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adepte

Chapelle d'Antoine dans le jardin du temple

Publié le par antoiniste

    Au nom de Mère, deux adeptes ont eu recours à S.M. la Reine des Belges :
               Bruxelles, le 5 mars 1920.
       Madame,
    [...]
    Par respect pour le Père Antoine, Elle voudrait avoir l'autorisation de transférer sa dépouille sacrée dans le jardin du Temple de Jemeppe, jardin situé à plus de trente mètres de toute habitation.
    Elle y ferait construire une chapelle devant laquelle défilerait, le 25 juin, jour anniversaire de la fête solennelle, instituée en l'honneur du Révélateur, la foule recueillie de ses disciples, venus de toutes les parties de notre pays et du monde.
    Pleines de confiance et d'espoir dans le coeur généreux de Votre Majesté, nous La prions d'agréer l'expression de notre respect infini et de notre inaltérable dévouement.
          (s.) Mme Jacq. Uhlmann, avenue de Belle-Vue, 6, Montmorency-Paris.
          (s.) Yvonne Wachter, 10, rue des Princes, Bruxelles.
    A Sa Majesté la Reine des Belges.

    Cette nouvelle mortification fut épargnée aux intégristes. Antoine continue à reposer au cimetière de Jemeppe, près de la grille d'entrée.

Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.205-06

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Influence de Ferdinand Delcroix sur l'évolution de Louis Antoine

Publié le par antoiniste

    En 1905, Antoine fit paraître le livre Enseignement, "travail collectif des adeptes et de leur chef". C'est ainsi que présente Fernand Delcroix, dans la Revue Spirite, l'ouvrage contenant des comptes-rendus de séances spirites. Il a été rédigé par Mme Decoeur, qui déclare dans la préface : "Je crois faire œuvre de solidarité confraternelle en donnant au public, au nom de la société 'Les Vignerons du Seigneur' un aperçu du travail de haute moralité qui s'effectue au sein de ses séances."
Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.118
   Il ne faut pas confondre cette Mme Decœur, avec la femme de Florian Deregnaucourt, Emma est née Crèvecœur.

Enseignement, Mme Decoeur (exemplaire de la KBR)

dernière par du livre Enseignement, Mme Decœur (exemplaire de la KBR)


    En 1906, Fernand Delcroix intervient en faveur de Louis Antoine lors de la réunion de la Fédération spirite belge. (cf. p.122)
    C'est en voilant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme.
    Ces paroles visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.124

    Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec (nom d'un prêtre-roi évoqué dans l'Ancien Testament).
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

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Frère Noël, premier adepte parisien

Publié le par antoiniste

    Vue du premier desservant du temple de Paris, frère Noël. Il forma le culte dans la région parisienne avec l'aide de Mlle Camus. Soeur Vittart suivra frère Noël, elle était desservante en 1924. On apprend par le Journal qu'il assiste à la consécration du Temple de Bierset en décembre 1912.

Père Noël - Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2 (détail)


   « Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » — c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte — avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
   Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ». [...]
       « Comme je me trouvais à côté du frère Noël, qui va administrer le temple, je lui demandai :
   « — La mère Antoine ne parle-t-elle jamais davantage ?.
   « — Mère, me répondit-il, ne parle jamais en public...
   « Et il ajouta :
   « — Mère se recueille pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin et en réconforter les fidèles suivant le degré de leur foi.
   « Ce n'est peut-être pas très clair, poursuivit le frère, mais vous comprenez, n'est-ce pas ?
   « — Naturellement, eus-je l'audace de répondre, et vite je m'enquis si la mère Antoine allait séjourner à Paris.
   « — Non, me déclara M. Noël ; mère repart ce soir pour la Belgique. Elle est venue à Paris seulement pour consacrer le temple.
   « Et après un instant de réflexion, le frère continua :
   « — Mère, voyez-vous, n'est que l'interprète du père Antoine.
   « C'est à sa mort que le père Antoine l'a chargée de poursuivre son oeuvre ?
   « — Le père Antoine n'est pas mort, me fit remarquer sévèrement mon interlocuteur ; il s'est seulement « désincarné ».
   « — Ah! pardon, fis-je.
   « — Oui, et mère, qui est dépositaire de son pouvoir spirituel, n'est que son exécutrice.
   « — Est-ce que le père Antoine a guéri beaucoup de malades ?
   « — Des milliers.
   « — Et comment procédait-il ?
   « — Il se contentait de regarder ceux qui venaient à lui et guérissait ainsi les malades ayant la foi. Ceux qui ne l'avaient pas suffisamment devaient revenir le voir.

