• Mlle Camus, modiste et adepte de Paris

        Mais ce qui ne pouvait manquer d'assurer plus solidement encore son triomphe, c'est que l'illumination antoiniste devait surtout visiter les femmes, et parmi les femmes, tout particulièrement les modistes. Mon Dieu, oui, les modistes ! Le Père Antoine aime les modistes ! A cet instant même, à Paris, il y a une grande prêtresse, une initiée supérieure de l'Antoinisme, un sibylle par la bouche inspirée de laquelle parle l'âme même du "Père", et cette sibylle est un modiste. Elle travaille en chambre, interrompt la confection de ses chapeaux pour rendre ses oracles, sent tout à coup le dieu monter en elle en cassant un morceau de laiton, et de grands et graves journaux ont publié son portrait en première page... En un mot, c'est la Mère Antoine, et la Mère Antoine, quoique modiste, ne peut pas s'en tenir, décemment à la petit correspondance...
    L'Abeille de la Nouvelle-Orléans - 30 mars 1912

        Il y a évidemment une erreur, c'est une adepte du temple de Paris, Mlle Camus qui était modiste et non la Mère. C'est un article plus tardif qui nous l'apprend :
        Sous l'inspiration du frère Noël, qui est en quelque sorte le légat antoiniste en France, et de Mlle Camus, cette petite modiste qui avait acquis la foi en allant à Jemeppe, des dons anonymes affluèrent, et au mois de mai dernier on commença la construction d'un temple où, comme à Jemeppe, les adeptes pourront venir écouter la lecture de la « Révélation ».
       On se rappelle peut-être l'article que consacra l'Echo du Merveilleux à Mlle Camus, dans le numéro du 1er avril 1912.
    L'Écho du merveilleux, revue bimensuelle (directeur Gaston Mery). 01-11-1913
        Malheureusement, la date de 1912 de cette revue parisienne n'a pas été scanné par le site Gallica. Mais une photo (malheureusement de très mauvaise qualité) est reproduite dans ce numéro de 1913.

        Elle est donc à l'origine de la propagation de l'antoinisme dans la région parisienne. Mais on ignora si elle fut desservante. A notre connaissance, non. On peut imaginer cependant qu'elle portait la robe.
        Voire même que cela soit elle qui inspira à Mère le fait de porter un voile. En effet, on lit chez Pierre Debouxhtay (p.244) :
        Ne nous faisons pas d'illusion, les tailleuses et les modistes ont puisé en nous et nous on servies, nous étions sur place et nous devions copier Mère et nous en l'avons pas fait, aussi, mes soeurs, disons-nous bien franchement : tout coquetterie n'est pas abolie en nous et réparons les coins par ci, des plis par là. (L'Unitif, III, 3, p.12-13)
        Et dans la Mise au point par le Représentant du Père, février 2009, on apprend encore p.36-41 :
        A l'origine, Mère ne portait pas de voile, celui-ci a été suggéré par une soeur, connue pour son élégance et sa coquetterie, parce que cela ferait plus joli et plus religieux.
        Quand MERE a eu la Révélation de la robe, le bonnet était sans voile. Quelques mois après, l'intelligence toujours en éveil a suggéré à une adepte que le voile serait plus religieux (copie en cela des soeurs catholiques). Cette pensée faisant son chemin, c'est ainsi que Mère et toutes l'avons suivie.
        Lire page 53 du Développement : "suivre l'exemple d'Adam qui croyant se faire plus estimer dans l'apparence à voilé la Réalité..."
        Mère l'a retiré très tôt (et à une adepte qui lui demandé pourquoi ? Mère a dit : "tantôt vous le retirerez aussi").
             (Extrait d'une lettre "d'une soeur".)

    Un article du Matin (22/02/1912 (n°10222)) lui est consacré, et la photo ci-dessus en est tirée.

     Mlle Camus, modiste et adepte de ParisMlle Camus, modiste et adepte de Paris

     


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  •     Pierre Debroux, menuisier, de Crotteux (Robert Vivier, p.165), village natal de Louis Antoine, au nord de Jemeppe (maintenant Flémalle-Grande).
        Selon Pierre Debouxhtay (p.64), au moment de la publication du Petit catéchisme spirite pour servir à l'instruction des enfants et des personnes ne connaissant pas le spiritisme, en 1896, il y avait séance publique le premier dimanche de chaque mois, chez M. Louis Antoine, rue du Bois-du-Mont, à Jemeppe-sur-Meuse, à 10 heures précises du matin, et le deuxième et quatrième dimanche, chez Pierre Debroux, menuisier-entrepreneur, à Crotteux-Mons, à 5 heures de l'après-midi.

        Il sera présent au côté de Louis Antoine lors de son procès en 1901 (Robert Vivier, p.266), il est alors présenté comme adepte. S'est-il séparé de Louis Antoine lors de la rupture d'avec les spirites en 1906 ? Cela est possible car on ne l'évoque plus par la suite.


