• Homiletic review, an international magazine of... v.61 1911

                         A New Cult in Belgium

        ANTOINISM is the appellation bestowed on a new religion which has been officially "discovered" in Belgium, one of the busiest industrial countries in Europe, but one abounding in superstition. The discovery has been made by the presentation of a petition to Parliament for the granting of a legal status for the so-called new religion. A few years ago a coal-miner, Louis Antoine, inaugurated the system which has brought him a host of disciples, who style him Antoine the Healer. His followers are said to number not fewer than 150,000, of whom 300 are adepts. They adulate their leader and ascribe to him the faculty of boundless knowledge and the power to work miraculous cures. He has built a church in which the daily services are among the simplest ever heard of. At nine in the morning one of the adepts takes his place on the platform and sits perfectly still for an hour, staring silently before him, the congregation waiting passively. At the stroke of ten he rises and remarks that every one whose faith is sufficiently strong must be cured, and the people silently depart. Antoine is a kind of hermit, for he speaks to no one, and there is nothing to pay for cures. Some Americans are among those who declare that they have been cured.

    Homiletic review; an international magazine of religion, theology and philosophy, v.61 (1911)

     

    Traduction :

                         Un nouveau culte en Belgique

        ANTOINISME est l'appellation d'une nouvelle religion qui a été officiellement "découverte" en Belgique, l'un des pays industriels les plus industrieux d'Europe, mais qui regorge de superstitions. On l'a découvert par la présentation d'une pétition au Parlement pour l'octroi d'un statut légal pour la soi-disant nouvelle religion. Il y a quelques années, un mineur de charbon, Louis Antoine, a inauguré le système qui lui a apporté une foule de disciples, qui l'appellent Antoine le Guérisseur. On dit que ses disciples ne sont pas moins de 150 000, dont 300 sont des adeptes. Ils adorent leur chef et lui attribuent la faculté d'une connaissance illimitée et le pouvoir de faire des guérisons miraculeuses. Il a construit une église dans laquelle les services quotidiens sont parmi les plus simples jamais entendus. A neuf heures du matin, l'un des adeptes prend place sur la plate-forme et reste parfaitement immobile pendant une heure, le regard silencieux devant lui, l'assemblée attendant passivement. A dix heures tapantes, il se lève et fait remarquer que tous ceux dont la foi est suffisamment forte doivent être guéris, et la foule s'en va en silence. Antoine est une sorte d'ermite, car il ne parle à personne, et il n'y a rien à payer pour guérir. Certains Américains font partie de ceux qui déclarent avoir été guéris.


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  • L'Unitif (La Liberté, 8 juillet 1911)

        Antoine surnommé « le Généreux », fondateur de l'église antoniste dont les fidèles se comptent en Belgique et dans le nord de la France par dizaine de milliers, Antoine crée un journal qui s'intitulera l'Unitif.
        Voici ce que dit de ce nouveau confrère le communiqué des adeptes d'Antoine :
        « En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher Celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. »
        Ce brave Antoine doit être un naïf... – ou un malin !

    La Liberté, 8 juillet 1911


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  • Le guérisseur (L'Univers, 10 juillet 1912)

                                                           Le « guérisseur »

        C'était une sorte d'illuminé ; il vient de mourir à Jemmapes, près de Liége ; on l'appelait Antoine le guérisseur.
        Sa réputation s'était répandue, dans le monde entier, et nombreux étaient les malades qui venaient le consulter dans sa petite maison wallonne... On assure qu'il obtint quelques résultats dans certaines maladies du système nerveux.
        Antoine, comme le fameux zouave Jacob, ne rédigeait jamais d'ordonnances. Il n'ordonnait ni potions ni remèdes pharmaceutiques. Il se contentait de recourir à l'imposition des mains sur ses clients. A sa profession de guérisseur, Antoine avait joint celle de... prophète. Très sérieusement, il croyait être inspiré, et cette croyance était partagée par une foule de gens qui se déclaraient ses adeptes et qui l'aidèrent à fonder un « temple » où le bonhomme enseignait une doctrine qu'il dénommait pompeusement l'antoinisme.
       
    Que vont devenir les antoinistes ?

                                                              MONVILLE.

    L'Univers, 10 juillet 1912


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  • Fatalisme hermétique (L'Express du Midi, 26 juillet 1912)

                                        SIMPLES NOTES

    « Fatalisme hermétique »

        On n'en finirait plus si l'on voulait relever toutes les sornettes que débitent journellement les feuilles radicales et maçonniques : il en est, cependant, qui dépassent la mesure.
        A propos d'un récent fait-divers – un père et une mère qui, disciples d’un « thaumaturge » (!!!) belge, Antoine le guérisseur, fondateur d'une « religion » (!!!) nouvelle, laissent deux enfants périr sans soins « parce qu'ils ne croient pas à la possibilité des secours terrestres » – la France de Bordeaux, part en guerre contre toutes les superstitions auxquelles elle assimile toules les religions, y compris, bien entendu, la religion catholique.
        Vous voyez d'ici la thèse :
        Sans doute, on ne fonde pas une religion avec autant de facilité qu'une maison de commerce et le « Père Antoine », avec sa « religion nouvelle », paraît au rédacteur de la France un peu prétentieux ; mais qu'est cette « religion » sinon la « vieille religion catholique tout court », un peu simplifié tout au plus ?
        La religion catholique n'enseigne-t-elle pas qu'il est nécessaire, sinon suffisant, « d'invoquer la bonté de Dieu pour obtenir la guérison des malades » ?
        La résignation de ces parents ne fait-elle pas songer à celle de Job « se laissant périr sur le fumier » ?
        Et l'Eglise ne proclame-t-elle pas la sainteté de la foi du charbonnier et de « l'état de grâce qui rend heureux les pauvres d'esprit » ?
        « Dieu la voulut, que sa volonté soit faite !... Notre esprit se rebelle, s'écrit la France contre un fatalisme aussi hermétique.
       Il s'agit bien de fatalisme ! le rédacteur de la France, qui prétend écrire sans arrière-pensée de polémique, confond volontairement la divine acceptation du sacrifice accompli et imposé par la volonté de Dieu, avec le fatalisme destructeur de toute énergie et de toute liberté humaine auquel ont pu obéir les disciples d'Antoine le guérisseur.
        L'Eglise enseigne la nécessite de la prière, mais elle enseigne en même temps l'existence du libre arbitre et l'utilité de l'action qui s'est exprimée en un dicton populaire : « Aide-toi, le ciel t'aidera ».
        Elle proclame bienheureux les pauvres d'esprit, mais elle s'efforce de les instruire.
        Je connais une religion dont la doctrine est basée sur le « fatalisme hermétique », mais celle-là n'est pas la religion catholique : celle-là, notre République en respecte les mosquées, les traditions et les muftis, alors qu'elle réserve ses persécutions pour les disciples du Christ.
        Les feuilles radicales et maçonniques n'ont à la bouche que le mot de progrès ; et tout progresse, en effet, autour d'elle ; seuls, leurs arguments ne progressent pas.
        C'est toujours la faute aux curés.
        C'est saint Alphonse de Liguori – H. Albert Bayet l'a écrit en toutes lettres – qui a instruit Bonnot et Garnier.
        Et ce sont les jésuites qui ont livré à l'Allemagne, le Congo que Caillaux avait conquis. – JEAN

    L'Express du Midi, 26 juillet 1912


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  • Gulfport Daily Herald (January 10, 1911, p5)

    SILENT HEALER AMAZES EUROPE

    Ex-Miner Antoine Has Following Numbering 160,000.

    CURES WITHOUT PAYMENT.

    Ceremony Consists of Long Periods of Quiet and a Lifting of Right Hand Over Congregation — “Good Father” Passes Hours In Electric Lighted Garden In Belgium. 

        Antoinism, the new religion founded in Belgium by an ex-miner named Antoine, is attracting considerable attention in Europe.
        Antoine, the “good father,” or the “parent one,” as his followers call him, is a man of sixty-five, with flowing white locks and a patriarchal beard. His followers now number 160,000, of whom 300, including his wife, “the good mother,” are adepts. Antoine's home is at Temeppe-lez-Liege (sic). Hidden in a block of similar small houses, the prophet's dwelling is only conspicuous by the spire of his church, which adjoins its. The door of the church is also the door of the house and bears a notice, “Ring bell at night for M. Antoine.”
        For three years Antoine has not left his house or garden. He lives entirely on vegetables, which he prepares himself. He sleeps little, resting only for two hours during the night, the greater part of which he spends walking in his little garden, which has electric lamps fitted up all around the walls. He never reads anything, he will not see newspaper men and only holds communication with the outside world by, means of the telephone.