L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 1 novembre 1913

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Fer(di)nand Delcroix, adepte fervent

Publié le par antoiniste

Ferdinand Delcroix, adepte fervent

Illustration : à gauche, ici dans sa fonction de porteur d'arbre (Les Sociétés Secrètes de Paris, Pierre Geyraud, in Marianne du 6 janvier 1937)

à droite, Athénée Royal de Liège, rue des Clarisses en 1954 (source : kikirpa)

    On a déjà reproduit sa longue contribution au premier numéro de l'Unitif, dans lequel il raconte son parcours. Voyons ses autres apports et d'autres précisions.

    Il fut spirite assez tôt, puisque ses parents eux-mêmes l'étaient : "Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Allan Kardec, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu. Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite." (Profession de foi dans le premier numéro de l'Unitif).
    Selon Régis Dericquebourg, il aurait été guérit par le prophète-guérisseur d'une laryngite qui l'empêchait de travailler à son poste de professeur. Cet épisode est conté par Robert Vivier. Grâce à cet auteur, on en sait plus également :
    Quand M. Decroix rencontrait à Jemeppe des frères occupés au colportage de l'Enseignement, il se sentait toujours traversé d'une brûlante nostalgie. Il aurait tant voulu faire comme eux, vivre le bon combat. Mais il était pris par sa profession, et il avait charge de famille. Il devait nourrir sa femme et ses trois enfants... Il est vrai que sa femme elle aussi était professeur, et touchait un traitement. Qui sait, la famille aurait peut-être de quoi vivre, avec le traitement de la mère et la petite pension qu'il toucherait, lui, si pour des raisons de santé par exemple, il lui arrivait de quitter son poste à l'Athénée...
    Il se voyait par les chemins, par les villages, chargé... Il était éloquent : la parole naissait facilement de son coeur.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.290

    Il était présent lors du premier procès, en 1900-01 : "Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin)." (Robert Vivier, p.266)
    Dans Pierre Debouxhtay, on lit : "Un de ces principaux disciples, F.Delcroix, déclara (en 1905) que son maître était "résolu à négliger les manifestations physiques et les médiumnités bruyantes, dont ailleurs on s'occupe un peu trop. Il aime mieux former les caractères". (p.115)(citation de la contribution de F. Delcroix dans la Revue spirite en décembre 1905, annonçant la sortie du premier Enseignement). La même année, il publie dans la Meuse un autre texte de soutien pour faire connaître le travail d'Antoine le Guérisseur. Il est critiqué par plusieurs délégués liégeois lors du Congrès spirite de 1906.
    Il assiste avec Henri Hollange au moins à un Comité fédéral du Congrès spirite liégeois au mois de mai 1905 encore (cf. Debouxhtay, p.117), justement pour expliquer l'absence de Louis Antoine. En juin, plus personnes des disciples d'Antoine n'assiste à la réunion du Comité fédéral. En juillet, ils envoient une lettre explicative, concernant le non versement de la cotisation. Pierre Debouxhtay émet l'hypothèse que Louis Antoine aura proposé de verser lui-même à la Fédération une somme forfaitaire, égale au total des cotisations qu'auraient dû verser ses disciples.
    Puis, d'après Pierre Debouxhtay (p.118), Fernand Delcroix aurait été à l'origine de la rupture d'avec les spirites en 1906. Mais l'auteur n'en dit pas plus. Dans une note de la page 124, il ajoute : "Ces paroles [c'est en volant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme] visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme". Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec.
    Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

    Il a beaucoup inspiré Robert Vivier (né en 1894) qui l'aurait eu comme professeur à l'Athénée royal de Liège ; Claudine Gothot-Mersch, dans son analyse des Editions Labor - Espace Nord, dit que la rencontre de Robert Vivier, en classe de troisième (Robert Vivier commence les Humanités à l'Athénée de Liège en 1905), avec le professeur Fernand Delcroix a été décisive pour l'intérêt de l'auteur pour l'antoinisme.
    Le premier chapitre (chapitre XI) de la troisième partie lui est presque entièrement consacré. A la fin, l'auteur le mets en face de doute concernant sa profession qu'il désire quitter pour être entièrement au service de la Révélation. Louis Antoine lui aurait répondu que l'école était son épreuve à supporter pour progresser (dans sa profession de foi, on lit "Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens.")

