•     Il ne semble être évoqué qu'une fois par Robert Vivier (p.309) :
        Après la réception des malades, dans l'après-midi, Mme Desart arrivait avec ce qu'elle avait préparé, et M. Delcroix lui aussi était là. Ensemble, on lisait. [...]
        On frappait. Le frère Léopold Monet passait sa tête :
        - C'est quelqu'un pour l'Opération. Faut-il dire qu'on attende ?
        C'était en dehors des heures, et le Maître était occupé à l'enseignement... N'importe : il se levait.
        - C'est lui qui nous apporte le fluide dont nous avons besoin.
        A peine était-il de retour auprès de ses secrétaires, que le frère Monet frappait encore :
        - Quelqu'un pour vous, un malade...
        Tout le temps se passait de la sorte. Antoine réconfortait les deux adeptes :
        - Ce n'est pas du temps perdu. Nous ferons d'autant mieux demain.
        Ainsi en dépit des retards et des obstacles, jour après jour, s'accumulait l'enseignement qu'Antoine avait promis à ses fidèles Vignerons.

        A cette époque, les consultations avaient lieu uniquement le matin, de 7 heures à midi, comme il était précisé dans le Règlement de la société spirite Les Vignerons du Seigneur (datant de 1900). Le 25 décembre 1900, le nouveau local des Vignerons du Seigneur est inauguré devant un public de 200 personnes. Le local est situé dans l'immeuble que vient d'acheter Louis Antoine, au coin des rues des Tomballes et du Bois-du-Mont (actuellement rue Rousseau). Dès lors, Louis Antoine cesse de travailler pour se consacrer exclusivement à la propagande spiritualiste ainsi qu'à sa mission de guérisseur.
    Historique du Culte Antoiniste, p.13

        Encore en 1934, il est membre du Conseil d'administration. Il a alors 61 ans (il est donc né en 1873), et est tourneur. Il habite au 18, rue Alfred Smeets, à Jemeppe. Donc, l'actuelle rue Rousseau. Le temple occupe le numéro 2. On pense donc que cet adepte habitait dans une des maisons construites par Louis Antoine à son retour de Praga.


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  • le frère Lucien Miot, fidèle au travail de Mère


        Régis Dericquebourg (p.27) nous renseigne qu'il tenta de rétablir le travail de Mère vers les années 60, soutenu en cela par les adeptes français. Un message de son fils me signale d'autres renseignements : Sa grand-mère et sa mère étaient déjà antoinistes ; sa mère était née en 1897, et a connu le Père quand elle était encore jeune fille. Un autre membre de la famille fut desservante du temple de Verviers. Le frère Lucien Miot est né en 1927. Il est arrivé à l'Antoinisme au cours de l'année 1967. Triste année pour lui car il allait perdre son épouse suite à une longue maladie incurable à l'époque. Il devint desservant du temple de Seraing à partir de décembre 1967 (si les souvenirs de son fils sont bons) et jusqu'en 1975.
        Son fils se souvient : " Mon père aimait lire. Il lisait très tard. Il se recueillait beaucoup. J'avais 9 ans. J'étais encore très jeune et venait de perdre ma maman. Mon père a toujours été pour moi un exemple. Il a été à la fois ma mère et mon père. Je n'ai jamais manqué de rien et surtout pas d'amour. "
        Il en est venu naturellement à s'investir davantage dans le culte et devint ainsi  Secrétaire moral, une fonction qu'il occupait à Jemeppe.
        De là, il connut bien Soeur Denise Dumont et sa fille Soeur Ghislaine, ainsi que une des filles adoptives du Père.
        Du fait d'ennuies de santé au niveau du coeur, il a du quitter ses fonctions : « Il devait se reposer. Il a quitté le culte "avec l'enseignement sous le bras" comme je l'entendais dire. Il est décédé il y a quelques années maintenant. »
        La famille se trouve en Belgique mais aussi à Orléans (deux personnes assez agée qui portent la robe et qui fréquente le temple d'Orléans deux fois par semaine).

        Rappelons les dates des installations des photos dans les temples, principale manifestation du travail de Mère : en 1925, la photo du Père, puis en 1929, la photo de Mère sont apposées à la tribune. De 1936 à 1938, Mère les fait enlever. A la désincarnation de Mère, en 1940, en Belgique uniquement, le frère Nihoul et le Conseil d'Administration décide de retirer les photos. En France, après une période un peu floue, le Culte suivait le cadre établi par Mère, cadre correspondant à des forces humaines, et avec une direction morale exercée par les desservants de France constitué en Collège.

