• Fanny Cornuault - La France des sectes (1978)

    Titre : La France des sectes,
    Auteur : Fanny Cornuault
    Éditions : Tchou éd., 1978

     

        Jacques Cécius indique les erreurs de ce livre :

    Dans le chapitre "L'Association Culturelle (sic !) Antoiniste" (en fait il s'agit de l'Association Cultuelle, loi de 1905), Fanny Cornuault  écrit (pages 79 et 80) : "Il suffisait d'ailleurs que, (le Père Antoine) énonce les dix principes  de sa doctrine pour que le miracle se produise, sans autre forme de soins" ! Elle décrit le Père Antoine "la bedaine avantageuse", alors qu'en raison des privations qu'il s'imposait il ne pouvait en être ainsi, ce qui peut être constaté sur les photos qui se trouvent dans les temples français et quelques temples belges. La Mère Antoine n'est pas mieux lotie : "chignon en crotte de dindon sur le sommet du crâne, des pieds si grands qu'ils lui font comme un socle (…)". Voilà comment l'auteur exécute le Père et la Mère en quelques lignes. Il en va de même pour la doctrine antoiniste : "la science est la voie de l'échec : CQFD", ce qui ne figure nullement dans les ouvrages écrits par le révélateur wallon.

     Regis Dericquebourg, dans un petit ouvrage particulièrement bien documenté  écrit d'ailleurs au sujet du Père Antoine : "Il ne rejette pas la science par principe, il réprouve simplement sa tendance matérialiste, il n'est pas hostile à une science qui se conformerait à la loi de la conscience pour rechercher une vérité ultime." 

    Revenons à Fanny Cornuault qui décrit ainsi les desservantes : "Des fées guérisseuses style confiture qui n'ont fait aucun vœux et soignent à tour de rôle en prenant les pires maux – fût-ce le cancer ou les oreillons – (…). La desservante se tient en médium (re-sic !) les doigts étendus vers la photo du Père, face à l’assemblée vers laquelle elle projette le fluide actif (…). Les guérisons individuelles se déroulent derrière un paravent". Il faudrait que l'auteur explique comment la desservant se tient "les doigts étendus" (ce qui est faux), à la fois "devant la photo du "Père", et « face à l'assemblée", alors que c'est la dite photo qui est exposée face aux assistants…

    Mais elle n'en reste pas là dans l'énumération de contre-vérités qui démontrent qu'elle ne s'est pas donnée la peine de se rendre dans un temple lors des cérémonies : "le culte de recueillement à lieu chaque soir et consiste en simples récitations de prières". Primo, le "recueillement" a lieu les quatre premiers soirs de la semaine, et, secundo, le Culte antoiniste ne connaît pas la récitation de prières ! Et pour couronner le tout, elle remplace l'emblème antoiniste "l'Arbre de la Science de la Vue du Mal" par un jeune arbre fraîchement coupé", porté lors des enterrements.


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  • Béatrice ELLIOT - Le culte Antoiniste (Armanac nissart 1937)

    LE CULTE ANTOINISTE

     

    AVANT-PROPOS

        Plus on pénètre les religions primitives ou évoluées, plus on est étonné et déçu de constater le peu d'influence profonde qu'elles ont eu sur la moyenne de l'humanité. Entre la religion et la vie, il y a toujours eu « décalage », ce qui prouve que l'homme est plus naturellement porté à jouir de la vie matérielle qu'à s'inquiéter de sa destinée future. C'est pour cette raison que les religions ont valu en définitive ce que valaient les hommes qui les pratiquaient. Qu'est-ce à dire ? Ce monde ne serait-il fait que pour une élite allant joyeusement au sacrifice pour sauver une humanité qui n'a cure de son inconscience ? Des Hommes ont toujours surgi apportant des Révélations diverses, mais toutes également chargées d'une même espérance : sauver l'homme et lui assurer un bonheur ineffable dans une autre ou dans d'autres vies : et en attendant, le délivrer des maux apparents ou réels d'ici-bas. Le Père Antoine, dit « le Guérisseur », est un de ces inspirés qui a cherché à résoudre le problème de la divinité, de l'homme de l'au-delà, et qui a trouvé dans la Foi et dans l'Amour qui naît de cette foi, la base d'une nouvelle religion appelée « Culte Antoiniste ».

     

    II. — L'HOMME

        Né à Mons, près de Liège, en 1846, Louis Antoine, fils de mineur, fut le cadet de onze enfants. Ses parents étaient de très braves gens, et sa mère, très bonne et très charitable, faisait du bien à tous les déshérités de la vie malgré ses occupations et ses charges. Cet enfant ne connut donc, dès qu'il put comprendre, que le bon exemple. Dès l'âge de douze ans il dut travailler et descendit à la mine avec son père. Il était déjà sérieux, raisonnable et très pieux. Plus tard, il quitta la mine et devint ouvrier métallurgiste. Après son service militaire, il travailla en Allemagne, et en 1873, revint au pays pour se marier avec une fille de chez lui. Ils eurent un fils la même année. De 1879 à 1886, il travailla en Russie, y fit des économies et revint se fixer à Gemeppe-sur-Meuse avec sa femme et son fils. En 1893, un grand deuil se produisit : la mort de ce fils unique. Le ménage en éprouva un chagrin profond. Bien des années auparavant. Louis Antoine avait tué un homme accidentellement au régiment, et ces deux morts eurent une grande influence sur ce catholique convaincu. Devant cette double épreuve, Louis Antoine, aidé de sa femme, va désormais s'oublier lui-même pour se vouer à l'humanité souffrante et la soulager, puis la sauver.

