. Plus que les eaux de toutes les autres sources, celle du Tonnelet a la saveur aigrelette. Sa couleur est limpide, sa température est de 9°72 au thermomètre centésimal et sa gravité spécifique de 1,00075. [...] La température atteignait 8°.
    Ce n'est que vers 1612, qu'entrèrent en vogue les eaux du Tonnelet; mais comme on leur donna pour vertu essentielle de combattre et détruire les causes de la stérilité, il arriva que, pendant nombre d'années, cette fontaine fut la plus fréquentée du bassin.
    Il y a, très-près du Tonnelet, une autre source dont les eaux ne présentent point de différences sensibles dans les propriétés physiques et chimiques. Cette source se nomme le Watroz ; la fontaine est du style le plus simple ; sa niche arrête à peine les regards du voyageur.

    Les autres sources qui avoisinent Spa, sont le Nivesé, à 1/8 de l. N.E. du Tonnelet ; la Vêque-Terre, à 1/2 l. O. de Spa ; le Desniez, à 3/4 de l. S.O. ; le Barisart, à 1/4 de l. S., entre le Pouhon et la Géronstère ; la Devers, entre le Pouhon et la Sauvenière, etc.

    Il est à remarquer que les pluies, les sécheresses et tous les changemens météorologiques influent à tel point sur les qualités de toutes les eaux de Spa, que suivant les saisons elles varient souvent dans la proportion de leurs principes minéralisateurs.

    L'eau qui sert de boisson ordinaire à Spa, est d'une grande pureté.

    Depuis une époque très-reculée, on a vu un grand nombre de savans de toutes les nations se livrer à la description et l'analyse des eaux de Spa.

    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège
    (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • SOUVRET, commune du canton et à 1 lieue 1/4 N. de Fontaine-l'Evéque, de l'arrondissement et à 1 lieue 3/4 0. de Charleroy, et à 7 lieues 1/4 E. du chef-lieu de la province.

    Elle est bornée an N. par la commune de Courcelles, a l'Е. par celles de Jumetz et Roux, an S. par le territoire de Monceau-sur-Sambre, et à l'O. par celui de Forchies-la-Marche.

    Cette commune ne comprend que son chef-lieu.

    Hydrographie : Un affluent du Piéton prend sa source sur le territoire ; il traverse le village et donne le mouvement à un moulin à farine. Il y a plusieurs petits étangs.

    sol : Elevé et plat, coupé par un grand nombre de coteaux. Le terrain est généralement argilo-sablonneux.

    Agriculture : Année commune on récolte six cent vingt-cinq rasières de froment, quatre cent cinquante de seigle, cinq-cents d'escourgeon, mille-quatre-vingts d'avoine, cinq cents de féveroles, cent quatre-vingts de pois, cent cinq de vesce, trois mille cinq cents de pommes de terre, quarante-cinq mille bottes de trèfle de cinq livres chacune, trois cents rasières de pommes de bonne qualité, moins de poires ; très-peu de fruits à noyau. — Prairies. potagers, houblonnières et vergers en petit nombre. — Point de bois ; il y a seulement une aulnaie d'une faible contenance. La culture des terres ne laisse rien à désirer. On remarque sur quelques point de petites parcelles de marais ou bas-prêt qu'on ne pourrait dessécher avec fruit. Il y a douze fermes. On comptait, eu 1830, quatre-vingts chevaux, quarante-cinq poulains, quatre-vingt-cinq bêles à cornes, quarante veaux, quatre-vingt-dix porcs, cent quatre-vingts moutons. Les basse-cours sont peuplées de poules, de pigeons, de canards. — Lièvres et perdrix en assez grand nombre. — Beurre et freinage.

    Population : Mille douze habitans, dont cinq cent vingt-cinq du sexe masculin et quatre cent quatre-vingt-sept du sexe féminin. En 1829, il y a eu trente-trois naissances, dix-huit garçons et quinze filles ; et trente-trois décès, quinze hommes et dix-huit femmes. Le nombre de mariages s'élève annuellement à sept ou huit.

    Habitations : Cette commune renferme deux cent vingt-deux maisons bâties en pierres et briques, couvertes partie en ardoises, partie en pannes et la plupart en chaume. Il y a une église et une école primaire.

    Commerce et Industrie : L'industrie agricole est une des principales ressource des habitans de cette commune. Un grand nombre d'individus de la classe ouvrière exercent au dehors les professions de cloutiers et briquetiers. Il y a deux moulin mus par vent, une brasserie et neuf distilleries agricoles de pommes de terre. — Quatre maréchaux ferrans, un charron, deux tonneliers, un bourrelier, un cirier.