        Le lundi de Pacques 1970, elles sont remises (grâce au travail du frère Lucien Miot, donc). A cette occasion une invitation signée par Soeur Ghislaine Dumont et Frère Miot conviait tous les adeptes Belges et Français à participer à L'Opération. Soeur Ghislaine Dumont était à la Grande Tribune et Soeur Jeannin à la Petite Tribune au Temple de Jemeppe (Frère Jeannin étant alors déjà retenu à Paris par l'épreuve). Il y eut deux Opérations, le Temple bondé à chaque fois. Cette date correspondait également au soixantième anniversaire de la première Opération Générale faite par le Père (Lundi de Pâques 1910).

        Il y eut un véritable renouveau du Culte en Belgique, ceci dans les années 1970. Une revue antoiniste vit le jour, sur l'instigation du frère Lucien Miot : "Le journal d'informations morales" (cf. les sites antoinisme-documentation.skynetblogs.be et antoinisme.20six.fr pour en lire un court extrait). Frère Jacques Cécius se souvient que "la plupart des adeptes furent dans la joie lorsque les photos reprirent leur place dans les temples, et que l'Opération du dimanche fut rétablie".

        Actuellement et depuis 1985, la soeur Ghislaine eut l'inspiration de revenir "au bon fluide de l'oeuvre du Père". La plupart des temples belges (hormis à Retinne (Fléron), qui est l'ASBL Les Disciples du Père et Mère Antoine, qui a son temple avec photo depuis 1968) ne font plus afficher les photos du Père et de la Mère. C'est à partir de cette date, d'après Frère Jacques Cécius, que le culte 'périclite' en Belgique, et que "le dimanche, au temple de Retinne (avec photos et Opération), on compte plus d'adeptes qu'à Jemeppe."

        Soeur Ghilaisne Dumont publia 3 Démonstrations et une Mise au point, pour expliquer son travail, quant au retour des temples comme nous l'avait laissé le Père. On y reviendra.

     

     Article corrigé grâce aux commentaires de Frères Robert Pierrefeu et Jacques Cécius et un message de frère Serge, fils du frère Lucien et soeur Huguette, sa nièce.


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  •     Dans les statuts du culte antoiniste de 1922, on lit :

    Mme Mathilde Maréchal, ménagère, née à Montegnée le treize mars mil huit cent septante-neuf, veuve de M. Emile-Jean-Joseph Elskens, demeurant à Montegnée.

    Et sa fille :

    Dame Marie-Catherine-Joséphine Elskens, ménagère, née à Montegnée le vingt-huit août mil huit cent nonante-six, épouse assistée et autorisée de M. Léon-Louis Daniel, comptable, né à Ans le trois juin mil huit cent quatre-vingt-sept, demeurant ensemble à Montegnée.

     

     

        Quand il rentra, il y avait quelqu'un à la maison : Mme Elskens. Il venait ainsi, parfois, des personnages du groupe spirite, même en dehors des jours de séances. Près du fourneau que chauffait le gaz venu de la terre, on se mit à parler des progrès du spiritisme dans la région. Le jeune Louis prit vivement part à la causerie. Il rappela qu'à Jemeppe même on avait déjà vu deux enterrements spirites, celui de Mme Piron et celui de la veuve Gony.
        - Oui, dit Antoine. Il y a quelque chose de changé dans le monde. Voyez comme nos vieux parents ont vécu toute leur vie. Ils prenaient leur livre de messe le dimanche matin, ils allaient à l'église, ils donnaient leur grand coup de chapeau à monsieur le curé, et ne pensaient pas plus loin. Sans doute, on ne peut pas dire qu'ils aient eu tort : ils ont vécu d'après leur foi, d'après leurs idées. Mais nous, puisque nous en connaissons plus qu'eux, nous avons aussi de plus grands devoirs.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.181-82

        Pierre Debouxhtay (p.28) évoque les premiers enterrements spirites de la région :
        En janvier 1891 avait eu lieu à Tilleur le premier enterrement spirite ; la même année, le 28 avril, Jemeppe vit l'enterrement spirite de Mme Catherine-Charlotte Piron ; le 13 janvier 1892, celui de Mme veuve Gony ; le 25 avril 1893 celui du fils d'Antoine le Guérisseur. Ce fut l'Union spirite de Seraing qui procéda aux funérailles civiles du jeune Antoine. A cette époque la société spirite d'Antoine n'était donc pas encore constituée ou reconstituée. (En 1896, le groupe d'Antoine est en pleine activité ; en 1898, ce sera le drapeau des Vignerons qui précédera un convoi funèbre).