     

    III. - LE GUERISSEUR

        Il fit d'abord du spiritisme, mais insatisfait, s'éloigna peu à peu du cercle spirite qu'il avait fondé : « les Vignerons du Seigneur ! ». Il se consacra alors de toutes ses forces à la guérison des malades. Il s'acquit une renommée telle que des centaines de malades venaient à lui chaque jour. Devant une telle affluence, le Corps médical le fit poursuivre en 1901 et 1907, mais il fut acquitté les deux fois. Toute son attention se porte désormais sur la morale, et sous la double influence du catholicisme et du spiritisme, il se mit à révéler chez lui, chaque dimanche, « le nouveau Spiritualisme », nommé plus tard « l'Antoinisme ».
        L'homme était alors strictement végétarien, vivait dans la solitude et la méditation, fixait les grandes lignes de son culte pour ses disciples, et donnait sa substance ! à tous les malheureux avec une ferveur presque surhumaine. Pour lui, nuits et jours n'étaient pas assez longs, et il s'épuisait à la tâche. Entouré de malades, Antoine se mettait en quête d'âmes pour sauver des corps. Il soignait, il guérissait le corps par l'âme. Il traitait par la Foi, et la Foi accomplissait des miracles. Il proclamait qu'il avait trouvé le moyen de guérir l'humanité en proie à une unique maladie : la matière, c'est-à-dire l'essence du mal. Tous les maux prenaient un sens et devenaient des « épreuves » destinées à assurer le progrès. Peu à peu son enseignement se fixait, et dès 1906, le « Culte Antoiniste » s'établissait à la satisfaction de tous les fidèles et prenait de suite une importance réelle. Louis Antoine, devenu « le Père », était adoré de tous. Usé par sa tâche colossale, il succombait le 25 Juin 1912 malgré l'aide efficace de sa femme et de ses disciples.
        Après sa mort, la religion antoiniste prit un développement inattendu. Dès 1922, « le culte antoiniste », reconnu d'utilité publique en Belgique, comptait déjà seize temples. Il y en a quarante-cinq à l'heure actuelle, plus une trentaine de « centres », et dès le début un fut créé à Monaco, un autre à Nice. Le Père a délégué ses pouvoirs à sa femme avant de mourir, et celle-ci prend le nom de « Mère ». Le culte est fixé en une véritable liturgie recueillie dans les « livres sacrés » de l'Antoinisme. « Frères » et « Sœurs » ont un uniforme. Les hommes portent la robe noire et le chapeau à larges bords, les femmes, une jupe noire à plis, un fichu noir et un bonnet de même couleur que surmonte un voile. Le culte est gratuit et ouvert à tous sans distinction de religion. Les Antoinistes ont leurs emblèmes : l'Arbre de la Science de la Vue du Mal et le Drap vert pour les enterrements. Les fidèles se réunissent pour entendre la lecture des livres sacrés, et les temples ne ferment ni le jour, ni la nuit, pour les malades.
        Louis Antoine, l'humble mineur, devenu Prophète, est, pour bon nombre de ses adeptes, la réincarnation du Christ.

     

