•     Dans le règlement d'ordre intérieur du Conseil d'Administration du temple Antoiniste de Jemeppe-sur-Meuse, parmi les neuf membres, en plus de Mr Louis Antoine, membre de droit, on trouve Mathieu Hoven, Renier Hoven et Joseph Hoven.
    Frère Jean-Marc Boffy, Historique du culte Antoiniste, p.39

        On est en droit de penser qu'ils sont de la même famille.
        On sait de Pierre Debouxhtay (p.255) que Mathieu faisait déjà partie de l'Oeuvre en 1907, car celui-ci colportait l'Enseignement, voici la déclaration du garde-champêtre d'Esneux :
        j'ai trouvé, au hameau de Montfort, les nommés Dor Pierre, se disant le neveu de Antoine le Guérisseur, né à Mons (Hollogne-aux-Pierres) le 15 mai 1862, colporteur, domicilié à Jemeppe-sur-Meuse, rue Bois de Mont, n°16 ; Hoven Mathieu, né à Vivegnis, le 24 septembre 1878, colporteur, domicilié à Jemeppe-sur-Meuse, rue Bois de Mont, s. n° ; Henrotay Marie, épouse du susdit Hoven, née à Herstal, le 4 février 1876, colporteuse, domicilié au même lieu, lesquels vendaient des brochures à dix centimes pièce, comme les deux exemplaires ci-joints (les nos 1 et 2 de l'Auréole de la Conscience).

        Dans les guérisons racontées par l'Unitif II (Pierre Debouxhtay, p.170), on rencontre encore un  F. Hoven : deux hernieux sont guéris. A l'un d'eux, F. Hoven, Antoine avait indiqué la case de sa hernie : "Mon fils, vous mangez trop, et c'est le gaz produit par cet excès qui amène votre hernie." Celle-ci reparaissait dès que F. H. commettait "une infraction à la loi de la conscience".


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  •     Vue du premier desservant du temple, frère Noël. Il forma le culte dans la région parisienne avec l'aide de Mlle Camus. Soeur Vitard suivra frère Noël, elle était desservante en 1924.

    Père Noël - Excelsior 26 octobre 1913 - suite en page 2 (détail)


       « Cependant, aucun temple antoiniste n'existait à Paris, où le « Père » — c'est ainsi qu'on appelait le fondateur de la secte — avait réuni six ou sept cents adeptes. Antoine mort, ou plutôt s'étant « désincarné », cela n'avait pas arrêté les conversions.
       Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ». [...]
           « Comme je me trouvais à côté du frère Noël, qui va administrer le temple, je lui demandai :
       « — La mère Antoine ne parle-t-elle jamais davantage ?.
       « — Mère, me répondit-il, ne parle jamais en public...
       « Et il ajouta :
       « — Mère se recueille pour atteindre au fluide éthéré de l'amour divin et en réconforter les fidèles suivant le degré de leur foi.
       « Ce n'est peut-être pas très clair, poursuivit le frère, mais vous comprenez, n'est-ce pas ?
       « — Naturellement, eus-je l'audace de répondre, et vite je m'enquis si la mère Antoine allait séjourner à Paris.
       « — Non, me déclara M. Noël ; mère repart ce soir pour la Belgique. Elle est venue à Paris seulement pour consacrer le temple.
       « Et après un instant de réflexion, le frère continua :
       « — Mère, voyez-vous, n'est que l'interprète du père Antoine.
       « C'est à sa mort que le père Antoine l'a chargée de poursuivre son oeuvre ?
       « — Le père Antoine n'est pas mort, me fit remarquer sévèrement mon interlocuteur ; il s'est seulement « désincarné ».
       « — Ah! pardon, fis-je.
       « — Oui, et mère, qui est dépositaire de son pouvoir spirituel, n'est que son exécutrice.
       « — Est-ce que le père Antoine a guéri beaucoup de malades ?
       « — Des milliers.
       « — Et comment procédait-il ?
       « — Il se contentait de regarder ceux qui venaient à lui et guérissait ainsi les malades ayant la foi. Ceux qui ne l'avaient pas suffisamment devaient revenir le voir.
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913


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  • Illustration : Athénée Royal de Liège, rue des Clarisses en 1954 (source : kikirpa)

        On a déjà reproduit sa longue contribution au premier numéro de l'Unitif, dans lequel il raconte son parcours. Voyons ses autres apports et son parcours.