    Routes et Chemins : Les chemins vicinaux sont praticables en toutes saisons.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • SERAING, commune et chef-lieu du canton de ce nom ; bornée au N. par Jemeppe, N.E.par Tilleur, E. par Ougrée, S.E. par Boncelles, S. par Plainevaux, S.O. par Neuville-en-Condroz, O. par Ramet, N.O. par Flémalle-Haute et Flémalle-Grande.

    A 1/2 l. d'Ougrée, 1 de Ramet-Ivoz, 1 1/4 de Boncelles, et 1 1/2 S.S.O. de Liège.

    Le territoire de cette commune, située à la rive droite de la Meuse, vis-à-vis de Jemeppe, forme une vaste plaine agréablement bornée par des collines en amphithéâtre, dont les cimes chevelues sont couvertes de bois de haute futaie. Le terrain est argileux, sablonneux, et en petites parties marécageux. La commune est arrosée par la Meuse et par trois ruisseaux, dont l'un prend sa source dans la forêt de la Vecquée, en cette commune, et se jette dans la Meuse au lieu dit Elletrock, commune de Tilff ; l'autre prend naissance dans le bois de la Neufville, et se jette dans la Meuse au Val-St.-Lambert, et le 3e prend naissance à Boncelles, et se perd dans la Meuse au hameau du Petit-Mont. Il y a en outre quelques petites fontaines.

    La commune de Seraing renferme 622 habitations, réparties comme suit : 230 à Seraing (chef-lieu) ; 200 à Lize, à 1/4 de 1. ; 65 à la Boverie, à 1/4 de 1. ; 55 à la Chatqueue, à 1/2 1. ; 40 au Many, à 1/8 de 1. ; 5 à Marihaye, à 1/4 de 1. ; 27 au Petit-Mont, à 1/2 1. ; non compris la verrerie du Val-St.-Lambert, comprenant environ 60 quartiers pour loger les verriers, distante de 1/2 1. du chef-lieu, Toutes ces habitations sont construites partie en pierres, partie en briques, partie en bois et argile ; couvertes en ardoises, tuiles et paille. On y remarque l'ancien palais, ou maison de plaisance et résidence d'été du prince-évêque de Liège, et la ci-devant abbaye du Val-St.-Lambert, remarquable par la magnificence de ses bâtimens, et convertie en une verrerie qui est devenue fort importante. On y remarque encore l'ancien château de Bellevider. — 1 église primaire, dédiée à la Ste.- Vierge ; bâtie en 1731, par les soins du prince-évêque Georges-Louis de Berg.

    Les récoltes consistent en seigle, froment, avoine, orge, épeautre, fourrages, lègumes et fruits. Bois taillis, essence de chênes, bouleaux, hêtres, aunes, charmilles. — 100 chevaux, 150 vaches.

    Seraing renferme 2 fabriques de machines à vapeur. Celle de M. Cockerill, établie dans l'ancien palais du prince-évêque, peut, avec raison, passer pour un des plus grands établissemens de l'Europe. On y fabrique des presses d'imprimerie en fer coulé et un grand nombre de machines à vapeur.
    La verrerie du Val-St.-Lambert a été créée en 1826 par une société d'actionnaires. On y fabrique le cristal fin et ordinaire, le demi-cristal ou gobeletterie commune, et accessoirement des fioles, des bouteilles et des verres, façon d'Allemagne, des verres à vitres et des cylindres ou globes pour couvrir les pendules. Les matières premières employées sont pour le cristal : la silice ou sable blanc, qui s'extrait de la province de Namur ; la potasse, qui se tire d'Amérique et de Russie ; l'oxide de plomb ou minium, qui se fabrique dans l'établissement même avec des plombs provenant d'Espagne, d'Angleterre et d'Allemagne. Pour le demi-cristal et gobeletterie commune, on emploie le sable blanc, la soude artificielle qui se fabrique dans l'établissement, l'oxide de plomb ou minium, et de la chaux. La fabrication du cristal, du demi-cristal et autres verres communs, s'élève annuellement à 560,000 fr. environ. La consommation annuelle du charbon de terre, employé à la fusion du cristal et du verre, est de 3,650,000 kilogrammes.
    La fabrique de minium, établie dans les verreries et cristalleries du Val-St.-Lambert, est la plus considérable de la province ; elle peut en fabriquer annuellement 430,000 kilogrammes ; dont plus de la moitié est employée dans l'établissement comme matière première du cristal et du demi-cristal ; le surplus est livré au commerce. La fabrique de soude artificielle, située dans le même établissement, est montée pour pouvoir produire annuellement 500,000 kilogrammes de soude artificielle brute.
    Seraing possède en outre : 5 moulins à farine mus par eau ; 4 pour broyer les cailloux et autres substances nécessaires à la fabrication du verre à l'établissement du Val-St.-Lambert, mus par eau et la vapeur ; des fonderies de fer, de cuivre, des forges, laminoirs, etc. ; 2 brasseries. — On y exploite la mine de houille ; il s'y trouve peu de mines de fer. — La route de Liège à Terwagne traverse la commune.