    IV. — LE PROPHÈTE

        La Révélation du Père Antoine se produisit après des années d'efforts, de recherches, de méditations et de contact avec l'humanité douloureuse.
        Le Père, sans être instruit, avait beaucoup lu et possédait le robuste bon sens de l'homme du peuple. Il avait aussi une grande sensibilité, enfin et surtout un pouvoir magnétique qui servit sa cause. Il l'a dit lui-même au début de son œuvre : « Je ne suis qu'un guérisseur et un médium comme tant d'autres. » Pour que son œuvre fut durable, il s'agissait de créer une véritable liturgie, et c'est ce qu'il avait en vue en résumant le fruit de ses longues réflexions et méditations sur Dieu, l'Homme, l'Infini. Ses livres sont considérés comme des livres sacrés par tous les adeptes, et à chaque service on en lit de longs paragraphes.
        « Le Petit Catéchisme Spirite », publié en 1896, fut présenté comme l'ouvrage de l'Esprit de Vérité.
        « L'Enseignement » d'Antoine le Guérisseur fut recueilli en 1905 par ses disciples.
        Ces deux ouvrages sont antérieurs à la Révélation proprement dite, et on y observe un certain détachement du spiritisme. Le Père va désormais prêcher le « Nouveau Spiritualisme » fondé sur la base inébranlable de la foi pure.
        En 1908 et 1909 paraissaient la « Révélation » et le « Couronnement » qui résument tout son enseignement et suffisent à exposer ses vues et sa doctrine. En 1909, il commençait la publication de l' « Unitif » destiné à éclaircir bon nombre de points incompris par ses adeptes.
         Nous verrons en serrant les textes de plus près que le Père est loin d'être clair malgré ses répétitions, mais comment pouvait-il en être autrement quand il s'agit de fluides, de courants, de pensées et de sentiments, de tant d'éléments mystérieux presque insaisissables, dans leur mobilité, leur variété et leur complexité. Quoiqu'il en soit, le Père ; est inlassable, ne se rebute jamais, et s'efforce de fixer les points essentiels de sa doctrine, de les river, comme s'il s'agissait d'un travail métallurgique.
        La « Révélation », composée de dix principes que nous résumerons brièvement :
        L'amour de Dieu réside au sein de l'Homme de toutes les croyances ou incroyances.
        La morale s'enseigne par l'exemple. Il ne faut voir le mal en rien.
        En agissant envers son semblable en frère, on ne fait la charité qu'à soi-même.
        Aimer ses ennemis et voir le mal en soi plutôt qu'en eux.
        La cause de la souffrance est dans l'incompatibilité de l'intelligence avec la conscience.
        Tout ce qui nous est utile pour le présent comme pour l'avenir, si nous ne doutons en rien, nous sera donné par surcroît.
        Tous les problèmes généraux de morale sont discutés et interprétés par le Père. 
       En examinant les « lois de la conscience », il affirme que l'amour existe partout, et qu'amour, intelligence et conscience réunis constituent une unité, le grand mystère, Dieu.
        Quant à « l'origine de la vie », le Père dit que la vie éternelle est partout, et que les fluides existent à l'infini et de toute éternité.
        Le problème du « Mal » est résolu dans le sens de la non-existence de celui-ci :
    « Nous ne souffrons que par l'imagination du mal qui est en nous. Dieu, étant tout amour, ne peut avoir créé le Mal. »
        La prière réside plus dans les actes que dans les paroles. Elle est « dans l'action dictée par la conscience d'où peut résulter le bien. »
        Quand il s'agit « de la Science et de la Foi », le Père affirme que l'instruction n'est pas indispensable à l'amélioration des hommes. Connaître, ce n'est pas savoir, et c'est notre propre effort qui doit tout nous révéler. En nous améliorant, nous atteignons à des fluides de plus en plus éthérés.
        « La pensée » a de l'importance, et travailler à l'acquérir, c'est se préserver des mauvais fluides.
        Le Père conclue sur le problème « Dieu ».
        L'amélioration morale est le but de la vie, et Dieu, c'est l'amour ; et tout ce que nous pouvons acquérir de savoir émane de cet amour. La cause de tous nos obstacles est l'intelligence, et nous sommes dans notre faiblesse des dieux imparfaits. La Foi et l'Amour ne s'acquièrent que par le travail moral. Répétons-nous bien surtout que nous ne pouvons aller à Dieu que par l'intermédiaire de notre semblable, en nous efforçant d'aimer.
        Loi de progrès, loi d'amour, loi divine, c'est tout un, et c'est le fond de la « Révélation » qui nous conduit au « Couronnement » (où Dieu parle).
        « Le Couronnement » est si important, qu'à lui seul, il pourrait constituer le livre sacré de l'Antoinisme. C'est l'œuvre révélée par excellence. Il a une autre originalité : la création de « l'Arbre de la Science de la vue du Mal », qui est une nouvelle interprétation d'Adam et d'Eve, de leur rôle divin et humain, de leur chute. Le péché d'Adam, c'est la vue du mal, le serpent ayant été considéré comme Dieu. Adam n'existait que spirituellement, il est le moi conscient, et Eve qui n'existe qu'en apparence, le moi intelligent. Telles sont les deux individualités qui sont en nous : l'une réelle, l'autre apparente. Nous n'existons réellement que par le moi conscient ; le moi apparent est notre incarnation, notre imperfection. Pour pénétrer la réalité, nous devons démolir la vue du mal, c'est-à-dire reprendre le chemin entrepris dès le principe pour débarrasser l'Arbre de la Science du dernier atome de cette matière pour laquelle il nous a engendrés. Dès ce jour, on ne dira plus l'Arbre de la Science du bien et du mal, mais de la vue du mal, tel est son véritable sens. Ce long développement est nécessaire à la compréhension de l'emblème de « l'Arbre de la Vue du Mal » qui occupe une place prépondérante dans les Temples antoinistes. 
        Le Père enseigne encore le sens réconfortant de « l'Epreuve ! » auquel il ajoute une grande importance, puisque c'est d'elle que vient tout progrès. 
       Les problèmes de l'Intelligence, de la Conscience, de la Réincarnation sont résolus par lui dans le sens de la Foi déjà exposée dans sa Révélation. Il est bon d'y revenir, comme il a tenu à le faire.
        C'est en le moi intelligent que nous sommes incarnés. L'âme imparfaite reste incarnée jusqu'à ce qu'elle ait surmonté son imperfection.
        Nous nous réincarnons chaque fois avec un système nouveau. L'intelligence est la faculté qui sert à nous assimiler les fluides pour en obtenir la pensée. Fluides et pensées sont matériels, nous devons les surmonter pour progresser. L'intelligence ne peut jamais atteindre à la cause, l'essence des choses lui échappe.
        Dieu réside exclusivement au sein de l'homme. L'amour, l'intelligence et la conscience constituent une unité, le mystère Dieu. Nous sommes notre dieu, notre démon.
        Le Père revient sur cette foi qui lui est si chère :
        « Sachons que nous sommes Dieu nous-mêmes, que si nous voulons, nous pouvons. »
        « Nous sommes Dieu pour autant que nous le possédons. Dieu est en nous, et nous en lui ; par son amour nous pouvons tout. »
        Notre processus moral est le suivant : l'amour a d'abord sur nous tout empire, ensuite la spiritualité» enfin la matière.
        Rien n'existe matériellement s'il n'existe spirituellement : tout est l'effet des fluides qui constituent ensemble la spiritualité.
        La Conscience nous indique le chemin du bonheur. Dieu est la vertu par excellence, l'Amour.
        Le Père avait enfin convaincu ses adeptes de la grande loi de solidarité humaine, en leur démontrant qu'on ne peut arriver à Dieu que par l'amour d'autrui.
        Cette guérison du corps par l'âme et cet altruisme militant constituent la partie la plus convaincante et la plus attachante de la doctrine du Père. C'est par cet altruisme surtout que le Père se rapproche du Christ.