        Ce que Robert Vivier fait dire à Antoine ici est repris de l'Enseignement :
        Les êtres du premier échelon travaillent selon leur nature et ils sont dans la vérité, suivant leur degré d'évolution. Ceux qui occupent l'échelon suivant font déjà plus ou mieux ; mais s'ils croyaient pouvoir redire aux agissements des premiers, ils seraient dans l'erreur et permettraient à de plus élevés de leur faire également des observations (La Révélation, L'efficacité des lois morales, p.117).


        Régis Dericquebourg (p.27) évoque de façon obscure les déboires de soeur Elskens avec le Conseil général du culte :
        Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens, adepte du 'Père' depuis 1897 qui fut expulsée par le 'Conseil général' du temple de Montegéne dont elle était la desservante en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français.
        La phrase semble devoir se lire : Les Antoinistes français manifestèrent leur sympathie à la soeur Elskens en l'invitant plusieurs fois à visiter des temples français. Mais nous n'en saurons pas plus, ni la date, ni la raison du renvoi, ni la suite du soutien français.
        Le frère Robert nous apprend que Mme Elskens est chargée encore en 1966 de la consécration du temple de Mantes-la-Jolie en tant que délégué du Collège des Desservants au Nom du Père. Elle assura à la Grande Tribune les Opérations à l'intérieur et la dernière sur le seuil du Temple, assistée par Frère JEANNIN (Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France, le titre de Représentant du Père ne sera porté en France qu'à partir de 1988) à la Petite Tribune. Il en sera de même pour Bordeaux (où toutes les Opérations eurent lieu à l'intérieur, l'autorisation de l'Opération sur le seuil n'ayant pas été donnée par le maire) et Roanne, où 7+1 Opérations ont été nécessaires.
        C'était une des premières adeptes du Père qui a construit avec son mari le Temple de Montegnée (consacré en 1919) et en fut la Desservante jusqu'à son renvoi parce qu'elle voulait respecter le Travail Moral de Mère).

        En 1934, Joseph Nihoul, 70 ans, comptable, habite la rue Mavis à Montegnée où se trouve le temple. Il est président du conseil d'administration du culte. Il écrit le règlement pour les temples, avec le frère L. Bormans. On imagine qu'il sera certainement responsable du temple de Montegnée, avec soeur Elskens.
       En 1940, il devient le Premier Représentant du Père à la désincarnation de Mère. Et décide de "ramener le Culte au bon fluide du Père". Mme Elskens, comme on l'a vue, est resté fidèle au travail de mère ce qui lui valu son renvoi du Conseil d'administration vers 1940, car par là "elle s'écartait de l'Enseignement du Père", le culte étant revenu en Belgique à ce que le Père avait fait en son temps. Régis Dericquebourg parle de crise de succession 'à retardement' (p.29). Peut-être s'agissait-il d'un conflit plus ancien entre frère Joseph Nihoul et soeur Elskens ?
        Est-ce que la création de l'ASBL des Disciples du Père et Mère Antoine datant de 1965 découle de ce renvoi ? Possible. En tout cas, c'est le frère Albert Jeannin qui consacrera le temple de Retinne en 1968.


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  •     Élevée très pieusement par des parents d'une croyance sincère mais portée dès mon enfance à me raisonnée les choses, je ne pouvais croire à un enfer, c'est-à-dire à une expiation dont Dieu Lui-même eût été le créateur. [...] Pour Le mieux prier, je m'isolais dans la campagne ou dans la forêt ; là, le front découvert en signe de respect, j'admirais la beauté du ciel, le calme de la nature, le chant des oiseaux et surtout le soleil qui versait ses flots de vie sur tout la végétation qui m'environnait. Et cet immense concert me semblait la prière universelle de toute la création montant comme un encens vers son Créateur. Pour moi, c'était là le vrai temple de Dieu ; j'y oubliais mes peines et m'y sentais meilleure ; aussi, avant de quitter cette nature qui me donnait tant de joies, si pures et si grandes dans leur simplicité, je m'agenouillais et regardant les cieux, je me disait : "Mon Dieu, je vois ce qui m'assure ton existence, ici, tout raisonne de Toi". [...]
        Je m'étais tellement attachée à votre Enseignement, j'y avais reconnu tant de logique et de raison qu'il m'eût alors impossible de m'en éloigner. [...] Je compris que j'aimais Dieu en égoïste puisque je L'isolais de mon prochain. Comment alors aimer celui-ci ?
        Je reconnus que dans le bonheur que j'éprouvais autrefois mon intelligence et mes sens seuls étaient satisfaits et que ma conscience y restait étrangère. [...]
        Je Vous remercie encore du bonheur que j'éprouve en me disant votre adepte en toute sincérité.
    Unitif n°4, p.13