    Il serait détaché pendant un temps, notamment à cause de son refus concernant la robe (selon Régis Dericquebourg). Dans sa profession de foi, il dit : "Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an."

    On apprend chez Debouxhtay que le frère Fernand Delcroix corrigeait le texte des séances de médiumnités du Groupe des Vignerons, puisque en 1905, le livre Enseignement est présenté par lui-même comme une "travail collectif des adeptes et de leur chef".
    Puis avec l'aide Mme Desart, il corrige le texte révélé par Louis Antoine à la tribune de Jemeppe entre 1906 et 1909 : "Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue [...] Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle".
        "Quelquefois, c'était grâce à une question qu'on lui posait, soit de bonne foi, soit dans le dessein de le mettre dans l'embarras. Il devait se concentrer, examiner, chercher la réponse. Ou bien encore, pendant la révision des notes, lorsqu'avec M.Delcroix et Mme Desart il reprenait le texte ébauché, que de défauts lui apparaissaient. D'autres part, comme il était difficile d'accorder le fluide de deux personnes instruites, souvent menées à leur insu par l'intelligence, et ce fluide de foi et de simplicité qui était le sien..." (Robert Vivier, p.308)

    En 1910, il est décrit dans le premier Conseil d'administration du Temple (Boffy, p.39) en deuxième position : M. Delcroix, Ferdinand, secrétaire, professeur, demeurant à Seraing-sur-Meuse, de nationalité belge. Il est alors chargé de rédiger les procès-verbaux et les pièces de la correspondance officielle et remplace le président, Florian Deregnaucourt, en cas d'absence. (il y a un certain doute qui persiste quant à son prénom : son père s'appelait Ferdinand, mais il semble que lui s'appelait bien Fernand).

    C'est lui qui a été chargé de lire les Dix Principes devant le cercueil avant la mise en route du cortège, puis il lut quelques mots, tirés de l'avant-propos de l'Enseignement, avant que le cercueil soit descendu dans la fosse commune (Vivier, p.353-54).

    Il est encore cité à la position de secrétaire du culte en 1922 (Debouxhtay, p.311), Narcisse Nihoul en est alors le président. Né à Lize-Seraing le 24 juin 1865, il exerça son poste de professeur jusqu'en octobre 1925, où il dut prendre un congé pour motif de santé. Il se désincarne le 11 février 1926. Il sera enterré selon le rite antoiniste.


    Le Père disait au frère Delcroix en faisant la Révélation, "il y a trois sortes d'intelligence :
- l'intelligence, vue de la matière, qui, dans sa forme supérieure, est celle des savants ;
- l'intelligence de domination, qui, dans sa forme supérieur, est celle des grands monarques ;
- enfin l'intelligence, lucidité de la conscience, qui est celle que nous devons acquérir en passant par les deux premières."
    extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET

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Mlle Marie Camus, modiste et adepte de Paris

Publié le par antoiniste

Mlle Marie Camus, modiste et adepte de Paris Illustration issu du Matin 22 février 1912

   Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
L'Abeille de la Nouvelle-Orléans, 30 mars 1912

    Il y a évidemment une erreur, c'est une adepte du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère. C'est un article plus tardif qui nous l'apprend :
    Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
   On se rappelle peut-être l'article que consacra l'Echo du Merveilleux à Mlle Camus, dans le numéro du 1er avril 1912.
L'Écho du merveilleux, 1er novembre 1913
    Malheureusement, la date de 1912 de cette revue parisienne n'a pas été scanné par le site Gallica. Mais une photo (malheureusement de très mauvaise qualité) est reproduite dans ce numéro de 1913.