     

    V. — L'ANTOINISME COMME RELIGION

    Ainsi, cet homme aux pouvoirs guérisseurs si étendus avait souhaité fonder une religion basée sur la morale, et à force de tâtonner et surtout d'aimer ses frères, il y était arrivé.
        Sa religion est-elle originale ? Apporte-t-elle des éléments nouveaux ? Pour nous qui avons eu le privilège pendant des années, en Angleterre, de voir de près tant de religions, nous sommes obligés de répondre par la négative.
        Le Père a été très influencé par la « Théosophie », la « Science Chrétienne » et surtout le « Catholicisme » qu'il pratiqua assez tardivement dans la vie. Le « Spiritisme », sans aucun doute, l'a atteint aussi, mais moins profondément qu'on ne le croit généralement.
        A la « Théosophie », il a pris l'idée de l'universalité de la vie et de la fraternité. Il lui a emprunté aussi ses idées d'évolution et de réincarnation. Il a eu de la science du bonheur une conception analogue. Enfin, il est en harmonie absolue avec l'essence de la théosophie, à savoir que l'homme, étant lui-même divin, connaît Dieu et partage sa vie. Voici pour le côté moral et intellectuel de l'œuvre du Père. Il va sans dire que la « Théosophie » se rapproche bien plus de la science pure et a pénétré les lois de la vie et de l'être avec une tout autre profondeur. Le grand livre d'Hélène Blavatsky, la fondatrice de la Société de Théosophie, intitulé « la Doctrine secrète », date de 1888.
        « L'Antoinisme » se rapproche encore de « la Science Chrétienne » (Christian Science), fondée en 1875 en Amérique, à Boston. C'est à une autre femme, Marie Baker- Eddy, que revient le mérite de la publication de « la Science Chrétienne » en 1866. La « Science Chrétienne » guérit les malades. Elle remplace les croyances matérielles par des idées spirituelles. Pour elle, la guérison ne vise pas qu'au bien-être physique, mais à l'élimination du penser et des actes erronés. L'Esprit, bien infini, est la seule cause de tout ce qui existe, donc le mal qui ne fait pas partie de la création divine, ne peut avoir ni réalité, ni pouvoir. Dieu est tout en tout, et le mal, y compris la maladie, est irréel. Les « Scientists », comme- le Père Antoine, ont eu plus d'une fois maille à partir avec la Justice.
        On voit combien l' « Antoinisme » et la « Science Chrétienne » sont proches aussi dans la croyance et le but poursuivis.
        Le « Spiritisme » eut sur le Père Antoine une influence indéniable, et le convainquit de l'existence des fluides qui emplissent l'Univers. Pour cet homme robuste et sain, le côté occulte du Spiritisme le gêna et finit même par le rebuter. Bien des fois, les « esprits », sans lui paraître suspects, l'étonnèrent par leur manque de bon sens et leur éloignement du chemin de la vérité. Les manifestations matérielles lui déplurent en outre, mas il resta convaincu que les esprits désincarnés nous guident et nous donnent l'exemple de l'Amour. Il ignora très probablement l'œuvre spirite du grand scientifique anglais, Sir Oliver Lodge, et il était mort quand parut « Raymond ».
        Au « Christ » et au « Catholicisme », le Père doit sans aucun doute le meilleur de lui et de son œuvre. C'est en songeant à cette dette du Père et à la nôtre, qu'une pensée de Pascal nous revient, pensée bien à sa place ici ; « Ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur, sont bienheureux et bien légitimement persuadés. »

     