                Ceremonies Are Simple.
        He confines his healing to ceremonies in the church, where the services are of the simplest description. They take place at 10 o'clock a. m. on Monday, Tuesday, Wednesday and Thursday.
        At 9 o'clock a. m. the congregation assembles, and an adept, M. Deregnancourt (sic), the publisher of the sect's literature, takes his place at a desk under a raised platform. There is complete silence for half an hour; then M. Deregnancourt announces that operations will take place at certain hours on certain days and that all who wish to be cured must have perfect faith.
        He then continues sitting perfectly still, not a muscle moving and his eyes fixed in an unblinking stare straight before him. At the stroke of 10 every one rises, and the “parent one” enters by a side door and slowly walks up the steps to the rostrum.
        Wearing a black cassock and with his gray hair falling around his shoulders, Antoine faces the congregation for a full minute without moving or uttering a sound. He then lifts his right hand toward them, and holds it thus extended for another minute. That is all. Those two minutes make the service.
        The “good father” walks slowly out, the adept remarks, “Every one whose faith is strong enough must be cured,” and the church empties silently. No collection is made, but subscriptions are taken for the maintenance of the church, which Antoine built himself with a legacy of $4,000.

                Silent For Six Months.
        For six months Antoine has not spoken a word to any one. People come at all hours with all sorts of ailments and appeals. Antoine effects his cures now by deputy. His wife or some other adept stands in front of the applicant, and, turning her eyes upward, slowly waves her hand in the air, which means that she is Invoking Antoine “the healer.”
        The patient or the patient's deputy then departs. The cure is effected, or if it is not then there has been a lack of faith. There is nothing to pay. The badge of the sect is “the tree of the knowledge of the sight of evil,” represented by a white tree on a black background.
        One of Antoine's chief disciples is an American woman, Mrs. Guillaume, who came over to be treated by him for chalky rheumatism, which compelled her to walk on crutches. She says she is now practically cured and has herself become an adept with power to heal by faith.

    Gulfport Daily Herald, January 10, 1911, p.5/8

     

    Traduction :

    UN GUÉRISSEUR SILENCIEUX STUPÉFIE L'EUROPE

    L'ex-mineur Antoine est soutenu par 160 000 personnes.

    GUÉRISONS SANS RÉTRIBUTION.

    La cérémonie consiste en de longues périodes de silence et la levée de la main droite sur la congrégation – le "bon père" passe des heures dans un jardin éclairé à l'électricité en Belgique.

        L'antoinisme, la nouvelle religion fondée en Belgique par un ex-mineur nommé Antoine, attire beaucoup l'attention en Europe.
        Antoine, le "bon père", ou le "père", comme l'appellent ses disciples, est un homme de soixante-cinq ans, aux cheveux blancs et à la barbe patriarcale. Il compte aujourd'hui 160 000 partisans, dont 300, incluant sa femme, "la bonne mère", sont des adeptes. La maison d'Antoine est à Temeppe-lez-Liège (sic). Cachée dans un bloc de petites maisons similaires, la demeure du prophète n'est visible que par la flèche de son église, qui jouxte la sienne. La porte de l'église est aussi la porte de la maison et porte l'inscription "Sonnez la cloche la nuit pour M. Antoine".
        Depuis trois ans, Antoine n'a pas quitté sa maison ou son jardin. Il vit entièrement de légumes qu'il prépare lui-même. Il dort peu, ne se repose que deux heures pendant la nuit, dont la plus grande partie est consacrée à la promenade dans son petit jardin, qui est équipé de lampes électriques tout autour des murs. Il ne lit jamais rien, il ne voit pas les journalistes et ne communique avec le monde extérieur que par téléphone.

                Les cérémonies sont simples.
        Il limite ses séances de guérison aux cérémonies dans l'église, où les services sont des plus simples. Elles ont lieu à 10 heures le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi.
        A 9 heures du matin, l'assemblée se réunit et un adepte, M. Deregnancourt (sic), l'éditeur de la littérature de la secte, prend place à un bureau sous une plate-forme élevée. Il y a un silence complet pendant une demi-heure, puis M. Deregnancourt annonce que les opérations auront lieu à certaines heures certains jours et que tous ceux qui veulent être guéris doivent avoir une foi parfaite.
        Il continue alors à rester assis parfaitement immobile, sans qu'un muscle ne bouge et ses yeux se fixent dans un regard droit devant lui sans cligner. A 10 heures, tout le monde se lève, et le "père" entre par une porte latérale et monte lentement les marches jusqu'à la tribune.
        Vêtu d'une soutane noire et les cheveux gris tombant sur ses épaules, Antoine fait face à l'assemblée pendant une minute entière, sans bouger ni faire de bruit. Il lève ensuite la main droite vers eux et la tient ainsi tendue pendant une autre minute. C'est tout. Ces deux minutes font le service.
        Le "bon père" s'en va lentement, l'adepte remarque : "Quiconque a une foi assez forte doit être guéri", et l'église se vide en silence. Aucune quête n'est faite, mais des souscriptions sont acceptées pour l'entretien de l'église, qu'Antoine a construite lui-même avec un legs de 4 000 $.

                Silencieux pendant six mois.
        Depuis six mois, Antoine n'a dit un mot à personne. Les gens viennent à toute heure avec toutes sortes de maux et d'appels. Antoine effectue ses cures maintenant par adjoint. Sa femme ou un autre adepte se tient devant le demandeur, et, levant les yeux vers le haut, agite lentement la main en l'air, ce qui signifie qu'elle invoque Antoine "le guérisseur".
        Le patient ou son adjoint s'en va ensuite. La guérison est effectuée, ou si elle ne l'est pas, il y a eu un manque de foi. Il n'y a rien à payer. L'insigne de la secte est "l'arbre de la connaissance de la vue du mal", représenté par un arbre blanc sur fond noir.
        L'un des principaux disciples d'Antoine est une Américaine, Mme Guillaume, qui est venue se faire soigner par lui pour des rhumatismes calcaires qui l'ont contrainte à marcher avec des béquilles. Elle dit qu'elle est maintenant pratiquement guérie et qu'elle est elle-même devenue une adepte avec le pouvoir de guérir par la foi.


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  • New Orleans Christian Advocate, February 9, 1911

        A new religion called Antoinism is reported to have sprung up in Belgium. The leader of it is said not to have spoken to any one for six months, but it is contended that he is in "fluidic communion" with his followers. If the rule of silence applies to members also, how would it do to set the disciples of this cult to work on tattlers and backbiters?

    New Orleans Christian Advocate, February 9, 1911

    Traduction :

        Une nouvelle religion, l'antoinisme, aurait vu le jour en Belgique. On dit que son chef n'a parlé à personne depuis six mois, mais on prétend qu'il est en "communion fluidique" avec ses disciples. Si la règle du silence s'applique également aux membres, comment fera-t-elle pour que les disciples de cette secte œuvrent contre les médisants et les diffamateurs ?


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  • Prosélitisme antoiniste (L'Univers 10 juillet 1911)

    LA PRESSE

    LE MOUVEMENT
                      RELIGIEUX

       LE CULTE ANTOINISTE

        On inonde ces jours-ci les salles de rédaction de la circulaire suivante :

             Cher confrère,
        Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir annoncer dans votre journal la prochaine publication de l'Unitif, bulletin mensuel du culte antoiniste. Comme son nom l'indique, il a pour but de réunir les hommes en l'amour pur. Antoine le Généreux, par son abnégation et sa foi, a rassuré nos âmes torturées par le doute ; il nous a révélé dans son temple le mystère de la conscience universelle dont chacun de nous possède une parcelle voilée par la matière.
        En nous efforçant de nous améliorer et de nous aimer les uns les autres, nous surmonterons l'imagination qui nous divise et nous nous sentirons bercés dans l'harmonie divine. Heureux les cœurs qui ont pu approcher Celui qu'un pieux entourage a honoré du nom de Père et qui se sont unis sous sa douce influence ! Touchés de l'amour qu'ils ont ressenti, ils voudraient faire connaître à tous les hommes, leurs frères, les sublimes révélations où ils ont puisé du réconfort et les appeler sans distinction de partis ni de cultes au travail moral qui peut nous régénérer. L'enseignement d'Antoine le Généreux qui est basé, nous ne dirons pas sur la croyance, mais bien sur la conscience, est une science fondée sur son expérience des êtres et intéressant le matérialiste comme le croyant. Il parle à la raison et au cœur. Aussi nous ne doutons pas qu'il ne rencontre bon accueil et nous le souhaitons ardemment pour la paix sociale.
        Veuillez agréer, cher confrère, l'expression de nos bons sentiments.