    Population : 3654 habitans.

    Superficie : 2234 h. 46 a. 81 c.

    Ci-devant : pays de Liège.

    Histoire : Quelques-uns croient que le nom de Seraing dérive des Ceresiens, qui se placèrent pas loin des Condrosiens, sans que l'on sache précisément le lieu.
    L'abbaye du Val-St.-Lambert, de l'ordre de citeaux, fut fondée en 1202, par l'évêque Hugues de Pierrepont, et supprimée par le gouvernement français. Ce lieu était auparavant nommé le Champ des Mores.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • RETINNE, commune du canton de Fléron ; bornée au N.E. par Evegnée, E. par Micheroux, S. par Ayeneux, S.O. par Fléron, O. par la Queue-du-Bois, N.O. par Saive-Parfondvaux.

    A 1/2 l. de Micheroux et Saive, et 3/4 d'Ayeneux.

    Sa superficie est élevée et basse, entrecoupée de collines. Le terrain est argilo-sablonneux sur fond pierreux. Il y a plusieurs fontaines.

    La commune comprend 94 maisons, situées comme suit : 24 à Retinne, 32 à Liery, 13 à Surfossé, et 25 aux Trois-Chênes. Elles sont construites en briques, en pierres, en bois et argile ; couvertes en paille ; disséminées. — 1 chapelle auxiliaire, dépendante de l'église de Fléron.

    On y cultive le seigle, l'orge, l'avoine, l'épeautre. Fourrages, légumes, fruits. — Foire aux cochons : le 2 mai. Un marché au beurre se tient tous les samedis au hameau de Surfossé.

    Population : 515 habitans.

    Superficie : 454 h. 40 a. 89 c.

    Ci-devant : pays de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • NANDRIN, commune et chef lieu du canton de ce nom ; bornée au N. par Clermont, N.E. par Rotheux, E. par Tavier, S.E. par Ellemelle, S. par Fraiture, S.O. par Soheit-Tinlot, O. par Abée et Fraineux, N.O. par St.-Severin.

    A 1/2 l. de Fraineux et St.-Severin, 1 de Clermont, Rotheux, Tavier, Ellemelle, Soheit et Abée, 3 E. de Huy.

    L'aspect du terroir présente beaucoup d'inégalités, et sur divers points des coteaux d'une pente très rapide. Le terrain est argileux, marécageux, schisteux et calcaire. On y trouve de la chaux carbonatée métastatique. Deux petits ruisseaux, dont l'un prend naissance près du hameau de Haye, et l'autre près de celui de Beaumont, se réunissent au centre du chef lieu et se jettent au hameau de la Petite-Vaux dans un ruisseau qui prend sa source à la Grande-Vaux et qui se dirige sur la commune de Rotheux.

    La commune comprend 143 maisons réparties de la manière suivante : Nandrin (chef-lieu), 30; Bouhaie, 11 à 1/4 de l.; Albasse, 8 à 1/5 de l.; Favence, 15 à 1/2 l.; Favetu, 10, id.; Roubenne, 2, id.; Bois de Fraiture, 1, à 1/3 de l.; Sotrez, 1 à 3/4 de l.; Croix-André, 14, id.; Tierdelhez, 5, id.; Petite-Faux, 3, id.; Grande-Vaux, 13, à 1/2 l.; Chaifo, 2, id.; Haleu, 9, id.; Elgotte, 2, id.; la Tolle, 2, à 3/4 de l.; le Fraineux, 3, à 1/3 de l.; Beaumont, 2, à 1/8 de l.; Haye, 6, à 1/4 de l.; Trôcourâ, 1, à 3/4 de l.; Tombeu, 1, à 1/8 de l.; Croix-Claire, 2, à 1/3 de l. La plupart sont bâties en pierres, quelques unes en briques et en bois et argile ; couvertes en paille, peu en ardoises. 1 église primaire, dédiée à St.-Martin ; ancienne.