    Elle est donc à l'origine de la propagation de l'antoinisme dans la région parisienne. Mais on ignora si elle fut desservante. A notre connaissance, non. On peut imaginer cependant qu'elle portait la robe. Dans plusieurs articles, on apprend qu'elle tenait une salle de lecture au n°7 de la rue Esquirol, à Paris XIII°.
    Peut-être est-ce elle qui inspira à Mère le fait de porter un voile. En effet, on lit chez Pierre Debouxhtay (p.244) :
    Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là. (L'Unitif, III, 3, p.12-13)
    Et dans la Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, on apprend encore p.36-41 :
    A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux.
    Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
    Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
    Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
         (Extrait d'une lettre "d'une sœur".)

On apprend par l'article du Matin qu'elle habite au numéro 14 de la rue Milton.

Marie Camus, 14 Rue Milton - 1926, 09, Rochechouart (Archives de Paris)

Dans les Archives de la ville de Paris, le recensement de l'année 1926 indique bien dans le 09e arrdt Quartier Rochechouart) une Marie Camus au 14 Rue Milton. Mais on lui donne comme métier e. banque (employée de banque). Elle est née dans la Sarthe (Pays de la Loire) en 1880. S'agit-il alors d'un homonyme ? On signale souvent Marie Camus comme originaire de la Bourgogne. Cet article est en effet assez bien renseigné pour ne pas être crédible : on dit qu'elle est né à Auxon (commune de 89630 Saint-Brancher) dans l'Avallonnais, en Bourgogne et elle a 38 ans en 1912 (elle est donc née en 1874). Elle quitte son village natale pour Paris en 1902 environ.

On retrouve bien son acte de naissance dans les archives de l'Yonne :

Mlle Marie Camus, modiste et adepte de Paris

L'An mil huit cent soixante quatorze, l'onze janvier, à cinq heures du soir par devant nous Jean-Pierre [illisible], maire, officier de l'État civil de la commune de St Brancher, comté de Quarré-les-Tombes, département de l'Yonne a comparu Jérôme Camus, âgé de vingt-cinq ans, demeurant à Auxon, hameau de cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe féminin, né en son domicile aujourd'hui à deux heures du matin, de lui déclarant et de Marie-Henriette Déjoux, âgée de vingt-trois ans, sans profession particulière, son époux a reconnu et a déclaré donner les prénoms de Marie-Jeanne-Henriette. Lesdites présentation et déclaration faites en présence de Luc Déjoux, âgé de soixante un ans, propriétaire, demeurant au dit Auxon, grand-père de l'enfant et de André Déjoux, âgé de trente un ans, cultivateur, demeurant au même lieu, son oncle. Lesquels et après lecture faire, ont signé avec nous le présent acte de naissance.

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le menuisier Pierre Debroux

Publié le par antoiniste

    Pierre Debroux, menuisier, de Crotteux (Robert Vivier, p.165), village natal de Louis Antoine, au nord de Jemeppe (maintenant Flémalle-Grande).
    Selon Pierre Debouxhtay (p.64), au moment de la publication du Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, en 1896, il y avait séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-du-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi.

le menuisier Pierre Debroux

Unitif de 1914


    Il sera présent au côté de Louis Antoine lors de son procès en 1901 (Robert Vivier, p.266), il est alors présenté comme adepte. Il tient une salle de lecture à Mons-Crotteux, chez lui, selon l'Unitif de 1914 (lecture de l'enseignement le mardi à 7 1/2h). Dans un Unitif des années 20, la salle de lecture est indiqué rue Méan (sans qu'on sache par qui elle est tenue).

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frère Léopold-Joseph Monet, à Jemeppe dès 1900

Publié le par antoiniste

    Il ne semble être évoqué qu'une fois par Robert Vivier (p.309) :
    Après la réception des malades, dans l'après-midi, Mme Desart arrivait avec ce qu'elle avait préparé, et M. Delcroix lui aussi était là. Ensemble, on lisait. [...]
    On frappait. Le frère Léopold Monet passait sa tête :
    - C'est quelqu'un pour l'Opération. Faut-il dire qu'on attende ?
    C'était en dehors des heures, et le Maître était occupé à l'enseignement... N'importe : il se levait.
    - C'est lui qui nous apporte le fluide dont nous avons besoin.
    A peine était-il de retour auprès de ses secrétaires, que le frère Monet frappait encore :
    - Quelqu'un pour vous, un malade...
    Tout le temps se passait de la sorte. Antoine réconfortait les deux adeptes :
    - Ce n'est pas du temps perdu. Nous ferons d'autant mieux demain.
    Ainsi en dépit des retards et des obstacles, jour après jour, s'accumulait l'enseignement qu'Antoine avait promis à ses fidèles Vignerons.