                                        Les adeptes d'Antoine le Généreux.

        Vraiment cette invite mi-partie aux « matérialistes » comme aux « croyants » est tout à fait alléchante. C'est le digne pendant de la propagande occultiste, théosophique, etc., qui travaille tous les jours, parmi nous, les âmes décadentes.

    L'Univers, 10 juillet 1911


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  • De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

        België. Te Jemeppe, midden in het kolengebied, is een geestelijke beweging gaande van weer geheel anderen aard. Ze concentreert zich in den persoon van een zekeren Antonius, bijgenaamd den Genezer, die een wonderdadige kracht heet uit te oefenen. Deze Antonius, thans 65 jaar oud, moet, blijkens een onpartijdig ingesteld onderzoek, een gansch ongeletterd man zijn. Vroeger mijnwerker, uit een arm gezin, heeft hij veel gezworven, tot in Polen toe. Allerlei ambachten heeft hij uitgeoefend. Op 36 jarigen leeftijd vestigde hij zich met zijn vrouw te Jemeppe. Zes jaar daarna verliet hij de Roomsche kerk en werd spiritist, om later een soort eigengemaakten godsdienst te stichten, onder den naam van „nieuw spiritualisme.” Sinds vijf jaren predikt hij dien. Daarbij laat hij zichzelf noemen „Antonius den Grootmoedige.” Van toen af voerde voerde hij een streng vegetarische leefwijze, waarbij hij zooveel mogelijk zich van de wereld afzondert.
        Deze „nieuw spiritualisten” houden er ook een eenvoudig kerkgebouw op na. Hun geloofsbelijdenis, genoemd „openbaring van den stralenkrans van het geweten” is aan een der muren geschreven. Zij luidt: „Slechts één geneesmiddel kan de menschheid genezen: het geloof; uit het geloof wordt de liefde geboren, de liefde, die ons in onze vijanden Godzelf toont; zijn vijanden niet beminnen is God niet beminnen, want het is de liefde, die wij voor onze vijanden hebben, welke ons waardig maakt Hem te dienen; het is de eenige liefde, die ons waarachtig doet liefhebben, aangezien zij rein en waar is.”
        In dezen tempel geneest Antonius de zieken, vroeger geschiedde dit één voor één, tegenwoordig gezamenlijk. Eerst verschijnt hij op ‘t gestoelte, dan bidt hij afzonderlijk en strekt vervolgens de handen over de kranken uit ter genezing.
        Propaganda maakt het Antonisme niet. Het leert: Wij ontvangen de menschen gaarne, maar wij hebben het recht niet tot hen te gaan. Het orgaan der aanhangers is het maandblad L’ Unitif, mede gelezen door de voorstanders, die ook elders al een kerk vormen :] acht in België en onderscheiden in Frankrijk. Sommige trekken van het Antonisme doen, ook ondanks alle verschil, in de verte denken aan de leer van Tolstoï en aan de „christian science.” Vijandsliefde is het groote beginsel. Volgens Antonius is „God liefde. Hij kan het kwaad niet geschapen hebben. Indien het kwaad bestond, zou het een werk Gods zijn, aangezien Hij de Schepper van alles is; maar op het oogenblik, dat Hij het kwaad schept, houdt hij op God te zijn, omdat Hij ophoudt goed te zijn.” „Wanneer wij het kwaad niet meer zien zullen, zullen wij met God zijn, maar al zien wij het nog maar zoo weinig, dan zijn wij niet met Hem.” „Het beste gebed is de arbeid.” Uit zulke voorstellingen blijkt al genoeg dat men hier heeft te doen met een abnormaal onschriftuurlijk verschijnsel, dat onmiskenbaar gevaar meebrengt. Ook kenmerkt het zich door lichtschuwheid. Voor al wat naar wetenschap en boeken zweemt, is het Antonisme op zijn hoede. Men komt daarvoor openlijk uit. Moge dit onbijbelsch, den mensch verheerlijkend verschijnsel spoedig tot het verleden behooren! Het nog veelszins zoo donkere België heeft behoefte aan ander licht dan het dwaallicht in het Antonisme opgegaan.

    De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911

     

    Traduction :

        Belgique. A Jemeppe, au milieu du bassin minier, il y a un mouvement spirituel d'une nature complètement différente. Elle se concentre sur la personne d'un certain Antoine, surnommé le Guérisseur, qui exerce un pouvoir miraculeux. Cet Antoine, aujourd'hui âgé de 65 ans, doit, selon une enquête impartiale, être un homme complètement illettré. Ancien mineur, issu d'une famille pauvre, il a souvent déménagé, jusqu’en Pologne. Il a pratiqué toutes sortes d'artisanat. A 36 ans, il s'installe avec sa femme à Jemeppe. Six ans plus tard, il quitta l'église romaine et devint spirite, pour fonder plus tard une sorte de religion autodidacte, sous le nom de "nouveau spiritisme". Depuis cinq ans, il prêche. Il se laisse depuis appeler "Antoine le Généreux". Dès lors, il mène une vie strictement végétarienne, s'isolant le plus possible du monde.
        Ces "nouveaux spiritualistes" possèdent également une simple église. Leur credo, appelé "révélation de l'auréole de la conscience" est écrit sur l'un des murs. On peut y lire : "Un seul médicament peut guérir l’humanité : la foi ; de la foi naît l’amour, l'amour qui nous montre Dieu en nos ennemis ; ne pas aimer ses ennemis, ce n'est pas aimer Dieu, car c'est l'amour que nous avons pour nos ennemis qui nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, puisqu'il est pur et vrai."
        Dans ce temple, Antoine guérit les malades, auparavant cela avait lieu l’un après l’autre, de nos jours ensemble. Il apparaît d'abord sur la tribune, puis il prie séparément et étend ensuite ses mains sur les malades pour la guérison.
        L'Antoinisme ne fait pas de propagande. Il enseigne : "Nous aimons recevoir les hommes, mais nous n'avons pas le droit d'aller vers eux. L'organe des sympathisants est le mensuel L'Unitif, lu ensemble par les sympathisants, qui forment également une église ailleurs :] huit en Belgique et plusieurs en France. Certains traits de l'Antoinisme, malgré toutes les différences, rappellent de loin en loin la doctrine de Tolstoï et de la "science chrétienne". L'amour de l'ennemi est le grand principe. Selon Antoine, "Dieu est amour. Il ne peut pas avoir créé le mal. Si le mal existait, ce serait une œuvre de Dieu, puisqu'Il est le Créateur de toutes choses ; mais au moment où Il crée le mal, Il cesse d'être Dieu, car Il cesse d'être bon." "Quand nous ne verrons plus le mal, nous serons avec Dieu, mais si nous le voyons si peu, nous ne sommes pas avec Lui." "La meilleure prière est le travail." Il ressort clairement de cette présentation qu'il s'agit d'un phénomène anormalement contraire aux Écritures, qui est indéniablement dangereux. Elle se caractérise aussi par une légère timidité. L'Antoinisme se méfie de tout ce qui est la science et les livres. Ils admettent ouvertement que c'est le cas. Que ce phénomène glorifiant, non biblique et viril, appartienne bientôt au passé ! La Belgique, qui est encore plus sombre, a besoin d'une lumière différente de celle de l'erreur qui s'est abattue sur l'Antoinisme.