    VI. - CONCLUSION

        Devant cette religion qui a pris une si étonnante amplitude après la mort du Père, nous conclurons qu'un « fluide d'amour » baigne le cœur de tout homme, et que c'est le fluide que les adeptes ont voulu recevoir du Père, autant peut-être que la guérison de leurs maux.
        Le développement de l' « Antoinisme » a quelque chose de paradoxal sans le Père vivant et agissant, mais celui-ci n'avait-il pas dit à propos de sa mort : « Qu'y aura-t-il de changé ? Je pourrai réconforter de l'Au-delà tous ceux qui ont foi en moi. »
        Le « Culte Antoiniste » est d'une grande simplicité, mais la lecture des « livres sacrés » sans commentaires ou explications nous a paru d'une assimilation problématique pour les fidèles.
        Quoiqu'il en soit, la Foi faite d'Amour a trouvé une fois de plus un écho profond dans toute une humanité douloureuse et souffrante.
        Toute forme de religion, qui vient au secours des déshérités et les soulage, a droit à notre respect et à notre estime.
        Nous avons tenu, pour notre part, à l'examiner en toute impartialité.
        Puissent les adeptes du « Père Antoine » être des successeurs dignes de Celui, qui, dans sa grande humilité, refusa toujours d'être appelé « le Seigneur » par ses Frères, et choisit le doux nom de « Père ».

    Béatrice ELLIOTT.
        Monte-Carlo, Septembre 1936.

     

    Paru dans l’Armanac nissart de 1937, pp.26-34.

     

    Béatrice Elliott est l’auteure, entre autres, de
    - Triptyque corse. Jean-Wallis Padovani, J. A. Mattei, Pierre Leca... (1935),
    - Louis Cappatti, historien du Comté de Nice, poète, critique, conteur (1936),
    - Émile Ripert, poète et humaniste de Provence (1938),
    - Essais niçois. Nietsche et Èze, rocs mystiques. Le Vieux Nice (1939).

    Associée à Louis Cappatti, historien de Nice, elle écrit :
    - Indulgence plénière (1938),
    - Laghet, refuge religieux de la Riviera (1939, Dès le XVIIe siècle, la commune possède une chapelle dédiée à la Vierge Marie qui se manifeste par des guérisons miraculeuses ; le sanctuaire Notre-Dame de Laghet est aujourd'hui l'un des plus fréquentés en France par des pèlerins venus de tous les pays),
    - Berre-les-Alpes : premier relai de la Méditerranée à l'Alpe (1940).

    Traductrice du roman de l'écrivaine et suffragette britannique Beatrice Harraden Out of the Wreck I Rise (1914) sous le titre "Je domine les ruines..." (1922)


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  • Le Spiritisme - bulletin_46_septembre_2011-L'antoinisme

     

    Le Spiritisme

    Bulletin 46 - septembre 2011

     

    Sommaire :
    Editorial
    L'antoinisme
    Le caodaïsme
    Un groupe uni pour une guérison aboutie
    Retrouvailles à la suite d'un rêve
    Vie associative : ballade à Lyon
    Idées de voyage

     

    Editorial

    Si l’on veut bien se pencher sur l’origine des religions, des cultes, des croyances ou autres pratiques occultes, on ne peut que constater que tous vont puiser leurs connaissances dans l’au-delà, dans le monde des Esprits et des anges. Cette pratique de communication entre l’homme et le monde invisible, Allan Kardec lui a donné un nom : le spiritisme. Le monde entier connaît le spiritisme, le pratique, le subit ou ne veut pas en parler mais il ne laisse personne indifférent. Ce n’est pas une religion, il n’a ni rituel, ni dogme, c’est un enseignement universel où chacun peut aller puiser et en retirer un gigantesque espoir si les intentions restent bonnes et pures. 

    Alors pourquoi les hommes, dès qu’ils pensent avoir découvert la vérité et la connaissance, s’éloignent-ils de ce précepte pour aussitôt créer une nouvelle religion et s’entourer de fidèles au service d’un nouveau concept ? 

    Antoinisme et caodaisme sont deux exemples de mystification issus de la pratique médiumnique et détournés du chemin initial. La construction humaine ne dure généralement que le temps de son créateur et le chemin qui mène à la sagesse est étroit. Il faudra encore de nombreuses décennies à l’humanité pour qu’elle s’en éloigne le moins possible.

    Gilles Fernandez

     

     

    L'antoinisme

    Lorsqu’il est frappé par la maladie et la souffrance, l’être humain recherche la guérison. Les guérisons et les magnétiseurs se comptent par milliers, la plupart anonymes, certains essayent d’en tirer un profit personnel tout en mettant en avant leur acte de charité et quelques-uns, peu nombreux, doté d’une faculté hors du commun et d’un charisme certain attirent les foules auprès d’eux. Il devient alors difficile de rester humble dans la charité et de ne pas se perdre dans les concepts ancestraux des sectes ou des religions qui mettent en avant un homme adulé par ses disciples. On constate toujours que lorsque la construction spirituelle est de nature humaine et donc faillible, elle grandit avec l’être qui en est à l’origine pour s’éteindre petit à petit après sa mort laissant sans direction tout ceux qui suivaient aveuglément leur idole. C’est ainsi que naquit à la fin du XIXème siècle en Belgique, une nouvelle religion emmenée par le charitable Louis Antoine.