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  • Gustave Gony, spirite et socialiste    Un Gony est spirite et socialiste. Il habite selon Robert Vivier (p.157) à Seraing. En tant qu'ami de Louis Antoine, il l'initia, avec son ami Célestin Macot, aux idées d'Allan Kardec, en l'invitant notamment chez Mr. Ghaye, à Tilleur.
        Il fut à l'origine de la première tentative en 1884-86 de la société spirite avec Debroux et Antoine (p.168) et de la nouvelle tentative (p.173) qui se trouvera fructueuse en 1893-95.
       Le Flambeau, ayant comme rédacteur en chef un militant socialiste, G. Gony, qui avait fondé avec Antoine le groupe des "Vignerons", répandait les enseignements spirites dans la région de Seraing.
    Pierre Debouxhtay, Antoine le Guérisseur et l'Antoinisme, p.65

        L'enterrement de Mme veuve Gony est le deuxième selon le rite spirite dans la région, le 13 janvier 1892 (Pierre Debouxhtay, p.28).
        On ne sait pas quelle société fut en charge de cette enterrement (certainement l'Union spiritualiste de Liège), mais Debouxhtay nous renseigne (p.66) que les Vignerons du Seigneur possédaient un drapeau en velours noir sur lequel étaient brodés en fils d'argent deux branches de vigne et l'inscription : "Les Vignerons du Seigneur. Nous sommes les ouvriers de la dernière heure."

        Un Alfred Gony, menuisier âgé de 34 ans en 1893 et domicilié à Jemeppe, est témoin sur l'acte de décès du fils des Antoine.

        Un G. Gony est échevin de l'instruction publique de Seraing en 1898.
        Dans le Volksbelang du samedi 15 avril 1911, on apprend qu'il proposa, lors du travail du groupe socialiste de la Fédération liégeoise, que le flamand soit la langue d'enseignement en Frandre, alors que le français le resterait uniquement pour la Wallonie. Des cours de français et de flamand seront assurés cependant dans les deux côtés du pays. De ce fait, l'Université française de Gand devrait être transférée à Mons.

    Voici l'article en entier :
        Een Waalsch socialist, gezel Gustave Gony, van Luik, zal over de Vlaamsche hoogeschool aan de Luiksche federatie van de socialistische werkliedenpartij eene oplossing voorstellen, die wij hier samenvatten.
        Na overwogen te hebben de « diepe beweging die in het Vlaamsche land bestaat voor de verdediging en bewaring van de moedertaal, alsmede het recht van elk volk zich in zijn eigen taat te ontwikkelen », wenscht de heer Gony dat alle scholen in het Walenland Fransch en in het Vlaamsche land Vlaamsch zouden zijn.
    Een verplichtende leergang van Fransch en een leergang van Vlaamsch zouden in alle lagere en middelbare scholen der twee graden hetzij in het Vlaamsche land, hetzij in het Walenland, ingericht worden.
        De Fransche Universiteit van Gent zou naar Bergen overgebracht worden.
        Te Gent zou eene Vlaamsche hoogeschool ingericht worden.

    source : ftp://digitaal.liberaalarchief.be/Periodieken/Volksbelang/1910-1914/1911/19110415/Volksbelang%20-%2019110415.pdf

     

        Un petite rue de Seraing porte le nom de Gustave Gony (ainsi qu'une Résidence et une Ecole maternelle), vers le Bois de la Marchandise d'Arras.

        On trouve une fiche généalogique au nom de Gustave Jean Joseph Gony, naissance le 5 Juin 1870 à Jemeppe-sur-Meuse, décès le 19 août 1913 à Seraing. Marriage avec Marie Catherine Guillemine PLUMIER à Seraing, le 12 septembre 1900.

        Reste à découvrir le lien, s'il y en a un, entre cet Alfred et ce Gustave.


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  •     Il ne semble être évoqué qu'une fois par Robert Vivier (p.309) :
        Après la réception des malades, dans l'après-midi, Mme Desart arrivait avec ce qu'elle avait préparé, et M. Delcroix lui aussi était là. Ensemble, on lisait. [...]
        On frappait. Le frère Léopold Monet passait sa tête :
        - C'est quelqu'un pour l'Opération. Faut-il dire qu'on attende ?
        C'était en dehors des heures, et le Maître était occupé à l'enseignement... N'importe : il se levait.
        - C'est lui qui nous apporte le fluide dont nous avons besoin.
        A peine était-il de retour auprès de ses secrétaires, que le frère Monet frappait encore :
        - Quelqu'un pour vous, un malade...
        Tout le temps se passait de la sorte. Antoine réconfortait les deux adeptes :
        - Ce n'est pas du temps perdu. Nous ferons d'autant mieux demain.
        Ainsi en dépit des retards et des obstacles, jour après jour, s'accumulait l'enseignement qu'Antoine avait promis à ses fidèles Vignerons.