    On y cultive le seigle, l'épeautre, l'avoine, les pois, vesces, etc. Fourrages, légumes et peu de fruits. Bois taillis. - 70 chevaux, 150 bêtes à cornes, 1 500 bêtes à laine. - Plusieurs fours à chaux pour l'amendement des terres ; 1 carrière ; 1 moulin à farine mu par eau ; 1 brasserie. - La route de Liège à Givet traverse les hameaux de la Toile et du Fraineux.

    Population :  830 habitans.

    Superficie : 1453 h. 96 a. 91 c., dont 1000 h. en terres labourables ; 287 h. en prés, pâtures et vergers, et 130 h. en bois.

    Ci-devant : pays de Liège ; Bas-Condroz.
     

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  • GRACE et MONTEGNÉE, commune du canton de Hollogne-aux-Pierres ; bornée au N. par Loncin, Ans et Glain, E. par St.-Nicolas, S. par Jemeppe, O. par Mons et Hollogne-aux -Pierres.

    Grâce a 3/4 de l. O. de Liège, et Montegnée, 1/2 l.

    Cette commune est composée de trois hameaux principaux ; savoir : Grace, comprenant Chaume de Grâce, Perou, Bois-Mulette et Jale ; Montegnée, comprenant Chaussée de Montegnée, Trixhay, Verdbois, Pansy et Lamay ; Berleur, comprenant le petit hameau de Toutes-Voies.

    La superficie de cette commune est assez inégale, entrecoupée de petites collines ; il s'y trouve aussi des parties plates, principalement vers le N. Le terrain est argileux, et dans quelques endroits sablonneux, marneux et rocailleux. La profondeur de la couche végétale varie de 30 à 60 centim. Un petit ruisseau, qui prend naissance près du château de Hollogne-aux-Pierres, arrose la commune. Il y a deux fontaines à Grâce, et 2 à Montegnée.

    La commune comprend 620 maisons ; la plupart construites en briques, peu en pierres, quelques-unes en bois et argile ; couvertes en paille, à l'exception de quelques-unes en ardoises et en tuiles ; disséminées, sauf celles situées sur la chaussée de Grâce et celle de Montegnée, et près des églises de ces deux endroits. On y remarque l'ancien château de Grâce avec trois tours carrées, qui n'est plus habité depuis l'an 1794. — 2 églises, une à Montegnée, dédiée à St.-Lambert, et l'autre à Grâce, dédiée à St.-Remi ; 1 chapelle à Berleur.

    L'agriculture et l'exploitation de la houille, forment les principales branches d'industrie. On y cultive le froment, le seigle, l'épeautre, l'orge, l'avoine, le colza, les féveroles. Fourrages. Beaucoup de légumes et fruits. 3 petits bois taillis. — 110 chevaux, des vaches et moutons. — Il y a 4 grandes houillères, savoir : celle de Pansy, celle de l'Espérance, celle des Sarts et celle du Bonnier. Il y a un petit chemin de fer depuis la houillère du Bonnier jusqu'à un dépôt, établi près de la grande route de Liège à Bierset, à l'aide duquel on y transporte la houille et le charbon : un seul cheval traîne 900 kilogrammes. — 1 moulin à farine, mu par le vent ; 1 idem, mu par eau ; 1 fabrique de chaudières ou de machines à vapeur, à Montegnée ; 2 brasseries. — La route de Liège à Bierset traverse la commune.

    Population : 3664 habitans.

    Superficie : 792 h. 70 a. 29 c.

    Ci-devant: pays de Liège, banlieue Cismosane.

    Histoire : C'est dans une plaine entre les villages de Grâce et de Bolzée, où l'armée des princes était rangée en ordre de bataille, ayant l'évêque Jean de Bavière à leur tète, en 1408 ; on lui demanda grâce, et ensuite les seigneurs de Seraing et de Rochefort lui furent présentés avec 120 autres, qui furent tous décapités sur l'heure, et leurs corps jetés dans les carrières. Cruelle exécution. Ce fut au château de Grâce, où le comte de Marleboroug avait pris son quartier, et que la capitulation fut conclue et signée au camp devant Liège, le 14 octobre 1702, d'un côté par ce général et les députés des états-généraux des Provinces-Unies, et de l'autre par ceux de la ville et principauté de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • CUESMES, commune du canton, de l'arrondissement et à 2/3 de lieue S.0. de Mons.