    Dernier né d’une famille ouvrière, catholique, de onze enfants, il commence à travailler dès l’âge de douze ans comme mineur, puis ouvrier métallurgiste. Lorsque la guerre de 1870 éclate entre la France et la Prusse, il est mobilisé, sans aller au front, par le gouvernement belge et lors d’un exercice militaire, il tue malencontreusement un de ses camarades. Il est très perturbé par cette mort et se demande pourquoi Dieu a voulu lui faire subir cette épreuve ainsi qu’à la famille du défunt. Après la guerre, Louis rentre chez lui à Jemeppe sur Meuse, il épouse une jeune fille du pays, Catherine, et ira travailler en Prusse et en Pologne. Après quelques années d’exil, le couple, qui a fait des économies, décide de rentrer en Belgique. Ils font bâtir plusieurs maisons qui leur assurent un revenu. 

    En cette fin du XIXème siècle, le spiritisme s’est épanoui dans de nombreux pays et notamment en Belgique dans la région liégeoise où réside Louis Antoine. Un de ses amis l’entraîne un dimanche à une séance d’évocation dans l’arrière salle d’un café. Après ce premier contact, Louis Antoine rentre convaincu à son domicile. Il lit Le livre des Esprits d’un trait et découvre grâce à cet ouvrage le sens de l’épreuve en particulier et celui de la vie en général. 

    Il se rendra désormais chaque dimanche aux réunions spirites, il a alors 42 ans. Il s’initie avec sérieux à la doctrine spirite selon les principes codifiés par Allan Kardec et sa médiumnité se développe rapidement. Avec l’assentiment de son épouse, heureuse de l’accompagner dans cette démarche, il fonde un groupe à son domicile fondé dans un premier temps sur des séances d’instruction. Il affirme que cet enseignement lui permet de subir avec résignation les épreuves journalières de la vie. Quelques années plus tard, il perdra son fils unique âgé de 20 ans. 

    Frère Antoine, comme l’appelle maintenant ses amis spirites, a développé une médiumnité de guérisseur par l’utilisation des passes magnétiques auxquelles il ajoute quelques prescriptions de tisanes et de fortifiants. Les malades viennent de plus en plus nombreux au domicile de la famille Antoine. Ils écoutent, dans un premier temps, les instructions des guides de l’au-delà reçues par l’intermédiaire du neveu de Louis, le frère Pierre Dor, excellent médium psychophone. Puis, Louis Antoine prodigue quelques conseils en matière de morale et ensuite soigne les affligés. Devant la notoriété naissante, il décide de se structurer et avec ses amis spirites, il fonde un groupe : Les Vignerons du Seigneur dont les statuts sont basés sur les principes des autres groupes kardécistes. Le groupe continue de grandir et se singularise en faisant confectionner une bannière noire avec deux branches de vigne brodées en fils d’argent portant ses mots : Les Vignerons du Seigneur. Nous sommes les ouvriers de la dernière heure. En 1896, Louis Antoine écrit le petit catéchisme spirite, pour servir à l’instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, publié par la société spirite Les Vignerons du Seigneur de Jemeffe sur Meuse, instruction par l’Esprit de Vérité, Esprit consolateur. La devise inscrite sur la couverture : «Vers Dieu par la science, l’humilité et la charité» Cet ouvrage insiste particulièrement sur l’aspect éthique du spiritisme plutôt que sur celui des évocations. A la fin de son livre, on peut lire : «Les Vignerons du Seigneur guérissent les malades, chassent les mauvais démons, ressuscitent les morts, s’entretiennent avec les disparus de ce monde et donnent gratuitement ce qu’ils ont reçu gratuitement.» 

    Bien que toujours fidèle dans les grandes lignes à la révélation spirite, on commence à ressentir dans l’organisation de ce groupe les prémices d’une rupture avec les grands principes de base du spiritisme. Le petit catéchisme est diffusé par les adeptes et connait un grand succès en Belgique et jusque dans le nord de la France. Le journal socialiste le Flambeau, dont le rédacteur est un ami de Louis Antoine, fait de la publicité pour les réunions. Les vignerons distribuent également des tracts sur lesquels on peut lire : «Le spiritisme donne les preuves de l’existence de Dieu, de la survivance de l’âme et conduit au bonheur éternel. Dieu vous donne le bonheur de soulager vos frères dans toutes les maladies, afflictions morales ou physiques. Le spiritisme est une philosophie consolante basée sur les enseignements du christ et s’appuyant sur les lois qui régissent l’univers». Le culte antoinisme Les malades sont de plus en plus nombreux à venir et le groupe décide de trouver un local plus grand. Antoine achète deux immeubles pour les transformer et accueillir tout ce monde. Le jour de noël 1900 devant 180 personnes a lieu l’inauguration du local. La salle est décorée des portraits d’Allan Kardec, du docteur Demeure, un des guides d’Antoine et le curé d’Ars. C’est dans ce lieu que désormais le guérisseur va recevoir ses malades. Cette pratique va attirer l’attention du corps médical qui porte plainte auprès du parquet de Liège. Le commissaire de police de Jemeppe établit un rapport sur les activités de Louis Antoine. Il signale que ce dernier reçoit beaucoup de monde sans se faire rémunérer mais que toutefois ceux qui le désirent peuvent laisser un don dans un tronc. Le guérisseur donne à ses patients des indications manuscrites sur lesquelles il conseille d’acheter un fortifiant, du thé de lichen ou de l’extrait de viande. 