    De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1208, 30-11-1911


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  • De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1244, 08-08-1912

        België. Antoine de Genezer overleden. Over dezen veelbesproken persoon is in dit blad eenige maanden geleden een en ander meegedeeld. Père Antoine le Guérisseur, zooals hij in de wandeling heette is nu onlangs, naar gemeld wordt, te Jemeppe overleden, en heeft zijn vrouw aangewezen als zijn opvolgster. Geboren in 1846, uit arme ouders, als jongste van elf kinderen, ging hij, twaalf jaren oud, met zijn vader en een broer in de mijnen werken; werd daarna groentenhandelaar, werkte in Duitschland, werd bediende in een Belgische fabriek te Warschau, daarna in België assurantie-agent; concierge in een ijzerfabriek; kassier; deed daarna pogingen in Rusland en later te Jemeppe om de maatschappij te hervormen door goedheid; beoefende ook het spiritisme, waarin hij echter geen bevrediging vond; legde zich toe op zoogen, geloofsgenezing, kreeg naam door wonderbare genezingen en verwierf zich een aanhang, die een godsdienstige secte vormde, thans reeds bestaande uit duizenden — verspreid over tal van plaatsen, terwijl naar men zegt zelfs uit andere werelddeelen kranken kwamen om bij Perè Antoine genezing te zoeken.
        Te Jemeppe bevindt zich een soort van kapel, gewijd aan den „Antoinistiselien eeredienst”, een net gebouw met galerijen, spreektribune en zitbanken voor ongeveer 500 menschen. Boven het spreekgestoelte zijn spreuken aangebracht; men leest er: „Eén enkel geneesmiddel kan de menschheid genezen Het Geloof. Uit het geloof wordt de liefde geboren: de liefde, die ons in onze vijanden God zelf doet zien. Zijn vijanden niet liefhebben, is God niet liefhebben; want de liefde, die we voor onze vijanden hebben, maakt ons waardig Hem te dienen; dat is de eenige liefde, die ons waarlijk doet liefhebben, omdat zij rein en waar is”.
        Zijn aanhangers weten te verhalen hoe door Père Antoine blinden ziende werden, lammen huppelden enz. Dit alles wordt toegeschreven aan het geloof in den Vader, met wien niet God, maar Père Antoine bedoeld wordt.
        Wat hun Christusbelijdenis aangaat — de Heere Jezus is voor hen „iemand als Père Antoine”. Op de vraag wat hun na het sterven wacht, antwoorden zij: „Wie goed doet, zal goed vinden.”
        Deze Antoinisten dragen lange, toegeknoopte jassen; ook de vrouwen zijn gekenmerkt door bijzondere, vrij stemmige kleederdracht. In hun blik is iets vreemds. Ze hebben een eigen drukkerij, waar hun boeken en bladen gedrukt worden.
        Een leeraar van het Athenaeum (gymnasium) te Luik stond Père Antoine bij in zijn werk. Een ooggetuige verhaalt, dat bij den dienst in de kapel vele zieken en lijdenden vooraan zaten; verscheidenen, die binnenkwamen, dronken water, dat uit kraantjes te verkrijgen was; boven die kraantjes staat-te lezen: „Deze fontein heeft geen andere bestemming dan den dorst te lesschen van hen, die in dezen tempel komen. Er een ander gebruik van maken is een gebrek aan geloof, dat eer een beletsel tot genezing zou zijn. Alleen uw geloof in den Vader (Antoine) zal u genezen. Het Bestuur.”
        Nadat de dienst door de verschijning van zijn vrouw was geopend, trad door een zijdeur op het platform Père Antoine op automatische wijze zelf binnen, volmaakte type van een kluizenaar. Hij bleef staan, recht boven zijn biddende vrouw, in stilzwijgende houding, draaide toen de hand naar rechts, en verdween weer statig door de deur, straks gevolgd door zijn vrouw. Dat was de gansche, weinig indrukmakende dienst. Alleen ‘s Zondags wordt er voorgelezen uit het zonderlinge boek, door Père Antoine samengesteld.
        Onlangs nu is deze laatste tengevolge van een beroerte gestorven. Van heinde er ver, ook van over de grenzen stroomde een menigte, geschat op 25000 menschen, saam om ‘s mans begrafenis bij te wonen. Boven de lijkkist, zonder eenig sieraad, was aangebracht een vernikkelde plaat in schildvorm; een boom was erop afgebeeld met dit onderschrift: „De boom van de Wetenschap, van het Gezicht, van het Goede en het Kwade.” De geweldige stoet trok er langs. Op het kerkhof werden alleen toegelaten de Antoinistische aanhangers, die de bekende eigenaarde kleeding droegen. Een der volgelingen las wat voor van de beginselen der vereeniging; daarna werd de kist neergelaten in de groeve zonder eenige ceremonie.
        Nog maar kort geleden hebben zijn volgelingen, ten getale van meer dan honderdduizend een verzoekschrift gericht aan den Koning en de Kamer ; maar vergeefs. Onder de volgelingen telt men ook leeraars aan gymnasiums en Roomsche geestelijken. Zelfs in het wufte Parijs en in de Protestantsche landen kan men een Antoinistischen tempel vinden.
        In den tempel van Jemeppe was de volgende verklaring aangeplakt: „Het Bestuur van den Antoinistischen eeredienst brengt ter uwer kennis dat de Vader zich ontlichaamd heeft (gedesincarneerd), Dinsdagmorgen 25 Juni. Alvorens zijn lichaam te verlaten heeft hij voor een laatste maal Zijn volgelingen willen zien, om hun te zeggen, dat Moeder Hem zal vervangen in Zijn zending, dat Zij altijd Zijn voorbeeld zal volgen. Er is dus niets veranderd. Vader Antoine zal altoos met ons zijn. Moeder zal het spreekgestoelte beklimmen voor de algemeene operaties de vier eerste dagen der week, om 10 uur.”
        Dat de Antoinisten zoovele volgelingen tellen uit den gegoeden stand, doet denken aan een crisis in de Roomsche kerk. Te betreuren is dat die in zulke banen geleid wordt; van een Godsopenbaring volgens de Schrift toch is hier geen sprake ; met de diepste nooden der ziel wordt . niet gerekend en voor den Christus is er geen plaats.

        ‘s Gr.                                                     d. B. 

    De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1244, 08-08-1912

     

    Traduction :