        Il fut spirite assez tôt, puisque ses parents eux-mêmes l'étaient : "Mes parents pratiquant le spiritisme, je me mis à chercher dans cet enseignement, je dévorai Allan Kardec, je suivis les conférences, j’assistai aux séances expérimentales de tous les médiums qu’on me signalait pour tâcher de me convaincre de l’au-delà ; j’allai aussi chez le Père, nous L’appelions encore Monsieur ANTOINE. Je fus frappé du recueillement et de la ferveur qui régnait dans son milieu. Je ne m’intéressais pas beaucoup aux communications, mais bien à la morale substantielle que le chef de groupe faisait aux assistants et non aux esprits, comme j’ai pu le comprendre dans la suite." (Profession de foi dans le premier numéro de l'Unitif).
        Selon Régis Dericquebourg, il aurait été guérit par le prophète-guérisseur d'une laryngite qui l'empêchait de travailler à son poste de professeur. Cet épisode est conté par Robert Vivier. Grâce à cet auteur, on en sait plus également :
        Quand M. Decroix rencontrait à Jemeppe des frères occupés au colportage de l'Enseignement, il se sentait toujours traversé d'une brûlante nostalgie. Il aurait tant voulu faire comme eux, vivre le bon combat. Mais il était pris par sa profession, et il avait charge de famille. Il devait nourrir sa femme et ses trois enfants... Il est vrai que sa femme elle aussi était professeur, et touchait un traitement. Qui sait, la famille aurait peut-être de quoi vivre, avec le traitement de la mère et la petite pension qu'il toucherait, lui, si pour des raisons de santé par exemple, il lui arrivait de quitter son poste à l'Athénée...
        Il se voyait par les chemins, par les villages, chargé... Il était éloquent : la parole naissait facilement de son coeur.
    Robert Vivier, Délivrez-nous du mal, p.290

        Il était présent lors du premier procès, en 1900-01 : "Dans la salle au premier rang du public, s'étaient placés les adeptes : Debroux, Foccroule, Deregnaucourt, Hollange, Nihoul, et M. Delcroix, le professeur, avec son col blanc et sa jaquette noire, - tous les fidèles Vignerons (Pierre Dor manquait, - il avait abandonné Antoine pour suivre son propre chemin)." (Robert Vivier, p.266)
        Dans Pierre Debouxhtay, on lit : "Un de ces principaux disciples, F.Delcroix, déclara (en 1905) que son maître était "résolu à négliger les manifestations physiques et les médiumnités bruyantes, dont ailleurs on s'occupe un peu trop. Il aime mieux former les caractères". (p.115)
        Il assiste avec Henri Hollange au moins à un Comité fédéral du Congrès spirite liégeois au mois de mai 1905 encore (cf. Debouxhtay, p.117), justement pour expliquer l'absence de Louis Antoine. En juin, plus personnes des disciples d'Antoine n'assiste à la réunion du Comité fédéral. En juillet, ils envoient une lettre explicative, concernant le non versement de la cotisation. Pierre Debouxhtay émet l'hypothèse que Louis Antoine aura proposé de verser lui-même à la Fédération une somme forfaitaire, égale au total des cotisations qu'auraient dû verser ses disciples.
        Puis, d'après Pierre Debouxhtay (p.118), Ferdinant Delcroix aurait été à l'origine de la rupture d'avec les spirites en 1906. Mais l'auteur n'en dit pas plus. Dans une note de la page 124, il ajoute : "Ces paroles [c'est en volant les faits que depuis quatre ans notre frère Antoine, cédant à des scrupules mal fondés, ainsi qu'aux suggestions théosophiques de son entourage lettré a terni sa propre lumière et glissé hors du spiritisme] visent très probablement M. F.D., professeur d'Athénée, qui eut sur l'évolution intellectuelle d'Antoine une influence souvent signalée, moins grande pourtant qu'on ne le dit parfois. A entendre certains, Antoine n'aurait été qu'un instrument dans les mains de D., c'est exagérer le rôle de ce dernier. Nous en reparlerons au tome II en étudiant les sources de l'Antoinisme". Le tome II n'ayant jamais paru, nous ne savons pas ce que pensait profondément Debouxhtay. C'est un autre professeur spirite qui pensait l'influence de Delcroix sur Antoine très forte : le professeur Jules Dumoulin, qui avait comme pseudonyme Melchi Sédec.
        Robert Vivier écrit simplement à ce propos (p.300) : "Le frère Delcroix était dans le secret. Oui, Antoine méditait un grand changement."

        Il a beaucoup inspiré Robert Vivier (né en 1894) qui l'aurait eu comme professeur à l'Athénée royal de Liège ; Claudine Gothot-Mersch, dans son analyse des Editions Labor - Espace Nord, dit que la rencontre de Robert Vivier, en classe de troisième (Robert Vivier commence les Humanités à l'Athénée de Liège en 1905), avec le professeur Ferdinand Delcroix a été décisive pour l'intérêt de l'auteur pour l'antoinisme.
        Le premier chapitre (chapitre XI) de la troisième partie lui est presque entièrement consacré. A la fin, l'auteur le mets en face de doute concernant sa profession qu'il désire quitter pour être entièrement au service de la Révélation. Louis Antoine lui aurait répondu que l'école était son épreuve à supporter pour progresser (dans sa profession de foi, on lit "Quand j’ai obtenu mon diplôme j’avais bien quelques connaissances mais je manquais de sagesse pour guider les jeunes gens.")

        Il serait détaché pendant un temps, notamment à cause de son refus concernant la robe (selon Régis Dericquebourg). Dans sa profession de foi, il dit : "Je fus accueilli comme un frère dans ce milieu, mais n’étant pas digne d’y rester, je me décidai à fonder un groupe visant ce que je croyais être moral. Je m’associai avec un ami mais comme ses préférences allaient aux communications, le groupe manquant d’unité de direction ne tarda pas à décliner et tomba au bout d’un an."