    A cette époque, les consultations avaient lieu uniquement le matin, de 7 heures à midi, comme il était précisé dans le Règlement de la société spirite Les Vignerons du Seigneur (datant de 1900). Le 25 décembre 1900, le nouveau local des Vignerons du Seigneur est inauguré devant un public de 200 personnes. Le local est situé dans l'immeuble que vient d'acheter Louis Antoine, au coin des rues des Tomballes et du Bois-du-Mont (actuellement rue Rousseau). Dès lors, Louis Antoine cesse de travailler pour se consacrer exclusivement à la propagande spiritualiste ainsi qu'à sa mission de guérisseur.
Historique du Culte Antoiniste, p.13

 

    Un Léopold Joseph MONET, né le 26 juin 1872 à Flémalle-Grande, de Jean MONET 1830-1888 et Marie Catherine Dequinze 1831-?
source : https://gw.geneanet.org/dryedani?n=monet&oc=&p=leopold+joseph


    Encore en 1934, il est membre du Conseil d'administration. Il a alors 61 ans (il est donc né en 1872-1873), et est tourneur. Il habite au 18, rue Alfred Smeets, à Jemeppe. Donc, l'actuelle rue Rousseau. Le temple occupe le numéro 2. On pense donc que cet adepte habitait dans une des maisons construites par Louis Antoine à son retour de Praga.

    Sa soeur, Josèphe (Joséphine) MONET (6 janvier 1875 à Flémalle Grande - décédée avant 1947) s'est mariée avec Pierre Dor le 24 décembre 1896, Mons-les-Liège). Ils ont tenu le café de la rue de Tomballes. Leur fils, Louis Léon, est né rue des Tombales 1 au café à côté du temple antoiniste.
source : https://gw.geneanet.org/dryedani?lang=fr&pz=henri+jose+pierre&nz=paulissen&p=josephe+josephine&n=monet

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le couple Jeannin, les antoinistes parisiens

Publié le par antoiniste

    Jacques Cécius, nous renseigne que le frère Jeannin, lequel aida au développement le Culte en France (avec quelques autres, notamment le frère Noël, premier desservant du temple Vergniaud, avec l'aide de Mlle Camus. Sœur Vittart suivra frère Noël, elle y était desservante en 1924), avait été amené sur une civière à Jemeppe par ses parents antoinistes, et la Mère Antoine l'avait guérit.

    Un article de La Nation belge nous apprend qu'il fut le premier desservant du Temple de Schaerbeek, en 1925-1926, avant de rejoindre le 2e temple de Paris construit en 1928.

    Dans chaque bibliothèque des temples français, on trouve une douzaine de classeurs dont les feuillets sont parfois reliés. Appelés les Tomes, ils sont mis à la disposition des adeptes costumés. Ces bulletins ont été rassemblés vers 1945 par trois adeptes : le couple Jeannin, qui a vécu auprès de la compagne de Louis Antoine, aidé par M. Lovinfosse. Ils rassemblent des pensées de Louis Antoine qui n'ont pas été reprises dans ses œuvres, mais ils contiennent surtout des lettre dictées par la 'Mère' ou des avis qu'elle a donnés à propos de certaines questions. C'est pour cela qu'on connaît ces textes sous le nom de "Pensées de Mère".
Régis Dericquebourg, Les Antoinistes (p.62)

    Le Frère Jeannin consacra le temple de Retinne, pour l'ASBL Les Disciples du Père et Mère Antoine. Ceci le 10 novembre 1968. Il était alors Desservant du temple de Paris, rue du Pré-Saint-Gervais. L'OPERATION dut être faites à plusieurs reprises pour permettre à tous les adeptes présents de pouvoir entrer et savourer le fluide éthéré. Plusieurs autocars français avaient fait le déplacement.