        Belgique. Antoine le Guérisseur est décédé. Quelques informations ont été rapportées, il y a quelques mois de là, à propos de cette personne très discutée. Le père Antoine le Guérisseur, comme on l'appelait communément, serait récemment décédé à Jemeppe et aurait nommé son épouse comme son successeur. Né en 1846, de parents pauvres, le plus jeune de onze enfants, il alla, âgé de douze ans, travailler avec son père et son frère dans les mines ; il est ensuite devenu marchand de légumes, a travaillé en Allemagne, est devenu commis dans une usine belge à Varsovie, puis en Belgique en tant qu’agent d’assurance, concierge dans une forge ; caissier ; ensuite, en Russie et plus tard à Jemeppe, des tentatives de réforme de la société par le bien; il pratiquait aussi le spiritualisme, dans lequel il ne trouvait aucune satisfaction. Il se consacra aux soins et à la guérison par la foi, se fit un nom grâce à des guérisons miraculeuses et acquit un entourage qui formait une secte religieuse de plusieurs milliers de personnes – réparties dans de nombreux endroits, alors qu'il est dit que même des personnes malades venaient de très loin cherche un remède auprès du Père Antoine.
        A Jemeppe, il existe une sorte de chapelle, dédiée au "Culte Antoiniste", un bâtiment avec des galeries, une tribune et des bancs pour environ 500 personnes. Des sentences ont été placés au-dessus de la tribune de prêche, on lit : "Un médicament peut guérir l’humanité : La Foi. La foi est née de l'amour : l'amour qui nous fait voir Dieu lui-même chez nos ennemis. Ne pas aimer ses ennemis, ce n'est pas aimer Dieu ; car l'amour que nous avons pour nos ennemis nous rend dignes de le servir ; c'est le seul amour qui nous fait vraiment aimer, parce qu'il est pur et vrai."
        Ses disciples sont capables de raconter comment le père Antoine a rendu la vue à l'aveugle, la marche au boiteux, etc. Tout cela est attribué à la foi au Père, il faut comprendre pas en Dieu, mais au père Antoine.
        Quant à leur confession au Christ – le Seigneur Jésus est pour eux "quelqu'un comme le Père Antoine". Quand on leur demande ce qui les attend après la mort, ils répondent : "Celui qui fait le bien trouvera le bien."
        Ces Antoinistes portent de longs manteaux boutonnés ; les femmes se caractérisent aussi par des vêtements spéciaux, plutôt disparates. Dans leur regard, il y a quelque chose d'étrange. Ils ont leur propre imprimerie, où sont imprimés leurs livres et leurs magazines.
        Un professeur de l'Athénée (lycée) de Liège a assisté le père Antoine dans son travail. Un témoin oculaire raconte que de nombreux malades et souffrants étaient assis devant le service dans la chapelle ; plusieurs qui venaient buvaient de l'eau pouvant être obtenue à partir de bandes magnétiques ; au-dessus des robinets se lit comme suit : " Cette fontaine n'a d'autre but que de désaltérer ceux qui viennent dans ce temple. En faire un autre usage est un manque de foi qui porterait plutôt obstacle à la guérison. Seule votre foi en le Père (Antoine) vous guérira. Le Conseil."
        Après l’ouverture du service par l’apparition de sa femme, le père Antoine arriva de manière automatique par une porte latérale sur la plate-forme, un parfait type d’ermite. Il s'arrêta, juste au-dessus de sa femme en prière, gardant le silence, puis tourna la main vers la droite et disparut à nouveau par la porte, bientôt suivi de sa femme. C'était tout le service peu impressionnant. Le dimanche, on lit seulement des extraits de l'étrange livre composé par le père Antoine.
        Récemment, ce dernier est décédé des suites d'un accident vasculaire cérébral. De loin, même de l’autre côté des frontières, une foule estimée à 25 000 personnes s’est réunie pour assister aux funérailles de l’homme. Au-dessus du cercueil, sans aucun ornement, se trouvait une plaque nickelée en forme de bouclier ; un arbre était représenté avec cette légende : "L'arbre de la science, de la vue, du bien et du mal." La grande procession passa. Au cimetière, seuls les partisans antoinistes, qui portaient les vêtements bien connus, ont été admis. L'un des adeptes lit certains des principes à l'assistance ; puis le cercueil a été descendu dans la tombe sans aucune cérémonie.
        Il y a encore peu de temps, ses disciples, au nombre de plus de cent mille, adressèrent une pétition au Roi et à la Chambre ; mais en vain. Parmi les adeptes, il y a aussi des professeurs de lycée et du clergé romain. Même dans la frivole Paris et dans les pays protestants, on peut trouver un temple antoiniste.
        La déclaration suivante avait été affichée dans le temple de Jemeppe : "Le Conseil du Culte Antoiniste vous fait savoir que le Père est décédé (désincarné), mardi matin 25 juin. Avant de quitter son corps, il a voulu voir ses disciples pour la dernière fois, leur dire que Mère le remplacera dans sa mission, qu'elle suivra toujours son exemple. Rien n'est donc changé. Le père Antoine sera toujours parmi nous. La mère montera à la tribune pour les opérations générales les quatre premiers jours de la semaine, à 10 heures."
        Le fait que les antoinistes comptent autant de disciples de la classe aisée fait penser à une crise dans l’Église romaine. Il est regrettable qu'il soit conduite dans de tels chemins ; il n'est pas question ici de la révélation de Dieu selon les Écritures ; il n'est pas question des besoins les plus profonds de l'âme ; sans compter qu'il n'y a pas de place pour le Christ.

        ‘s Gr.                                                     d. B.

    De gereformeerde kerk, jrg XXIV, 1911-1912, no 1244, 08-08-1912


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  •     En France, depuis la loi de séparation des Eglises d’avec l’Etat, nous ne devons plus laïquement connaître que des Français, qu’ils soient ce qu’il leur plaira d’être, catholiques, protestants, juifs ou musulmans, voire sans aucune étiquette religieuse. 
        Cependant il ne faut pas oublier que la France d’aujourd’hui est une grande puissance musulmane, et s’il plaisait à quelques richissimes mahométans de venir à Paris affirmer leur foi, en élevant une mosquée sur la rive gauche de la Seine, en face du Sacré-Cœur de Montmartre, on ne saurait y trouver à redire, puisque tous les cultes qui n’offensent pas la moralité publique, peuvent être pratiqués librement chez nous, en se conformant aux lois. 
        Les Antonins, de Belgique (adeptes d’Antoine le Généreux), ont bien un temple à Jemmapes-sur-Meuse et, après les Vieux catholiques de 1870, les Nouveaux chrétiens élèvent la voix à leur tour. 
    Ces modificateurs religieux sont des spirites-chrétiens qui rêvent la tâche extraordinairement difficile de relier plus étroitement (?) le spiritisme avec le christianisme. Les consciences sont libres, il ne faut pas rebuter les audacieux. Les spirites sont déjà divisés en un nombre respectable de sectes ne s’accordant guère entre elles que sur quelques points principaux. 
        Si l’on faisait, en France, un recensement consciencieux des groupements religieux portant un nom distinct, peut-être arriverait-on à un résultat approchant de bien près celui obtenu en 1906, aux Etats-Unis d’Amérique, où l’on a constaté le nombre, de 186 groupements. 
        O ! sainte Inquisition, où est-tu ? Toi, qui par une intuition de génie que nous, nous abstenons de qualifier, fut si effroyablement fortifiée par la confession auriculaire rendue obligatoire par acte du quatrième concile de Latran tenu en 1215. Par ce fait, ô sainte Inquisition ! tu devenais omnisciente, tu acquérais l’ubiquité, tu pénétrais ainsi dans toutes les affaires domestiques, aucun être ne se trouvait plus en sûreté, même à son propre foyer !...
        Nous n’osons espérer que l’apaisement, tel qu’il y en a qui le conçoivent à l’heure présente, nous ramène ces temps bénis. L’Inquisition a aujourd’hui disparu presque complètement de nos mœurs, bien que le cadre principal existe toujours ; mais la confession auriculaire subsiste et la perpétue, sous une forme évidemment moins sauvage mais non cependant sans danger pour la dignité morale humaine, sinon pour la sécurité de l’être. 

    Une Flamine, Conflits religieux et laïques, p.196 (La Nouvelle revue, mai 1911) pp.195-202


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  • Antoine le Guérisseur (L'Univers 1 avril 1912)

    Antoine le Guérisseur

        Puisque la presse parisienne commence à parler d'un soi-disant nouveau Messie, Louis Antoine, dit le Guérisseur, il faut bien se résoudre à parler de l'individu qui se donne pour tel. Ce ne sera point d'ailleurs le faire bénéficier d'une réclame, tant est déjà considérable la propagande de sa doctrine, surtout dans nos campagnes ; mais on pourra peut-être, ainsi prémunir des gens trop crédules contre le travestissement religieux dont s'affuble le personnage.
       Nous avons sous les yeux la minuscule brochure qui contient, outre sa bibliographie, la préface de sa prétendue religion, dite « l'Auréole de la conscience ». M. F. Deregnaucourt, éditeur de son enseignement, et Mme Desart, qui l'a sténographié, certifient en avoir reçu de lui-même la révélation dans son temple de Jemeppe-sur-Meuse, de 1906 à 1909.
        Selon ces deux adeptes autorisés, des milliers de cures, tant physiques que morales, ont été obtenues et s'obtiennent encore journellement au contact du guérisseur qu'ils appellent le « Régénérateur de l'humanité ». Ce contact aurait quelque chose de magnétique. En effet, si Antoine « nous révèle le but de la vie, la loi morale, les moyens d'arriver au bonheur suprême », il démontre, en particulier, « l'intelligence et les fluides qui nous donnent la pensée ». Dès la première page se trahit une sorte de spiritisme qui s'affirmera plus loin, au milieu de vagues notions du christianisme ; car il prétend aussi nous instruire « sur l'histoire d'Adam et sa défaillance, sur la façon dont on peut apprécier le rôle de Dieu, sa bonté, son amour ».

    *
    *    *

        Louis Antoine naquit en 1846, dans la province de Liége. Ouvrier mineur, puis métallurgiste, il quitta la Belgique à vingt-quatre ans, travailla en Allemagne et en Pologne russe et, après avoir acquis une petite fortune, revint, au bout de dix ans, s'installer près de Liége, à Jemeppe-sur-Meuse. Dans l'intervalle de son séjour en Allemagne, il était retourné au pays pour se marier. Les deux époux ayant perdu leur fils âgé de vingt ans, purent supporter ce malheur « grâce à leur grande foi », et se dévouèrent désormais au soulagement des malheureux.
        Le mari est végétarien, au point de ne rien prendre qui provienne de l'animal. Son travail du jour et de la nuit pour ceux qui font appel à son concours, exige un recueillement constant ; c'est pourquoi il vit absolument seul. » La femme habite avec deux enfants qu'ils ont élevés ; « elle partage en tout sa mission ; elle remplace son époux et opère en son nom quand il doit s'abstenir ».
        Antoine « professa la religion catholique jusqu'à l'âge de 42 ans, puis il s'appliqua à la pratique du spiritisme, sans s'attarder toutefois dans le domaine expérimental ; ...il lui préféra la morale et s'y adonna de tout cœur » ; enfin, en 1906, il créa « le nouveau spiritualisme ; c'est là que commence sa mission de révélateur ».
        D'abord, catholique quelconque, il fit une chute dans le spiritisme ; mais, comme il ne peut s'y distinguer, il essaie de se relever en accommodant à sa façon ce qui lui reste de la morale chrétienne, et il s'imagine créer ainsi un nouveau spiritualisme ; en somme, il est devenu une sorte d'illuminé.