    Devant le juge d’instruction, il explique que pour soigner, il pose sa main sur la personne qui le consulte et prie en attendant l’inspiration. Lorsque celle-ci ne vient pas, il renonce à donner des soins et renvoie son patient. Si par contre, son guide lui indique de quoi souffre le malade, il procède à des passes magnétiques et à la prescription. Il magnétise également des morceaux de papier qui sont placés dans une bouteille d’eau qui doit être bue. Il parle également des fluides qui enlèvent le mal et contribuent à la guérison pour autant que le malade ait la foi. 

    Antoine est condamné à une amende de 60 francs pour exercice illégal de la médecine. Ce procès ne fera que renforcer sa renommée et les malades se pressent plus nombreux encore dans ce qui deviendra un temple. Habilement, Antoine a réfléchi et supprimera de ses séances les prescriptions pour ne conserver que les passes magnétiques et la prière. 

    Les personnes venaient maintenant en grand nombre, près de 300 chaque jour et le père, comme il se faisait appeler, avait modifié le déroulement de ses séances. Il savait maintenant que seule la foi et la confiance qu’on lui accordait opèrent contre le mal et que tout remède matériel était un obstacle, convaincus que les plaies du corps sont les conséquences des plaies de l’âme. bull46 pereB Lors des séances de guérison, les patients reçoivent un numéro. Lorsqu’il est appelé, le consultant se lève et est introduit dans une petite pièce. Antoine est assis derrière un modeste bureau, il invite le malade à s’asseoir et sans perdre de temps, lui demande : «C’est pourquoi ?» Alors le malade parle de son problème physique ou psychique. Louis Antoine le regarde avec intensité, sa main droite posée sur le front de la personne. Il baisse la tête et prie. Puis, il dit d’où vient la cause de la souffrance qu’éprouve le consultant. Il conseille d’avoir la foi et si la situation ne s’améliore pas de revenir le voir. Il remet une petite brochure contenant des enseignements spirites et congédie la personne, parfois guérie, toujours mieux dans sa peau. 

    L’enseignement que donne Antoine, il l’a reçu du spiritisme et des ouvrages d’Allan Kardec, c’est de là que provient sa compréhension de la vie après la mort, de la survivance de l’âme, de la loi de cause à effet. Il dit lui-même qu’il doit beaucoup au spiritisme. Au fil des années s’appuyant sur la doctrine spirite, il a beaucoup reçu de la providence divine, il a pris une grande confiance en lui et a vu croître le nombre de ses adeptes dévoués à sa cause. 

    Au cours de séances d’évocation, il est mystifié à plusieurs reprises par des Esprits facétieux et trompeurs. Bien que le spiritisme enseigne la vigilance et l’humilité pour toute communication avec l’au-delà. Louis Antoine se sent ridiculisé et humilié. Il lui vient alors l’idée que la médiumnité et ses phénomènes appartiennent à la science tandis que la morale est du ressort de la foi. Celui qui possède une croyance certaine ne s’attache plus à la science, écrira-t-il dans son enseignement. Tout doucement, il s’écarte de la source même de l’enseignement spirite et des séances médiumniques. Il acquiert ses propres certitudes sur le secret du vrai bonheur, s’entoure de ses disciples les plus fidèles qui l’ont aidé, dit-il, à fonder une école d’amour pure et désintéressée et ne cessera de se préoccuper de l’avenir moral de l’humanité. La rupture avec le spiritisme est définitivement consommée lorsqu’il ordonne à ses adeptes de détruire par le feu les quelques 8000 exemplaires de l’enseignement spirite. Nombreux sont pourtant les messages dans l’œuvre de Kardec qui nous mettent en garde contre le culte de la personnalité et les moyens de s’en détourner. 

    Il se fait maintenant appeler Antoine le guérisseur ou Antoine le généreux ou encore le père et il apparaît désormais revêtu d’une robe noire appelée soutanelle. Il soutient que grâce au dévouement de ses adeptes, il avait dorénavant atteint un fluide plus pur. Il prêche chaque dimanche matin la doctrine nouvelle. Le père s’est laissé pousser les cheveux et la barbe, il ressemble à un prophète antique. Il reçoit jusqu’à 1200 personnes par jour. Aussi, il fait annoncer qu’il ne recevra plus en particulier mais qu’il opérera collectivement les jours fériés et les 1er et 15 de chaque mois. Le 15 août 1906, il va «opérer et sanctifier» la nouvelle religion comme il l’avait annoncé. Il se retire alors lentement de la société, il prie, médite et se nourrit sobrement de légumes et de pain. Il perd régulièrement des forces et se désincarne en 1912. 

    Après le décès de Louis Antoine, son épouse, la mère Antoine continua à développer la «cultuelle antoinisme». De nombreux temples durent, ouverts en France comme en Belgique, et le culte compta jusqu’à près de 150 000 sympathisants. 