    Pour le Lundi de Pâques 1970, les photos de PERE et MERE ont été replacées au Temple de Jemeppe et le travail moral de Mère rétabli. A cette occasion une invitation signée par Sœur Ghislaine Dumont et Frère Lucien Miot conviait tous les adeptes Belges et Français à participer à L'Opération. Sœur Ghislaine Dumont était à la Grande Tribune et Sœur Jeannin à la Petite Tribune au Temple de Jemeppe (Frère Jeannin étant alors déjà retenu à Paris par l'épreuve). Il y eut deux Opérations, le Temple bondé à chaque fois. Cette date correspondait également au soixantième anniversaire de la première Opération Générale faite par le Père (Lundi de Pâques 1910).

    Le frère Albert Jeannin a été le Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France jusqu'à sa désincarnation. Le titre de Représentant du Père en France n'existant pas à cette époque.

    Jacques Cécius renseigne sur sa désincarnation : "J'étais présent lors des funérailles du frère Jeanin (Janin?), qui fit énormément pour la pénétration du Culte en France. Je n'ai, bien entendu, pas compté les adeptes présents, mais il y en avait plusieurs centaines, voire un millier, dont de nombreux "costumés", ce y compris des enfants. Contrairement à l'habitude, la lecture des Dix Principes se fit au temple, avant le départ pour le cimetière de Baigneux-parisien. A l'époque temples belges et français s'étaient "réconciliés". La lecture au temple et au cimetière fut d'ailleurs faite par le frère Lucien Miot, qui avait été l'artisan de cette "réconciliation" et qui avait créé une revue, le "Journal d'informations morales"."

Article corrigé grâce aux commentaires de Frère Robert Pierrefeu, merci à lui.

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le frère Lucien Miot, fidèle au travail de Mère

Publié le par antoiniste

Frère L. Miot (début des années 1970 devant le Temple de Jemeppe)-détail(Archives du Temple de Retinne)

 

Frère Miot, début des années 1970 (Archives du Temple de Retinne)

 

    Régis Dericquebourg (p.27) nous renseigne qu'il tenta de rétablir le travail de Mère vers les années 60, soutenu en cela par les adeptes français. Un message de son fils me signale d'autres renseignements : Sa grand-mère et sa mère étaient déjà antoinistes ; sa mère était née en 1897, et a connu le Père quand elle était encore jeune fille. Sa mère a été desservante du temple de Verviers. Le frère Lucien Miot est né en 1927. Il est arrivé à l'Antoinisme au cours de l'année 1967. Triste année pour lui car il allait perdre son épouse suite à une longue maladie incurable à l'époque. Il devint desservant du temple de Seraing à partir de décembre 1967 (si les souvenirs de son fils sont bons) et jusqu'en 1975.
    Son fils se souvient : " Mon père aimait lire. Il lisait très tard. Il se recueillait beaucoup. J'avais 9 ans. J'étais encore très jeune et venait de perdre ma maman. Mon père a toujours été pour moi un exemple. Il a été à la fois ma mère et mon père. Je n'ai jamais manqué de rien et surtout pas d'amour. "
    Il en est venu naturellement à s'investir davantage dans le culte et devint ainsi  Secrétaire moral, une fonction qu'il occupait à Jemeppe.
    De là, il connut bien Sœur Denise Dumont et sa fille Sœur Ghislaine, ainsi que une des filles adoptives du Père (Sœur Louise Buchet).
    Du fait d’ennuis de santé au niveau du cœur, il a du quitter ses fonctions : « Il devait se reposer. Il a quitté le culte "avec l'enseignement sous le bras" comme je l'entendais dire. Il est décédé il y a quelques années maintenant. »
    La famille se trouve en Belgique mais aussi à Orléans (deux personnes assez âgée qui portent la robe et qui fréquente le temple d'Orléans deux fois par semaine).

    Rappelons les dates des installations des photos dans les temples, principale manifestation du travail de Mère : en 1925, la photo du Père, puis en 1929, la photo de Mère sont apposées à la tribune. De 1936 à 1938, Mère les fait enlever. A la désincarnation de Mère, en 1940, en Belgique uniquement, le frère Joseph Nihoul et le Conseil d'Administration décide de retirer les photos. En France, après une période un peu floue, le Culte suivait le cadre établi par Mère, cadre correspondant à des forces humaines, et avec une direction morale exercée par les desservants de France constitué en Collège.