    *
    *    *

        Depuis vingt et un ans qu'il est « en contact incessant » avec une « quantité innombrable de malades, son être moral n'a fait que grandir et développer en lui une puissance ignorée jusqu'à ce jour »; en se sacrifiant à l'humanité souffrante, « il s'est acquis des vertus, la foi, l'amour, le désintéressement », qui lui ont permis de fonder le nouveau spiritualisme sur la base inébranlable de la foi pure ». C'est de cette foi que naît l'amour pur qui se puise au sein de Dieu ; car il existe « un Dieu bon et miséricordieux ». La vraie religion n'est autre que cela. Mais voici que, pour M. Deregnaucourt et Mme Desart, il n'y a pas grande différence entre Dieu et leur guérisseur, comme si celui-ci était une incarnation de celui-là. Ils l'appellent « notre bon Père » et ils disent de lui : « Il possède le baume par excellence, l'amour vrai, qui guérit toute plaie et il le prodigue à toute l'humanité, car il est le médecin de l'âme plutôt que du corps... Nous faisons de lui notre sauveur ; disons qu'il est notre Dieu, parce qu'il est notre serviteur. »
        Mais c'est un dieu fort accommodant, assez semblable au dieu des bonnes gens de Béranger : « Ne croyez pas qu'Antoine le Guérisseur demande l'établissement d'une religion qui restreigne ses adeptes dans un cercle, les obligeant à pratiquer sa doctrine, à observer certain rite, à suivre une opinion quelconque, à quitter leur religion pour venir à lui. Non, il n'en est pas ainsi. » Quand nous serons pénétrés de son enseignement, « nous aurons les mêmes égards pour toutes les religions et même pour l'incroyance. »
        Cette dernière citation permet de juger de ce que vaut la doctrine.
        Néanmoins, nombre de nos campagnards se laissent séduire par les grands mots d'amour pur, de foi pure, de spiritualisme, mais plus encore, c'est probable, par le caractère mystérieux du spiritisme, et ils vont consulter les représentants du soi-disant guérisseur. Ne croyant plus guère en Dieu, ils croient toujours aux sorciers.

    J. MESSIRE.


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  • Culte antonin (Le Progrès. Journal de l'arrondissement d'Orléansville 16 fév 1911)

    Une nouvelle religion, le culte antonin.

        Nous voici avec une nouvelle religion. Elle nous vient de Belgique, agréable pays des Gascons du Nord.
        En ces lieux vit Antoine le Généreux, vagabond de sa nature, guérisseur de son état, saint de par la reconnaissance de ses clients. Ceux-ci ont demandé au Gouvernement belge de reconnaître le « culte antonin », qui recrute des adeptes dans toutes les classes.
        Depuis Jérémie, en passant par Mlle Couesdon, le métier de prophète et de sauveur, fait donner gloire, pain et beurre par dessus le marché ?

    Le Progrès. Journal de l'arrondissement d'Orléansville, 16 février 1911


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  • Chronique - Au Balcon - Le besoin religieux (La Revue du mois 1911)