        On apprend chez Debouxhtay que le frère Ferdinand Delcroix corrigeait le texte des séances de médiumnités du Groupe des Vignerons, puisque en 1905, le livre Enseignement est présenté par lui-même comme une "travail collectif des adeptes et de leur chef".
        Puis avec l'aide Mme Desart, il corrige le texte révélé par Louis Antoine à la tribune de Jemeppe entre 1906 et 1909 : "Je remarquai non sans surprise que venu pour instruire et protéger, j’étais plutôt instruit et protégé moi-même. Je le reconnus mieux encore dans le travail de la revue [...] Chaque fois que je voulais embellir le style, le Père me rappelait à la vérité et je puis dire que c’est sous sa direction que j’ai achevé mon éducation littéraire en passant de la théorie à la pratique. Mais ici encore je ne compris pas tout de suite, parce que l’intelligence est trop sensible aux apparences. Comme le Père n’est pas instruit, je croyais avoir un grand mérité et contribuer pour une bonne part dans l’œuvre dont je n’étais que le traducteur, le plus souvent infidèle".
            "Quelquefois, c'était grâce à une question qu'on lui posait, soit de bonne foi, soit dans le dessein de le mettre dans l'embarras. Il devait se concentrer, examiner, chercher la réponse. Ou bien encore, pendant la révision des notes, lorsqu'avec M.Delcroix et Mme Desart il reprenait le texte ébauché, que de défauts lui apparaissaient. D'autres part, comme il était difficile d'accorder le fluide de deux personnes instruites, souvent menées à leur insu par l'intelligence, et ce fluide de foi et de simplicité qui était le sien..." (Robert Vivier, p.308)

        En 1910, il est décrit dans le premier Conseil d'administration du Temple (Boffy, p.39) en deuxième position : M. Delcroix, Ferdinand, secrétaire, professeur, demeurant à Seraing-sur-Meuse, de nationalité belge. Il est alors chargé de rédiger les procès-verbaux et les pièces de la correspondance officielle et remplace le président, Florian Deregnaucourt, en cas d'absence.

        C'est lui qui a été chargé de lire les Dix Principes devant le cercueil avant la mise en route du cortège, puis il lut quelques mots, tirés de l'avant-propos de l'Enseignement, avant que le cercueil soit descendu dans la fosse commune (Vivier, p.353-54).

        Il est encore cité à la position de secrétaire du culte en 1922 (Debouxhtay, p.311), Narcisse Nihoul en est alors le président.


        Le Père disait au frère Delcroix en faisant la Révélation, "il y a trois sortes d'intelligence :
    - l'intelligence, vue de la matière, qui, dans sa forme supérieure, est celle des savants ;
    - l'intelligence de domination, qui, dans sa forme supérieur, est celle des grands monarques ;
    - enfin l'intelligence, lucidité de la conscience, qui est celle que nous devons acquérir en passant par les deux premières."
        extrait de Textes recopiés d'un document écrit prêté par le Frère Céleste LOBET


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  • Mlle Camus, modiste et adepte de Paris

        Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 30 mars 1912

        Il y a évidemment une erreur, c'est une adepte du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère. C'est un article plus tardif qui nous l'apprend :
        Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
       On se rappelle peut-être l'article que consacra l'Echo du Merveilleux à Mlle Camus, dans le numéro du 1er avril 1912.
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913
        Malheureusement, la date de 1912 de cette revue parisienne n'a pas été scanné par le site Gallica. Mais une photo (malheureusement de très mauvaise qualité) est reproduite dans ce numéro de 1913.

        Elle est donc à l'origine de la propagation de l'antoinisme dans la région parisienne. Mais on ignora si elle fut desservante. A notre connaissance, non. On peut imaginer cependant qu'elle portait la robe.
        Voire même que cela soit elle qui inspira à Mère le fait de porter un voile. En effet, on lit chez Pierre Debouxhtay (p.244) :
        Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là. (L'Unitif, III, 3, p.12-13)
        Et dans la Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, on apprend encore p.36-41 :
        A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux.
        Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
        Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
        Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
             (Extrait d'une lettre "d'une soeur".)

    Un article du Matin (22/02/1912 (n°10222)) lui est consacré, et la photo ci-dessus en est tirée.

     Mlle Camus, modiste et adepte de ParisMlle Camus, modiste et adepte de Paris

     


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  •     Pierre Debroux, menuisier, de Crotteux (Robert Vivier, p.165), village natal de Louis Antoine, au nord de Jemeppe (maintenant Flémalle-Grande).
        Selon Pierre Debouxhtay (p.64), au moment de la publication du Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, en 1896, il y avait séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-du-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi.

        Il sera présent au côté de Louis Antoine lors de son procès en 1901 (Robert Vivier, p.266), il est alors présenté comme adepte. S'est-il séparé de Louis Antoine lors de la rupture d'avec les spirites en 1906 ? Cela est possible car on ne l'évoque plus par la suite.


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