        Le respect de toutes les croyances dont le Père nous a donné l'exemple a été pour moi le point de départ de ma confiance en sa révélation et le commencement d'un bonheur goûté dans l'union familiale, bonheur qui n'a fait que grandir, malgré les différences de nos opinions religieuses.
    Unitif n°10, p.8
        Elle raconte la dévotion de sa mère et sa soeur, et le côté pratique de son père. L'évolution de sa relation avec sa soeur.

    Une Léona interviendra encore dans l'Unitif n°7 (p.10-11) sur les fluides et leurs effets. Est-ce la même Léona qui intervient dans ces trois numéros de l'Unitif ? Rien ne peut nous le faire affirmer.


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  • illustration : Tableau représentant le fils de Louis et Catherine Antoine, maintenant chez un adepte belge.

        Le fils des Antoine, Louis-Martin-Joseph Antoine (23 septembre 1873-23 avril 1893)
        Baptisé le 28 septembre en Prusse, à Meiderich-Hamborn, en l'église catholique de Saint-Jean (Robert Vivier, p.105-06 et p.112-13).
        Le parrain était Martin Antoine, la marraine Catherine Lastiel (Tatène dans le roman de Robert Vivier), les parents de Louis Antoine (Pierre Debouxhtay, p.48).

        Le fils d'Antoine avait toujours été de santé chétive. "Quand il fut capable de s'assimiler une idée, ce fut une idée spirite qu'on lui donna. Dans son adolescence, il fréquenta les écoles du soir de Jemeppe ; sa santé laissait à désirer. A certains moments, il se faisait remarquer par ses idées bizarres et l'expression étrange qu'il leur donnait ; il donna de vives inquiétudes à ses maîtres et ceux-ci exprimèrent des craintes à son sujet, mais leurs avis ne furent pas écoutés." (Bourguet, p.6. M. T.D., ingénieur, a connu, à l'école primaire, le jeune Antoine, qui était bon élève ; c'est aussi l'avis de Robert Vivier, cf. p.132).
        Après avoir suivi des cours à l'Ecole Moyenne de Seraing, le fils d'Antoine devint employé à la Société des Chemins de Fer du Nord Belge (Pierre Debouxhtay, p.58). Un biographe de Louis Antoine imagine un épisode émouvant entre lui et son père :
    Antoine posa enfin le pied sur la terre natale. Catherine le suivait en tenant un garçonnet par la main. L’enfant était curieux de tout, il voulait tout voir, tout savoir. Et comme les locomotives le passionnaient, Antoine lui montra l’abri du mécanicien et les flammes de la boite à feu qui rougissaient les joues.
    - Tu vois, Martin, dit l’ouvrier, la vapeur qui vient de la chaudière pousse le piston – Il fit un geste de va-et-vient avec la main imitant le mouvement des roues motrices – ce qui permet de remorquer les wagons.
    - Elle respire bien fort – s’inquiéta l’enfant en voyant la vapeur expulsée par la cheminée – et ça ?
    - Un régulateur, petit.
    - Plus tard, je conduirais des machines, lança-t-il fièrement.
    Antoine échangea un clin d’oeil complice avec le mécano puis l’enfant se précipita aussitôt vers le chef de gare et l’aida à refermer quelques portières.
    Roland A E Collignon, La Vie Tourmentée de Louis Antoine

        Il meurt à 20 ans d'une phlébite à Jemeppe. C'est une société spirite de Seraing, l'Union Spirite, qui procédera à son enterrement. Robert Vivier raconte de façon très tendre son agonie dans les p.177-188, puis son enterrement dans les p.191-193.

    Louis-Martin-Joseph Antoine, le fils


        On prétendra qu'il se fut réincarné en pharmacien à Paris, ce qui fut nié tout comme soutenu par des Antoinistes : "Mais comment comprenez-vous que son fils, qui est mort il y a deux ans, soit déjà devenu pharmacien ?" (Robert Vivier, p.206).
        On peut ici évoquer encore une fois l'hypothèse qu'on peut vivre plusieurs incarnations en une seule même vie terrestre, à la façon des new-born protestant (cf. George W. Bush).


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