    CHRONIQUE

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    AU BALCON

                                                                                                                   Le besoin religieux

        Le Matin du 6 décembre dernier annonce que la Belgique possède une nouvelle religion, dont un certain Antoine le Généreux, ou le Guérisseur, est le chef, le souverain pontife, – qui sait ? – peut-être le dieu incarné. L’antoninisme existait déjà depuis de longues années en 1907, s’il faut en croire le n° 1 de l’Auréole de la conscience (revue mensuelle de l’enseignement du Nouveau Spiritualisme fondé par Antoine le Guérisseur – chez Antoine le Guérisseur à Jemeppe-sur-Meuse, Belgique), petite brochure que le hasard m’a fait retrouver parmi de vieux papiers. Ce qui donne de l’actualité à cette église récente, c’est qu’elle vient de déposer sur le bureau de la Chambre des Représentants à Bruxelles une pétition revêtue, paraît-il, de 160.000 signatures : elle réclame la reconnaissance officielle de son culte afin que ses immeubles soient exemptés des droits de mutation.
        Il n’y a rien de nouveau sous le soleil : on annonçait, en ce même mois de décembre 1910, la mort de Mme Eddy qui avait fondé aux États-Unis l’Église de la science chrétienne et avait réuni près d’un million d’adeptes. Mme Eddy niait la maladie, Antoine le Généreux nie le mal. Y a-t-il entre leurs deux doctrines un lien de filiation ou une simple coïncidence ? peu nous importe ici. L’intéressant est de constater le besoin religieux sous une de ses formes particulières.
        Mais pourquoi, dira-t-on, ne pas se contenter d’observer la persistance des vieilles religions constituées ? Elles aussi témoignent de la réalité du besoin religieux elles sont là pour le satisfaire. Sans doute. Le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme, le mahométisme, le bouddhisme, servent à des âmes nombreuses leur ration d’au-delà. Mais s’ils rassasient quelques grands affamés, ils ont aussi affaire à de très médiocres appétits qui se manifestent surtout sous l’impulsion d’habitudes acquises par tradition. Tandis que le fait d’embrasser une foi nouvelle suppose toujours une forte tension de l’esprit vers le divin.
         Les libres penseurs ont quelquefois le tort de s’exagérer leurs succès et de croire que la religion ne relève plus que de l’archéologie elle est au contraire un phénomène sociologique encore très moderne et beaucoup plus général que son contraire, même dans notre monde civilisé actuel. Ils ne devraient pas perdre de vue que les fondations de sectes ou de doctrines mystiques ne cessent de se produire de temps en temps ; et je ne parle pas de celles qui, telle l’Église gnostique restaurée, séduisent quelques dizaines de personnes, mais de celles dont les adhérents se comptent par milliers.
        Nous en rappellerons quelques-unes, qui toutes datent de moins de cent ans.
        Et d’abord le Mormonisme fondé vers 1830 par Joseph Smith. On sait que ce prophète retrouva une Bible, la Bible des tribus disparues du peuple israélite. Il acheta chez un brocanteur un vieux papyrus égyptien, papyrus d’ailleurs connu de nos égyptologues qui l’ont déchiffré ; mais lui, qui ignorait tout des caractères hiéroglyphiques, y compris leur origine, trouva un moyen bien simple pour les lire couramment. Un ange lui apparut et lui donna deux pierres merveilleuses, l’urim et le thurim, avec la manière de s’en servir. Il n’eut qu’à regarder à travers elles son grimoire, comme les myopes lisent à travers les deux verres de leur lorgnon, pour le voir transcrit en caractères latins et en bon anglais d’Amérique. Il n’eut plus qu’à copier ; cela fit le Livre saint des Mormons. Joseph Smith eut de nombreux disciples, et il mourut lui-même pour sa foi, qu’arrosa encore le sang d’autres martyrs. Pour avoir la liberté de leur culte, les Mormons s’imposèrent de rudes épreuves ils traversèrent un long désert, et fondèrent une nouvelle Jérusalem, sur les bords du grand lac Salé. Leur Société religieuse, évoluée en une sorte de grande coopérative, prospère encore aujourd’hui. Intéressante démonstration que leur histoire : elle prouve qu’une crédulité invraisemblable peut s’allier à un esprit très positif de commerçant, et que le miracle le plus antipathique à la raison trouve des croyants tout prêts à l’authentiquer par le sacrifice de leur repos et même de leur
    vie.
        Après les exemples récents du babisme en Perse et du mormonisme aux États-Unis, il semble que les historiens des religions se donnent parfois un mal superflu pour « expliquer » le surnaturel, le surnaturel étant, dans les origines d’une foi, aussi naturel que possible. C’est en Amérique aussi qu’a pris naissance le spiritisme, peu de temps après la prédication de Joseph Smith.
        Nous n’insisterons pas sur lui on le connaît assez. Il répond, lui aussi, à un besoin religieux qui est de croire à la survie on y croit d’abord et l’on s’inquiète ensuite du pourquoi. En l’espèce, on cherche une base à sa foi dans la science expérimentale. C’est du vieux neuf ; ce n’est autre chose qu’une résurrection et une continuation de l’occultisme. Celui-ci, à son tour, n’est, dans sa théorie, qu’une systématisation de la mentalité primitive. M. Lévy Bruni, dont nous avons déjà eu l’occasion de mentionner l’ouvrage1, nous montre qu’un des traits de cette mentalité consiste à créer, entre les choses, des relations mystiques qui font que, pour le sauvage, telle plante sera telle pierre, tel animal et les membres de tel clan : c’est ce que M. Lévy Brühl appelle des « participations » ; en vertu de ces participations, on agira sur tel animal et sur les membres de tel clan en agissant sur tel caillou. Si elle veut adopter ces participations, la mentalité logique – assez étrangère aux primitifs dans leurs
    croyances, mais qui s’est développée chez les civilisés – la mentalité logique dispose d’un procédé bien simple : elle admet l’existence d’une substance invisible, capable de se transformer en matière pondérable ou d’agir sur elle et de servir de support à un esprit ou à tous les actes de cet esprit. II est facile de voir que c’est une substance à tout faire. C’est la lumière astrale, le constituant des larves,
    coques, élémentals, de l’occultisme ; du périsprit ou corps astral des spirites. Les périsprits, qui supportent les âmes des décédés, sont capables de pomper, en quelque sorte, la substance charnelle des médiums et de s’en servir pour agiter les guéridons, soulever des tables, jouer du violon, apporter des fleurs, et même se matérialiser : ainsi l’au-delà pénètre-t-il dans le domaine expérimental. On n’a pas oublié que l’illustre savant anglais Crookes s’est fait photographier en compagnie de Katie King, une morte qui s’était fait un corps vivant emprunté au protoplasma du médium, Miss Cook. Ceci se passait à la fin du XIXe siècle.
        Autre manifestation, celle-ci plus récente encore, du besoin religieux : l’Armée du Salut. Les salutistes paraissent une exception à la règle suivant laquelle toute nouveauté religieuse prétend se rattacher à une origine antique. Eux, ils accomplissent leurs rites avec une modernité qui n’a rien à envier aux music-halls : grosse caisse, trombones, airs populaires à la mode, langage familier. Mais ils ont un costume, une discipline, une hiérarchie ; ils sont constitués, comme leur nom l’indique, en milice. On reconnaît là la persistance de l’attrait qu’exerce sur plusieurs âmes l’organisation collective en vue de fins religieuses, attrait qui a recruté les ordres monastiques.
        Revenons à Antoine le Généreux et aux successeurs de Mme Eddy. Qu’est-ce qui a fait ou fait encore leur succès ? Ils guérissent. S’ils nient la maladie, gardez-vous de conclure, comme la logique semblerait y inviter, qu’ils nous engagent à ne pas nous en occuper du tout. Pensons-y, au contraire, conseillent-ils, appliquons-lui des remèdes, mais les leurs : prenez mon ours. Ils ont une cure infaillible, seulement elle est psychique. C’est le’ traitement par la foi, pour les Eddystes comme pour les Antonistes. Quelles en sont cependant les modalités ? Je n’en sais trop rien. Ce qu’il y a de certain, c’est que la personnalité du fondateur de la clinique y entre pour quelque chose. Antoine le Guérisseur tient un cabinet de consultations et ceux des malades qui en sortent avec une santé améliorée lui attribuent leur soulagement, lui vouent leur reconnaissance : à lui, expressément. Il ne se distingue donc en rien d’un médecin qui appliquerait exclusivement les procédés psychiques. La gratuité ? Mais, outre qu’on paye Antoine indirectement par des dons à son Église, les médecins seraient encore appelés médecins, même s’ils ne recevaient jamais d’honoraires. L’intervention de Dieu ? Mais le croyant doit la faire participer à toutes les thérapeutiques. Et cependant, Antoine n’est pas un médecin, c’est un thaumaturge. Toute la différence vient de la cause à laquelle le médecin ou le thaumaturge attribuent les guérisons qu’ils opèrent. Pour le premier, même s’il ne fait appel qu’à la suggestion, son succès dépend d’agents, trop nombreux sans doute et trop complexes pour être parfaitement connus, mais aveugles et entièrement déterminés dans leur activité. Pour le second, ces agents sont plus ou moins semblables à des hommes. Antoine, en particulier, met en œuvre l’amour divin. L’amour suppose de la préférence, de la partialité, un certain arbitraire. Et c’est ce qui en fait le charme. L’âme a peur de la solitude. Or en quoi consiste la solitude morale ? A être traité, par tout et par tous, de la même manière que n’importe qui. C’est de ce désert que l’amour nous tire. De là la vogue que peut acquérir un thaumaturge.
        Antoine le Guérisseur satisfait le besoin religieux en un de ses éléments les plus tenaces, élément peut-être impérissable.
                                                                                                        JULES SAGERET.

    La Revue du mois, 6e année, Tome XI, janvier-juin 1911 (T11,N61)-(T11,N66).


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  •  source : antoinisme.com


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  • Pour les moeurs (Tatène 9 mai 1912)

    POUR LES MŒURS.

        L’an dernier, la Ville, apparemment sur la proposition de quelque édile prude et austère, eut la malencontreuse idée de faire placer un régiment de réverbères, à la lumière profuse et indiscrète, au Jardin du Tir et au Quai de Coronmeuse.
        Ces endroits étaient, comme chacun sait, durant les belles soirées sans lune le lieu de prédilection des amoureux.
        Ceux-ci y trouvaient des coins charmants et des bancs propices à leurs muets ébats...
        Mais voici que l’invasion des becs Auer municipaux vint impitoyablement faire la lumière aux bons endroits !
        Ce fut d’abord très ennuyeux pour les couples qui refluèrent prudemment vers la solitaire et obscure Ile Monsin.
        Cela ne dura qu’un temps et, bientôt les endroits trop rapidement désertés virent, peu à peu, revenir leurs clients enamourés.
        En dépit de leurs clartés artificielles, le Quai et le Jardin redevinrent rapidement la terre promise des amoureux qui n’ont plus cesse de les fréquenter assidument.
        Voici qu’une effarante nouvelle nous arrive.
        On nous assure qu’il vient de se créer, sous le titre « Ligue de défense de la vertu », une association dont les membres s’engagent à aller par un roulement judicieusement combiné, occuper chaque soir, de 9 heures à minuit, tous les bancs du Quai et du Jardin.
        Ils espèrent ainsi, par leur vigilante présence purger à bref délai ces endroits si fréquentés par les couples en mal de solitude.
        Notre Gouverneur D. V. B. P. D. F. a été nommé président d’honneur de cette ligue dont on appréciera la haute portée morale.
        Parmi les membres qui se proposent d’être les plus actifs, on cite les noms d’Antoinistes notables, de cléricaux en vue, d’austères protestants, de bedeaux honoraires et de vieilles bigotes à la vertu éprouvée.
        Si cette silencieuse et pacifique croisade donne de bons résultats, la Ligue créera des sections pour veiller de même à la bonne tenue de nos autres pares liégeois...
                                                        
    Feu Tchantchet.

    Tatène (Journal satirique de Liège) n°13 du 9 au 16 mai 1912


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  • La farce du miracle (Tatène 26 avril 1912)LA FARCE DU MIRACLE

        Dans ce journal suave qu’est le Bulletin Diocésain, un Monsieur Monniot s’en prend avec amertume à l’Antoiniste qu’il appelle « une farce qui a trop duré » et à laquelle, ajoute-t-il, quelques catholiques se sont laissé aller. C’est montrer le bout de l’oreille... et se plaindre naïvement de la concurrence.
        «La recette antoiniste est des plus simples, écrit cette plume autorisée : on écrit au père Antoine et immédiatement on se sent déjà soulagé.
        Or, c’est absolument le procédé employé à l’égard de cette création très catholique de St-Gérard.
        Il est dit aussi : « Si la guérison n’est pas obtenue, c’est que vous n’avez pas la foi ».
        Tout-à-fait comme à Lourdes, à Trou-Louette, à Chèvremont et ailleurs, où les marchands de miracles ont installé leur boutique.
        Mais gageons que, dans les cliniques sacrées, la farce n’a pas cessé de durer.