    Bornée au N. et à l'E. par le territoire de la ville de Mons ; elle louche, au S., aux communes d'Hyon et de Frameries (cette dernière du canton de Pâturages), et à l'O. à celle de Jemmapes.

    Hydrographie : Cette commune est arrosée par la Trouille, rivière qui donne le mouvement à un moulin à farine situé à l'extrémité N. Sur divers points du territoire, on rencontre des étangs et des mares ; ces dernières servent de réservoirs aux usines ou d'abreuvoirs aux bestiaux.

    Sol : Elle forme la limite du terrain houiller dit le Borinage, au pied de la montagne de Flénu, qui abonde en mines de houille. La configuration du sol présente beaucoup d'irrégularités. Toutes les plaines ont une inclinaison plus ou moins sensible. Les pentes les plus rapides se rencontrent à l'extrémité S., vers Hyon, et à l'O. aux confins de la commune de Jemmapes. — Terrain calcaire et houiller, formé de calcaire, de marne, de psaramite micacé, schistoïde et calcaire, de poudingue psammitique, etc.

    Minéraux : Chaux carbonatée laminaire et compacte ; chaux sulfatée aciculaire ( dans les schistes houillers ) ; talc chlorite fissile et terreux ; anthracite feuilletée (gris foncé) et compacte (noir bleuâtre) ; houille feuilletée ; bois bituminisé et pyritisé (dans les houillères du Flénu) ; fer sulfuré lamelliforme et pseudomorphique (dans les schistes houillers) ; schiste luisant (des houillères) ; lignite friable, etc., etc. Plusieurs mines de houille sont en activité sur le territoire ; elles font partie du bassin houiller du Flénu. Le calcaire a été exploité sur divers points.

    Terres labourables divisées en quatre classes : première classe, formée de terres argileuses, friables, de couleur jaunâtre, de dix a douze pouces de couche végétale, très-fertiles et ne reposant jamais; deuxième classe, argile trop compacte ou trop douce, aussi profonde que celle de première classe et très-productive ; troisième classe, sol pierreux et calcaire, brûlant dans les sécheresses, d une couche végétale de huit pouces d'épaisseur, peu favorable à la culture de l'escourgeon; quatrième classe, terrain calcaire ou rocailleux, très-inégal, provenant, en partie, d'anciennes carrières ; les terres de cette classe doivent reposer fréquemment, pour en retirer quelques faibles produits.

    Agriculture : On récolte tontes espèces de céréales, du trèfle, des pommes de terre et autres légumes ; peu de colza, de chanvre et de luzerne. Les prairies arrosées par la Trouille produisent beaucoup de foin. — Jardins entourés de murs ou clos de haies, cultivés avec soin. — Quelques mauvais vergers. Le sol, d'assez bonne qualité, est très-bien cultivé ; les engrais qui proviennent de la ville de Mons contribuent beaucoup à sa fertilité. Il existe cependant de mauvaises terres pierreuse et sablonneuses sur divers points de la commune. On exploite le sol en grande, moyenne et petite tenue. Vingt-quatre fermes. — Le dernier recensement donne à la commune : deux cent-quatre-vingt-treize chevaux, quatre-vingt-cinq poulains, deux cent onze bêtes à cornes, cinquante-sept veaux, cent porcs, cent cinquante moutons. — Laine, beurre, fromage. — Fréquentation du marché de Mons.

    Population : Deux mille deux cent quatre-vingt-treize habitans.

    Habitations : Cette commune se compose de cinq cent dix-sept maisons, en grande partie agglomérées, et parmi lesquelles on distingue plusieurs fermes bien bâties. Il y a une église, une maison communale et une école primaire. — Résidence d'un chirurgien et d'un arpenteur.

    Commerce et Industrie : L'exploitation des houillères occupe la majeure partie des habitans, et donne lieu à un commerce assez actif. On vend au marché de Mons les productions du sol, le bétail, le beurre et le fromage. — Deux fours à chaux, trois moulins à farine, dont deux à vent et un mû par l'eau, trois brasseries, une distillerie qui chôme pendant trois ou quatre mois de l'année ; huit maréchaux ferrans, quatre charrons, deux vanniers, un fabriquant de cordes et un grand nombre d'artisans et de débitans de toute espèce.