    Le lundi de Pâques 1970, elles sont remises (grâce au travail du frère Lucien Miot, donc, mais aussi de frère André du temple de Hors-Château). A cette occasion une invitation signée par Sœur Ghislaine Dumont et Frère Miot conviait tous les adeptes Belges et Français à participer à L'Opération. Sœur Ghislaine Dumont était à la Grande Tribune et Sœur Jeannin à la Petite Tribune au Temple de Jemeppe (Frère Jeannin étant alors déjà retenu à Paris par l'épreuve). Il y eut deux Opérations, le Temple bondé à chaque fois. Cette date correspondait également au soixantième anniversaire de la première Opération Générale faite par le Père (Lundi de Pâques 1910).

 

le frère Lucien Miot, fidèle au travail de Mère

    Il y eut un véritable renouveau du Culte en Belgique, ceci dans les années 1970. Une revue antoiniste vit le jour, sur l'instigation du frère Lucien Miot : "Le journal d'informations morales". Frère Jacques Cécius se souvient que "la plupart des adeptes furent dans la joie lorsque les photos reprirent leur place dans les temples, et que l'Opération du dimanche fut rétablie".


    Actuellement et depuis 1985, la soeur Ghislaine eut l'inspiration de revenir "au bon fluide de l’œuvre du Père". La plupart des temples belges (hormis à Retinne (Fléron), qui est l'ASBL Les Disciples du Père et Mère Antoine, qui a son temple avec photo depuis 1968) ne font plus afficher les photos du Père et de la Mère. C'est à partir de cette date, d'après Frère Jacques Cécius, que le culte 'périclite' en Belgique, et que "le dimanche, au temple de Retinne (avec photos et Opération), on compte plus d'adeptes qu'à Jemeppe." La plupart car les desservants en charge avaient le choix de les garder (Bierset, Nandrin, Waremme...) ou de les enlever (Huy, Vottem, Momalle...).

    Sœur Ghilaisne Dumont publia 3 Démonstrations et une Mise au point, pour expliquer son travail, quant au retour des temples comme nous l'avait laissé le Père. On y reviendra.

 

(Article corrigé grâce aux commentaires de Frères Robert Pierrefeu et Jacques Cécius et un message de frère Serge, fils du frère Lucien et sœur Huguette, sa nièce).

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Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Publié le par antoiniste

Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Mathilde Elskens, née Maréchal (acte de naissance 14 mars 1879)

    Dans les statuts du culte antoiniste de 1922, on lit :

Mme Mathilde Maréchal, ménagère, née à Montegnée le treize mars mil huit cent septante-neuf, veuve de M. Emile-Jean-Joseph Elskens, demeurant à Montegnée.

Et sa fille :

Dame Marie-Catherine-Joséphine Elskens, ménagère, née à Montegnée le vingt-huit août mil huit cent nonante-six, épouse assistée et autorisée de M. Léon-Louis Daniel, comptable, né à Ans le trois juin mil huit cent quatre-vingt-sept, demeurant ensemble à Montegnée.

Mme Elskens, spirite, soeur de Montegnée, fidèle au travail de Mère

Marie Elskens (acte de naissance 28 août 1896)

Mathilde Elskens à Montegnée

 

Photo de Mathilde Elskens (issue des archives de Roland AE Collignon) qui conduit à Mère Antoine la mère de Frère Roland pour son baptême.

 

 Son époux, Emile Elskens, décède dans un accident sur son lieu de travail (il était houilleur) en 1913.

 

    Quand il rentra, il y avait quelqu'un à la maison : Mme Elskens. Il venait ainsi, parfois, des personnages du groupe spirite, même en dehors des jours de séances. Près du fourneau que chauffait le gaz venu de la terre, on se mit à parler des progrès du spiritisme dans la région. Le jeune Louis prit vivement part à la causerie. Il rappela qu'à Jemeppe même on avait déjà vu deux enterrements spirites, celui de Mme Piron et celui de la veuve Gony.
    - Oui, dit Antoine. Il y a quelque chose de changé dans le monde. Voyez comme nos vieux parents ont vécu toute leur vie. Ils prenaient leur livre de messe le dimanche matin, ils allaient à l'église, ils donnaient leur grand coup de chapeau à monsieur le curé, et ne pensaient pas plus loin. Sans doute, on ne peut pas dire qu'ils aient eu tort : ils ont vécu d'après leur foi, d'après leurs idées. Mais nous, puisque nous en connaissons plus qu'eux, nous avons aussi de plus grands devoirs.
Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.181-82