                                                      Feu Tchantchet.

    Tatène (journal satirique de Liège), n°11 du 26 avril au 2 mai 1912


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    Incidents dinatoires (Tatène 29 juillet 1911)

    INCIDENTS DINATOIRES

        La réunion du Comité ne se prolongea pas t plus longtemps ce matin là. Chacun avait aussi faim que soif. Aussi, un diner fut servi en l’honneur de Charlemagne et des autres personnalités historiques. Je ne donnerai pas ici le détail du menu, il suffira de dire qu’il fut préparé par « l’homme mature » revenu pour la circonstance, et sous la haute surveillance du docteur Schuind, chef de la chronique médicale de La Meuse, ce qui veut dire que tout fut exquis.
        Je dois à la vérité, de relater un incident qui s’est produit au cours de ces agapes ; incident qui aurait eu des suites très fâcheuses, sans l’heureuse intervention de Tatène.
        A l’heure des toasts, l’archevêque Turpin, levant sa coupe de sinalco, but à la santé de Pie X, et proposa de lui envoyer un télégramme pour lui demander la bénédiction apostolique ; Charlemagne et le chevalier Valentin opinèrent du bonnet, tandis que le géant Ferragus, qui ne jure que par Mahomet, et les quatre fils Aymon, qui appartiennent à l’armée du salut, protestèrent avec la dernière énergie, chacun voulant donner le pas à sa religion. Et déjà nos fougueux guerriers avaient la main sur la garde de l’épée, tandis que l’archevêque brandissait sa croix, celle qui jadis brisa tant de cimeterres.
        Tatène qui prévoyait « ine trâlêye » eut une inspiration aussi subito qu’heureuse : elle put rétablir le calme en criant, à la manière des marchands de moules, qu’elle appartenait à une religion nouvelle qui mettrait tout le monde d’accord.
        Ce fut le professeur Delcroix, le compagnon du St-Antoine de Jemeppe qui révéla cette religion à Tatène Notre patronne ne résista pas longtemps à l’éloquence persuasive du professeur, et devint Antoiniste.
        Pour convertir avec succès tous ces nobles chevaliers et l’archevêque elle leur offrit la prose de quelques opuscules intitulés : L’Auréole de la Conscience.
        Les convives, qui n’avaient absolument rien compris de ces chefs-d’œuvre d’éblouissante clarté, furent néanmoins subjugués par la puissance du nouvel apôtre et décidèrent, à l’unanimité, d’envoyer un télégramme au Père Antoine pour le prier de faire une bonne opération pour eux.
        Et ce fut la conscience auréolée, que nos illustres personnages furent emportés, dans plusieurs Pipes, au Plateau d’Ans, où ils furent reçus très aimablement par le gouverneur de l’Aérodrome.

    Tatène (journal satirique de Liège) n°24 du 29 juillet au 4 août 1911


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  • Kwakzalverij (De Volksgazet 1 januari 1911)

     

    Kwakzalverij

        Wistet gij, beste lezer, dat er in Belgie eenen nieuwen godsdienst bestaat ? Neen ? Wij zullen het u dan uiteendoen.
        De stichter van dien godsdienst noemt : Antoon de genezer, een woonderbaar man, volgens het schijnt, die het eene mirakel na het andere verricht, en die woont te Jemeppe aan Maas.
        De volgelingen van den wonderen man hebben een verzoekschrift naar de Kamers gestuurd, dat geteekend is door 160,000 burgers, wij zeggen honderd zestig duizend Belgen, en 't moetzijn, want deszelfs voorzitter is de heer Heer de Ragnancourt, grondeigenaar te Jemeppe ; F. Delcroix, professor aan het Atheneum van Luik, is secretaris, en C. Delannoy, luitenant bij het voetvolk, schatbewaarder.
        Het verzoekschrift verzekert dat de nieuwe godsdienst gesteund is op de volstrekte zelfverloochening, dat Antoon de genezer dagelijks wonderen verricht, op stoffelijk en zedelijk gebied, en dat hij aanzien moet worden als eens der grootste weldoeners van het menschdom.
        En zeggen dat zulke kwalzalverij onderteekend is door 160,000 namen, 't is te zegen dat hooit, behalve over 25 jaar, toen de priesters gansch Belgie optrommelden tegen de schoolwet, een verzoekschrift naar de Kamer is gezonden geweest, door zoovele burgers ondergeteekend.
        Onze klerikalen zullen waarschijnlijk met den nieuwen godsdienst den spot drijven, zij zullen gelijk hebben, want dat zulke dingen in onze verlichte XXe eeuw kunnen gebeuren, is eene ware schande voor ons land, maar zij zullen vergeten van er bij te voegen, dat de allerhande bijgeloovigheden en dwaze bedevaarten, die van t'allen kanten in ons land hoekeren, even belachelijk en schandalig zijn. Maar met die schanden zullen zij niet lachen ; zij leven er immers meê.

    De Volksgazet, 1 januari 1911

     

    Traduction :

    Charlatanisme

        Saviez-vous, cher lecteur, qu'il existe une nouvelle religion en Belgique ? Non ? Nous voulons réparer cette erreur pour vous.
        Le fondateur de cette religion appelé : Antoine le guérisseur, un homme aimable, semble-t-il, qui accomplit un miracle après l'autre, et qui vit à Jemeppe sur Meuse.
        Les partisans de l'homme miracle ont envoyé une pétition aux Chambres, signée par 160.000 citoyens, nous disons cent soixante mille Belges, ce qui doit être le cas, car le président de cette pétition est M. Monseigneur de Ragnancourt, propriétaire terrien à Jemeppe ; F. Delcroix, professeur à l'Athénée de Liège, qui est secrétaire, et C. Delannoy, lieutenant d’infanterie, trésorier.
        La pétition nous assure que la nouvelle religion est basée sur le renoncement total de soi-même, qu'Antoine le guérisseur accomplit des miracles quotidiens, tant sur le plan matériel que moral, et qu'il doit être considéré comme l'un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité.
        Et dire que cette charlatanerie a été signé par 160.000 noms, c'est pour le moins une bénédiction, car, il y a 25 ans, quand les prêtres de toute la Belgique se sont battus contre la loi scolaire, une pétition a été envoyée à la Chambre, soussignée par autant de citoyens.
        Nos clercs se moqueront probablement de la nouvelle religion, ils auront raison, car que de telles choses puissent arriver dans notre XXe siècle éclairé est une véritable honte pour notre pays, mais ils oublieront d'ajouter que toutes sortes de superstitions et de pèlerinages stupides, qui se pressent dans notre pays de tous côtés, sont tout aussi ridicules et scandaleux. Mais de cette honte, ils ne riront pas, car après tout, ils le vivent tous les jours.


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  • Chronicle (Adelaide, Sa 28 Jan 1911)

    A wonderful faith-healer arises in Belgium


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  • Algemeen Handelsblad (01-07-1911)

     

       ,,Antoine de genezer'' te Jemeppe aan de Maas, van wiens wonderdaden vroeger an eens sprake was, en wiens aanhang van vele tienduizenden uit alle standen een werkelijke secte vormt, die maandelijks wordt gesticht door het blad van den Meester ,,l'Auréole de la Conscience, revue mensuelle de la révélation'', heeft een nieuwe wijze van genezen ingevoerd, waardoor de justitie geen vat meer op hem heeft. Hij geeft nu geen persoonlijke adviezen, meer maar ontvangt de menigte bezoekers gezamenlijk in een groot kerkgebouw, hem geschonken door een Amerikaan. Op eet preekstoel bidt hij en zegent daarop de zieken of hun vertegenwoordigers, want men kan ook een ander sturen.

    Algemeen Handelsblad (01/07/1911)

     

    Traduction :

       "Antoine le guérisseur" à Jemeppe sur Meuse, dont les miracles ont déjà existé, et dont les partisans de plusieurs dizaines de milliers de personnes de tous horizons sont une véritable secte, fondée par la revue mensuelle de la révélation du Maître "l’Auréole de la Conscience", a introduit une nouvelle méthode de guérison, hors du contrôle judiciaire. Il ne donne plus de conseils personnels, mais reçoit la foule des visiteurs ensemble dans une grande église qui lui a été offerte par un Américain. Sur la chaire, il prie et bénit les malades ou leurs représentants, car on peut aussi envoyer quelqu’un à sa place.


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