    Routes et Chemins : Cette commune située à 1/4 de lieue de la grande route de Mons à Valenciennes, touche à la route de Mons à Maubeuge. Elle est entrecoupée par plusieurs petites chaussées exécuter en pavés, qui vont se joindre aux grandes routes : elles ont l'avantage de faciliter promptement le transport des houilles sur le canal de Mons à Condé. Parmi ces embranchemens, on remarque la route de Cuesmes à Mons, et celle qui, sous le nom de pave de Flenu, conduit de Cuesmes à Jemmapes. Les chemins vicinaux, au nombre de deux, sont d'une exploitation difficile en hiver et dans les temps pluvieux.

    Histoire : La fameuse bataille de Jemmapes, gagnée par le général Dumouriez our les Autrichiens, le 6 novembre 1792, s'est livrée en partie sur le territoire de Cuesmes. C'est près de ce village qu'étaient établies les cinq grosses batteries au feu desquelles se trouva exposé le général Beurnonville, qui, s'étant imprudemment avancé, se vit en outre débordé par six bataillons ennemis. Ce général, s'apercevant trop tard de ce mauvais pas, allait battre en retraite, lorsque le brave Dampierre prit tout à coup la résolution hardie de le sauver, en attaquant la gauche de l'ennemi. A la tête du régiment de Flandres et des bataillons volontaires de Paris, qu'il précéda de cent pas, il se précipita sur les six bataillons ennemis, les culbuta et enleva les deux premières redoutes : après y être entré le premier, il tourna leurs canons contre les Autrichiens, rendit à Beurnonville la liberté d'agir et fit seize cents prisonniers. Frappés d'un dévouement aussi héroïque, les blessés, après la bataille, oublièrent un instant leurs souffrances pour sе demander : « Dampierre a-t-il survécu ? » Les soldats, souvent justes appréciateurs du vrai mérite, le nommèrent le premier dans les acclamations qui suivirent la victoire, et forcèrent Dumouriez de partager avec lui la couronne qui lui fut décernée à son retour dans Mons. Dumouriez considéra sans doute ce partage comme une injustice, car dans le rapport qu'il adressa à la Convention, après la bataille de Jemmapes, il ne fit aucune mention de la conduite de Dampierre.


    Dictionnaire géographique de la province de Hainaut (Philippe Vandermaelen) - 1833


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  • "PAYS NOIR" (EXTRAIT DE LA VIE BELGE)

    Un matin, nous montâmes à la terrasse du château, à Mons. Sous un lent et incessant déluge de charbon, l'air s'estompait de teintes fuligineuses qui décoloraient la tiède après-midi. Une suite éternellement projetée des hautes cheminées recouvrait, dans un remous d'incessantes fumées, des campagnes anémiques et dévastées. La sensation fut si forte de nous trouver brusquement devant ces horizons calcinés au bas desquels en tous sens s'étageaient des buttes sombres, que nous demeurâmes longtemps sans parler. C'est que, de l'endroit élevé d'où nous dominions la grande plaine industrielle, s'apercevait le coeur même de la région charbonnière.
    Ce n'était pas la première fois que je la visitais ; mais je n'avais pas été touché encore en mes racines par l'extraordinaire beauté âcre et poignante qui se dégage de ses aspects. On n'aime pas toujours de suite ce qu'on doit aimer pour la vie. Celui qui allait devenir le pensif et sensible introducteur des plèbes dans l'art, à peine lui-même connaissait le pays pathétique qui devait être pour lui la cause d'une expression nouvelle d'humanité.

    Camille Lemonnier, La Vie belge (1905)


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  • MOMALLE, commune du canton de Hollogne-aux-Pierres ; bornée au N. par Fize-le-Marsal, N.E. par Kemexhe, E. par Freloux, Fexhe-le-haut-Clocher et Noville, S. par Jeneffe et Remicourt, O. par Lamine et Hodeige.

    A 1/2 l, de Fize, Freloux, Fexhe, Noville, Jeneffe, Lamine et Hodeige, 3/4 de Kemexhe et Remicourt, 1 de Lens-sur-Geer, et 1 3/4 E. de Waremme.

    Le territoire présente une surface unie. Le terrain est argileux, et la couche végétale a 45 à 60 centim. de profondeur.