        A cette époque, les consultations avaient lieu uniquement le matin, de 7 heures à midi, comme il était précisé dans le Règlement de la société spirite Les Vignerons du Seigneur (datant de 1900). Le 25 décembre 1900, le nouveau local des Vignerons du Seigneur est inauguré devant un public de 200 personnes. Le local est situé dans l'immeuble que vient d'acheter Louis Antoine, au coin des rues des Tomballes et du Bois-du-Mont (actuellement rue Rousseau). Dès lors, Louis Antoine cesse de travailler pour se consacrer exclusivement à la propagande spiritualiste ainsi qu'à sa mission de guérisseur.
    Historique du Culte Antoiniste, p.13

        Encore en 1934, il est membre du Conseil d'administration. Il a alors 61 ans (il est donc né en 1873), et est tourneur. Il habite au 18, rue Alfred Smeets, à Jemeppe. Donc, l'actuelle rue Rousseau. Le temple occupe le numéro 2. On pense donc que cet adepte habitait dans une des maisons construites par Louis Antoine à son retour de Praga.


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  •     Jacques Cécius, nous renseigne que le frère Jeannin, lequel aida au développement le Culte en France (avec quelques autres, notamment le frère Noël, premier desservant du temple Vergniaud, avec l'aide de Mlle Camus. Soeur Vitard suivra frère Noël, elle y était desservante en 1924), avait été amené sur une civière à Jemeppe par ses parents antoinistes, et la Mère Antoine l'avait guérit.

        Dans chaque bibliothèque des temples français, on trouve une douzaine de classeurs dont les feuillets sont parfois reliés. Appelés les Tomes, ils son mis à la disposition des adeptes costumés. Ces bulletins ont été rassemblés vers 1945 par trois adeptes : le couple Jeannin, qui a vécu auprès de la compagne de Louis Antoine, aidé par M. Lovinfosse. Ils rassemblent des pensée s de Louis Antoine qui n'ont pas été reprises dans ses oeuvres, mais ils contiennent surtout des lettre dictées par la 'Mère' ou des avis qu'elle a donnés à propos de certaines questions. C'est pour cela qu'on connaît ces textes sous le nom de "Pensées de Mère".
    Regis Dericquebourg, les Antoinistes (p.62)

        Le Frère Jeannin consacra le temple de Retinne, pour l'ASBL Les Disciples du Père et Mère Antoine. Ceci le 10 novembre 1968. Il était alors Desservant du temple de Paris, rue du Pré-Saint-Gervais. L'OPERATION dut être faites à plusieurs reprises pour permettre à tous les adeptes présents de pouvoir entrer et savourer le fluide éthéré. Plusieurs autocars français avaient fait le déplacement.

        Régis Dericquebourg (p.56) nous informe encore : L'attente d'un retour ne s'est probablement pas limitée au Père. Nous pouvons lire dans une lettre d'un adepte à Soeur Jeannin (1973) "que bientôt les anciens adeptes vont se réincarner pour redonner un second souffle à l'expansion du Culte". Pour être honnête, il faut dire que l'auteur de ces lignes nous a confié qu'il ne fallait pas prendre cette phrase à la lettre. Néanmoins l'idée est présente.
        Régis Dericquebourg ne nous dit donc pas comme Soeur Jeannin a reçu cette pensée.

        Pour le Lundi de Pâques 1970, les photos de PERE et MERE ont été replacées au Temple de Jemeppe et le travail moral de Mère rétabli. A cette occasion une invitation signée par Soeur Ghislaine Dumont et Frère Miot conviait tous les adeptes Belges et Français à participer à L'Opération. Soeur Ghislaine Dumont était à la Grande Tribune et Soeur Jeannin à la Petite Tribune au Temple de Jemeppe (Frère Jeannin étant alors déjà retenu à Paris par l'épreuve). Il y eut deux Opérations, le Temple bondé à chaque fois. Cette date correspondait également au soixantième anniversaire de la première Opération Générale faite par le Père (Lundi de Pâques 1910).

        Le frère Albert Jeannin a été le Secrétaire Moral du Collège des Desservants de France jusqu'à sa désincarnation. Le titre de Représentant du Père en France n'existant pas à cette époque.

        Jacques Cécius renseigne sur sa désincarnation : "J'étais présent lors des funérailles du frère Jeanin (Janin?), qui fit énormément pour la pénétration du Culte en France. Je n'ai, bien entendu, pas compté les adeptes présents, mais il y en avait plusieurs centaines, voire un millier, dont de nombreux "costumés", ce y compris des enfants. Contrairement à l'habitude, la lecture des Dix Principes se fit au temple, avant le départ pour le cimetière de Baigneux-parisien. A l'époque temples belges et français s'étaient "réconciliés". La lecture au temple et au cimetière fut d'ailleurs faite par le frère Lucien Miot, qui avait été l'artisan de cette "réconciliation" et qui avait créé une revue, le "Journal d'informations morales"."

    Article corrigé grâce aux commentaires de Frère Robert Pierrefeu, merci à lui.


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