    Le culte de l’antoinisme naquit dans les régions industrielles du Nord et connut son heure de gloire. Même si le nombre de ses adeptes a fondu au fil des années il subsiste encore aujourd’hui quelques temples discrets en France et en Belgique. 

    Louis Antoine, enfant du spiritisme, avant de renier ses racines a certainement accompli une belle œuvre inachevée. Médium guérisseur des âmes et des corps, sensible aux misères humaines et conscient de ce que les gens modestes étaient en recherche de soulagement tant physique que moral, il s’est mis au service de son prochain. Il avait la capacité de maîtriser les fluides qui soulagent et d’éveiller à la foi ceux qui l’approchaient. Il a voulu créer une nouvelle religion qui ne lui a pas survécu et il a rejoint le cimetière des nombreux prophètes tombés dans l’oubli.


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  • Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France (2014)temple antoiniste
    34 rue Vergniaud
    75013 Paris

        Nourrissant depuis toujours un intérêt soutenu pour les dissidences de tout poil, je ne pouvais qu'être attiré par ce clocher vert et ce joli temple dédié à l'antoinisme, qui domine le croisement de la rue Wurtz et de la rue Vergniaud. Cette religion minoritaire a été fondé en 1910 par Louis Antoine. Le culte est apparu en Belgique mais a rapidement essaimé, sans pour autant détrôner le catholicisme romain. Disciple du spirite Allan Kardec, Louis Antoine manifesta toute sa vie des dons de guérisseur. Il est décédé en 1912. L'antoinisme compte sur le territoire français trente et un temples. On ne peut pas ne pas remarquer l'accoutrement des femmes qui tiennent celui de la rue Vergniaud, car il y a là quelque chose d'un peu bigoudin.

     

    temple antoiniste
    8-10 impasse Roux
    75017 Paris
    ouvert tous les jours.

        Les antoinisme défendent une esthétique très spécifique. Leurs temples aux toits pentus évoquent un peu les maisons anciennes de la Nouvelle Angleterre. C'est le cas de ce site ancien fondé en 1955 dans une discrète impasse du XVIIe arrondissement, qui donne dans la rue Desrenaudes. Flotte ici un parfum d'inhabituel, d'insolite, comme un coup de canif dans la réalité. Au fronton, cette inscription laconique : « Culte antoinisme ».

     

     

    Christophe Bourseiller, Guide de l'autre France :
    Lieux underground, cool, minoritaires, ésotériques ...
    Fayard, 2014 - 288 pages 

     


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  • Claudine Brelet - Guérir autrement (1978)

    Auteur : Claudine Brelet
    Titre : Guérir autrement
    Éditeur : Presse de la Renaissance
    Collection : Evolution PSI
    Date de publication : 1978
    Nombre de pages : 214

     

        Anthropologue auprès de l'OMS, fait le point sur ces médecines méconnues qui sont à la source de l'art thérapeutique (en 1990).

     

        Jacques Cécius retranscrit un témoignage de guérison dans l'Antoinisme :

    "Parlant un jour de ce culte avec un de mes amis ethnologue, (…), il m'avoua avoir eu recours un jour à un "Frère guérisseur antoiniste". Il souffrait de violentes céphalées dues à une sinusite : son médecin n'étant pas parvenu à l'en soulager avec les médications habituelles, il eut l'idée de "voir sur le terrain" le rituel de guérison antoiniste.

    Entré dans le temple, il fit part de sa demande au Frère qui accueillait les visiteurs. Celui-ci indiqua le Frère X… en lui montrant une des portes et en le priant d'attendre son tour, ce qu'il fit. Puis, lorsqu'il entra, reçu par un homme très âgé, il s'entendit dire immédiatement : "Faites confiance au Père Antoine", dont un portrait semblable à celui qui se trouvait devant "l'autel" était fixé au mur de cette "chambre à invocations". Cet ami commença à expliquer ce dont il souffrait : "Ces explications ne sont pas nécessaires…Il suffit de croire", lui fut-il répondu avec une grande douceur. "Tournez-vous vers le Père". Le Frère guérisseur lui demanda son nom et tous deux se placèrent face au portrait du Père Antoine. Puis il murmura une prière, dans un état de concentration intense. "La prière au Père va vous dégager…". Cet ami essaya, lui aussi, de se concentrer pour se mettre en état de résonance, comme il l'avait lu dans des manuels de yoga, qu'il n'avait néanmoins jamais pratiqué : "Alors m'avoua-t-il, une chose incroyable se produisit. Moi qui suis un bougre ne pratiquant aucune religion, je ressentis une énorme bouffée de chaleur. Je me mis à transpirer à grosses gouttes, comme atteint par une fièvre intense. Puis, tout aussi soudainement je me sentis soulagé, frais, heureux, dispos, léger comme je ne m'étais plus senti depuis longtemps".

    Il demanda au Frère guérisseur ce qui s'était produit. Celui-ci répondit que ce genre de phénomène arrivait fréquemment et qu'il l'avait simplement dégagé de "mauvais fluides".

    A ma connaissance, cet ethnologue plutôt marxiste ne souffrit plus ni de ses céphalées, ni de sa sinusite rebelle". 


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