    Il y a 192 maisons, réparties comme suit : Momalle (chef-lieu), 159; Momelette, 31; le Moulin-à-vent, 1, et la Chapelle, 1. La plupart sont bâties en briques et couvertes en paille, très-peu en ardoises et en tuiles ; disséminées. Un ancien château à Momalle et un autre à Momelette. — 1 église, dédiée à la Ste.-Vierge ; 1 chapelle.

    On y cultive le froment, le seigle, l'èpeautre, l'orge, l'avoine, les féveroles, vesces, pois, navettes, colza, chanvre, etc. Fourrages assez abondans, lègumes et fruits. — Environ 200 chevaux, 190 vaches, 200 moutons. — Commerce de porcs. — 1 moulin à farine, mu par le vent ; 2 brasseries. — L'ancienne chaussée des Romains longe le territoire de la commune.

    Population : 878 habitans.

    Superficie : 666 h. 00 a. 72 c., la majeure partie en terres labourables.

    Ci-devant : pays de Liège ; baillage de Hesbaye.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • source : kikirpa.be


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  • MOHA, commune du canton de Héron ; bornée au N. par Hucorgne, N.E. par Vinalmont, S.E. par Wanze, S. par Bas-Oha, O. par Couthuin.

    A 1/2 l. de Wanze, 3/4 de Vinalmont et Bas-Oha, et 1 N.O. de Huy.

    L'aspect du territoire est varié, sa surface en partie élevée et en partie basse, entrecoupée de collines. Le terrain est sablonneux, argileux, marécageux, rocailleux. La profondeur de la couche végétale varie de 15 à 35 centim. On trouve en cette localité du plomb sulfuré octaèdre, cubo-octaèdre et laminaire. La Méhaigne traverse la commune et la divise en deux sections. Il y a divers petits ruisseaux, qui ont leurs sources dans la commune, et dont le principal est celui de Fosseroul, qui prend naissance vers Héron. Tous ces ruisseaux se jettent dans la Méhaigne.

    Il y a 183 maisons et chaumières ; la plupart construites en pierres et quelques-unes en briques ; couvertes en chaume, sauf quelques-unes en ardoises. On y remarque les ruines de l'ancien château de Moha, situé sur un roc, à proximité du centre de la commune, vers le N. C'était autrefois la résidence d'un seigneur puissant et illustre, mais ce n'est aujourd'hui qu'un monceau de masures, qui n'ont rien de remarquable que leur situation. — 1 église, dédiée à St.-Sauveur, rebâtie en 1791.

    On y cultive le froment, le seigle, l'orge, etc. Fourrages, lègumes et fruits. Les espèces de bois qui dominent sont le chêne, le hêtre, le saule. — 20 chevaux, 100 bêtes à cornes. On y élève des abeilles. La Méhaigne nourrit des anguilles, brochets, écrevisses. — 1 tuilerie, plusieurs carrières de pierres à paver ; 2 moulins à farine, 2 à battre le chanvre, et 1 à huile, mus par eau ; 1 brasserie, dont la bierre est excellente. On y exploite de la terre houille. On y a exploité du plomb.

    Population : 1100 habitans.

    Superficie : 55O h. 80 a. 49 c.

    Moha était autrefois un baillage du pays de Liège (comté de Moha).

    Histoire : L'an 882, le duc de Lorraine vint assiéger le château de Moha, mais il fut repoussé par le comte de Moha, le comte de Huy et l'évêque de Liège. En 1209, Albert, dernier comte de Moha, dont les deux fils se tuèrent dans la campagne des Croix, où un tilleul fut planté, fit don de son aleu de Moha et de Waleffe à l'église de Liège, à condition qu'il en retiendrait pendant sa vie la jouissance libre et indépendante, et que s'il lui survenait des enfans, ils en auraient aussi la possession, mais à titre de fief, et à la charge d'en faire hommage à l'église de Liège. Gertrude, fille du comte, étant morte sans postérité, en 1225, l'évêque de Liège, Hugues de Pierrepont, occupa aussitôt les châteaux de Moha et de Waleffe, avec leurs dépendances. Cette acquisition fut cause que le duc de Brabant, qui avait des prétentions sur ces fiefs, surprit Liège, le jour de l'Ascension, et s'y empara de tous les trésors des églises. — Les évêques de Liège entretinrent dans la forteresse de Moha, pendant 150 ans, une garnison qui sut s'y maintenir pendant tout ce temps contre toutes les attaques du dehors. — Les Hutois s'emparèrent du château en 1376, et le rasèrent pour se délivrer d'une garnison dont le voisinage les incommodait, lorsqu'ils avaient quelques différends avec les évêques de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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  • ANGLEUR, commune du canton de Liège-Est ; bornée au N. par Liège et Grivegnée, E. par Chênée et Embourg, S. par Tilff, O. par Ougrée.