    Pierre Debouxhtay (p.28) évoque les premiers enterrements spirites de la région :
    En janvier 1891 avait eu lieu à Tilleur le premier enterrement spirite ; la même année, le 28 avril, Jemeppe vit l'enterrement spirite de Mme Catherine-Charlotte Piron ; le 13 janvier 1892, celui de Mme veuve Gony ; le 25 avril 1893 celui du fils d'Antoine le Guérisseur. Ce fut l'Union spirite de Seraing qui procéda aux funérailles civiles du jeune Antoine. A cette époque la société spirite d'Antoine n'était donc pas encore constituée ou reconstituée. (En 1896, le groupe d'Antoine est en pleine activité ; en 1898, ce sera le drapeau des Vignerons qui précédera un convoi funèbre).

    Ce que Robert Vivier fait dire à Antoine ici est repris de l'Enseignement :
    Les êtres du premier échelon travaillent selon leur nature et ils sont dans la vérité, suivant leur degré d'évolution. Ceux qui occupent l'échelon suivant font déjà plus ou mieux ; mais s'ils croyaient pouvoir redire aux agissements des premiers, ils seraient dans l'erreur et permettraient à de plus élevés de leur faire également des observations (La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.117).


    Régis Dericquebourg (p.27) évoque de façon obscure les déboires de soeur Elskens avec le Conseil général du culte :
    Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens, adepte du 'Père' depuis 1897 qui fut expulsée par le 'Conseil général' du temple de Montegéne dont elle était la desservante en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français. Celle-ci souhaitait rester fidèle au travail de Mère et conserver les portraits dans le temple, à l'encontre de la décision du Conseil en 1940. On sait pourtant que certains temples en France voulurent également suivre le Frère Nihoul et la Belgique pour le retour du Temple sans portrait comme le voulait le Père.
    Le frère Robert nous apprend que Mme Elskens est chargée encore en 1966 de la consécration du temple de Mantes-la-Jolie en tant que délégué du Collège des Desservants au Nom du Père. Elle assura à la Grande Tribune les Opérations à l'intérieur et la dernière sur le seuil du Temple, assistée par Frère JEANNIN (Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France, le titre de Représentant du Père ne sera porté en France qu'à partir de 1988) à la Petite Tribune. Il en sera de même pour Bordeaux (où toutes les Opérations eurent lieu à l'intérieur, l'autorisation de l'Opération sur le seuil n'ayant pas été donnée par le maire) et Roanne, où 7+1 Opérations ont été nécessaires.
    C'était une des premières adeptes du Père qui a construit avec son mari le Temple de Montegnée (consacré en 1919) et en fut la Desservante jusqu'à son renvoi parce qu'elle voulait respecter le Travail Moral de Mère.

    En 1934, Joseph Nihoul, 70 ans, comptable, habite la rue Mavis à Montegnée où se trouve le temple. Il est président du conseil d'administration du culte. Il écrit le règlement pour les temples, avec le frère L. Bormans (un Jacques Bosmans est témoin à la naissance de la fille Elskens). On imagine qu'il sera certainement responsable du temple de Montegnée, avec ou déjà sans sœur Elskens.
   En 1940, frère Nihoul devient le Premier Représentant du Père à la désincarnation de Mère. Et décide de "ramener le Culte au bon fluide du Père". Mme Elskens, comme on l'a vue, est resté fidèle au travail de mère ce qui lui valu son renvoi du Conseil d'administration vers 1940, car par là "elle s'écartait de l'Enseignement du Père", le culte étant revenu en Belgique à ce que le Père avait fait en son temps. Régis Dericquebourg parle de crise de succession 'à retardement' (p.29). Peut-être s'agissait-il d'un conflit plus ancien entre frère Joseph Nihoul et sœur Elskens ?
    Est-ce que la création de l'ASBL des Disciples du Père et Mère Antoine datant de 1965 découle de ce renvoi ? Possible. En tout cas, c'est le frère Albert Jeannin qui consacrera le temple de Retinne en 1968.

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