    A l/4 de l. de Grivegnée et Chênée, 1/2 d'Embourg, 1 d'Ougrée et Liège.

    Ce village, étant situé au confluent de la Meuse et l'Ourte, semble tirer son nom de l'angle sur lequel il est bâti. Les parties du territoire qui longent ces deux rivières, et sur lesquelles reposent presque toutes les habitations, figurent sur un plan tout-à-fait uni, et sont annuellement arrosées plusieurs fois par lesdites rivières dans les temps d'inondations. Les autres parties sont des montagnes élevées et d'une grande étendue, couvertes de bois. Le terrain est argileux et sablonneux en certaines localités ; marécageux et rocailleux dans les montagnes et les forêts. On y trouve la chaux carbonatée métastatique transp. , lamellaire ; la baryte sulfatée concretionnée fibreuse ; le quartz hyalin prismé ; le fer oxidé, hydraté ; le plomb carbonaté trihexaèdre, dodécaèdre , bacillaire , terreux ; le fer phosphaté terreux ; le zinc sulfuré octaèdre, et le manganèse oxidé métalloïde. — Outre l'Ourte qui cotoie la commune à sa droite, et la Meuse à sa gauche, il y a plusieurs ruisseaux ; savoir : 1e celui du Vieux-Moulin, qui prend sa source dans les montagnes qui dominent ce moulin, et se rend dans l'Ourte à Colonster ; 2e le Ris d'Sol Dée, qui prend naissance au-dessous de Sartilman, et descend la forêt pour se rendre dans le biez de décharge des usines de Colonster ; 3e le ruisseau du Fond de la Chavée, qui prend sa source dans ledit fond, et se rend partie dans le Biez des Aguesses, partie dans la Meuse ; 4e le ruisseau du Fond de Crasefosse, qui prend son origine dans les forets qui se trouvent au-dessus, arrose les étangs du jardin de Kinkempois, et se jette dans la Meuse au Rivage-en-Pot. Il y a une fontaine, appelée la Reine, dont les eaux sont très-estimées dans la commune. — Le plateau de la montagne, située à 600 mètres environ au N. du château de Colonster, a une élévation de 234 mètres 470 au-dessus de l'Océan.

    La commune comprend 205 habitations, reparties comme suit : 67 au chef-lieu ; 9 aux Grosses-Batte», à 1/8 de l. ; 19 aux Streupas, à 1/4 de l. ; 4 à Colonster, à 1 l. ; 14 à Sartilman, à 3/4 de l. ; 9 aux Huit-Saules, à 1/4 de l.; 62 au Rivage-en-Pot, à 1/4 de l. ; 13 aux Aguesses, à 1/6 de l. ; et 8 à Kinkempois , à 1/8 de l. La plupart sont construites en briques et couvertes eu paille ; quelques-unes construites en pierres et en bois et argile, et couvertes en ardoises et en tuiles. On y remarque les anciens châteaux de Colonster et de Kinkempois. — 1 église à Angleur, dédiée à St.-Remi. L'agriculture et l'exploitation des bois forment les principales branches d'industrie. Les récoltes consistent en seigle, froment, épeautre, orge, avoine. Le houblon y est cultivé en assez grande quantité. Fourrages abondant dans les parties basses. Légumes et fruits. Bois taillis d'essence mêlée de chênes, hêtres, charmes. La futaie est peu commune, et le chêne est l'espèce qui domine dans les forêts. — 24 chevaux, un assez grand nombre de vaches, 200 moutons. On y élève des abeilles, et le ruiss. du Vieux-Moulin nourrit des truites. — Il y a 1 carrière aux pierres brutes et à paver, 2 moulins à farine mus par eau, 2 martinets, 1 distillerie agricole. On y exploite du minerai de fer,et on y a exploité de la houille.

    Population : 925 habitans.

    Superficie : 1062 h. 33 a. 88 c. dont 274 h. 39 a. 53 c. en terres labourables, 141 h. 73 a. 35 c. en prés, pâtures et vergers, 60 h. 91 a. 13 c. en bois.

    Ci-devant : pays de Liège.


    Dictionnaire géographique et statistique de la province de Liège (Henri Joseph Barthélemi Del Vaux) - 1835


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